IMPRIMERIE DE JEUNEHOMME FRÈRES, DERRIÈRELEPALAIS
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ASTOR, LENO^ /^ "^ r- TILDEN KOI;nd.
INTROIIVCTION.
La. gloire d'une nation se fondant principalement sur le nombre des illustrations, sorties de son sein, avec quelle ardeur ne devons-nous pas chercher à connaitre tous les noms qui honorent notre patrie/ et rhistoire de ces hommes , qui ont consacré leurs travaux et leurs veilles à son bonheur ou à son illus* tration !
G>]rvaincu , que rien n'inspire plus de goût et ne {acîlite davantage l'étude de Thistoire , que la connaissance de celle de tous les individus, dont la vie est le résumé de ce qu'il y a de plus intéressant dans les souvenirs de chaque localité et la source de toute ' véritable gloire d'un peuple : que cette partie de l'his- C toire, ou plutôt l'histoire ainsi distribuée et comme ^ dépecée pour en assigner à chacun la part qui lui révient , est sans contredit celle qui oiBfre le plus d'intérêt et d'utilité pour le plus grand nombre des lecteurs; ^ plein de cette pensée , j'ai donc cru devoir distraire "^ de mes Annales , la partie biographique qui n'en est
pas la moins importante , et me donner tout entier à ce travail spécial , ayant de publier le fruit de mes recherches sur l'histoire du pays.
Cet ouvrage est le premier publié en ce genre ; peut-être est-il loin d avoir toute la perfection dont il est susceptible ; mais au moins , on y trouvera , mis en ordre et épurés, des matériaux jusqu'alors épars, peu connus , mal digérés et quelquefois tronqués , que des mains plus habiles sauront un jour mettre en œu* vre, pour en élever un édifice plus grand et plus parfait.
C'est donc un premier essai , où tout était à faire. Sous ce rapport, on doit quelque indulgence, quelques égards à l'Auteur , si l'on considère surtout les obstacles de plus d'un genre , et les peines que procure un pareil travail.
Si j'ai commis des erreurs ou des inexactitudes, je désire qu'on veuille bien me les faire connaître, je les relèverai ou les rectifierai dans un supplément. Quoique ïdLBiographie Liégeoise paraisse peut-être circonscrite dans des limites bien étroites , si on la compare aux diveis ouvrages publiés en ce genre depuis quelques années , on y trouvera cependant les notices complètes de plus de 1300 noms, chers à l'humanité , aux sciences , aux arts , à l'agriculture , au commerce et à l'industrie^ qui attestent qu'elle peut suffire à toutes les recherches , et que je n'y ai rien omis d'essentiel.
Le chiffire qui précède chaque article indique Tan-
née de la mort ; et l'astérisque qui précède le <^iffif^ , l'époque où la personne florissait.
Pendant près de huit siècles , l'Église et le Payé de Liège se trouvant pour ainsi dire identifiés Tun à l'autre par des rapports multiples , dont la ville de Liège était le centre commun ^ et Vévêque le lien , toutes les illustrations ecclésiastiques du diocèse, quoi* qu'il fut pltis étendu que le pays même , doivent donc trouver ici naturellement leur place.
Pour ne rien omettre , tous les Liégeois qui se sont illustrés sur une terre étrangère , de même que ceux , qui avaient déjà acquis des droits à la célébrité , ayant d'être séparés de leurs frères , par suite des dernières divisions politiques du"" territoire de Liège en départemens et depuis en provinces, se. trouvent compris dans cette Biographie, parce que leur gloire appartient à leur ancienne patrie , qui est le pays de Liège.
J'ai cru devoir aussi renfermer dans ce cadre, et par les mêmes motifs, les étrangers dont les écrits intéressent l'histoire nationale , ou qui en ont illustré les fastes par leurs actions, leurs travaux, leur séjour, ou l'influence qu'ils y ont exercée.
L'ordre chronologique indiquant mieux la succès* sion des temps , le mérite réel ou relatif de chaque individu, la marche progressive de l'esprit humain , j'ai du le préférer à tout autre , quoique plus difficile et plus pénible en ce qu'il ne permet guère de lacunes, et que, par sa marche uniforme, claire et gra^*
dué)e » dont l^semble est facile à saisir , le lecteur découvre de suite les négligences , les omissions qui s'y teouv«i;iU
Un tableau particulier et chronologique indique à la fin du volume, tous ceux de TArdenne, des pays de Liégp-y de Limbpurg et de Stavelot, qui furent courmnés premiers dans l'ancienne Université deLouvain*
Une table par ordre alphabétique , qui terminera l'ouvrage , donne le moyen de trouver à l'instant , Vartide des personnes dont on ignore l'époque eu elles vivaient.
lûa Biographie Liégeoise comprend :
V Les illustrations ecclésiastiques de l'ancien évéché de liége.
