‹ Biographie LuxembourgeoiseChapitre 53 sur 98 · CONCILII · texte numérisé non relu

CONCILII

179S. Pour les faits d'armes qui mar- ibidem Prociratoh Gkxeralis

AC Cabou VI Impbratoris Prises , et

[concilii status assessor Tandem Sebenissima Austbi£ Archi-dccb

MaRIA-ElISABETHA BeLGIDM GrBKRNANTB

Sanctioeis Cohciui Bbuxbllensis Ahcti

[PRzESES fuit.

TrANSIEEONT BT DESIERCNT U^EC OMNI A CBM VlR IIXU8TRISSIMUS HIC VIVEBB DE8IIT

AlfHO 1732 , DIB 3 Jdnu.

Corpus ejus hoe loeo depositwnjcm nihil est

m$i Terra, Cinis, Fumui et Umbra, quatuor his emblematibus in mormon in-

[eisis expreua.

PrbcaebViatok ut immortalis bj us anima Rbqgibscat in Pacb.

Cette épitaphe est surmontée des armes da comte, le tout ea marbre btaoc. Quant aux quatre emblèmes dont il y est fait mention, le mouameot en est dépourvu et ils n'ont même jamais pu se trouver dans l'angle où ce marbre est relégué : il est dès lors a supposer qu'il aura été déplacé dans le temps.

On remarquera enfin que dans cette inscription on a fixé le 3 juin pour le jour du décès de Christopbe-Eruest de Baillet. Noos maintenons notre assertion du texte qui indique le 2 , parce que nous avons devant nous une copie de son acte de décès ; l'inhumation peut avoir eu lieu le 3.

D'apr«i une eommaaJeation que noot de vont k l'obligeance de M. Pu. Va» ».. H*.»». Biblioll.^ «aire de Moojgr. le Die d'Are ah erg.

BARODT, Jean, dit Gaccher, seigneur de Marcbault. — Plusieurs historiens ont écrit Gauchier de Borgonjon et même Gaucher de Bourgogne.

Tont ce1 que nous savons de lai c'est qu'il quitta en 1611 le Luxembourg, ea patrie, pour aller prendre du service en Italie comme capitaine. Lorsque la guerre eut éclaté en Bohême il obtint le commandement de cuirassiers impériaux et rendit des services signalés jusqu'à l'époque de l'entière pacification de ce pays (Archives de Belgique, fardes de l'audience, 1148).

C. IU>u»mc«, L. nableaae belge aui guerre. d'Allemagne, 1618-1648» dam* : Bulletin da bibUopbil. kelg*. »• ««rie, VIII, 377.

BECK, Jean -Georges I , dit Gérard, T. I, pages 54 et 55 de la Biographie. — Tonte la discussion finale de cet article, a commencer de la ligne 8 en remontant de la première colonne de la page 55, jusqu'à la fin de la colonne suivante, est h supprimer comme reposant sur une erreur évidente qui provient d'une faute de copie commise par Pierret et Berlholet : nos doutes avaient du reste déjà fait pressentir la chose. En effet, d'après des renseignements positifs et très exacts que nous devons à l'obligeance de la Direction du dépôt d'archives de Coblence , il est constaté que Madelaine d'Enschringen, dont il est question dans le passage cité par Pierret et Bertbolet, n'a pas été mariée à un Jean de Beck mais bien à Jeao de Reck, on mieux von der Reck, président de la Cour impériale. La famille de Reck, qui est originaire de Westphalie, subsiste encore.

BENDEK , Biaise- Columban , Baron de, Feldmaréchal , Commandant-général de la Bohême, propriétaire du 41* régiment d'infanterie autrichienne, n'appartient pas à la Biographie luxembourgeoise. Cependant si l'on a égard à la circonstance qu'il commandait la forteresse de la capitale pendant le blocus français de 1794 — 95 ; qn'il a laissé dans le pays un souvenir agréable qui n'est pas encore effacé che» le peuple ; enfin que la veille de la capitulation il a demandé et obtenu le droit de bourgeoisie luxembourgeoise, genre de naturalisation alors en usage, on sera peutêtre bien aise de trouver ici la relation sommaire de ses faits et gestes.

Né en 1713 dans la ci-devant ville libre et impériale de Gengenbach qui appartient aujourd'hui au pays de Bade, il entra en 1733 comme cadet an service autrichien et fit avec le grade d'enseigne la guerre de Turquie sous le prince Eugène. Pendant cette guerre il aida à débloquer Banjaluka et fut blessé à la bataiUe qui fut livrée

près de cette forteresse. Pendant la guerre de succession , mais surtout à la malheureuse bataille de Molwitz il se distingua de nouveau par son courage imperturbable, jusqu'au moment où il reçut une seconde blessure grave. Cet accident ne le détourna pas de s'exposer ultérieurement aux périls. Au siège de Prague il fut atteint au col d'un coup de baïonnette; pendant les batailles de Striegau et de Trautenau il reçut des balles au travers du corps. Il lui eût été très facile après tant de blessures de s'exempter de tout service ultérieur; mais son patriotisme comme son héroïsme de soldat dans toute la force du terme le poussèrent, malgré son état valétudinaire, suite des souffrances qu'il avait endurées , à prendre une part très active aux combats nombreux qui se livraient à celte époque, surtout à ceux des Pays- Bas contre les armées françaises , où ses actions d'éclat le ûrent parvenir au grade de lieutenant-colonel, avec lequel il donna de nouvelles preuves de courage et de prudence pendant les batailles de Prague, au Meysberg en Silésie et près de Breslau.

En 1758 il fut nommé Colonel du régiment Colloredo infanterie N° 20, et combattit vaillamment comme toujours à la surprise de Berlin sous le général Hadik, ainsi qu'à la bataille de Torgau.

En 1769 il était général - major commandant de Phiiippsbourg , et en 1775 Jieutenant-feldmaréchal commandant de la forteresse d'Olmutz. L'empereur Joseph Il qui appréciait les services de Bender, l'éleva en 1782 à la baronnie et le nomma en 1785 feldzeugmeister , commandant de Luxembourg. En 1789 et 1790 il donna des preuves éclatantes de son zèle et de son énergie à l'occasion des troubles dans les Pays-Bas, en s'opposant vigoureusement aux entreprises des insurgés devant Luxembourg, leur occasionnant de grandes pertes et les chassant du pays. Le 2 décembre 1790 il fit son entrée solennelle à Bruxelles et était parvenu déjà dès le 15 du môme mois à dompter les belges révolutionnés. En récompense pour ces bril-

lants faits d'armes l'empereur Léopold II, dès son avènement, lui conféra la grandcroix de l'Ordre de Marie-Thérèse.

Pendant les années 1791 et 1792 Bender commandait l'armée autrichienne en Brabant; et lorsque dans les guerres contre les révolutionnaires de France en 1794 les armes de ces derniers obtinrent la victoire et que la Belgique entière se trouvait subjuguée par elles, Bender défendit la forteresse de Luxembourg avec la plus grande énergie , et ne la remit aux assiégeants qu'après un blocus de huit mois et lorsqu'il se vit les vivres entièrement coupées par l'ennemi. La capitulation est datée du 5 juin 1795.

A sa sortie de Luxembourg Bender alla à Vienne où l'empereur François II, en récompense pour ses loyaux services le nomma commandant-général du royaume de Bohème.

Le feldmaréchal Baron de Bender est mort le 20 novembre 1798 , à l'âge de 85 ans dont 65 passées au service militaire. Il avait successivement appartenu à quatre régiments , fait 29 campagnes , et pris part à 12 batailles rangées ainsi qu'à 9 sièges de places-fortes.

HinTurEL», Der M UiUcr-M kria Tberettc» Orden ; I, 990. «q.

BENNINCK, Jean de. — Addition à cet article , page 57 du T. I de la Biographie.

D'après la généalogie de la maison de Straten ou van der Straten, éditée par L. V. Gœlhals, p. 41, note 1, Jean de Benninck était fils de Gérard, seigneur de Ryswyk près de La Haye, résidant à Amersfort, au diocèse d'Utrecbt, et de Wilbelmine Vùnck d'Amerongen , fille' de Guillaume Vùnck d'Amerongen tué à la bataille de Ravensweeg , et d'Agnès d'Egmont , dame de Mserslrade.

Jean de Benninck ayant perdu son père et sa mère pendant les guerres de religion fut soustrait aux persécutions des protestants, n'étant encore âgé que de quatre ans , et confié aux soins du car-

dînai do Grœsbeck, son parent, princeévéqne de Liège , et à ceux du comte de Bocquoi , par son oncle maternel Jean Vnock d'Amerongen , chanoine du chapitre de Liège , membre du Conseil d'État do roi Philippe II , chevalier de l'ordre de la Toison-d'or , garde des sceaux au Conseil suprême de Flandre , près de la personne du roi à Madrid , mort et enterré à Valadolid.

D'après le même ouvrage la femme de Jean de Benninck se nommait Marie- Anne Penninck, fille unique de Henri Penninck et de Françoise Constable.

Henri Penninck était en grande estime à la cour de Marie d'Angleterre, fut envoyé à Rome en qualité d'ambassadeur par son parent le cardinal Pol ; mais après la mort du cardinal et de la reine Marie , il émigra en Espagne à la suite du duc de Feria ambassadeur de Philippe II à Londres.

Philippe II nomma Henri Penninck gentilhomme de sa cour et lui assigna une pension sur les domaines des Pays-Bas.

Outre la fille de Jean de Benninck , qui devint l'épouse d'Eustache de Wiltheim , l'ouvrage que nous avons cité en tête de cet article mentionne encore un fils et une fille du Président du conseil provincial: Jean-Guillaume de Benninck, qui fut capitaine d'une compagnie allemande au régiment du prince Alexandre de Cbimay, tué au siège de Bréda, et Antoinette de Benninck, mariée 1* à Nicolas de Boileau , seigneur de Pouhon, Bihain , Malempré et Villegiau ; 2° avec N. de Manteville.

Goctkals .Généalogie <U la maiion deStrsten, 41,

BERNARD, Jean-Pierre-Charles, est né à Wiltz, le 2 juillet 1782, fils de Charles-Théodore Bernard , notaire , et de Marie-Catherine Simon. Après avoir reçu une première instruction à l'école de son endroit natal il fut envoyé à St. Hubert où il était parvenu jusqu'en poésie lorsque ayant atteint l'âge de vingt ans il se vit inscrire sur le contrôle de la milice. Con-

scrit de l'an onze (1802) il parait que, pour échapper au service militaire français , à cause de l'antipathie que les luxembourgeois nourrissaient contre leurs conquérants, il émigra: Cependant cette opposition aux lois n'ayant pas exempté son père de l'obligation de fournir un homme à l'armée afin de ne pas encourir les peines comminées contre les parent»

des réfractaires , celui-ci loua un remplaçant qui a été incorporé le onze pluviôse ân XII (31 janvier 1803) dans le 108* de ligne.

Arrivé à Vienne , J.-P.-C. Bernard fréquenta pendant quelques mois l'école normale , puis ouvrit lui-même une école privée de langue française. Il donna également, paraît-il, des cours de la même langue dans un pensionnat attaché à l'institut Cajatan-Jannastasio dans la capitale de l'Autriche.

Vers 1813, c'est-à-dire dès que le»

événements politiques lui permirent de rentrer dans sa patrie , il revint à Wiltz où il commença également à se livrer à l'enseignement primaire, d'abord comme instituteur privé dans quelques familles aisées , ensuite et quelques années plu» tard en qualité de maître de l'école de la commune, après qu'en 1818 il eut obtenu un brevet du second rang.

Tout le monde sait combien était précaire à cette époque la carrière de l'instituteur, alors que l'État ne se mêlait pour ainsi dire pas de cette branche si intéressante de l'économie politique ; où les parents étaient libres d'envoyer ou de ne pas envoyer leurs enfants à l'école ; où les bienfaits de l'instruction étaient généralement méconnus du public et où le maître, faisant de ce respectable état une véritable entreprise particulière , n'était tenu à aucune norme , à aucune méthode. Wiltz n'avait eu, à vrai dire, et jusqu'à cette époque qu'une école faite par un vicaire qui apprenait aux enfants à lire sur de vieux actes , et le catéchisme. Dès l'arrivée de Bernard cet ancien état des choses changea de face , à cause des

connaissances du nouveau maître et de l'amonr-propre qu'il mettait à (aire progresser ses écoliers: il fit en effet de louables efforts pour faire sortir sa ville natale de l'ancienne ornière dans laquelle elle avait végété jusque-là, tellement qu'alors encore celni qui savait signer son nom était réputé savant. Et, on doit l'avouer à la louange de l'instituteur , il a formé nn assez grand nombre de sujets qui , n'ayant fréquenté que ses leçons , sont parvenus à se créer d'honorables carrières. Mais nous ajouterons toujours que , malgré toute cette bonne volonté on était très loin encore d'avoir dans la populeuse et importante commune de Wiltz tout fait pour l'enseignement primaire qui resta facultatif jusqu'à l'organisation de l'école-modèle à Luxembourg et rémanation des lois protectrices de l'éducation.

Après l'inspection générale des écoles du Grand-Duché par Van den Ende , en 1818 — 1819, et dès la naissance delà société pour la propagation de l'instruction primaire dans le pays , les mérites de Bernard et sa longue expérience dans la carrière se trouvèrent parfaitement reconnus par la remise d'un brevet de premier rang. Le Roi, de son côté, attacha en 1822 à l'école de Wiltz un traitement personnel de 200 florins pour l'instituteur en chef. Outre cette somme Bernard percevait encore les rétributions des élèves solvables ; les indigents étaient instruits gratuitement.

D'un autre côté, alors encore et jusqu'en 1844 les sexes étaient mêlés et Wiltz ne comptait que deux écoles , l'une dite supérieure , sous la conduite de Bernard , l'autre , dite inférieure , dirigée par un sous-maître. Que ne fallait-il dès lors pas de surveillance , de travail et d'efforts pour enseigner à une centaine d'enfants, et souvent plus encore, les branches absolument nécessaires? Et cependant, nous l'avons déjà dit, Bernard a formé plusieurs bons élèves : sa méthode en effet était bonne et facile, son zèle infa-

tigable et ses moyens pour exciter l'émulation efficaces.

Le 1 1 mars 1 842 , c'est-à-dire encore avant la promulgation de la loi du 26 juillet 1843 sur l'organisation de l'instruction primaire, Bernard fut nommé par le Gouvernement inspecteur honoraire pour visiter les écoles des communes de Boulaide, Harlange, Mecher et Neuahausen ; et il s'acquitta de cette commission en honneur et conscience.

Dans son rapport annuel de 1843 — 44 l'inspecteur cantonnai d'écoles crut devoir donner à l'instituteur Bernard une mention des plus flatteuses que nous nous voyons engagé à transcrire ici : « Enfin , « y est-il dit, je ne puis terminer ce rap- « port sans faire la mention honorable «suivante de M* J. -P. -Bernard , institu- « teur à Wiltz. Cet instituteur distingué a a donné depuis plus de trente années «et avec le plus grand succès l'éducation «et l'instruction aux enfants de la classe « aisée et de la classe indigente , et a «acquis les titres les plus nombreux et «les plus incontestables à la reconnais- «sance et à l'estime des parents. Ce « digne maître a formé , indépendamment «d'une foule de candidats qui se sont « voués à la carrière de l'instruction , une «masse de jeunes gens remplissant digne- « ment différents emplois dans le Grand- « Duché et en Belgique. Pendant cet « hiver encore il a consacré les jeudis à « familiariser les instituteurs du canton « avec l'excellente méthode de Dupont et « a offert de donner gratuitement un cours « de grammaire à ceux qui veulent se « rendre les jeudis à Wiltz pour y prendre « part. De pareils services et de tels sa- « orifices méritent d'être connus et pnbli- «quement. L'inspecteur d'écoles ne fait «donc que s'acquitter d'un devoir que « l'équité lui impose en rendant au mé- « rite la justice que lai est due , et en «signalant à la commission d'instruc- «tion l'instituteur Bernard comme très « digne de la mention la plus honorable.»

En effet, le N* 5 . 2» année du Cour-

rier des écoles renferme en tête sept lignes d'impression qui résument le passage qui précède (9 avril 1*44).

Bernard prenait également en pension chez loi des jeunes gens externes qui suivaient son école di joor et recevaient en oatre le soir des leçons particulières. Pour loi d'ailleurs ce n'était pas asses de savoir lire , écrire et calculer ; il voulait également enseigner à ses élèves les plus avancés l'art déclamatoire pour leur apprendre à débiter avec intelligence et aplomb les sujets qu'ils pourraient avoir à traiter oralement. Dans ce dessein il avait fiait arranger chez lui an petit théâtre sur lequel ses écoliers représentaient des pièces choisies et graduées d'après leur intelligence.

En septembre 1848 , se sentant cassé autant par les fatigues de l'enseignement donné pendant près d'an demi-siècle, qae par le poids des années, Bernard donna sa démission comme instituteur en chef de la commune de Wilts j et cette démission ne fat acceptée qu'à regret par le conseil communal.

Enfin, par arrêté do 9 juin 1849, S. M. le Roi Grand-Doc « voulant récompenser «de longs et loyaux services rendus a « Finstruction primaire, et donner en même « temps on témoignage du haut intérêt que « Nous portons à l'enseignement et aux « instituteurs primaires dans Notre Grandit Duché de Luxembourg » nomma J.-P.- G. Bernard, ancien instituteur en chef a Wiltz , Chevalier de l'Ordre royal grandducal de la Couronne de Chêne.

J.-P.-C. Bernard s'est éteint à Wilta, le 18 novembre 1849, h l'âge de 67 ans.

Bernard avait la réputation d'être un bon rédacteur, en français surtout; et H ex Î8 te un assez grand nombre de compositions écrites de sa main. C'est lai entr*autres qni avait fait le texte de la requête que pendant les événements politiques de 1848 les habitants de la commune de Wiltz avaient adressée à S. M. Guillaume II, leur bien-aimé Roi Grand-Duc : cette pièce se distingue particulièrement par son style

élégant et sa phraséologie aussi coulante qae correcte.

Eut cïtïL — Note* e«mM*aiq«&*. — Mémorial du Graod-DacW. 1849 , 611. — AreWre* de la ContmuaioD dlnilrnctioa. — ArckiTei dn GoBverneaent — Titru p«n«M«U> — SebaUxU, 1* luéc, H» «{ «t «• *mde, 1849, 117, - Archive, commumle* de WilU.

BERNARD, Pierre, fils de Jacques Bernard et de Catherine Hintgen, propriétaires très-aisés , est né a Gnirsch daos le Luxembourg belge, au canton d'Arlon, le 19 janvier 1782.

Le jeune Bernard n'était âgé que de trois ans lorsque ses parents allèrent s'établir à l'entrée de la ville d'Arlon , à l'endroit même où la Semoy prend sa source. Ils y bâtirent une tannerie et l'exploitèrent.

Dès son enfance Bernard manifesta les dispositions les plus décidées pour la vie religieuse. Doué d'une intelligence précoce et ayant reçu déjà vers Page de sept ans, comme cela se pratiquait à cette époque, le sacrement de confirmation des mains de Févêqued'Ascalon, suffragant de Trêves, on le vit dès lors se distinguer parmi tous les enfants de son fige , à l'école par son application et ses progrès, à l'église par son assiduité et sa tendre dévotion. Son plus grand plaisir était de servir la messe et d'aider à orner les autels; aussi remarquait-on déjà en lai an ardent désir de se consacrer un jour à Dieu dans le sacerdoce.

Malheureusement les temps n'étaient nullement favorables aux études qti mènent à l'état ecclésiastique : d'un côté la révolution française avait pénétré dans le pays et tari les sources de ces études par la suppression des couvents et la persécution do clergé ; de l'autre, les parents du jeune homme réclamaient sa coopération aux travaux de la tannerie qui les faisaient vivre ainsi que leur nombreuse famille.

Pea à peu la persécution se ralentit et Pierre Bernard put recevoir quelque instruction en se rendant tous les soirs après le travail chex un ancien père carme réduit

à tenir école. Croissant, dit son biographe, en âge et en sagesse comme son divin modèle , il se montrait partout fervent chrétien, et se prononçait ouvertement en toute occasion contre le blasphème et les désordres moraux.

Un incident vint momentanément changer sa situation. Un jour le commissaire du gouvernement français résidant à Arlon demanda au père carme de lui procurer deux jeunes gens de bonne conduite et ayant une belle écriture, pour être employés comme copistes ou commis dans ses bureaux. Le choix tomba sur Bernard et sur un de ses amis ; mais au bout de quelque temps ce compagnon s'étant laissé attirer par l'appât des biens ecclésiastiques , dits bitnt noirs qui se vendaient alors à vil prix, Pierre Bernard se sépara de lui à jamais, et bientôt après il quitta les bureaux du commissaire, croyant que sa conscience ne lui permettait pas même de se faire le copiste des actes de spoliation qui se commettaient dans ces tristes temps.

Il reprit donc ses occupations à la tannerie paternelle ; mais poursuivi sans cesse par Tidée d'embrasser l'état ecclésiastique, pour lequel il se sentait une vocation irrésistible, il cessa tout-à~conp de travailler ; et, comme sorti d'une profonde méditation, il s'écria d'un ton décidé : « Mes amis «c'est fini, je m'en vais étudier pour me n faire prêtre. » Ses parents approuvèrent sa résolution que du reste ils avaient depuis longtemps prévue , et le même jour H fit ses adieux à la maison paternelle et partit.

Il ne nous a pas été donné d'apprendre où il a fait ses humanités ; toujours est-il établi que le 13 novembre 1801 il était à Liège, d'où il se rendit vers cette date a Louvain pour s'affilier à l'ordre des Jésuites, dans une congrégation nouvellement formée sous le nom de la foi de Jcsus, congrégation destinée à être le noyau de la Compagnie d'Ignace de Loyola dans les pays catholiques lorsque celle-ci pourrait être rétablie.

Toutefois et malgré cette affiliation il paraît que Bernard acheva d'abord ses études dans son pays; car un peu pins d'un an plus tard il était élève en théologie au séminaire de Metz. Devenu prêtre il ne lui fut plus possible de suivre sa tendance pour être admis Jésuite : Paccanari, qui avait établi la congrégation religieuse dont nous avons parlé, avait disparu, et son association n'avait plus qu'une existence précaire. Quelques-uns de ses membres étaient entrés dans la compagnie de Jésus rétablie seulement pour la Russie par Pie VU en 1802 ; les autres attendaient des temps meilleurs et les virent enfin arriver lorsque le même pontife, par sa bulle solennelle du 7 août 1814 rétablit l'ordre des Jésuites dans tout l'univers. Pour Bernard, son désir de faire partie du corps ne fut accompli que quatorze ans plus tard.

Nous avons dit qu'en 1804 il se trouvait au séminaire de Metz où il reçut le 24 mai la tonsure et les ordres mineurs, et le lendemain le sous-diaconat , des mains de l'évéque P.-F. Bienaymé dont il était diocésain. L'année suivante il fut promu au diaconat et le 22 mars 1 806 à la prêtrise : il avait alors à peine accompli sa vingt- quatrième année, âge requis pour être élevé au sacerdoce.

L'empire français était alors à l'apogée de sa gloire, et rien ne donnait lieu d'espérer le rétablissement prochain des ordres religieux. D'ailleurs le jeune prêtre comprenait combien il était convenable qu'il rendit avant tout dans son diocèse les services que son évêque pouvait réclamer de lui, surtout dans un temps où, par suite de la fermeture des séminaires et de la loogue persécution du clergé, la pénurie des ministres des autels se faisait vivement sentir. Il fut donc immédiatement envoyé comme vicaire a Thion ville, et y exerça le saint ministère avec autant de prudence que de zèle. Au bout de trois ans, en 1809, son évêque ayant reconnu tout le bien qu'il y faisait, jugea qu'il en ferait encore davantage dans son

pays natal, où l'on partait les deux laogues, française et allemande, et qu'en particulier, en sus de l'accomplissement de ses devoirs sacerdotaux il y trouverait le moyen et le temps de former quelques nouveaux élèves pour le sanctuaire qui en manquait toujours.

En effet, à peine fut-il installé a Arlon en qualité de vicaire, qu'il annonça son dessein de donner des leçons aux jeunes gens qui se sentaient disposés à embrasser l'état ecclésiastique : il en réunit un certain nombre et les forma si bien à la science et à la vertu que la plupart devinrent ensuite des prêtres aussi instruits qu'édifiants et zélés.

Ces anciens disciples ont conservé pour leur maître une grande vénération : ils le regardaient comme un saint; ils mettaient un soin extrême à profiter de ses leçons et suivaient ses avis avec la plus grande docilité. Les habitants d'Arlon nourrissaient pour lui les mêmes sentiments. « Quand «il prêchait, dit ton biographe, on aurait « entendu voler une mouche dans l'église, «tellement on se tenait tranquille pour « l'écouter. » Le soir il allait visiter ses malades , et souvent il priait des heures entières auprès du lit d'un moribond. Il circulait fort tard dans les rues pour faire rentrer chez eux les jeunes gens et les filles : tous avaient conçu de lui une crainte religieuse qui leur commandait l'obéissance j enfin tons ceux qui l'ont connu ne tarissent pas en faisant son éloge.

Cependant des événements inattendus avaient changé la face de l'Europe , et le Luxembourg ayant cessé de faire partie de la France, Bernard, après neuf ans de services diocésains se crut plus que jamais libre de suivre son inclination qui l'appelait à la Compagnie des Jésuites.

Un noviciat existait depuis peu au château de Destelbergen près de Gand sous la direction du P. Fonteyne: il s'y rendit et y fut admis le 27 octobre 1815. Il s'y montra tel qu'il avait été dans le monde, assidu a toutes les observances de la règle, détaché de lui-môme et intimement uni a

Dieu par la prière , et surtout pratiquant en toute occasion cette sainte conformité à la volonté divine qui dès lors fut toujours sa vertu caractéristique. Comme Dieu te veut , était sa maxime favorite , et il s'habitua tellement à se la répéter qu'elle paraissait le rendre insensible à tout ce qui aurait pu le contrarier, comme plus tard elle le fit supporter avec une inaltérable patience les douleurs et les infirmités qui achevèrent de le placer en réputation de sanctification.

Le 7 juin 1816 la force armée vint, par ordre du gouvernement , sommer les jésuites de quitter à l'instant le château de Destelbergen et de se disperser. Dans la prévision de cette mesure administrative, l'évéque de Broglie était venu lui-même peu auparavant les inviter à se réunir, le cas échéant, dans son palais épiscopal dont il mettait tout un étage à leur disposition : ils s'y réfugièrent. Mais comme il n'y avait pas assez de place pour les loger tous, plusieurs furent envoyés dans les villes de la Hollande où les catholiques avaient des prêtres missionnaires. Le P. Bernard, quoiqu'encore novice de la première année , fut jugé si ferme dans sa vocation et si solide dans la pratique des vertus religieuses que ses supérieurs l'envoyèrent seul à Lallaye auprès d'un prêtre séculier français, l'abbé Flament, jadis bibliothécaire du roi Louis Bonaparte, pour l'aider dans la desserte de la chapelle catholique de l'ambassade d'Espagne. Il y demeura plusieurs années, partageant entre la prière et l'étude le temps que lui laissait l'exercice du saint ministère. Plus tard d'autres pères s'y établirent, et ce fut ainsi que se forma et se consolida la mission des Jésuites à LaHaye où l'on voit actuellement l'nne des plus belles églises catholiques de la Hollande, bâtie sur les plans de l'architecte Suys père, de Bruxelles.

En 1818, les Jésuites belges, chassés de leur dernier refuge avec ordre de se retirer dans leurs familles, prirent une mesure extrême pour rester fidèles à leur

vocation : ils s'expatrièrent , à l'exception de deux ou trois pères qui restèrent isolés dans le pays. La plupart se rendirent en Suisse où la Compagnie était admise. Ne pouvant obtenir des passeports ils franchirent à pied la frontière de France et arrivèrent au collège de Brig dans le canton du Valais. Quelque temps après , les Jésuites dispersés dans les Pays-Bas et dans l'Allemagne septentrionale ayant été soumis à la juridiction du supérieur-général des missions suisses avec lesquelles ils formèrent plus tard une province de l'Ordre, le père Bernard fut appelé à Brig vers l'au 1822. Cette même année le P. Rootbaan, qui fut depuis général de l'Ordre, fut chargé de prêcher la mission en allemand dans les bourgades du Haut- Valais, et le P. Bernard fut l'un de ceux qu'où lui donna pour compagnons. Quoique son organe fût faible , il ne laissa pas de toucher vivement son auditoire aussi bien par le feu de ses paroles que par le maintien modeste et religieux de sa personne , et contribua pour sa part au succès tout a fait extraordinaire qu'eurent ces différentes missions.

Le P. Bernard continua à exercer le ministère évangélique à Brig ; mais sa santé s'étaat notablement détériorée par suite de l'âpreté du climat , on l'envoya au collège de Sion où l'air est beaucoup plue doux.

Pendant l'été de 1824 le provincial ayant résolu d'entreprendre un long voyage en Allemagne, en Hollande et en Belgique, pour visiter ses subordonnés, le P. Bernard fut désigné pour être tout à la foie son compagnon, son secrétaire et son économe. A son retour ses supérieurs ayant remarqué sa grande aptitude à l'économat, lui confièrent immédiatement l'emploi de procureur du pensionnat qu'on venait d'ouvrir à Brig: il l'exerça deux ans de suite. Dana cet intervalle , on l'admit aux derniers vœux prescrits par les règles de rOrdre, le 1S août 1826.

