Biographie de Louis Du Bois
Il faut avoir vécu dans l'intimité de Louis Du Bois , l'avoir , comme nous , visité dans sa retraite de Mesnil- Durand , avoir reçu ses confidences , parcouru ses manuscrits, feuilleté ses livres des genres les plus divers, chargés de notes savantes, de rectifications innombrables , d'additions précieuses ; il faut avoir assisté , comme nous , à son inventaire , pour se faire une idée nette de la variété de ses connaissances et de la multiplicité de ses travaux. Peu d'hommes étudièrent avec la même ardeur les diverses branches de l'arbre encyclopédique , et recueillirent plus de fruits sur un plus grand nombre de ses rameaux. Histoire et antiquités ; politique et religion ; agriculture, horticulture et économie domestique ; biographie et bibliographie , romans et poésies dans presque tous les genres; critique, commentaires, philologie, traductions exercèrent tour à tour sa plume laborieuse et facile , et ses nombreux ouvrages imprimés ne font pas le tiers des ouvrages qu'il avait faits, commencés ou projetés. En publiant l'une de ses œuvres posthumes (1), nous avons esquissé sa vie que d'autres pourront écrire un jour avec plus de détails.
(1) Glossaire du Patois Normand, 1 fort tolume io-8'. tiré à 200 exemplaires. Caen , Hardel, 1856.
Du Bois ou Dubois (1) naquit à Lisieux , le 16 novembre 1773 , et reçut les prénoms de Louis-François; mais sa signature ne fut presque jamais accompagnée que du premier. Fils d'un marchand de frocs qui éprouva des pertes dans son commerce, il avait pour grand-oncle maternel M. de Plainville, dont la généalogie remontant au célèbre Alpin , compagnon de Fingal , se trouve dans le treizième volume du Dictionnaire de la Noblesse, par La Chesnaye-Desbois. Cet oncle l'avait pris en amitié ; il le recevait souvent chez lui , et s'émerveillait de son goût prématuré pour la lecture et les conversations sérieuses.
01 de Plainville mourut , et M. Du Bois père , s' étant retiré a Coupesarte , mit d'abord son fils en pension chez le curé d'une paroisse voisine , chez cet abbé Dufresne , qui, peu d'années après, fut député du clergé aux Etats- Généraux. L'enfant n'y demeura que quelques mois. Comme il était d'une complexion faible, on lui donna un précepteur ; puis il reçut des leçons de latin chez l'abbé Fougère, vicaire de St.-Julien-le-Faucon.
Sa mère, passionnée pour l'horticulture, lui inspira le goût de cette science, goût qui s'étendit à tous les travaux de la campagne, et qui explique le succès de plusieurs ouvrages de Louis Du Bois, notamment de son Cours complet d'agriculture, dont la quatrième édition est en 9 volumes; et de sa Pratique simplifiée du jardinage, qui eut six éditions.
Les dispositions qu'annonçait le joli petit Louis , comme on l'appelait alors , ses essais en vers français et en vers
(1) Il ne Ht long-temps qu'un seul mot de son nom ; mais comme il récrivit en deux mots pendant la seconde moitié de sa vie , conformément aux anciens titres de sa famille , nous suivrons l'orthographe qu'il avait adoptée.
latins (1), ses connaissances prématurées en histoire et en géographie , lui firent faire des offres , pour entrer dans le cloître, par le prieur de Ste. - Barbe-en- Auge , et pour entrer dans la diplomatie , par Rosey de Plainville , frère aîné de M we . Du Bols et ami de Gravier de Vergennes, ministre des affaires étrangères. En attendant, le petit Louis fit avec un succès d'éclat sa rhétorique au collège de Lisieux ; et la Révolution , en lui enlevant ses protecteurs laïques et en expulsant les religieux de leurs couvents , le força bientôt à chercher une autre carrière.
Ses parents désirèrent qu'il étudiât la jurisprudence , et , en 1791 , il devint l'élève de l'avocat Plancher qui joignait, à Lisieux , le goût des vers à la pratique du barreau. Louis Du Bois, qui connaissait déjà l'italien et dont les idées nouvelles et les événements politiques qui s'accomplissaient, exaltaient la vive imagination, négligea ses études en droit pour traduire le Traité de la tyrannie, par Alfiéri, et se livrer à la lecture des journaux et des brochures qu'enfantait l'esprit révolutionnaire. Cet esprit réformateur s'empara de toutes ses facultés. Les principes de 1789 n'eurent point de plus zélé défenseur, et il glissa sur leur pente jusqu'au républicanisme des Girondins.
Lisieux avait son club. Un pot-pourri de Louis Du Bols sur Ankarstroem qui assassina, le 13 mars 1792, le roi de Suède, y fut chanté dans l'une des séances, et l'auteur admis avant l'âge de 20 ans. Plus tard il en devint l'un des secrétaires. Au mois d'octobre il était à Paris. Lié d'amitié avec Rouget de Lisle , U lui avait fait corriger
(i) Dès 1786, il avait composé une Louisiade en vers français, dont Louis XIV était le héros, et en vers latins plusieurs livres d'un poème sur la croisade de saint Louis. Il avait aussi compilé, à cet âge de 13 ans, une Géographie de la Normandie , qu'il détruisît , avec ses premier» vers, en 1790.
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deux vers de la Marseillaise. Il eut à sou tour un moment d'inspiration et composa le couplet des enfants, à l'imitation du chant des Spartiates cité par Plutarque. Ce couplet ne s'est plus séparé, depuis, de l'hymne patriotique de Rouget de Lisle.
