M. LE BLANC
Etienne Le Blanc naquit vers 1625 dans le diocèse de Paris. Son père, qui était ministre de la religion prétendue réformée au Plessis-Marly, près de Dourdan, le fit élever dans les principes de sa secte, ainsi que ses frères, dont l'ainé, Louis Le Blanc de Beaulieu, se fit un nom comme ministre et professeur a Sedan, surtout par son ouvrage intitulé : llteses tJieologlcœ, variis te)nporibus in Academiâ Sedanensi editœ et ad disputandum propositœ , autliore Ludovico Le Blanc, Verbi divini Ministro et Theologiœ Professore; Londini, i(>7o, in-fol., pp. 820 (Cfr Moréri, art. Beaulieu; Haag, La France protestante, v° Le Blanc). — Plus heureux que son frère Louis, Etienne ouvrit de bonne heure les yeux à la lumière : il abjura l'hérésie et en même temps résolut de consacrer sa vie à la défense de l'Église en embrassant l'état ecclésiastique. 11 fut admis au séminaire de Saint-Sulpice le 17 octobre 1650, et profila si bien sous la conduite de ses directeurs, qu'en très peu de temps il devint un des meilleurs disciples de M. Olier. Ce maître si éclairé lui donna même dans les dernières années de sa vie des témoignages singuliers de confiance; car, non seulement il lui communiquait ses écrits, mais il lui demandait ses observations, dont il faisait un très grand cas. Ce fut d'après le
\i\ BIBLIOTHÈQUE SDLPICIENNE
conseil de M. Olier que M. Le Diane se détermina à prendre les grades théologiques en Sorbonne. Entré en licence en 1656, il en sortit avec honneur eu 1658, et aussitôt après reçut le bonnet de docteur. 11 était (1rs lors attaché à la Compagnie de Saint-Sulpice, et il en devint l'un des douze assistants en l'année lfi59. Vers le même temps, M. de Brelonvilliers lui confia la chaire de dogme au séminaire de Paris, et M. Le Blanc L'occupa jusqu'aux vacances de 1664.
11 prit une part active aux luttes qui eurent lieu en Sorbonne dans les années 1663 et 1664, au sujet des droits du Souverain Pontife. Ainsi que ses confrères de Saint-Sulpice qui assistèrent, en qualité de docteurs, à ces orageuses séances, M. Le Blanc se montra toujours zélé défenseur des prérogatives du Saint-Siège. C'est le témoignage que lui rend l'auteur d'un mémoire adressé à Colberl, cl publié par M. Charles Gérin (Recherches historiques sur l'Assemblée du Clergé de France de 1682; seconde édition: Paris, 1870, in-8°, p. 20). Parlant de la séance du 31 janvier 1663, dans laquelle on proposa d'enregistrer un arrêt du Parlement qui défendait de soutenir trois thèses favorables à Borne, le Mémoire dit : « Les sieurs de La Barmondière et Le Blanc, de Saint-Sulpice, accusèrent la Faculté de péché mortel; et le dernier dit que c'était par lâcheté et par crainte des puissances temporelles qu'on registi'ait cet arrêt ». L'année suivante, dans la séance du 14 mai, où il s'agissait de censurer quelques propositions de Jacques Vernant, M. Le Blanc partagea également l'avis des docteurs les plus dévoués au Saint-Siège.
En 1664, M. Le Blanc fut envoyé au séminaire de Notre* Dame du Puy pour enseigner la théologie dogmatique. II y donna des traités qualifiés simples ri clairs. » Il ;i\;iit. dit Grandet, un talent rare pour parler et pour écrire ». Il étail
aussi doué du talent de la poésie, et il COmpOSS plusieurs
cantiques qui entrèrent dans les premiers recueils faits pour le- Catéchismes de Saint-Sulpice. Grandel nous apprend encore (pie m. Le Blanc composa sur les qualités que s. Paul donne à la charité dans !»• \m chapitre de i pre-