‹ Biographie des journalistesChapitre 53 sur 65 · I. HISTOIRE · texte numérisé non relu

I. HISTOIRE

Petit journal satirique qui tourne en ridicule les actes du gouvernement et sous une forme légère touche quelquefois le but bien mieux que certains organes à prétentions sérieuses. Le Charivari pu-

LE CH A ni VA UI. -■>■>

blie chaque jour un dessin Ses principaux dessi* Dateurs sont Daumier et Chain. Le Charivari ■> été fondé en 1834 par RI. Charles Pbilippon. Aujourd'hui il appartient ù une société d'actionnaires.

il. BIOGRAPHIE.

Loris m ART. La gloire et le crime de M. Louis Huait, c'est d'avoir été l'inventeur des physiologies, ces petits livres jaunes qui firent irruption vers IK-iO dans la librairie parisienne. A cette époque, tout le monde voulut absolument écrire sa physiologie, Balzac, Gozlan, Delord, Henry Monnier, etc., etc. Chacun se sentit si bien piqué de la tarentule physiologique, que celui qui écrit ces lignes innocentes se rendit lui-même COUpable de la ïhysiohgto tu l'wde, qu'il signa do pseudonyme de Silvius. Heureuse époque où l'on pouvait encore recourir au domino du pseudonyme! Mais revenons à Louis Huart. Il débuta en 1834 dans le Moniteur du Commerce, où il écrivait UO ou deux feuilletons par semaine, puis il abandonna le journalisme pendant quelque temps pour se livrer au vaudeville. Il a fait deux ou trois revues dramatiques qui ont obtenu du succès. Cependant il déserta bientôt la scène, et revint à la presse. Il entra alors au Charivari, auquel il a juré une fidélité éternelle.

TAXILE DELORD. Trente-trois ans. Né à

Marseille. M. Delord a d'abord été l'un des collaborateurs du Sémaphore de Marseille. Presque tous les Marseillais qui font partie du journalisme parisien, et ils sont nombreux, ont fait leur éducation littéraire au Sémaphore. M. Delord arriva à Paris vers 1837 et fit des feuilletons dans le Courrier français; il fut ensuite rédacteur en chef du Vert- Vert, un petit journal de théâtre très littéraire, dont le directeur était M. Anténor Joly. A partir de ce moment le nom de Taxile Delord se trouve dans presque tous les recueils de littérature. Il est l'auteur de plusieurs publications, dont quelquesunes ont obtenu du succès, le Nouveau^ Monde , les Fleurs animées, etc., etc. Nul ne sait mieux que lui tourner l'article satirique ; il a beaucoup de verve et beaucoup de gaieté, et cependant c'est un caractère plutôt grave qu'enjoué. M. Delord reste au Charivari parce qu'il y est; mais il serait au moins aussi bien placé dans un grand journal.

CLÉMENT CARRAGLEL, trente ans. M. Carraguel a commencé par faire paraître un livre de voyages; puis il écrivit des feuilletons très spirituels dans les journaux quotidiens. Il a été l'un des collaborateurs du Courrier français et de l'ancien Corsaire. lia aussi publié dans \& Silhouette quelques articles intitulés les Boutiques de Journaux, articles par lesquels il initiait le public à la connaissance de la cuisine du journalisme. Ces

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articles furent très remarqués à leur apparition. M. dément Carraguel fut l'un des collaborateurs litti'raires les plus nrlifs du Crédit. C'est lui qui publia dans ce journal le Baron de Paturot à la recherche de la meilleure des Monarchies.

il a également écrit des articles de critique liité-

raire, et s'il voulait abandonner le Charivari, il ne serait pas plus embarrassé que son collaborateur Taxile Delord pour se faire une place honorable dans la grande presse.

Le Charirari ne compte absolument que ces trois rédacteurs, MM. Taxile Delord, Clément Carraguel et Louis Huait. Cependant, en cas de rectification, il y a toujours une petite place pour cet infatigable collaborateur de tous les journaux qui s'appelle M. Communiqué.

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