Une curiosité bien naturelle à son âge , lui fit faire uu second voyage à Paris en avril et en mai 4 7 93. llvit une séance des Jacobins de la capitale , avec lesquels le club de Lisieux avait rompu , et il revint indigné et plein de l'aversion la plus motivée pour le parti Montagnard. Il reçut les proscrits du 31 mai qui se retiraient à Caen, alla les rejoindre dans cette ville dévouée à leur cause , vit Charlotte Corday chez sa tante M me . de Bretteville , et ne soupçonna pas les projets de cette héroïne. Persécuté pour sa modération , il échappa aux vengeances des terroristes par sa jeunesse , son état maladif et le dévouement de ses amis.
Le 27 janvier 1794, la Convention décréta que l'on ferait un recensement des livres enlevés des couvents et des châteaux pour en former une bibliothèque dans chaque chef-lieu de district. Louis Du Bois , qui avait des connaissances bibliographiques étendues et bien rares alors, fut l'un des cinq commissaires chargés du travail à Lisieux, et 11 y consacra plus de deux années. Enfin , il consentit à reprendre ses études de jurisprudence, par déférence pour son père plus que par inclination, et ce fut à Alençon qu'il alla les continuer en octobre 1797, sous LeFourdrey, de Cherbourg , ancien avocat au Parlement de Normandie.
Peu de mois s'étaient écoulés depuis son arrivée à Alençon , lorsque Louis Du Bois concourut pour la chaire de bibliothécaire de l'Ecole centrale, place qu'il obtint par un mémoire sur l'histoire littéraire en général, sur la bibliographie proprement dite, sur la formation dune
bibliothèque et sur son classement raisonné, mémoire qui réunit les suffrages de Daunou , de Capperonnier, de Clément de Ris, de Garât et de Ginguené. Nommé le 3 mars 1799, le jeune bibliothécaire remplit ses fonctions jusqu'à la suppression de l'établissement, au mois de mars
Sa santé s'était fortifiée par l'usage du café, son ardeur s'accrut avec elle. En attendant que la bibliothèque pût être ouverte au public , il professa un cours d'histoire littéraire et de bibliographie raisonnée (de 1799 à 1801); il occupa aussi la chaire d'histoire et de géographie , pendant que d'autres fonctions retenaient loin d'Alençon M. Posté qui en était le titulaire.
Louis Du Bois fondait en même temps une Société littéraire, sous le nom de Lycée des sciences, des lettres et des arts, qui devint la Société d'émulation, en 1802. Il composa pour cette Compagnie, dont il rédigea les statuts, et qu'il présida le premier, quoique le plus jeune de tous les membres , une foule d'opuscules en vers et en prose qui pour la plupart ont vu le jour , soit dans le Journal de VOrne (politique, statistique et littéraire ) qu'il créa le 2U janvier 1803, soit dans l'Annuaire de l'Orne qu'il publia de 1807 à 1812.
Dans le temps qu'il préparait l'ouverture de la bibliothèque publique d'Alençon, où, grâce à ses soins, les livres devaient être reçus par la riche menuiserie que les Chartreux du Val-Dieu (arrondissement de Mortagne) avaient fait sculpter à grands frais avec le plus beau bois de chêne qu'on puisse trouver en France, Louis Du Bois sauvait , à Laigle , de précieux parchemins venus de St - Evroult , notamment un manuscrit (peut-être autographe) d'Orderic Vital, contenant des parties inédites de cet historien. A Séez, il achetait d'autres manuscrits venus de la
Trappe , et commençait l'histoire de ce monastère, qui ne parut qu'en 1824. Il imprimait en même temps le prospectus d'une publication mensuelle (L'Esprit des journaux) auquel il fallut renoncer, parce que cette ancienne compilation se continuait à Bruxelles.
A l'époque de la destruction des écoles centrales, Louis Du Bois refusa une chaire de latin à l'école secondaire d'Alençon , et peu après les fonctions de sous-préfet d'Acqui , dans le département du Tanaro. Sa ville d'adoption avait pour lui trop de charmes. Une liaison de cœur l'y retenait , et aux jouissances de l'amour il réunissait toutes celles de l'amour -propre ; il avait des ennemis, des polémiques (une entre autres avec l'avocat Laigneau-Duronceray, qui publia ses Tablettes en 1804); et, reçu franc-maçon, parvenu rapidement au grade de rose-croix, il était chargé, comme orateur de sa loge , de prononcer tous les discours d'apparat II fut aussi le poète de cette loge, et composa pour dix solennités dix cantiques imprimés à Alençon et réimprimés à Paris dans divers recueils.
Quant le préfet de l'Orne, La Magdelaine , mit sur pied les amis de Louis Du Bois pour lui faire accepter les fonctions de son secrétaire intime , il n'éprouva point de refus. Le poste était lucratif, et ses goûts retenaient à Alençon notre jeune et actif écrivain. La Magdelaine était maladif et paresseux; il remit le fardeau de sa préfecture à son secrétaire , qui se livra à l'administration avec le zèle qu'il portait dans toutes ses études. Un fort volume in-f°. qu'il composa sur la statistique du département de l'Orne pour répondre aux désirs du Gouvernement, valut au préfet qui ne l'avait pas lu en entier , des titres et des dotations. Quant à l'auteur , il en tira de bons articles pour ses Annuaires de 1808-1812.
