‹ Biographie de Stanislas DrapeauChapitre 3 sur 9 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

:6oMMAiRE. — Enconragenient de la Mai.-on Crcmazie. — Publication de VAmi de la Religion et de Ja Patrie. — Activité déployée par l'cditoiir-propriétaire durant la révolution de Pari?, en 1848. — Son entrée au Journal de Québec, oomme chef-d'atelier. — Fondation d'une Société de Colonisation parmi les Ouvriers de Québec — Appel aux Municipalités de !a Province de Québec en faveur de la colonisation par l'Etat. — 8a nomination comme Administrateur du Courrier du Canada.

1848. — La crise commerciale, qui sévissait déjà depuis quelque temps, était encore tellement forte, en 1848, que les imprimeries étaient toutes désertées par la clientelle, et tout faisait présager que cet état de chose ne changerait pas de longtemps. Cette perspective peu ras-

suranto troublait sensiblement le jeune ménage^ Mais, comme par le passé, Stanislas fit face à ce contre-temps, et il se mit à songer aux moyens à jirendro pour se créer quelques revenus. Un projet lui vint à l'esprit, et d'un bond il courut à la librairie Ciémazie, rue de la Fabrique, et après quelques pourparlers avec son ami, Octave Crémazie, il sortit du magasin, apportant sous son bras plusieurs livres à imprimer, entr'autres le Tableau de la Jfesse, avec gravures ; la Neuvaiiie Saint- FrarK^ ois- Xavier ; le Petit Cathéchisme du diocèse, dont il devait tirer 5,000 exemplaires de chaque.

Ce fut à l'imprimerie du Journal de Québec que ces ouvrages furent imj)rimés par Stanislas Drapeau, îiprès arrangements pris avec le propriétaire de l'imprimerie, Mr. Augustin Côté, dont le bon cœur était toujours prêt à encourager ceux qui possédaient l'amoui- du travail.

Ayant réalisé d'assez beaux profits, Mr. Drapeau fonda VAmi de la Religion et de la Patrie^ en communauté d'idées avec Mr. Jacques Crémazie, avocat, qui so chargeait gratuitement de la rédaction du journal, et de l'achat même du matériel d'imprimerie, ce qui n'était pas un faible appoint dans l'alfaire. Ce journal fut savamment rédigé, et plusieurs hommes poli-

tiques importants contribuèrent, par leurs écrits, a le rendre ti-ès populaire. 11 était publié dans les intérêts du parti conservateur.

La révolution qui venait d'éclater en France, 80US le règne de Louis-Philippe, au mois de juillet 1848, fut une source de dépenses assez considérables pour le nouveau journal, qui publiait les dépèches télégraphiques de chaque jour et de chaque heure. Il était le seul journal français qui fut alors abonné à la Compagnie du Télégraphe, dont le bureau de transmission était à la Bourse, à la basse-ville.

Bien souvent, les marchands canadiens-français de la basse-ville constatèrent que les nouvelles télégraphiques publiéespar le journal français, VAmi de la Religion et de la Patrie, touchant la révolution française, leur arrivaient as^ez fréquemment avant celles du journal anglais, le Morning Chronicle^ bien que celui-ci n'avait point de traduction à faire de ces dépêches !

Cette activité déployée par Mr. Drapeau et Mr. Philippe Jolicœur, occupé à la rédaction et

traduction de ces dépêclies, était remarqué avec Batisfaction et intérêt, cependant la clientelle d'annonces des marchands canadiens était loin d'égaler même le quart des annonces canadiennes publiées par le journal anglais ! Tandis que l'un s'enrichissait, l'autre tirait de l'aîle et végétait. C'est le sort de la presse française en bien des lieux. L'on s'accroupit toujours devant l'étranger, et l'on dédaigne ce qui vient des nôtres ! C'est là l'un de nos grands vices nationaux.

1851. — Trois ans ])lus tard, Mr. Drapeau, alors âgé de 30 ans, entrait au Joiiriial de Québec comme chef d'atelier, et il était également chargé de la composition typographique des livres liturgiques du (.'hant pour les Eglises, que l'on se ])réj)în-ait à im])iimei* incessamment. 11 l'csta attaché à l'établissement de ce journal jusqu'au 15 décembre 1856.

1856. — Dans son désir de voir la colonisation prendre un développement plus considérable, Mr. Drapeau n'avait négligé aucune occasion d'y mêler son labeur. Il se fit collaborateurs de plusieurs journaux, pour prêcher la prise de possession du sol, et combattre l'émigration des canadiens-français aux Etats- Unis. Sans cesse il s'efforçait d'attirer l'esprit public sur ces graves questions, dans l'espoir de voir s'agrandir le cercle des volontés agissantes pour cette grande œuvre patriotique et nationale par excellence.

En feuilletant les journaux de l'époque, on rencontre partout les écrits de ce vaillant travailleur. Le premier qui nous tombe sous les yeux, entre bien d'autres, mais qui nous touche plus profondément, est le Manifeste du 15 août 1856, dans lequel il soumet le projet de fonder à Québec, parmi la classe ouvrière, une Société de colonisation, pour aider au mouvement qui s'accentuait déjà de plus en plus. En lisant aujourd'hui ce Manifeste, publié il y aura bientôt quarante ans, on y découvre des paroles

qui nous semblent prophétiques, touchant l'immigration étrangère, et on peut en déduire un enseignement utile pour l'avenir probable réservé à chaque nationalité, et toucher du doigt notre propre situation. Citons plutôt :

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