Oa Teuvoya ensuite ouvrir un collège de commençant* à Estavayer, petite ville

du canton de Friboorg. Il y fut d'abord simultanément supérieur et professeur; mais dès l'année suivante on établit dans cette maison un noviciat; bientôt oa y bâtit une église, et le P. Bernard fat chargé en même temps des fonctions de procureur, de préfet des classes , de père spirituel et de confesseur pour le public. Sa procure, bien que plus compliquée que celle de Brig, était tenue avec le même soio ; comme préfet il ne manquait pas un seul jour d'être présent a l'entrée et à la sortie des élèves, et les visitait souvent dans leurs demeures; enfin, par suite de la vénération et de la confiance qu'il inspirait il avait un confessionnal très fréquenté et y passait chaque jour un temps considérable; en un mot il s'acquitta à Estavayer de ses différents emplois avec son zèle accoutumé pendant environ sept ans, c'est-à-dire tout le tempa qu'il demeura encore en Suisse.

Enfin, le 13 septembre 1833, le P.

Bernard quitta Estavayer , et après s'être arrêté quelque tempa à Friboorg il arriva au collège d'Alost où il devait passer les viogt-sept dernières années de sa vie à remplir les offices de procureur, de confesseur du peuple et de père spirituel de ses confrères.

Ici plus d'événements variés, mais une vie constamment uniforme, retirée en Dieu et dévouée au prochain. A peine avait-il mis dans sa procure Tordre auquel il s'était habitué de longue main, qu'il se fit un règlement de vie tel qu'il ne perdit pas une minute du temps qu'il pourrait consacrer successivement à la prière, a l'étude et au saint ministère. Il suivait avec la plus grande régularité les exercices de la communauté; mais pour gagner du temps, tout en se levant avant les autres à quatre heures du matin, il obtint de ses supérieurs la permission de dîner après la table avec les frères qui la servent, et de retarder son souper jusqu'après dix heures du soir: il prenait alors avec un verre d'eau quelques restes de pommes de terre que le cuisinier laissait au four

quand on allait se coucher, et ne se met* tait guère au lit que vers minuit. Il donnait pour motif de ce régime, qu'ayant habituellement l'estomac faible , les pieds malades et la marche pénible , il était obligé de mener une vie sédentaire et frugale ; qu'il prenait en cas de besoin quelques instants de repos pendant le jour, et que par la sobriété il se conservait et prolongeait la vie.

Chaque année il se composait un calendrier de douze pages, contenant sur chaque page, en huit colonnes verticales, les jours du mois, ceux de la semaine, l'intention à laquelle il célébrait la messe, le nombre des confessions qu'il entendait chaque jour , celui des confessions générales, celui des visites à ses malades, etc., enfin une large colonne d'observations oit il annotait entre autres les noms de ses malades au jour qu'il Ie3 faisait administrer et au jour de leur décès, les noms de ses supérieurs à leur entrée en fonctions, les noms des confrères dont on lui annonçait le décès et de ceux qui venaient le visiter en passant, par Alost.

Il ne sortait que pour la visite journalière à ses malades. Au collège il se tenait constamment a sa chambre pour travailler, ou à l'église pour prier ou confesser. Son confessionnal devint en peu de temps très fréquenté, surtout par les pauvres, les campagnards et les pécheurs qui désiraient se couvertir. « Il savait si bien , dit son «bioqraphe, ramener à Dieu les Ames « égarées, il les écoutait et les interrogeait « avec une si aimable patience , les lais- «sant revenir aussi souvent qu'ils le dé- « siraient, enfin il les exhortait si vivement « au repentir, qu'on disait partout , qu'a- «près avoir fait une confession générale «auprès du P. Bernard, il n'y avait plus « à s'inquiéter des péchés passés. •> Aussi accourait-on à lui , non seulement de la ville et des environs, mais de plusieurs lieues à la ronde. Tous les jours de la semaine il passait plusieurs heures au confessionnal; les veilles des jours fériés il y restait jusqu'à dix heures du soir, et

les dimanches et fêtes jusqu'à l'heure de midi ; de sorte qu'après le dîner on donnait encore la communion à des gens qui avaient attendu leur tour de confession depuis le grand matin.

Ver» 1849 les forces du P. Bernard commencèrent à baisser, au point que ses supérieurs jugèrent à propos de le décharger des soins de la procure. Cette même année il eut pour la première fois les pieds endoloris au point de ne pouvoir se rendre au confessionnal. Pour ne point perdre ce temps il l'employa à faire sa retraite annuelle de huit jours; mais soit la fatigue de ces exercices, soit toute autre cause, à peine l'eut-il achevée qu'il lit une maladie qui le retint au lit pendant trois semaines.

Deux ans plus tard il eut longtemps à souffrir d'ulcères atoniques aux jambes et qui le mettaient souvent à l'impossibilité de faire un pas : son estomac déjà bien faible ne digérait presque plus; en On il était dans uu tel état de marasme qu'il se croyait arrivé à la fin de ses jours. Il se rétablit cependant peu à peu mais sans recouvrer ses anciennes forces ; il resta plus ou moins languissant et hors d'état de se livrer à ses travaux ordinaires. Comme il s'affaiblissait insensiblement, il crut ne devoir cesser de s'occuper de la mauièrt qu'il croyait la plos utile pour sa sanctiGcation. 11 avait du cesser ses visites ordinaires aux malades, surtout depuis que la difficulté qu'il avait de marcher l'eut fait tomber différentes fois au milieu des rues; bientôt il fut pris d'une surdité qui l'obligea de renoncer même au confessionnal.

Il demanda alors à ses supérieurs et obtint la permission d'employer les heures de son loisir à restaurer et à recueillir les brochures de la bibliothèque de la maison, et d'aller assister tous les jours au salut du Saint-Sacrement à l'église paroissiale. Une bonne partie de son temps était consacrée à la prière, une autre à la lecture qu'il faisait parfois en se promenant à pas lents dans la cour des élèves. Il arriva ainsi le 29 janvier 1859, jour au-

quel en tombant à terre tout de son long il se fractura la jambe et se vit désormais complètement privé de tout usage de cette partie dn corps. Il demeura dans cet état pendant vingt mois, gardant presque constamment le lit , et faisant d'inutiles efforts pour se tenir un instant debout lorsqu'on le relevait pour le mettre dans son fauteuil ; du reste il était sain de corps et d'esprit, et passait son temps à prier , à lire ou à recevoir les visites des pères et des élèves que conduisait auprès de lui le désir de s'édifier, tout autant que la charité fraternelle.

Au commencement de septembre 18fi0 il fut atteint d'une attaque d'apoplexie qui lui paralysa tout le côté gauche. Le 16 du même mois son état s'aggrava et le 29 suivant à 5 heures du matin, un dernier souffle respiratoire, presqu'imperceptible, mit fin à sa vie de 78 ans, huit mois et dix jours , dont 45 avaient été passés dans l'ordre des Jésuites.

Toutes les personnes qui ont connu le le R. P. Pierre Bernard attestent que pendant toute sa vie il a été un sujet d'édification, ne cherchant en toutes choses que la gloire de Dieu et le salut du prochain.

11 avait une tendre dévotion envers le Sauveur dans l'Eucharistie, et passait des heures entières à prier dans l'église lorsque ses occupations le permettaient. Tant qu'il le put il ne laissa pas un seul jour de dire la messe. Les dernières années de sa vie il devait souvent attendre fort tard avant de pouvoir remuer ses jambes; et malgré cela il restait h jeune jusqu'à ce qu'il se sentit la force de marcher jusqu'à l'autel et de s'y tenir debout. Quand ses infirmités le retenaient dans sa chambre il avait soin de se faire administrer la communion, et pendant tout le temps qui se passa depuis sa chute il ne manqua presque pas un seul jour de communier. Il regrettait alors vivement de n'avoir plus le bonheur d'offrir lui-même le saint sacrifice, toutefois en se disant toujours : « Comme Dieu le « veut. »

Il avait en outre une vénération singulière envers la vierge Marie. Tous les jours il récitait le rosaire en son honneur et se préparait à ses fêtes avec uu soin tout particulier.

Autant il aimait Dieu et le prochain pour Dieu, autant il avait de mépris de luimême. Il se croyait un ouvrier inutile et indigne des soins qu'on prenait de lui. Il cherchait avec une certaine avidité à se nourrir des restes de la table. Des cuisiniers ont attesté que , soupant fort tard à la cuisine, au lieu de prendre ce qui lui était destiné , il se nourrissait souvent de ce que les pauvres n'auraictit pas voulu. Un jour quelqu'un lui demanda ce qu'on ferait de lui si des émeutiers, à l'occasion des discussions si orageuses sur la loi de la bienfaisance publique , envahissaient la maison : « Qu'on me jette dans la Dendre », fut sa réponse. Il balayait lui-même sa chambre, faisait sou lit, nettoyait sa lampe, préparait son feu et ne souffrait pas qu'un autre vint lui rendre aucun de ces services que la règle des Jésuites permet de rendre aux religieux avancés en âge ou livrés à des occupations plus importantes. Dans la maladie, tout était bien pour lui, il prenait les potions les plus désagréables sans la moindre répugnance et ne se plaignait jamais de rien. Il fut toujours un modèle d'obéissance.

Lorsqu'il eut rendu le dernier soupir ou exposa son corps revêtu des habits sacerdotaux dans une vaste salle à l'entrée du collège. C'était un samedi, jour de marché. Aussitôt la salle fut encombrée de visiteurs qui venaient lui faire une dernière visite et touchaient encore, par vénération, des chapelets, des bijoux et même quelques militaires leurs décorations à ses restes inanimés, tant l'opinion publique était convaincue de la sainteté de ce vertueux vieillard.

A son inhumation au cimetière d'Erembodegem , des milliers de personnes de tout rang assistèrent au cortège, autant pour obtenir l'intercession du défunt que pour honorer sa dépouille mortelle.

Eut civil de Gnirsefc. — A. Vah Itccatv, Notice sur le Révérend Père Pierre Bernard, de la Compagnie de Jéaut; Alott, 1801; in-8». 3» pages. - Notes communiquée*.

BERTRANG, François, fils de Jacques Bertrang, instituteur primaire, et de Barbe Rediog, est né à Ingeldorf, commune moderne d'Erpeldange au canton de Diekirch, le 25 juin 1823.

Entré pour ainsi dire dès le berceau dans la carrière de l'instruction publique, le goût de l'étude et l'amour de la science s'éveillèrent de bonne heure dans l'esprit du jeune Berlrang qui se distinguait toujours parmi ses camarades par son application et par ses étonnants progrès. Son père , un des meilleurs instituteurs de cette époque, nourrissait soigneusement cette rare intelligence et aimait à se bercer de l'idée de faire de ce ûls chéri un instituteur distingué. Et en effet, les capacité* extraordinaires de ce dernier , jointes à son application sans exemple, ne pouvaient pas le tromper : François Berlrang profitait tellement des leçons de son père qu'à peine Agé de douze ans il savait déjà parfaitement la grammaire élémentaire française et allemande, ainsi que l'arithmétique proprement dite, de manière à pouvoir convenablement remplacer son père dans ses leçons privées. Mais ces connaissances élémentaires ne suffisaient pas a son désir de savoir ; il voulut aller plus loin , très loin dans le vaste champ de l'instruction. Comme il était doué d'une aptitude très grande pour les sciences exactes, son père lui procura des manuels d'algèbre, de géométrie , de physique et de chimie que le jeune homme étudia avec tant de constance et de zèle que, sans guide comme sans professeur il savait à l'âge de 20 ans ces sciences aussi loin qu'elles sont enseignées à l'athénée de Luxembourg dont il avait même dépassé le programme. Il cultivait en outre et avec non moins d'application et de succès les sciences naturelles , les langues savantes , l'histoire et la géographie, au point qoe M. Coune, préfet des études à l'Athénée d'Anvers a

pu dire de lui avec vérité dans son éloge funèbre : « Mathématicien profond , Béret trang n'était pas un savant exclusif ; il « aimait la littérature , la philosophie et «l'histoire, et en parlait très pertinem- « ment. » Bertrang se distinguait également par ses connaissances linguistiques , et savait aussi bien manier la plume que faire jouer les lettres algébriques et les figures géométriques : Son plan d'études pour ses loisirs portait tantôt une leçon de mathématiques suivie d'une leçon de latin ; tantôt une leçon de physique ou de chimie suivie d'une de grec; les leçons d'allemand et de français occupaient les dernières heures de la journée. 11 ne mettait pas d'interruption dans les études qui formaient son occupation continuelle. Son délassement journalier après la tenue de son école, c'était encore l'étude comme ses récréations du jeudi et du dimanche ainsi que ses excursions pendant les vacances. Rarement en effet il prenait part aux distractions ou aux amusements et aux plaisirs de la jeunesse. De là aussi ce sérieux imposant qui l'a toujours caractérisé.

Le père Bertrang regrettait depuis longtemps que ses moyens ne lui permettaient pas d'envoyer son studieux fils dans un établissement d'instruction d'humanités, lorsqu'une occasion favorable pour satisfaire les désirs du fils de même que ceux du père se présenta : En 1838 une section normale fut annexée au collège de Dickirch. Elle était destinée à former des instituteurs primaires pour la partie allemande du Luxembourg. Afin d'y appeler des élèves, la commission directrice accordait des subsides , qui provenaient de collectes particulières. Informé de cette circonstance, le père Bertrang se bâta d'y faire admettre son fils qui , pendant les trois ou quatre semestres qu'il suivit les cours ne cessa de se distinguer par sa bonne conduite et ses progrès rapides. Rentré sous le toit paternelil fut immédiatement nommé instituteur à Sampont , commune de Hachy dans le canton d'Etalle. Il y resta deux ans, après lesquels, poussé par son avidité d'appren-

dre , il pria son père de l'envoyer encore pour quelque temps à la section normale attachée au collège de Virlon, parce qu'il désirait se perfectionner davantage dans la langue française qu'il affectionnait beaucoup. L'année suivante il se fit nommer instituteur à Sterpenich , où , agité du plus ardent désir de s'instruire , il voulut encore , malgré les observations de son père, fréquenter pendant uo semestre d'été, les cours de l'Athénée d'Arloo , fixant les leçoDS de son école aux heures matinales et au soir, aûn de pouvoir faire la course de quelques kilomètres pour se rendre à Arlon. C'est là qu'il arrêta la direction définitive de ses études mathématiques comme il parvint à vaincre toutes les difficultés qui s'étaient jusque-là opposées à son avancement.

Ce furent là toutes les études gymuasiales de Bertrang , si l'on peut donner ce nom à de courtes , quelquefois très superGcielles présences aux écoles normales : ce n'a dès lors pu être que son application privée et particulière qui a pu le mûrir pour le préparer à comprendre les leçons universitaires. Se croyant assez avancé pour pouvoir se perfectionner de lui-même à l'aide de bons manuels, il rejoignit sa famille; et, après une année d'interruption dans les fonctions d'instituteur, comme après s'être encore livré à d'assidus travaux en mathématiques et en littérature, il obtint en 1840 la place d'instituteur à Contern. Un peu plus tard fut érigé le contingent fédéral luxembourgeois, et le jeune Bertrang, fort en mathématiques , se déeida , à l'instigation de quelques camarades, à y prendre service, se berçant de l'idée que dans peu de temps il obtiendrait les épaulettes de Lieutenant. Mais quelques jours de séjour à la caserne d'Echternach suffirent pour le dégoûter d'une carrière pour laquelle il semble qu'il n'avait jamais eu de véritable vocation. Il revint donc chez son père , qui pour lors était instituteur à Sandweiler, et occupa en attendant auprès de lui le poste de sous-maitre jusqu'en 1845 où il obtint

l'école de Dudelange. II y continua comme il l'avait fait jusque-là, à se livrer constamment à ses études. Marié l'année suivante , la vie de famille loin de mettre fin à sou application , voir même de la ralentir seulement, ne faisait que lui inspirer de jour en jour plus de goût pour les études; et plusieurs fois on l'a entendu dire qu'il fallait qu'il devint professeur. La même année il remporta le premier prix , à la presque totalité des points, au concours tenu à Luxembourg en octobre entre les instituteurs du troisième rang. L'année suivante il obtint un brevet du deuxième degré après avoir subi son examen avec la plus grande distinction. Vint

1848 , année fatale aux écoles comme aux instituteurs. Bertrang, indigné de voir les maîtres d'école en butte aux vexations et aux tracasseries des communes, combattit noblement les adversaires de renseignement primaire , moins pour lui que pour ses collègues , car ses connaissances étendues lui disaient hautement que quelques années plus tard il occuperait la chaire professorale que depuis longtemps il ambitionnait. Aussi , dégoûté des fonctions d'instituteur primaire qui enchaînaient trop son esprit libéral, il prit le parti de sortir aussitôt que possible d'une carrière qui ne pouvait plus convenir ni à son caractère ni à ses connaissances étendues. Dans ce dessein il redoubla d'ardeur dans ses études , et se rendit capable de subir en

1849 l'examen de maturité avec les élèves de la première classe de l'athénée de Luxembourg , obtint son diplôme , donna sa démission et se fit, quelques mois plus tard, inscrire sur le tableau des élèves de l'université de Liège: Une circonstance est surtout remarquable dans sa réussite à l'examen de maturité , c'est que jamais il n'avait suivi un cours de langues anciennes. Il avait dès lors appris de luimême les langues grecque et latine !

Plein de confiance en lui-même, il remit sa femme et son fils entre les mains de ses beaux-parents et se rendit à Liège, avec la ferme résolution de par des efforts

suprêmes, terminer en peu de temps ses études universitaires et obtenir les honneurs du doctorat; et en effet, il sut si bien diriger ses travaux que le 16 avril 1851 il subissait répreuve préparatoire de philosophie ; le 6 août de la même année la candidature en sciences; enfin le 30 mars 1853, il était proclamé Docteur en sciences mathématiques et physiques, avec une grande distinction. « Ainsi, dit «M. Coune, dans son discours funèbre «que nous avons déjà mentionne", trois «ans et demi lui avaient suffi pour se « préparer au plus diflkilc de nos examens « universitaires. »

Arrivé au terme des espérances de sa noble ambition , Bertrang se hâta de rejoindre sa famille et ses vieux parents, sûr de trouver bientôt la place de professeur tant désirée par lui. Comme à celte époque le traitement du corps enseignant ne répondait point, dans le Grand-Duché, à la dignité de ces fonctions, Bertrang, qui était connu partout et admiré pour ses connaissances , prit le parti de demander la naturalisation belge. Il l'obtint et fut immédiatement après nommé professeur au collège de Virton (Janvier 1854) . En 1857 il était désigné professeur de mathématiques à l'athénée de Hasselt et quelques mois plus tard il obtint la môme chaire à celui d'Anvers (1858).

Bertrang, au comble du bonheur dont il était Tunique artisan, devait espérer pouvoir courir encore une longue carrière. Mais il comptait sans la Providence ! A peine arrivé à Anvers il ressentit les premières atteintes sérieuses d'une maladie qui devait le consumer. Depuis longtemps peut-être il avait porté le germe de cette affection de langueur , mais il en ignorait l'existence; il ne savait même pas qu'il était sérieusement atteint ; car quelques mois seulement avant sa mort il n'avait conçu que de légères appréhensions contre une maladie , disait-il , qui pourrait durer longtemps. « Cependant quelque poiagoantes que fussent ses souffrances, * continue M. Coune , jamais l'énergie de

«son caractère n'en parut affaiblie, ja- « mats son zèle ne se ralentit. Que de « fois n'ai-je pas dû lui reprocher son im- « prudence et le forcer a rester chez lui ! «Que de fois sur son lit de douleur, « n'ai-je pas dû lui imposer silence , quand « je le voyais consumer ce qui lui restait « de force , à me parler de la science , à « m'entretenir de ses classes et de ses « chers élèves ? » Pendant sa longue maladie Bertrang continuait ses cours, tant que ses forces épuisées le lui permirent. Vers la fin de novembre 1860 il dut y renoncer parce qu'affaibli et presque consumé il ne traînait plus qu'une vie pénible, qui s'éteignit le 10 mars 1861 , à l'âge de près de 38 ans seulement.

Les succès éclatants que Bertrang avait obtenus a l'université et les connaissances pratiques qu'il avait acquises comme instituteur primaire, faisaient de lui un sujet d'admiration générale. Ses supérieurs, ses collègues , ses amis , ses élèves , tout le monde enfin savait apprécier ses talents et ses mérites. « Professeur conscien- «cieux et zélé, dit M. Coune, nous l'a- « vons vu constamment dévoué à ses de- « voira, pendant les trop courtes années «qu'il a passées parmi nous, toujours «calme et maître de lui malgré la souf- « france , doux et affable pour ses élèves, «bon et affectueux pour ses collègues.

« Son cœur renfermait des trésors de rigide « loyauté , de franchise , de dévouement, «d'honneur et surtout d'amour pour sa fa- « mille. »

Revue de l'instruction publique ea Belgique; S* série, T. IV. avril 1861, p. 14» sqq. - Discours prononcé sur la tombe, par SI. Cocus, pr.fet de* études.-Etat civil de la ville de Oiekireb et d'Anvers.—Note* et renseig «émeute fournis par la famille. — Courrier du Grand- Duché. — Les journaux de U ville d'Anvers.

BLAISEL, Camille , marquis du, est né à Luxembourg , en 1771, d'une famille patricienne portant : écarlelé ; aux 1 et 4 d'hermines à six fusées de gueules, rangées en fasce ; aux 2 et 3 d'or , a trois bandes d'azur. Si nous conférons les dates,

nous ne serons pas éloignés d'admettre ce personnage comme fils de Antoine-Joseph-A uguste-Loois , comte du Blaisel , seigneur de la Neuville } de Praucourt , etc. , chevalier de Saint-Louis , maréchal des camps et armées du roi de France, colonel de ses gardes du corps , compagnie écossaise , etc , et de Marie-Barbe- Josèphe , baronne d'Huart , dame de Rédange, laquelle , mariée le 10 septembre 1769, est morte le 27 juillet 1772, et repose sous une tombe en marbre , dans l'église d'Ober-Korn, commune de Differdange.

Quoiqu'il en soit , Camille du Blaisel entra à l'âge de 18 ans en qualité de lieutenant dans le corps- franc-verd dit de London autrichien. En 1791 il fut nommé premier-lieulenant des volontaires O'Donell et la suivante transféré dans les chasseurs Le Loup. Aux escarmouches entre les avant-postes près de la Croixaux-bois, le 14 septembre 1792, où du Blaisel obtint comme on dit le baptême du feu et montra le plus courageux sangfroid, un biscayen lui fracassa le bras gauche. Dès que sa blessure fut guérie il se hâta de rejoindre sa compagnie et trouva à l'assaut de Valenciennes , le 25 juillet 1793 , l'occasion de gagner la croix de Marie-Thérèse qui lui fut décernée le 7 juillet 1794: II avait été détaché avec 25 chasseurs vers le général anglais Abcrcromby , et s'avançant à la tête de sa colonne il fut an des premiers à sauter pardessus les palissades , a pénétrer dans le fossé , à s'emparer de l'ouvrage près de la porte de Mons avec les trois canons qui s'y trouvaient braqués et enfin à se retirer de nouveau dans le fossé, sur des ordres supérieurs et à garder son posle jusqu'à ce qu'il en fut relevé. An mois d'août de la même année il fut nommé capitaine et assista avec ce grade à la campagne du Rhin de 1795. Au mois d'octobre 1796 il fut transféré dans le bataillon des artilleurs-fusiliers. Pendant la seconde guerre contre la France , en septembre 1799, du Blaisel obtint son

congé avec le rang de major et se retira à Prague où il mourut le 24 juillet 1803.

UiaTtxrELO, Dcr militer Maria-ThereiieD-Ordea, I, 431; II, 1757. — IViykn, Histoire de la teigne urie-baronie «le Jamoîgne et de aea icigurarf. — Eut cWil de la ville de Laiembottrg.

BLANCHART, Blanckart ou Blanquard, la famille de. — Biographie, T. I, p. 74. — Il résulte de renseignements positifs que nous avons reçus depuis l'impression de cet article, que nous avons versé dans une erreur lorsque nous avons admis d'après le nobiliaire de Robens, cité parmi nos sources, que les Blanchart de France, de Lorraine et du Luxembourg auraient une source commune avec ceux dits d'Abrweiler ou d'Odenhausen.

Ces deux races ne sont aucunément parentes et elles portent même des armes tout à fait différentes ; l'une ayant, comme nous l'avons dit dans le texte : d'azur au maillet , marteau guerrier ou masse d'argent , posé en bande ; tandis que l'autre blasonne: d'or, écartelé; aux 1 et 4 à l'aigle simple de sable ; aux 2 et 3 à quatre pals, également de sable.

Le passage concernant est dès lors à rectifier dans ce sens.

13 LIER, Nicolas de, né à BUer, commune d'Amonimes an canton de Marche, pendant la seconde moitié du seizième siècle. On voit encore au petit village de 80 âmes environ, où il a vu le jour et qui lut a donné son nom , le château flanqué de tourelles antiques, dans lequel il faisait sa résidence et que vraisemblablement il a fait construire.

Nicolas de Blier fut la souche d'une famille anoblie dans sa personne, pour services militaires. Les patentes en date 20 juillet 1618, donnent sur ses faits d'armes tous les renseignements que noos sommes parvenu à colliger. Nous allons en donner l'extrait concernant : Nicolas de Blier, seigneur dn dit lieu, capitaine et prévôt de la terre de Durbuy, avait servi pendant vingt-cinq ans dans la cavalerie espagnole aux Pays-Bas, d'abord comme simple

soldat, puis et successivement comme cor- Nicolas de Blier, dont trois frères — l'un

nette, lieutenant et enfin capitaine d'ar- avec le grade de capitaine de cuirassiers

quebusiers à cheval pendant sept ans et —avaient également péri au champ d'hon-

jusqu'à ce que ponr ses mérites il a été neur , avait précédemment , c'est-à-dire

nommé capitaine de cuirassiers. 11 s'est le 9 juin 1612, obtenu en sa faveur l é-

en toutes circonstances distingué par son rection des villages de Blier et Haseille

sangfroid , son courage et sa prudence, en seigneurie foncière, même dans les plus grands périls, les Par Lettres du 28 janvier 1625, le

guerres, les expéditions etc. Plusieurs fois môme personnage fut nommé Lieutenanl-

aussi il réussit à amener heureusement des général de cuirassiers , pour la présente

renforts aux garnisons dans des villes as- guerre et sous les ordres du prince de

siégées ; dans d'autres occasions il se dis- Barbançon. Il y est titré de « Capitaine

tingua en montant parmi les premiers à «des chevaux cuirassiers entretenus en

l'assaut, par exemple devant Cambray et «cette armée de S. M., aussi capitaine-

à Anvers où il forma la tète de file et «prévôt, gruyer et receveur du château,

parvint à se maintenir jusqu'à ce qu'il eut «terre et seigneurie de Durbuy. » reçu l'ordre formel de se retirer pour Nous n'avons pas trouvé la date du

marcher contre le château de Saint-Riquy décès de ce vaillant capitaine, dont il s'empara au péril de sa vie et Lettre-patente d'.ooblia.cmc.t; »rcb. du «ége

fit le gouverneur prisonnier après avoir des aoblee. » Luxembourg. -Nobiliaire de* Part.

taillé en pièces la cavalerie et l'infanterie Bna «* de B°"«,e°fi»c, i, iJ3.-L««Mc»ûck.-v*ii. ennemies. Il fut aussi à l'expédition de Dic,i°»n e^. d« Luxembourg 5. l'île de Bommel où, après que l'armée se BOEVEK, Roger-Gérard, né à Weisfut retirée à Groot-lyt, il empêcha, seul wampach, le 19 juin 1772, était fils de avec sa compagnie , l'ennemi de le sur- Dominique Bœver et de Marie-Marguepreudre. Il assista aux deux sièges de rite Karier. Il était dans la Heur de l'âge Bois-le-Duc — pendant le premier desquels lorsque l'échaffourée qui a reçu et rcteil entra dans la ville porteur de lettres nu le nom de Klœppel-Krieg ou guerre de créance, à travers le camp ennemi — des paysans, fut suscitée contre les conà celui d'Ostende, au secours de l'Ecluse, quérants français en 1796. Plein d'en- À Jeampelhouck il maintint seul un poste thousiasme pour ce que lui et ses a dépendant deux heures malgré que la plupart rents nommaient la bonne cause, la cause des hommes de sa compagnie eussent péri de la foi et de la religion , il se mit en et que lui-même eût reçu une blessure devoir de prêcher la résistance et fut grave. Il aida également à la prise de assez heureux pour réunir à ses vues un Wachtendonck , à Groltrakau, Soehum, grand nombre de partisans. Un jour, Oldenzee), Rymbergh ainsi qu'en plusieurs pendant qu'il pérorait , une femme lui autres actions, et montra toujours la plus ayant fait observer l'irréflexion qui le constante fidélité pour sou drapeau comme dominait , en disant que si deux cents la valeur la plus intrépide. Français seulement marchaient contre eux En récompense pour tous ces émincnls ils auraient bientôt fini d'eux , il reponservices, l'infante Isabelle-Claire-Eugénie dit: Cela n'y ferait rieu, nous mourrions l'anoblit, lui et ses descendants en légal pour la foi! — Avec de tels sentiments mariage, au port d'armes: «d'argent, il ne put manquer d'obtenir un grade « à trois fasces d'azur ; au premier canton élevé dans cette armée improvisée , sans « d'or à une rose de gueules soutenue do tactique comme sans expérience , et il « sinople et boutonnée d'or. Heaume : fut nommé commissaire ou capitaine de « une toque ; hochements d'argent et d'à- l'escouade des Weisvvampachois. Mais son « zur. » commandement fut de courte durée : pen-

dant la marche avec ses hommes Ter» Hosingen il abandonna cheval et fusil à Marnach , et partit pour Cologne où il alla terminer son cours de philosophie au collège dit de Saint-Laurent , comme nous le prouve un certificat daté du 10 décembre de la même année 1796. Il faut admettre dès lors qu'il avait fait ses humanités chez un curé des environs, vraisemblablement chez Lamberts (v. son art.).