Ces Annuaires , le Journal de L'Ortie et l'administration n'occupèrent encore qu'une partie de son temps : une autre était consacrée aux plaisirs de la société , une autre à des compositions sérieuses ou frivoles. Ainsi, dans l'année 1810 , nous le voyons publier un Traité des melons , 1 voL, et le roman de Geneviève et Siffrid, 2 vol. in-12. A l'occasion de ce dernier ouvrage, !Vl me . de Staël lui écrivait : « Je vous remercie de m'avoir envoyé votre spirituel roman. Il est un peu moderne pour le VHP. siècle , et sert mieux à faire connaître le temps présent que le passé ; mais c'est la manière française, de tout transporter dans le point de vue du siècle actuel. Je suis fâchée que vous demeuriez si loin de moi : nous parlerions ensemble et de votre ouvrage et de ceux que vous ferez. » Deux mois après, Boufflers lui écrivait, à son tour : a Je trouve, après un assez long voyage , le joli roman (si on peut appeler joli ce qui fait pleurer) que vous avez bien voulu m'envoyer , avec des vers dont je ne suis assurément pas digne, mais dont je voudrais au moins être capable. Autant je dois me défier de tout ce que vous me dites de flatteur , autant vous devez croire au témoignage que j'aime à rendre à un talent exercé et distingué dont j'ai sous les yeux une double preuve. » A nos yeux , ce roman philosophique et moral est , malgré quelques taches, un des ouvrages les mieux écrits de Louis Du Bois. On y trouve un résumé de ses réflexions personnelles, des systèmes les plus chers à son esprit, qui sentait le besoin de créer quelque chose après les ruines entassées par la Révolution. Aussi quand , l'année suivante, le fameux comte de Saint-Simon, qu'il avait connu précédemment , vint passer un assez long temps à Alençon (en apparence pour se livrer dans la solitude de la province à des études sur
l'ordre social , en réalité pour inquiéter l'allemand Redern , son ancien associé , qui avait acheté le château de Fiers), le futur fondateur d'une école devenue trop célèbre eut-il des entretiens fréquents et prolongés avec l'auteur de Geneviève. Toutefois l'esprit plus pratique de celui-ci reconnut le vide et le ridicule des utopies qu'enfantait le comte; il lui prêta de l'argent qui ne lui a jamais été rendu, et ne tarda pas à suivre en Italie, en qualité de secrétaire intime , le jeune fils du sénateur Rœderer , nommé préfet du Trasimène.
Ce départ ne permit pas à Louis Du Bois de donner suite au projet qu'il avait conçu dès-lors de rappeler ses contemporains à l'amour de notre vieille Normandie. Plus d'une fois il revendiqua la priorité de ce retour aux études historiques sur notre illustre province , et l'on ne saurait sans injustice lui en refuser l'honneur. Nous avons, en efFet, sous les yeux un prospectus de 1810 ou 1811 , intitulé: Archives Normandes , ou Répertoire complet d'ouvrages et d'extraits, imprimés et inédits, soit en prose, soit en vers , sur les antiquités, l'histoire politique, civile et ecclésiastique, la topographie , la statistique , l'agriculture, le commerce , la navigation, l'histoire naturelle et médicale, l'histoire littéraire, les sciences , les lettres et les arts de la ci-devant province de Normandie ; par une société de gens de lettres; publiées par M. Louis Du Bois, ex-bibliothécaire, etc. L'ouvrage devait se publier par volumes trimestriels tirés in-1 2 et in-8°. Les deux volumes d'Archives publiés, le premier en 1 824, le second en 1826, en sont une sorte de spécimen (1).
(1) Dans une lettre de notre excellent confrère et ami, M. Léon de La Sieotière» en date du 14 novembre 1856, lettre qui contient diverses observations dont nous avons fait notre profit pour cette réimpression, nous lisons celte phrase dont nous reconnaissons la justesse : • Permelleimoi de vous trouver trop discret sur le mérite des Archives Normandes,
Quoi qu'il en soit, le départ de l'auteur interrompit ses travaux sur la Normandie; il y revint avec bonheur de 1820 à 1830.
Le sol romain ne fut point sans inspiration pour Louis Du Bois , qui malheureusement eut peu le temps de s'y livrer à la littérature. L'agonie de l'Empire et la marche des alliés le forcèrent de rentrer dans sa patrie; le préfet du Trasimène, nommé préfet de l'Aube, emmena dans sa nouvelle préfecture son secrétaire intime , à qui l'envahissement des troupes étrangères ne permit pas plus qu'à son chef d'arriver à Troyes. La Restauration le rendit à la vie privée. Marié depuis trois ans , père d'une charmante petite fille, il vint philosopher et planter à Mesnil-Durand, et se préparer celte humble retraite où nous l'avons vu dans les dernières années de sa vie.
Le 20 mars 1815 le surprit au milieu des champs. M. Rœderer, rappelé à la préfecture de l'Aube, rappela son secrétaire intime, qui, après la seconde chute de l'Empire, se retira deux ans, d'abord à Troyes, ensuite à Châtillon-sur- Seine. C'est dans cette dernière ville qu'il édita les Nocls bourguignons de la Monnoye , à très-peu d'exemplaires, uniquement pour établir le texte d'une iU\ édition de ces poésies dont il s'occupait, et dont l'introduction, les notes et le glossaire furent malheureusement perdus chez l'imprimeur Jules Didot Charles Nodier parle ainsi de ce travail qu'il avait eu entre les mains : « M. Louis Du Bois en a préparé une édition exécutée avec le soin extraordinaire que cet excellent philologue porte dans ses moindres études. » (Mélanges tirés d'une petite bibliothèque).
Au milieu de l'année 1817, Louis Du Bois revint à Lisieux , et désira y fonder un établissement de librairie. Il
dont le i". volume parut avant nos Mémoires de la Société des Antiifuaires de Normandie , et où se trouvent tant d'excellente s choses. »
voulut même y joindre une imprimerie pour le service de la cause libérale dont il était l'un des plus intrépides défenseurs. Il tenait surtout à publier une édition de Voltaire , son auteur favori , plus complète qu'aucune des précédentes, et enrichie de notes et de commentaires. Il a donné plus tard le prospectus d'un Supplément aux diverses éditions des œuvres complètes de Voltaire, qui devait être en k ou 5 volumes, tirés in-4°., in-8°. et in -12.
