M. DESMAZURES
Adam-Charles-Gustave Desmazures naquit le 15 janvier 1818 à Nogent-sur-Seine, au diocèse de Troyes; « mais, dit la circulaire envoyée après sa mort, ce fut surtout à Paris que se forma sa jeunesse. 11 dut à son honorable famille le bienfait d'une éducation chrétienne et de nombreuses relations avec l'élite des classes les plus cultivées de la capitale. Les connaissances variées qu'il acquit, l'urbanité de manières, les agréments de l'esprit qui se développèrent en lui dans ce milieu, devaient un jour porter leurs fruits dans le ministère particulier que la Providence lui réservait.
» Il demeura dans le monde jusqu'à l'âge de 26 ans, fréquentant l'École de Droit, travaillant dans les Ministères, et poursuivant des études d'art et de littérature, pour lesquelles il conserva toujours un goût très vif. En même temps, il était membre de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, qui l'initiait à la pratique des œuvres de charité. Elle mûrit sans doute la vocation qui le conduisit au séminaire de Saint- Sulpice, où il entra le 15 octobre 1844. Admis ensuite à la Solitude, il y fut ordonné prêtre le 23 décembre 1848. On l'envoya ensuite remplir les fonctions d'économe au séminaire d'Autun.
» Après y avoir passé deux ans, il partit pour Montréal, et y arriva le 11 octobre 1851. 11 fut d'abord employé à la
paroisse Notre-Dame, et plus tard à celle de Saint-Jacques; puis rappelé à Notre-Dame, où il est demeuré jusqu'au terme de sa carrière.
» Les œuvres auxquelles il se dévoua avec le plus de zèle pendant les quarante années de son ministère furent celles dont il avait le mieux apprécié l'importance avant son entrée au séminaire. En faveur des jeunes gens du monde, il s'occupa activement du Cercle littéraire, des séances dites du Cabinet de lecture, de la formation d'une bibliothèque et de la rédaction de L'Echo du Cabinet de lecture. En faveur des jeunes filles, il dirigea longtemps un catéchisme de persévérance, auquel il apportait une soigneuse préparation.
» La distinction de son esprit et la bonté de son cœur contribuèrent également à lui donner une heureuse influence sur un grand nombre d'hommes appartenant aux classes les plus élevées de la société. Il exerçait en même temps la plus humble et la plus généreuse charité à l'égard des pauvres, des familles déchues d'une situation meilleure, des jeunes personnes exposées à se perdre par défaut de ressources. Il consacrait principalement à ces bonnes œuvres les revenus patrimoniaux que la divine Providence avait mis à sa disposition.
» M. Desmazures était presque septuagénaire, quand l'ouverture à Montréal des cours de la Faculté des Arts, en 1887, parut encore rajeunir son ardeur. Il accepta avec empressement de contribuer à cette œuvre par des conférences d'Archéologie et d'Art religieux, dans lesquels il voyait le couronnement des études qu'il avait toujours aimées, et une dernière forme d'apostolat. Il n'épargna ni travail, ni dépenses, pour relever l'intérêt de ses conférences par des exhibitions de dessins et de modèles, qui y ajoutaient une grande clarté.
» Ce fut une autre joie pour lui, en 1888, que l'ouverture du séminaire canadien de Rome, dont son attachement au Saint-Siège et aux doctrines romaines le disposaient tout spécialement à apprécier l'importance. Aucune autre œuvre n'a, probablement, reçu dans ses libéralités une plus large