Quoiqu'il en soit, le 30 août 1797, il obtenait le degré de candidat en philosophie au même établissement et le 2 septembre , toujours de la même année un certificat très flatteur pour la théologie ; cependant il ne fut ordiné qu'en 1801, également à Cologne. Revenu dans sa patrie où le calme était rétabli, il fut successivement nommé vicaire à HofTeld et à Binsfeld. Transféré le 7 juin 1811 à la paroisse de Stras-IIoscheid il y fonctionna en qualité de desservant jusqu'en 1845, c'est-à-dire pendant 34 ans. Parvenu à l'âge de 73 ans et cassé par les infirmités, il prit sa retraite, mais il continua à résider dans sa paroisse jusqu'à son décès arrivé le 14 mai 1850.

Le curé Bœver s'est rendu recommandable non seulement par son zèle pour le bien moral de son troupeau mais aussi par les soins particuliers qu'il donnait aux pauvres. A son arrivée à Iloscheid, il n'y avait encore à l'endroit dit Dickt qu'une seule baraque ; le nombre des habitations s'étant accru assez considérablement depuis, il voulut que leurs habitants pussent profiter pour leurs enfants des bienfaits de l'instruction publique et il acquit de sa bourse une maison avec une pièce de terre, pour en faire une maison d'école avec habitation de l'instituteur et un jardin. D'un autre côté, l'église de Uoscheid était devenue trop petite à cause de l'augmentation de la population, il parvint par ses exhortations à la faire rebâtir, contribuant pour une bonne part aux frais de cette reconstruction en 1834, de même qu'à celle du presbytère. La

grande cloche, les autels et la chaire ont été acquis par lui.

Enfin , par testament olographe du 8 février 1849, le vénérable curé Bœver a déclaré son église et les pauvres de son ancienne paroisse héritiers universels de tout ce qu'il délaisserait à sa mort: cet acte porte que, ayant pendant sa vie donné à sa famille tout ce qu'il pensait lui devoir en conscience , il voulait se ménager un bon souvenir de la part de ses ouailles en leur abandonnant le surpins. Ce legs , que lui-même il estima , article par article , monte à une somme de trois mille trois cent et soixante-quinze francs , le tout outre le produit de la vente de ses meubles et effets , obligations, etc.j avec laquelle somme il ordonna la fondation d'une première messe pour tous les dimanches et fêtes de l'année ; l'excédant est destiné à l'acquisition de livres et d'objets d'habillement pour les enfants pauvres. En terminant il déclare faire abandon à ses débiteurs des sommes qu'ils peuvent lui devoir pour honoraires pastoraux , à la condition qu'ils confessent ne pouvoir s'acquitter sans faire tort à leurs affaires.

L'acceptation de ces donations a été autorisée en faveur de la fabrique et du bureau de bienfaisance, par arrêté royal grand-ducal du 4 avril 1851.

Le curé Bœver, comme du reste son testament le prouve suffisamment, fat toujours économe, travaillant même aux champs, non par avarice comme on s'est souvent plu à le dire, mais pour sa santé et afin de se donner une occupation active pendant les heures où l'étude et la prière ne demandaient pas son attention. Hospitalier, franc , gai et affable envers tous, on lui a quelque fois reproché des saillies assez mordantes ; mais ces propos ne visaient jamais à blesser ses interlocuteurs ; elles ne venaient que de son caractère ouvert qui n'a jamais su feindre , ni taire les travers qu'il observait. Aimé de ses otailles autant qu'un véritable pasteur peut

l'être, sa mémoire est restée vivante dans le cœur de ceux qui l'ont connu ; et ceci est si vrai que nous-méme , dis ans après sa mort , nous avons vu couler des larmes des yeux de plusieurs de ses paroissiens pendant que nous les questionnions sur lui afin de vérifler la véracité des renseignements qui nous avaient été livrés.

ftenaeignement* fourni». — Acte* et titres dn eoré BceTcr.— Son Uatameut en l'étude dn notaire Didier» HoIIenfelU, de Diekirck, année 1880, N° 00.— Arckirea eommanalrt, dabureia dt bienfaisance et

Kletppclkrieg. 41 et «5. — Directoire» de» année» concernante».— Etat civil de IVeiawampach.

BOLAND , Maximilien t Baron de , fils de François-Albert, Baron de. Boland de Kulseg , seigneur de Suite , Mont-St.-Jean ou Dudelange, etc., et de sa première femme Caroline -Marie- Anne , baronne Beyssel de Gymnich, est né à Luxembourg, le 16 juin 1751.

Maximilien Baron de Boland avait un frère , Jean-Guillaume , qui fut chanoine de N.-D. à Tournay , et deux sœurs, Madelaine, d'abord ebanoinesse à Boucboltz, ensuite mariée successivement au comte d'Albados pois au baron de Klein. Nous n'avons aucune notion sur Maximilien de Boland jusqu'au 8 avril 1792, où l'empereur François II le nomma conseiller de Courte-Robe au Conseil-Souverain de Luxembourg; il a en cette qualité prêté serment le 22 juillet suivant.

Le Baron de Boland , comme aîné de sa famille, était depuis le décès de son père, le 24 février 1779, seigneur de Mont-St.-Jean ou Dudelange, conjointement avec la dame de Chanclos , lorsqu'à l'époque de la guerre contre la République française il appela et engagea les habitants de sa seigneurie de Dudelange à s'opposer même par les armes, aux pillages journaliers que les militaires français campés à quelques cents métrés de la frontière ne cessaient de commettre dans les villages de Dudelange, Burange et Budersberg:

il sollicita même dans cette vue et obtint en 1793 do commandant de Luxembourg

les armes nécessaires et il organisa ses hommes en compagnies. «En historien « fidèle , dit M. le Professeur Wolff, je « dois constater que c'est la seigneurie de « Mont-St.-Jean qui, la première , a donné «l'exemple d'une résistance et d'un dé- « vouement dont la première aussi elle a « été la victime, » Mais il n'entre pas dans notre cadre de raconter ici le drame dont Dudelange fut le théâtre le 17 mai 1794. Quoiqu'il en soit, nous devons noter cependant , comme se rattachant à la biographie du baron de Roland , que c'est lui qui a donné celte idée de l'armement des villageois de la frontière, lequel fut ordonné l'année suivante et rendu général par les Etats du Duché.

D'un autre côté, il semble que, non content d'avoir par ce moyen assuré autant que possible la sûreté et la fortune de ses sujets contre les maraudeurs d'outre-frontière , il s'occupa activement dans d'autres directions encore à se rendre utile à l'armée autrichienne. Cela résulte en effet de la lettre suivante que le général Bcaulieu lui adressa sept jours avant le massacre de Dudelange :

Arlon, le 8 mai 1794.

Monsieur le Baron de Boland et à son corps de volontaires luxembourgeois,

J'ai tardé à remercier votre brave et beau corps de volontaires luxembourgeois qui se sont empressés à soulager nos soldats pour leur amener des vivres en abondance dans un moment où tout manquoit.

Si je n'avois point été occupé à assurer ma troupe contre une nouvelle attaque je n'aurois point tardé à témoigner à vous Monsieur, ainsi qu'à tous ceux de votre corps de volontaires combien j'ai été sensible aux soins qu'ils ont eu de ma troupe, je vous prie Monsieur de leur dire de ma part que je les remercie du plus profond de mon cœur pour mes bons soldats ; j'espère que si l'occasion se présente , ils se montreront toujours dignes de vos soins et de ceux de vos volontaires; mais il serait à désirer que vous voulussiez tous, Messieurs , unanimement coopérer à une

levée de troupes dans le pays de Luxembourg pour par là nous mettre dans le cas de renvoyer eu tout temps ces meurtriers, ces incendiaires dans leur pays de scélérats , où les horreurs et tous les crimes des enfers ont établi leur siège.

Réunissons nos efforts pour faire disparaître le germe de ces scélérats de la surface de la terre , ne donnons point de repos jusqu'à ce qu'ils soient exterminés. J'ai l'honneur d'être avec la considération la plus parfaite Monsieur et Messieurs, votre très-humble et très-obéissant serviteur.— Signé: Beaclieu, Lieut. Général.

Cette lettre, qui s'adressait au baron de Boland et à ses compagnons, n'était pas destinée au corps franc de chasseurs volontaires de la ville de Luxembourg qui aida la garnison dans le service de défense de la forteresse, pendant le blocus de 1794 — 95 , puisque ce corps ne fut organisé que le 21 novembre, 6 mois après sa rédaction. Du reste, les chasseurs volontaires de la ville n'eurent jamais l'occasion d'aller approvisionner la division Beaulieu qui, pendant que Luxembourg était cerné, se trouvait ailleurs.

Enfin, lorsque le corps de chasseurs dont nous venons de parler , fut constitué et divisé en deux compagnies, le Baron de Boland obtint le commandement de l'une tandis que Jean Léonardy , receveur des contributions et qui fut mortellement blessé pendant le siège, le 7 janvier 1795, dirigea l'autre ; toutes deux étaient sous les ordres suprêmes du sieur de Gerdeo (v. son art.). Après la perte de Léonardy, le Baron de Boland réunit les deux commandements.

Les services que ce corps bourgeois, dont les officiers avaient mérité d'obtenir rang égal avec les offloiers de la garnison, a rendus à la défense de la capitale , les périls auxquels tous ceux qui le composaient, leur brave capitaine en tête, se sont exposés tous les jours , les fatigues que par patriotisme et par amour pour leur souverain ils ont endurées, ont été solennellement reconnus par le général-

commandant, trois jours avant la capitulation et lorsque cette capitulation était devenue absolument nécessaire. Nous transcrivons sa lettre:

A Monsieur le Baron de Boland, capitaine commandant le corps des chasseurs volontaires de Luxembourg.

La circonstance actuelle étant le moment où les devoirs que se sont si généreusement imposés à eux-mêmes les individus du corps des chasseurs que vous commandez, viennent à cesser, il ne me reste qu'à en témoigner à vous Monsieur le Baron, ainsi qu'à Messieurs les officiers et à tous ceux qui composent ce digne corps, la vive reconnaissance dont je suis pénétré et qui ne me fera jamais oublier les services qu'ils ont rendus et vouloient encore rendre pour la défense de cette forteresse.

Veuillez donc Monsieur le Baron , en remerciant de ma part ce bon corps , qui dans toutes les occasions a montré tant d'ardeur , l'assurer en outre que je rechercherai avec empressement tous les moyens de pouvoir lui être utile, et que je m'empresserai de faire connoitre à Sa Majesté notre Auguste Souverain le dévouement désintéressé, le zèle, la bravoure et la persévérance avec lesquels ces dignes habitants ont coopéré et persisté jusqu'à présent avec ma garnison pour lui conserver cette ville. — Luxembourg le 2 juin 1795. — Signé: B. Baron de Benuek, Maréchal et Gouverneur de la Province de Luxembourg.

Le surlendemain , 4 , les chasseurs déposèrent leurs uniformes, et le 5 ils remirent leurs armes à leur capitaine, le baron de Boland qui les déposa à l'hôtel du gouverneur. Par l'article 18 de la capitulation, il était demandé que les chasseurs et volontaires qui s'étaient armés pour la défense de la ville fussent compris dans les dispositions de l'article précédent, où le vainqueur s'obligeait à respecter les personnes et les propriétés, sans pouvoir rechercher ni inquiéter les bourgeois pour leurs opinions ou leurs actes politiques antérieurs à la remise. La réponse fut la

soixante : ils suivront le sort de la garnison , excepté les bourgeois et habitants de la ville et pays de Luxembourg qui rentreront chez eux après avoir remis leurs

Plusieurs bourgeois, on le sait, accompagnèrent on suivirent la garnison parce qu'ils ne voulaient pas vivre sous le régime français ; d'autres furent enlevés et incarcérés à Metz où ils languirent longtemps, et ce contrairement aux articles de la capitulation. Quant au Baron de Boland, il se réfugia également tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, évitant ainsi de tomber entre les mains do vainqueur qui le recherchait. Un jour entre autres, il échappa comme par miracle : En effet, ayant eu vent qu'il devait être arrêté pendant la nuit il se déguisa à la bâte et sortit inapperçu de la ville. Quelques heures après, pendant la nuit, l'adjudant de place Haquin , accompagné d'une cinquantaine de fusiliers, vint faire une visite domiciliaire très minutieuse dans son hôtel, mais il ne l'y trouva plus. Ces circonstances engagèrent le baron de Boland à se rendre , avec sa famille à Weinau, chez sa sœur, la baronne de Klein où il eut la douleur de perdre sa première femme, le 6 janvier 1798.

Rentré dans le pays lorsque le calme politique fut revenu, il convola en secondes noces, le 6 fructidor an XI (23 août 1803) et vécut entièrement retiré à sa campagne de Dudelange, où il est mort le 27 avril 1807.

Nous l'avons déjà dit, le Baron M. de Boland avait contracté deux alliances; d'abord avec une demoiselle Marie-Anne Querieux de Milleret, qui lui donna un fils et une fille; ensuite avec Marie- Willibrordine-Elisabeth-Joséphine Ransonnet, fille d'un conseiller an conseil provincial, puis souverain à Luxembourg.

Le fils Charles-Philippe, d'abord receveur des domaines à Arlon, après 1816, sortit de cette administration et alla mourir en mer pendant la traversée pour se rendre à Batavia.

La fille Marguerite-Caroline, Baronne de Boland née le 29 janvier 1785 fut mariée

le 29 septembre 1801, à Joseph-Antoine Pruneau, directeur de l'enregistrement et des domaines à Luxembourg, mort à Hettange grande, le 26 avril 1839, âgé de 81 ans. Dernière de son nom, cette dame, aujourd'hui veuve et sans enfants, habite Paris. Par lettre du 13 janvier 1859, elle a fait don à la Société pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Grand -Duché de Luxembourg, des archives et titres originaux de sa famille ; et elle a en même temps promis à cette association nationale de lui léguer quinze portraits originaux de famille : Bel exemple à suivre par les personnes qui voient éteindre leur nom ; au moins elles procureraient l'avantage d'assurer au Pays et à l'Histoire la conservation de bien des documents précieux.

Pour ce qui concerne la famille des Barons de Boland, qui n'a rien de commun ni avec les Pallant ni avec les Boland du Rhcingau, féaux des comtes de Luxembourg, elle n'a pas vécu longtemps dans le Pays. Cette famille descend d'un Bourgmestre de Cologne, Jean de Boland, originaire de Weslphalie et diplomate distingué qui obtint de l'empereur Ferdinand II, à Prague, le 8 juin 1628, des lettres patentes d'anoblissement pour lui et ses descendants maies et femelles, au port d'armes: de gueules, à trois clefs antiques d'argent, 2.1.; heaume treillé d'or, à liserets d'argent. Cimier la clef antique de l'écu entre un double vol, d'argent et de gueules. Ce personnage est mort le 11 octobre 1645, à l'âge de 83 ans et repose dans l'église des Minorités à Cologoe où il a une tombe armoriée. Il était titré de seigneur dcKuclseck, Dodenbourg, Millburg, Scharbillig.

Un fils de ce Bourgmestre de Cologne avait nom de Hillebrand. Il se titrait déjà de Baron de Boland de Kulscck et avait épousé Anne de Stcin de Heffingen. — Son fils, Jean comme l'aïeul , était marié à Jeanne-Catherine de Beywegh de Wicbtrich, laquelle lut donna un fils, François- Guillaume Monimet de Boland , général,

qui signa le 18 mars 1673 au contrat de mariage de sa sœnr Susanne-Mario avec Gaillaume-Otton, Baron de Gusmar.

Le 27 avril 1690 l'empereur Léopold 1" nomma François-Guillaume, Baron de Bo- Iand , propriétaire d'un régiment de dragons : il était auparavant lieutenant-colonel au régiment de Holstein et commandant de la Transylvanie. Il avait épousé Anne- Agnès Baronne de Hyllen de Sultzen; d'où quatre Gis : Arnoul-Joseph, l'aîné, qui avait été nommé le 15 avril 1702 chambellan par Léopold duc de Lorraine, et qui au partage de la succession de sa famille, le 19 septembre suivant, obtint la seigneurie-souche de Kuelseggen ; Wolfgang-Guillaume ; François-Otton et François-Frédéric. Ces trois derniers eurent par indivis la maison seigneuriale de Sultz et la seigneurie-gagère de Mont-St.-Jean ou Dudelange dans le Luxembourg. François- Otton , baron de Boland, continua la lignée indigène. Il avait épousé Marie-Anne, baronne Despretz ; d'où François-Albert qui pendant un moment a occupé la Cour et les Etats de sa personne. Par lettres-patentes du 16 janvier 1755 , il fut nommé conseiller de courte-robe au conseil provincial de Luxembourg et le 8 février suivant capitaine et prévôt de la ville et prévôté de même nom : Cependant dès l'année suivante il donna volontairement sa démission de cette dernière charge. D'un autre côté comment excrça-t-il les fonctions de conseiller noble? Les archives n'en disent rien. Cependant sa nomination ne tarda pas à donner lieu à des plaintes que ses collègues portèrent même jusqu'au Gouvernement : on prétendait en effet qu'il avait obtenu d'une manière subreptice celte qualité de conseiller noble parce que entr'autres , né dans le duché de Berg il n'avait obtenu sa naturalisation luxembourgeoise que depuis le 10 octobre 1753.

On avait d'abord fermé les yeux à la cour, parait-il, et le conseiller de Boland occupait encore son siège lorsqu'un incident, une véritable scène aux Etats, fournit une occasion favorable soit pour se venger

de lui, soit pour rappeler la protestation qui avait été dirigée contre sa nomination. Quoi qu'il en soit, un décret de l'empereur, en date du 11 décembre 1771 , fit cesser chez lui la qualité de conseiller noble, laquelle fut remplacée par celle de conseiller lettré. Piqué de cet affront fait à son blason, de Boland donna sa démission et fut remplacé le 25 janvier 1772 par Gaspard-Florent de Breiderbach.

Nous venons de mentionner un incident qni a fait à son époque une grande sensation; il s'est passé en 1770: Les Trois États du Luxembourg s'étaient longtemps opposés à ce que leurs comptes fussent coulés par des commissaires du Gouvernement. Dans une assemblée de la députatioo permanente, dont le baron François- Albert de Boland faisait partie et où assistait un de ces commissaires , comme ce dernier avait rayé quelques articles portés en compte, de Boland s'écria:

cela étant , Messieurs , il faut fermer la boutique , faire une représentation et tenir ferme. Il touchait une pension sur le trésor royal et une autre sur la cassette particulière du Prince Charles de Lorraine.

Ce prince , informé du propos qu'il avait tenu, les lui retira toutes denx; et ordonna de plus que des informations fussent prises à sa charge comme coupable d'avoir proféré des paroles séditieuses. Le baron de Boland fut depuis réintégré sur la liste civile; mais, ajoute M. Gachard, il n'obtint celte faveur qu'en se soumettant à des conditions peu honorables, telles que celle de faire l'aveu de sa tante dans une requête , de se démettre de sa charge de conseiller et de s'engager de quitter la province. Nous pensons que sa démission du Conseil n'a été occasionnée que par le motif déduit plus haut.

Nous avons également parlé de la naturalisation que le Baron François-Albert de Boland avait obtenue le 10 octobre 1753. Nous allons copier les considérants de ces lettres-patentes. Il y est dit qne : «le grand-père de François-Albert a été «lieutenant-général des armées de l'em-

«pereur Léopold, Gouverneur de Tran- « sylvanie , colonel d'an régiment de dra- « gons et chambellan de l'Empereur. Qae ((finalement il a été tué au service de ce «dernier.— Un de ses oncles a été fait «prisonnier par les Tares et obligé de «payer quinze mille florins d'Allemagne «de ses propres biens pour sa rançon. — « L'aîné de ses oncles a été chambellan « du doc Léopold de Lorraine. — François- « Albert a été loi-même six ans page de « l'archiduchesse Marie-Elisabeth , ensuite « au serrice de l'empereur père de Marie- « Thérèse pendant six autres années en « qualité de lieutenant et capital ne-lieuter naot dans le régiment de Harrach , « infanterie , pendant la pénultième guerre € d'Italie et celle de Hongrie i à l'affaire « de Guastalla il reçut une blessure grave; « enfin il a quitté le service en 1738.

François-Albert , baron de Boland avait épousé V le 10 juillet 1743 , Caroline- Marie-Anne, baronne Beysselde Gymnich, veuve d'un sieur de Stein ; 2° le 1er février 1764, Marie-Françoise comtesse de Martinpré-Villefond-de-Milbert. Son premier mariage seul lui donna postérité, deux fils et une fille. Il est mort le 22 janvier 1779.

Archive* de famille, ui eollect. *oc. arebéol.— Etat civil de Luxembourg. — Journal inédit du blocul de Luxembourg en 1794— 98.— H*ms.— Ma.acM.ua' LacAaas, IIi»t. du duché dt Laxembg .— CaaUTiAai, Précis kiator. ci chroa*lo#;. da Paya de Lu*brg. — Joacaia, Préci* chroaolog. de l'hUt. de Luibg.— Paqi'bt et 8cuaxcx , Die Getchicbte de» [.uiemburfer Lande*. — Woirr, Mémoire historique tor lei événement* de Dadelange en 1794; dani: Public. 8oe, art*. Lut*. II. 81-94. -Arch. de* Etat*. — Areh. Com. pro*. et *ou».— Gacba»d, Document* etc., 1, 79.

BOTTIN, Jean. — A ajouter a cet article, page 94 da T. 1" de la Biographie, les renseignements suivants que nous venons de puiser dans un article du Bulletin da Bibliophile belge, T. XVII, (2* série, T. VIII) , 6' cahier , page 372 :

Jean Bottin passa de Rome à Vienne vers 1622, comme secrétaire privé de r Ambassadeur d'Espagne. Il résulte de

lettres de ce personnage, reposant aux

archives de l'État, à Bruxelles, qu'il jugeait très sainement de l'état des choses en Allemagne et des erreurs de la politique autrichienne. Il fut anobli , ce qui était de son temps le sort commun des hommes de mérite , et mourut à Madrid, positivement en 1639 , étant secrétaire de cabinet du roi Philippe III.

Cn. lUaLcnaica, La noblcMe belge au* guerre* dAUemagoe, IU18-1648; Recaeil cité dans le texte.

COLLARD ou Collart, dit de Belloy et de Grandvoir , Pierre-Joseph , est né à Neufcbâteau, le 7 avril 1752. Après avoir terminé à l'université de Louvain ses études en droit et obtenu le degré de licencié, il prêta le lw juillet 1775 le serment d'avocat devant le Conseil provincial de Luxembourg. Cette qualité il la conserva devant le Conseil souverain et jusqu'à la conquête française en 1795.

Encore pendant cette dernière année et la suivante il remplissait les fonctions de Juge au tribunal de paix , créées par la nouvelle administration. En 1797 il fut nommé représentant du peuple an Conseil des cinq cents, puis en 1803 président du tribunal civil de Neufcbâteau, fauteuil qu'il conserva jusqu'en 1816 où le roi Guillaume 1" le nomma membre des Etats-Provinciaux du Grand-Duché, et de la Députa lion permanente de ces Etats. La suivante il entra à la seconde chambre des Etats-Généraux en remplacement de Monsieur d'Olimart. Il assista aux sessions législatives et y prit une part active jusqu'au renouvellement de 1821.

II remplit également , pendant qu'il faisait partie de la Députation à Luxembourg, les fonctions de président de la commission d'agriculture et les continua jusqu'en 1830. Depuis les événements politiques de Bruxelles, Collard s'était retiré du monde, vivant paisiblement au château de Grandvoir sa propriété, et dans une retraite embellie par l'étude comme par le souvenir du bien qae con-

stamment il s'était efforcé de répandre dans la société.

Guillaume I" l'avait décoré de son ordre du Lion belgique dit aujourd'hui néerlandais.

Pierre-Joseph Collard est mort à l'âge de 91 ans le 24 Juillet 1843, au château de Grandvoir, près de Neufchâteau. Le prince Pierre-Napoléon Bonaparte a prononcé sur sa tombe le discours suivant:

« Qu'il me soit permis , sur la tombe « d'un collègue de mon père , de déposer «l'hommage de mes profonds regrets , de « ma vénération et de ma sympathie. Je ne « puis retracer tous les faits qui honorent « la belle existence qui vient de s'éteindre; « mais il y en a tant qui , dans ce temps « d'opinions si divergentes , les résument «tous: c'est que dans sa carrière repré- « sentative , à des époques et sous des « gouvernements différents , l'honorable «Pierre-Jos. Collard avait toujours su « rester indépendant et fidèle à ses convictions.

« Dans la vie privée , ceux qui l'ont « approché savent quelle était l'aménité de « ses manières et l'amabilité de son carac- <« tore. Un trait suffit pour le dépeindre : « c'est qu'arrivé à un âge où l'on est or- « dinairement morose et exigeant, lui au « contraire, s'occupait incessamment , avec « la plus obligeante sollicitude , de prou- « ver sa bienveillance en général , et la «cordialité de son accueil. Jusqu'à ses «derniers moments cette bonté, si tou- « chante chez un illustre vieillard, ne s'est «pas démentie.

« Mes sentiments , j'en suis sûr , trou- « veront un écho dans le cœur des luxem- « bourgeois, car M. Collard était un bon « luxembourgeois , l'honneur de cette pro- « vince dont les intérêts l'avaient con- « stamment préoccupé et comme homme « public et dans la retraite môme.

« Disons-lui donc un tendre adieu ; qu'il « reçoive cet hommage dû à sa belle vie, « à son noble caractère ; qu'il repose en « paix avec la gloire de son siècle. »

Archivée da CoMeil provincial- Reucigacncata

feornit par MM. de la Fc-nUiac père cl WirUV Paquet— Journal de la ville et du Grand-Duché de Luxembourg; année I84S, N° 61, dn mercredi tt août.

CYGNE , Martin du, Jésuite qui a habité la maison de cet ordre à Luxembourg , sans qu'il nous ait été donné de nous assure* s'il était originaire de notre pays, ne nous est connu que par les trois ouvrages dont nous donnons ici les titres : V. Explanatio rhetoricœ , studiosae juventuli accommodala; Leodii, 1689, vol. in 12. — 2°. Analysis rhetorica omnium Ciceronis orationum; Duaci, 1661; 3 tomes en un volume in 12 : Cette œuvre, qui est dédiée au jeune Ernest- Alexandre-Dominique , Comte de Beaumont, fils du Prince de Chimay, nous a indiqué le séjour de Fauteur à Luxembourg, parce que Vépitre dédicatoire est datée de cette ville, de la file de V apôtre des Lapons, 1660. — 3°. Comœdiœ XII phrasi tum Plautina tum Terentiana continuât»; Leodii, 1679; vol. in 12. — Le supplément du Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg porte en outre le titre d'un quatrième ouvrage du Père du Cygne, mais qui semble ne former qu'une abréviation revue et retravaillée de celui que nous avons inscrit sous le numéro 2 , ou bien une autre édition de celui-ci. Voici ce titre: Fons eloquentiae sive M. T. Ciceronis orationes XVIII selectissimx post Pauli Hanutii , aliorumque doctissimorum virorum correctiones , etiam cum probalissimis exemplaribus diligenter collata? et emendatœ. Analysi insuper rhetorica et choliis artificium indicantibus distincts et illustrais una cum lectionum varietate ad marginem opposite et locupletissimo indice duplici ad calcem adjecto. Cologne, volume in 12.

Clakh. CUl. Blbl. Luxbç. 69, 4B« et 439- Wwnm, Catal. Bibl. Luxbg., 391.

DAUN, Léopold- Joseph-Marie, comte de et à Daun. — Cet article est destiné à remplacer celui qui se trouve T. I , page 147 de la Biographie: Il est plus complet.

Daun, Léopold- Joseph-Marie , comte de et à Daun , prince de Thiano, seigaear de Callenborn, Sassenheim, etc., feldmaréchal, président du conseil aulique, directeur-général de l'Académie militaire, commandant-général en Autriche et à Vienne, conseiller intime, chevalier de la Toison d'or, propriétaire du 59' régiment de ligne, naquit à Vienne, le 24 septembre 1705 , fils du comte Wiric- Philippe-Lanrent (v. son art.) et de la comtesse Marie-Barbe de Herberstein.

Son père forma ses talents militaires, et la guerre de Sicile (1718 — 1720) lui fournit la première occasion pour montrer son activité. Les entreprises en Italie et sur le Rhin (1734 à 1735) où il avait déjà acquis le grade de colonel dans le régiment N" 56 qui appartenait à son père, achevèrent de le rendre soldat accompli, puisque déjà pendant la guerre contre les Turcs (1737 — 1738) il se montra comme an homme rempli de capacités. Si à la bataille de Krotzka il fut du nombre des blessés , il compta aussi parmi les généraux les plus distingués : Il obtint en novembre 1740 le 59* régiment de ligne pour récompense de ses services signalés, après que déjà il eut été nommé généralmajor le 22 avril 1737 et lieutenant-feldmaréchal en mars 1739. Après la bataille de Molwitz (1741) Daun conserva sa position en Silésie. Il suivit ensuite la célèbre expédition pendant laquelle le prince Charles de Lorraine chassa le maréchal de Broglie par Pisek et Tein jusque sous le canon de Prague. Il fut également au siège de cette capitale de la Bohême et prit une part active aux entreprises de 1742 et 1743 par lesquelles là réunion de Maillebois avec la garnison qui se trou* vait bloquée fut empêchée , tandis que la Bavière rentra sous le pouvoir de l'Autriche. A cette occasion il fut chargé de déloger les Français de DingolQngen qui était très fortifié, et il y parvint malgré leur vive résistance: le 16 mai ils furent forcés de se retirer au-delà de l'Isar, avec une perte de mille hommes. Il con-

quit de la même manière la ville de Landau. De là Daun suivit sur le Rhin le feldmaréchal Klevenhueller qui depuis l'honora de plusieurs commissions comme d'importantes recommandations, et à sa mort lui légua tous ses manuscrits. Aussi le successeur du maréchal ne put-il méconnaître un génie si distingué: Traun, c'était son nom, l'employa aux plus importantes entreprises de la campagne de 1744 , et les Grenadiers demandèrent au prince Charles de leur accorder Daun pour chef lorsqu'ils occupèrent l'ile du Rhin près de Stockstadt, et de là chassèrent par leur feu l'ennemi de l'autre rive de ce fleuve.