On se demande où notre lexovien-alençonnais avait pu trouver tant d'œuvres inédites du philosophe de Ferney , de même qu'on s'est demandé comment il pouvait avoir tant de manuscrits et de livres venus des couvents. Nous, qui n'avons pas craint de l'interroger , en 1854, sur la provenance de tant de richesses qu'il avait vendues (il n'était pas riche I ) et qui furent l'occasion des bruits les plus fâcheux sur sa probité , nous l'avons entendu donner les explications les plus claires et les plus convaincantes, et répondre à chacune de nos questions de manière à ne nous laisser aucun doute sur la légitimité de la possession.
La génération contemporaine ne sait pas assez ce qu'elle doit aux rares amateurs qui ont arraché aux acquéreurs ou aux pillards de 1793 à 1800 des milliers de manuscrits qui, sans eux, seraient perdus. D'immenses dépôts ont été pendant des années à l'abandon. Des ignorants y puisaient pour leurs besoins les plus vulgaires. Le plus beau vélin, conservateur d'œuvres rares et précieuses, était vendu au poids pour habiller des grammaires et des psautiers destinés aux écoles. Louis Du Bois, au fort de la Révolution , était un jeune littérateur en qui l'amour de la science ne fut jamais étouffé par les opinions politiques. Il attacha du prix à ce que tous dédaignaient, administrateurs comme administrés; il sauva de la destruction une foule d'ouvrages, imprimés ou manuscrits, qu'il
trouva presque pour rien chez les libraires de nos villes de l'Orne , de l'Eure et du Calvados.
Mais les œuvres inédites de Voltaire , comment avait-il pu se les procurer ? — Nous le tenons de sa bouche : il fit , jeune , la connaissance d'un vieil acteur du Théâtre- Français, qui avait joué les pièces de Voltaire du vivant de l'auteur, dont il était idolâtre. Cet homme dégoût avait recueilli une foule de pièces inédites, de lettres, de variantes du génie qu'il révérait et pour lequel Louis Du Bois partageait son enthousiasme. Le vieil acteur vendit à son jeune ami ce qu'il avait recueilli du grand homme , et des corrections et additions ont été faites, au moyen de ces manuscrits , aux éditions de Voltaire que prépara en partie Louis Du Bois ; savoir celle de M m *. Perronneau en 56 vol. in-12, et celle de Delangle en 97 vol. in-8°.
Une fois établi dans sa ville natale, qu'il ne devait pas tarder à quitter pour sa petite maison de campagne de Mesnil-Durand , l'ancien secrétaire de deux préfets de l'Empire devint le champion de l'opposition libérale. Ami de Dupont (de l'Eure) et de Bignon , il imagina la souscription de cent mille francs , au moyen de laquelle le premier put rester sur la liste des éligibles ; il fut le promoteur de la fête donnée à ces deux députés lorsqu'ils vinrent à Lisieux, en septembre 1820, époque où Bignon s'y maria.
Une polémique avec l'avocat Lemoinne , qui avait attaqué , dans Y Observateur Neustrien , journal de Caen , une pétition rédigée par Louis Du Bois et signée par M)0 à 500 électeurs lexoviens ; deux brochures qui ne réussirent pas à sauver Monique Sacquet de l'échafaud, mais qui firent réformer par une loi un article trop sévère du Code criminel ; quelques articles de biographie , de littérature et de politique dans des journaux de Paris , n'empêchèrent pas notre ardent libéral de revenir à ses études de prédi-
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lection sur la Normandie. De 1820 à 1830 , il donne une édition d'Olivier Basselin , enrichie d'un choix d'anciennes chansons normandes inédites, Y Histoire civile, religieuse et littéraire de l'abbaye de la Trappe , les Archives de la Normandie; un Résumé philosophique de l'histoire de cette province ; Y Itinéraire descriptif \ historique et monumental , etc.; la traduction d'Orderic Vital en U vol., pour la Collection des Mémoires sur l'histoire de France, publiée par M. Guizot.
L'illustre historien qui , lui aussi , abrite une partie de sa verte vieillesse dans une campagne de l'arrondissement de Lisieux , parlait ainsi de l'œuvre de son collaborateur, dans une notice préliminaire : « L'histoire d'Orderic n'avait jamais été traduite. La version que nous publions est l'ouvrage de M. Louis Du Bois , de Lisieux , savant aussi laborieux que modeste , qui s'est voué à l'étude de tout ce qui peut intéresser la Normandie, sa patrie , et déjà connu par d'utiles travaux sur les antiquités et la statistique de cette belle province. L'une des principales difficultés que présente la lecture d'Orderic Vital réside dans le grand nombre de petits faits, d'allusions et de noms géographiques qui appartiennent a la Normandie : il importait donc que la traduction fût faite sur les lieux mêmes , au milieu des souvenirs , et par un homme capable d'expliquer , dans des notes courtes , mais multipliées , les obscurités pour ainsi dire locales du texte. ML Du Bois a bien voulu se charger de ce minutieux travail , etc. »
Mais peut-être de semblables éloges paraissent-ils un peu suspects de la part d'un éditeur. Voici en quels termes un juge non moins compétent , le judicieux Daunou, s'exprime dans le Journal des savants du mois de mars 1828 : « Dans la série des 29 volumes des Mémoires relatifs à l'histoire de France , publiés par M. Guizot de
1823 à 1828 , les U volumes d'Orderic nous paraissent les plus importants , soit par l'étendue de l'ouvrage , soit surtout par les recherches et l'exactitude que le traducteur, M. Louis Du Bois, s'est prescrites : on peut même dire, à beaucoup d'égards, que c'est une publication nouvelle.
