‹ Bibliothèque universelle de GenéveChapitre 88 sur 93 · Indigo et violet · texte numérisé non relu

Indigo et violet

Le gaz du n^ 2, fourni par lorangé et le jaune, lavé dans la potasse caustique, ne diminue pas de volume et ne contenait conséqueronienl pas d'acide carbonique. Sa composition était la suivante :

S92 BULUTIR aClSHTiriftOI.

Oxîgène . . . 40,4 Azote .... 59,6

Le gax du n^3, produit par le jaune et le vert, ne contenait non plus aucune trace d'acide carbonique, et renfermait :

Oxigène . . . 45,6 Azote .... 54,4

L*auteur explique la forte proportion d*azote qui se rencontre dans ces analyses par la nature même du procédé qu'il emploie. Il pense qu'en conservant pendant deux jours les feuilles des plantes dans de l'eau imprégnée d'acide carbonique, il s'établit dans leur tissu un commencement de décomposition des produits azotes qu'elles renfermant, et que l'azote , ainsi dégagé, se mêle aux premières portions d'oxigène produit par la décomposition de l'acide carbonique. Aussi, dit-il, le tube du n^ 3, qui contient une grande quantité totale de gaz, renferme-t-il une moindre proportion comparative d'azote. Il nous semble difficile d'admettre une si rapide décomposition de la substance des feuilles de graminées employées, et de plus il nous paraît que, tt cette explication était exacte, une telle décomposition devrait modifier les propriétés vitales du tissu végétal, et par conséquent jeter du doute sur les résultats obtenus et sur les conclusions qu'en tire l'auteur. I. M.

19. — StR LA LmoNE, par Mr. le D' Schiiidt. (C(b«. gel. Anzeig., no CXXI, 1844.)

Cette substance, découverte par Bernays dans les graines de lorànge et du citron, existe probablement dans les semences de toutes les Hespéridées. Il parait que ce corps n est point une base et ne contient pas d'azote. Il se présente sous forme d*une poudre blanobe composée de petits cristaux rbomboldaux. La limone est très-peu soluble dansl'eau, l'étber ou l'ammoniaque ; elle l'est un peu plus dans les acides minéraux, l'alcool et l'acide acétique, et se dissout facilement dans la po« tasse, solution dont les acides la précipitent sans altération. L'acide sulfurique concentré la dissout en prenant une couleur d'un rouge de sang ; l'eau en précipite la limone non altérée. Les solutions alcoolique

BULLBTIM SCIENTIFIQUI. 393

•t acëiîqae ëtendaes d'eao laissent aussi précipiter ia limooe. La solution dans Tacide sulfurîque se cbarbonne par- l'action de la chaleur. Si on la sature par la barite, il ne reste point de celte barite dans la solution. Dissoute dans Tacide acétique, la limone cristallise facilement par Téiaporation, et les cristaux ne contiennent point d*acidecoinbiné. La solution alcoolique de limone est neutre aux papiers d'épreuve, et ne précipite pas le chlorure de platine, le sublimé coirosif, les sels de plomb, de barite, de potasse, etc., s'ils s'ont dissous dans l'alcool, sans quoi l'eau de la dissolution précipite la limone. On peut la chauffer à 302^ F. (120® R.) sans qu'elle diminue de poids ou éprouve aucun autre changement. A une plus haute température, elle ^vient tout à coup jaun&tre ; puis, ^ 471 ^ F. (192® R.), elle se fond en un liquide jaune, qui ressemble à une résine liquide. Par le refroidissement, elle se prend en une masse amorphe qui , même plusieurs jours après, ne présente pas trace de structure cristalline. Si l'on fait digérer longtemps cette limone fondue et refroidie dans de l'acide acétique chaud, elle s'y dissout et finit par cristalliser de nouveau avec les mêmes propriétés qu'elle possédait avant que d*avoir été fondue par l'action du feu.

Il est remarquable à quel point la limone résiste ii l'action des agents chimiques les plus puissants. Ainsi on peu^ la dissoudre dans l'acide nitrique concentré, surtout à I aide de la chaleur; la solution est d'un jaune p41e, et lors même qu'elle a été longtemps chauffée, la limone en est précipitée par l'eau sans avoir éprouvé aucune modification. On peut de même la faire bouillir, pendant plusieurs heures, dans une solution concentrée de bichromate de potasse, ou aveo de l'acide chromique (acide sulfuriqoe et chromate de potasse}, sans qu'elle éprouve aucune oxidttion.

