‹ Biographie, discours, conférences, etc. de L'Hon. Honoré MercierChapitre 116 sur 145 · MALICE OU FOLIE · texte numérisé non relu

MALICE OU FOLIE

Il y a des individus qui écrivent dans les journaux, ou qui disent sur les hustings, que nos dépenses, pour Tannée terminée le 30 juin 1888, n'ont pas été de $3,365,032, comme je viens de le «lire, mais bien de $5,996,977, comme le laisseraient croire les comptes publics, page 15, à ceux qui ne connaissent pas mieux.

Et il y a de braves conservateurs, on dit même qu'il y a d'excellents libéraux, qui se sont laissés prendre par cette ridicule prétention, confondant les paiements avec les dépensea

En effet, ce chiffre de $5,996,977 comprend les montants suivants :

Nouveaux édifices du parlement, construction $250,000

Nouveau palais de justice, Québec 210,000

Ponts en fer 25,000

Asile d'aliénés des protestants 10,000

Dépôt spécial d'assurance remis au gouvernement fédéral. ...vv* 32,765

Codification des lois 45,000

Chemins de fer, subventions, etc., etc., etc 662,275

Remboursements d'emprunts temporaires 1,500,000

Etc.. etc., etc., etc.

Et il y en a comme cela pour $2,631,945 !. ...

Franchement, il est regrettable d'être obligé de relever des sottises semblables et de perdre son temps à y répondre.

dépenses de 1888-1889 ET 18891890

Mais nos adversaires disent que nos dépenses pour Tannée courante (1889-1 890) et Tannée terminée le 30 juin dernier (1888- 1889) sont encore beaucoup plus fortes que celles de l'année (1887-1888), dont je viens de vous entretenir.

Nous admettons qu'elles sont plus fortes ; mais nous croyons «juelles sont justifiées par les circonstances.

Quand le temps sera venu de les expliquer, nous le ferons, nous l'espérons, avec succès, et à la satisfaction de gens raisonnables, de la même manière que je viens de le faire pour Tannée 1887-1888, la dernière année pour laquelle nous avons les comptes publics — ceux de 1888-1889, étant en cours de préparation, <»t ceux de 1889-1890, ne pouvant naturellement être faits qu'après le M juin prochain.

Mais Ton dit : " Vous avez demandé pour ces deux années-là "" plus que pour les précédentes, et, conséquerament vous continuez *' à augmenter les dépenses. "

Cette assertion est vraie, mais elle est insuffisante à justifier une condamnation.

D'abord, nous ne dépensons pas au-delà de nos revenus, puisque nous avons eu un surplus durant Tannée terminée le 30 /juin dernier, et que nous en aurons un autre pour Tannée courante.

Ensuite, l'augmentation des dépenses est justifiable, tant par les besoins du service public que par les travaux à accomplir.

Ainsi,, par exemple, nous avons élevé certains salaires dans les départements et dans les cours de justice.

l'hon. m. mercier 565

Eh bien ! la chose était indispensable, je ne crains pas de le «lire. Il y avait de bons employés dont les salaires était restés ^tationnaires depuis la confédération ; des avocats, dans les greffes, nommés depuis 30 ans, actifs, laborieux, qui n'avaient que $800 et $900; des ouvriers et des journaliers qui rie gagnaient ■que 98 centins par jour, oui, 98 centins par jour. C'est incroyable, mais c'est vrai.

N'est-ce pas de la barbarie, pure et simple, que de maintenir un tel état de choses ?

Et puis, nous donnons maintenant $100,000 pour les ponts en fer, $100,000 pour les chemins de colonisation ; nous faisons faire une grande carte géographique de la province qui va coûter -au moins $8,000 ; nous faisons faire des chemins maritimes dans la Gaspésie et dans la région du Saguenay, ce qui nous coûte au-delà de $30,000 ; nous faisons des explorations dans les comtés du sud, à partir de Richmond à aller jusqu'à Rimouski, ce qui entraîne une dépense de plus de $40,000 ; nous faisons dessécher des savanes et des marais, creuser des ruisseaux et des rivières, de manière à rendre à l'agriculture des terrains immenses et fertiles, ce qui va coûter au-delà de $100,000 ; nous avons accordé des subventions spéciales et additionnelles à des écoles, •couvents, collèges, hôpitaux, etc., etc., etc., pour plus de $510,000 ; nous donnons des primes d'encouragement aux beurreries et fromageries-écoles ; dépense nouvelle, d'au moins, $10,000 pour ces deux années ; nous avons porté l'indemnité des membres de la législature à $800.00, et le salaire des présidents des chambres à $30,000, augmentation, demandée par les deux partis, de plus de $20,000 par année.

Voilà quelques détails, nécessaires dans les circonstances, et propres à faire disparaître bien des préjugés et des calomnies, •que je livre à l'intelligente appréciation des citoyens de ce pays.

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