M. TEYSSEYRRE
Antoine-Jérôme-Paul-Émile Teysseyrre naquit à Grenoble, en 1785, le 13 juin — son épitaphe porte le 13 avril, — d'une
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famille considérée par les charges qu'elle avait occupées avec distinction dans la magistrature. Ses études littéraires terminées, il se prépara pour entrer à l'École Polytechnique, fut reçu douzième sur 108 élèves admis, n'étant âgé que de seize ans (1801), et y exerça un véritable apostolat parmi ses condisciples. Après deux années passées dans cette école, il suivit les cours de l'École des Ponts-et-Chaussées, et fut ensuite nommé répétiteur à l'École Polytechnique. Mais se croyant appelé de Dieu à l'état ecclésiastique, il entra au séminaire de Saint-Sulpice le 17 novembre 1806, fut ordonné sous-diacre le 16 juin 1810, et prêtre le 8 juin 1811. Or, le 8 octobre suivant, l'Empereur écrivait qu'il ne voulait « point de sulpiciens dans le séminaire de Paris », et ordonnait de prendre « des mesures telles que cette Congrégation fût dissoute ». M. Teysseyrre n'en conserva pas moins la résolution qu'il avait prise d'y entrer, et l'ayant fait connaître au nouveau supérieur, M. Jalabert, vicaire général du diocèse de Paris, il fut chargé de professer l'Écriture- Sainte. Quand, en 1814, la Compagnie rentra dans le séminaire, M. Teysseyrre fonda à Paris un petit séminaire sous le nom de Petite Communauté des Clercs de Saint-Sulpice, et sans quitter le séminaire, il lui donna ses soins l'espace de quatre ans, c'est-à-dire jusqu'à la fin de sa trop courte vie; car il mourut saintement dans la. nuit du 22 au 23 août 1818, n'étant âgé que de 33 ans. Son corps repose dans le cimetière de Lorette, à Issy.
Cfr. Monsieur Teysseyrre, ancien élève de l'École Polytechnique, Prêtre de Saint-Sulpice, fondateur de la petite Communauté des Clercs de Saint-Sulpice; sa vie — son œuvre — ses lettres; par M. l'abbé Paguelle de Follenay, supérieur du petit séminaire de Saint-NicoIas-du-Chardonnet; Paris, Poussielgue, 1882, in-12, pp. x-500. — Semaine religieuse de Grenoble, 12, 19, 26 décembre 1868, 2 janvier 1869, p. 264-268, 286-287, 300-304, 318-320, 330-334. — On trouve aussi plusieurs traits concernant M. Teysseyrre dans L' Œuvre par excellence , ou Entreliens sur le Catéchisme, par M-r Dupanloup; Paris, 1869, in-8". — Il existe aux archives de
la Solitude une Notice manuscrite sur M. Teysseyrre, à laquelle M. Paguelle a emprunté quelques détails (p. 352). Elle a été composée par M. Marie- Joseph- Jules Martineau.
M. Teysseyrre n'a rien publié; mais son biographe a imprimé plusieurs pièces émanées de sa plume. Sans parler des nombreuses lettres intercalées dans le récit, nous citerons :
1. — Lettres spirituelles de M. Teysseyrre (p. 365-428). On peut ajouter celle qu'il écrivit à M. du Rosel de S'-Germain, citée dans la Vie de M. l'abbé du Rosel de Sl-Germain, prêtre de Saint-Sulpice, mort à Avranches dans sa 25e année, par M. l'abbé Harel, ancien directeur des Missions diocésaines, ancien curé de Valognes, Chanoine titulaire de Coutances; Goutances, impr. de J.-J. Salettes, libraire-éditeur, 1862, in-12, p. 133, 134.
2. — Étendue des devons de MM. les Directeurs et Professeurs de la Petite Communauté (p. 321-328).
3. — Règlement particulier à l'usage de la Petite Communauté des Clercs de Saint-Sulpice (p. 441-451).
<4. — Cantique pour les infirmes (p. 344-346). Le brillant élève de l'X, comme on appelle l'École Polytechnique, n'était pas étranger à l'art de la poésie.
5. — Par ses conseils et son influence sur l'abbé de Lamennais, par les nombreuses notes qu'il lui a fournies, M. Teysseyrre a beaucoup contribué à la composition et à la publication de YEssai sur l'Indifférence en matière de religion. « Il reste de cette collaboration un volume écrit de sa main, ou plutôt une série de notes qui toutes se rapportent aux sujets traités par Lamennais. Ce sont des déductions logiques que nous retrouvons dans YEssai; ce sont des preuves de l'Écriture et de Tradition que nous n'y retrouvons pas; ce sont des réponses à des objections scientifiques; en un mot, les traces d'un travail de compositions auquel l'ordre et la forme font défaut » (p. 290, 291). — Voici le contenu de ce volume in-4° qui, après avoir appartenu à M& Dupanloup, est aujourd'hui la propriété du séminaire de Saint-Sulpice : — « Recueil de Dissertations : — Considérations générales sur l'état du procès entre la Reli-
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gion el la Philosophie. — Exposition et réfutation du système de Tolérance et d'Indifférence. — Dénombrement des élus et des damnés. Du salut des enfants et adultes non baptisés; des hérétiques, etc. — Dissertation dont l'objet est de montrer que la Religion chrétienne a suffisamment pourvu aux moyens nécessaires pour mettre le salut à la portée de tous les hommes, même des enfants et des simples. — Dissertation sur l'autorité de l'Église en matière de foi, et sur la manière d'arriver à la foi. — Prééminence de l'Église sur la Synagogue en ce qui concerne l'infaillibilité. — De la Religion Mosaïque. Preuves intrinsèques : authenticité, intégrité, véracité du Pentateuque. Preuves extrinsèques : prophéties, miracles. Réalité et autorité des miracles évangéliques. Démonstration du Christianisme par les miracles de Jésus-Christ. — Réponses aux objections contre la possibilité d'une révélation qui a pour objet des mystères et des préceptes positifs, outre ceux qu'impose la religion naturelle ». Enfin, M. Teysseyrre avait voulu écrire la vie de M. Dargenteuil, el celle de M. de Chabrol, mort presque en odeur de sainteté à Riom, tous deux ses condisciples. II en avait réuni tous les matériaux; mais des occupations imprévues d'abord, puis la mort l'empêchèrent d'achever ce travail (p. 217;.