La solution acétique de limone a une saveur fortement amëre ; toutefois elle ne parait pas- avoir d'action bien sensible sur l'économie ani«* maie. On en a fait prendre à un homme le matin jusqu'à 60 milligrammes, à un chien 26 millig., et 10 millig. à un oiseau , sans qu'ils en aient éprouvé aucun effet , et sans qu'on en ait retrouvé aucune trace dans leurs sécrétions.

La limone retirée des graines de l'orange a paru absolument identique à celle des graines du citron, et a fourni à l'analyse :

S94 BOtLKTn» SClBRTiriQOC.

Carbonft. . . . 66,09 Hydrogène. . . 6,55 Oxigène. . . , 27,36

ce qui correspond à U formule C4» H*^ 0»». On n'a pu estimer soa

poids atomique, puisqu'il a été trouvé Impossible de la faire entrer

dans aucune combinaison chimique.

5U). — SUB LA DÉCOUVERTE DE MINES d'OR DANS LE MeRIONETHSHIIB

(pays de Galles), par Mr. Dean; lu à rAssoc. brit. des Sciences siégeant h York.

Un groupe de couches qui occupe toute la région du Snowdon et forme en particulier les mines de Cwmheiss près de Dalgelly, contient un système régulier de veines aurifères qui ont donné jusqu*à septooces d'or par tonneau de minerai. Ce groupe est remarquable par laiternance répétée qu'il présente de dépôts sédimeotaires et 'de roches ignées, traversées occasionnellement par des filons de trapp et des veines métalliques. La première série de ces filons contient de la galène argentifère, de la blende, des pyrites cuivreuses, etc., dans une gangue quartzeuse. Leur direction générale est du S.-E. au N.-O, et elles plongent ordinairement au»nord. La seconde série coupe toujours U première, et elle contient de la galène et de la blende dans une gangue de carbonate de chaux et de carbonate de baryte. Leur direction généraleest du N.-E. au S.-O. , et elles plongent aussi au nord. Les veines de la troisième série sont aurifères et elles coupent les deux autres. Elles ont, en général, depuis un huitième de pouce jusqu*à six pouces de puissance ; on en a vu cependant qui allaient jusqu'à quatre et cinq pieds. Elles sont remplies quelquefois d'argile durcie, d'autres fois doxide de fer, de pyrites, de blende décomposée, etc. L'or se trouve ordinairement là où ces veines coupent celles de la première se* rie ; il forme on enduit sur le carbonate calcaire et se présente aussi sous forme de fibres entrelacées. Les veines traversées par les filons aurifères contiennent aussi de Tor dans leur voisinage, mais seulement du côté méridional de l'intersection, jamais du côté du nord. Cet effet n'a lieu que lorsque les veines plongent vers le nord. Ces veines aurifères sont très-nombreuses et se rencontrent toujours plusieurs à la fois. Lorsque les mines de plomb contiennent de l'or, comme cela ar-

BULbSTIB SClBUTlPIftOB* 89&

rive pour celles de Cwmheiss à rinierseclîoQ des veines aurifères, elles sont fort riches et produisent quelquefois de deux à vingt onces d'or par tonneau de minerai lavé. Quelques filons donnent douze à quatorze onces d'or par tonneau de minerai brut. Dans cette mine 11 y a dix fi* Ions quartzeux argentifères de plomb de la première série. Us sont coupés par un giand nombre de veines aurifères d'un huitième de p<^ce à. un pouce d'épaisseur, et comme 11 serait Impossible de les exploiter seuls et que les autres filons produisent beaucoup de plomb, on broie tout le produit de la mine dans le moulin, et l'or e^t lavé avec le minerai de plomb. A la mine de Berthllwyd et dans d'autres, le produit des veines aurifères a été, par tonneau de minerai , de 59 onces d'or et de 16 onces d'argent. On regarde en Sibérie dans les Monts- Oural, et dans l'Amérique du SuJ, un produit moyen fort Inférieur à une once d'or par tonneau de minerai^ comme permeltant l'exploita* lion, et les mines de ces réglons arrivent rarement à donner en moyenne une once d'or fin par* tonneau. L'auteur considère en conséquence les mines du Merlonetbshlre comme fort riches , et pense qu'elles pror dulront beaucoup d'or lorsqu'elles seront mieux connues et plus exploitées. L M.

