‹ Biographie des quarante de l'Académie Française [microform]Chapitre 3 sur 32 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

De mauvais poètes , et des hommes de lettres obscurs se réunissaient, en iGS^j dans la maison d'un secrétaire du roi Louis XIII 5 rue Saint -Denis 5 pour lire entre eux leurs vers et leur prose ; ils invitèrent un jour aux honneurs de la séance le bouffon du Cardinal de Richelieu 5 Tabbé Boisrobert qui fut enchanté d'eux et appela Tattention de son maître sur cette société; le cardinal s'en déclara le pro-^ tecteur , et lui lit accorder, au mois de janvier 1635, des lettres - patentes , portant qu'elle serait érigée en Académie française, et que ses membres n'excéde-

Ubnry of David King.

Leavitt&Oo. May 21 1884

^j PRÉFACE.

raient pas le nombre de quarante. Le premier acte d autorité littéraire que lit cette Académie , lut une sottise historique j elle déclara que le Cid était une tragédie pitojable et que le poète cardinal Richelieu était bien supérieur à Corneille. Le pubHc accueiUit cette bulle académique, comme il accueille aujourd'hui les manifestes de M. Auger; les couronnes tombèrent sur Corneille et les épigrammes sur le docte corps qui avait censuré le Cid.

Après la mort de Richelieu, lequel avait fondé son Académie , moins par amour pour les lettres, qu'en haine contre Corneille , le chancelier Séguier se déclara le second père de la société orpheline , et lui donna un asile dans son hôtel. Dans la suite, Louis XIV, ayant pris le titre de protecteur de l'Académie , lui accorda , pour ses séances, une salle dans le Louvre, où elle a continué de siéger jusqu'en 179^, époque où fut organisé Tlnstitut de France. Dans la constitution de Fan 3, promul-

PRÉFACE. ^ vij

guée le I*^ vendémiaire an 4, le titre X portait : « Il y aura pour toute la république ;> un Institut national , chargé de recueillir » les découvertes , de perfectionner les arts » et les sciences. ?>

En i8o3, Bonaparte divisa l'Institut en quatre classes : la première classe comprit les sciences physiques et mathématiques et fut composée de soixante-trois membres.

La seconde, qui eut pour objet la langue et la Uttérature françaises, se composa de quarante membres.

La troisième , celle de Uttérature et histoire ancienne, fut composée de quarante membres , huit associés étrangers et soixante correspondans.

La quatrième classe, relative aux beauxarts, contenait vingt membres, huit associés étrangers et trente-six correspondans.

En 1 8 1 5 , le nom d'Institut fut conservé , mais on donna aux quatre classes leurs vieilles dénominations : la première classe fut nommée Académie des Sciences ^ la

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Viij PRÉFACE.

seconde Académie Française; la troisième Académie des Inscriptions et Belles- Lettres ^ et la quatrième Académie de Peinture et de Sculpture.

La seconde classe de l'Institut est celle dont le public s'occupe davantage, parce que ses travaux sont à sa portée ; c'est aussi celle où les grands seigneurs et les prélats tiennent le plus à honneur d'entrer , et où ils entrent avec le plus d'aisance , parce qu'il est plus facile de faire des homélies 5 ou des amendes honorables 5 que des Vénus Génitrix^ en marbre de Carare, des découvertes dans le monde planétaire , dans le gaz ou dans la vapeur. Au moment où nous écrivons, l'Académie Française a perdu toute importance littéraire ; elle s'est placée elle-même, par l'organe de ses muets, hors de la littérature et des besoins du moment ; ses élections sont tournées en ridicule , ses arrêts sont cassés , et ses foudres n'alarment que ces âmes simples, qui craignent encore le Vatican : et tout

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