« Pour presque tous les lecteurs, cette excellente traduction peut tenir lieu du texte : elle en représente avec une fidélité scrupuleuse toutes les idées, tous les détails, quoique en les revêtant d'une diction plus pure et beaucoup plus élégante. Elle suppose toutes les corrections faites et à faire à l'édition latine de 1619; les variantes qui ont quelque intérêt sont indiquées dans les notes ; les lignes et les paroles latines dont il peut importer d'avoir quelques connaissances immédiates à la fois transcrites et traduites , particulièrement lorsque le sens n'en est pas très-certain, ou bien encore lorsqu'il se présente des jeux de mots qui ne passent que trop imparfaitement dans notre langue. Ces remarques sont très-concises , ainsi que celles qui concernent l'histoire, la chronologie et plus souvent la géographie. Le traducteur , qui a visité la plupart des lieux dont l'auteur parle , éclaircit par des dénominations actuelles celles qui ne sont plus en usage ; et , quand il ne trouve aucun moyen d'opérer ce rapprochement, il ne manque pas d'en faire l'aveu. Nous devons ajouter que les manuscrits de St-Evroult et de Rouen l'ont mis en état de remplir des lacunes, quelquefois assez longues qui existaient dans l'édition de 1619 et qui restaient même dans les 200 pages d'extraits, imprimés par les éditeurs du grand recueil des historiens de France, Ainsi non-seulement l'ouvrage d'Orderic Vital est pour la première fois traduit en français, mais on peut dire encore qu'il n'avait jamais été aussi exactement et complètement publié.
« .... C'est donc un véritable service que M. Louis Du Bois vient de rendre aux études historiques , en publiant une traduction de cet ouvrage , plus complète et plus exacte que les éditions du texte. »
L'auteur préparait encore Y Histoire de Lisieux, celle de Charlotte de Corday, son Glossaire du patois normand, interrompu si fréquemment par ses travaux , ses plaisirs et ses voyages. Il mettait sous presse la première édition de son Cours complet et simplifié d'agriculture (1825) , d'abord en 6 volumes ; il collaborait à la Biographie des frères Michaud ;à Y Encyclopédie ùeCouTiin,k des recueils de tout genre qui réclamaient des plumes faciles et érudites. Au commencement de 1830, il avait traité avec un libraire pour 20 volumes de pièces imprimées ou manuscrites sur la révolution de 1789. Celle de juillet vint mettre obstacle à l'entreprise. Les amis de Louis Du Bois prirent la plus grande part au mouvement ; chacun eut sa récompense ; plusieurs furent ministres , ambassadeurs, préfets ; on l'oubliait Je ne sais qui s'en souvint , et le fit appeler malgré ses répugnances , à la sous-préfecture de Bernay.
Tant que Dupont (de l'Eure) fut aux affaires, la conduite politique de Louis Du Bois se trouva naturellement conforme aux principes qu'il avait professés sous la Restauration. 11 n'en dévia point après la retraite de son stoïque ami ; mais il dut se résigner à n'avoir aucun avancement. Son indépendance déplut même assez pour qu'on l'envoyât à Vitré, au mois de février 1833.
Là, pendant sept ans environ qu'il fut sous-préfet, il déploya un vrai talent d'administrateur. Au milieu de partis ardents, il se montra tolérant, conciliant, juste, prudent et ferme. Il eut à soutenir des luttes de plus d'une espèce,
surtout des luttes de presse, et sa plume exercée fit toujours triompher l'administrateur des attaques d'une opposition plus que libre. Le Vitréen , feuille hebdomadaire qu'il fonda et rédigea du 1 er . septembre 1837 au 3 novembre 1839, renferme dans ses lia n og . une foule d'articles de statistique, d'histoire et de littérature sur Vitré et son arrondissement. Nous signalons ces articles enfouis dans une feuille inconnue , comme nous croyons devoir en signaler beaucoup d'autres qui sont perdus dans le Journal de L'Orne de 1803 à 1812. Assurément les meilleurs sont dignes d'en être exhumés, et tous méritent qu'on les consulte (1).
Le 7juilletl836, Louis Du Bois perdit l'une de ses filles, mariée à M. Abraham, conservateur des hypothèques. Cette mort prématurée lui rendit odieux, ainsi qu'à son épouse, le séjour de Vitré. La décoration de la Légion-d'Honneur qu'il reçut, le 2 avril 1837, sans l'avoir sollicitée, n'adoucit point sa douleur. Il demanda une sous-préfecture normande, et, à la lin de 1839, on lui donna celle de Châteaulin. La haine d'un député ministériel lui valut cette disgrâce qu'il ne voulut point accepter.
Il eut en échange, au commencement de 1840, une place de secrétaire aux Archives du royaume , retraite honorable et d'accord avec ses goûts studieux ; mais il fut atteint d'une infirmité incurable (une paralysie de la vessie) ; mais sa femme ne pouvait vivre au milieu de l'air de Paris; mais sa seconde fille était mariée à M. Nouvel, de Florensac ; mais il avait plus de 70 ans : il quitta la capitale, avec une retraite de 500 francs, le 27 mars 1844, , et arriva le 28 à Mesnil-Durand.
(1) Le Journal de V Orne , rédigé par Louis Du Bois, se compose de 6 vol. in-8°. publiés, le premier, en 1803, les cinq autres de 4800 à 1812. Un septième s'imprimait quaud l'auteur partit pour l'Italie.
Là, entre autres ouvrages, il compila sus Recherches archéologiques , historiques , biographiques et littéraires sur la Normandie ; il acheva Y Histoire de Lisieux, commencée depuis long-temps ; il traduisit Columelle pour la 2 e . série de la Collection des classiques latins, édités par Panckoucke ; il ajouta à son Glossaire du patois normand ; il revit plusieurs de ses ouvrages imprimés ou manuscrits , et tint la plume jusqu'aux derniers mois de sa longue carrière. Peut-être eût-il vécu quelques années encore ; mais l'infirmité qu'il avait apportée dans sa retraite lui devint fatale. La sonde dont il se servait se brisa , et tout espoir de le sauver fut perdu. Il vit son état , et s'y résigna sans murmure ; il expira vers huit heures du matin , le 9 juillet 1855.
