M. GASSENDY de TARTONNE
Louis-Joseph de Gassendy de Tartonne, fils d'un maréchal de camp, naquit le 27 avril 1751, à Tartonne, autrefois du diocèse de Senez, aujourd'hui commune du canton de Barrême (Basses-Alpes), dans le diocèse de Digne. Il était neveu de Guillaume d'Hugues, qui fut archevêque de Vienne en Dauphiné de 1751 à 1774. En 1768, il entra au séminaire de Saint- Irénée, à Lyon, et il y passa trois ans. D'après une lettre de M. Émery au cardinal Fesch, il fut pendant dix ans conseiller au Parlement de Grenoble. Il prit part, en qualité de député du second ordre, à la dernière Assemblée générale du clergé de France qui se tint à Paris en 1785 et 1786. Il alla au séminaire de Saint-Sulpice en 1787, et le 9 septembre de la même année, il fut admis dans la Compagnie. L'année suivante, il partit pour Toulouse, et professa pendant quelque temps dans le séminaire diocésain de cette ville. Aux vacances de 1791, M. Émery voyant les écarts de M. de Savines, évêque de Viviers et parent de M. de Tartonne, l'envoya au séminaire de Viviers, avec la mission secrète de travailler à ramener ce prélat à de meilleurs sentiments.
Quand vinrent les mauvais jours de la Bévolution, M. de Tartonne se rendit à Rome en compagnie de son oncle Georges-Gaspard-Alexis de Plan des Augiers, évêque de Die, qui lui avait donné le litre de vicaire général. Ce prélat étant décédé à la fin du mois d'avril 1794, M. de Tartonne s'attacha à la personne de M§r D'Aviau, et le suivit lors de son retour en France. L'ancien archevêque de Vienne ayant été chargé par le Pape d'administrer le diocèse de Die, M. de Tartonne fut un de ses grands vicaires, et résida dans ce diocèse jusqu'au jour où il retourna au séminaire de Saint-Sulpice.
II y arriva le 30 mai 1805, et après y avoir passé trois mois
et demi, il partit le 12 septembre pour Lyon, afin d'y enseigner la théologie dogmatique à la place de M. Cartal. Il fut ensuite envoyé au séminaire d'Aix-en-Provence. Nous ignorons ce qu'il fit de 1811 à 1814. Lorsque la Compagnie eut la liberté de rentrer dans les séminaires qu'elle dirigeait avant sa suppression, M. de Tartonne fut mis à la tête du séminaire de Bourges. Mais ayant obtenu en 1816 d'être déchargé du fardeau de la supériorité, il fut envoyé au séminaire de Bordeaux et y enseigna l'Écriture-Sainte jusqu'en 1820. A cette époque, il dut renoncer à tout enseignement; mais il resta au séminaire de Bordeaux, continuant jusqu'à la fin de sa vie à édifier par sa piété et sa foi vive, aidant ses confrères de ses sages conseils, et consolant ceux qui étaient dans la peine. Il mourut le 10 août 1831, âgé de 80 ans.
A. — Traduction des Psaumes sur la Vulgate, avec commentaires en français; in-4°, pp. 224. M. de Tartonne entreprit de bonne heure ce travail « pour mieux dire son bréviaire », et même après l'avoir achevé, il ne cessa pas de lire les auteurs qui avaient écrit sur ce sujet. Le 25 avril 1828, il résolut de revoir son œuvre et il l'augmenta considérablement. Cette seconde rédaction, écrite en entier de sa propre main comme la première, forme un petit in-folio de 480 pages. Ces deux manuscrits sont conservés dans la bibliothèque du grand séminaire de Bordeaux.