‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 2)Chapitre 23 sur 275 · M. MONTAIGNE · texte numérisé non relu

M. MONTAIGNE

Jean Montaigne, né le 28 septembre 1759, à Goujounac, canton de Cazals, arrondissement de Cahors, alla à Paris en 1774 et entra en philosophie à la petite Communauté appelée des Roberiins. Dans sa licence, il disputa le premier rang et obtint le troisième. Il fut reçu licencié le 23 février 1784, et docteur le 2 octobre de la même année. « S'étant attaché à la Congrégation de Saint-Sulpice, il fut chargé de professer la théologie successivement à Toulouse et à Lyon; puis rappelé à Paris, où il fut maître des études au grand séminaire. Pendant la Révolution, M. Montaigne se tint caché; il fut pourtant arrêté, mais il resta peu de temps en prison. Lorsque M. Émery réunit, en 1800, les membres épars de sa Congrégation, M. Montaigne se joignit à lui, et recommença l'enseignement de la théologie » {L'Ami de la Religion du 17 mars 1821, t. XXVII, p. 153). Depuis le mois de juillet 1808 jusqu'à sa mort, M. Montaigne fut le directeur et le conseil de Mrae Barat, fondatrice des Dames du- Sacré-Cœur. « En novembre 1810, dit son historien, elle passa presque un mois à Paris. Elle y venait, comme elle disait, consulter le grand père de la Société... Ce nom était d'ailleurs justifié par la bonté vraiment paternelle de cet homme vénérable. Toutefois, c'était en secret, rarement et discrètement, que l'austère sulpicien consentait à s'occuper des intérêts spirituels des servantes de Jésus-Christ. Mais, si sommaire que pût être sa direction, il avait une sûreté de vues, une solidité de principes, une netteté de décision, une franchise de parole, qui inspiraient une confiance absolue, invincible. Il me parle avec un ton qui me fait croire tout ce qu'il dit comme article de foi, écrivait la mère Barat à Mra0 Duchesne. Un autre jour, elle disait à cette même amie qu'elle ne désespérait de

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