M. CORBIN
Joseph Gorbin naquit à Angers le 24 novembre 1727, et entra en 1747 au séminaire de eette ville. Après y avoir achevé ses études ecclésiastiques et reçu les saints Ordres. il s'attacha à la Compagnie de S'-Sulpice, et fut envoyé au séminaire de Bourges. Il en sortit en 1761 pour aller à Toulouse, au séminaire de S'-Charïes. L'archevêque, Loménie de Brienne, utilisa son talent pour la liturgie en rappliquant à « perfectionner le nouveau bréviaire » qu'il projetait de donner à son diocèse. Il se proposait même de faire composer par M. Gorbin « un cérémonial, des Heures, etc. », et de « faire durer longtemps le travail », afin de le « retenir à Toulouse », comme nous l'apprenons par une lettre de M. Gorbin à M. Joubert du 31 janvier 1770. Elle était écrite, non du séminaire S^-Gharles, dans lequel M. Gorbin avait passé « huit ans », mais du séminaire diocésain, que les prêtres de S*-Sulpice dirigeaient, et où l'on avait espéré que M. Gorbin rétablirait sa santé usée par le travail. Il n'en fut rien, et en 1774, on dut l'envoyer respirer l'air natal au séminaire d'Angers. Il y travailla encore l'espace de trois ans (1774-1777); mais au bout de ce temps-là, sa santé l'obligea à quitter la Compagnie, et il devint chanoine de la collégiale de SMMartin d'Angers. En 1791, il refusa de prêter serment à la Constitution civile du Clergé, émigra à Bruxelles, et il y mourut l'année suivante (1792), âgé de 68 ans.
Le bréviaire de Toulouse fui publié vers la fin de l'année 1770 : Breviarium Tolosanum, DD... De Lomenie de Brienne... auctoritate edilumj Tolosae, I77ii, '» in-12. Quelque temps après, parut un opuscule intitulé : Examen du Mandement de Monseigneur l'Archevêque de Toulouse, sur le nouveau bréviaire; sans nom de lieu ni d'imprimeur, el sans date, in-12 de 24 pages. L'auteur de cel écril croyail flairer dans le Mandement quelque odeur de jansénisme. Naturellement, cela déplut au gazelier janséniste, adversaire-né de toul ce
M. GUICHART DE KERSIDENT 461
qui attaquait ses chères doctrines. Les Nouvelles ecclésiastiques prirent donc la défense du Mandement et du « nouveau bréviaire, que les gens d'épée, disent-elles, achètent à I'envi ». Et comme, en 1770, les jésuites avaient été expulsés de Toulouse et de tout le royaume, il s'ensuivait rigoureusement que les sulpiciens de Toulouse pouvaient seuls être les auteurs d'un « libelle » aussi « méprisable » que l'était
Y Examen. « Cependant — ainsi concluait l'article envoyé de Toulouse aux Nouvelles, — il seroit fort à désirer que les prélats pacifiques du Languedoc et de la Gascogne y fissent attention, pour apprendre à connoitre les sulpiciens de Toulouse, qui sont en possession d'élever la plupart des jeunes ecclésiastiques de ces provinces méridionales. Celui qui a tenu la plume montre si peu de jugement, qu'on seroit tenté de croire que c'est un cerveau timbré; et les Molinistes de Sorbonne n'auront certainement que du mépris pour un pareil champion. Mais le fanatisme qui règne parmi les sulpiciens de Toulouse donne un juste sujet de craindre que ce champion n'ait chez eux beaucoup de partisans » {Nouvelles ecclésiastiques du 16 avril 1772, p. 62). A quoi l'auteur de
Y Examen du Mandement répondit : « L'auteur... croit que le fanatisme règne dans les séminaires sulpiciens : il craint que le censeur du Mandement n'y ait beaucoup de partisans. 11 se trompe en n'y mettant que quelques sulpiciens; il peut compter tous les bons catholiques au nombre des censeurs du Mandement » (Réponse à la Gazette ecclésiastique, article de Toulouse, du 16 avril 1772, p. 16). L'auteur de cette Réponse, comme de YExamen, est l'abbé Bertrand de La Tour : voir son article, n. lo, au tome 111 de cet ouvrage.