%i . — %R LA GBOLOGiB DE l'îlb db Norpolk, par Mr. le capitaiiie Maconoghib ; lu à l'Assoc. britann. des Sciences siégeant à York.

L'île de Norfolk est la principale d'un groupe de quatorze îles qui se trouve à neuf cents milles à l'est-nord-est de Sydney. Elle a cinq milles de longueur sur deux et demi de large. Sa plus grande élévation, le mont Pitt, a 1050 pieds de hauteur. Ses côtes sont escarpées et présentent des dunes de 200 à 250 pieds d'élévation, du haut desquelles tombent en cascades en hiver les ruisseaux qui viennent de l'Intérieur. Cette île , ainsi que celle de Philippe, beaucoup plus petite , qui en est voisine , est formée de masses d'un porphyre très-décomposé à sa surface. On y trouve beaucoup de rognons de cor néenne compacte qui servent de pierre à bâtir, et qui sont empâtés dans le porphyre à toutes les profondeurs où Ton a pu pénétrer. A lextrémlté sud de Norfolk^ on trouve des bancs de grès et de calcaire repo-* sant sur le porphyre. Ce dernier, qui est la formation inférieure, a de douze à vingt pieds de puissance, et orcupe un espace circonscf^t de

99S BUliLBTUI 8GI£aTlFI(^0B.

lerralo trës-plat. Sur deux points, il a été frmctore «t soulevé dept un angle de dix degrés jusqu'à être tout à fait yertîcal. Les coud sont minces , n'ayant qu'un à trois pouces d'épaisseur. Le celc»ir# est d'ailleurs fin, mèlë d'un peu de sable , et Courait 90 pour 100 de carbonate de chaux.

Le grès est tout à fait moderne , et repose sur le calcaire sans avoir été soulevé comme lui. Il n'a nulle part plus de six pieds d'épatsaear. Il n'est compacte que près de la côte, où on le voit se former encore à présent ; il contient des coquilles marines , et on le voit empâter des rognons de cornéenne qui se trouvent sur la plage. Comme il est poreux et imprégné de particules salines , il forme une très-mauvaise pierre à bâtir, et l'on est obligé de le recouvrir de mortier. Plus loin du rivage, on trouve sous le grès une argile onctueuse notre , remplie de débris végétaux, surtout de feuilles et de graines des pins et autres Urbres qui se trouvent encore dans l'île. Vis-à-vis de la colonie anglaise placée sur ces lits de grès, on voit à 900 pieds de distance une autre tle, celle de Nepean, composée de calcaire recouvert de grès, et dent ïm végétation a été détruite par la multiplication des lapins qu'on y avait laissés. Cette île touchait presque à celle de Norfolk en 1793; mais ea 1797, deux tremblements de terre considérables furent ressentis dans ces parages, et le second ayant détruit une grande portion de l'île Nepean, un canal de 900 pieds est resté entre elle et Norfolk. Tout le (end de ce canal est calcaire.

22. — Sur quelques kihéraux De la Nouvelle-Zélande, par Mr. Thohson. (P^t/os. Magax., décembre 1844.)

MM. Dieilcnbach et Uooker ont rapporté de leurs voyages dans les ségions antarctiques, quelques minéraux qui, lorsqu'ils présentaient quelque intérêt spécial , ont été analysés dans le laboratoire de }Ar. Thomson. Ce chimiste a surtout signalé les suivants r

^osphaie de fer. Près des îles du Pain de Sucre, au bord de la rivière Urenni, on voit des dunes sur le rivage qui ont cent pieds de hauteur. La formation inférieure est une marne argileuse. A vingt pieds au-dessus de la mer se trouve une couche de lignite ou bois irès-peu carbonisé et peu altéré^ ayant dix pieds d'épaisseur, quoique irrégulière ; au-dessus se rencontre une couche épaisse da leam (terre

BUIiLETIH SCIBHTIFI^^OE. 397

végétale ar^lo-câlcaîre). Dans la marne Infërleore, on trouve des ro-

fanons arrondis btem que Us naturels nomment pu^e poto, et dont Us

iofti grand usage cotiame couleur après les avoir laves. Ce minéral

«cofierme :

Eau 28,40

Matière organique . . 2,80

Silice . 5,20

Phosphate de fer . . . 62,80

Ce minéral, qui est quelquefois appelé improprement bleu de Prusse natifs puisqu'il ne contient point les éléments de ce composé, appartient à la sous-espèce fer phosphaté azuré. Il s'est toujours rencontré, comme celui qui est. décrit cî^dessus, dans des argiles qui renferment ou ont renfermé des matières organiques auxquelles il doit probablement son origine. La présence d'une quantité notable de matière organique dans ce minéral, constatée par l'analyse, est un fait rennrquable et nouveau qui tend à conGrmer cette supposition.

