‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-SulpiceChapitre 70 sur 134 · ARCHEVÊQUE DE PARIS · texte numérisé non relu

ARCHEVÊQUE DE PARIS

Denis-Auguste Affre naquit a Saint-Rome de Tarn(Aveyron), le 28 septembre 1793, de Jean-Louis Affre et de Christine Boyer, son épouse. Le baptême lui fut conféré dans la maison paternelle, à cause de la persécution alors existante. Son oncle maternel, Denis-Pierre Boyer, fut aussi son parrain. Parvenu à l'âge de onze ans, Denis-Auguste entra d'abord à l'École centrale de Rodez; puis, au bout de quelques mois, ses parents le placèrent au collège de Saint-Affrique, alors dirigé par deux ecclésiastiques distingués. Lorsqu'il eut achevé ses études, il manifesta le désir d'embrasser l'état ecclésiastique, et M. Boyer l'emmena avec lui au séminaire de Saint-Sulpice pour commencer sa philosophie à lssy. C'était au mois d'octobre 1808. « Frappé de sa jeunesse — il avait quinze ans — et de sa petite taille, M. Émery lui dit en le recevant : — Vous êtes bien jeune, mon cher enfant: vous auriez dû amener votre nourrice; mais puisque vous avez une grosse lêlo. nous vous garderons et nous ferons quelque chose de vous » i Vie de M. Émery; Paris, 1862, |. U, p. 7).

Napoléon ayant supprimé la Compagnie en 1811, M. Affre

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alla, en 1813, continuer ses études théologiques au séminaire de Clermonl : mais il n'y resta que trois ou quatre mois. attendit dans son pays <l<-s temps meilleurs, h aussitôt après la Restauration, retourna au séminaire de Saint-Sulpice. il demanda, on 1816, a rire admis dans la Compagnie, et l'ut envoyé au séminaire de Nantes pour y enseigner la Philosophie. Houx ans après, il rouira au séminaire de Saint-Sulpioc, ;'t Issy. où il fut chargé d'un cours de théologie dogmatique, et reçut l'ordination du sacerdoce le 10 mai 1818. Mais un travail excessif ayant altéré sa santé, il fui obligé d'interrompre son cours, et même de s'éloigner définitivement de Saint-Sulpice.

Après quelque temps passé dans les montagnes de l'Aveyron, où il occupa ses loisirs ;i desservir une paroisse alors privée de pasteur, .M. Allre revint à Paris au mois d'octobre 1820, et entra comme aumônier à l'Hospice des Enfants-Trouvés. Cel emploi ne suffisant pas à son activité, il fonda, de concert avec M. Laurenlie et quelques amis, La France clirétienne, journal religieux, politique ei littéraire. M. Affre en écrivit le premier article, qui parut le 3 janvier 1821. Cette publication éprouva bien des vicissitudes, el après bien des disparitions el des réapparitions, elle disparu! enfin sans retour (V. L'Ami de la Religion, i".i avril 1826, l. XLVU, p. rn>: 2X mars 1827, I. 1.1. p. 206. Malin. Bibliographie historique et critique de la presse périodique française; Paris, 1866, in-S . p. 348 .

l.e diocèse de Luçon, supprimé en 1801, ayanl été rétabli en 1821, M. de Soyer, son nouvel évoque, choisi! pour grand

vicaire M. Mire, qu'il avail connu a Sainl-Siilpice. l.e préltl

se déchargea sur lui de la rédaction de m> Mandements; c'esl donc a M. MFre qu'il faul attribuer celui que l'évéque de Luçon donna le 23 février 1822 pour recommander à ses diocésains l'Œuvre des Séminaires, el donl L'Ami de la li'll<ji>ni parle avec éloge dans Bon numéro «lu 20 avril 1822, i. XXXI, p. 313, 314. Cependant, !«■ prélal ne partageai! pas en loul la manière de voir de son vica Ci divei eni e -

tirent que M. Min pri| une pari moins active a l'adminis-

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tration diocésaine. La France chrétienne et les Tablettes du Clergé profitèrent alors de ses loisirs, et insérèrent dans leurs colonnes plusieurs articles du grand vicaire de Luçon. La première de ces revues notamment publia, au mois d'octobre 1822, une excellente critique de l'ouvrage de Carré, qui avait pour litre : Traité du gouvernement des paroisses.