2"" Les célébrités en tous genres de la principauté de Liège y du duché de Bouillon , de celui de Limbourg et du pays de Stavelot, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours.
Et 3*" Celles même existantes encore de la province de Liège.
Pour bien se rendre compte du caractère de nationalité de certaines personnes , contenues dans ce livre , il est peut-être bon avant tout , de connaître les noms , les changemens poUtiqpi^ et les limites des diverses contrées qui formèrent jusqu'à la fin du siècle dernier / LivÂGH^ ET pamciPAtrré bb ucége.
Sous l'empire romain , la dU des Tongrois enchvée dans la Germanie inférieure, ou Seconde Germanique ^
embrassait tout le territoire habité parles Tasandrime, les Ambivarites , les Aduaiiques ^ les Èhuranê ou Tûn^ grois, les Condrosiens , les Fémanuni, les Céréeiens > les Ségnieng , les Suniciens, les Zat>€iaS0»«, les Ménor fient; c'est-^-^lire , selon la géographie moderne , la plus grande partie de la Camping , du Brubant , i' Anvers, de NcMuitr, du Hainaut^ de la Grvêldre^ de Juliers, du Luûsembourg , le territoire des villes SAit^a^ChcBpêUe , de Maestrichi ^ de Louvam , de MaUnes, de JHuremande, les pays dé Liège, de BouiU bn , de Limbourg et de Siavelot.
Lorsque l'église chrétienne eut moulé soni gcmTei^ nement sur le gouvernement civil des Roiàains et adopté les divisions territoriales de Fempire , la cité des Tongrois fut transformée en diocèse ecclésiastique des Tongrois, dont le cl^ef-lieu fut le même que celui de la cité.
Les historiens rapportent qu'au 9* siècle , Tévéché des Tongrois ( depuis celui de Liège ) fut divisé en huit archidiacpnés , savoir : de Brahant , de Condroz , de Pomène, de Hainaut, à'Ardenne , de JHesbaye,de Campine et de Liège , qui étaient sans doute les mêmes que les divisions civiles ou districts politiques établis par les Romains et continués sous les Francs. En effet , <pielques-uns nous rappellent même encore aujourd'hui , nominativement et géographiquement , ceux qui existaient déjà du temps de César et quil décrit, dans ses G)mmentaires , entr'autres , ceux d'Ardenne » de Condroz et de Fcmiène
Cette division subsista intégralement jusqu'à Téreo tion des nouveaux évéchés dans les Pays-Bas par le pape Pie rV| en 1559, à la sollicitation de Philippe II, roi d'Espagne. Depuis lors , Tévéché de Liège qui avait conservé ses anciennes limites, fut singulièrement morcelé.
La principauté de Liège dont lorigine ne remonte qu au 10* siècle , et fut toujours moins étendue que Tévèché, se forma successivement de la Hesbaye, du comté de Looz^ de celui-ci de Horne^^ de Moha, de la cité de Liège et de sa banlieue , de la Famène, du Condroz , du duché de Bouillon , du marquisat de Franchimont, de la baronie de fferstal\ etc.
U est peut-être nécessaire de remarquer que , sur le déclin de l'empire romain , la Taaàndrie ou Cam^ pine ellai Hesbaye devinrent le berceau de la monarchie française : que sous les Garlovingiens , Jupille et Herstal furent la demeure ordinaire des princes francs : que Charlemagne , après avoir établi sa résidence à Aixrla-Ghàpelle , en fit par-là la capitale de son vaste empire en-deçà des Alpes ; et que dès lors , les sciences et les arts brillèrent d un éclat remarquable dans cette eontrée, pendant que la plus grande partie de l'Europe gémissait dans les ténèbres de l'ignorance»
Parmi les personnes qui m'ont aidé de leurs lumières •avec le plus pur patriotisme , et dont je me fais un devoir de citer ici les noms , je dois nommer MM. Dethier , de Theux , et Massau , huissier à Ycfrviers , qui m'ont communiqué le fruit de leurs longues et laborieuses recherches.