Incrustations de sources chaudes volcaniques. L'intérieur de la Nouvelle-Zélande parait rempli de sources volcaniques d'une température élevée, qui déposent une grande quantité de matière pierreuse ressemblant à la calcédoine, et ayant pour pesanteur spécifique 1^,968. Un échantillon analysé a donné :

Silice 77,35

Alumine 9,70

Peroiîde de fer. . . . 3,72

Chaux 1,54

Eau 7,66

On voit que celte composition les rapproche beaucoup de celles qui se forment dans les geysers dislande dont Teau contient par gallon 31,50 de silice et 2,80 d'alumine, et il est assez curieux de trouver, sur deux points placés à peu près aux antipodes l'un de l'autre, des sources volcaniques ayant presque exactement la même composition.

Ochre de la Nouvelle-Zélamle. Sur le mont Egmont, è 2699 pieds au-dessus du niveau de la mer, la rivière Waiwakaio parait sur plusieurs points d'une belle couleur jaune, et elle dépose dans les lieux bu une boue oehreose que recuelilenl les habitants du pays. Ils la bot séeber lentement et la calcinent au feu pour en retirer une ma-

398 BOLLBT» SGiraiTIFl^OK.

gBÎfique couleur rouge qui, inèiée dlinUe de pobtMi, eert à petndre I

les maîsoos» les bateaux» et k barbouiller la irae et le corps des goer- •

riers ou de ceux qui ont perdu leurs procbes. On dit aussi que cette

couleur les protège contre les moustiques et les moucbes. Cette odve

a pour pesanteur spécifique, avant la calcination, 2*24» et forme one

mine de fer très-riche» car elle contîenl plus de 40 pour 100 de fer

métallique.

Sa composition est la suivante :

Peroxide de fer 59,56

Silice 14,56

Eau 20,20

Matière organique végétale . . 4,72

Alumine et chaux ...... traces

Obsidienne, Ce verre volcanique a été trouvé dans la Baie des tles

dans la Nouvelle-Zélande. Sa pesanteur spécifique est 2,386. U

contient :

Silice 75,20-

Alumine 6,86

Peroxide de fer ... . 6,54

Chaux et magnésie. • . 3,83

Soude et potasse^ ... 7,57

100,00 Un échantillon d'obsidienne venant de File de l'Ascension a donné:

Silice 70,97

Alumine 6,77

Peroxide de fer , . . . 6,24

Chaux 2,84

Magnésie . 1,77

Soude et potasse. . . . 11,41

Ces analyses se rapprochent beaucoup de la composition trouvée

par Berthier pour Tobsidienne rapportée de Pasco en Colombie.

23. — StJA QUELQUES ARBRES DE LÀ GuTÀNB, par Mf. le chevalier Schohburgk; lu h rAssoc. brit. des Sciences siégeant à York.

L'auteur, qui a beaucoup voyagé dans rAmêrique du Sud, a décnt plusieurs arbres nouveaux ou peu connus des forêts de la Guyane.

BOLLETIN sciBrsriFiituB. 399

Vn arbre formant an nouTeau genre de paplHonacêes, et quil nomme Alexandra Jmperatricis , se trouve an pîed septentrional de la chaîne de cellines de grès qiiî forment le bassin de la rivière Cuyunî dans la Gopne. Il s'élève è la bauteur de 100 è 120 pieds. Ses fleurs sortent directement du tronc et des branches en larges grappes. Les pédoncules et les calices sont d'un riche cmmoisi, et les pétales d*ttn orange vif taché de cramoisi ; Téteodard est droit et d'un pourpre foncé. La gousse a 1 8 è 20 pouces de long, et contient plusieurs grai» nés. L*ensemble forme un arbre magnifique.

Le Ophiocaryon paradoxa, ou arbre à fruit de serpent. La graine de cet arbre est recouverte d'une membrane, et lorsqu'on l'enlève, on trouve l'embryon allongé et contourné en spirale , de manière è lui donner la forme d'un serpent. Cet arbre appartient à U famille des Sapindacées .

