‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 3)Chapitre 171 sur 207 · M. TASSIN de VILLEMIN · texte numérisé non relu

M. TASSIN de VILLEMIN

Robert-Louis-de-Gonzague Tassin de Villemin naquit à Orléans le 12 lévrier 1758. Ses parents étaient de riches commerçants. Il fut élevé au sein de sa famille, avec deux de ses frères, par un ancien jésuite, le P. Ghampion de Pontalier (1). Le précepteur ne négligea rien pour inspirer à ses élèves les sentiments de la piété, et le jeune Robert répondit si bien aux soins de son maître, qu'après avoir terminé ses humanités, il témoigna le désir d'embrasser l'état ecclésiastique. A cette fin, ses parents l'envoyèrent au séminaire de Saint-Sulpice. Il entra au mois d'octobre 1772 à la Communauté «les Philosophes, el il y passa deux ans. Après avoir terminé son cours de philosophie, il retourna dans sa famille

n i François Champion de Pontalier, Érère <ic Champion <io Nilon, naquit à Rennes le ~m octobre 1731, entra dans la Compagnie de Meus le i- septembre 1750, professa la grammaire à Amiens et la rhétorique I Tours, '-t mourut à Rennes le 30 décembre 1812. Voir la I ouvras la Bibliothèque de la Compagnie de Jésus; Rruxelles,

1891, t. II. p. 1058, i"

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pour y passer le temps des vacances. Cette épreuve fut pour lui funeste. La compagnie de quelques jeunes gens de vie peu réglée et la lecture de quelques ouvrages de Rousseau l'entraînèrent dans un tel relâchement, qu'il donna à sa chrétienne famille les plus vives inquiétudes, et que, pour le soustraire aux dangers du monde, son frère crut devoir le faire enfermer pour un temps à Saint-Lazare (I). Le séjour de cette maison lui fut salutaire : il y reprit peu à peu ses premiers sentiments. Après dix-huit mois de réclusion, il rentra dans sa famille. Quoique bien différente de ce qu'elle était précédemment, sa conduite annonçait encore beaucoup de faiblesse et d'inconstance ; mais les sages avis de son ancien précepteur le ramenèrent enfin à la pratique constante des devoirs de la piété et lui firent prendre la résolution de suivre sa première vocation.

Dans ce but, il entra au séminaire d'Orléans vers l'an 1779, et pendant les quatre ans qu'il y passa, il fut constamment un sujet d'édification pour ses condisciples. Quand il eut terminé ses études ecclésiastiques et reçu les Ordres sacrés, son vif attrait pour la vie retirée et pour la perfection lui inspira le désir d'entrer dans la Compagnie de Saint-Sulpice. Son admission souffrit plus d'une difficulté. On appréhendait que sa vertu n'eût pas encore la solidité nécessaire pour soutenir une vie de retraite et de dévouement. Toutefois, quelques directeurs anciens qui le connaissaient plus par- Ci) Outre les ecclésiastiques et les laïques qui désiraient faire les exercices spirituels, la maison de Saint-Lazare, principal établissement des Prêtres de la Mission, recevait aussi des jeunes gens dérangés que leurs parents y faisaient enfermer; ce qui s'exécutait sur un ordre du roi ou des magistrats. Les soins charitables que ces jeunes gens trouvaient là produisaient souvent les plus heureux fruits. Je possède en manuscrit un Mémoire instructif touchant la manière de conduire les jeunes gens qui sont enfermés, de l'ordre du Roy ou des Magistrats , dans la maison de Saint-Lazare à Paris, infolio de 23 pages. On y trouve les Règlements tracés pour les Préfet, Directeur, Procureur des pensionnaires, et pour les Frères qui en ont soin ; ainsi que les Avis et Règlement que MM. les Pensionnaires doivent observer, et l'Ordre pour l'employ de la journée. Tout cela est bien chrétien, et bien propre à faire de bons chrétiens.

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ticulièrement lurent singulièrement frappés dos marques extraordinaires de ferveur qui Is remarquaient en lui, el leurs instances déterminèrent enfin M. Émery à le recevoir dans la Compagnie, vers l'an 1783. La suile lit voir qu'on avait bien jugé. Envoyé d'abord à Toulouse, puis appelé à Paris vers l'an 1786, il y remplit avec autant de zèle que de succès les fonctions ordinaires des directeurs. Il exerça surtout la plus heureuse intluence au grand séminaire de Saint- Sulpice, ayant un don particulier pour gagner les cœurs et pour inspirer à tous le désir de la perfection. 11 sufiisait de le voir pour se sentir excité à l'amour du bien et à la pratique des plus hautes vertus.

Cependant. M. Tassin aspirait à embrasser l'état religieux. 11 fit même entre les mains de M. Montaigne, son directeur, les trois vœux de religion, en attendant qu'il put les prononcer solennellement dans quelque ordre approuvé. En 1790, des religieux de la Trappe, obligés de quitter la France pour aller s'établir en Suisse, passèrent par Paris et firent quelque séjour au séminaire de Saint-Sulpice. Les rapports que M. Tassin eut alors avec eux el la nouvelle qu'il apprit bientôt de leur établissement à Notre-Dame de la Val-Sainte, près de Fribourg, lui firent concevoir un vif désir daller les rejoindre. Aujugement de son directeur, la faiblesse de -a santé élait un sérieux obstacle à l'exécution de son projet. Cependant, lorsque le séminaire et la Compagnie de Saint-Sulpice eurent été dispersés par la Dévolution, M. Tassin se rendit au monastère de la Val-Sainte, vers le milieu de l'année 1783 I

iD Comme M. Émery, comme tous ses confrères de Saint-Sulpice, m. Tassin refusa 'le prêter serment à la Constitution civile du Clergé. I.'al>l>é i>elaiv i i.7v///.se de Par ispendant la Révolution : Paris, 1897, t. F, p. 372) relève une inexactitude de la Vie de m. i ou il est dit m. i, i'. 853 \ qu' • >n ne demanda pas le serment à m. Émery ni à ses confrères Mais l'Histoire <i" serment citée à tort par \i i rosselin 'lit, au contraire, ■ qu'on a exigé le serment 'la:

■ •t notamment dans celui de Saint-Sulpice ». D'ailh la 1**1 ci l'affiche <ie la municipalité de Paris indiquant le Jour ation 'in serment étaient foi melles en ce qui con» erna

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