AYAni L^EBE YtLGAtRE.
* 614. SIGOVÈSE , neveu d'Ambigat , roî de la Gaule , passa le Rhin à la tête d une multitude de Gaulois y parmi lesquels se trouvaient des habitans du pays occupé depuis par les Ehurons. Il fonda des colonies dans la Wesiphalie , la Frise , la Bohême , sur les bords de l'Océan et même du Danube. Ce fut alors une époque remarquable de transmigration pour les peuples de l'Europe.
* 380. BELGIUS , chef d'une émigration de peuples d'Outre -Rhin dans la partie septentrionale de la Gaule, dont on croit que les Ehurons , les Gondrosiens, les Cérésiens , les Fémaniens et les Ségniens faisaient partie, et qu'ils chassèrent alors les anciens habitans des contrées qu'ils occupèrent depuis et auxquelles ils donnèrent leurs noms , ou ceux qu'elles ont encore aujourd'hui.
70. ODIN , prêtre , conquérant , monarque , poète scaûdinave , s'établit sur les bords de l'Océan dans le Banemarck , d'où il envoya dans la Saxe occidentale ou la Westphalie , limitrophe au pays des Eburons , ^deg , l'un de ses lieutenans. Cet homme vraiment extraordinaire , qui se faisait passer pour une diviàîié,
importa daas le NoihI, Fiiâaga âe^ -caractères nmiques, et exerça une grande influence sur les croyances religieuses des peuples de la Belgique.
70. VARRON (Térentius), savant Gaulois, dont les écrits , qui nous restent , donnent quelques aperçus sur l'histoire de la Gaule septentrionale. Il nous apprend , entr'autres, que de son temps, il ne croissait, ni vignes , ni arbres fruitiers sur les bords du Rhin ainsi que dans la Belgique.
53. COTTA et SABINCS, généraux romains, furent chargés par César du commandement d'une légion et de cinq cohortes , qui vinrent à Vatuque , château fort ou ville des Eburons, pour y passer l'hiver, malgré la disette qui affligeait alors cette contrée. L. Arunculeïus G)tta et Q. Titurius Sabinus sont célèbres dans l'histoire de Rome et du Pays , par leur mort et la destruction entière de leurs troupes , dans le combat qu'elles soutinrent contre les Eburons commandés par Ambiorix ^ dans un défilé situé , selon quelques auteurs , entre Maestricht et Aix-la-Chapelle. T. Balventius, romain illustre ;, et L. Petrosidius , enseigne de la légion , périrent aussi dans ce désastre , qui étonna Rome , et attira sur le peuple éburon , toute la colère de César.
*52. CICÉRON (Q.-Tullius), frère du célèbre orateur du même nom , se distingua en Belgique , en résistant dans son camp retranché chez les Nerviens aux forces réunies des Aduatiques , des Eburons et des Nerviens commandés par Ambiorix , qui , après avoir détruit les troupes de Sabinus et de Cotta, espérait le même succès auprès de Gcéron. Le général romain , secouru à temps par César, échappa au péril éminent qui le menaçait; envoyé l'année suivante à Vatuque , il y soutint un siège contre les Suèves , qui , attirés par l'espérance du buJUn, étaient venus l'attaquer, en Tabsence de C^r
alors à la poursuite d'Ambiorii , qui s'était retiré vers TEscaut, Cicéroa , contribua au malheur des Eburons , en déyastant toute leur contrée , qu'il livra au pillage.
52. CATIVULQUE , collègue d'Ambîorix , l'un des deux chefs éburons. Après avoir défendu sa patrie contre les Romains, désespéré de la voir opprimée , et ne pouvant , à cause de son grand âge , supporter les maux inséparables de lexil , Cativulque ^'empoisonna ayec de l'if !
52. INDUCIOMARE, Trévirois illustre , ennemi implacable de Rome , ami d'Ambiorix. Ce fut par ses conseils et son influence , que les Eburons attaquèrent les Romains dans Vatuque , malgré les remontrances d'Ambiorix et de Cativulque. Il fut la cause première de tous les malheurs dont le peuple Eburon fut la victime. Après avoir fait déclarer Cingétorix ennemi de sa patrie , il leva des troupes , aj;taqua le camp dje Labiénus , situé sur les confins du pays de Trêves , sans attendre les Eburons et leurs voisins , et mourut assassiné sur les bords de la Meuse , aux environs de Maastricht , où il s'était sauvé après la défaite entière de son armée. .
