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« Nicolas-Louis Bacuez naquit, le 3 février 1820, à Loison, diocèse d'Arras. U avait fait ses premières études de philosophie et de théologie dans le séminaire de celte ville, et il était diacre quand il vint à Paris, le 7 octobre 1842. Entré à la Solitude en 1843, il fut ensuite placé au séminaire de Rodez, où il fit le cours de philosophie jusqu'en 1847; de Rodez, il passa à Lyon pour y professer la morale, ce qu'il fit pendant sept ans. On lui confia ensuite la direction de la maison de Philosophie du séminaire d'Angers (1854); en Tannée 1863, il remplit le même office à Nantes, mais peu de temps, car il fut appelé à Paris, en 1864, pour un cours d'É-
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crilurc-Sainle dont il s*est acquitté jusqu'à la fin de sa vie.
» Il plut à Dieu d'éprouver et de fortifier la vertu de son serviteur par les souffrances. M. Bacuez était resté au séminaire de Sainl-Sulpice, en l'année 1871, quand ses confrères étaient, les uns en prison comme otages, les autres dispersés. II travaillait et il veillait sur la maison. Il eut d'abord des vexations à subir de la part des fédérés; ensuite, le 9 mai 1871, il fut conduit par des soldats de la Commune à la Conciergerie ; le 13, il fut conduit, dans une voiture cellulaire, de la Conciergerie à la prison de Mazas; le 23, on l'amena à la Roquette, prison destinée aux condamnés; il y resta jusqu'au 28, veille du jour de la Pentecôte. Dans l'incertitude où le mettait cette agression des agents du pouvoir, il s'attendait à tout et, néanmoins, il avait la confiance qu'il serait délivré par l'intervention de la Sainte-Viei^e. II s'abandonna d'abord à la conduite de Dieu et il se proposa d'écrire, chaque jour, les incidents qui se produiraient et les réflexions que les circonstances lui inspireraient; c'était, dans sa pensée, une distraction utile contre les ennuis de la prison et un moyen de s'édifier. Nous lisons dans une des premières pages de cet écrit, dont il a donné copie à un de ses amis intimes qui avait été dans la même prison : « Je me dis qu'il fallait accepter toutes les dispositions de la Providence; qu'après tout, il n'est arrivé et il n'arrivera rien qui ne soit voulu par la bonté de Dieu »,
» Fidèle à suivre le programme qu'il s'était tracé, il partageait sa journée entre les diverses occupations : exercices de piété, réflexions sur ce qui se passait en France, rédaction de ses notes. Il pensait, dit-il, à M. Olier, à M. Émery, à d'autres anciens de la Compagnie; l'état présent des choses lui faisait désirer que Dieu nous fît la grâce de ne rien négliger pour former des prêtres dont la vertu répondît aux nécessités de l'Église.
» Un jour que, le corps fatigué et l'esprit comme abattu, il avait de la peine à faire oraison, que ses yeux erraient sur le papier sims rien saisir, il fit une prière qu'il plaça dans une partie de son vêtement, de sorte qu'elle fût sur sa poitrine :
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« Dieu, je bénis votre conduite à mon égard; quels que soient les agents qui ont concouru aiix événements dont j*ai à souffrir, vous avez voulu ce qui est arrivé; c'est votre bonté qui m'a imposé ces épreuves. C'est votre sagesse qui m'a tracé ce sentier, j'y veux marcher avec soumission et constance, ne souhaitant que de parvenir au terme et ayant confiance d'y arriver avec votre grâce. Mon Dieu, j'accepte avec amour et reconnaissance la vie et la mort que vous m'avez destinées. La meilleure vie et la meilleure mort sont celles qui ressemblent le plus à la vie et à la mort de votre divin Fils. C'est de même avec lui, sous l'influence et par le mouvement de son esprit, que je désire me conduire en toutes choses, soit que je doive mourir en cette épreuve, soit que j'aie seulement à y souffrir, soyez-en béni I Je ne vous demande que votre grâce pour répondre à vos desseins. Je voudrais souffrir davantage, si tel est votre bon plaisir, pour satisfaire à votre justice en mon nom et au nom de mes frères, pour attester ma foi et mon dévouement à Jésus- Christ et à l'Église^ pour affermir le clergé et les fidèles dans leurs convictions et leurs saintes pratiques; enfin, pour fortifier le règne de Dieu dans notre pays et l'étendre par tout le monde.