Le Calycophyllum Stanlryanum de la famille des Rublace'es, présente un aspect remarquable en raison du développement que prend une des dents du calice, laquelle s'étend après la floraison en une sorte de bractée ou membrane foliacée d'une belle couleur rose. Son développement est très-rapide et a lieu dès que la fleur est tombée. Les forêts où croît cet arbre sont fort embellies par cet ornement. Elles se trouvent sur les bords des rivières Rupununi et Takutu , sous le troisième parallèle de latitude nord.

Le lÀghtia lemniscata de la famille des Buttnériacées , a ceci de particulier, que les pétales ont des appendices allongés qui pendent comme des rubans de la grappe de fleurs. Cet arbre arrive à la hauteur de 20 ou 24 pieds, et ses fleurs sortent immédiatement du tronc , audessous de Taxe des feuilles tombées. Il est si rare, que l'auteur n'en a pu découvrir que trois individus dans les forêts de la Guyane.

Le Acrodiclidium camara de la famille des Laurinées crott dans les grès des collines de Roraima entre le 5* et le 6* degré de latitude nord. Il fournit un fruit aromatique connu sous le nom de muscade de Accawai, regardé en Guyane comme un spécifique contre la diarrhée, la dyssenlerie cl autres maladies intestinales, contre lesquelles il est souvent employé.

Le Strychnos toxifera est l'arbre qui produit le fameux poison connu en Guyane sous le nom de wouraili.

Un autre arbre de la famille des laurinées , connu sous le nom de

400 BUtLKTlH SCISHlpmftOB.

Greenbeart, e^t un objet dé commerce en Angleterre comme bcis do

construction,, et il se conttmU beaucoup de TaUaeaux de ce boit dans

la Clydè. Le docteur Rodîe a trouvé dans coi arbre des propriétés fé*

brifuges, et le docteur Maclagan, qui eh a fait Tanalyse, y a découvert

un nouvel alcali qu'il a appelé bibirine. Cet tlealiy qui eat insoluble

dans Teau, ne paraît pas exister dans le bois de greenbèari à l'état de

combinaison avec un acide organique. U a la même constitution cbt-

mique que la quinine, dont il a d'ailleurs les propriétés.

24. — Sur l'existence de la glande thyroïde chez les animaux, trr- TisRiEs, par Mr. J. Simon; lu à la Société royale de Londres. (P^7o«. Magaa., août 1844.)

L'auteur, regardant comme établi par les dissections de Cuvier et de Meckel que la glande tbyrOïde * se retrouve dans toute la classe des mammif<feres, s'est attaché à rechercher cet organe chez les autres vertébrés.

Il a disséqué des oiseaux pris parmi tous les ordres et appartenant à plusieurs familles de chaque ordre. Dans tous, il a retrouvé la glande thyroïde, et a pu en reconnaître la structure au moyen du microscope. Il en conclut que cette glande est essentielle à Torganisation des oiseaux.

Il Ta aussi découverte dans les quatre ordres des reptiles, et il donne des détails circonstanciés sur sa position , son aspect et sa structure chez les chéloniens, les sauriens, les batraciens et les ophidiens.

La glande thyroïde ne parait pas faire habituellement partie de lor^ ganisme chez les poissons. L'auteur a reconnu son existence dans la carpe, le brochet, la morue, l'esturgeon , l'anguille, le requin, etc., mais elle manquait dans la perche, la tanche , le maquereau , le saumon, la truite, le hareng, le turbot, la sole, etc.

La conclusion générale de l'auteur est que la distribution de la glande thyroïde est réglée par une loi simple et uniforme. Elle dépend de l'existence d'un autre organe qui parait destiné à la remplacer, et qui , dans plusieurs poissons , prend la forme d'une petite branchie supplémentaire, dont les vaisseaux communiquent d'un côté avec le

' €*est la glande dont rengorgemenl forme le goitre.

BULliSTlV SClkliYlFlftUE* 40ll

tyslème Teineux de la base du crâne, et de l'autre par t» seul grandi

«ondult avec la première veine branchiale.