La prévoyance de ce grand capitaine rendit de plus grands services encore pendant la retraite qu'il couvrit , et à la tentative d'attaque de la part de l'ennemi près de Ludwigsburg. Il la repoussa avec force , sans perle du côté de son arrièregarde et rejoignit l'armée qui se dirigeait en bâte vers la Bohême.

Pendant la seconde guerre de Silésie il se trouva aux batailles de Hohenfriedberg et de Soor où il commandait l'aile gauche.

Pendant ces guerres contre la Prusse et peu de temps après pendant celle contre la France dans les Pays-Bas jusqu'à la paix d'Aix-la-chapelle, il rendit de si notables services en toute occasion qu'il fut élevé au grade de feldzeugtneister et s'acquit la plus grande estime aux yeux de son prince comme de toute l'armée.

Pendant les nombreuses campagnes contre la Prusse le comte de Daun avait parfaitement observé que Frédéric II ne devait les avantages qu'il avait remportés sur les Autrichiens qu'à la meilleure organisation de ses troupes, à leur célérité dans la charge, à leur adresse dans les mouvements accélérés , à leur exactitude dans le maniement des armes et à la force de leur artillerie. Aussi utilisa-t-il avec empressement le repos que lui donna la paix générale ainsi que la confiance de l'impératrice à introduire des améliorations dans l'organisation de l'armée autrichienne.

De sod côté l'artillerie fut augmentée à proportion et amenée sous la direction dn prince Wenceslas de Liechtenstein a nn degré de perfectionnement qui força bientôt les Prussiens eux-mêmes à l'admiration. Les fusils de l'infanterie furent mieux disposés et pourvus de baguettes en fer taudis qu'elles n'avaient été jusque-là qu'en bois ; il fut encore ordonné d'établir périodiquement des camps d'exercice, afin de mieux habituer le soldat aux évolutions et au maniement des armes. On donna à l'armée un règlement général et uniforme pour le service, tandis qu'auparavant plusieurs corps s'étaient servi des prescriptions de Khevenhueller , pendant que d'autres avaient les leurs propres , à la volonté des différents chefs du régiment, ce qui avait amené de notables variétés dans les lois disciplinaires. Ce règlement, qui a reçu le nom de son auteur et qui parut en 1789, constitua une époque mémorable dans l'armée autrichienne.

Cependant de Daun était convaincu que cette habileté matérielle ne devait pas suffire. Il voulait encore introduire à l'arméo l'obéissance, l'ordre et la morale, afin de lui donner un véritable esprit militaire ; utiliser les talents déjà acquis et ouvrir à la génération future un chemin pour en développer le germe ainsi qne pour acquérir une éducation scientifique. Tel fut le but sur lequel il avait fixé ses regards ; et c'est dans cette intention que cet habile guerrier proposa à l'impératrice, cette grande princesse qui accueillait avec empressement toutes les idées avantageuses, d'ériger une maison dite de cadets à Wiener-Neustadt , aujourd'hui l'académie militaire, laquelle fut constituée en 1752 : 11 en fut nommé le premier directeur.

Les nombreux témoignages d'estime que le comte de Daun obtint de la cour, sa nomination aux fonctions de Commandant de la ville de Vienne (décembre 1751) ainsi que celle de conseiller intime , Kobtention de l'ordre de la Toison «for (novembre 1753), sa promotion au rang de feldmarécbal (juin 1754), furent pour ce

noble caractère autant de motifs pour exciter de plus en plus son tèle pour le bien du service. La troisième guerre contre la Prusse , dite la guerre de sept ans en fournit des preuves éclatantes.

En effet, la bataille de Koliin, 18 juin 1757, a immortalisé son nom. En vain le roi de Prusse chercha-t-il à le forcer à la retraite afin de a faire la paix « sous les murs de Vienne même » comme ce prince s'était exprimé dans son ordre du jour qui est devenu célèbre; il fut lui-même forcé par la glorieuse victoire de Daun de quitter en toute bâte la Bohême. Le général autrichien n'aurait pu mieux pendant cette journée à jamais mémorable , gagner la grand-croix de Marie- Thérèse qu'en se faisant tuer deux chevaux sous lui , en recevant une balle-morte au bras et une contusion à la colonne vertébrale. Aussi la grande impératrice se montra-t-elle on ne peut plus reconnaissante pour ses exploits ; elle lui adressa en effet un billet authographe conçu dans les termes suivants:

« Le 18, jour de la naissance de la « monarchie.

« Cher comte Daun, il me serait imposte sible de laisser passer ce jour sans vous « présenter mes souhaits de bonheur aussi « cordiaux que remplis de reconnnaissance. « La monarchie vous doit sa conservation « et moi je vous dois mon existence, ma « belle et chère armée ainsi que mon unique « et très aimé beau-frère, toutes circons- « tances qui certainement ne s'effaceront «ni de mon coeur ni de ma mémoire tant « qne je vivrai. Au contraire il me semble « que d'année en année elles s'y rajeunissent «et deviennent plus sensibles, au point « que jamais je ne pourrai les reconnaître «assez dans votre personne et dans celle « des vôtres. Ce jour aussi est l'anniver- «saire de celui où mon nom devait être « immortalisé dans l'armée , et où au prix « de votre sang vous avez mérité de de- « venir le premier chevalier de mon ordre. « Que Dieu vous conserve encore pen- «dant de longues années pour l'utilité

«do règlement militaire et l'avantage de « ma personne comme mon meilleur et mon « pies véritable ami. De mon côté je serai « assurément pour la vie, votre très affec- «tionnée souveraine Marib-Thkbèsb.

L'original de celte lettre, écrite plusieurs années après la bataille , est conservé jusqu'il nos jours aux archives du département de la guerre à Vienne.

De leur côté, les Etats d'Autriche, voulant reconnaître l'héroïsme de Daun lui adressèrent les compliments les plus flatteurs et lai firent des cadeanx de grand prix, entr'autres d'un bocal en argent doré, dans lequel ils avaient fait graver une vue de la bataille de Kollin.

Après la bataille de Leutben Daun obtint le commandement en chef de l'armée et le conserva jusqu'à la paix de 1763 . L'histoire de cette guerre démontre combien le maréchal méritait la confiance qu'on avait placée en lui. Quelques-uns cependant critiquèrent plusieurs de ses entreprises et lui reprochèrent surtout d'avoir manqué des occasions pour nuire à l'ennemi et de n'avoir pas retiré de ses victoires tout l'avantage qu'elles auraient pu lui procurer. Mais ces contradicteurs avaient oublié qu'il devait disposer ses entreprises d'après celles des trois armées des forces coalisées, celles des Russes, des Français et de l'Empire ; qu'il ne pouvait rien faire de décisif sans préalable approbation , et qu'il était obligé de rendre un compte sévère de toutes ses démarches, pendant que son royal antagoniste pouvait agir spontanément d'après ses propres inspirations. Ces circonstances, sans compter d'autres difficultés accidentelles, devaient naturellement rendre très prudent un général qui prévoyait de loin les suites désavantageuses qu'une seule démarche non assez mûrie pouvait entraîner pour sa souveraine. Du reste Daun lui-même expliqua les motifs de sa grande réserve , en répétant souvent deux idées principales qu'il cherchait absolument a réaliser: La première consistait en ce que par aucun de ses mouvements il ne voulait entratner son impératrice dans

la nécessité de conclure une paix précipitée qui aurait pu lui être désavantageuse. La seconde celle de pouvoir à la fin de la guerre ramener l'armée aussi belle et anssi bonne qu'il l'avait reçue ; car jusquelà la maison d'Autriche n'avait été forcée à faire la paix que parce qu'elle finissait généralement par ne plus avoir de troupes pour le combat : Et dans ces vues il a non seulement atteint son but mais il l'a dépassé au-delà de toute prévision.

Si le bonheur sembla vouloir quitter de Daun près de Leuthen et de Torgan, il prit bientôt sa revanche d'une manière brillante dans la surprise qu'il eiécuta pendant la nuit du 14 octobre 1758, près de Hochkirchen , où il aurait aoéanti l'armée prussienne si une colonne des siens n'était arrivée trop tard pour prendre part à ce glorieux fait d'armes. Le 21 novembre 1759 il fit prisonnier le corps d'armée du général Fink , près de Maxen.

D'un autre côté, pour mieux dépeindre le personnage auquel cet article est consacré , nous rapporterons ici une anecdote qui doit servir d'épisode dans la biographie de ce grand homme: Pendant que Frédéric II assiégeait Dresde et que Daun se trouvait campé sur la rive opposée de l'Elbe , un général français ayant fortement conseillé de passer le fleuve et d'attaquer les Prussiens, le feldmaréchal, qui avait déjà pesé les immenses difficultés de cette entreprise, lui demanda très froidement après l'avoir longtemps écouté: Mais si nous étions battus, qu'en résulterait-il? Qu'en résulterait-il ? répondit le français, alors vous vous hâteriez de faire la paix. Dans ce cas il n'en sera rien de l'attaque , répliqua Daun , car je me donnerai bien de garde de tenter une entreprise qui pourrait forcer mon impératrice à faire la paix. Et en effet les suites démontrèrent qu'il a été fidèle à sa parole.

Tel prévoyant et tel réfléchi que de Daun a pu être dans toute sa conduite, tel résolu , tel actif et tel infatigable fut-il aussi dans tous les grands revers. Le ralliement de l'armée après la bataille de

Prague , les dispositions qu'il prit après celle de Leuthen pendant les quatre mois d'hiver pour remonter ses cadres, témoignent de ses grands talents dans cette importante branche de la stratégie , autant que de son activité.

Encore pendant la dernière campagne qu'il fit , le comte de Daun avait obtenu la présidence du conseil aulique. Dans cette nouvelle sphère d'action il ne cessa de s'efforcer à appliquer ses expériences et ses observations des sept campagnes précédentes aux améliorations qu'il avait précédemment introduites dans l'armée.

Le comte Léopold-Joscph-Marie de Daun est mort le 5 février 1766 , avec la réputation d'avoir été un des généraux les plus distingués de son époque. Frédéric- Ie-graod lui-même , dont par de prudentes lenteurs il avait si souvent déjoué les plans hardis ne refusa pas sa juste admiration aux talents guerriers de son adversaire ; il déclara en effet qu'aucun général autrichien ne possédait des connaissances techniques aussi étendues, comme aucun n'avait mis autant de sagesse ni autant de prudence dans ses entreprises.

Marie-Thérèse a fait élever à son feldmaréchal dans l'église des Augustins à Vienne un monument funéraire superbe et portant une inscription très honorable.

DurawsLD , Der Militer M aria-Thereweii-Orden , I, 33 i II. 1717. - B«ua, Eiflia illottra», I, pml, 437, ctTabl. génial. XVII. — CoeaTia. ' Encyclopédie moderne, VIII, 118, rç. — Biographie uni vend le, X, 877, fqq.

ENSCH, François, barond'. — L'article suivant est destiné à remplacer comme complété d'après les renseignements ultérieurs obtenus de Vienne, celui qui se trouve dans la Biographie, T. I, p. 162 à 164.

Ensch, François, baron d', Gis de Frédéric EnscL, marchand cirier, et de Jeanne Herff ou Hervé, issue par sa mère d'une des premières familles d'Italie, celle du célèbre cavaliero Battis ta Wang, ambassadeur de la République de Venise à la cour

de l'empereur Ferdinand III , est né a Luxembourg, le 16 janvier 1773.

Le jeune Ensch , après avoir appris les premiers éléments dans les écoles primaires, entra au collège de sa ville natale où il parvint jusqu'en quatrième ou peutêtre en troisième, mais sans se distinguer, parce que le repos et l'attention nécessaires pour pouvoir étudier n'allaient pas à son esprit turbulent et aggressif qui se traduisait dans les querelles presque continuelles qu'il avait avec ses condisciples auxquels il ne cherchait qu'à faire des espiègleries. Il avait au surplus toujours prêtes des niches à jouer aux passants. Un jour de marché entr'autres , c'était le 17 novembre 1792, il s'avisa de dételer les chevaux des paysans qui avaient amené du grain à vendre et de les attacher ensuite deux à deux pour enfln les pourchasser dans les rues et les faire cabrer, renversant les escabauds des détaillants. A son retour à la maison paternelle après cette poliçonnerie, comme il vit que son père voulait lui donner une correction à coups de canne, le jeune homme s'esquiva en sautant d'un bond par dessus la porte de boutique et courut droit chez le général Guillaume Schrœder auquel il offrit de prendre service dans son régiment (infanterie, N° 26) en qualité de cadet. Il avait alors 19 ans d'âge.

Le général , frappé sans doute de son extérieur éveillé qui promettait qu'il ferait son chemin dans la carrière militaire, mais ne voulant pas à cause de sa jeunesse l'accepter sans l'assentiment de ses parents, fit mander son père auquel il demanda s'il consentait à l'enrôlement de son fils. Celuici , après avoir beaucoup déclamé contre la conduite du jeune homme, finit par consentir, parce que, dit-il, il n'était bon à rien d'autre qu'à manger du pain de munition. Ensch fut donc envoyé à la caserne où il devint bientôt un modèle de discipline et d'exactitude pour le service.

Lorsqu'à l'approche des armées de la République française le 26« régiment quitta Luxembourg pour se rendre d'abord sur

le Rhin , ensuite en Italie, Eosch était enseigne depuis le 11 mars 179S : il fit avec ce grade ces campagnes et passa souslieuteoant le 27 mars 1799. Le 14 juillet 1800 il gagna l'épaulette de premierlieuteuaot.

Après la paix de Lonéville en 1801, il Tint visiter sa famille à Luxembourg ou Von a eu lieu d'admirer la belle carrure et la haute taille du superbe officier que peu d'années auparavant on avait vu partir tout fluet encore : les officiers français eux-mêmes qui étaient en garnison dans la ville firent bien des tentatives pour lui persuader de prendre service dans leur corps, lui représentant que l'avancement chez eux était bien pins rapide et qu'il y avait plus de gloire à servir dans une armée toujours ou presque toujours victorieuse. Mais Enscb leur répondit résolument : J'ai servi mon empereur dans le bonheur je veux aussi le servir dans le malheur. Toutes les instances furent inutiles , il ne voulut jamais abandonner le drapeau qu'il avait juré de défendre et il retourna en Autriche. Il revint encore en 1804 à Luxembourg après la bataille d'Àusterlilz.

Ayant pendant son voyage de 1801 eu l'occasion de voir le major baron François- Charles de Vcyder-Malberg (v. son art.), celui-ci l'engagea à quitter l'infanterie pour entrer dans les chasseurs de l'archiduc Charles. Ensch suivit ce conseil et fut admis avec son grade de premier lieutenant dans le 64* régiment des chasseurs dits tyroliens, le 16 juillet 1803.

Le -îâ- octobre 1805 les Français, plus forts en nombre, avaient attaqué les avantpostes du colonel comte Civalart sur le Michelsberg près d'Ulm, Iorsqu'Ensch demanda à être détaché avec une compagnie de chasseurs vers Haslach, afin de couvrir le flanc et de défendre ce poste jusqu'à l'extrémité. Depuis longtemps déjà il était occupé à exécuter glorieusement cet ordre lorsqu'une balle ennemie vint se loger dans les chairs de sa cuisse gauche. Il prit aussitôt son mouchoir de poche et pansa lui-même la plaie aussi bien qu'il

le put. Il avait à peine fini d'appliquer ce bandage improvisé, lorsque, voyant sa compagnie plier, et ne se souvenant pas de l'énorme quantité de sang qui coulait de sa plaie, il s'élança comme en désespéré dans la mêlée , exhortant les siens à reprendre courage. La vue de leur commandant tout couvert de sang et faisant tous ses efforts pour les ramener au co.mbat acheva de les électriser : Comme des lions ils assaillirent les Français qui , agresseurs d'abord finirent par se voir obligés de se défendre et de sonner la retraite après une lutte d'une heure et demie qui donna à l'armée autrichienne le temps d'accourir d'Ulm et de se ranger en ordre de bataille. Ensch leur aurait même fait essuyer un plus grand échec si , au moment où après le commandement de tourner, une seconde balle qui le blessa à la hanche droite ne l'avait renversé évanoui bas de son cheval. Ses soldats s'empressèrent aussitôt de le charger sur leurs fusils en forme de brancard *, pour le transporter à l'ambulance; mais l'archiduc, qui avait à une petite distance va cette scène émouvante d'héroïsme, se hâta d'envoyer sa propre voilure au devant du blessé, avec ordre d'y placer le brave officier (textuel). Au moment du passage de ce triste cortège devant le prince, celui-ci donna à Ensch un salut de satisfaction.

La brillante conduite de François Ensch dans cette sanglante affaire le fit mettre à l'ordre du jour général de l'armée. Ses plaies, qui n'étaient pas mortelles, ayant été guéries assez promptement, il put reprendre le commandement de sa vaillante compagnie avec le grade d'aide-decamp et l'expectative d'obtenir la croix de l'ordre de Marie-Thérèse à la première vacance. Cette occasion ne se présenta qu'en 1808: Comme on grand nombre de postulants, parmi lesquels on comptait même des généraux , se présentèrent pour avoir cette brillante distinction , l'archiduc Charles voulut qu'elle ne fût accordée qu'an plus digne , et comme tel il désigna le premier-lieutenant Fran-

cois Easch. Mais comme le chancelier objectait que, n'étant pas noble , Ensch ne pouvait pas obtenir le pas sur ses concurrents a blason : « Qu'à cela ne tienne , «répliqua vivement h Prince, il obtiendra «des titres nobiliaires expédiés dans la « meilleure forme possible.» Toute opposition ultérieure devenait pour lors inutile ; et le 15 mars, pendant uqc revue générale sur les glacis de Vienne, l'archidocgéoéralissime attacha lui-même la décoration sur la poitrine du brave premierlieutenant-adjudant en lui disant : « Re- « cevez de mes mains la croix militaire « de Tordre le plus élevé de la monar- «chie, comme récompense de la glo- « rieuse part que vous avez prise aux «journées d'L'lm et de la noble conduite «que vous y avez tenue. Recevez-la «comme une preuve de mon estime et « de ma faveur. » Il obtint en même temps des lettres de chevalerie pour lui et ses descendante ; et finalement le 31 août le brevet de capitaine-lieutenant dans le 3* bataillon de chasseurs parce que les chasseurs tyroliens n° 64 venaient d'être licenciés.

Pendant la campagne de 1809 , Ensch qui avait été promu le 15 février de la même année au grade de capitaine chef de compagnie est cité avec éloge dans la relation du feldzeugmeister prince Reuss, sur le combat du 11 juillet pendant la retraite de l'arrière-garde depuis Hollabrunn jusque Znaym près de Schœngrabern : cinq compagnies de son bataillon avaient pris part à ce fait d'armes. Il prit également une part honorable aux batailles d'Aspern et de Wagram.

Les lettres du 22 mai 1813, Ensch fut créé baron de son nom , pour lui et ses descendants mâles et femelles. Nous nous voyons engagé a donner ici une longue analyse de ces patentes:

« Nous François , etc. etc. , avons à * l'exemple des souverains autrichiens, «Nos augustes prédécesseurs, toujours «considéré comme une de Nos princi- « pales obligations et comme une des plus

« belles prérogatives de Notre puissance «souveraine, d'accorder des marques pu- «btiques de Notre faveur à ceux qui se « sont distingués par leur fidélité et leur « dévouement envers l'Etat , le Trône , « Notre personne et Notre Maison , et « qui donnent l'exemple de bonnes moeurs «dans le service militaire, dans les em- « plois d'administration civile , dans les «sciences, ou qui par d'autres moyens «contribuent au bien public en général; « et surtout de les récompenser en les éle- «vant à la noblesse, afin d'en exciter «d'autres à une louable émulation pour «travailler au bien public, mais surtout cries descendants qui par l'héritage de la «glorieuse récompense accordée aux mé- « rites de leurs ancêtres sont sans cesse « rappelés au devoir de , en imitant ces « mérites , se rendre dignes de leur ori- «gine noble.

«Nous avons en conséquence dirigé « Notre constante attention à n'oublier au- «cun service, en quelque lieu qu'il soit «rendu, et Nous avons imposé comme «un devoir à nos employés ainsi qu'à «Nos fonctionnaires de Nous faire coo- « naître toutes les personnes et les objets « qui méritent Notre sollicitude ; et Nous « ne Nous trouvons pas moins porté à « accueillir les représentations de ceux qui «demandent cette honorable distinction «lorsqu'ils les appuyent sur des preuves <c suffisantes pour établir leurs services.

« Il est venu à Notre connaissance que « François d'Ensch (sic) , eu égard à ses « mérites , Nous a très-humblement sup- « plié de daigner l'élever au rang de baron.

«En effet, entré depuis 1792 dans «Notre armée il est parvenu jusqu'au «grade de capitaine effectif dans notre «3# division de chasseurs; et il s'est en «particulier très-bien distingué le 11 oc- «tobre 1805 où, avec le grade de 1" « lieutéhant , se trouvant détaché avec nne « compagnie de chasseurs lorsque l'ennemi « attaqua avec toutes ses forces la chaîne « des avant-postes sur le Micbelsberg près « d'Ulm , il se défendit non seulement avec

« le pies grand courage, mais, après avoir «reçu mie balle dans la cuisse gauche H «s'empressa de recourir au combat, «n'ayant muni sa blessure que d'un lé- «ger bandage; dès qu'il vit ses hommes « repoussés et l'ennemi s'avancer vers le «flanc, de réunir au plus vite ses « hommes et après les avoir animés d'an «nouveau courage les ramener an cornet bat et attaquer l'ennemi avec tant de « résolution que non seulement il le for* «ça à la retraite, mais fit plusieurs pri- «sonniers , défendit sa position et donna «ainsi à notre armée à Ulm le temps d'a- « vancer et de se disposer en bataille , » au moment où nne seconde balle qu'il «reçut dans le flanc droit, l'empêcha de «mire essuyer une plus grande perte à « l'ennemi , et qu'il dut être enlevé dn a champ de bataille et transporté à Ulm ; «pour laquelle conduite aussi vaillante «que courageuse le même a obtenu en « 1808 la décoration de l'ordre militaire «de Marie-Thérèse, fondé par notre « aïeule , de glorieuse mémoire.

« Ponr ces motifs et afin de récompen- «ser ces services signalés, nous avons «élevé le dit François d'Eosch, ainsi que « sa descendance légitime des deux sexes «ponr tous les temps à venir à l'état «de Baron de l'empire d'Autriche; vou- « Ions en conséquence et ordonnons que «François Baron d'Ensch et sa descen- «dance légitime des deux sexes soient «dès maintenant et à toujours tenus et « réputés par tous dans tons leurs actes « judiciaires et nobiliaires ou particuliers «pour barons, honorés comme tels et «participent a tous les droits et préroga- «tives dus à la noblesse.

« En témoignage durable de cette Notre « faveur et élévation ou rang de baron- * nie Nous avons au dit François baron « d'Eosch accordé les armoiries suivantes « ici dépeintes avec leurs véritables cou- « leurs et émaux , à savoir : Un écusson « droit , oblong , se terminant inférieurece ment en pointe, divisé de droite à «gauche par une bande d'argent, à une

« étoile d'azur à six raies. Dans le champ «de gauche ou supérieur, sur la bande « un lion d'or montant , les griffes éten- «dnes, la queue fourchue et relevée:

« dans celui de droite ou inférieur , un « pélican avec sa pieté (3 jeunes) ; l'écu « sommé d'une couronne de baron ; « heaume ouvert a une chaîne en or en «forme de collier; manteau à droite d'ar- «gent et d'azur, à gauche d'or et de « gueules ; cimier : Le lion de l'écu.

«En conséquence Nous autorisons le « dit François baron d'Ensch et sa des- « cendance légitime des 2 sexes à porter « les armoiries ci -décrites dès maintenant «h toujours , sans préjudice cependant «pour les droits d'autres qui pourraient «en porter de semblables, et de s'en «servir dans tous leurs actes judiciaires « et nobiliaires et là où leurs affaires sem- «bleront le rendre nécessaire.

« Ordonnons enfin à tous et un chacun « de nos sujets tant ecclésiastiques que « civils de Notre empire de considérer le «dit François baron d'Ensch ainsi que « ses descendants légitimes comme ba- « rons , de les honorer comme tels , de « les laisser paisiblement et tranquillement « prendre ce titre , et de ne point les en «empêcher par eux-mêmes ni permettre « qu'ils le soient par d'autres directement «ou indirectement, attendu que ceux qui «iraient à rencontre encourraient notre « disgrâce et que Nous leur ferions ap- «pUquer les peines édictées pour ce fait.

«En témoignage de toot quoi Nous «avons confirmé le présent Notre diplôme «•par Notre signature manuelle et l'appen- « sion de Notre grand sceau impérial secret, « dont Nous Nous servons comme Empereur « d'Autriche , et avons ordonné de le «transmettre à François baron d'Eosch.

« Donné par l'entremise de Notre cher « et féal , Alois Comte de et à Ugarte, «Notre chambellan effectif, Notre con- « seiller intime, Notre colonel en Bohême «et Notre premier chancelier d'Autriche, « Grand-Croix de l'ordre de St. Etienne «de Hongrie; dans Notre ville capitale

« et résidence de Vienne , le vingt deux « mai de l'an après la naissance de Jésus- « Christ mil hnit cent et treize; de Nos « règnes etc. »

Peu de mois après , c'est-a-dire le iw septembre de la même année 1813 Ensch entra avec le grade de major commandant daiis le 11' bataillon de chasseurs à l'organisation duquel il rendit de grands services. 11 ne quitta plus ce corps dans lequel il acquit tous ses grades suivants: celui de lieutenant-colonel le 27 janv. 1821 ; celui de colonel le 20 janvier 1831 ; enfin celui de général-major honoraire le jour de sa mise à la retraite , le 16 mars 1836, ayant pu compter 43 ans, trois mois et 29 Jours de service militaire actif.

Pendant la guerre de 1814 et 1815 il combattit vaillamment, ayant entr'autres pris une part honorable au combat qui fut livré le 22/25 avril 1815 pour se frayer le passage de la rivière nommée Ronco, dans l'Italie centrale. Trois jours après il reçut l'ordre de , avec quelques compagnies de son bataillon, une division d'infanterie Wied-Runkel N° 34 et une section de cavalerie soutenir la poursuite de l'ennemi, entreprise et conduite par le capitaine comte Thurn, quartier-maître-général de l'état-major , laquelle eut le plus brillant succès, tellement que dès 2 heures du matin la ville de Pesaro ouvrit ses portes aux autrichiens.

Le lieutenant-feldmaréchal comte Neipperg ordonna , de Cuneo, le 10 août 1815, au major Ensch de se rendre avec son bataillon en France, en traversant la vallée de Stura j et un autre ordre du jour général, daté de Gimooe, le 12 août (1815), annonça que Ferdinand IV , roi des Deux- Siciles venait de lui conférer la croix de chevalier de l'ordre militaire de St. Ferdinand.

Nommé lieutenant-colonel en 1821 , comme nous l'avons dit, François d'Ensch accompagna l'armée d'Autriche lorsqu'elle alla combattre les Napolitains insurgés. Le 7 mars , après la bataille de Rieti où par sa conduite aussi courageuse que résolue

il s'était gagné toute l'estime du généra) Baron Frimont, chef de l'expédition, il fut chargé d'avancer avec une division forte de 5000 hommes sur les Abruzzes et plus tard, en août, en Calabre, et d'y faire des courses. Le corps qu'il avait sons ses ordres se composait du 11* bataillon de chasseurs , d'un bataillon infanterie prince Wied-Runkel N° 31 , d'un autre du comte Albert Gyulay N° 21 , d'un demi-escadron de hussards de l'archiduc Ferdinand et finalement d'une demie compagnie de pionniers.

Encore pendant la môme année le roi de Naples lui conféra son ordre de St. Georges de la Réunion.

Lorsqu'en 1831 il fut promu au grade de colonel, Ensch se trouvait dans les provinces maritimes d'Italie, et eut la satisfaction de recevoir de l'empereur François I , pendant son voyage dans ce pays, l'expression de sa satisfaction sur le bon état et l'instruction du corps placé sous ses ordres.

En 1836, ses longues fatigues pendant près de quarante-quatre ans passés à l'armée et en grande partie dans les camps, ainsi que cinq blessures graves, dont quatre d'armes à feu et une de pointe, le forcèrent à désirer le repos. Il sollicita en conséquence sa retraite qui loi fut accordée sous la date du 1 5 mars , avec un supplément personnel de 300 fis. par an à la pension militaire et le litre de général-major honoraire.

Dix ans plus tard , l'empereur voulant récompenser plus dignement encorè la fidélité inébranlable et les mérites tout personnels du baron d'Ensch , le nomma en outre membre de la 1™ classe de la fondation militaire Elisabelh-Thérésienne à laquelle, nous dit-on, est attaché un revenu de 700 Os. (1750 frs.) , distinction qui n'est accordée qu'à de vieux militaires qui se sont fait une réputation dans les combats.