» Ces vœux de foi, ces sentiments surnaturels soutinrent constamment M. Bacuez pendant sa détention, et surtout aux jours les plus périlleux. Le 27 et le 28 du mois de mai, les fédérés, après avoir assassiné l'Archevêque de Paris; M. Deguerry, curé de la Madeleine; les PP. Ducoudray et Clerq, M. Âllard et M. Bonjean; après avoir massacré un grand nombre d'otages qu'ils avaient conduits à la rue Haxo, pressés de quitter la prison parce qu'ils voyaient s'approcher l'armée de Versailles, avaient conçu le dessein de massacrer, avant de sortir, ce qui restait de prisonniers otages à la prison. « Alors, nous dit M. Bacuez, je récite mon Te Deum et je lâche de me disposer à la mort, en offrant à Dieu le sacrifice de ma vie, en lui demandant de nouveau pardon de mes péchés, en disant les prières des agonisants et une partie de l'office des morts. »
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» Cependant, Dieu voulait le conserver encore. Les moments pressaient, les otages se barricadèrent dans leur corridor, et les fédérés, pressés par l'arrivée de l'armée, durent s'enfuir avant d'avoir pu les atteindre. Ce fut le samedi 28, veille de la Pentecôte, que ceux-ci furent délivrés par l'armée. « Je me réjouis, écrit M. Bacuez, de voir que nous avons été sauvés le samedi par le secours de la Sainte- Vierge, la veille de la Pentecôte, et que nous reparaissons dans le monde, le jour de cette fête, à l'heure où le Saint-Esprit est descendu sur ses apôtres. »
» La vie de M. Bacuez, depuis cette époque, n'a point eu d'incidents particuliers; elle a été très uniforme. La pensée de sa fin dernière l'occupaft beaucoup, sans néanmoins le troubler. Aussi lisons-nous en tète de son testament :
« Ayant des raisons de croire que la fin de ma vie n'est pas bien éloignée, je crois devoir mettre par écrit mes dispositions testamentaires. Je prie Dieu de me donner sa lumière. Avant tout, je le supplie d'agréer mes actions de grâce pour toutes les faveurs dont il m'a comblé. 11 lui a plu de me donner d'excellents parents, une éducation pieuse et une vocation sainte. J'ai reçu la foi sans efforts; je l'ai conservée sans peine. Je regrette de n'avoir pas fait davantage, comme prêtre, pour la gloire de Notre-Seigneur. Néanmoins, c'est pour moi une grande joie de lui avoir consacré ma vie et de n'avoir travaillé qu'au service de son Église. Malgré mes misères, j'ai la confiance d'être dans sa grâce, et j'espère qu'il me recevra dans sa miséricorde. Pour le temps qu'il me reste à passer en ce monde, j'accepte avec soumission toutes les peines qu'il lui plaira de m'envoyer, et je le prie de les faire tourner, comme tout le reste, au bien de mon âme. Je conjure la Très Sainte-Vierge qui m'a protégé en tant d'occasions et saint Joseph que j'ai souvent invoqué de me venir en aide dans mes derniers moments. »
» C'est ainsi que Dieu préparait son fidèle serviteur au sacrifice de la vie. Le 20 du mois d'août, il s'était levé à l'heure ordinaire, il avait célébré les saints mystères; il revenait du sanctuaire de Notre-Dame de Lorelte, à Issy, quand, remon-
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tant dans sa chambre, il fut pris très probablement d*un vertige de tète qui le fit tomber sur les marches de Tescalier, et il se fit une plaie très grave au cerveau. Au cri qu'il poussa, un domestique accourut, le trouva étendu par terre, perdant une grande quantité de sang. II s*empressa de le porter dans sa chambre; son confesseur, averti, vint aussitôt le voir, le prépara à recevoir la sainte absolution et le sacrement de Textréme-onction, car le médecin, appelé en même temps, pensa que le malade pouvait mourir d'un moment à l'autre. II vécut encore quelques jours et donnait de temps en temps des signes d'intelligence et prononçait quelques monosyllabes. Les trois derniers jours, la paralysie lui ôta la parole; il rendit son âme à Dieu le 31 août » (Semaine religieuse de Paria, 5 novembre 1892, t. LXXVIIÏ, p. 562-654. Cet article n'est que la reproduction, avec quelques retranchements, de la circulaire nécrologique composée par M. Icard).