Nous n'avons pu, dans les pages qui précèdent, énumérer toutes les œuvres de Louis Du Bois. Dans la liste qu'il nous en remit lui-même en 1854 , il en oublia quelquesunes. Nous ne nous flattons pas d'avoir tout recueilli ; mais enfin nous aurons fort avancé la bibliographie de ses productions. Nous possédons les moindres opuscules que nous mentionnons ici ; collection rare, peut-être unique : on laisse si facilement perdre les bluettes de circonstance!
Ankarstroem , poème lyrique. Lisieux , 4792, in-8°.
L'Existence de l'Etre Suprême , en vers, 1794, in-8°.
Les adieux du citoyen Mellion , cavalier républicain , offert à la patrie par la commune de Lisieux, à ses concitoyens, Lisieux, 1794, in-8°.
Règlement de la Société populaire de Lisieux, formée le 29 juillet 1790, et régénérée te 7 nivôse , l'an II*, de la République française, une et indivisible ; adopté dans la séance du 14 floréal. Lisieux , 1794, in-18 de 30 p.
L'ordre du jour des honnêtes gens , dédié aux amis de la religion de nos pères, en séance aux Cinq-Cents , sans lieu, ni date, mais indiqué comme extrait du Révélateur , in-iZ.
Hymnepour la fite du 26 messidor (14 juillet), sans lieu, ni date, in-12.
Chant pour la fête du 28 thermidor an V (10 août 1797), in-8°. ,
Discours publics, procès-verbaux et programmes pour C Ecole cenralede l'Orne. Alençon, 1799 et années suivantes, in-8°.
Voyage à Mortain, opuscule en prose et en vers. Alençon , 1 800 , in-12.
La Concorde, ode. Alençon, 1800, in-8°.
La délivrance de l'Italie, ode imitée de l'italien de Monti. 1801. in-8\
La Paix, ode. 1801, in-8'.
Couplets chantés au banquet des membres du lycée d' Alençon, réunis pour célébrer la pake générale, 20 germinal an X (29 mars 1802 ). Alençon , 1802, in-8°.
Notice historique et littéraire sur Du Frische de Valazé , député à la Convention nationale. Paris, 1802; 2*. éd., 1811, in-8°.
Du pommier, du poirier, du cormier et des cidres , etc. Paris, 180û, in-12, 2 vol., fig.
Cantique maçonnique , improvisé pour le banquet du 18 frimaire , an XIII, et chanté dans la loge delà Fidélité, à l'Orient <V Alençon. Alençon , in-8°.
Les Frères , vaudeville maçonnique , chanté au banquet de la St-Jean d'été, dans la Loge de ta Fidélité , d f Orient d' Alençon, le 2 messidor an XIII. Aleuçon, in-8°.
Contes en vers. Paris , 1805 , in-8°.
Les triomphes de nos frères d'armes , cantique maçonnique , chanté le 8 nivôse an XIV (29 décembre 1805). Alençon , 1805, in-8".
Dissertation sur tes échecs. 1803 , in-8°. Réimprimé, avec des additions, dans le Magasin encyclopédique de Millin, 1806.
Mabile d' Alençon , romance. 1805 , in-32. Réimprimé dans le Journal de VOme et dans les Archives normandes.
Réponse de Lucius Dubitator à Laigneau-Duronceray , auteur des Tablettes littéraires, d l'occasion d'un article inséré dans le Journal de Paris , du 24 frimaire an XIII. 1805 , in-8°.
Hommages à Duronceray (poésies critiques). Caen, 1805, in-8°.
Les Visiteurs, vaudeville maçonnique. Alençon, 1807, in -8°.
La Paix , hommage maçonnique à Napoléon et à la Victoire. Alençon, 1807, in-8°.
Cupidon corrigé ou l'Amour devenu franc-maçon ; — pot-pourri. 1806 , in-8°.
Les Loges , vaudeville maçonnique. Alençon , 1808.
Des melons, de leurs variétés et de leur culture. In-12, Paris , 1810.
Célébration solennelle de la fête de ta Fenderie. Chantier de la forêt d'Ecouves , 26 juin 1808. Alençon, 1808, in-8°.
La Fidélité , hommage maçonnique à ta loge de ta Fidélité ( Orient d' Alençon). Alençon, 1808, in-8°.
Notice biographique et littéraire sur Odolant-Desnos. Alençon, 1810,
in-8-.
Les Mystères, vaudeville maçonnique. Alençon, 1810 , in-8°.
Geneviève et Siffrid, roman. Paris, 1810, in-12, 2 vol.
Notice sur M. le baron de Maupetit. Alençon , 1811, in-8°.
Le Barde neustrien , hommage poétique à Napoléon visitant la Normandie. 1811, in-8°.
L'Avenue des Châtelets , élégie. Alençon, 1812, in-8°.
Dissertation sur les bains de Bagnoles {Orne). 1813, in-8°.
Dissertation sur le camp du Châtelier , près de Séez , considéré comme n'étant pas un monument romain. 1813, in-8°.
Des moyen* de diminuer la consommation des subsistances par l'emploi économique des substances alimentaires. Chàtillon-sur-Seine, 4817, in-12.
Louis Du Bois, ex-bibliothécaire, etc., à M.... Lisieux , janvier 1818. (Circulaire de librairie. L'auteur renonça bientôt au commerce des livres et vécut en partie de sa plume jusqu'à la révolution de juillet 1830).
Réponse à M. Lemoinne, avocat à Lisieux. Caen, 1820, in-8°.
Dissertation sur les chansons , le vaudeville et Olivier Basselin , auteur des Vaux-de-Vire. Caen, 1820, in-8°.