Le général François Ensch avait contracté deux alliances. La première le 1" février 1814, lorsqu'il était major, avec

la fille unique du baron de Hauer , ministre des finances de l'empire d'Autriche, ne lui donna qu'une fille, Hathilde, qui fit pendant longtemps les délices de la cour de Vienne où elle avait été élevée. Elle est aujourd'hui mariée à N. Beznar von Riedburg. La seconde union du baron d'Ensch, 20 mai 1820, avec Claire de Lindenheim et Friensberg, l'a rendu père de deux fils et d'une fille : l'ainé , qu'il avait nommé Dominique , en mémoire de son frère, décédé le 12 avril 1849 curé à Biersdorf , chef-lieu de commune dépendant du cercle prussien de Bittbourg, est mort jeune; le puîné, François comme son père, est actuellement major au 3* régiment des lanciers autrichiens. Finalement la fille, Jeanne est alliée à N. Szegedy- Ton-Mezo-Szeged .

Le général baron François d'Ensch est mort le 15 mars 1861 , à Tige de 88 ans et deux mois , a Baden en Autriche. Le billet mortuaire lui donne les qualifications suivantes : Général-major impérial et royal en retraite; Chev. de l'ordre militaire de Marie-Thérèse ainsi que de ceux de St. Ferdinand pour le mérite et de St. Georgeade-la-Réunioo des Deux-Siciles ; Membre de la ln classe de l'institution militaire EUsabeth-Thérésienne. Il portait également la médaille militaire de l'armée, et avait enfin été propriétaire du deuxième bataillon des chasseurs.

Notes tnr le général baron d'Ensch, par M. le e«ré 8irma , de Wiltingea; d'après les réeiU de famille et les correspondances même* du général — Renseignement* foarnk. - HieTMrcu, Der Militer Maria-Thererien-Ordea, I, 810 ; II , 1 74* .— OesterreichUche militerisebe Zeitschrift; année 1840, 3* cahier | 1847, B«cah.; 1861, 8* cahier, ce dernier renfermant le nécrologe du général, rédigé par son 41s. - Eut ciril de la «ille de Lwembourg.

EYSCHEN, Pierre-Nicolas, fils de Pierre Eyschen, riche propriétaire-cultivateur, et de Catherine Kellen, est né à Baschleiden, le 20 mars 1796, frère de Charles-Gérard qui a son article.

Après avoir, comme on disait alors, fait ses principes de laUn chez son oncle,

Guillaume Eyschen, curé de Kœrich, il entra au collège de Luxembourg où il acheva l'étude des humanités avec beaucoup de distinction. La philosophie lui fut enseignée par le Directeur Munchen (v.

son art.). De là il se rendit au séminaire clérical de Trêves , afin disait-il , de se perfectionner davantage dans l'usage de la langue allemande. Entré au séminaire de Metz il ne tarda pas à s'y distinguer par sou application , la régularité de sa conduite et ses progrès , tellement qu'après la première année il fut désigné conférencier. L'évêque Jauffret lui conféra les ordres et le nomma immédiatement après aumônier de l'hôpital de St.-Nicolas, a Metz. Quelques mois plus tard il obtint la desservite de la paroisse de Mondorf (1822).

Lorsqu'en 1827 le roi Guillaume I", des Pays-Bas, trouva parmi le clergé une opposition absolue pour admettre dans les séminaires des provinces belges les élèves qui sortaient du collège philosophique qu'il avait créé à Louvain dans l'intention d'y former de jeunes lévites très instruits dans les matières transcendantes, ce prince se vit amené à envoyer ces jeunes gens dans un séminaire étranger , dont les chefs seraient moins susceptibles. Il choisit à cet effet celui de Trêves et donna à cette colonie le curé Pierre-Nicolas Eyschen en qualité de Directeur spécial , avec la qualification de Recteur des élèves du collège philosophique au séminaire de Trêves.

Eyschen avait bien, avant d'accepter cette mission délicate, pris le consentement de l'évêque de Namur, son chef diocésain ; et l'on ne devait pas croire qu'à leur retour, après l'ordination , ces jeunes clercs qui n'avaient qu'obéi à la loi, seraient refusés dans leur patrie par l'épiscopat national. La révolution de Bruxelles ayant éclaté sur ces entrefaites en août et septembre 1830 , l'institution de Trêves fut supprimée; mais le Gouvernement des Pays-Bas se souvint du Directeur qui pour se rendre au vœu du souverain avait abandonné une bonne paroisse : Le roi Guil-

laume 1* lai accorda sur sa cassette particulière une forte pension viagère.

D'un antre côté, le coure des événements politiques ayant opéré un complet revirement dans la manière de voir dn clergé luxembourgeois , Eyschen ne tarda pas à se trouver en bntte à des tracasseries qu'il était convaincu de n'avoir point méritées. Son Ame sensible en même temps que noble et au-dessus des préjugés vulgaires se sentit touchée de cette injustice. Il demanda et obtint la permission d'aller résider à Paris, afin de rétablir sa santé, ruinée par l'étude autant peut-être que par le chagrin de voir combien on affectait de méconnaître les généreuses intentions du roi des Pays-Bas, qui, soit dit en toute sincérité , n'avait en fondant le collège philosophique de Louvain , eu que le tort d'avoir donné a cet institut une direction trop mondaine, peut-être en même temps trop abstraite et spéculative.

Le séjour que l'abbé Eyschen fit a Paris, loin d'apporter l'amélioration si désirée à ses douleurs physiques et morales , ne fit que les augmenter. Il est mort dans cette ville, le 1** ou le 2 juin 1831, n'ayant pas encore atteint l'âge de trente-cinq ans.

Eyschen, en bonne estime auprès de sas supérieurs, était un homme aussi instruit qu'indépendant de caractère. Comme prêtre il doit être particulièrement mentionné pour sa vie vertueuse et ses constants efforts à bien diriger ses paroissiens dans les voies du salut ainsi qu'à maintenir parmi eux la paix , l'amour do prochain et la charité chrétienne. Il a laissé une bibliothèque nombreuse et choisie, composée d'ouvrages embrassant la plupart des connaissances humaines ; mais sa fortune privée avait coulé dans les aumônes nombreuses et souvent considérables qu'il se plaisait à faire aux vrais nécessiteux.

Noies fournie*.- Renseignement» de famille— Archive* 4e BraxeUe* et de LnHnye. - Eut ciril.- Corrctpondoaeet dn curé Ey*ckea arec se* •«*!•.— Ancien! Directoire!.

EYSCHEN, Nicolas. Si» de Pierre

Eyschen et de Anne-Marie Sohaack est né le 3 octobre 1758, à Baschleiden, dans la commune moderne de Boulaide.

Il fit ses humanités au collège des Jésuites à Luxembourg et sa philosophie ainsi que sa théologie à Louvain où il passa Primus et obtint le titre de Docteur dans la science divine. Peu de temps après il fut, sur la proposition de cette université, nommé professeur de théologie au séminaire filial de Luxembourg créé par l'empereur Joseph II. Dans cette qualité il exerça une heureuse influence sur l'établissement et eut en même temps l'occasion d'assister plusieurs prêtres de ses conseils à l'éruption de la révolution française. A la conquête il se réfugia dans son endroit natal où il vécut retiré avec son frère Guillaume , qui était prêtre comme lui et curé de Guerlingen. Comme il avait repoussé avec fermeté le serment républicain de haine a la royauté il fut décrété d'arrestation et était traqué par la gendarmerie qui avait ordre de se saisir de lui : mais , malgré les avertissements qu'il reçut de plusieurs côtés, il refusa de se cacher. Arrêté le 1" frimaire an VII, 21 novembre 1798, à Guerlingen alors qu'il avait atteint l'âge de 43 ans, il fut transporté à Luxembourg , puis à Rochefort où on l'embarqua pour l'Ile de Ré: en route, a-t-il repété souvent, il eut infiniment à souffrir de la faim , de la vermine , du froid et de la dureté dn traitement de la part de ses conducteurs.

Dans les premiers jours de janiier 1799 il aborda sur cette tle où peu de temps après il devait, avec plusienrs de ses compagnons d'infortnne, devenir victime d'une de ces noyades républicaines que l'histoire a enregistrées avec dégoût. Il était déjà monté sur le vaisseau fatal sur lequel devait être accompli ce monstrueux sacrifice au milieu de la nuit suivante , et dans lequel on l'avait lui et les siens fait entrer sous prétexte qu'on voulait les transporter plus loin, lorsqu'beureusement arriva encore à temps l'arrêté

des consuls qui ordonnait de rendre les déportés à la liberté, leur permettant de regagner leurs foyers. Eysche» revint donc dans sa famille. A la restauration du culte il fui envoyé en qualité de curé à Martelange. Mais su santé entièrement abîmée par les souffrances physiques et morales qu'il avait endurées pendant son exil, ne se rétablit plus. 11 n'était pas encore installé depuis on an qu'il mourut au milieu de ses nouveaux paroissiens, en 1802, laissant dans l'âme de tous ceux qui l'ont connu, le souvenir des bienfaits qu'il avait répandus sur les pauvres auxquels il avait distribué tout ce qu'il possédait, se privant même très souvent du nécessaire.

Euuw, Die Imembarger GUubeotbckcnner , 49,

VMS.

FABER , Jean-Jacques , demi-frère de Georges Faber (v. son art.) , était fils de Chrétien Faber , officier et justicier de la seigneurie de Clervaux , et de Catherine Dairemont, sa première femme. Il est né à Hosingen , le 16 août 1751. Après avoir tait ses études humanitaires à Luxembourg, il alla suivre les leçons de droit à l'université de Louvain où il obtint le 17 août 1775 le degré de licencié dans le strict Collège de cette universités après y avoir achevé les années d'études prescrites par les ordonnances de Sa Majesté.

Le 20 octobre de la même année 1775, J.-J*"* Faber prêta le serment d'avocat au Conseil provincial à Luxembourg et fut inscrit sur le tableau du barreau où il se distingua par ses lumières, à tel point que déjà en 1787, au vœu de l'ordonnance Impériale et Royale du 20 avril, créant les tribunaux de justice civile et criminelle de première instance dans le Duché de Luxembourg, il fut désigné premier candidat par le collège électoral pour avoir siège dans le tribunal de la capitale. Cependant comme cette ordonnance parait n'avoir reçu qu'une suite momentanée par l'effet de sa révocation sous la date des 20 juin et 11 septembre de la même année, Faber fut nommé le 3 juillet 1788 con-

seiller au Conseil souverain, où la conquête française le trouva.

En 1796 il figure comme juge au tribunal civil de Luxembourg.

A l'organisation, en l'an VIII (1799— 1 800) ,'des tribunaux d'appel, J.-J*— Faber fut nommé Conseiller à la Cour de Metz, à laquelle ressortissait pendant le régime français le pays de Luxembourg qui avait reçu le nom de Département des forêts.

Après la chute du premier empire français, Faber, devenu français de fait, conserva cette qualité avec son siège de Conseiller. 11 est mort à Wiltz , pendant une visite qu'il faisait à ses deux frères, le sept novembre 1825, à l'âge de soixantequatorze ans.

En récompense de ses mérites comme jurisconsulte profond et comme magistrat éclairé , l'Empereur Napoléon I" l'avait nommé chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur.

Pour terminer cet article , que nous devions à la vertu et à l'intégrité du personnage qui nous occupe , nous nous croyons en devoir de reproduire quelques extraits d'un discours que M. Dommange, bâtonnier de l'Ordre des avocats à la cour, de Metz a prononcé à l'audience du 16 novembre 1825:

« MM. Je prends la parole dans de bien «tristes circonstances, au moment où la « Cour est douloureusement affectée de la «perte récente de l'un de ses membres « les plus distingués.

« Permettez, MM. , que le barreau mêle « ses regrets à ceux de tous les collègues «de M. Faber. Ses vertus privées, son « excellent esprit ont contribué , dès l'ori- « gine de l'institution de la Cour, à fonder, «à cimenter entre les magistrats cette « union admirable qui rend plus facile et « plus doux l'accomplissement des devoirs, « en même temps qu'elle ajoute à la dignité «de la Compagnie.

«Je ne pourrais rien dire à ce sujet, « que chacun de vous , Messieurs , n'eût «senti mieux que moi et avant moi.

« Hais je dois , et Tordre entier des « avocats doit un hommage public à la «taste érudition de M. Faber. Quelle

• science ! et pourtant quelle rare modestie ! «Quelle prodigieuse mémoire! Quelle « pureté de principes , et aussi quelle sa-

• gacité ! Quelle rectitude dans les idées ! « Quelle force de tête ! Les ebagrins qui, « plus encore que les années, l'ont précipité dans la tombe, n'avaient pas altéré «la puissance de ses facultés morales.

«Vous le savez, MM., jusqu'à son dernier «jour, même présence d'esprit, même « pénétration , même aptitude aux impor- « tantes fonctions de la justice. Je ne puis « songer au trésor de science que possé- «dait M. Faber, sans porter des regards

« inquiets sur l'avenir Qui rem-

« placera ces hommes que de longues et « pénibles études ont enrichis d'un immense «savoir?

«Il faut en convenir, nos codes, quel- « ques ouvrages nouveaux et surtout les «dictionnaires de jurisprudence ont rendu « de nos jours l'étude du droit plus simple, «plus facile, plus prompte, mais aussi «plus superficielle. Désormais nous aurons « donc de passables légistes ; mais, parce « que nos lois sont plus complètes , plus «uniformes et mieux ordonnées, nous « sommes menacés de ne plus rencontrer «de profonds jurisconsultes. Etrange con- « dition des choses humaines : le mal est

« toujours à côté du bien !

Les chagrins dont parlait l'orateur , ne provenaient que de la tendance des fils du conseiller Faber à se vouer à l'état militaire malgré son désir de les voir suivre la carrière du droit. Une de ses deux filles aussi , entraînée par la gloire de l'armée sous l'empire , avait été unie au général Thomas, auquel elle donna deux fils qui quoique jeunes encore sont déjà parvenus à de hauts grades militaires; ils sont l'un et l'antre capitaines de cavalerie ; et l'un d'eux a même gagné l'étoile de la Légion d'honneur en Crimée.

Eut civil de Hoiingen et de Wilti.— Earefiitratort» du CoMeil provincial et touTerain. — Aeaaeigaeacnts foarnii. — Tilret originmx. - Journal da Département de la Moaelle, da 94 noveaUtre 188*.

FABER , Jean- Joseph, frère cadet da précédent et comme celui-ci, demi-frère de Georges Faber qui a aussi son article, était fils de Chrétien Faber, Justicier et officier de la seigneurie de Clervaux , et de Catherine Dai remont sa 1" femme. Il est né à Hosingen, le 30 mars 1767.

À l'époque de la vente des biens nationaux par la République française, J.-Jos. Faber se rendit adjudicataire , le 1 1 germinal an VII (31 mars 1799) du château des Comtes de Wiltz, pour la somme fabuleuse de sept cent quarante mille francs, qui fut payée en assignats dont la valeur était tellement minime alors que le prix de cette acquisition vraiment princière ne lui revint pas à plus de cent louis d'or (2,400 frs.), en numéraire métallique. Deux ans auparavant il avait épousé une demoiselle Hobscheid de Wiltz. Dans l'acte de ce mariage , conclu le 22 thermidor an V (9 août 1797) , devant l'agent municipal , il est qualifié de Juge de paix du canton de Wiltz , lequel avait été créé par arrêté dn comité de salut public en date du 14 fructidor an III (31 août 1794). Il paraît cependant qu'il n'a pas longtemps exercé ces fonctions puisque déjà en 1799 il est qualifié tanneur. Pendant tout le régime français, c'est-à-dire jusqu'en 1815 il fit partie du conseil municipal de Wiltz : En 1815 et 16 il y parait même comme l'un des deux Grands-Bourgmestres-présidents.

Nommé membre des Etats-provinciaux, pour l'ordre des villes, et ce dès la 1e* organisation de ce corps en 1816 — 17, il y siégea pendant la session de cette dernière année où il fut désigné pour la seconde Chambre des Etats-Généraux du Royaume des Pays-Bas, mandat qui lui a été continué sans interruption jusqu'aux événements politiques de Belgique en 1830. Pendant celte série de treize ans , Faber

eot le courage de rester toujours d'accord avec sa conscience pour défendre les vrais intérêts de son Pays ; aussi n'y a-t-il pas lieu de s'étonner que , sans prétendre faire une opposition systématique au Gouvernement , ses votes aient toujours été donnés dans le sens le plus libéral. Le Roi Guillaume I*r a beaucoup estimé le député Faber auquel il avait même remis Tordre du Lion néerlandais ; parce que, toujours franc dans l'expression de sa conviction il ne se laissa jamais fléebir pour plaire an ministère auquel plus d'une fois il a ouvertement reproché de chercher à sacrifier les belles provinces belges anx intérêts de la Hollande.

Il parait utile de rapporter ici une circonstance qui a souvent été interprétée dans plus d'un sens : Le bourg de Wiltz, par son affranchissement plusieurs fois séculaire, avait naturellement pris rang de ville, dans le sens des lois sur la matière, comme plusieurs autres localités du Pays qui se trouvaient dans le même cas et qui, par l'effet de méticuleuses craintes d'intérêt matériel ont négligé en temps opportun de faire valoir leurs titres pour, à l'organisation administrative du Royaume des Pays- Bas auquel le Luxembourg avait été annexé, obtenir la conflrmation de cette reconnaissance. J.-Jos. Faber faisait alors partie du conseil de Régence. Il sut si bien plaider la cause de la revendication de ce privilège ancien, qu'il convainquait ses collègues et que la demande en fut formulée. En l'octroyant, le gouvernement qui, paraitil , était très peu versé dans l'histoire de nos seigneuries féodales , demanda le dessin des armoiries que Wiltz désirait obtenir pour en orner son sceau communal. Cette question parut neuve également aux édiles Wiltzois qui avaient apparemment oublié le noble et glorieux écusson du temps des Croisades que leurs anciens dynastes portaient. Ils forgèrent alors cet amalgame disparate , et ridicole en blason , qui leur fut concédé le 26 février 1823, peut-être non sans sourciller de la part de la Chambre héraldique , et qui consiste en un écusson

écartelé , au 1er de sinople , chargé d'une ruche à abeilles volantes , le tout d'or ; au second d'or, au caducée de sable, placé en barre; au 3* également d'or, à l'ancre de sable mis en bande; au 4* enfin fascé d'argent et d'azur, de huit pièces , au lion montant au naturel, brochant et couronné d'or. L'écusson sommé d'une couronne ouverte d'or.

J.-Jos. Faber, qui possédait en outre, en compagnie avec le frère de sa première femme , une tannerie considérable , est mort à Wiltz, le 19 mars 1846, à l'âge de 79 ans. Après le décès de Marguerite Hobscheid il avait épousé Marie-Madelaine Laroborel, de Bastogne. Ni l'une ni l'autre de ces dames ne lui donna postérité qui vécût.

Nous ajouterons, pour terminer, que, devenu propriétaire du château de Wiltz il vendit quatre cinquièmes de ce vaste édifice , ne s'en réservant que la portion du centre , qui, comme chacune des autres parts , forme une habitation vaste et parfaitement distribuée.

Arcbiff» du Grand-Ducbé. Almanach de I» Cour i\r* Pay« Has - Almanach du Grand-Duché.— Juuniiiu* politiques de 1816 à |IUSO. — Etat] ci»il de Uosiogen cl de Wiltz.— Rrn>rigncmcnt« continuniqnéa.— Archive* du Barcau de l'enrrgistrcment de WUU.

FRANCQ, Jean-Loui$-Othon, plus particulièrement désigné sous le nom de Francq l'aîné , est né en f 747 à Orchimont , chef-lieu de la prévôté de ce nom au Duché de Luxembourg. Il était fils de Jean-Baptiste Francq , vivant notaire, décédé juge de paix du canton de Gedinne , aujourd'hui province de Namur.

Après avoir fait ses humanités au collège des Jésuites à Luxembourg il alla suivre les leçons de droit à l'université de Louvain où il prit la licence. Il fut promu avocat au Conseil provincial de Luxembourg le 9 novembre 1768, et devança, comme aîné de la famille , l'entrée au même barreau de ses deux frères, Jacques et Jean-Joseph.

Dès 1787 la réputation acquise par

J.-L.-O. Francq, un homme aussi distingué par la sagacité de sou esprit que par la profondeur de ses connaissances et la rectitude de son jugement,- lui avait valu l'unanimité des suffrages du corps électoral de la ville de Luxembourg institué par l'Empereur Joseph II, et auquel ce souverain aussi éclairé que libéral avait, par une mesure jusque là sans antécédants, remis le choix des Conseillers destinés à composer le tribunal royal de première instance siégeant à Luxembourg (17 avril 1787). Il prêta serment le premier mai suivant.

Ce tribunal ayant été supprimé peu de temps après sa création, les juges qui le composaient entrèrent au Conseil souverain dont ils constituèrent une nouvelle Chambre : seul , Francq ne partagea pas l'honneur de cette promotion , comme déjà dès 1783 il n'avait pas pu y être admis, même sur la présentation de la magistrature , attendu qu'ayant épousé Catherine- Dorothée-Thérèse Pasloret, fille du Conseiller en exercice de ce nom (v. son art.), son admission au Conseil était par suite de cette alliance devenue impossible.

Le même motif encore fut cause qu'en 1788 sa nomination aux fonctions de Procureur-général , proposée par le ministre Comte TrautmansdorlT ne put être accueillie. Un document de 1792 porte en outre que le ministre Comte de Metternich l'avait à cette époque présenté pour entrer au Conseil-privé à Bruxelles. Mais il est à croire qu'il n'aura pas été donné suite à la proposition à cause des troubles qui alors régnaient dans les provinces de la Belgique. Finalement, et toujours pendant la même année 1792 , les députés des Etals du Luxembourg lui offrirent la place de Conseiller-pensionnaire attaché à leur corps; nous ignorons si Francq l'avait acceptée.

En l'an III (1793), à l'entrée des troupes françaises dans la forteresse de Luxembourg, Francq fut nommé chef d'un tribunal provisoirement créé à Luxembourg , et composé des sept membres les

plus distingués du barreau. Immédiatement après la réunion du Pays de Luxembourg à la France et la constitution du département des forêts , il entra dans l'administration centrale dans laquelle il eut peu de temps après à remplir les fonctions de Commissaire du pouvoir exécutif. Dans cet emploi il écrivit lui-même ou dicta les douze ou quinze arrêtés qui furent pris sur le champ pour pourvoir de tout chef à la défense de la place qu'on croyait menacée par suite de la bagarre de Trêves , lors de la déroute près de Mayence lorsque les Français furent battus par Clairfays.

Au commencement de l'an IV il fut chargé par ses collègues de mettre à exécution dans le quartier wallon de la province la réquisition de deux mille chariots , chacun à quatre colliers , pour le service de l'armée du Rhin. Et, bien que la situation des administrés , déjà excédés par ces sortes de contributions ne promit pas de bien grands succès; que même l'administration n'y comptât guère, il sut persuader ses concitoyens de manière que partout les chariots partirent le lendemain de son arrivée dans chacun des cantons que sa mission lui fit parcourir.

En l'an V les élections populaires l'appelèrent à siéger dans la même administration dont il devint le chef et qu'il présida sans interruption jusqu'à l'an VIL En cette dernière année les mêmes électeurs populaires le désignèrent (le 22 germinal, 11 avril 1799) pour siéger à Paris au Conseil des Anciens de la République, où il demeura jusqu'au Consulat, et où il mérita l'estime de ses collègues. Sous ce dernier régime , de nouvelles élections le firent entrer le 4 nivôse an VIII (25 décembre 1799) au Corps législatif dont il fit partie jusqu'en

J.-L.-O. Francq , dit l'aine, est mort à Luxembourg, le 23 décembre de la même année , laissant une nombreuse postérité en partie encore existante.

TitrM «t brevets originaux.— ArehiTcx du Grand* Duché et du Palau a Laxembourg.-Note. fournies par la famille.

GE R D E N , François-Chrétien-Sidoine , de , est oé à Luxembourg 9 le 1 1 décembre 1711, d'une famille originaire de Hachy , village de la seigneurie de Thiaumont, prévôté d'Arlon. Son père, Jean-François Gerden , et sa mère Marie- Sidonie Hack, paraissent avoir habité Dudelange. Le père était bailly de la seigneurie de Mont St.-Jean.

Après avoir obtenu à Louvaiu le grade de licencié en droit, F.-C.-S. Gerden fut reçu avocat au Conseil de Luxembourg, le* 12 août 1735: un mérite peu ordinaire ne tarda pas de lui attirer l'attention du public et l'estime de la haute magistrature du pays qui le plaça en tète de ses candidats pour une place vacante au Conseil où il entra le 17 juin 1748. Ce fut dans cette position que Gerden trouva de nombreuses occasions de déployer une supériorité de talent dans l'administration que dans la judicature. Cette supériorité incontestée Qxa sur lui les yeux de la Souveraine , la grande Marie-Thérèse, qui Gt choix du plus jeune des membres du Conseil pour lui conûer la présidence de ce corps, poste le plus élevé de la province après celui de Gouverneur.

La nomination de Gerden à ces hautes fonctions date du 14 mai 1755.

On sut à Luxembourg que le choix de l'Impératrice avait été recommandé par le comte de Neipperg auquel un long séjour à Luxembourg en qualité de gouverneur du Duché avait laissé l'occasion de discerner la valeur de divers personnages j on y sut que la candidature de Gerden n'avait pas eu l'adhésion du gouvernement de Bruxelles par l'unique motif que celui-ci était sans fortune , et que la Souveraine avait sans hésiter fait disparaître ce genre de difficulté en augmentant par des avantages spéciaux et viagers les rétributions attachées à la présidence , et assuré de cette manière au

titulaire une position en harmonie avec ses hautes fonctions.

Gerden conserva son fauteuil de président du Conseil , avec la charge de Trésorier et de Garde des Chartres jusqu'à son décès, survenu le 29 mars 1787.

Durant sa longue vie il conserva inaltérés l'estime et le respect de ses coucitoyens, et demeura jusqu'à la fia de ses jours une colonne inébranlable de justice et d'intelligente fermeté sur laquelle les souverains pouvaient avec sécurité reposer leur bras. Aussi leur reconnaissance ne lui fit jamais défaut. Par diplôme délivré à Vienne, le 16 mai 1775, la trentecinquième année de son règne, Marie- Thérèse avait élevé le président Gerden aux fonctions de Conseiller d'Etat, avec les honneurs, prérogatives, libertés et franchises attachés à cette charge. Parmi ces prérogatives et honneurs se trouvaient ceux de la noblesse héréditaire. Ce fut aussi à partir de cette date de 1775 que l'on trouve la signature du président Gerden écrite de Gerden.

En 1751 F.-C.-S. de Gerden avait épousé Ludowine Scheer , fille d'un avocat de ce nom. De ce mariage étaient issus deux enfants décédés gun et l'autre sans laisser postérité.

Titre* originaux de la famille.— Arcbivea da Con- ■eil de Luxembourg. — Notice* communiqués par M. de la Fontaine, père, anciea Gourernear da Grand- Duché.— Etat eitil de Luxembourg.

HATTSTEIN , Philippe de, fils de Jean, président du Conseil provincial de Luxembourg, conséquerament frère de Guillaume qui précède (v. son art), succéda à son père comme plénipotentiaire des archiducs à Spire, de 1601 à 1603. Plus tard , sous les empereurs Mathias et Ferdinand , il fut chargé d'autres missions touchant les intérêts de la Belgique germanique. Il est mort en 1636.

Cb. Bxauaatca, La nablewe belge aux affaires

d'Allemagne, 1010-1040; dans: Bulletin du Bibliophile belge; T. VIII, 2« xérie; 1001; 379.

HENN, Alexandre.— A ajouter à l'ar-

ticle concernant ce personnage, T. I, p. 242.

L'abbé Alexandre Henn a été pour son époque récriTain le plus important de son abbaye , comme il fut un des plus vigilants directeurs de cette maison religieuse. En effet, il a composé trois ouvrages qui sont restés manuscrits , traitant de l'Histoire de Trêves en général, et formant pour son monastère comme pour la collégiale de St. Paulin une des sources principales pendant le dix-septième siècle. Ces œuvres ont pour titre: i* Memoriale verum et brève potissimorura quœ contigerunt huic monasterio (S. Maxim.) ab anno 1645 mense nov.

— 2° Epbemeris obsidionis Trevericae per Gallos anno 1673. — 3° Excidium S. Paulini anno 1674.

D'un autre côté, après avoir en trois ans de temps fait reconstruire l'église, le cloître et tous les accessoires de l'abbaye de St. Maximin, tels que ces édifices subsistent encore en partie de nos jours, ses religieux purent y rentrer en 1683 après avoir forcément séjourné pendant près de neuf ans h Fetzcnrcich. Il orna richement la nouvelle église , fit placer de belles statues sur les tombeaux des Saints Maximin , Agrèce et Nicet , éleva vingt autels dans le temple, posa dans le chœur de bons tableaux représentant les grands hommes et les principaux faits de l'ordre de Saint Benoît. 11 fit de même rebâtir l'église de Saint Michel ainsi que l'hospice de Sainte Elisabeth près de son monastère.

Enfin , après avoir achevé tous ces édifices il voulut également pourvoir à la conservation des propriétés de l'abbaye ainsi qu'à celle de ses droits. Dans cette intention il classa par ordre chronologique une masse d'anciennes Chartres et les inventoria. 11 fit copier par ordre alphabétique , en quinze volumes in folio , tous les titres , actes , donations , relaissements , records , etc. , des biens de sa maison dans laquelle il ranima le goût des études monastiques: Il eut

la joie de voir en on seul jour six de ses religieux couventaels obtenir le degré de Docteur. Il a acquis pour la bibliothèque un grand nombre d'ouvrages précieux parmi lesquels ceux qui ont été sauvés du naufrage révolutionnaire portent encore son nom inscrit sur le couvercle.

