LES FORCES NAVALES DE L'EMPIRE
su Hees samir vu
Les Forces Navales de l’Empire.
Le 5 décembre 1912, le Très Hon. R.L, Borden a déposé à la Chambre des communes un projet de loi relatif aux forces navales de l'empire. Le but de ce bill est d'augmenter immédiatement et effectivement les forces navales de l'empire. Il pourvoit à ;1 dépense de la somme de $35,000,000 pour la construction et l'équipement de cuirassés du type le plus puissant et le plus moderne. Quand ces vaisseaux seront construits ils seront à la disposition de Sa Majesté pour la défense en commun de l’empire.
Le très hon. R. L. BORDEN (premier ministre): J’ai l’honneur de déposer un bill (n° 21) autorisant certaines mesures à l'effet d'augmenter les forces navales de l’empire.
Dans les remarques que je me propose d’adresser à cette Chambre, monsieur l’Orateur. sur un sujet aussi important que celui que je vais discuter, ce n’est pas mon intention de faire de polémique. Si certaines prties de mon discours contredisent nécessairement des opinions exprimées par de son0rables députés de l’un ou l’autre côté de cette Chambre, … veux qu’il soit bien compris que je ne le fais pas dans un esprit de critique, mais seulement pour exposer franchement à la ‘ «ambre les raisons qui ont forcé le Gouvernement à a ligne de con@uite que je vais maintenant vous faire
Il ne m’est päs nécessaire de parler de l’accroissement de puissance et influence du Canada dans lempire, acc: ment dû à son développement remarquable et à l’augmentat: extraordinaire et rapide de nos ressources pendant le derni quart de siècle. Cet accroissement de puissance et d’influence a eu nécessairement pour résultat un certain développement graduel et sûr de nos relations avec l’Empire-Uni et les autres dominions qui en font partie.
L’évoluti n des relations constitutinnnelles dans l’empire pendant le demi-siècle écoulé n’a pas été mcins marquée 4.0 ses progrès matériels.
Dans ce développement constitutionnel se pose nécessairement le problème de concilier la coopération avec l’autonomie. I! me semble très essentiel qu’une coopération de ce genre dans la défense et dans le commerce de l’empire soit établie a°n de créer dans tout l’empire une organisation effective dans ces questions d’importance vitale. D’un autre côté chaque partie de l'empire doit conserver dans tous ses caractères importants l'autonomie dont elle jouit aujourd’hui.
La responsabilité de la défense de l’empire sur les hautes mers, qui est la seule garantie certaine de son existence, et dont le Royaume-Uni s’est chargé, entraîne nécessairement avec elle la responsabilité de guider la politique étrangère. Vque depuis quelques années toutes les grandes natidns au, mentent énormément leurs forces navales, cette responsabilité effrayante a imposé un fardeau presque impossible à porter aux Iles-Britanniques, qui depuis près de mille ans exercent une influence si profonde sur l’histoire du monde. Ce fardeau est si onéreux que le jour est arrivé où l’existence de l’empire sera en danger si les jeunes et puissantes colonies ne s’unissent pas à la mère patrie pour protéger la paix et l’héritage de tous. Si la Grande-Bretagne cessait de prendre la responsabilité de la défense sur les hautes mers elle serait forcée de se libérer de la responsabilité de guider seule la politique étrangère, associée d’une manière si vitale et si constante à cette défense dans laquelle les colonies participent. On a prétendu dans le passé, et même en ces dernières années, que l'Angleterre ne pouvait pas partager avec ses colonies la responsabilité de la politique étrangère. Dans mon humble opinion, l’attachement à ce principe ne peut avoir qu’un seul résultat, et des plus désastreux. Pendant mon récent voyage en Angleterre, j’ai exposé dans plusieurs circonstances publiques le principe que les grandes colonies autonomes, en prenant part à la défense de l'empire
pire sur les havies mers, ont nécessairement, par le fait, droit à y partager aussi la responsabilité de sa litique étrangère. = De toutes les déclarations que j'ai faites c’est celle qui a : été accueillie avec le plus de chaleur et le plus d’enthousiasme, as et il est satisfaisant d'apprendre qu’aujourd’hui non seulement afn les ministres de Sa Maiost, mais aussi les chefs du parti
politique opposé en .’.::sterre, ont explicitement .ccepté ce rti principe, et déclaré & ‘il allait chercher sans délai les moyens e d’arriver constitutionnerement à ce but. (Applaudissements.)