On fut donc peu surpris, en 1823, quand on sut que le grand vicaire de Luçon avait passé, avec le même titre, dans le diocèse d'Amiens (15 juin 1823). L'évêque, M. de Chabons, vieillard vénérable mais affaibli par les infirmités et le poids des années, laissa à son vicaire général tout le soin de la charge pastorale. Le 15 septembre 1824, l'évêque d'Amiens donna, touchant les biens et rentes restitués aux Fabriques, et touchant les moyens de les recouvrer, une Instruction qui tut remarquée par L'Ami de la Religion (9 octobre 1824, t. XLl, p. 257-200) : elle était l'œuvre de l'auteur futur du Traité de l'Administration temporelle des paroisses {Tables pour les tomes XLl à LXXXIl de L'Ami de la Religion; Paris, 1830, in-8u, p. 93, au mot Affre). 11 rétablit aussi les Synodes, les Retraites et les Conférences ecclésiastiques ; ce qui fut la malière d'autant d'Instructions pastorales (V .L'Ami de la Religion, 12 octobre et 21 décembre 1825, t. XLV, p. 278-281, et t. XLVI, p. 177-181). Parmi les autres que composa sans doute aussi M. Affre, et dont L'Ami de la Religion donna quelques extraits, il faut citer la circulaire adressée le 2 février 1832 aux curés du diocèse d'Amiens, à l'occasion du choléra {L'Ami de la Religion, 28 février 1832, t. LXX1, p. 182-184); le Mandement de Carême pour l'année 1833 sur la Nécessité et l'utilité de la Confession {L'Ami..., 19 février 1833, t. LXXV, p. 114, 115); et celui du Carême de l'année 1834, sur l'obligation, les avantages et les conditions de la Prière {L'Ami..., II février 1834, t. LXXIX, p. 00, 07).

Cependant, « certaines contrariétés déterminèrent M. Affre, en 1834, à échanger ses fonctions administratives contre un canonical de l'église cathédrale d'Amiens. II ne jouit pas longtemps de cette retraite; car, dans la même année, il fut attaché à l'église de Paris comme chanoine titulaire et vicaire

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général honoraire. En 1836, M. de Trévern sollicita la nomination de M. Affre à la coadjutorerie de Strasbourg; mais le Gouvernement, sans la refuser précisément, déclara qu'elle serait ajournée. Elle le fut, en effet, jusqu'au 9 décembre 1839. Mais M. de nuélen étant mort le 31 du même mois, M. Affre fut élu premier vicaire capitulaire ». En cette qualité, il rédigea et publia le premier Mandement du Chapitre, qui « contient un bel éloge » du prélat défunt {L'Ami de la Religion, I et 7 janvier 18'tO, t. GIV, p. 22, 23, 38, 39). Le Mandement de Carême, qui le suivit de près, mérita l'admiration de tous : c'était « un tableau brillant et malheureusement trop vrai des illusions d'esprits superbes qui, dans leur présomption, se croient appelés à régénérer la société avec les seuls secours de leurs théories et de leurs rêves » {L'Ami de la Religion, 29 février 18i0, t. CIV, p. 'iOl-iOi). Après bien des hésitations, le Gouvernement se décida enfin à nommer archevêque de Paris le coadjuteur de Strasbourg. L'Ordonnance royale fut signée le 26 mai 18i0. M*1 Affre fut préconisé en Consistoire le 13 juillet suivant, et sacré le 0 août dans l'église Notre-Dame de Paris par le cardinal de l.a Tour d'Auvergne, évoque d'Arras.

La liste des Mandements et Actes épiscopaux de M-1' Affre nous fera connaître, en partie du moins, sa vie épiscôpale. Elle fut digne de la mort glorieuse qui la termina. I ii coup de fusil mit tin à ses jours au moment où il montait sur une barricade pour exhorter à la paix les insurgés île Juin 1848. Le prélat, victime de son dévouement, mourut le 27 de ce même mois, et fut inhumé dans ^;i cathédrale le 7 juillet. Son cœur repose dans l'église des Carmes, rue de Vaugirard.

Cfr. Nouvelle biographie générale de Didot, art. Affre, par l'abbé Glaire. — La France Pontificale, par Fisquel : diocèse «l«- Paris, t. I. p. 619-660. — M"' Affre, Archevêque '/,■ Paris; Esquisse biographique, par M. Henri de Riancej . Paris, Pion, 1848, ln-18. — Vie de Denis-Auguste Affre, \rchevéque de Paris, par l'abbé P. -M. Cruice, Chanoine honoraire de la Métropole, Directeurde l'École ecclésiastique des i armes, Docteur es lettres; Paris, 1849, ln-8 — Bibliogra*

phie catholique, décembre 1849, t. IX, p. 241-252. — Histoire de la Vie et de la mort de M&r Affre, Archevêque de Paris, par l'abbé Em. Castan; Paris, 1853, in-18. — Éloge funèbre de Denis-Auguste Affre, Archevêque de Paris, prononcé le 28 juin 1898 dans l'église Notre-Dame de Paris, par Msr Touchet, évêque d'Orléans; Orléans, Herluison, in-8°,

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