Alexandre Henn était, lui cinquième frère profès religieux de l'ordre St. Benoît; et troisième qui fut abbé, Guillaume à St. Mathias et Benoit à St. Martin de Trêves. Une sœur avait également pris le voile à la Congrégation dans la même ville.

lui, Gf.chichte de* Erutifte* Trier. III, 159, êq.i et 184, s<jg.

HEUARDT, Jean-Henri, fils de Henri Heuardt et de Anne-Marie Beving , est né à Bollingen , commune de Mersch , le 27 germinal an IX (17 avril 1801).

Après avoir achevé ses études préliminaires aux athénées de Luxembourg, d'Ath et de Trêves , J.-H. Heuardt se rendit à l'université de Liège où il suivit successivement les cours de philosophie et de droit. Il y obtint le 25 juin 1828 le grade de Docteur dans l'un et l'autre Droits, après avoir soutenu une thèse : De instrumenta privato. Le 8 août de la même année il se fit inscrire sur le tableau du barreau attaché au tribunal de première instance de Luxembourg.

Lorsque dès la naissance de la révolution de Bruxelles et l'avènement du Gouvernement provisoire de Belgique ce dernier eut démissionné le père de J.-H. Heuardt des fonctions de juge de paix du canton de Mersch que celui-ci avait depuis un grand nombre d'années occupées avec zèle, et ce pour le motif qu'on le soupçonnait de n'être pas assez attaché à cette révolution , le jeune avocat fut appelé le 16 octobre 1830 à sa succession. Mais, soit délicatesse, soit que sa conviction politique fût acquise à la Maison de Nassau-Orange, J.-H. Heuardt refusa d'accepter ce siège et envoya dès le lendemain sa démission à Bruxelles : Cependant il parait que cette

démission ne fut pas acceptée. Toujours est-il établi qu'il ne prêta pas le serment exigé à cet effet, et qu'il n'a pas été installé. Nommé le 30 novembre suivant, par le même gouvernement provisoire, juge au tribunal de Diekircb , il s'y rendit et occupa cette magistrature jusqu'au 16 mars 1831 , date de l'acceptation de sa nouvelle démission, laquelle était, comme la première , motivée sur son refus réitéré de prêter serment au nouvel ordre des choses , parce qu'une foi sincère et par cela même honorable loi défendait de jurer fidélité à un revirement politique qu'il condamnait comme opéré contre la dynastie légitime.

Le 19 avril 1831 , le roi des Pays-Bas nomma J.-H. Heuardt juge au tribunal de Luxembourg et le lendemain juge d'instruction, dignités qu'il occupa avec dévouement et conscience pendant près de dix ans , a une époque où il existait tant d'influences contraires qui s'entrechoquaient ai elles ne se combattaient pas ouvertement les unes les autres , tant de la part de la garnison fédérale de la forteresse que de celle de la bourgeoisie. Le 4 décembre

1838 le gouvernement y ajouta même les fonctions d'auditeur militaire qu'il conserva jusqu'au 31 mars 1841. A la nouvelle organisation de la magistrature après la reprise de possession du territoire dit cédé en vertu du traité de Londres du 19 avril

1839 , J.-H. Heuardt fut de nouveau, en vertu de l'ordonnance du 4 janvier 1840, désigné juge au tribunal de Luxembourg, et, le 10 novembre 1841, promu à la dignité de Procureur d'Etat près le tribunal d'arrondissement de Diekircb. Déjà un -autre arrêté royal grand-ducal, du 19 juillet 1 842 , l'éleva à la présidence du même tribunal. Enfin , par un autre arrêté pris le 25 février 1843 , il fut admis à la Cour supérieure de Justice et de cassation du Grand-Duché , avec le titre de Conseiller.

Le conseiller Heuardt , qui était décoré de l'ordre de la Couronne de chêne , a en outre et successivement rempli de nombreuses fonctions honorifiques et de bien-

faisance, telles que entr'autres celles de membre de la Commission administrative des hospices civils de Luxembourg depuis le 14 décembre 1849, de Président d'un comité de charité du Bureau de bienfaisance (depuis 1882). A compter de 1849, il a également occupé sans interruption le fauteuil de Président du Conseil de révision en matière de milice ; enfin , il a été à plusieurs reprises membre de la Commission de législation qui avait été instituée par la Constitution de 1848.

J.-H. Heuardt est décédé à Luxembourg, le 14 juin 1861, à l'âge de soixante ans , après avoir avec honneur rempli pendant trente ans la délicate carrière de la magistrature dans laquelle il s'est concilié , dans la véritable acception des mots, la confiance, l'estime et l'affection de tous. Animé d'un grand esprit de justice , il a constamment cherché à distinguer le véritable droit de la chicane; en un mot, si nous pouvons nous servir des expressions de H. le Procureur-Général Jurion lorsque dans son discours de rentrée de la Cour il fit sur le Conseiller Heuardt un panégyrique aussi délicat que profondément vrai , nous dirons qu'il fut un bon , un excellent juge. Dans la vie privée , personne non plus n'a porté plus loin que lui l'aménité et l'égalité de caractère et de la bienveillance : en un mot , à sa mort il a laissé d'unanimes regrets et pas un ennemi.

Eut cm].— Note» et date* communiquée*.— Souvenir» personnel*.— Annuaire de l'Uni* erti té de Liège» 1830, p. 70.— Joaioa, Difconr* de rentrée de la Conr, 1861, p. 46, »q. — Mémorial da Grand- Duché, année* eorre*pandante*. — Alntanaca* de Luxembourg, 183S a 1801.- Archive, du Palau.

HEYDEN , Françoit-Edouard-Antoine von der, nommé aussi quelquefois par les français de Hbydbn , seigneur de Stolzembourg et Niederweis , né le premier novembre 1693 , était onzième enfant et en môme temps fils unique de Jcan-Herman von der Ileyden et de Marie-Ursule Baronne Cob de Nuedingen.

Ayant perdu son père en 1700 et ta mère vers la même époque, c'est-à-dre alors qu'il n'était encore âgé que de six à sept ans, F.-E.-A. von der Heyden fut mis d'abord sous la tutelle et curatelle de Lolhaire de Zievel , seigneur de Bettembourg, mort quelques années plus tard , ensuite sous celle de Henri de Schauvenbourg, seigneur de Berward , son beaufrère par son mariage avec Marie-Julienne, une de ses sœurs.

Par lettres d'émancipation et de bénéfice d'âge, en date du 14 février 1716, l'empereur Charles VI déclara F.-E.-A. von der Heyden majeur, « attendu, y est-il dit, « qu'ayant atteint l'âge de 23 ans et étudié «deux ans en droit il serait capable de «gouverner lui-même sa personne et ses « biens. »

Il était conseiller de courte -robe au Conseil provincial de Luxembourg et député de l'état noble de la môme province lorsqu'il fut élevé a la chevalerie par lettres du 18 avril 1731. Le 13 octobre 1742, comme il était le plus ancien Conseiller en rang de nomination et en même temps Justicier des nobles, il obtint d'être nommé Président du Conseil en adjonction à Christophe Baron d'Arnoult et en survivance du même : il prêta serment en celte qualité le 11 mars 1743. Enfin le 14 mars 1746 il fut également désigné garde des Chartres.

F.-E.-A. von der Heyden avait épousé Marie-Guillerainc Baronne d'Eltz-Bodendorf, qui lui donna un fils, Philippe- Charles , et une fille Ferdinande.

Depuis son mariage il ajouta à ses titres de dynasle de Stolzembourg et de Niederweis celui de seigneur de Prum-zur- Ley.

Par lettres -patentes du 2 novembre 1743, l'impératrice Marie-Thérèse lui conféra le titre de Baroo de son nom , avec addition d'une couronne de comte à ses armes de famille qui sont : d'argent, à la fasce de sable, accompagnée de trois lions de gueule, 2 en chef et 1 en pointe. On lit dans ce document : « Que la famille

« de Heyden, en allemand von der Hey- « den , serait originaire de l'Empire. Que « le nouveau baron possédait encore alors «par succession de ses ancêtres, de son « nom et armes, des biens nobles, libres, « immédiats, ressortissant du corps de la « noblesse du cercle du Bas-Rhin , depuis « un temps immémorial et y jouissait des « franchises, privilèges et exemptions dont « usent ceux de la noblesse libre immé- «diale; que ses ancêtres s'étant établis « en la province et duché de Luxembourg «depuis environ deux siècles y avaient «possédé plusieurs fiefs et seigneuries et « auraient toujours été fidèles vassaux des «prédécesseurs de l'impératrice - reine ; « qu'ils se seraient constamment alliés à « des familles d'ancienne noblesse ; et «qu'après avoir fait preuve de leur ex- « traction d'ancienne chevalerie tant du « côté paternel que maternel , suivant qu'il « est de coutume au siège des nobles de « l'ancienne chevalerie luxembourgeoise, « ils y auraient été reçus successivement « depuis l'an 1 563 jusqu'à la date des «présentes; que l'impétrant est actuelle- « ment justicier des nobles et chef du « dit siège ; que son nom et les armes «de Heyden sont de plus reçus et re- « connus pour chapitraux en plusieurs cha- « pitres et collégiales nobles parla réception « de ses proches parents et alliés ; que « la famille Col» de Nuedingen dont l'im- «pétrant descend du côté maternel, est « aussi une de celles de l'ancienne cheva- «lerie de la même province, reconnue « et reçue pour telle au siège des nobles

« et en plusieurs collèges nobles ;

«que l'impétrant a été pourvu d'une des «charges de conseiller de Courte-robe «au Conseil provincial de Luxembourg «en 1721 et qu'en 1731, après sou élec- « tion à la charge de Justicier des nobles « par ceux de la noblesse , ayant été par « sa Majesté honoré de lettres de Cheva- «lerie, expédiées le 18 avril 1731 et «ensuite pourvu de lettres-patentes en « vertu desquelles il aurait été admis à la « desservite de la dite charge ; qu'il aurait

«fait les fonctions de dépoté de l'état «noble de Luxembourg peodant quinze «ans: puis gratiûé de la charge de pré- « sident- adjoint du Conseil provincial <« avec future succession etc. »

Le Président Ton der Heyden est mort à l'âge de près de 62 ans, le 21 janvier 1755 , frappé d'un coup d'apoplexie.

Il parait que sa nomination à la Présidence du Conseil provincial ne fut pas accueillie avec faveur , parce qu'on prétendait y voir une violation des prérogatives de ce corps magistral. En effet, nous lisons dans nn registre de l'ancien couvent des capucins à Luxembourg , l'éloge suivant de ce grand homme; cet éloge renferme quelques mots sur la particularité que nous venons de mentionner:

« Le 22 janvier 1755 , entre les 9 et « 10 heures du soir mourut à Luxembourg «à, l'âge de 62 ans , après quelques jours «d'indisposition, le très noble seigneur «François -Edouard- Antoine Baron de « Heyden , Chevalier, Justicier des nobles « des duché de Luxembourg et comté de «Chiny, Président du Conseil provincial « de Luxembourg et Garde des Chartres, « seigneur haut-justicier de Niederweis « et autres lieux. Ses belles qualités , «sa prudence, sa modération , sa douceur, « son affabilité , sa vigilance , son zèle «pour le service de l'Etat le rendaient « digue d'une plus longue vie et le firent «sincèrement regretter de tous ceux qui «connaissaient ses vrais mérites. Il avait « été nommé par la Cour de Vienne à la « survivance du Président d'Arnoult. Cette «charge, qui était en quelque manière • incompatible avec celle de Justicier ou «Président du siège des nobles de la «province, lui attira de la jalousie et «des occasions de chagrins; mais il sa- « vait les surmonter par one force d'esprit « supérieur à la prospérité ou à l'adversité.

AtehifM in Com. ProT.; Rcq. Ce»». N« 110». p. «04- et N« 1108, p. 171.-NobUUire de* I».y»- Bu et de BoargofDe. 1686-1768 1779. p. «74» id. 8ee<mde partie, II, 7S1; id. Sait* da Sapplé- ■aeatf VIII, 854.— Uftcucacct, Dictioon. herald, werit- Liste de* tilt» de Nobleue, «te. 170»-

1733, 83.— lUuca, Eiflia tllattraU , II, i, 175— 176.- Refiltre de* archives dea capaeia* de Laiem- Iwarg, 73.

IGNON, Henri-Antoine-Joseph , Comte de Saint , est né à Grand-Failly , dans le Luxembourg dit français, le 12 octobre 1716. A l'âge de 17 ans il entra à l'armée autrichienne dans laquelle il avait obtenu le grade de major des cuirassiers nommés Serbelloni lorsque commença la guerre dite poux la succession. Peu de temps avant la fin de cette guerre il fut nommé lieutenant-colonel et adjudant-général; et finalement en janvier 1757 il passa colonel du régiment des dragons de Wurtemberg , aujourd'hui N° 3.

A la bataille de Kollin, le régiment que de Saint-Ignon commandait, et qui ne se trouvait posté qu'à quatre cents pas de l'ennemi , avait pendant sept quarts d'heure été exposé à un feu très vif qui lui avait fait immensément souffrir, lorsque le commandant parvint à lui faire prendre une position tellement avantageuse qu'il put nooseulement protéger les derrières de l'infanterie autrichienne mais encore menacer le flanc de ses adversaires.

Lors qu'ensuite les deux compagnies des grenadiers de ce régiment eurent attaqué l'ennemi , de Saint-Ignon les secourut puissamment , s'avança contre l'aile droite des Prussiens et sabra avec tant de force deux de leurs bataillons qu'il les culbuta. Blessé pendant cette héroïque action , il obtint la croix de l'ordre de Marie-Thérèse et fut promu au mois d'avril de l'annné suivante au rang de général-major. Il fut en outre nommé propriétaire du régiment de dragons qui porte de nos jours le N° 7.

Les vaillants services ultérieurs qu'il rendit pendant les campagnes suivantes de la môme guerre comme pendant la paix, décidèrent sa promotion au grade de Lieutenant-Feldmaréchal.

Le comte H.-A.-J. de Saint-Ignon est mort le 9 mai 1779 , au Mesnil-sur-Seraois , commune de Chassepierre dans le Luxembourg belge.

Le 2 «Trier 1746 , il avait épousé à Signeulx , commune de Bleid, dame Marie- Josèphe-Louise du Faiog , tille de Maximilieu du Faiog, écuyer, seigneor de partie du Mesnil , Signeulx et St. Remy , féodal d'Etalle , et de Anne-Marie Neumetzler , dite de Mameren , d'Esch-surla-Sûre. De ce mariage naquit un fils, Alexandre-Xavier-Charles-Joseph de Saint- Ignon, dit de Wolfsfeld sur la Nims, qui continua son nom.

La famille de Sainl-Ignon porte: de gueules , à trois tours d'or.

DirrcRrci.», l>er Militer Maria-Thereslen-Ord'en mmà seine Mitglieder, I. 46. sq.— Nitm, Histoire de la Baroanie de Jaatoigae el de ica «eigneart ; stc* la généalogie complète de leara maisons, 50 et 31. Archives de la Famille w Faisc a'Aicaeaoar.

JUTTEL, Nicolas, fils de Nicolas Juttel , écbevin , et de Joséphioe Pondrom , est né à Diekirch , le 6 décembre

Il était âgé de onze ans lorsque ses parents le mirent au collège de Cologne où il a étudié pendant sept ans. Après avoir achevé ses humanités il alla fréquenter l'étude du notaire Huberty, à Luxembourg pour faire son stage. Admis ensuite dans celle du procureur de Neunheuser, dans la même ville, il y resta plusieurs années et y était encore à la mort du patron auquel il rendit même bien des services pendant sa maladie.

Nommé immédiatement après huissier près le Conseil de Luxembourg, de résidence à Vianden , alors qu'encore il n'avait que 23 ans d'âge (1789) , il obtint le 27 juin 1793, une étude de notaire à Diekirch, cumulant ces deux fonctions jusqu'à l'entrée des Français en 1795.

Comme sous le régime nouveau ces deux emplois avaient été déclarés incompatibles , Nicolas Juttel opta pour le premier (17 vendémiaire an IX , ou le 9 octobre 1800) , parce que sous l'administration autrichienne la place d'huissier avait été plus lucrative et même plus relevée aux yeux du public : Il fut également et pendant quelque temps assesseur du juge

de paix de Diekirch en même temps qu'il resta huissier. Par décret impérial daté du camp de Scbœnbruo, le 7 octobre 1809 , il fut nommé juge de paix du même canton , en remplacement du sieur Blau décédé , et prêta serment en celte qualité le 29 du même mois. Il conserva cette magistrature jusqu'au 18 août 1842 et l'exerça avec zèle el dévouement. Parvenu de cette manière jusqu'à l'âge de soixante-seize ans il fut forcé de demander sa démission par suite des infirmités inhérantes à la vieillesse : il avait en effet presqu'entièrement perdu l'usage de la vue. Le 14 février 1843 il obtint sa pension de retraite , après avoir été huissier pendant 20 ans en même temps que notaire pendant 7 , et finalement magistrat de conciliation pendant 33 ans, en tout 53 ans de service judiciaire.

Nicolas Juttel a en outre, en 1816, 1817 et 1818, à l'organisation des Etats provinciaux , fait partie de ce corps pour l'ordre des villes (arrêté royal du 26 avril 1816). Il a également et jusqu'en 1830 été membre du Conseil communal et pendant quelques années Bourgmestre de la ville de Diekirch.

Sa vie laborieuse , sans tache et sobre lui avait gagné l'estime de tous en môme temps qu'une santé telle qu'il est parvenu jusqu'à l'âge de quatre-vingl-quinze ans , ayant conservé jusqu'à son dernier jour sa mémoire ainsi que toutes ses facultés intellectuelles. Libéral modéré et ne désirant que le bonheur de son pays, bonheur auquel il a constamment travaillé dans son cercle d'action, il a pu en qualité de fonctionnaire prêter serment à tous les gouvernements qui se sont succédés pendant sa longue carrière, l'autrichien , le français, celui des Pays-Bas, le belge et le grand-ducal , parce que , se disait-il, il voulait rester toujours et pour toutes ses actions, son propre joge. Comme nos ancêtres l'ont fait tant de fois après la conquête française , Juttel se plaisait souvent à parler des grandes libertés dont le Luxembourg avait joui

sons le gouvernement autrichien qu'il n'a jamais pu oublier.

11 est décédé à Diekirch , le 2 décembre 1861 , tranquille et sans souffrance , comme il avait vécu. Toutefois pendant ses dernières années il avait complètement perdu la vue.

Comme fonctionnaire, il fat nn modèle de probité, de bonté de cœur et d'exactitude dans les affaires, le type des bons juges de paix , le magistrat conciliateur par excellence, l'ennemi infatigable des procès et des dissentions. Il aimait a raconter que, du temps autrichien , lorsqu'il était huissier , il n'a jamais fait une exécution forcée contre des débiteurs , tout en satisfaisant l'intérêt des créanciers; il a toujours su arranger les affaires a l'amiable en cherchant des ressources pour l'un, des garanties pour l'autre , et se portant au besoin caution

Etat eWil.— Ren*rignemeat» fourni*. — Joaraal le Courrier, Au 7 décembre 1861.— Brevet* el nomi-

LA FONTAINE, Pierre-Vrançoù-Xavier-Léopold de, est né a Saint- Vith, en 1766 on 1767 , fils de Jean-Paul de la Fontaine, notaire el officier de la seigneurie de Tommen, et de Catherine-Françoise Coutelier, fille de François Coutelier, échevin à Bastogne.

Gradué à l'université de Loovain, il fut, le 30 janvier 1787, reçu conjointement avec son frère aîné, Théodore-Ignace, avocat au Conseil de Luxembourg. Distingué par la vivacité de son esprit autant que par son caractère énergique , de la Fontaine cadet, c'est sous cette désignation qu'il était connu alors , fut de très bonne heure appelé dans la carrière des emplois publics. Déjà dans Tannée même de son entrée au barreau on le trouve remplissant les fonctions de secrétaire du Conseil de première instance appelé à siéger à Luxembourg , un tribunal dont le personnel, par suite d'une concession du Souverain jusque-là inouïe , avait été choisi directe-

ment par la bourgeoisie de la capitale (v. l'art. d'Olimart). Après la suppression de ce corps dont l'existence n'avait été que très éphémère , il fut par les treize maîtres de la ville de Luxembourg élu pour leur syndic : Ce corps des treize maîtres avait dans les derniers temps de son existence acquis une véritable importance politique. II représentait avec son esprit démocratique la bourgeoisie proprement dite, balançant dans des cas nombreux les tendances oligarchiques de la corporation judiciaire à la fois et administrative, nommée le magistrat.

Ce fut de la Fontaine qui , en sa qualité de Syndic de la bourgeoisie, se trouvait durant le blocus de 1794 — 1795 constamment en relation avec les autorités chargées de la défense de la place. Ce fut à lai également que le maréchal Baron de Bender (v. son art.) adressa après la capitulation de la forteresse la dépêche dans laquelle il exprimait au nom du Souverain et de la garnison la plus vive reconnaissance pour les services éclatants d'abnégation et de dévouement, manifestés par la population luxembourgeoise dorant le long investissement de cette place.

Uni de cœur et de sentiment à cette bourgeoisie, de la Fontaine n'avait pas tardé de s'attirer l'animadversion républicaine dont la trame éclata en 1799. A cette époque il fut compris parmi les huit luxembourgeois, dont son oncle , le conseiller de la Fontaine (v. son art.) faisait également partie, qui étaient destinés à la déportation, uu sort qu'ils ont attendu dans les prisons de Paris , et auquel ils paraissent n'avoir échappé qne parce que la République ne possédait plus de vaisseaux à commettre sur l'Océan pour transmettre des victimes nouvelles aux déserts marécageux de la Guyane.

P.-F.-X.-L. de la Fontaine est mort célibataire, à Luxembourg, le 6 floréal an XII (26 avril 1804).

RwueJgaemenU 4e famille.-Etat eiTil.-AreatTes de l'hôtel de vUle de Luxembourg. — AreaWes da

LA FONTAINE , Théodore-Ignace de, fils de Jean-Gaspard de la Fontaine, mayeur de Recht, et de Régine KaufFman, de Bullingen, est né à St.-Vith, le 17 août

Licencié en droit de l'université de Louvain, il fut reçn avocat près dn Conseil provincial de Luxembourg, le 16 octobre 1767, et promu Conseiller lettré le 5 août

Grand partisan, comme tous les hommes véritablement éclaires de son époque , de la réforme radicale introduite dans l'ordre judiciaire par l'Empereur Joseph II tendant à substituer aux Justices seigneuriales des tribunaux composés de juges instruits et inamovibles , ce fut le Conseiller de la Fontaine qui fixa le choix du Gouvernement pour l'exécution de cette grande mesure dans les quartiers allemands de la Province. Ce fut aussi lui qui fut chargé de composer et de présenter directement au Gouvernement de Bruxelles le plan de la circonscription des nouveaux tribunaux dont le ressort n'excédait pas celui des modernes justices de paix; ce fut enfin lui qui présenta la liste du personnel à attacher à ces divers corps judiciaires, et qui reçut la mission de convoquer et de présider le corps électoral de la ville de Luxembourg , investi d'un droit sans précédent, du droit de nomination des magistrats appelés à composer le conseil de première instance pour la capitale et sa banlieue (v. l'article oVOlimart).

Le gouvernement récompensa le conseiller de la Fontaine pour le zèle et la prudence qui avaient caractérisé son intervention dans une longue série d'affaires délicates, en l'élevant le 17 avril 1787 aux fonctions de Conseiller au Conseil suprême de Justice , établi à Bruxelles et que l'on nomma Conseil aulique.

On sait que la création nouvelle de l'Empereur Joseph II ne survécut pas a son règne : aussi à la suppression du Conseil aulique de la Fontaine revint a Luxembourg reprendre son fauteuil au Conseil-Souverain. Hais vers cette époque de nouvelles

et importantes occupations vinrent encore l'enlever aux travaux de la judicature et l'appliquer à l'administration du pays.

Voici à quelle occasion : Jusqu'en l'année 1789 les limites ardennaises entre le Duché de Luxembourg et celui de Juliers avaient laissé un grand nombre de points incertains ou mal définis , état de choses qui donnait naissance à des difficultés sans cesse renaissantes. Ce fut le conseiller de la Fontaine que le Gouvernement des Pays-Bas choisit pour vider ces vieux différends. Sa négociation , ouverte et close sur les terrains litigieux môme obtint le succès désiré, et son résultat se trouva couché dans un traité que l'empereur ratifia le 27 décembre 1789.

Pendant les troubles de la Belgique, lesquels s'étaient propagés dans la plupart des provinces et qui étaient passés à l'état de révolte ouverte, l'Archiduchesse-Gouvernante et son époux le prince Albert de Saxe-Teschen s'étaient vus contraints de quitter leur résidence de Bruxelles et de se réfugier à Bonn. Durant les hostilités qui ne tardèrent pas d'éclater, une Commission administrative fut organisée à Lux* embourg en remplacement du Gouvernement de Bruxelles complètement dissous.

Le Conseiller de la Fontaine fut attaché à cette administration connue sous le nom de Junte royale, en qualité de Conseiller rapporteur.

Après la capitulation de la ville de Luxembourg et la suppression des anciennes dicasteries par les Commissaires républicains de la France , l'ex-conseiller de la Fontaine fut nommé Président du Tribunal criminel. Mais les agents des conquérants ayant dès les premiers Jours de cette institution nouvelle ordonné des poursuites à charge d'un assez grand nombre de citoyens luxembourgeois réputes émigrés , et ayant rencontré de la part d'une magistrature de vieille roche une répugnance invincible de se prêter à prononcer des peines capitales à charge d'individus qui n'étant pas nés français n'avaient pu forfaire aux lois de la République, cette résistance leur

«rait promptement appris qu'ils s'étaient trompés dans leur choix, ils s'empressèrent de réparer l'erreur commise en donnant ud successeur au Président premier nommé.

A partir de cette époque, de la Fontaine crut devoir s'abstenir de coopérer a l'administration d'un pays conquis mais non encore cédé à la France par ses anciens souverains qui continuaient la guerre contre cette dernière. Les préliminaires de la paix signés à Léoben , le 29 germinal an V (18 avril 1797) , par lesquels la Maison û' Autriche abandonnait à la France la Belgique toute entière, en laissant entrevoir le sort définitivement réservé à ces provinces, auraient eu très probablement pour effet de rallier tous ses enfants au sort de la patrie ; mais incessamment après survint dans les hautes régions du gouvernement républicain français le Coup-d'Etat du 18 fructidor (4 septembre 1797) qui remit la direction des affaires publiques dans les mains du parti dit des Jacobins. Ce nouveau Gouvernement se signala immédiatement par l'abandon de la circonspection et de la prudence que les agents de la République française avaient jusque 1k pratiquées dans les pays conquis; et sous prétexte de dompter des factions réactionnaires , il réorganisa en grande partie la terreur de 1793, diminuée cette lois du massacre des prisonniers , des noyades et de la guillotine, procédés devenus trop odieux à la nation pour pouvoir être impunément repris. En sus, le nouveau gouvernement exigea non seulement des fonctionnaires de l'Etat mais indistinctement de tous les ecclésiastiques, envisagés comme fonctionnaires, le serment devenu célèbre de haine à la royauté.

Le plus grand nombre des prêtres luxembourgeois refusèrent de prêter ce serment , envisagé par eux comme impie. Sur ce simple refus, ils furent en masse qualifiés de réfractaires et encoururent la peine de la déportation : un grand nombre d'entre eux subirent cette peine. Ceux qui ne purent être arrêtés ne conservèrent leur liberté qu'en se dérobant à la vue et en

se livrant a l'exercice du saint-ministère dans les arcanes des maisons des particuliers. Cette persécution de leur clergé renforça inévitablement parmi les luxembourgeois religieux l'antipathie qu'avaient provoquée parmi eux diverses mesures du gouvernement républicain : dans les Ardennes éclata une révolte qui procura à une fraction de l'ancienne terreur l'occasion désirée d'assouvir ses instincts sanguinaires : vingt-sept ardennais , gens pour la plupart simples et ingénus , enrôlés et armés de gourdins par d'ineptes chefs, durent rougir de leur sang les glacis de Luxembourg pour servir d'épouvantail au reste de la population.

L'absence dans le Gouvernement des principes qui avaient jusque là servi de norme dans la vie morale et civile de la population luxembourgeoise avaient fait naître dans celle-ci la plus étrange confusion. Des esprits distingués, unanimes daps la répulsion de toute espèce de violence , étaient néanmoins sous d'autres points de vue emportés dans des directions opposées: mais, invincible dans ses convictions religieuses et politiques, Th.- Ign. de la Fontaine , semblable à ces sénateurs romains qui impassiblement assis sur leurs chaises curules attendaient le fer gaulois qui devait trancher leurs jours, lui aussi continuant d'offrir à ses concitoyens un modèle a la fois de fermeté et de dignité magistrale , n'avait pas hésité de rompre toute communion religieuse avec les prêtres assermentés, ne s'était pas assis au festin où se consommaient les dépouilles des corps ecclésiastiques et des émigrés, etc. etc. Cette absence de civisme devenait de la part d'un homme de son rang et de son influence d'un exemple trop scandaleux pour pouvoir être toléré : Le salut public exigeait qu'il disparût. A diverses reprises des visites domiciliaires, exécutées en dehors de l'intervention judiciaire avaient eu lieu chez lui , ses papiers de famille , sa correspondance surtout avaient été minutieusement scrutés ; mais ces perquisitions réitérées

n'ayant pas produit une seule ligne d'écriture compromettante, les clubs se virent réduits a décréter un des coups-d'état autorisés par leur code. Pendant le mois de novembre 1798 , à deux reprises différentes , de la Fontaine vit son domicile envahi par une escouade d'hommes armés , a une heure après minuit. Entraîné de son lit et des bras de sa famille , il fut déposé dans la prison militaire, laquelle il trouva chaque fois encombrée de prisonniers tant de la ville que des campagnes. Une première arrestation n'avait eu que quelques jours de durée ; mais peu de jours après avoir été remis en liberté il fut arrêté une seconde fois avec le même appareil que la première et transporté à la citadelle de Metz. Après nn séjour de quelques vingt-quatre heures dans cette forteresse , Th.-Ign. de la Fontaine, lai huitième, dans une colonne de luxembourgeois destinée à porter ses os à Synamary, fut expédié pour Paris.