1. — Mantiel du séminariste en vacances, ou Sujets d'Oraisons et d'Examens particuliers pour les jeunes ecclésiastiques dans le monde, par un Directeur de séminaire ; Paris, J. Leroux et Jouby, 1855, in-32, pp. lex-521. — Manuel des vacances à l'usage des Grands Séminaires, par un Directeur de séminaire; deuxième édition, Paris, J. Leroux et Jouby, 1856, in-32, pp. 575. — Troisième édition; Paris, A. Jouby, 1861, in-32, pp. 576. — Quatrième édition; Paris, A. Jouby, 1865, in-32. — Cinquième édition; Paris, Jouby et Roger, 1870, in-32, pp. 602. — Sixième édition; Paris, Jouby et Roger, 1875, in-32, pp. 640.
Manuel des vacances à l'usage des Séminaires, par L. Bacuez. Directeur au séminaire de Saint-Sulpice; neuvième édition; Paris, Roger et Chernoviz, 1890, in-32, pp. 638. ~ Dixième édition; Paris... 1896, in-32, pp. 640.
Ferienbuch fiir Seminaristen; Mainz, Frantz Kircheim, in-32.
The Seminarian's Manual for vacations; Albany, United States, 1880, in-32.
Manual de las vacaciones, para el uso de los Seminarios, por un Director de seminario: traducido de la 8' edicion
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francèsa; 2^ edicion Espanola; Paris, Roger y Chernovii (sans date), in-32, pp. vin-640. L'édition précédente avait paru en 1881, même nombre de pages.
S. — Du Sacerdoce et du saint Ministère, par les Pères de l'Église, ou Morceaux les plus remarquables des écrivains ecclésiastiques sur les Vertus et les Fonctions sacerdotales; traduction française et texte latin, avec une Introduction el une Notice sur les auteurs cités, pour servir de préparation à la lecture des saints Pères; par un Directeur de séminaire; Paris, L. Vives, 1839, in-12, pp. xxviii-436. — Bibliographie catholique, août 1859, t. XXII, p. 165.
3. — Saint François de Sales modèle et guide du prêtre et du pasteur, ou Choix de Pensées et d*£xemples tirés de la vie et des écrits de ce saint, propres à former aux vertus et aux fonctions ecclésiastiques, par un Directeur de séminaire; Paris, Jouby, 1861, in-12, pp. viii-388. — Bibliographie catholique, }Sin\\ev 1862, t. XXVHI, p. 67-69.
3. — Du saint office considéré dans son ensemble el dans ses parties principales, au point de vue de la piété, par un Directeur du séminaire de Saint-Sulpice; Paris, Poussieigue, 1867, in-12, pp. xii-470. — Bévue des sciences ecclésiastiques, janvier 1867, t. XV, p. 84-87, art. signé, P. R. {Le Vavasseur, Prêtre du séminaire du Saint-Esprit). Études religieuses, par des Pères de la Compagnie de Jésus, III- série, t. Xil, p. 298, février 1867. Bibliographie catholique, mars 1868, t. XXXIX, p. 222-224, art. signé, V. Postel
Du Saint Office considéré au point de vue de la piété, dans son ensemble et dans ses parties principales, par un Directeur du séminaire de Sainl-Sulpice; seconde édition; Paris, Poussielgue, 1872, in-12, pp. 522. Revue des sciences ecclésiastiques, avril 1872, t. XXV, p. 391. L'Univers du 26 septembre 1872, art. signé, Jules MoreL — Le Saint OflBce considéré au point do vue de la piété, par L. B***, Directeur au séminaire de Sainl-Sulpice; troisième édition; Paris, Poussielgue, 1880, in-i2, pp. 519. — Le Saint Office... par L, Bacuez, Directeur au séminaire de Saint-Sulpice; quatrième édition; Paris, Poussielgue, 1889, in-12, pp. 517.
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Das Brevier vom standpunbt der Frœmmigkeil betractet; Mainz, Fr. Kircheim, 1891, in-12.
The divine Office, edited by Ihe R. Fatber launton, Oblate of S. Charles, with and Introduction by H. £. the Gard. Manning, arch. of Westminster; London, Burns and Oates, in-8*.
6. — Petit Office de la Bienheureuse Vierge, avec une Introduction, des notes et des avis pratiques, à Tusage des séminaires, des maisons ecclésiastiques et des Communautés religieuses; par un Directeur de séminaire; Paris, Poussielgue, 1868, in-32, pp. 212. — Petit Office de la Bienheureuse Vierge, avec une Introduction et des notes explicatives, à l'usage des séminaires et des Communautés religieuses, par un Directeur de séminaire; nouvelle édition; Paris, Poussielgue, 1877, in-32, pp. 191.
