M. TROUVÉ
pouvoir prendre cette ville. Il y eut échange de prisonniers, et M. Trouvé recouvra sa liberté.
» 11 se rendit à Montréal, où l'on aurait bien voulu le garder pour la cure de Villemarie, M. Guyotte venant de la quitter. Mais M. de Saint-Vallier ne consentit pas à se défaire d'une homme si sage et si habile. Celui-ci redescendit donc à Québec, où pendant quatre ans il travailla, avec beaucoup de zèle, dans les communautés religieuses. Mais à la lin, las des persécutions qu'il avait à subir de la part des ennemis de l'évêque, il revint en France, et M. de Saint-Vallier lui conseilla de retourner en Acadie, à sa cure de Beaubassin. ce qu'il fit en 1694. 11 avait en même temps à desservir Pétilcoudiac et Chipoudy, attachés à la seigneurie de Beaubassin.
» La guerre déclarée en 1702 entre la France et l'Angleterre vint le surprendre une seconde fois au milieu de ses travaux apostoliques. Vers la fin de 1704, une croisière partie de Boston parcourut toutes les côtes de la Baie Française, et les dévasta. Elle opéra une descente à Beaubassin et aux Mines; les habitants s'enfuirent dans les bois. M. Trouvé fut obligé de suivre son troupeau; il arriva ainsi, épuisé, à Chibouctou, et, selon M. Tanguay, il y mourut au mois de juillet 1704. Une autre légende le fait mourir dans un monastère de France, peut-être parce que, quelques années auparavant, il avait parlé de s'y retirer.
» M. Trouvé a écrit la relation de la mission de Kenté, qu'il envoya à M. Dollier de Casson, et dont il est parlé dans l'article de ce dernier. Voir plus haut, pag. 157.
» Il composa encore, en 1690, la relation de sa captivité et de sa délivrance. Voici ce que lui en écrivit M. Tronson : — « 12 mars 1691 ; La barque où était votre relation est arrivée à bon port (ainsi que vos deux lettres du 10 et du 12 novembre 1690), et j'y ai été ravi d'apprendre par vous-même des nouvelles de votre heureuse délivrance. J'ai fait copier votre belle et ample relation, et M. de Brisacier, à qui on l'a communiquée, l'a envoyée à M. de Denonville, suivant votre désir. 11 s'en servira utilement à la Cour; car je l'ai vu depuis
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peu, el il me parait aussi affectionné pour le Canada qu'il le fui jamais ». (M. P. Rousseau).
Voir aussi Les Sulpiciens et les Prêtres des Missions- Étrangères en Acadie (1676-1762), par l'abbé 11. -11. Casgrain, Docteur es lettres, Professeur d'histoire à l'Université Lavai de Québec, lauréat de l'Académie française; Québec, Librairie Montmorency-Laval, 1807.. in-8°, chap. 11, p. 83-110.