‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-SulpiceChapitre 24 sur 134 · M. VILLERMAULES · texte numérisé non relu

M. VILLERMAULES

Michel Villermaula, communément Villermaules, qui se fit aussi appeler Villers dans les dernières années de sa vie,

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naquit au village de Charmey, flans le canton de Lausanne, en Suisse. Il étudia chez les jésuites de Fribourg, et en 1691 alla faire son cours de théologie à Paris. Il entra au petit séminaire de Saint-Sulpice le 27 novembre. Ayant été agrégé à la Compagnie, il fut envoyé comme directeur au séminaire Saint-Charles d'Avignon, puis rappelé à Paris, d'où, le 1er mai 1697, il partit pour Montréal, en Canada. Il passa dixhuit ans dans ce pays, et devint même, dit-on, grand vicaire de l'évêque de Québec ; mais rappelé de nouveau à Paris par ses supérieurs en 1718, il partit pour Home, où il demeura trois ans avec l'abbé de Montigny, procureur général des Missions. « C'est là qu'il conçut le projet de ses Anecdotes, et qu'il en recueillit les matériaux dans les archives de la Propagande. L'exécution de ce dessein fut retardée par le choix qui fut fait de lui pour gouverner le séminaire d'Avignon. Mais les sentiments qu'il y conçut et manifesta — quelle qu'en ait été, d'ailleurs, la cause — étant opposés à ceux de la Compagnie, « il fut prié de se retirer, et il retourna à Paris, où l'on obtint pour lui de la Cour une pension de 1,200 livres. Il profita de son loisir pour publier les Anecdotes; mais il ne put les continuer, parce qu'on lui refusa les matériaux dont il avait besoin ». Il mourut sur la paroisse Saint-Étienne-du-M ont , le 17 mars 17o7, selon Picot (Biographie universelle de Michaud, art. Villermaules). Selon les Nouvelles ecclésiastiques (17 juillet L758, p. 118*120), « il reçut, avant de mourir, tous les sacrements sans nulle difficulté du clergé de sa paroisse, el fui décemment inhumé le 27 (sic) mars ». Y. aussi le Nécfologe des plus crlèbres défenseurs et confesseurs de la vérité du dix-huitième siècle (par René Cerveau); seconde partie. 1760, iu-12. p. 381*382. L'inscription de M. Villermaules sur la liste des Défenseurs célèbres de la vérité (janséniste), el plus encore les éloges que lui décerne l'auteur des Nouvelles ecclésiastiques (art. cite' seront Bans doute pour bien des lecteurs une preuve péremptoire qu'il fut janséniste. Cependant, il est b<»n (le remarquer que si. d'une part, les jansénistes traitaient volontiers de molinistes, de jésuites, voire même de

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sulpiciens, tous ceux, même thomistes, qui ne partageaient pas leurs erreurs; d'autre part, au contraire, ils ne se faisaient pas faute de décorer du nom de leur secte et de ranger au nombre de leurs partisans tous ceux qui, même sur des points nullement doctrinaux, avaient quelque démêlé avec les jésuites; en quoi les jansénistes avaient bien des imitateurs, même parmi leurs adversaires. C'est ce qui était arrivé en 1060, au Canada même, à M. de Queylus (V. Vie de la sœur Bourgeoys (par M. Faillon), t. I, p. 159, 163). C'est aussi ce qui arriva vraisemblablement à M. Villermaules. « Ayant fait bâtir l'église de la Prairie de la Madeleine, dont il était curé, et ayant fourni une somme plus forte que celle qu'ils (les jésuites) donnèrent eux-mêmes pour celte construction, il s'ensuivit que, d'après les Ordonnances du roi, le patronage de l'église étoit dévolu à l'évêque de Québec, au nom duquel l'église avoit été bâtie » (Faillon, Vie de la sœur Bourgeoys, t. II, p. 203). Telle fut, apparemment, la cause, assurément bien suffisante, de son rappel en France. En outre, à ces torts canadiens, M. Villermaules en avait ajouté ou en ajouta de semblables quand il fut au séminaire d'Avignon, s'il faut en croire les Nouvelles ecclésiastiques; torts qu'il aggrava encore par la publication de ses Avecdotes. Aussi, lorsque Bertrand de La Tour arriva en Canada, treize ans après que M. Villermaules en était parti, il entendit affirmer couramment, par ceux qui exprimaient — et peutêtre aussi faisaient — l'opinion courante, que M. Villermaules avait été, en Canada, l'un des prosélytes du jansénisme, ainsi que M. Glandelet, grand vicaire et doyen du Chapitre de Québec, lequel avait eu, lui aussi, des démêlés personnels avec les jésuites. L'abbé de La Tour consigna cette assertion, sans en produire aucune preuve, dans ses Mémoires sur la vie de M. de Laval (Livre III, p. 50), exprimant toutefois quelque doute sur la légitimité de l'imputation. C'est pourtant sur l'autorité unique de ce témoin, et en retranchant la dernière partie de son texte, que M. Carneau en 1845 {Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours, t. I, p. 366), et plus récemment M. Têtu en 1889 (Les Eve-

ques de Québec, in-8°, p. 17G), ont répété celte double et odieuse accusation. Après avoir justifié M. Glandelet, M. Faillon, au tome II (p. 203) de sa Vie de la sœur Bowgeoys, promettait de donner dans son Histoire de la colonie de Villemaric de plus amples détails sur M. Villermaules, et de faire voir « ce qu'il faut penser de l'inculpation qu'on lui a faite aussi à lui-même d'avoir répandu le jansénisme en Canada»; malheureusement, M. Faillon n'a pas tenu sa promesse : ce qui a paru de son Histoire de la Colonie française au Canada ne va pas au delà de l'année 1675.

