M. DURIEU
bora le propre diocésain à soumettre à Rome. En 1864, au moment où, ce travail achevé, le cardinal de Bonald partait pour se rendre auprès du Saint-Père, M. Durieu, que le vénéré cardinal écoutait volontiers, lui présenta un mémoire très documenté, qui concluait à demander à Rome l'autorisation, pour rentrer dans le droit liturgique, de reprendre l'ancien bréviaire et l'ancien missel lyonnais, auxquels, avec l'approbation de Rome, on ferait subir des corrections analogues à celles que les livres romains avaient subies sous saint Pie V.
» Le cardinal de Bonald accueillit cette ouverture avec beaucoup de faveur, et emporta à Rome ce mémoire. Mais il fut sans doute effrayé par le long temps qu'il eût fallu encore pour accomplir le travail de révision de nos anciens livres, et il s'en tint aux conclusions de la première Commission. Ce furent les textes de cette Commission qu'il présenta à l'approbation de la Congrégation des saints Rites.
» En revenant de Rome, le cardinal de Bonald avait encore à accomplir une partie difficile de la tâche entreprise. Il s'agissait de l'impression des livres liturgiques; il s'agissait d'établir des traités avec des imprimeurs dans une situation qui n'était pas entière, et où des réclamations, des revendications de la part des anciens imprimeurs ou libraires, demandaient à être étudiées avec justice à la fois, et avec une sage préoccupation des intérêts du diocèse; il s'agissait, en un mot, des mille détails d'exécution qui sont toujours un travail d'autant plus ingrat qu'on n'en voit au dehors que ce qui peut prêter à la critique.
» Ce fut alors que fut nommée la deuxième Commission, présidée par M. Pagnon de si douce mémoire, et dont M. Durieu fut l'âme.
» Cette Commission n'était chargée que d'exécuter les mesures arrêtées déjà, mais quand M. Durieu se mit à l'œuvre, il vit bientôt que le premier travail avait été trop hâtif, et que pour aller au plus vite, on avait sacrifié nombre de rites vénérables, de textes liturgiques dignes d'être conservés. Ce fut alors une reprise en sous-œuvre d'autant plus laborieuse
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et d'une négociation d'autant plus difficile, qu'on était en face de décrets déjà rendus et de décisions fermes.
» C'est à ce travail que nous devons d'avoir conservé notamment nos préfaces propres et nos proses, nos offices pour les fêtes de saint Pothin et de saint Irénée, et nombre d'autres détails importants que tout le diocèse eût singulièrement regrettés » (Semaine religieuse du diocèse de Lyon, 3 janvier 1896, p. 139, 160).
En décembre 1870, M. Durieu fut envoyé au séminaire de Rodez. Il y enseigna la morale aux nouveaux jusqu'en 1874, puis aux anciens pendant l'année 1874-1875. Alors, il redevint économe, emploi qu'il alla, en 1878, exercer au grand séminaire de Bordeaux. Partout il prouva qu'il excellait dans l'Économie. Il mourut à Bordeaux, le jour de Noël, 25 décembre 1895, à 8 heures et demie du soir. Ses obsèques furent célébrées le 28, et son corps fut inhumé dans le cimetière de la maison de campagne du séminaire.
1 . — Traité de V Administration temporelle des Grands et des Petits séminaires, des Congrégations autorisées et non autorisées , et des Collèges ecclésiastiques, suivi de la législation annotée des Fabriques, des Menses curiales, épiscopales et capitulaires, et des Caisses de retraite ecclésiastique; par P. Durieu, Prêtre de Saint-Sulpice; Paris, Lecoffre; Lyon, Vitte, 1890, in-8°, pp. xiv-604. — Polybiblion, août 1891. t. LXII, p. 140, 141. — L'auteur préparait une seconde édition qui eût été diminuée sur quelques points, et sur d'autres augmentée des lois et décrets concernant la matière, publiés depuis la première édition.
2. — Comme membre de la Commission des Conférences diocésaines, M. Durieu a rédigé, pour la partie liturgique, quelques-uns des Comptes rendus qui ont été imprimés à Bordeaux de 1885 à 1895.