M. DE SAINT-FÉLIX
Saint-Charles, à Toulouse. La Révolution l'en ayant chassé, il émigra en Espagne avec le titre de vice-supérieur de la Compagnie pour ce pays. Rentré en France en 1802, M. de Saint- Félix fut de nouveau envoyé à Toulouse en 1805 pour y rétablir le grand séminaire. Aux fonctions de supérieur, il joignit celles de professeur d'Écriture-Sainte et d'économe. Il eut particulièrement à souffrir sous ce dernier rapport depuis la rentrée qui se fit en novembre 1806 jusqu'au mois d'avril 1807. L'argent manquait. Pour s'en procurer, M. de Saint- Félix composa sa brochure intitulée, Vœu de la Religion : l'expédient ne réussit ni pour l'économe ni pour l'auteur. Celui-ci quitta donc Toulouse le 11 avril 1807, et se rendit au séminaire de Paris, où, pendant vingt-cinq ans, il vécut en simple directeur, donnant à tous l'exemple d'une régularité parfaite, et d'une tendre dévotion à la Sainte-Vierge, qui survécut en lui au déclin de ses facultés. Il mourut âgé de 91 ans, le 1er janvier 1832, à l'hospice de Marie-Thérèse, où les événements de 1830 l'avaient obligé à se retirer. On porta son corps à Issy, et on l'inhuma dans le cimetière de la chapelle de Lorette.
1 . — Confrérie vouée à Notre-Dame des deux et de la terre, in-8° sans frontispice, de 9i pages. Il contient : Exposition raisonnée de l'esprit et des avantages de cette confrérie, p. 1-86. — Saintes et faciles pratiques de la Confrérie vouée à Notre-Dame des deux et de la terre, p. 87-94. L'approbation « d'un manuscrit intitulé, Saintes et faciles pratiques... » est signée, Cambon, vicaire général, et datée de Toulouse le 28 avril 1805.
2. — Vœu de la Religion adressé par elle-même aux catholiques de Toulouse, in-8°, pp. 8i. — Parlant à ses « bienaimés catholiques », la Religion leur dit : « Laissez vos cœurs se pénétrer des vérités que je vais vous faire entendre, comme autant de motifs de zèle et de générosité auxquels une âme honnête et amie d'elle-même ne se refusera point, puisqu'en vous parlant des pieuses libéralités dont vous devez aider l'établissement d'un noviciat ecclésiastique, on ne fera que vous parler du moyen, et de conserver Thon-
nêteté de votre àme, et de grossir sans cesse vos trésors éternels dans les Cieux, et de vous épargner les interminables maux de l'Éternité dans les Enfers : trois divers points de vue sous lesquels je veux que vous considériez avec moi les rapports si importans que vous avez avec la restauration de ma maison ecclésiastique » (p. 3, 4). A ceux qui seraient tentés de critiquer comme trop longue cette phrase de 114 mots, nous conseillerons de lire les écrits de Hardion, membre de l'Académie française, et la Lettre à M. l'abbé Desfontaines sur une phrase de 184 mots d'un discours de l'abbé Hardion, à la réception de Mairan à l'Académie française (par le marquis Ch.-J. de Beauveau); Paris, 1745, in-12.