M. FRIZET
Antoine-Anthime Frizet naquit àPornes, chef-lieu de canton dans l'aprondissement de Carpentras, le 27 avril 1795. Après avoir commencé ses premières études ecclésiastiques dans son pays natal, il les continua et les acheva sous la direction de M. SoUier, d*abord au collège d*Apt et ensuite au grand séminaire d^Avignon. Il reçut la tonsure le 2 avril 1808, n'ayant pas encore 13 ans révolus, et fut ordonné prêtre le 5 juin 1819. On le nomma alors vicaire à Gourthézon, où il resta Tespace d'un an. Au mois d'octobre 1820, M. SoUier, son ancien supérieur, qui le considérait comme un de ses meilleurs élèves, le rappela au grand séminaire pour le charger d'un cours de théologie. Les sulpiciens ayant été appelés, en novembre 1823, à reprendre la direction du grand séminaire d'Avignon, M. Frizet demanda et obtint son agrégation à la Compagnie. 11 se rendit à Paris pour faire sa Solitude (17 mai 1827), et au bout de trois mois, on le renvoya au séminaire d'Avignon, où il continua de professer la théologie, puis enseigna rÉcriture-Saintc jusqu'en 1839.
Sa santé s'élant alors affaiblie, il fit pendant quelque temps un cours de droit canonique, et fut chargé des cérémonies. Mais ses forces diminuant de plus en plus, on le déchargea de toute fonction : M. Frizel resta néanmoins au séminaire d'Avignon avec le titre de directeur, et continua jusqu'à sa mort d'y rendre d'importants services. Il mourut le 4 juin 18()8, la veille du 49° anniversaire de son ordination sacerdotale.
L'abbé Joseph Constantin de Pernes a publié sur M. Frizet, son maître et son compatriote, une notice de 30 pages in-8*.
M. Frizet avait compose de nombreux cahiers sur la Théologie, l'Écriture-Saintc, la Liturgie. « Mais, dit son biographe, dans l'incendie qu'il fit de toutes ses œuvres, un peu avant de mourir, il n'y eut que ses cahiers d'Écrilure-Sainte qui échappèrent aux flammes. Ses lettres, ses notes, ses sermons,
M. FRIZET 301
même celui sur le Ciel, qui avail ravi ses auditeurs, tant le débit et le fond en étaient remarquables, tout fut impitoyablement détruit par le feu, dans la crainte de s'attirer les éloges de la postérité ».
Il est cependant un travail assez considérable de M. Frizet, que Ton possède imprimé dans les Œuvres pastorales de M»' Du Pont. Peu de temps après son arrivée à Avignon, le 25 décembre 1836, le prélat publia des Statuts diocésains, dans lesquels il prescrivit et organisa dans son diocèse la tenue régulière des Conférences ecclésiastiques, et chargea M. Frizet d'en rédiger le compte rendu, qui comprendrait toutes les matières qui y seraient traitées : Écriture-Sainte, Dogme, Morale, Liturgie.
M. Frizet accepta cette tâche, et s'en acquitta parfaitement pour les années 1837, 1838 et 1839; après chacune desquelles l'archevêque publia une lettre pastorale comprenant le compte rendu. Celui des conférences de 1837, publié dans la lettre pastorale du 25 mars 1838, a 35 pages in-4\ Celui des conférences de 1838 fut publié dans la lettre pastorale du 12 avril 1839 : il a 25 pages in4^ Enfin, celui des conférences de 1839 fut publié dans la lettre pastorale du 1**^ novembre 1840; il a 90 pages in-4^ U^" Du Pont fut transféré à Tarchevêché de Bourges avant que le tompte rendu des conférences de 1840 eût pu être publié.
Fort satisfait du travail de M. Frizet, M^ Dupont ne pouvant le nommer chanoine honoraire de sa cathédrale, le fit membre de son Conseil archiépiscopal. En outre, dans un de ses voyages à Rome, il présenta les Comptes rendus des Conférences de son diocèse au Pape Grégoire XVI et lui en désigna l'auteur. Sa Sainteté en fit les plus grands éloges et ifen perdit pas le souvenir. En effet, quelques années après, M. Frizet ayant à son tour fait le voyage d'Italie, et s'étant prosterné devant Grégoire XVI avec une profonde humilité, « le Pape, dit l'abbé Constantin, le releva et le bénit avec amour. Alors, un colloque familier s'engagea entre le père et l'enfant. L'abbé Frizet, rassuré par les paroles bienveillantes du Pontife, lui protesta de son dévouement à l'Église et de
302 BIBLIOTHEQUE SULPIGIEMMB
I*attachement du Clergé d'Avignon à la foi catholique. — B est admirable par ses œuvres et par sa science, répondit le Pape, et j'en ai une preuve devant mes yeux. Cet éloge inattendu fit monter la rougeur au front du modeste salpicien. Grégoire XVI s*en étant aperçu, lui dit : « N'en soyet pas surpris; j'ai lu les Comptes rendus de vos conférences >. Ces paroles prononcées avec une grande fermeté produisirent sur l*âme de M. Frizel Teffet d*un coup de foudre. Quelle déception t II était venu pour vénérer le Pape, et c*est lui qui était Tobjet de ses affections et de ses louanges... »
La notice qu*on vient de lire n*est guère que la reproduction de celle que M. Redon, Vicaire général du diocèse d*Avignon, a bien voulu composer pour nous à la prière de M. Monier, Supérieur de la Maison Saint-Jean, à Paris, par rintermédiaire duquel elle nous est heureusement parvenue.