‹ Bibliothèque sulpicienne; ou, Histoire littéraire de la Compagnie de Saint-Sulpice (volume 4)Chapitre 219 sur 298 · M. GRANDVAUX · texte numérisé non relu

M. GRANDVAUX

Né à Baume-les-Messieurs (Jura), au diocèse de Saint- Claude, le 13 juillet 1819, Charles- Auguste Grandvaux fit ses études philosophiques et théologiques au grand séminaire d*Autun. Quand il les eut terminées, il y resta encore un an, chargé d*y enseigner les sciences. M«^ d'Héricourt, évéque d*Autun, qui Tavait acquis à son diocèse, le fit alors aumônier de l'hospice général de Màcon,.et M. Grandvaux exerça ce ministère pendant quatre ou cinq ans. Attiré ensuite par les inspirations de la grâce vers TŒuvre des Grands Séminaires, il demanda et obtint en 1847 la permission d'entrer à la Solitude. Lorsque son noviciat fut terminé, on l'envoya enseigner la morale au séminaire de Rodez. Il ne tarda pas à s'y faire connaître par sa perspicacité dans les questions les plus complexes ainsi que par la rectitude de son jugement, ce qui porta l'évéque à lui donner une grande part dans les travaux des Conférences diocésaines; il lui demanda d'en rédiger les programmes et d'en apprécier les solutions par un compte rendu.

« En 1852, il fut appelé au séminaire de Paris pour un cours d'Écriture-Sainte, qu'il fit jusqu'en 1861, époque où on lui confia le cours spécial de théologie, destiné aux élèves qui avaient terminé les études élémentaires du grand séminaire. Plus tard, quand l'Institut catholique eut organisé les cours d'enseignement supérieur, tous ceux qui suivaient au

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séminaire les cours spéciaux de Théologie, d^Écrilure-Sainte et autres furent conduits à la Faculté de Théologie, et M. Grandvaux continua à diriger leurs études.

» Il serait difficile de dire tous les travaux qu'il entreprit depuis son entrée à Saint-Sulpice. Ce qu'il a donné au public dans ses Introductions aux ouvrages qu*il a publiés de M. Le Hir est peu de chose à côté de ses écrits, restés manuscrits, sur la plupart des branches de la science ecclésiastique : Philosophie, Politique sacrée, Écriture -Sainte, Théologie dogmatique et morale, Critique historique de TËcole d'Alexandrie, etc., etc. Nous ne parlons pas de ses réponses à un nombre considérable de questions pratiques qui lui étaient proposées, et pour la solution desquelles il a souvent composé des dissertations. Nous ne parlons pas non plus des discussions du Cas de conscience dont il fut nommé modérateur par TArchevêque de Paris à partir de Tannée 1875. Ces écrits divers n*ont pas été, il est vrai, amenés à cet état de perfection qui permette de les imprimer; mais ils renferment le résultat de recherches nombreuses et un fonds très précieux de doctrine : ils supposent dans leur auteur une rare facilité de conception et des vues fort étendues. Ce qui frappe plus encore dans ces travaux, c'est le principe qui les a inspirés : Tamour de la vérité, le désir de maintenir intact le dépôt des traditions des grandes écoles catholiques, un attachement inviolable aux enseignements du Siège Apostolique » {Circulaire nécrologique, par M. Icard).

Dieu, qui éprouve ceux qu'il aime, permit que, dans les dernières années de sa vie, M. Grandvaux fût en proie à des peines d'esprit et de conscience qui jetèrent le trouble dans ses belles facultés, quoique son cœur restât toujours fortement attaché à Dieu, à la Très Sainte-Vierge, à la Compagnie, à ses amis. Cependant, quelques heures avant sa mort, il recouvra une paix entière et parfaite; son visage parut transformé; il leva les yeux au ciel avec un doux sourire, et s'endormit, sans agonie, du sommeil des justes, le 22 novembre de l'année 1885.

i. — Hé^ultat de$ Conférences ecclésiastiques du diocèse

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