L. N. Dufresne
T. Kéroak " " 730 7 800
Paul Picard " " 730 6 800.
F. M. Lachaîne. . . " " 13600 6 1400
Douze employés $10068 11350
Ce tableau donne un total de $10,068 de salaires payés en 1S82, en dehors des dépenses pour le gouvernement civil. M. Mousseau a jugé à propros de mettre permanents, ces employés qui n'étaient que temporaires, et de donner à leur emploi la force; d'ub ordre en conseil, ce qui nécessiterait une destitution pour les renvoyer ; tandis qu'auparavant, ils n'étaient requis que suivant les besoins momentanés du service. De plus M. Mousseau, en faisant ce transfert, tout au désavantage de l'économie, augmente le salaire collectif de ces employés de $1,281, et il appelle cela régulariser la comptabilité dans l'intérêt de l'économie ! II sera donc toujours dit que notre Premier Ministre ne fera que des bourdes.
Il y a d'autres employés qui paraissent pour la première fois dans les estimés du service civil pour Tannée 1883-84; ce sont Thomas Sheehan, G. de la Porte, F. X. Genest, C. O. Lavoie, A Dumais, A. Morissette, C. Messiah : mais ils sont'portés au chapitre des dépenses contingentes du service civil pour 1882, dans les Comptes Publics de cette année- là, aux pages 37, 40, 41, et
43. Comme dans les $216,905 que je reproche à M. Mousseau d avoir demandé cette année, pour le service civil, il y a $47,600 pour les dépenses contingentes et qu'en 1882, il n'y avait que $45,241.00, de contingents, ces employés ne peuvent donc pas être reti-anchés de l'augmentation de $37,671.
On voudrait que je retrancherais les noms de Henry O'Sullivan et de D. C. Morency qui paraissent pour la première fois cette année dans le service civil. C'est une prétention ridicule, cur ce sont des arpenteurs employés de temps à autre et portés aux Comptes Publies de 1 882 aux pages 87, 88, 89, et pour des ouvrages faits à l'entreprise comme tous les autres arpenteurs employés de temps à autres par le département des terres, leur entrée dans le service civil est un acte de favoritisme et constitue deux nouvelles nominations à la charge du gouvernement Mousseau. Si vous ouvrez les Comptes Publics pour 1882 aux pages, 85, $6, 87, 88, et 89, vous trouvez les noms de tous les arpenteurs auxquels on a donné de l'ouvrage, de temps à autre dans le courant de l'année, et dont les travaux ont coûté $79,132. Il serait aussi juste de mettre tous ces arpenteurs dans le service civil que d'en mettre deux seulement de ceux qui sont compris dans ce nombre-là.
Pour toutes ces raisons, il n'y a donc à déduire des $37,671 d'augmentation dans les dépenses du service civil, que je reproche à M. Mousseau, et qu'il admet, tout en les expliquant, que les $10,068.50 pour salaires d'employés portés cette année dans le service civil et portés en 1882 sous la rubrique Charges tmr U revenu. Il resterait donc une augmentation de $27,602.50,
La preuve que ces $10,068.50 constituent bien tout ce qui doit être crédité à M. Mousseau, c'est que le chapitre Charges sur U revenu se montait en 1882 (Comptes Publics, page 108) à $197,- 302 que M. Mousseau n'a demandé pour cette année, sous le même titre, que $187,359, ce qui, comme on le voit, correspond au montant de $10,068.50 que je viens de constater comme ayant été transporté du chapitre Charges sur le. revenu, au chapitre Service civil.
Un dernier mot là-dessus.
M. Mousseau et ses amis disent que dans cette augmentation
l'hon. m. mercier 488
apparente — pourtant je trouve qu'il n'y a pas que de l'apparence, la réalité y est assez — il y a l'augmentation du traitement des ministres et des députés-ministres. C'est vrai. Six ministres: $7,000 ; six députés ministres : $2,400. Total : $9,400. Retranchez, si vous voulez, ces $9,400 ; il faudra toujours que M. Mousseau nous rende compte des dix-huit mille piastres qui restent d'augmentation. Et l'on pourrait même, sans injustice, lui demander pourquoi il n'a pas retranché ces $9,400, ajoutées par M. Chapleau, puisque lui, M. Mousseau, vous avait promis l'an dernier de diminuer les dépenses. Mais je ne veux donner aucune chance à M. Mousseau d'échapper, et je lui demanderai pourquoi il a demandé cette année $216,905 pour le service civil, quand M. Chapleau, pour l'année 1882-83, n'a demandé, en y comprenant ces $9.400 d'augmentation dans le traitement des ministres et des députés-ministres, que $201,409.
Répondez, M. Mousseau. Vous étiez venu, disiez-vous pour diminuer les dépenses ; pourquoi les avez- vous augmentées ?
Ainsi, mes accusations sur ce point sont claires et précises ; j'ai donné les chiffres de même que les pages des documents publics : M. Mousseau a tous les avantages possibles sur moi pour démontrer que je me suis trompé, si tel est le cas. Vous verrez, Mes-* sieurs, que le Premier Ministre se gardera bien d'attaquer mes chiffres et de répondre catégoriquement à ces accusations. Il va sans doute me «lire des gros mots, me jeter l'injure à la face et vous dire, avec la grossièreté qui caractérise les premiers ministres conservateurs depuis quelques années, que je suis un menteur, un polisson, etc ; mais vous verrez, je le répète, qu'il n'osera pas toucher à ces chiffres et les contredire, documents en mains.
Quoiqu'il dise, Messieurs, n'oubliez pas, vous autres qui êtes les juges, qu'on réfute les chiffres par des chiffres et qu'on explique les documents officiels par les documents officiels. Si M. Mousseau procède de cette façon, vous verrez qu'il ne changera en rien ce que je viens d'établir avec ses propres documents.
D'ailleurs, n'oubliez pas qu'à part cette question du nombre des employés, M. Mousseau a augmenté les salaires dans des proportions qu'on n'avait jamais encore vues, nrèms sous le règne de M. Chapleau.