Notice sur M. Losier , ancien curé de Moyaux ( Calvados ) t décédé le 15 avril 1820. Paris , in-8°.
Arrivée et séjour à Lisieux de MM. Dupont (de l'Eure) et Bignon, membres de la Chambre des députés, depuis le 17 septembre 1820 jusqu'au 24 du même mois. Paris, 4820 , in-8°.
Notice sur Monique Sacquet , veuve de P.-L. Othon , condamnée à mort pour empoisonnement , à Caen , le 2 décembre 1820. Paris , 24 décembre 1820, in-8°.
Recours en grâce pour Monique Sacquet, veuve de P.-L. Othon , condamnée à mort, à Caen, le 2 décembre 1820, et dont le pourvoi en cassation a été rejeté le 28 du même mois. Paris , 29 déc. 1820, in-8°.
Mémoire sur la nécessité de donner à la route de Rouen et Bernay à Falaise la direction par la ville de Vimoutiers de préférence aux bourgs voisins. Alençon, 1820, in-8°.
Mémoire sur la nécessité de l'établissement d'un tribunal de commerce à Vimoutiers, département de l'Orne. Alençon, 1820, in-8°.
Addition au mémoire publié le 12 mat 1820, sur la nécessité de C établissement d'un tribunal de commerce dans la ville de Vimoutiers. Paris , 1821 , in-8°.
Adhésion des marchands et négociants des villes de Lisieux et Bernay aux mémoires de la ville de Vimoutiers pour l'obtention d'un tribunal de commerce. Lisieux, 1821 , in-8°.
Pratique simplifiée du jardinage. Paris, 1821, in-12 ; 2 e . éd. 1822 ; S: éd. 1824; 4 e . éd. 1825 ; 5«. éd. 1828; 6*. éd. 1846, in-18, révisée et augmentée considérablement , fig.
Etrennes d'économie rurale et domestique. Paris , 1822 , in-16.
Etrenncs libérales. Paris, 1822, in-18, avec le portrait de Dupont (de l'Eure).
Histoire civile, religieuse et littéraire de l'abbaye de ta Trappe. Paris, 1824 , in-8°., fig. et portrait de Kancé.
Archives de la Normandie, historiques, littéraires et statistiques. Caen, in-8°., 2 vol. : l re . année, 1824; 2 e . année, 1826.
Résumé philosophique de l'histoire de Normandie. Paris, 1825, in-18.
Cours complet et simplifié d'agriculture et d'économie rurale et domestique. Paris, 1825, in-12 , 6 vol., fig. ; 4*. éd., 1830-32, in-12, 8 vol., fijç. — Supplément ou tome IX, 1843.
Histoire de Normandie par Orderic Vital, traduite en français avec des notes et des corrections inédites ( dans la Collection des Mémoires sur l'histoire de France de M. Guizot). Tirée à part. Paris et Caeu , 1826 et 1827, in-8°., 4 vol.
Uinéraire descriptif , historique et monumental des cinq départements qui composent la Normandie : précédé du Précis historique et de ta Géographie tant ancienne que moderne de cette province ; et suivi 1». du
Di
Dictionnaire de toutes les communes normandes ; 2». de la Biographie alphabétique de tous les auteurs et artistes normands, Caen, 1828, iii-8 0 ., 2 vol., cartes etfig.
L'amateur des fruits , ou l'art de les choisir, de les conserver et de les employer, Paris, 1829, in-12.
Aux mânes de M mt . Caroline Focet , née Le Bertre ; improvisation élégiaque. Bernay, 1831, in-8°.
La Boche aux Fées , galerie druidique. Vitré, 1837, in-8%
Madame de Sévigné et sa correspondance relative à Vitré et aux Bochers, Becherches nouvelles sur Us lieux , les faits et les personnages dont elle a parlé; suivies de sept lettres qui ne se trouvent pas dans les recueils de ses œuvres. Paris , 1838 , in-8°.
Charlotte de Corday ; essai historique offrant enfin des détails authentiques sur la personne et C attentat de cette héroïne, Paris, 1838, in-8°.
Essai sur la ville de Vitré et ses seigneurs jusqu'à l'époque de la révolution de 1789. Vitré, 1839, ia-8°.— Supplément , 1845.
Notice sur ta ville de La Guerche, Vitré , 1839, in- 8°.
L'enfance et la mort de ma fille , élégies. Rambouillet, 1842, in-18.
Becherches historiques et physiologiques sur la guillotine , et détails sur Samson, Paris, 1843 , in-8°., fig.
Béponse aux articles de M. Buchon intitulés : DétaiU inconnus sur l'affaire du duc d'Enghien, extraits d'une conversation du roi Joseph- Napoléon , lesquels ont été insérés dans les feuilletons du journal La Presse des 9 et 10 septembre et l« r . octobre 1843. Paris, 1843, in-8*.
Becherches archéologiques , historiques , biographiques et littéraires sur ta Normandie, Paris , 1843, in-8o.
De M 11 *, Le Normand et de ses deux biographies récemment publiées, Paris , 1843 , in-18.
Histoire de Lisieux et de son territoire. Lisieux, 1845 et 46 , in-8 9 . 2 vol., fig.
Economie rurale de Columette , traduite du latin (dans la Collection de Panckoucke, 2 e . série). Paris, 1846, in-8°., 3 vol.
De la conduite de l'évêque Jean Le Hennuyer , évêquede Lisieux, en 1572. Lisieux , 1846 , in-8»., 7 e . éd.
Louis Du Bois , ancien sous-préfet , à ses concitoyens du Calvados, Lisieux , 1848, in-8°. (Circulaire électorale).
Notice sur la Marseillaise de Bouget de Liste. Lisieux , 1848 , in-s .
Ballades Normandes. Lisieux, 1853, in-12.