* 51 . MARC-ANTOINE et LABIÉNUS , lieutenans de César dans la Gaule , vinrent avec lui dans sa dernière expédition contre les Eburons , et mirent tout leur pays à feu et à sang , pour venger la honte du nom romain.
* 50 AMBIORIX , chef éburon, collègue de Cativulque , doué d'un génie hardi , entreprenant ; il fut redouté par César , à c^use de sa grande influence dans la Gaule et chez les peuplades d'Outre-Rhin. Après avoir été recherché du conquérant romain , il s'en fit un cruel ennemi par son amour pour la liberté dis son
pays , et ses eflForts pour la lui conserrer. Ambiorix , dans la réponse qu'il fit aux envoyés de Sabinus et de Cotta , pour s'excuser de l'attaque inopinée du camp romain par ses compatriotes , leur déclara , qu'elle ne s'était faite , ni de son avis , ni de son consentement , mais que son autorité sur k peuple éburon était telle, que la multitude n avait pas moins de pouvoir sur lui, quil en avait sur elle. Il contribua par ses conseils et sa valeur à la destruction entière de la légion et des cinq cohortes , qui étaient sous les ordres de Sabinus et de Cotta. C'est lui qui décida et poursuivit le siège du camp de Cicéron chez les Nerviens , et souleva les Trévirois et les peuples d'Outre-Rhin contre la domination romaine. César , sans espoir de soumettre là Gaule , tant qu' Ambiorix existerait , le poursuivit à outrance et sans relâche , et le força, pour éviter sa vengeance , d'abandonner sa patrie dont la barbarie romaine avait fait massacrer une partie des habitans. Ambiorix mourut dans l'exil , errant et fugitif f
45. CESAR (CaïuS'Julius) , oppresseur des Eburons, dont il est en même temps le premier et le seul historien connu. Il a publié l'histoire de ses guerres dans la Gaule , qui nous est parvenue sous le titre de Comm^entaires de César. Cet ouvrage vulgairement regardé comme un morceau d'histoire , qui , parla qualité de son auteur et parce qu'il n'a pas été contredit , porte un caractère éminent de certitude , n en est pas moijfis rempli de contradictions et de faussetés. Suétone , auteur justement célèbre, nous apprend qu'Asinius Pollion, personnage consulaire , ami d'Horace et de Virgile , avait observé dans ses Annales , un grand nombre de faits cités par César , qui n'étaient pas exactement tels qu'il les avait représentés ; soit parce qu'il avait été induit en erreur par ses officiers , ou qu'il avait eu un intérêt personnel à déguiser la vérité* César a conquis
la Gaule avec le fer des Romains , et Rome avec For des Gaulois : voilà tout le mystère caché dans ses mémoires écrits avec tant d'ingénuité apparente. C est par lui , que nous savons que , dans toute la Gaule, les cités, les villes et les bourgs faisaient eux-mêmes les lois , les réglemens pour leur gouvernement intérieur et particulier : quils choisissaient leurs magistrats, faisaient des alliances pour leur conservation réciproque , et euYoyaient chaque année leurs députés à l'assemblée générale des états de la Gaule. César nous apprend aussi que les Eburons avaient deux magistrats élus par eux, et que toutes les affaires se décidaient à la pluralité des voix dans leurs assemblées. Rapprochement singulier entre les institutions politiques et municipales de ce temps-là , avec celles dont les Liégeois ont joui depuis un temps immémorial jusqu'en 1791 !
C'est sous le pontificat de César qu'eut lieu la ré' forme du calendrier romain , qui s'introduisit aussi dans la Gaule. L'année jusqu^alors lunaire suivit le cours du soleil. Sosîgènes, célèbre astronome égyptien, que César avait fait venir à Rome pour cette importante léforme, fixa l'année solaire à 365 jours et six heures. Ces six heures firent tous les quatre ans un jour qu'on plaçait le 24 février , qu'on nommait bissexto calendas martU ; d'où est venu le nom de bissextile , donné à cette 4* année. Les trois autres s'appelaient années juliennes. Ce calendrier a réglé le temps pendant quinze siècles , jusqu'à l'époque où le pape Grégoire Xill donna son nom à une autre réforme devenue indispensable.
40. POMPÉE;( Trogue) est le premier historien gaulois, dont le nom, soit parvenu jusqu'à nous. Son histoire abrégée par Justin , est malheureusement le seul document qui nous reste de cet auteur.