Conduit vers ce point par la gendarmerie , de brigade en brigade , jeté le soir sur de la paille dans une prison de passage, par un froid de quinze degrés Réaumur, il fut à son arrivée à Paris installé dans la prison de Ste. Pélagie, ayant pour compagnons de détention des repris de justice de toutes les catégories. Mais après quelques mois de séjour à Ste.

Pélagie le gouvernement du Directoire, par suite d'un revirement partiel dans sa composition, s'étant relâché dans l'emploi d'acerbes mesures, lui ouvrit la prison et lui assigna , sous la surveillance de la police la ville de Paris pour résidence. Enfin, après l'avoir tenu séquestré de sa famille pendant six mois on lui permit de retourner chez lui en lui recommandant de devenir bon citoyen.

L'année 1799 ne s'était pas écoulée quand survint la célèbre journée du 18 brumaire (9 novembre) qui renversa le gouvernement directorial et mit le pouvoir dans les mains de trois consuls bientôt remplacés par l'un d'eux proclamé Empereur. Th.-Ign. de la Fontaine , dont la santé se trouvait profondément atteinte

par les traitements qu'il avait éprouves et les inquiétudes qu'il avait subies , de retour dans sa famille sentit le besoin du repos et manifesta la résolution d'abandonner la carrière dans laquelle s'étaient passées les meilleures années de sa vie , en quittant Luxembourg et se retirant au château de Stadtbredimus , propriété qu'il avait acquise dans ce dessein.

Ce fut ici que le sort atteignit et atteignit d'une manière effroyable ce vieillard, respectable à tant de Litres, et déjà éprouvé dans ses affections comme dans sa fortune par des malheurs de toute espèce.

11 avait épousé en 1775 demoiselle Marguerite Wellcnstein , d'Ehnen , qui l'avait rendu père d'une nombreuse postérité. Six enfants issus d'une heureuse union lui restaient en vie , lorsque le 1" février 1804, veille de la Purification de N.-D., sa femme et ses trois filles aînées traversaient la Moselle dans l'intention de se rendre à l'église de Palzem pour y vaquer à des pratiques religieuses. La fausse manœuvre de l'un des bateliers fit chavirer la barque du passage, et les six personnages qui la montaient, éloignées de toute espèce de secours, trouvèrent la mort dans les flots. Ce déplorable événement répandit la consternation dans les environs et procura dans le pays une espèce de deuil public. Dans deux rapports transmis par le Préfet du Département Lacoste au Ministre de l'Intérieur et au Grand -Juge Ministre de la Justice, ce haut fonctionnaire détaille minutieusement tontes les circonstances qui avaient amené cette terrible catastrophe, et voici les termes qu'il emploie en mentionnant la personne sur laquelle le malheur encouru pesait de son plus grand poids :

« M. Lafontaine est un des plus édai- « rés et plus anciens jurisconsultes de ce «département; avant la réunion il était « Conseiller au ci-devant Conseil-Souverain, « Conseiller antique et membre du Conseil ce de législation à Bruxelles. »

Par dépêche du 17 pluviôse an XII

(7 février 1804), le Préfet transmit à Th.- Ign. de la Fontaine la copie des rapports qu'il avait envoyés a] son gouvernement sur un événement aussi extraordinaire ; et à cette occasion ce premier magistrat se rendit l'interprète des sentiments qu'éprouvaient le très-grand nombre des personnes du pays , en traçant les lignes suivantes : « J'achève de remplir le devoir le plus «précieux de l'homme public en vous « adressant copie des lettres que j'ai écrites «à ces deux Ministres.

« Maintenant, Citoyen, c'est comme parte ticulier réuni de cœur à tous les hommes «honnêtes et sensibles du Département «que je m'empresse de vous faire con- « naître combien je partage vos peiues et «vos regrets. Je désire ardemment de «contribuer à leur adoucissement et je «saisirai avec une satisfaction que je ne « puis vous exprimer, les moyens que vous «pourrez m'offrir de vous prouver mes « sentiments de considération. »

Les pertes qu'il venait d'éprouver, incomparablement plus amères que les brèches faites par des événements de nature diverse à sa fortune privée ébranlèrent complètement la santé de Th.-Ign.

de la Fontaine. Les jours qu'il vécut encore furent ceux d'une longue souffrance morale et physique, des jours de douleurs tempérées par la résignation que lui inspirait une solide et profonde piété et la distraction que lui procurait la lecture des poètes latins dont son excellente mémoire aurait pu au besoin restituer le texte, tant ils lui étaient devenus familiers.

Th.-Ign. de la Fontaine est décédé à Stadtbredimus, le 26 novembre 1809, à l'âge de 63 ans. Trois ans avant sa mort, et sans doute dans la prévision de sa fin prochaine, il avait dicté à son flls qui le quittait pour aller achever ses études universitaires, l'épitaphe qu'il destinait à son tombeau, et qui dans sa modeste expression révélait son désir de reposer dans le sépulcre qui avait reçu les ossements de sa bien-aimée et regrettée compagne. Le désir a été religieusement accompli, et

aujourd'hui encore on distingue sur le ci» metière de l'Eglise de Stadtbredimus un monument peu fastueux sur lequel est gravée l'inscription suivante:

Quos thalamus quondam tumulus nune

\jungit eosdem.

Jung ai in Aetkereo Vax sine fine roro.

Archives dm Palau. — Chronique manaicrite de l'huissier L»*c»m.— Titre» et papier» de faaUlle. — • Note* connuniquee*. — Publication* de la Société •rchéol. VII, 9* part. 88, note.

LUXEMBOURG ,' la maison régnante de. — Additions et rectiGcations à la généalogie poliUque , Tome I , p. 324 à 369 de la Biographie.

Page 362, colonne 1", litt. a: Marie-Elisabeth-Amélie • Josèphe - Gabrielle- Jeanne- Agathe , archiduchesse, née le 5 février 1737, est morte le 18 juin 180*. Elle avait épousé Ferdinand, duc de Parme, lequel est décédé le 9 octobre 1802.

Page 362, coi. 1", litt. c: Marie- Caroline-Ernestine-Jeanne-Joséphine , archiduchesse, née le 12 janvier 1740. Ce fut sa sœur, Marie -Caroline- Louise -Joséphine-J 'eanne- Antoinette , qui fut mariée à Ferdinand IV , roi des Deux-Siciles.

Page 362, col. 1", litt. e: Marie- Christine-Josèphe-Jeanne-Antoinette , archiduchesse. A ajouter à la fln de l'article : Cette princesse est morte le 24 juillet 1798, et le duc de Saxe-Teschen , son époux, le 10 février 1822.

Page 362, col. 2', litt. I: Marie-Caroline-Louise-Joséphine-Jeanne-Antoinette , archiduchesse, née le 13 août 1752 et morte le 8 septembre 1814, fut mariée le 12 mai 1768 à Ferdinand IV, infant d'Espagne, roi de Naples et des Deux- Siciles , lequel avait déjà été fiancé à sa scenr immédiatement plus âgée, et mourut ' le 4 janvier 1825,

Page 363, col. 1", litt. o: Maximilien- Francois - Xavier - Joseph- Jean- Antoine- Wenceslas. A ajouter: est mort le 27 juillet 1801.

Page 366, col. I" , litt. a: Marie- Thérèse-Josèphc-Charlotle-Jeanne , archi-

: , née le 14 janvier 1767. Ajoute»: et morte le 7 novembre 1827. Cette princesse etc.

Page 366, col. 1** , litt. e: Charles- Louis-Jean- Joseph-Laurent , connu plus tard sous le nom oVArchiddc Charles, né le 5 septembre 1771 , fut nommé Grand-Maitre de l'Ordre Teutonique, dignité dont il se démit le 30 juin 1804. Ce prince épousa le 17 septembre 1815 Henriette - Frédérique - Wilhelmine , fille de Frédéric-Guillaume, prince de Nassau- Weilbourg , née le 30 octobre 1797 et morte le 29 décembre 1829.

Page 366, col. lw; à inlercaller entre litt. f. et g : ALBERT , né le 19 décembre 1773, mort le 22 juillet 1774.

Page 366, col. 2 /«<{. h. A ajouter après : Alexandrine - Paulowna , Grande- Duchesse de Russie, fille de l'empereur Paul 1", née le 9 août 1783.

Même article. A ajouter à la suite de : la princesse Herminie, fille de Victor- Cbarles-Frédéric , prince d'Anbalt-Bernbourg-Schaumbourg , née le 2 décembre 1797, et.

Même article. A ajouter après : Marie- Dorothée- Wilhelmine -Caroline, fille de Louis-Frédéric-Alexandre , duc de Wurtemberg, née le 1" novembre 1797 et décédée le 19 mars 1855.

Page 366 , col. 2. litt. j : Antoine- Victor-Amédée-Joseph-Jean-Raimond , né le 5/ août 1779, Feldzeugmeister , élu Grand-Maitre de l'Ordre Teutonique en Autriche, le 20 juin 1804; mort le 2 avril 1835.

Page 367, col. lw, litt, l: A ajouter après : Jean -Baptiste- Joseph -Fabien-Sébastien, né le 20 janvier 1782, général de cavalerie, directeur-général du génie et des fortifications.

Page 367, col. 1", litt. n: Louis- Joseph-Antoine-Jean , né.Ie 34 décembre 1784, Général-Feldzeugmeister et Directeur-général de l'artillerie.

Page 367, ecl. 1M, Utt. q: Rodolphe- Jean-Josepb-Rainier, né le 8 janvier 1787 ; créé Grand-Maitre de l'Ordre Teutonique

en 1818, après la résignation de l'archiduc Antoine; Cardinal-prétre du titre Sancti Pétri in monte aureo, élu le 4 jW» 1819 archevêque d'Olmutz, comte de la chapelle royale en Bohême, et mort le 24 juillet 1831.

Page 367, col. 1", JV° XXXII: François-Joseph-Charles, archiduc, né comme nous l'avons dit, à Florence, le 2 février 1768, et mort le 2 mars 1835 , succéda le 1" mars 1792 dans les pays héréditaires de son père. Il fut couronné roi de Hongrie le 6 juin, élu empereur romain le 7 et couronné le il juillet 1792; couronné roi de Bohême le 5 août 1792. Ce prince se déclara empereur héréditaire d'Autriche, le 11 août 1804 et se démit de la dignité d'empereur romain le 6 août 1806. Il avait épousé en premières noces, le 6 janvier 1788, Elisabeth-Wilhelmine- Louise, fille de Frédéric-Eugène, prince de Wurtemberg, née le 9 mai 1761, morte le 18 février 1790; en secondes noces, le 19 septembre de la même année, Marie-Thérèse-Caroline-Joséphioe, fille de Ferdinand IV , roi des Deuz-Siciles , née le 6 juin 1772 , morte le 13 avril 1807; en troisièmes noces, le 6 janvier 1808, Ifane - Louise - Antoinette - Béatrix - Joséphine-Jeanne, fille de Ferdinand, archiduc d'Autriche, duc de Modène, Brisgau, etc., oncle de l'empereur, née le 14 décembre 1788, morte le 7 avril 1816; en quatrièmes enfin, le .^^-1816, Caroline-Auguste, fille de Maximilien- Joseph , roi de Bavière , née le 8 février 1792, couronnée reine de Hongrie, le 28 septembre'' 1825.

MERCK, Henri, fils de François Merck, riche cultivateur, et de sa seconde femme, Elisabeth Bissener, est né au village de Harlange , chef-lieu de comau canton de Wiltx, le 16 dé-

cembre 1772. Dès sa jeunesse Iej< Merck se sentit une vocation absolue pour le sacerdoce ; et dans l'intention de l'atteindre il alla faire ses humanités chex les Jésuites à Cologne, puis sa théolo- Teutonique gie à l'université de la même ville. Il fat

consacré prêtre le 8 octobre 1797, à l'époque où la Constituante prescrivait au ecclésiastiques de sa patrie luxembourgeoise de prêter le serment de haine a la royauté qoe sa conscience réprouvait. Comme il se refusa à cette impiété, es $ont sss propris txprtuions, il fut obligé de s'expatrier afin de se soustraire au persécutions incessantes auxquelles les prêtres récalcitrants , comme on les nommait alors , étaient exposés, et se réfugia en Allemagne oà il obtint peu de temps après la charge de chapelain-administrateur de l'église de Lœvenich au cercle d'Euskirchen. Il remplit ce ministère avec zèle et dévouement en même temps qu'il était gouverneur des enfants d'une famille respectable des environs. Le 11 décembre 1800 il obtint la cure de Fliesdorf , dépendant du cercle de Scbleiden. Comme par décret des consuls en date du 9 juin 1802 tous les ordres monastiques, les établissements ecclésiastiques et les cures furent supprimés dans les quatre départements de la Sarre , de la Rœr , du Rhin et de la Moselle, conséquemment aussi la paroisse de Fliesdorf dont il était recteur, il obtint en vertu de l'article 12 de cette résolution administrative, des droits légaux à l'obtention d'une pension viagère de six cents francs sur la caisse de l'état. L'église de Fliesdorf ayant été érigée en succursale, à charge de la communauté civile , par disposition du décret impérial du 31 mai 1804 portant l'organisation et la circonscription des nouvelles paroisses, il obtint sa nomination à cette cure qu'il administra jusqu'au 15 juillet 1819. Il fut envoyé de là et successivement , toujours en qualité de curé, à Glessen, cercle de Bergheim, puis le 16 avril 1831 a Otzenrath, cercle de GrevenbTokh, enfin le 16 avril 1836 a Fliesdorf, cercle de Bonn. Par délégation du vicariat-général de l'archevêché de Cologne, en date du 11 septembre 1839, il fut désigné commissaire spécial ecclésiastique, ehargé de contrôler et régulariser l'administration et la comptabilité des pa-

roisses du décanat de Bonn. En cette qualité il mit en ordre parfait les affaires des églises qui ressortissaient à son cercle d'action ; et , afin d'assurer a son travail sur cet objet toute la publicité et toute la certitude désirables il le publia à ses propres frais.

Le curé Henri Merck est décédé plein de jours et de bonnes œuvres, an milieu de ses paroissiens à Fliesdorf, le 18 novembre 1855 , à l'âge de quatre-vingt trois ans.

Après avoir donné sur ce vénérable curé les renseignements biographiques qui précèdent, renseignements qui prouvent qu'il fut un prêtre zélé et en bonne réputation de science ecclésiastique, il nous reste à montrer combien , sous le rapport humanitaire il fut désireux de procurer à sa famille le bienfait de l'éducation scientifique.

Par acte reçu par le notaire GuiH.

Henri Schumacher, résidant à Juechen, cerole de Grevenbroich , le 4 septembre 1833, il constitua pour fondation de bourses d'études un capital de qninxe cent cinquante écus de Prusse (5812 frs. 50 centimes) en différentes obligations hypothécaires , lesquelles ont été remises au conseil d'administration des bourses d'études à Cologne , après l'approbation de cette fondation par l'autorité supérieure.

Elle a été faite aux conditions suivantes :

Le descendant légitime le plus proche d'entre les cinq frères et sœurs germains du fondateur , savoir : Pierre , Elisabeth , Marguerite , Marie et Nicolas, les Merck, de même que celui de sa demie-sœur Marie Merck, issue d'un premier mariage de son père , jouira des revenus annuels du dit capital , s'il professe la religion catholique romaine , s'il fait ses études dans un établissement public a son choix , s'il est diligent et s'il a une conduite vertueuse et honorable. Cette jouissance est limitée à onze années consécutives, c'est-à-dire huit ans dans un

collège d'humanités et les trois suivantes à une université.

Pour le cas où deux ou plusieurs membres de sa famille s'annonceraient a la fois pour obtenir cette jouissance , et afin d'éviter tout arbitraire , l'agnat le plus proche , né des père et mère du fondateur , d'après l'âge respectif de ses frères et sœurs et dans le rang d'ordre où ils ont été cités plus haut , obtiendra la préférence sur ceui de sa demie-sœur* Cependant, afin d'éviter que de cette manière les descendants de ses frères et sœurs les plus jeunes ne soient pas exclus de la jouissance de ce slipende de famille , le fondateur détermine que : en cas de concurrence aura la préférence celui d'entre ses neveux , nés de ses frères ou sœurs germains dont la lignée n'a pas encore ou a moins joui de la fondation que celle qui lui fait actuellement concurrence. Si un descendant de sa demiesœur se présentait en même temps qu'un de ceux de ses frères et sœurs germains, le dernier obtiendra toujours la préférence.

Pour le cas où personne de la famille ne se présenterait pour obtenir la jouissance de la bourse , ses revenus annuels sont à placer à intérêts, dans le but d'augmenter l'importance du bénéfice. Lorsque de cette manière les intérêts cumulés auront atteint le double du revenu actuel, il en sera constitué deux bourses pour la parenté du fondateur , d'après les règles qui précèdent.

Afin que la fondation ne reste jamais sans titulaire , il est disposé que pour le cas où pendant un laps de vingt ans aucun descendant de ses frères et sœurs , professant la religion catholique, ne se présentait pour l'obtention de la jouissance de ses revenus, un étudiant pauvre, de la même religion catholique , originaire de la paroisse d'Otzenrath , dont le fondateur est actuellement l'administrateur spirituel, ou bien de celle de Flosdorf, cercle de Schleiden, ou enfin de celle de Glessen, cercle de Bergheim, dont il

a été successivement curé , en commençant par Otzenrath et suivant dans l'ordre ciindiqué, sera alternativement admis à cette jouissance, à la condition qu'il fasse ses études comme il est dit ci-dessus. L'usufruit lui en sera de même conservé pendant onze ans comme aux membres de la parenté du fondateur. Il s'entend toutefois de soi-même que si un descendant de la famille s'annonce après qu'un de ces étudiants pauvres aura terminé ses études, comme il est dit ci-dessus , il doit toujours l'obtenir.

Les boursiers admis sont tenus pendant toute la durée de la jouissance d'assister toutes les semaines à une messe pendant laquelle ils auront à prier pour le repos des âmes des père et mère du fondateur ainsi que de celles de leurs enfants, et de faire lire tous les ans, pendant leurs études, une messe a la même intention.

Afin de faire veiller à toujours à l'exécution de ces dispositions de même qu'à la conservation du capital affecté à la fondation, le donateur charge l'administration des bourses d'études à Cologne d'en administrer les fonds et de donner ses soins au ponctuel accomplissement des conditions ci-dessus établies : à cet effet il lui abandonne les capitaux énumérés.

Aussitôt après l'agréation légale de la donation , la fondation entrera en vie , tant sous le rapport de l'usufruit que sous celui de la propriété des capitaux , d'après les intentions du fondateur , avec la seule réserve que tant qu'aucun membre de sa famille n'en postulera la jouissance pendant la vie du fondateur , les intérêts provenant des dits capitaux seront versés entre les mains de ce dernier.

Non content de ce premier bienfait posé en faveur de sa famille , le curé H. Merck fit, le 19 novembre 1834, devant le notaire Charles de Monschaw, résidant au même Juechen et successeur du notaire qui avait reçu l'acte dont l'analyse précède , une seconde donation de capitaux hypothéqués, montant à la somme de

sept cent quatre-vingts écus de Prusse (2921 frs.) , afin d'augmenter le fonds précédent, dans la vue que le total des revenus de ces deux donations puisse former pins tôt deux bourses à constituer sous les clauses et conditions arrêtées dans Pacte prérappelé , lequel premier avait été approuvé et déclaré exécutoire par ordre du cabinet en date du 8 juin 1834. Dans cette intention il ordonne que ce second capital de sept cent quatre-vingts écus et ses revenus annuels seront placés à intérêts jusqu'à ce que cette somme avec les intérêts cnmulés pour autant que possible , ait atteint le chiffre de quinze cent cinquante écus, portant ainsi le capital réel des deux fondations réunies à la somme de trois mille et cent écus, lesquels devant donner pour chacune de ces deux bourses un revenu annuel de 77 écus et demi (290 frs. 62 centimes) montant auquel il voulait les voir fixées. Cette nouvelle donation fut homologuée par rescrit de cabinet, en date du 19 août de la même année.

Par un troisième acte en date du neuf mai 1 835 , devant le même notaire instrumentale le fondateur transmit les capitaux repris dans les deux premiers documents au conseil d'administration des bourses d'études à Cologne , lequel en fit l'acceptation par acte du notaire Joseph Stoppenbach, du dit Cologne, en date du 3 octobre 1835. Finalement, signification de cette acceptation a été faite au curé H. Merck, par exploit d'huissier, le 10 décembre suivant.

Afin que sa famille puisse à toujours obtenir avec le moins de frais et de démarches possible la jouissance de ces revenus dont les capitaux se trouvent placés aussi loin de la résidence de la plupart de ses membres, et administrés par une autorité étrangère , le curé Merck a cru devoir faire imprimer et distribuer à tous ses parents une petite brochure de 24 pages in 12; C. Bochum, à Redburg-Rcifferscheidt , 1836, portant la copie de tous les actes publics dont nous

venons de parler. 11 y a de même joint un arbre généalogique qui donne les noms , prénoms , Age et domicile de ses frères et sœurs, leurs alliances et leur descendance jusqu'en 1839 , date de l'impression de ce tableau, au bas duquel il a ajouté les renseignements biographiques que nous avons rapportés dans cet article.

Après s'être constitué le bienfaiteur .de sa famille sous le rapport moral et scientifique , le curé Henri Merck a voulu aussi faire profiter différentes églises d'une partie de ses économies: il fit dans dix églises différentes dix-neuf fondations pour cent dix-huit messes annuelles , plusieurs anniversaires et d'autres services divins pour soi-même, ses parents, ses frères et sœurs ainsi que leurs descendants.

Réalignement* obtenus par la famille Merck, de Harlaoge. - FamiUeB-8tBdie«f tiftuog eiriektct mm io der Merck'tcbea Famille eiae naetsliehe Ifackdlerant; znr vriateneeliaftltchea nildtiagzn erweeke»; v. H. Maaca, Pfarrer la Otzearalk.

MERMER, GilUi, se disant de Grapfonlaine ou suivant la mode de son époque, Gbaffontancs , de son endroit natal aujourd'hui dépendance de la commune de Straimont et avant 1828 de celle de Hamipré dans le Luxembourg belge , ne nous est connu que par une fondation de bourse d'étude.

Gilles Graffontanus , comme il se nommait, vivait pendant la première moitié du dix-septième siècle. Il était chanoine de Neusz et curé du mont Ste. Walhurge lorsqu'il fonda par acte du 6 juin 1634 la bourse dont il est ici question et qu'il attacha an collège des trois couronnés à Cologne. Ce bénéfice est établi en faveur de la famille du fondateur et a défaut de postulants de celle-ci , pour des étudiants originaires de Grapfontaioe , de Longlier ou de Ncufchàteau, endroits aujourd'hui dans le Luxembourg belge. Les boursiers sont tenus de faire leurs études préliminaires soit à Neusz soit à Cologne ; les classes supérieures sont à suivre exclusivement à Cologne. La durée de la jouissance est limitée à dix ans et le rapport

annuel de la bourse est de trente écus de Prusse ou 103 1rs. 50 cts.

Nos renseignements ne vont pas plus loin. Cependant il paraît que la famille de La Mock de Laberie , en la commune de Looglier, y a les premiers droits; après elle viennent les Chauvancy , puis les Breynert, puis les Fay, ensuite le» Herjai , enfin les Remy de la paroisse de Chevigny.

Le peu d'importance de ce stipende a sans doute été cause qu'il n'a plus été recherché depuis très longtemps par la parenté du fondateur.

Archives de radminietratio» de* bonne» d'étude*, à Cologne. — Communication ofâeleUe, ea date d« 13 joiwier £860. N« 87.

MERTEN, Alphonse, né à Neafchâteau, le 18 février 1834, fit a l'athénée de Mous d'excellentes études humanitaires couronnées par un brillant succès au concours général de 1851 où il eut la troisième nomination dans la classe de rhétorique, matières réunies. Trois années d'études universitaires lui suffirent pour obtenir le diplôme de docteur en philosophie et lettres: le 4 septembre 1854 il subit avec grande distinction cet examen hérissé de difficultés, et le 3 janvier 1855 il fut appelé à donner les cours de quatrième et de troisième au collège de Tirlemont.

Le conseil communal de Tirlemont n'eut pas à se repentir d'avoir confié une mission aussi importante à ce jeune professeur qui n'avait que vingt ans d'Âge. Mcrten apporta dans son enseignement l'entrain chaleureux d'un caractère enthousiaste ; il ne se laissa pas aller toutefois a ces ardeurs intempestives familières aux jeunes débutants et qui leur font parfois dépasser le but. Il tut s'inspirer des conseils de ses collègues, ses aines , auxquels il alla souvent demander les utiles leçons d'une longue expérience. 11 y avait d'ailleurs en lui je ne sais quel rare mélange de fougue ardente et de bon sens qui donnait à son enseignement de la vie et de l'éclat et l'empêchait en même temps d'oublier le ne quid nimis

de la saine philosophie. A peine plus âgé que ses élèves , il les aimait comme des frères ; il leur inspira bien vite cette noble sympathie et cette confiance touchante qui font le plus bel éloge du professeur et qui, en lui assurant le respect inébranlable des jeunes gens et leur attention soutenue , sont un sûr garant des succès de sa classe.

En récompense de son zèle il fut promu à la chaire de rhétorique en octobre 1858 ; mais il ne l'occupa que très peu de temps. Sa famille habitait Louvain ; son frère était professeur au collège communal de celte ville. La classe de poésie y étant devenue vacante , Merten saisit cette occasion tant cherchée déjà d'aller vivre de cette vie de famille qui fait la joie de tous les cœurs aimants et dans laquelle le professeur surtout puise chaque jour de nouveaux encouragements et de nouvelles forces.

Il obtint la chaire de poésie le 11 décembre, et retrouva à Louvain les sympathies qu'il avait su conquérir à Tirlemont; nous n'en voulons pour preuve que l'unanimité des regrets qui ont accueilli dans cette ville la nouvelle de aa fin prématurée.

Les rapports des inspecteurs de renseignement moyen l'avaient déjà signalé au gouvernement comme l'un des plus méritants parmi les professeurs des collèges communaux. Le résultat du concours ouvert pour la publication d'un cours de thèmes latins à l'usage de la quatrième, vint confirmer cette bonne opinion à l'égard du jeune professeur. Le travail que Merten avait envoyé au concours fut jugé digne par le jury d'une mention honorable. Dès ce moment l'attention bienveillante du gouvernement fut fixée sur lui : au commencement des vacances de 1861 , le ministre de l'Intérieur le désigna pour la quatrième latine de l'athénée de Namur, et le bureau administratif de cet athénée allait être appelé à donner sur la proposition ministérielle un avis qui ne pouvait être douteux, lorsque la mort a soudain frappé le malheureux jeune homme encore au début

d'une carrière qui ne pouvait devenir que très brillante, te 20 août, tout entier à l'espoir et rayonnant de sauté, il accourait à Blankenbarge annoncer la bonne nouvelle à un ami, lorsque le 22, à huit heures du matin , victime d'une fatale imprudence (et peut-être du manque de surveillance) , il disparaissait englouti dans un de ces gouffres que la mer creuse à l'extrémité des jetées !

La vie de Merten a été courte, mais bien remplie. Il avait la passion du travail. Il a consacré des veilles nombreuses \ son eours de thème», sans se laisser jamais décourager par les difficultés d'un si pénible labeur.

Cet ouvrage n'a pas occupe seul l'activité de son esprit. Les questions les plus élevées de la littérature et de l'histoire ont été l'objet de ses études. Il avait essayé d'examiner l'influence de la poésie sur la civilisation et d'étudier la curieuse physionomie de Philippe de Comminesj les fragments qu'il a laisses sur ces questions attestent un goût sûr et une plume déjà exercée. II s'occupait avec un égal amour de sujets moins relevés ; il a publié dans : La Belgique contemporaine quelques pages d'un roman plein d'humeur et il envoyait souvent à ses amis de piquantes petites pièces de vers badins où il semble se jouer avec les difficultés de la rime: La poésie avait d'ailleurs toutes ses prédilections et il l'avait cultivée de bonne heure. La pièce qu'il avait envoyée au concours de 1856, vingt-cinquième anniversaire de l'inauguration de S. M. le Roi des Belges , contenait des pensées élevées exprimées souvent avec bonheur. En 1860 La Revue de l'instruction publique en Belgique, p. 89, publiait une charmante boutade écrite par lui et qu'il avait dédiée à ses collègues. Dans ce morceau on doit surtout admirer la tirade suivante :

Oui , des humains la course passagère Ne laisse ici qu'une trace éphémère.