O. — Questions sur l'Écriture-Sainte , ou Programme détaillé pour servir de guide dans l'étude des Livres Saints, avec indication des difficultés à résoudre, des recherches à faire, et des ouvrages à consulter, à Tusage des jeunes ecclésiastiques et des prêtres du ministère; par un Directeur du séminaire de Saint-Sulpice ; Paris, Jouby et Roger, 1874, in-8\ Tome I : Introduction et Ancien Testament, pp. 407. Polybiblion, juillet 1874, t. XII, p. 14, IS, art. signé, L. B. (Zr. Beuvray, pseudonyme de M. L.-Cl. Fillion, prêtre de Saint-Sulpice, professeur d'Écriture-Sainte à l'Institut catholique de Paris). — Tome II : Nouveau Testament, pp. 424. Polybiblion, année 1874, t. XI!, p. 288, 289, art. du P. De Valroger, Prêtre de l'Oratoire. Le Monde, 24 octobre 1874. Études religieuses, par des Pères de la Compagnie de Jésus, novembre 1874, V série, t. VI, p. 777, 778, art. du P. Des- Jacques, Bibliographie catholique, janvier 1875, t. LI, p. 60- 62, art. signé, J.-B, Glaire. Revue des sciences ecclésiastiques, janvier 1875, t. XXXI, p. 73, 74, art. signé, /. Didiot.
TT. — Manuel biblique, ou cours d'Écriture-Sainle à l'usage des séminaires; Nouveau Testament, par M. Bacuez, Professeur au séminaire de Saint-Sulpice; 2 in-12; tome III (de l'ouvrage : personne n'ignore que les deux premiers, comprenant V Ancien Testament, sont de M. Vigoureux) : Jésus-
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Christ, Les saints Évangiles; Paris, Roger etChernoviz, 1878, ia-12, pp. VIII.492. Polybiblion, avril 1879, t. XXV, p. 327, 328, art. signé, L. Beuvray (L.-Cl. Fillion). — Tome IV : Les Apôtres : Histoire, Doctrine, Prophéties; Paris, Roger et Ghernoviz, 1879, in-12, pp. 588. Polybiblion, janvier 1880, t. XXVn, p. 42, art. signé, L, Beuvray (L. -Claude Fillion). Correspondant, 10 décembre 1880, p. 984-986, art. signé, P. Martin, professeur d*Écriture-Sainte à Tlnstitut catholique de Paris. Semaine religieuse de Paria, année 1879, t. Ll, p. 1066; année 1888, t. LXIX, p. 442. Revue des sciences ecclésiastiques, année 1885, t. LI, p. 444-453.
Manuel biblique... Nouveau Testament... Deuxième édition, revue et augmentée; Paris, Roger et Ghernoviz, 1881, t. m, pp. x-564, t. IV... — Troisième édition, revue et augmentée; Paris, mêmes libraires, 1882, t. III, pp. vm-604; t. IV, pp. 644. — Quatrième édition... Paris... 1884, t. III, pp. viii-652; t. IV, pp... — Cinquième édition... Paris... 1886, t. III, pp. x-696 ; t. IV, pp. 726. — Septième édition... Paris... 1891, t. III, pp. x-696; t. IV, pp. 726. — Huitième édition... Paris... 1894, t. III, pp. x-696; t. IV, pp. 732. — Neuvième édition... Paris... 1896, t. III, pp. x-689; t. IV, pp. 732.
8. — Instructions et Méditations à Vusage des Ordinands, sur TÉtat ecclésiastique, les Ordinations et les saints Ordres, par un Directeur de séminaire; I. Tonsure; Paris, Roger et Ghernoviz, 1881, in-32, pp. 347. — IL Ordres Mineurs; Paris, Roger et Ghernoviz, 1884, in-32, pp. 412. L'Univers du 13 juin 188i. Deuxième édition; Paris, mêmes libraires, 1897, in-32, pp. 418. — Instructions et Méditations à Tusage des Ordinands sur le Sous-Diaconat, le Diaconat et la Prêtrise, par L. Bacuez, Directeur au séminaire de Saint- Sulpice; III. Ordres saci^és; Paris, Roger et Ghernoviz, 1890, in.32, pp. 479.
9. — Du divin Sacrifice et du prêtre qui le célèbre, par L. Bacuez, Prêtre, Directeur au séminaire de Saint-Sulpice; Paris, Roger et Ghernoviz, 1888, in-12, pp. xvi-462. — Revue des sciences ecclésiastiques, année 1888, t. LVIII, p. 462,