M. REGOURD
Louis Regourd naquit le 27 mai 1807, à Joyeuse, au diocèse de Viviers. Il entra au grand séminaire de cette petite ville en 1827, et y fut ordonné prêtre en 1831. Reçu l'année suivante à la Solitude, il fut successivement envoyé comme économe, à Autun en 1833, à Toulouse en 1836, et dix ans après à Angers, où il resta quatre ans, chargé en même temps des Cérémonies.
11 partit pour Montréal en 1850, et y arriva le 8 octobre. C'est là qu'il passa les trente-trois dernières années de sa carrière sacerdotale, appliqué soit à l'économat du collège, soit surtout au ministère paroissial, qu'il exerça tout le temps à Notre-Dame, sauf les quelques années durant lesquelles il fut curé de Saint-Joseph. Partout il fit beaucoup pour la religion et pour les âmes. Il souffrait de voir un grand nombre déjeunes gens sans direction aller se perdre aux conférences d'une Société imbue de mauvais principes, X Institut Canadien : il entreprit de leur procurer des loisirs plus utiles et plus chrétiens. Chargé de la Bibliothèque paroissiale, il l'agrandit, l'augmenta et l'installa dans une salle spacieuse, à côté de laquelle il créa un Cabinet de lecture. Il fonda de plus un Cercle littéraire pour les jeunes gens, le premier qu'on ait eu à Montréal; il stimula les plus intelligents, et leur fit donner des lectures publiques auxquelles assistait la classe la plus distinguée de Montréal. De ce C'a-
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binet et de ce Cercle est parti ce mouvement littéraire qui, pendant plusieurs années, a éveillé l'attention des esprits, et dont la salutaire influence s'est étendue à tout le pays.
Sous l'impulsion de ce mouvement se sont fondées plusieurs revues sincèrement catholiques, entre autres L'Écho du Cabinet de lecture paroissial, publication due à l'initiative de M. Regourd, et plusieurs Sociétés littéraires qui font beaucoup de bien au Canada. Ce sont elles qui ont contribué en partie à former les nombreux groupes de jeunes gens, qui aujourd'hui combattent avec ardeur pour la gloire de l'Église et de la Religion. L'inspirateur, l'organisateur de toutes ces œuvres mourut à Montréal le 23 avril de l'année 1884.
i. — Notice sur la vie et la mort de M. Mich. F. H. Prévost, prêtre du séminaire de Saint-Sulpice, Curé-d'oftice de Montréal; Montréal, E. Sénécal, Imprimeur, 1864, in-8°, pp. 126.