Tel un beau jour voit pâlir son soleil. Pourquoi gémir! Il aura son réveil j

De l'homme aussi la grandeur qui succombe N'a pas pour fin le néant de la tombe,. Nous élevant vers le Dieu créateur a Nous renaîtrons dans un monde meilleur ; Tout me le dit: notre âme est immortelle....,»

ReTue de l'instruction publique en Belgique; 11* «née. Nw. .é«e. T. IV- 8*fl *t Qet |86i.. W*. 9 cl 10, f. 568, »«q.

MOLITOR, François -Constantin, ni vers 1766, fut ordioé en 1791 et devint peu de temps après curé de Wallendorf.

Après l'invasion française il fut obligé de se tenir caché parce qu'il refusait de prêter le serment républicain de haine à la royauté. Au retour de la tranquillité il fut nommé curé deMedernach, puis en 1811 promu doyen du canton de Vianden, où il ne demeura cependant que jusqu'en 1815 à cause de quelques différents qu'il eut avec plusieurs notables de sa paroisse.

Transféré à Betxdorf il publia en 1835 un ouvrage qu'il intitula : Vertraute Reden eines Landgeistlichen an seine Pfarrkinder. En 1843 il prit sa retraite et se retira à Echternach où il est mort le 22 août 1846, à l'âge de soixante-dix-huit ans.

Emchm» Pie Nxe.kurg.r Gl.^n^keim.r, 90

MULLEB, Michel-François-Joseph.— A ajouter h son article , T. I , p. 472—» 475 de la Biographie, les titres suivants d'ouvrages publiés par ce personnage:

40°. Summarisch geschichtliche Darstellung derKollegiat-Stifter unsererVaterstadt ond ihrer Umgebung ; Trêves, 1826, in- 12; 94 pages. — U°. Daretellung der klœsterlichen Institute unserer Vaterstadt und ihrer Umgebung ; 2 parties ; Trêves, 1824; 69 et 84 pages in-12. — 42:

Die in der Stadt Trier und Umgebung, theils noch bestehende, theils zerstœrte Bauten , Denkmssler , Inschriften , etc. j Trêves ; 42 pages.

NICOLAS , dit de Luxembourg , très vraisemblablement ainsi nommé de son endroit natal , florissait pendant les deux

moitiés du quinzième siècle. Nous ne savons absolument rien sur son extraction ni sur le lieu où il a fait ses études.

Quoiqu'il en soit , il était prêtre , licencié en droit romain et professeur ordinaire a"r*école impériale (Hofschule) de Vienne où il s'était acquis une grande réputation de science, lorsqu'en 1454 l'importante cure de Krems , sur le Danube dans la Basse-Autriche, étant devenue vacante par le décès de son titulaire , le roi Ladislasle-Posthume ordonna qu'elle lui fût conférée.

Au début de la guerre que Mathieu Corvious , élu pour leur roi par les Hongrois rebelles entreprit contre l'Empereur Frédéric III, lorsque ce dernier fut obligé de demander à ses sujets de l'argent et des troupes, celte demande lui fut accordée avec empressement, grâce aux efforts du curé Nicolas de Luxembourg. Il fit plus encore , il engagea l'Empereur à mander les députés de Krems à Vienne même pour leur recommander de défendre courageusement leur ville contre les entreprises de l'ennemi qui était en marche pour venir s'en emparer. Le curé Nicolas, qui était l'Ame de tout le système de résistance, se joignit même aux Bohémiens pour défendre avec intrépidité leur drapeau et délivrer la personne de l'empereur qui avait été fait prisonnier par les Hongrois (1458). Il exerça également une grande et salutaire influence sur les Etats qui , restés fidèles au souverain s'étaient assemblés à Krems, et parvint en effet à leur faire faire des démarches pour tenter une réconciliation entre l'Empereur et son frère Albert VI qui élevait des prétentions à l'archiduché d'Autriche ; ce que du reste l'Empereur reconnut plus tard avec des paroles de reconnaissance.

A la clôture de la session des Etats en 1463, le monarque leur accorda, en reconnaissance pour leurs bons offices ainsi que pour leur attachement et leur fidélité, des privilèges très importants.

D'un autre côté , sur la proposition du curé Nicolas de Luxembourg, la ville de

Krems obtint également de ce prince les distinctions suivantes : 1° Le droit de commercer avec Venise et vice versa ; 2* celui d'avoir un dépôt de toutes marchandises, a l'instar de Vienne même; 3° celui de porter dans ses armes le double aigle de l'Empire: on voit en effet encore aujourd'hui sur la porte de la ville de Krems l'écusson à double aigle avec cette dévise : Isthoc signo honoris a Caesare FredericoIII ob bene gesta decorata fuit j 4* Pour ses bourgeois le titre de: honorables, sages, féaux et fidèles ; 4° Le pouvoir de battre des pfennings et des demi-pfennings ; 6* La libération de toute contribution pendant douze ans ; 7° La construction d'un pont sur le Danube, à l'endroit où cela conviendrait aux bourgeois, et un droit de péage destiné à l'entretien de ce pont.

Telles sont les prérogatives que la ville de Krems dut à l'entremise de son curé Nicolas de Luxembourg: rien d'étonnant dès lors si ses paroissiens l'estimaient a un haut degré et ne l'aimaient pas moins.

Il est mort peu de temps après.

Iogcdenkbucti der Pfarrei der SUdt Kreau; aaterit des areh. de la dite paroi Me; extr. communiqué par le Dn Niuu, Prof en. h l'aaiv. d'Io»-

NOBLET , Anne, fille de Henri Noblet, cordonnier , et de Jeanne Seuil , est née à Luxembourg , le 30 novembre 169S.

Nous n'avons appris aucune particularité biographique sur celte personne qui, restée célibataire avait commencé un commerce d'où lui provinrent des bénéfices assez considérables, parait-il, puisqu'à son décès elle se trouvait dans une position de fortune très satisfaisante, comme son testament qui renferme des legs considérables pour cette époque, semble le prouver.

Elle est décédée dans sa ville natale, après une longue maladie , le 15 février 1746 , a l'âge de 50 ans. Son acte mortuaire la dit morte en odeur de sainteté, preuve que par sa conduite et ses procédés elle s'était gagnée l'estime générale.

Par testament reçu par le notaire Pierre

Spyr, de Luxembourg, le 8 mai 1742, pour, avec les revenus du dit capital de cette fille vertueuse avait disposé que sa mille écus, loger, nourrir et instruire au nièce , Marie-Rose Dumont, épouse de dit établissement un enfant de sa parente*, Nicolas Lootz serait son héritière uoiver- idoine à l'étude , à l'instar des autres selle, à charge de 1° verser a l'église de écoliers étudiants sur pareille bourse. En St.-Michel, dans le cloître de laquelle (le cas de concurrence entre deux ou plusieurs couvent des Dominicains) elle avait de- jeunes gens pour obtenir la jouissance de mandé à être inhumée, une somme de ce stipende, le plus proche en degré de cent écus du Pays pour un service anni- lignée sera préféré. Si enfin la parenté de versaire perpétuel , plus douze messes la testatrice venait à s'éteindre de manière basses pour sa parenté défunte; 2° re- qu'elle ne compterait plus de garçon, un mettre cinquante des mêmes écus à l'église jeune homme de la maison des orphelins de St.-Nicolas, sa paroisse, pour y foire y sera admis: Pour le choix à faire entre sonner la cloche pendant un espace de ces derniers on préférera celui qui sera temps notable pour les agonissants de cette désigné par l'aumônier de l'établissement paroisse; 3° donner à ses neveux et nièces, comme présentant tes dispositions les plus savoir : à Marie-Catherine et a Marguerite heureuses pour Vétude. La fondatrice ajouta les Dumont , à chacune d'elles quatre en outre à cette bourse les revenus de cent cents écus, aux enfants de son frère Jean- autres écus pour habillement et menus be- Henri Noblet , douze cents écus , a ceux soins du boursier. de sa soeur Catherine mille écus , à Ca- Parmi la parenté contemporaine d'Anne therine Servais , sa nièce et filleule, à sa Noblet nous avons trouvé, outre les noms majorité , quatre cents écus ; à son frère ci-dessus indiqués : François Lntgen (lu le R. P. Walther Noblet, une rente an- par quelques-uns Leitgen) maître-tailleur nuelle et viagère de vingt écus. 4° Elle et Marie-Jeanne Noblet son épouse ; Fréordonnait de fonder , dix ans après sa déric Schwartz bourgeois et maréchal-fermort , et moyennant une somme de mille rant, ainsi que son épouse Sosanne Noblet, écus, un bénéfice ecclésiastique en faveur neveux et nièces de la testatrice, de sa parenté ; et avec une autre somme Nous avons cru utile de donner tous ces de mille écus un lit à l'hospice de St.-Jean renseignements de parenté pour la bourse au Grand , basse-ville de Luxembourg, en question, qui est de nos jours au caen faveur de sa même parenté. 5° Chacune pital de 5070 francs, donnant annuellement de ses sœurs devait en outre recevoir après on revenu de 253 frs. 50 centimes, parce son décès une somme de dix écus , et son qu'elle n'est entrée dans le domaine pufrère Jean-Henri quinze blic que depuis l'arrêté royal du 9 août

Enfin elle recommande la paix et l'union 1860, ayant été jusqu'alors regardée par

a tous ses parents et veut que celui ou la famille comme une fondation absolument

celle qui la critiquerait ou serait mécon- privée , les frères Joseph et Théodore

tent de ses dispositions de dernière volonté Pescatore en ayant administré les fonds

soit absolument privé du legs lui fait. et en ayant été collateurs.

Par disposition dérogatoire à Ce testa- Etat «WU daLmc»l»arf.— Aaaljaedai

ment , reçue par le même notaire , le 21 d'Aaae Noblet, cawaaaiqaéa par at> le

mai 1745*, Anne Noblet déclara et or- -

donna que: les mille écus légués par elle part p 382

à l'hospice de Saint-Jean pour un lit soient OTTLER, Servais, né en 1617, à Vian-

remis par son héritière universelle aux den, entra avec son frère Marc à l'abbaye

préposés du séminaire des écoliers à Lux- do Prum où ils prirent l'habit religieux et

imbourg , ou en cas de refus de leur part, prononcèrent leurs vœux. En 1623 il com-

d un autre pensionnat du même genre, posa la chronique de son monastère, de-

puis «on origine jusqu'à l'époque contemporaine. Cet ouvrage qui se trouve à la Bibliothèque de Trêves (mscrt, n° CCXIX) , « pour titre i Chronicœ relations rerutn gestarum Prxtmiensium conscriptœ ptr F .

■Servatiwn Ottlemm, imperialis monasterii S. Salvatoris professum.

Hj.ii, GeicWMe det Erzitiftrs Trier; III, 316.

PESCATORE, Joseph-Antoine , fils de Joseph-Aotoine Pescatore, marchand, et

89 thermidor au VIII (17 août 1800).

Gradué Docteur en droits mil et romain à l'université de Liège, en 1822, «près avoir soutenu une thèse : de pmnarutn retnissione, il se fit inscrire sur le tableau do. barreau de sa ville natale.

Lorsqu'après la révolution belge de 1830 le gouvernement des Pays-Bas se vit dans la nécessité de créer ù Luxembourg môme UUe cour supérieure de Justice et de cassation, à laquelle furent admis en très grande partie les juges qui jusqu'alors avaient siégé en première instance, Jos> Ant. Pescatore fut nommé juge suppléant du 1" degré ; puis l'année suivante (1831), juge effectif. A l'organisation nouvelle de Tordre judiciaire après la reprise de possession du territoire luiemboorgeois (Grand-Duché dit cédé), 11 entra à la Cour supérieure avec le titre d'Assesseur (1840) lequel fut changé dès 1841 en celui dé conseiller. En 1843, à TtustaHalion de la haute cour militaire on le chargea de la présidence de ee nouveau corps, qualité honoraire qu'il cumula avec la première, et qu'il conserva jusqu'à son décès. En 1853 il devint vice-président de la Cour supérieure de Justice.

Ces indications sommaires suffiront pour montrer que fa magistrature de Jos.-Aut. 'Pescatore a été bien et consciencieusement remplie par des travaux sérieux et multipliés; elles prouveront en outre qu'il a cherché 'à se rendre utile à son pays dans la plus noble des carrières.

Mais ce ne sont pas là tous les titres qu'il s'est acquis à la reconnaissance de

ses concitoyens ; une autre branche d'utilité publique obtint également ses soin; nous partons de l'agriculture à laquelle il consacra tous les loisirs que là laissaient ses hautes fonctions judiciaires , du grand nombre de missions honorifiques qu'il accomplit, de la fondation ou de la direction d'associations utiles, particulièrement sous le rapport de l'objet favori de ses occupations , de l'agriculture , pour laquelle, nous l'avons dit, il avait une prédilection tout à fait décidée.

«Fidèle aux traditions de sa famille, « disent les Annales de la société agricole « si horticole du Grand-Duché , J os .-Ant. «Pescatore était avec Antoine Pescatore^ «son cousin (o. son ar**) et un petit «nombre d'autres, un de ces agricel- «teurs distingués qui, exploitant «mêmes leurs domaines, leur c «craient leurs capitaux , leur esprit spé- «culalif et surtout ne reculaient devant « aucun sacrifice raisonnable pour propa- « ger les saines pratiques par l'exemple. «Différents voyages faits pour étudier l'a- «griculture à l'étranger, notamment la • visite du Congrès des agronomes alle- «mands, son séjour à l'Académie de « Hohenbeim d'où il rapporta un choix « d'instruments et une collection de graines, v fortifièrent surtout son amour pour la vie « des champs et donnèrent nue tendance «pins précise, pins nette à ses travaux.

« Nommé membre et président de la «Commission d'agriculture du Grand- « Duché, par le bon roi Guillaume II, «il fut attaché à ce collège dans les différentes transformations qu'il a subies jus- « qu'à son décès. Les services qu'il a été «appelé à rendre en cette qualité Tayaut « mis en rapport avec un bon nombre de «cultivateurs du Grand-Duché, c'est à ces «circonstances qu'il y a lieu de ramener «l'influence qu'il a acquise et en suite de « laquelle il n'y eut pas Heu de s'étonner «de le» voir en grand nombre accourir à « sa voix , lorsque pour des motifs qui ne « peuvent trouver place ici , appuyé de «quelques amis , il les appela à

« à la fondation du Cercle agricole et hor- « ticole du Grand-Duché. Ce qu'il voulait « alors , c'était une association agricole « vraiment nationale , indépendante , se a plaçant au-dessus de toutes les intrigues «■et des ambitions personnelles, ne conr « naissant aucun autre drapeau que le u progrès agricole, et stimulant la saine «pratique plus spécialement chez le petit <i cultivateur. Depuis le 20 août 1853 que «cette société existe, elle s'est efforcée « de suivre ce programme et J os.- An t. «Pescatore, qui est depuis lors aussi « resté président et membre de son comité- « directeur , chaque fois que le règlement « ne s'y opposait pas , a eu la satisfaction « de voir son œuvre grandir , se fortifier « et s'efforcer à suivre la voie que le bon « sens de son premier président lui avait « tracée. Hais le succès qu'il obtint alors « ne suffisant pas à son désir d'être utile «à son pays, il voulait encore le doter « d'un établissement non moins nécessaire a au progrès agricole, en créant un musée « d'agriculture. Quelques extraits des notes « y relatives qu'il avait rédigées à cet effet, «donnent une idée suffisante de ce projet: «J'at toujours, dît-il, nourri l'espoir « qu'au moyen des ressources du Cercle et «de la protection gouvernementale qui lui «est acquise, nous parviendrons à nous «procurer annuellement quelques instru- «ments nouveaux d'agriculture, et par là « à former une collection intéressante comme « il en existe dans les pays qui nous en- «tourent, accessible à tous les agronomes « qui y prendraient chacun selon ses idées a ou ses besoins ce qui lui semblerait le «plus utile à copier, et répandraient par « là Fusage des machines perfectionnées et

« des méthodes nouvelles

«Je me suis rappelé qu'à l'école d'agro- «nomie de Hohenheim près de Stuttgart, « que j'ai visitée dans le temps , il y a « une collection d'instruments aratoires des «plus complète» et des plus remarquables, «Ils sont fabriqués sur les lieux mêmes «.et cédés à pris réduit aux cultivateurs « tcurtembergeoi». Ce souvenir m'a fait

«penser depuis longtemps qu'il serait pro- « fitable au pays de posséder de telles coU « lections

« Ces collections formeraient le commen- « cernent d'un musée agricole, auquel vien- «draient se joindre successivement des «acquisitions ou des dons futurs; elles « seraient à placer à Luxembourg et pour- « ratent devenir avec le temps la propriété « de l'Etat ou de la ville de Luxembourg, « selon ce qu'il plairait au Cercle de dé- « cider à cet égard ....

« Ce projet , qui recevait un commen- « cernent d'exécution lorsque son auteur «,est venu à mourir , était un dernier effort « qu'il tentait dans l'intérêt de ses occu- «pations favorites.

Jos.-Ant. Pescatore avait éponsé le 25 septembre 1828 demoiselle Thérèse-Eugénie Dutreux , fille de Jean-Pierre-BonaventnreDutreux, Administrateur duTrésor, échevin de la capitale , major-commandant de la garde communale active , chevalier des ordres du Lion bclgique , de la légion d'honneur et de Charles III d'Espagne (v. son art.) , et de Marie-Françoise-Ferdinande Boch , fille à son tour du fondateur de la faïencerie de Septfontaines (v. l'art. Boch frères). — Il était Grand-officier de l'ordre royal grand-ducal de la Couronne de chêne , et mourut à sa propriété de Bofferdange, le 21 juin 1860.

Annuaire de l'université de Liège, 1830, p. 80. — Etat eWH de Luxembourg.— IVunna, Catal. Diblioth. Luxembourg, 239— Almanaebs du Grand-Duché.— Annale» des Acker- «ad Cartenbau-Vereiaa des Gruszhrrzogtlmaïf Luxesaburg; 1800; 7juiu;N00{ 80—84. — SouTeoira personnels. — Notes communiquées.

SCHWARTZ, Jean-Bernard, fils de Nicolas Schwartz et de Barbe Cbrisloffel, est né à Clémency pendant la seconde moitié du dix-septième siècle. Nous ne connaissons sur ce personnage aucune particularité biographique, si ce n'est qu'il a été prêtre et pendant un assez grand nombre d'années chapelain de la chapeUe dite de Notre-Dame de Consolation, située hors de la porte-neuve à Lu-

xembonrg, près du cimetière actuel et qui a été démolie quelque temps après la conquête française de 1795.

L'abbé Scbwartz , qui est mort paraitil en 1745, avait fondé par acte testamcutaire du 29 janvier de la même année, au capital de onze cents écus à 56 sols , ou 5069 frs. 94 centimes , un bénéfice simple , avec charge de lire à son intention deux messes par semaine, en faveur des descendants de sa sœur, à leur défaut de parents et finalement, ces derniers manquant également, en faveur d'enfants nés à Clémency , son endroit natal. Ce bénéfice une fois donné, profitait depuis le commencement des études jusqu'à ce que le titulaire obtenait un emploi ecclésiastique plus lucratif ou une cure. Avons-nous besoin d'ajouter qu'il n'avait été institué que pour un jeune homme se destinant à la carrière cléricale ?

Cette fondation , qui fut érigée caoooiquemeut le 20 février 1761 par l'archevêque de Trêves et agréée le 25 avril suivant par le conseil provincial , avait été depuis la loi du 4 ventôse an IX , réunie aux revenus du bureau de bienfaisance de Luxembourg , lorsque des contestations étant surgies entre l'Eut et la ville au sujet de la propriété du capital, un arrêté de la cour supérieure de Justice , en date du 16 juio 1836 , l'adjugea définitivement au domaine du Grand-Duché.

Le gouvernement , prenant en considération que l'intention du fondateur avait été surtout de favoriser l'instruction de ses parents et des jeunes gens de Clémency son endroit natal , et qu'il n'avait vu dans la création de sa fondation que le moyen le plus sûr d'atteindre ce résultat, fit au souverain des propositions pour que la jouissance des revenus du capital légué pût être abandonnée aux étudiants qui , d'après les dispositions du testament du 29 janvier 1745 justifieraient d'y avoir

Sur ce rapport, le roi grand-duc statua que les revenus du bénéfice Scbwartz pouvaient être abandonnés à un descendant

de la sœur du fondateur, en se réservant de décider dans chaque cas si un secours serait accordé, à qui et quel en serait le montant? Depuis cette époque les revenus de ce bénéfice formèrent une bourse conditionnelle. Plus tard , à la demande du comité consultatif pour les affaires des fondations d'instruction , le gouvernement, à l'effet de régler définitivement le sort de la fondation Schwartz , présenta à la législature un projet de loi ayant pour objet d'ériger le capital de ce bénéfice en une bourse d'étude à conférer conformément aux intentions du fondateur, et à administrer comme les autres bourses de l'Athénée. Cette loi fut publiée le 22 décembre 1854, et un arrêté du 16 mars de l'année suivante fixa à frs. 242 le revenu annuel de la dite bourse qui est à conférer, 1° à un descendant de la sœur du fondateur, laquelle était mariée à Luxembourg; 2' à leur défaut au plus proche parent du même fondateur; 3°, à défaut d'un tel parent à un étudiant du village de Clémency. Elle est destinée aux études à faire à l'Athénée de Luxembourg on au séminaire clérical de la même ville. L'aspirant doit se destiner à l'état ecclésiastique et y être capable. Le curé de N.-D. en est déclaré collaleur.

Koltx, HiMtl de, fo.d.tioM de bonnet d'tade.

soa. «m.

VEYDER db Malberg, François- Charles, baron de. — A ajouter à la fin de cet article, T. II, p. 202, 203, de la Biographie.

La famille Veyder dite de Malberg porte écartelé : aux 1 et 4 d'or , à l'ours de sable ayant au col une chaîne du même passant en arc par-dessus le corps et descendant jusqu'à terre. Aux 2 et 3 d'argent, à l'écusson de gueules placé au centre. L'écu sommé d'une couronne de comte antique.

DUTREUX, Jean-Pierre-Bonazentwre, fils de Claude-Ignace Dutreux , négociant, conseiller municipal et juge au tribunal de commerce, et de Marie-Jeanne Baclesse, est né à Luxembourg, le 14 juillet 1775.

Il fit avec distinction ses hnroanités au collège de sa ville natale et suivit plus tard les cours de mathématiques à l'école centrale qui succéda à cette institution.

La franchise et l'amabilité du caractère de Dutreux lui concilièrent de bonne heure l'affection et la confiance de ses concitoyens. Il fut choisi pour commander la garde d'honneur lors de l'entrée de l'empereur Napoléon I" à Luxembourg , le 9 octobre 1804, et deux mois après, le 2 décembre , il fut un des représentants du département des forêts au couronnement de l'empereur.

En 1809 il fut nommé adjudant-major de la garde nationale mobile qui, dans les dernières années de l'occupation française aidait la garnison, faible alors, à faire le service de la forteresse. En 1815 on lui confia le commandement de la milice urbaine et plus tard celui de la garde communale, à l'organisation de cette garde.

Mais c'est surtout comme magistrat municipal que J.-P.-B. Dutreux montra son zèle et sa sollicitude pour le bien-être de sa yille natale. Il fut nommé adjoint au maire par décret impérial du 5 avril 1811, et fit partie de l'administration urbaine pendant dix-huit années et dans des temps difficiles.

Après la bataille de Leipsic des masses de troupes françaises, dans leur retraite, passèrent par Luxembourg et y apportèrent le typhus qui faisait de cruels ravages parmi les débris de la grande armée.

L'hospice civil et l'hôpital Vauban ne pouvant plus contenir tous les militaires blessés et malades , on se vit obligé de déposer ces malheureux dans les églises, converties ainsi momentanément en lazaretbs. Un comité de secours fut aussitôt organisé pour recueillir et distribuer les dons et les secours offerts de toute part. Membre de ce comité, Dutreux se consacra entièrement au soulagement des malades : Il pourvoyait à leurs besoins, il les visitait et les encourageait partout , dans les hôpitaux et dans les maisons de la ville où la contagion s'était répandue et faisait de nombreuses victimes, surtout parmi la classe pauvre.

Prodigue de sa personne et de son bien, il faillit succomber à son courageux dévouement. Atteint du terrible Ûéau, il resta vingt-un jours dans un état désespéré. Enfin, sa forte constitution triompha de la violence du mal; mais il s'en ressentit jusqu'à la fin de ses jours. En récompense des soins donnés aux militaires français, Louis XVUI, par ordonnance du 18 août 1814, décora Dutreux de l'étoile de la légion d'honneur.

A quelques mois de là , par brevet du 25 décembre 1814 , Ferdinand VII le créa chevalier de l'ordre de Charles III , en témoignage de l'estime et de la considération que méritent les actes de protection et de charité qu'il a exercés envers les espagnols des régiments de Guadalaxara et des Asturies pendant qu'ils étaient prisonniers de guerre à Luxembourg.

Le 29 juin 1814 il fut appelé aux fonctions de Bourguemaitre de Luxembourg, en remplacement du baron Charles de Tornaco. Au mois de mai de l'année suivante il fit partie de la députatioo qui se rendit à Bruxelles pour porter au nouveau souverain des Pays-Bas l'hommage de dévouement des luxembourgeois; et dans cette circonstance encore il trouva moyen de se rendre utile en réclamant en haut-lieu contre les charges excessives de l'emprunt de guerre et des réquisitions militaires.

Vers la fin de 1815 il fut nommé receveur-général du Grand-Duché et devint ensuite administrateur du trésor lors de la réorganisation de l'administration de finances en 1823. Ces fonctions l'obligèrent à renoncer à son mandat de Bourguemaitre, mais il resta attaché à l'administration urbaine comme conseiller de régence et ensuite comme échevin. Il fut également, et jusqu'à son décès membre de l'administration des hospices.

A la réorganisation de l'administration provinciale il fit partie de la commission chargée de délibérer sur la composition des Etats provinciaux et coopéra à la rédaction du projet de règlement pour les régences des villes.

Lorsqu'en 1816 et 17 une disette cx-

traordinaire désola dos contrés déjà épuisées par les guerres, la députatioo des Etats provinciaux organisa un comité central de secours ut subsistances. D'après une convention intervenue le 14 novembre 1810 entre les membres de cette députatioo et vingt-un propriétaires du Grand-Duché , ce comité eut la mission de lever par voie d'emprunt une somme de quatre cent mille francs destinée à former, avec celle de cent mille autres francs avancée par le trésor, un fonds de secours et d'assurer au moyen de greniers d'abondance l'approvisionnement des classes indigentes: Cette oeuvre philanthropique fut pour les pauvres un bienfait inappréciable. Par les soins de ce comité des quantités suffisantes de céréales furent envoyées dans les différentes parties du pays. Quatre manutentions furent établies, à Luxembourg , à Neufcbâteau , à Bastogne et à Bouillon. Des ventes et des distributions furent régulièrement faites dans tous les cantons et l'on parvint ainsi, sinon à faire disparaître, du moins à alléger jusqu'à la récolte suivante les conséquences désastreuses de la disette. Dutreux contribua activement a cette grande œuvre de charité en qualité de trésorier du comité et d'actionnaire de l'emprunt.

En récompense de ses nombreux services il fut nommé chevalier de l'ordre du Lion belgique par arrêté royal du 24 novembre 1816.

Généreux et amateur des arts et des sciences, il sot faire un noble usage de sa fortone. 11 aimait h recueillir tout ce qui se rattachait à l'histoire de la patrie; et c'est de sa bibliothèque que nous avons obtenu le manuscrit du Luxemburgum romanum du Père Alexandre de Wiltheim que nous avons publié en 1842. Bon musicien , il réussit à organiser à Luxembourg des réunions musicales qui firent renaître dans cette ville le goût de cet art civilisateur.

J.-P.-B. Dutreux est mort le 1 1 janvier 1829. Dans son numéro du 14 du même mois le Journal de Luxembourg, se constituant l'organe des sentiments de ses concitoyens, consacra à sa mémoire un article dont nous extrayons les lignes suivantes : u Un de nos concitoyens les plus honorables «et les plus distingués vient de terminer «sa carrière. Mr J.-P.-B. Dutreux-Boch «a rendu le dernier soupir le 11 de ce « mois , à l'âge de 53 ans , après une «maladie longue et douloureuse. Sa dé- «pouille mortelle a été portée en terre «hier au milieu d'un concours nombreux « de citoyens empressés de rendre un der- « nier hommage à celui qui , toute sa vie « avait joui dans la plénitude de l'expres- « sion du respect , de la considération et « de l'affection publiques. Il a été conduit «au champ du repos par les magistrats « et les fonctionnaires publics de tout ordre « et de tout rang. En téte du convoi niar- « chait un bataillon de la garnison. Son «Altesse le Prince de Hesse-Hombourg, «le Général-Commandant la province, le « Commandant de la forteresse , le Bourgomestre et le corps municipal suivaient « immédiatement. » etc.

En 1807 Dutreux avait épousé M'15* Marie-Françoise-Ferdinande Boch , fille de Pierre- Joseph Boch (v. l'art. Boch frères) et de Marie-Antoinette-Louise Nothomb.

Madame Dutreux , qui est décédée le 12 mai 1856 , a écrit pour sa famille des mémoires qui ont été imprimés après sa mort, à un très petit nombre d'exemplaires, sous le titre de Souvenirs de la bonne maman Dutreux, et dans lesquels se reflètent toutes les éminentes qualités de cette femme distinguée.

Notice biographique nr M* Dutreni-Bocb , p»r M. le Prof. Neohaiin.— Soarenin 4a la bouc i— maa Dmmt Luskg., 1886 Mémorial im.

Grand-Docké.- Am.ttrd.m.cbe Co-raat. 1890. N* do m «TrU. - JFoaraal de Luxembourg. 14 janvier

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