1. — Anecdotes sur l'état de la Religion dans la Chine, ou Relation de M. le Cardinal de Tournon, Patriarche d'Antioche, Visiteur Apostolique, avec pouvoir de légat à latere à la Chine, écrite par lui-même; tome premier; A Paris, aux dépens de la Société, 1733, in-12, pp. xlv pour la Préface historique; pp. 287 pour la « Relation de l'entrée de M. le Patriarche d'Antioche à la Chine, et de ce qui y est arrivé par rapport aux ordres dont il et oit chargé depuis l'an 1705 ». A la suite : « Abrégé des principaux événemens de la légation de M. le Cardinal de Tournon », pp. ix-96. — Anecdotes sur l'état de la Religion dans la Chine, concernant {sic) diverses pièces, actes et écrits qui ont rapport à la légation de M. le Cardinal de Tournon; tome second; A Paris, aux dépens de la Société, 1733, in-12, pp. 430. — Anecdotes sur l'étal de la Religion dans la Chine, contenant l'histoire des superstitions des Malahares; tome troisième, première partie; A Paris... 1734, in-12. pp. 155. — Anecdotes sur l'étal de la Religion dans la Chine, contenant ce qui s'esl passé a Rome et à la Chine au sujet des idolâtries chinoises, depuis la mort

• If M. Ir Cardinal de Tournon jusqu'à la légation de M. de Mezzabarba; tome troisième, seconde partie. \ Paris... 1731. in-12, p. 1*17 à 393. — Anecdotes... contenant le Journal de Monseigneur Charles-Ambroise de Mezzabarba, Patriarche d'Alexandrie el Légal du Saint-Siège auprès de l'Empereur

• le la chine: tome quatrième; \ Paris... 1734, in-12. p. ?i- 'i">o. anecdotes... contenant les ^mirs de la légation de

M. de Me//al>arlia. Pal nanlie d' \le\andrie. a Konie. tome

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cinquième, première partie; A Paris... 1735, pp. 185. — Tome cinquième, seconde partie; A Paris, 1735, in-12, p. 189 à 436. — Anecdotes... contenant le Mémorial du R. P. M. Michel Tambourin et sa soumission au Pape; tome sixième; A Paris... 1735, pp. xn-478. — Table des matières contenues dans les six volumes d'Anecdotes; A Paris, aux dépens de la Société, 1736, in-12, pp. 60.

Le P. de Goville releva quelques assertions des Anecdotes dans la lettre suivante : « Lettre du P. de Goville, jésuite, ancien Missionnaire de la Chine, contenant sa déclaration au sujet des faits calomnieux qui lui sont imputés par l'Auteur des Anecdotes sur l'état présent de la Religion dans la Chine; in-4°, pp. 8 ». Réimprimée dans les Mémoires de Trévoux, décembre 1735, p. 2623-2642. M. Villermaules y répondit :

2. — Réponse à la lettre du P. de Goville , ancien Missionnaire de la Chine, adressée aux RR. PP. Jésuites; A Paris, aux dépens de la Société, 1736, in-12, pp. ir-105. — Le P. de Goville répliqua : « Seconde lettre du P. de Goville, jésuite, ancien Missionnaire de la Chine, à M***, in-4°, pp. 26 ». Réimprimée dans les Mémoires de Trévoux (novembre 1736, p. 2412-2428; décembre 1736, p. 2767-2815) sous ce titre : « Seconde lettre du P. de Goville, jésuite, au sujet de la Réponse qu'a fait à sa première Lettre l'Auteur des Anecdotes sur l'état de la Religion à la Chine ». L'exemplaire des Mémoires de Trévoux sur lequel je prends ces indications, et qui appartient au grand séminaire de Rordeaux, porte ces mots écrits à la main : Dibl. scriptorum collegii Tolosani Soc. Jesu catalogo inscriptus ; dono P. Jacobi Vanieres, Soc. Jesu. — Voir aussi dans les Mémoires historiques du P. Norbert (Lucques, 1745, 4 in-12), au tome III (p. 305-307) une Lettre du P. de Goville à M. l'évêque d'Éleutéropolis, dans laquelle il lui dénonce un passage de la Réponse de M. Villermaules; et p. 308-342 du même volume, la Réponse de l'Évêquc d'Éleutéropolis.

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