‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-SulpiceChapitre 35 sur 134 · M. BRUMAULD de BEAUREGARD · texte numérisé non relu

M. BRUMAULD de BEAUREGARD

André-Georges Brumauld de Beauregard, frère de Jean Brumauld de Beauregard, qui fut évêque d'Orléans de 1823 a 1839, naquit à Poitiers le 17 mars 1745. Le 29 octobre 17(53, étant déjà tonsuré, il entra au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris, et y conquit bientôt non seulement l'estime, mais l'admiration même de ses supérieurs comme de ses condisciples. Aussi, lorsque, trois ans après, son frère Jean alla l'y rejoindre, M. Gousturier, en le recevant, lui dit ces mots : « Je ne demande de vous que d'imiter votre frère ». Sur la présentation de M. de La Bochefoucauld, ami de sa famille, André de Beauregard avait été, en 1762, nommé chanoine de l'église cathédrale de Luçon. L'évêque attendait qu'il eût terminé ses études théologiques pour lui confier un emploi important dans son diocèse, quand il s'attacha à la Compagnie. Durant quelque temps, il fut supérieur de la Communauté des Philosophes au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris : mais bientôt sa santé ruinée par le travail ne lui permit plus ce genre de vie. L'évêque de Luçon l'appela alors auprès de lui, ci le nomma chanoine théologal de sa cathédrale ci grand vicaire. Avec *son frère Jean, qui avait aussi reçu des lettres de vicaire général, il administra sagemenl <•! saintement le diocèse de Luçon. Entre les belles institutions dont ils le dotèrent, on cite surtout le Pensionnat de Luron, destinée élever 'les demoiselles pauvres, des tilles bien nées que le défaut «le fortune privait d'une instruction convenable ;> leur position sociale.

De tels hommes, on le devine bien, refusèrent de prêter serment a la Constitution civile du Clergé. Une lettre du

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théologal, non signée de lui, mais adressée à un curé du diocèse pour lui donner quelques instructions, ayant été dénoncée, André de Beauregard fut traduit devant le tribunal criminel de Fontenay-le-Comte, et faillit être arrêté; mais grâce au procureur-syndic du département, il réussit à partir pour Paris. Il fit ensuite imprimer et répandre dans toute la France le rapport calomnieux des commissaires, et ajouta, en réponse à ce rapport, une longue lettre, signée de lui, dont on trouve un extrait dans les Mémoires de son frère (p. 441-444) cités plus loin. Échappé comme par miracle aux massacres de septembre, le théologal de Luçon put s'évader de Paris vers le milieu d'octobre, et alla à Poitiers rejoindre son frère. Mais dénoncés bientôt par un traître, ils furent tous deux condamnés à la déportation. Le théologal étant malade, sa mère, qui voulait sauver au moins un de ses enfants, obtint, à force de sollicitations et eu égard à l'état de sa santé, qu'on lui laissât celui-là. On le lui laissa donc en prison, dans l'ancien couvent de la Visitation, d'où, au mois de mars 1794, il fut transféré sur une charrette à Paris, et enfermé à la Conciergerie. Il y convertit entre autres l'évoque de Viviers, qui avait adopté les erreurs de la Constitution, et il ne fut pas étranger au retour à la vérité de M. de Montault, alors évêque constitutionnel de Poitiers. Enfin, le 27 juillet 1794, il fut, par le tribunal révolutionnaire, condamné à perdre la tête, et exécuté le jour même, à l'âge de 49 ans.

Cfr. Mémoires de Ms'' J. Brumauld de Beauregard, Évêque d'Orléans, Chanoine du premier ordre au Chapitre royal de Saint-Denis, précédés de sa Vie, écrite sur des notes et des documents authentiques; Poitiers, 18i2, t. I, p. 16-18, 25, 26, 36, 44, 45, 61, 62, 8i, 85. — Les Confesseurs de la foi dans l'église gallicane, à la fin du XVIIIe siècle, par l'abbé Carron; Paris, 1820, t. II, p. 98-105. — Les Martyrs de la foi pendant la Révolution française, ou Martyrologe de Pontifes, prêtres, religieux, religieuses, laies de l'un et de l'autre sexe, qui périrent alors pour la foi; par M. l'abbé Aimé Guillon; Paris, 1821 . t. II, p. 163-166. — Histoire des

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moines et des évêques de Luçon , par l'abbé du Tressay ; deuxième édition; Paris, sans date, t. III, p. 339-3(53.

1 . — Lettre d' André-Georges Brumauld de Beauregard, Chanoine théologal, Chancelier et Vicaire général de Luçon, à sa mère, le 21) juillet 1794, veille de sa mort sur la place de la Révolution, à Paris; sans frontispice, in-12, pp. H. Reproduite dans les Mémoires cités plus haut, t. 1, p. 148-452, el dans Y Histoire des évêques de Luçon, t. III, p. 355-363.

îî. — Lettre datée de Luçon le 31 mais 1791, sous enveloppe, a l'adresse du curé de la Iléorlhe. Dans les Mémoires cités, t. I, p. 436-440, et dans l'Histoire des évêques de Luçon, t. III, p. 339-344.

A. — « Nous avons sous les yeux, dit l'éditeur de ces Mémoires, un cahier écrit de la main du théologal, et intitulé : Ce qu'on se proposait dans le Pensionnat de Luçon. 11 témoigne de la hauteur de ses vues : il fait vivement regretter qu'une si belle institution ait été si promptement détruite » (T. I, p. 435).

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