Notice sur le chevalier de Clieu et bibliographie du café. Caen , 1855, in-8°.
Guide du voyageur sur le chemin de fer de Paris à Caen , par Mantes , Evreux , Bernay et Lisieux ; avec une notice sur chaque station, Lisieux , 1855, in-8".
Outre ces ouvrages, Louis Du Bois a donné au public, dans les recueils périodiques et dans diverses collections , une foule d'opuscules, soit en prose, soit en vers; il a fourni , comme collaborateur , beaucoup d'articles à diverses grandes publications , telles que :
Le Court complet d' agriculturs , en 1809J;
La Biographie universelle de Michaud et son Supplément ;
Le Dictionnaire des anonymes et des pseudonymes de Barbier. 2*. éd.;
L'Encyclopédie moderne de Cour h n ;
Le Dictionnaire de la conversation.
Membre correspondant de beaucoup d'Académies et de Sociétés savantes de la France et de l'Etranger , il a revu avec soin et publié , avec des observations et des notes :
Les Fables de La Fontaine, nouvelle édition plus complète que les précédentes. Paris , 1801 , 2 vol. in-12, fig. de Godard.
Les Noêls bourguignons de La Monnoye , seule édition complète et correcte, tirée à très-peu d'exemplaires, pour servir de spécimen d'une 1A«. édition de ces poésies, dont il s'occupait 1817, Chatillon-sur-Seine, in-12.
Les Vaux-de-Vire d'Olivier Basselin, suivis d'Anciennes chansons normandes soit inédites, soit très-rares , avec des dissertations et des notes. Caen , 1821 , in-8 >.
Le Duc a'Alencon ou les Frères ennemis, tragédie inédite de Voltaire, avec un discours préliminaire. Paris, 1821 , in-8°.
L' Ecole du jardin potager , par De Combles, mise en ordre et enrichie d'une notice et d'annotations. Paris, 1822, 6». éd., in-12 , 3 vol.
Culture du pieher, par De Combles ; avec notice et annotations. Paris, 1822, in-12.
Lettres sur P Italie, par Du Paty; avec notice, notes, corrections et appendice. Paris, 1824, in-18, 2 vol, 32 cartes et fig.
L'art de la guerre, poème de Frédéric-le-Grand ; avec préface , arguments, notes et variantes, suivi de poèmes sur le même sujet. Paris, 1830, in-24, 1 vol.
Projet, rédigé par Robespierre , du rapport fait à la Convention nationale par Suint -Jus! , contre Fabre d"Eglantine, Danton , etc. ; manuscrit inédit , publié sur les autographes; avec des notes, des rapprochements et un fac-similé; suivi d'une lettre de Af 11 *. de Robespierre. Paris , 1841 , in-8°.
Louis Du Bois avait recueilli beaucoup de pièces inédites des meilleurs auteurs français. Aussi en a- t-il fourni à Verdière pour ses Œuvres de Thomas ; à Brissot-Thivars pour son Mirabeau ; à Guillaume pour son Chènier ; à Renouard , à M . Perronneau et surtout à Delangle pour leurs éditions de Voltaire; à Jules Taschereaù pour sa Revue rétrospective; au Mercure de France , au Publiciste, au Journal du bonhomme Richard, au Moniteur , etc.
D'après une note qu'il nous avait communiquée , il avait en portefeuille plusieurs ouvrages , soit terminés , soit fort avancés dans leur composition , soit enfin à l'état de simple ébauche, savoir:
Origines et histoire des religions chrétiennes. — Encyclopédie des amateurs du café. — Traité du. châtaignier, de son bois et de ses fruits.
— Traité du sarrasin et de sa culture. — Considérations sur la révolution de 1789, ses causes et ses effets. — Voyage en Italie (en vers et en prose) , dont il a paru des fragments dans le Mercure et dans le Moniteur. — Lydie, poème en six chants (en vers de dix syllabes).
— Plusieurs petits Poèmes historiques. — Quatre livres d'Elégies. — Les quatre âges de la femme , poème en quatre chants. — Le bonheur , poème. — Inès et Pédre , tragédie en trois actes. — Traduction en vers de petits poèmes attribués à Virgile et à Severus. — Manuel du biblio* thécaire et de l'amateur de livres. — Un grand nombre de Fugitives.
Nous sera-t-il permis, à présent, de porter un jugement général sur tant d'oeuvres qu'il nous est impossible d'apprécier en particulier , sans dépasser les bornes que nous nous sommes imposées? Louis Du Bois a trop écrit et sur trop de matières pour n'être pas sur quelques-unes léger et superficiel. Ses préjugés ont aussi parfois offusqué son intelligence, et ses ouvrages historiques sont un peu gâtés par l'expression de ses principes , qui se ressentent du milieu révolutionnaire dans lequel il a passé ses premières années. Les religions qu'il avait étudiées avec les préventions de Voltaire, son maître, son poète et son philosophe de prédilection , en avaient fait un déiste consciencieux et tolérant dans ses relations privées, mais trop désireux de faire partager ses convictions, et prêt à combattre celles d'autrui , la plume à la main. Son style se ressent aussi de la rapidité de ses compositions. En vers, il manque souvent de verve et de coloris, et sa prose n'a pas toujours la correction et l'élégance des écrivains supérieurs. Toujours est-il qu'il se fait lire avec intérêt et profit, car il a souvent du trait; il est instruit , clair et méthodique , et il
porte la lumière sur tous les sujets qui l'occupent. Nous ne croyons pas trop dire en avançant qu'il a fait honneur , non-seulement à Lisieux, sa ville natale, mais à la Normandie sur laquelle il a tant écrit, et à la France qui a demandé aux libraires jusqu'à six éditions de plusieurs de ses traités.
( Extrait de l'Annuaire Normand, — Année 4867. )