Avant d’exposer et expliquer la proposition du Gouverne- + ment, je désire appeler l’attention de la Chambre sur certaines = décl'rations que je faisais dans cette enceinte il y a exactement
’ . deux ans, lorsqu'on m’a demandé quelle politique nous suivrions #= après notre arrivée au pouvoir. Voici ce que je disais: au, ilité “On pourra, avec raison, nous demander ‘ce que nuus aux ferions de cette grave question si nous étions au pouvoir auune jour ‘hui. Il me se:1ble que notre devoir est tout tracé ; si a — elle :: prend les moyens, l'administration se rendra compte sera et suura si les circonstances dans lesquelles se trouve en ce pas moment l'empire sont graves ou non en ce qui a trait à la Si défense navale. Si nous étions au pouvoir, nous nous efforcee la rions d’obtenir sur la question une réponse simple et claire, e la et si cette réponse, basée sur l’assurance du gouvernement de ciée la mère patrie et sur le rapport des experts de l’amirauté, comans portait, comme je le pense, la nécessité d’une action prompte assé, et effective de là part de ce pays, je demanderais au Parlement vait de voter l’aide que les circonstances commanderaient, et faute ique par le Parlement d’y consentir, j'en appellerais du Parlement rin- au peuple. Quant à savoir, monsieur l’Orateur, si le peuple a eux. le droit d’être consulté dès qu’il s’agit d’une politique engadans | gernt l'avenir, cela, pour moi, ne fait pas de doute. ndes pire “Je ne sais pas si je me suis bien fait comprendre, mais
J'ai feit de mon mieux. Il ÿ a, je crois, bien des choses à con-
sidérer dans l'étude d’un plan de coopération générale du Canada à la défense de l’empire dans son ensemble. Tout d’abord, et en supposant que le Canada décide de contribuer à la défense de l’empire dans son ensemble, doit-il le faire sans que nous ayons voix dans les conseils impériaux, touchant les décisions à prendre pour la paix ou la guerre dans les diverses parties de l'empire? Cela ne me paraît guère juste et je ne pense pas que le peuple canadien y consentirait volontiers. Et quoi! est-ce que personne de nous, qui représentons ici dans cette Chambre deux cent vingt circonscriptions d’un pays qui va de l'Atlantique au Pacifique, n’aura, sur ces graves questions qui intéressent l'empire en général, la même voix qui est accordée au plus humble contribuable des Iles-Britanniques ? Une condition pareille ne tendrait guère, à mon sens, à assurer l'intégrité de l'empire, à encourager la coopération de ses différentes parties. Voilà des questions qu’il serait bon d’étudier sérieusement avant de formuler une politique permanente. Cette politique, une fois bien comprise et clairement expliquée au peuple, le Gouvernement, quel qu’il soit, devrait appeler la population à se prononcer pour approuver ou désapprouver le projet et obéir à ses volontés.”
Le Gouvernement actuel a pris les rênes du pouvoir le 10 octobre 1911, et s’est présenté devant le Parlement le 17 novembre suivant. Il est à peine nécessaire de dire qu’il était impossible d’aller en Angleterre ou de consulter l’amirauté d’une façon sérieuse tant que la Chambre siégait. Peu de temps après la fin de la session j'allai en Angleterre avec quelquesuns de mes collègües, et pendant plusieurs semaines nous pûmes conférer de temps à autre avec le gouvernement impérial, et nous consulter avec les experts de l’amirauté concernant toute la que‘ion de la défense navale, et spécialement des besoins actuels et futurs de l'empire. Je désire exprimer ma chaleureuse appréciation de la manière dont j'ai été reçu par le gouvernement de Sa Majesté, qui nous a exposé en toute intimité les grandes questions de politique étrangère et de défense de . Pempire, et nous a fourni tous les renseignements à sa dispo-
sition. (Certaines parties de ces confidences sont nécessairement d’un caractère très secret et ne peuvent être rendues publiques; mais la Chambre sera mise en possession des parties les plus importantes dans un document qui sera déposé cet après-midi sur ce bureau.
Dans l’exposé des moyens de l’empire anglais à maintenir sur les mers une domination qui est essentielle à sa sûreté et à son existence même, il est clair qu’on ne peut pas s’empêcher de parler des autres forces navales. Toutes les grandes puissances font souvent de ces allusions et comparaisons qui n’impliquent aucune inimitié dans leurs intentions. Le préambule d’une loi navale proposée par un grand empire qui s’est imposé à l’attention du monde en ces dernières années, à cause du développement extraordinairement rapide de ses forces navales, contenait même ure mention très distincte de la puissance navale de l’Angleterre.
Je vais maintenant soumettre à cette Chambre les informations que nous a fournies le gouvernement de Sa Majesté. Elles sont contenues dans le mémoire suivant:
Du secrétaire d'Etat des colonies à Son Altesse Royale le Gouverneur général.
Altesse,—1. J’ai l’honneur de transmettre à Votre Altesse Royale la copie adjointe d’un mémoire se rapportant aux besoins de la défense navale de empire.
2. Ce document a été préparé par ‘’Amirauté d’après les instructions du gouvernement de Sa Majesté en réponse à la demande de M. Borden, et pour être présenté au Parlement du Canada lorsque les ministres canadiens le jugeront nécesgaire.
J’ai l’honneur d’être, etc.