‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-SulpiceChapitre 91 sur 134 · M. TIIEARD · texte numérisé non relu

M. TIIEARD

Jean-Pierre -François Théard naquit le 1er août 1781 à Craon, ville dépendant alors du diocèse d'Angers, attribuée au diocèse du Mans après le Concordat, et enclavée aujourd'hui dans le diocèse de Laval. Il fil ses études classiques au collège de Chàteau-Gontier, et se croyant appelé au sacerdoce, il demanda, par amour du sol natal, à être agrégé au diocèse d'Angers. 11 entra donc au grand séminaire de cette ville l'année même où il fut rétabli par M«r Montault, et il fut, avec M. Bouvier, plus tard évêque du Mans, un des quatre séminaristes qui formèrent, au début, toute cette Communauté. Ses études théologiques étant terminées, il fut appelé, quoique simple diacre, à enseigner la philosophie dans cette même maison; mais le travail qu'il s'imposa altéra sa santé et l'obligea bientôt à se reposer pendant quelque temps.

La part qu'il avait prise, pendant un an, aux fonctions de directeur dans un grand séminaire lui avait inspiré le désir d'être agrégé à la Compagnie de Saint-Sulpice. W Montault l'y autorisa d'abord; puis aussitôt, ne voulant pas se séparer, au moins pour le moment, d'un excellent sujet, il le nomma curé de la Trinité, paroisse importante1 de la ville d'Angers. M. Théard y exerça le sainl ministère l'espace d'environ i rois ans. il dut ensuite accepter la direction du collège de Doué, ce qui dura encore huit mis. tu bout desquels il obtint enfin d'entrer ;i la Solitude. Ce fui m 1816. En 1^17. M. Duciaus l'envoya professer L'Écriture- Sainte au séminaire < 1 « - Nantes; el quelque temps après, sur le désir de l'évoque, qui étail son compatriote, il fui chargé du temporel en qualité d'économe.

M. THÉARD 3H

Cependant, la vie sédentaire ne convenait pas à sa santé : il renonça donc, en 1822, aux fonctions de directeur de séminaire, et cédant aux instances de ses amis, il fixa son domicile dans la ville de Nantes. Dès Tannée 1823, Msr de Guérines le fit chanoine honoraire de sa cathédrale. Il lui demanda ensuite le secours de ses lumières en architecture pour la construction du Séminaire des Philosophes (1825), et plus tard (1844) pour celle de l'église et du presbytère de Landreau. En même temps, M. Théard se livrait sans relâche au ministère de la chaire, pour laquelle il avait un véritable talent; il prêchait des retraites, des missions, des stations de Carême, non seulement dans les diocèses de Nantes et d'Angers, mais dans ceux de Bretagne et même de Normandie. En 1858, il fit le voyage de Rome, et Pie IX, auquel il offrit la seconde édition de son ouvrage, l'en remercia par un bref flatteur. Durant les quatre dernières années de sa vie, la santé de M. Théard alla s'affaiblissant chaque jour. Il s'éteignit doucement, sans agonie et sans souffrances, le 5 décembre 1868, à l'âge de 87 ans et 4 mois.

M. l'abbé Victor Martin, docteur es lettres, lui a consacré dans la Semaine religieuse de Nantes (numéro du 27 décembre 1868) une Xotice dont celle-ci n'est qu'un abrégé. Sans dissimuler les côtés faibles de M. Théard, comme sa foi un peu trop grande aux prophéties et aux prophètes modernes, l'auteur loue justement les aimables qualités et les belles vertus de celui dont il raconte la vie.

i. — Tableau des trois Epoques, ou les Philosophes avant, pendant et après la Révolution; Lyon et Paris, Rusand, 1829, in-8°, pp. 422. — L'Ami de la Religion, ï décembre 1829, t. LXII, p. do, 96. — L'auteur fit quelques corrections à son ouvrage, y ajouta quelques preuves, et le réimprima dans le volume suivant, dont il forme les pages 1-292 :

Tableau des trois Epoques, ou Précis historique et critique de la doctrine des Philosophes avant, pendant et après la Révolution, avec une analyse de l'admirable commentaire d'Ilolzhauser sur l'Apocalypse de Saint Jean qui conduit jusqu'à la fin du monde, par un ancien Membre de l'Uni-

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versitéj Tours, imprimerie do .1. Bou serez (certains exemplaires portent : Paris, maison V* Poussielgue-Kusand), 1857, in-8°, pp. xvi-574-160. — « Cette édition, dit l'auteur, fut imprimée en 1852 et 1803; la publication en a été retardée par diverses considérations, dont une des principales a été que, un peu plus tard, les esprits, éclairés par les événements, accueilleraient avec plus de confiance l'annonce des événements qui doivent suivre, et en avoueraient plus franchement les causes » (Préface, p. vi, note). Là-dessus encore, l'aimable auteur se faisait illusion : voirie compte rendu que M. C.oorges Gaudy fit de son livre dans la Bibliographie catholique, octobre 1857, t. XVIII, p. 315-321.

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