ÉVÊQUE DE NATCHEZ
Jean-Marie-Joseph Chanche naquit à Baltimore le 4 octobre 1795, et fut baptisé par le Révérend M. Dubourg, qui fut plus tard archevêque de la Nouvelle-Orléans. La famille du jeune Chanche avait depuis peu émigré de Saint-Domingue, où son père avait exercé un commerce très considérable et très lucratif. Au mois de septembre 1807, n'étant âgé que de 11 ans, Jean-Marie entra au collège Sainte-Marie de Baltimore, tenu par les prêtres de Saint-Sulpice. Il s'y distingua par ses succès dans l'élude, et par la candeur et l'innocence de sa vie. A 15 ans, il reçut la tonsure des mains de M§r Carroll. Il entra en théologie, au séminaire, en septembre 1814, et fut ordonné prêtre par Msr Maréchal, le 5 juin 1819. Admis ensuite dans la Compagnie de Saint-Sulpice, il continua de professer au collège, fonction qu'il remplissait déjà pendant ses études ecclésiastiques. Il devint plus tard vice-président, c'est-à-dire vice-supérieur de cette maison, dont il fut nommé président en 1834. C'est sous son administration et celle de son prédécesseur, M. Eccleston, que le collège Sainte-Marie jeta son plus grand éclat.
M. Chanche possédait toutes les qualités et les manières de l'homme aimable, et il n'était pas moins remarquable par sa fermeté de principes. D'une taille élevée et imposante, doué d'une voix forte et agréable, il avait de bonne heure obtenu une grande réputation comme prédicateur. Toutes ces qualités, rehaussées par une vertu éminente, le désignaient pour l'épiscopat. Il refusa successivement la coadjutorerie de Baltimore, celle de Boston et celle de New-York; mais, finalement, il accepta l'évêché de Natchez, nouvellement érigé dans l'État du Mississippi, et fut sacré le 14 mars 1841. Il demanda à rester membre de la Compagnie, et en considération de circonstances particulières, cela lui fut accordé.
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Rien de plus pauvre que le champ assigné au zèle du nouvel évoque. L'unique église de sa ville épiscopale avait été détruite par le feu en 1832; et neuf ans après, les fidèles s'assemblaient encore dans une salle publique qu'on avait louée. Pas un prêtre résidant, ni à Natchez, ni ailleurs dans le diocèse. M^1' Ghanche se mit aussitôt à l'œuvre. Dès le mois de février 1842, il avait recueilli, parmi les protestants aussi bien que parmi les catholiques, des fonds suffisants pour commencer la construction d'une église qui serait à la fois paroissiale et cathédrale. Ce fut à la bénédiction de la première pierre de cet édifice qu'il prêcha un de ses plus éloquents sermons, et le seul qui nous soit parvenu, non en entier, mais dans ses traits principaux. Au mois de décembre suivant, on fit la consécration de cette église, bien qu'elle ne fût pas entièrement achevée, et durant bien des années, elle fut regardée comme la plus belle des États de l'Ouest. Tout l'épiscopat de M=r Chanche fut consacré aux travaux du plus humble missionnaire : il entendait les confessions, visitait les malades, prêchait dans les salles publiques aux protestants et aux catholiques. Après douze ans d'efforts persévérants, il avait bâti onze églises et établi trente-deux stations ou endroits visités par le prêtre. Onze prêtres aidaient l'évêque à desservir ces églises et ces succursales. Enfin, six sœurs de S. Vincent de Paul dirigeaient une école et un orphelinat.
Msr Ghanche assista aux divers conciles de Baltimore : à ceux de 1829 et de 1833, comme maître de Cérémonies; à ceux de 1837 et de 1840, comme théologien de l'Église métropolitaine; comme évêque, à ceux de 1843, 1846 et 1849. A la fin de mai 1848, il fit le voyage de Piome pour les besoins de son diocèse, et aussi clans l'intérêt de sa santé, bien affaiblie par ses travaux apostoliques. Il retourna à Baltimore au mois d'avril 1849. En 1852, il assista au concile plénier tenu dans celte ville. En retournant dans son diocèse, il s'arrêta pour visiter quelques amis dans la petite ville de Frédéric, au Maryland. C'est là qu'il fut subitement attaqué du choléramorbus. Malgré sa santé robuste, malgré les soins qui lui furent prodigués, il succomba à la maladie après deux semaines
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de souffrances aiguës. 11 rendit son âme à Dieu le 22 juillet 1852, dans les sentiments les plus vifs de foi, d'espérance et de charité. On a son portrait dans le Mémorial volume ofthe centenary of S1. Mary' s Seminary of S1. Sulpice, Baltimore , MD.; Baltimore, John Murphy et Go., 1891, in-8°, p. 126.
Cette notice a été en grande partie tirée de l'ouvrage suivant : Lives of the deceased Bishops of the catholic Church in the United States; With an Appendix and an analytical index; By Bichard H. Clarke, LL. D.; Author's revised, enlarged, corrected Edition; New-York, t. II, p. 166-191. — (G.-E. Viger).