M. ANIMÉ
Claude Animé, né à Cluni, au diocèse de Mâcon, le 5 juin 1757, fit ses premières études littéraires chez les bénédictins de Cluni, et alla ensuite les achever auprès d*Ândré Animé, son oncle. Docteur de Sorbonne, chanoine et grand vicaire de Tarchevéque de Tours. Destiné de bonne heure à Tétai ecclésiastique, auquel rappelait sa vive piété, il fut, en 1777, placé à Paris, au collège de Laon, dirigé alors par M. Parisis et quelques autres prêtres de Saint-Sulpice. Il y étudia la philosophie et la théologie, suivit avec succès la carrière de la Licence, et reçut le bonnet de docteur le 3 mars 1784. Dès lors, il était attaché à la Compagnie, et même, d*après la notice imprimée, il avait été, en débutant, chargé de la fonction d'économe au séminaire de Saint-Sulpice. Mais quand il eut, par la réception du doctorat, terminé les exercices qui le retenaient à Paris, il fut envoyé au séminaire de S^-Charles, à Avignon, avec le titre et les fonctions de supérieur des Philosophes. Après quatre années de séjour dans ce séminaire, M. Êmery Tenvoya à Viviers avec le titre de Directeur,
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pour qu^il y aidât et suppléât, si besoin était, le vénérable M. Charpit, à qui Tâge et les infirmités rendaient le gouvernement de la maison très difficile. En 1790, M. Animé se vit obligé de quitter Viviers pour se rendre à Cluni, auprès de sa mère, atteinte d^une maladie mortelle. 11 assista à ses derniers moments, et se retira avec son père à la campagne, pour s*y consoler mutuellement dans leur douleur commune. 11 rentra ensuite à Cluni; mais déjà la Révolution Tavait laissé sans emploi, et d^aiileurs ses confrères de Viviers étaient hors de leur maison. M. Animé put habiter quelque temps encore la maison paternelle; mais bientôt il dut se cacher pour échapper aux dangers qui le menaçaient, et épargner à sa famille ceux auxquels sa présence les eût exposés. Il se rendit à Lyon dans les premiers jours de 1793, et sur les instances des supérieurs ecclésiastiques, il accepta d*étrc chef de mission à Saint-Martin-en-Haut, paroisse située dans les montagnes, à cinq lieues de Lyon. Il y arriva déguisé en paysan le 8 février 1793. Une vingtaine de prêtres, désignés pour les paroisses voisines, furent placés sous sa direction. A Tépoque du Concordat, M. Animé fut nommé desservant de Saint-Martin-en-Haut, et en 1814, M. Duclaux l'autorisa à continuer ce ministère, dans lequel il faisait beaucoup de bien. Il réussit, en effet, à y fonder une maison d'instruction pour les jeunes personnes, et un petit collège destiné à recevoir les jeunes gens qui se préparaient à l'état ecclésiastique. Plusieurs fois, M. Animé refusa d'être curé dans la ville de Lyon, et môme de faire partie du Chapitre métropolitain. L'évéché de Marseille, qui lui fut offert sous la Restauration, ne le séduisit pas davantage : il se contenta d'accepter le titre de chanoine d'honneur de l'église primatiale de Lyon, et de voir ériger en cure de seconde classe sa chère paroisse de Saint-Martin-en-IIaut. Il mourut dans la nuit du 21 janvier 1829, âgé de 71 ans 7 mois et 16 jours. Sa mémoire est encore en vénération dans tout le pays.
V. Notice biographique, en tête des Souvenirs chrétiens, — Paris, Versailles et les provinces au XVIII* siècle; Paris, Lenormand, 1803, t. Il, p. 280 et suiv, — Vie de M. Vabbé