‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 2)Chapitre 29 sur 275 · M. VERDIER · texte numérisé non relu

M. VERDIER

Jean-Antoine Verdier, né le 17 février 1755, à Saint-Agrève (Ardèche), entra clerc au grand séminaire de Viviers le 24 octobre 1771. 11 fit sa Solitude en 1779-1780. Aux vacances de cette année, il fut envoyé à Angers : il y était lorsque M. Le Callic fit la visite de ce séminaire, le 16 mai 1781. En 1782, M. Émery, récemment nommé supérieur-général, envoya M. Verdier professer la Morale au grand séminaire d'Autun. 11 resta, pendant toute la Révolution, dans le diocèse, et il le gouverna en vertu des pouvoirs qu'il tenait de l'Archevêque de Lyon, administrateur du diocèse d'Autun. Quand cet archevêque mourut, en 1799, Pie Vil continua à M. Verdier les mêmes pouvoirs, y ajoutant des pouvoirs semblables pour régir les diocèses de Chalon et de Màcon. M. Verdier fit ouvrir la Cathédrale d'Autun au culte catholique le 8 février 1801, et travailla dès qu'il le put à la réorganisation des paroisses du nouveau diocèse et au choix de leurs futurs pasleurs, de concert avec Msr Moreau, évêque nommé d'Autun, qui le fit son grand vicaire. M. Verdier considéra dès lors comme accomplie sa vocation exceptionnelle, et se mit en devoir de rentrer dans sa première vocation de simple directeur de séminaire. Mais M. de Fontanges, qui fut réellement le premier évêque d'Autun après le Concordat, voulut le retenir et en faire son vicaire général. M. Émery, vivement sollicité, finit par consentir. « Puisque vous avez besoin de M. Verdier tout entier, écrivait-il au prélat le 24 mai 1803, je vous l'abandonne ».

A la mort de M. de Fontanges, arrivée le 6 janvier 1806, tout le monde, à Autun, espérait que M. Verdier lui serait donné pour successeur. Ce fut M. Imberties, alors curé de

Montauban. Il témoigna à M. Verdier la même confiance, lui conserva son titre de vicaire général, et continua de l'admettre dans son conseil, même après l'avoir nommé archiprêtre de sa cathédrale, ce qui eut lieu le 4 juillet 1807. M. Verdier devint ensuite chanoine titulaire en 1813, et mourut le 29 novembre 1825, âgé de 71 ans. « C'était, dit M. Muguet, un excellent théologien, un homme de grande prudence et de bon conseil, et tout en s'occupant des intérêts généraux du diocèse, il gouverna sa paroisse en pieux et zélé pasteur, dévoué à toutes les bonnes œuvres du ministère » {Recherches historiques sur la persécution religieuse dans le département de Saône-et-Loire pendant la Révolution, par l'abbé Paul Muguet; tome deuxième, L'arrondissement d'Autun; Chalon-sur-Saône, 1897, in-8°. p. 227).

L'analyse détaillée que le même auteur fait de deux circulaires envoyées par M. Verdier aux missionnaires du diocèse pendant la Révolution confirme pleinement ces éloges. De ces documents, le premier est manuscrit, le second est un imprimé de 4 pages, daté du lo janvier 1796, sans nom d'imprimeur {Recherches... p. 229-234). On attribue encore à M. Verdier une lettre importante, sur la translation du dimanche au décadi : c'est un in-12 de 8 pages, également sans nom d'imprimeur (Ibid., p. 234-236).

Mais « ie document principal qui nous reste de l'administration de M. Verdier est un grand cahier de 128 pages. Cet écrit a pour titre : Etat actuel du diocèse d'Autun. Il fut rédigé en 1799, et augmenté de quelques additions en 1800 et 1801 : il est tout entier de la main de M. Verdier. Rien de plus intéressant que ce registre. Il fait connaître, en chaque paroisse, les noms des missionnaires autorisés. Puis, dans la partie principale de l'ouvrage, M. Verdier expose sommairement l'état actuel des paroisses. Prêtres assermentés, persistant dans l'erreur, ou revenus de leur égarement; prêtres demeurés fidèles, restés au milieu de leur troupeau, rentrés de l'exil ou retenus encore à l'étranger; esprit général de la population; voilà ce qui est mentionné, et s'il y a lieu, l'auteur du mémoire ajoute quelques particularités sur l'église

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de la paroisse. Les grands exemples de vertu ou de scandale donnés par les prêtres et les fidèles sont également rapportés. Bien que ce document ne soit qu'un abrégé sommaire, il est des plus précieux : ses données sont certaines et authentiques » (Recherches... p. 237, 238).

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