‹ Bibliothèque sulpicienne; ou, Histoire littéraire de la Compagnie de Saint-Sulpice (volume 4)Chapitre 36 sur 298 · M. LA SAUSSE 7S · texte numérisé non relu

M. LA SAUSSE 7S

Thionville, vis à vis la rue Christine; de l'imprimerie de Crapart, rue Tfaionville, sans date» i in-12, pp. vni-251, 263. La préface contient quelques détails intéressants touchant rhistoire de Tauteur et de son livre.

« L'Auteur délivré de la prison, atux: lecteurs qui veulent aimer Jésus-Christ.

« Voici peut-être le premier ouvrage de piété qui ait paru depuis qu*on a fermé les Temples du Seigneur.

« Après avoir traduit, pour répondre à Tinvitation de deux personnes très zélées pour la gloire de Dieu, * le rare' et excellent ouvrage, Schola Christi, connu sous le nom de L'École du Sauveur, sur lequel le Seigneur a répandu et répand encore ses bénédictions, je jugeai qu'il seroit utile d*y ajouter un volume sur les Mystères de Jésus-Christ. Ce volume fut annoncé à la fin du sixième tome de VÉcole du Sauveur, ce qui le fit bientôt demander de toutes parts. Mais les jours orageux étoient venus, et il ne paroissoit pas prudent de le faire imprimer dans un temps où les chrétiens ne pouvoient pratiquer la piélé qu'en se dérobant aux yeux des hommes ; je suivis néanmoins le conseil de mes amis, et Ton commença Timpression d'un ouvrage qui étoit encore bien loin d'être achevé. J'y travaillois à Versailles, où je m'étois retiré depuis 15 mois, lorsque le Comité de surveillance, soupçonnant que j'étois prêtre, m'interrogea et me fit conduire dans la maison de détention de cette ville.

« Que je serois ingrat si je me rappeilois jamais mon aéjour dans cette maison et dans celle du Luxembourg, où je fus transféré neuf mois après, sans bénir, de toute mon âme, le Seigneur qui se montre infiniment riche en miséricorde et en douceur à l'égard de ceux qui veulent le servir et le faire servir i C'est dans ma prison de Versailles que je continuai et que j'achevai cet ouvrage. Une partie de mon manuscrit servit à plusieurs personnes de livre de piété; les ouvrages en ce genre étoient rares dans nos prisons. Ceux à la garde de qui nous étions confiés les regardoient et les traitoient comme une espèce de contrebande, comme un poison dangereux. Hélas ! quel étoit l'excès du délire !

» S*il est vrai que plus une œuvre entreprise dans le dessein de gagner des âmes au Seigneur souffre de contradictions, mieux elle réussit, comme Texpérience semble le confirmer, n'ai-je pas sujet d*espérer que Dieu se servira de ces volumes comme des six précédens, pour faire connoître et aimer Jésus-Christ, pour faire honorer ses adorables mystères, et pour multiplier le nombre des vrais chrétiens?

» Deux cahiers que je voulois faire passer furtivement à une personne de ville, afin qu'elle les envoyât à Tlmprimeur, furent arrêtés, et j*eus la douleur de voir dans la même prison, pendant cinq semaines, une dame respectable qui montra bien quel grand courage donne la vraie vertu. On fit une visite des papiers qu'avoient les détenus; tous les manuscrits sur les sujets de religion furent enlevés, et, par un prodige bien surprenant, on me laissa les miens, quoique chaque page fût scellée du signe auguste qui représente le cœur adorable de mon divin Maître. Je craignis d'autres visites, cette crainte me fit prendre des précautions; les visites furent multipliées, mais elles furent inutiles. Quelques momens avant mon transferrement de Versailles à Paris, je remis à un ami de cœur le meuble dans lequel j'avois cousu ces cahiers, et ils n'éprouvèrent aucune difficulté pour sortir. Peu de jours après avoir recouvert ma liberté, on me les rendit; je les portai à l'Imprimeur, et il m'apprit que le papier étoit si excessivement cher que le seul papier nécessaire à un volume coûteroit beaucoup plus que n'auroit coûté autrefois le livre tout imprimé; cependant, les personnes zélées qui ont eu la générosité de faire les frais de VEcole du Sauveur ont eu celle de se charger des frais de ces deux volumes qui en sont la suite ».

141. — La Science de l'oraison mentale, ou Instructions pour chaque jour du mois, avec des réflexions propres aux ecclésiastiques, et d'autres réflexions propres aux religieuses; suivie de la Doctrine spirituelle du P. Rerthier; A Paris, de l'imprimerie de Crapart, 1791 (par suite d'une faute d'impression, la Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, art. Ber- Ihier, t. II, col. 1382, dit 1771), in-12, pp. xxiv xxxii, pui$

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