Quoique la glande thyroïde occupe diverses places selon les divers

auimaux , elle conserve toujours un rapport intime avec Je système

vasculaire du cerveau, et elle est toujours susceptible de recevoir une

nutrition plus ou moins considérable, selon que le centre nerveux est

^ns un état plus ou moins grand d'activité. *

SS. — Nouvelles coxirEs,

Le nombre des comètes tëlescopiques observées au commencement de Tannée 1 845, malgré un hiver très-nébuleux et prolongé, s'élève déjà à quatre «.-«La première a été découverte a Berlin le 28 décembre dernier par Mr. d'Arrest, dans la constellation du Cygne« Elle a passé à son périhélie le 8 janvier, et a été encore observée le 9 mars à Genève par Mr. le prof. Plantamour, quoique sa lumière fût déjà très-fai-* ble.-'La seconde est une comète découverte le 7 juillet t844 à Paris par Mr. Mauvais, et qui a passé le 17 octobre à son périhélie. Après avoir été très-australe depuis cette époque, elle est redevenue visible pour nous, à l'aide de lunettes, vers la fin de janvier, ainsi que Tannonçait Mr. Plantamour dans la notice qu'il a publiée sur cet astre dans le cahier de juillet 1844 de la Bibl. Univ,\ et elle a été observée à Genève à ces deux époques.

La troisième comète a été découverte à Parme le 5 février par Mr. Colla, dans la constellation de l'Eridan, assez près de la seconde. D'après les premiers éléments qui en ont été calculés à Naples par Mr. Peters, elle a passé à son périhélie vers le 1 1 décembre. Mr. Colla l'a observée encore le 5 mars, par environ 53^ */k d'ascension droite, et 10' y4 de déclinaison australe.

Enfin . les astronomes du Collège Romain ont découvert , dans la nuit du 25 au 26 février, une comète dans la constellation de la Grande-Ourse. Mr. Colla, qui a bien voulu m'en transmettre la nouvelle, l'a trouvée, d'après leur indication, le 5 mars vers 7 heures du soir, sur le prolongement de la ligne passant par» cl ô, k environ 161<*

* La comète «TEncke doit aussi reparnilre l*ëté prochain, et la comète de Biela vers la fin de Tannée.

402 ntJLLBTllf SCIENTIFIQUB*

d'ascension droite et 51 <> de déclînaîson boréale. Elle i l'apparence d'une grande nébuleuse, de Ggure presque ronde, avec un noyau brillant, situé un peu à l'ouest du centre de la nébulosité. C'est la plus lumineuse des quatre.

13 mars 1845« A, G.

26. — Archives de l'électricité, n* 16. (Supplém, à la Bibl. Vniv).

Le numéro des Archives qui vient de paraître renferme deux mémoires sur le rôle que joue le globe terrestre dans les phénomènes électriques, sujet Intéressant et dont on s'occupe beaucoup actuellement.

Le premier de ces mémoires est de Mr. Becquerel ; il est relatif k l'influence des courants électriques terrestres sur les phénomènes de décomposition et de recomposition dans les terrains qu'ils parcourent. L'auteur, après avoir rappelé les idées théoriques de Mr. Ampère sur Texistence de courants électriques, circulant autour de la terre de l'est à l'ouest, et destinés à expliquer les phénomènes du magnétisme terrestre, arrive à conclure que jusqu'ici rien ne prouve la réalité de cette hypothèse, et que toutes les observations faites dans les mines ou autre part, n'accusent que des courants locaux dus probablement à des ac»tions chimiques. Mr. Becquerel expose ensuite les nombreuses obser* vatlons qu'il a faites lui-même, soit dans les mines de sel gemme de Dieuxe, soit sur la Mer de Glace du Montanvert, soit à Aix en Savoie, localité où les différences de température du sol sont beaucoup plus grandes. Au moyen d'un multiplicateur sensible, dont le fil se termine à ses deux extrémités par des lames de platine dont les surfaces sont très-homogènes, et qui sont enfoncées dans différentes parties du sol, on obtient des courants quelquefois très-intenses; mais on n'en obtient qu'autant que les deux terrains en contact , dans lesquels se trouvent implantées les lames de platine, sont humectés, que l'eau de Tun tient en dissolution des composés qui ne se trouvent pas dans l'autre , et que l'un et l'autre terrain sont traversés par des substances conductrices, telles que matières caibonacées, pyrites, galènes, etc. Mr. Becquerel annonce un autre mémoire dans lequel il examinera les effets produits, dans l'intérieur du sol, par les courants doi^t il a découvert l'origine.

