‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 3)Chapitre 140 sur 207 · M. du MABARET · texte numérisé non relu

M. du MABARET

Joseph Masbaret, ou du Mabaret, comme on écrivit plus tard, naquit le 23 mars 1097, au lieu de Masbaret, maison de campagne située dans la commune d'Eybouleuf, à 5 kilomètres de Sl-Léonard, arrondissement de Limoges. Son père, Antoine Masbaret, était seigneur du lieu, et bourgeois de la ville de S'-Léonard : sa mère se nommait Françoise Fargeaud. Leur fils fit ses études littéraires au collège de Limoges, alors tenu par les RR. PP. jésuites : il acheva sa rhétorique eu 1713. 11 entra alors au séminaire d'Orléans, d'où il alla en 1715 à la petite communauté' des Robertins, à Paris ; puis au petit séminaire de S^Sulpice en 1716, el enfin au grand séminaire eu 1717 ou 1718 : il recul !<■ sous-diaconal au mois de juin de cette dernière année. \u\ vacances de L720, M. Leschassier l'envoya au séminaire d'Angers professer la philosophie, ainsi que cela se pratiquai! pour les aspirants a la Compagnie trop jeunes encore pour être ordonnés prêtres. En 1723, et probablement au BOrtir de la Solitude, on le renvoya de nouveau

ii Angers, mais pour v enseigner la théologie. H tut eu même

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temps chargé de la direction des études, et il déploya dans cette fonction tant de zèle et d'habileté, qu'il excita chez les séminaristes une nouvelle ardeur pour le travail. L'abbé Vitrac. qui nous fournit ce dernier détail, ajoute que « l'abbé du Mabaret, par la régularité exemplaire de ses mœurs et son amour pour l'étude, devint le modèle de ses confrères, et qu'il en faisait déjà les délices par sa douceur et l'aménité de son caractère » {Feuille hebdomadaire de Limoges, , 16 avril 1783).

Dès lors aussi, il était en relation avec plusieurs des plus importants représentants de la science ecclésiastique : Charles du Plessis d'Argentré, évêque de Tulle, qui passait pour l'homme de France le plus savant de son temps en théologie scolastique; D. Rémi Ceillier, bénédictin de Saint-Vannes, auteur de Y Histoire générale des Ecrivains sacrés et ecclésiastiques; le P. Le Quien, de l'Ordre des Frères Prêcheurs; le P. Hardouin, jésuite, dont l'esprit paradoxal faisait trop souvent tort à une vaste et solide érudition; et le P. Longueval, aussi jésuite, à qui M. du Mabaret soumit quelques observations critiques sur la dissertation placée en tète de l'Histoire de l'Eglise gallicane, où il est traité de l'établissement du Christianisme dans les Gaules (D. Piolin, Un professeur à l'Université d'Angers; Joseph Du Mabaret; dans la Revue de l'Anjou, septembre 1868, p. 129-141; p. 3 du tirage à part).

« En 1733, l'abbé du Mabaret eut la douleur de perdre son frère Joseph, qui était avocat au Parlement. Les besoins d'une famille privée de son chef le rappelèrent à Saint-Léonard. Il sacrifia ses goûts 'pour la carrière qu'il avait embrassée; il quitta la Compagnie de S'-Sulpice pour aller au secours d'un neveu encore enfant, à qui il fallait donner une bonne éducation. Il fut pourvu à Saint-Léonard de la cure de Saint-Michel, petite paroisse, où le ministère pastoral, très restreint, lui permettait de se livrer à ses goûts pour l'élude » (Notice historique sur l'abbé du Mabaret, par l'abbé Arbellot; Limoges, 1867, in-8'\ p. 11). M. du Mabaret se démit de cette cure entre les années 1763 et 1777. et partagea entre

l'élude et la prière toul le temps qui lui restait encore à vivre. Selon le témoignage de l'un de ses neveux. « il travailloit constamment chaque jour depuis quatre heures du matin jusqu'à une heure, qui étoit l'heure du dîner: il se promenoit ensuite, et reprenoit le travail à deux heures jusqu'à six heures, moment du souper : il restoit en famille jusqu'à neuf heures ». Il mourut le 19 mars 1783, âgé de 86 ans. « On peut certainement, dit D. Piolin, attribuer a Joseph du Mabaret ce qu'il disait lui-même de François Babin, auteur des Conférences d'Angers : « Il ne possédait pas un génie vif, brillant, sublime; mais il avait heaucoup de savoir et un grand sens, qui ne souffrirent presque rien des infirmités de la vieillesse ». Il semhlail avoir pris pour règle de vie cet axiome d'un Père de l'Église : Vive, quasi quotidiè moriturus; stude, quasi semper victurus » (D. Piolin, p. 16).

La Notice de M. Arhellot a été reproduite ou abrégée par M. Letourneau, Histoire du séminaire d'Angers; Angers, 18DS, in-8\ p. 111-120.

1. — « Dessein général d'un ouvrage latin intitulé : Verttatis triumphus, seu Tractatus de verà Reh gione , que l'on doit donner incessamment au public ». Dans les Mémoires de Trévoux, janvier 172o. p. 115-125. L'ouvrage ne parut pas. Quant au manuscrit, il fut déposé en 1783 à la Bibliothèque du séminaire de Limoges; « mais la Dévolution a passé par là comme par tant d'autres lieux, et aujourd'hui, nul ne sait ce qu'est devenu le livre de Joseph du Mabaret » (D. Piolin, p. 4). Le résumé qu'il envoya aux Mémoire* de Trévoux ne porte pas son nom : il en est de même pour l'écrit suivant.

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