BOUiETIH 8C1ENTIFIQUR. 403

Le tecond mémoire relatif k l'Influence de la terre dans les pbe'no'mènes électriques , est un résumé d'expériences sur la force électromotrice lellurlqne exécutées par Mr. L. Magrînî avec rappareîl que la ville de Milan a fait construire à l'occasion du sixième congrès scientifique. Ces expériences, très^cu rieuses, ont besoin d'être encore étur dlées et répétées, avant qu'on puisse en tirer des résultats très-concluants* Elles consistent essentiellement dans la manifestation de courants électriques circulant dans un fil métallique soutenu horizon* lalement et isolé, long de plusieurs milles et communiquant par Tune de ses extrémités avec une lame métallique qui plonge dans le sol , tandis que l'autre extrémité reste isolée dans l'air atmosphérique. Ces expériences ont été variées soit en changeant la nature du fil et de la plaque métallique, soit en enfonçant la lame dans différentes parties du sol. On a également essayé de terminer les deux extrémités du long fil par deux lames également implantées chacune dans le sol, mais à une grande distance Tune de l'autre. Des expériences ont encore éié (sites avec deux longs fils métalliques communiquant par les deux extrémités , de manière à former un circuit fermé, dont l'un des points communiquait par un troisième fil avec une lame implantée dans le sol. Le courant était à son maximum au point de conjonction , puis devenait nul et changeait de direction quand on se rapprochait pair l'autre côté du point de départ. L'auteur estime que tous ces phénomènes tiennent à ce que le globe terrestre a une force électromotrlce propre qui le rend éminemment négatif. Quelques expériences sur la conductlbinté du sol, qui semblent un peu en opposition dans leurs résultats avec celles qu'avait faites précédemment Mr. Matlcuccl, d'autres sur les propriétés des courants tellurlques quand ils parcourent une chaîne formée par différents métaux, terminent cette notice Intéressante.

' Sous le titre de Résultats des observations magnétiques faites à Genève dans les années 1842 et 1843 par Mr. le Prof. Plantamour, le numéro des Archives contient une description abrégée des Instruments magnétiques employés dans ces observations, des procédés au moyen desquels les observations ont été calculées , les résultats numériques des variations de la déclinaison moyenne et de l'Inclinaison de l'aiguille aimantée. Diaprés ces dernières observations, la déclinaison moyenne serait à Genève actuellement de 18^56^76, et l'IncHnalion

404 BULLETIR SCIENTIFIQUE,

de 64<*,4<y,50; d'où rësnlle que depuis quelques années ladëcIUuison, comme l'incIinaSson, teadraU à diminuer d'une manière rëgnlièrt et constante.

Des recherches de Mr. Hankel sur ta thermo^lectrleilë des mëtaui» semblent indiquer que ce genre de phénomènes préseiite encore bie^ des anomalies, car on voit Tordre relatif des corps, quint è Tétatëiee^ trique dans lequel ils se constituent par l'élévation de la températvre, changer avec cette température même.

Une étude plus approfondie de la polarisation voltaîque du fer et dt ce qu'on nomme son état passif, faite par Mr. Beetz, conduit à recon» nattre Tinfluence exclusive de t'oxidation et des actions ohtttiiqocs dans cet ordre de faits.

Mr. Smeo, dans un travail sur la cause de la réduction des mëtaai lorsque les solutions de leurs sels sont soumises «nx courants volll^ ques, décrit des faits nouveaux et intéressants desquels il semble lésulter que cette réduction est bien due à l'action de l'hydrogène ntîisant, et non à un effet direct du courant. L'auteur donne phisies» exemples de réductions opérées, directement , qui sont conformes à cette opinion.

Une notice de Mr. Kobell sur le progrès et l'état actuel de la ff^ vanographie renferme une description détaillée des procédés empley^ dans cet art nouveau dont les produits , ainsi qu'on .a pu en jogor^ Genève, ont atteint un haut degré de perfection. Ils présentent oiie combinaison heureuse de la manière noire et de la gravure au burin.

Le numéro renferme encore quelques remarques de Mr. Peltier soff des anomalies apparentes dans les phénomènes électriques produits par la foudre, et quelques observations de Mr. Edmond Becquerel sur les remarques que Mr. Vattemcci avait faites relativement à un travail do jeune et habile physicien français, qui avait pour objet : ies lois qui président à la décomposition éUctroHihimique des corps.

EBRATA.

Vêge 323, ligne 19,^ au Heu de vie, lisez ère.

TABLE 4U

DKS

OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES

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