‹ Biographie luxembourgeoise: histoire des hommes distingues ..., Volume 1Chapitre 18 sur 33 · CIRCUM · texte numérisé non relu

CIRCUM

Corpus uchi rbcubbt, hens colat astra

[poli.

V. 8TKAHDBft«, Metropolii Eccletiae Tre? erensis, I, tf 86, s<{. — BsftTBOLBT, IT. P. J. XI. — CouiiTM, Encyclopédie moderne, XIII, i 47. — Clasik , Catalogne de la Bibliothèque de Lexembonrg» 114 et 453. -> rVBUHAHs, Les auteun luxembourgeois, 17. — BcaTBLf, S75. — Fa. Swketiui, Athenae Belgîcie, 133,

HUART, d^, famille distinguée de nom et d'armes^ qui a été honorée du titre de Baron de son nom. Originaire de la partie ardennaise du Luxembourg, elle s'est pendant le siècle dernier divisée en plusieurs branches principales dites : de Bertrange, de la Sauvage et de Jamoigne, qui toutes subsistent encore de nos jours. Les d'Huart en décorant leur écusson d'une couronne, ont cependant conservé leurs armes franches : d'argent , au houx de sinople, fruité de gueules , issant d'un brasier ardent (hourard,). L'écu timbré d'un casque de chevalier, de face, à sept grilles, orné de ses lambrequins gueule et argent et d'une couronne d'or. Cimier : le houx ardent de l'écu entre deux trompes, coupées argent et gueules, à trois flammes essortantes, aussi de gueules. Cri : cor meum sicut aquifolium ardet.

Cette famille qui a longtemps possédé les fiefs de Grimbié?ille , Grimbiémont , Lierneux, Ouffigny, Habiémont, Hébrou* val. Autel, Kœrich, Rédange, Mamer, Dockendorf, Bertrange, Lasauvage, etc.,

a produit un assez grand nombre d'illustrations luxembourgeoises que nous allons successivement passer en revue.

Nobiliaire dei Payt-Bai et de Bourgogne; seconde partie, II, 034, et 689. — Neyer, Notice généalogique sur la famiUe d*Huart; dans : Publications de la Société arcbéologique de Luxemboarg, 1834, X, 109 k' 139. — La BAaosi Enn» »*HuAaT, Notice kUtorique et généalogique sur la famUle ^'Uuart; passim.

HUART, GérardrMathias d\ est né au chftteau d'Hébrouval le 2 février 1681. Il était fils de Charles-Gaspard, seigneur de partie d'Autel, Mensdorf, Hébrouval^ etc., député aux diètes de Ratisbonne, et de Jeanne -Marguerite d'Huart de Grimbiéville, sa cousine qui lui avait donné quinze fils et huit filles. Il se titrait de Seigneur d'Autel, des Bulles, etc. Nommé le 15 novembre 1692 cornette de la compagnie de cavalerie que son frère atné^ Jean- Pierre, commandait au régiment de Manderscheid, il passa avec celui-ci en 1700 au service d'Espagne dès Tavènement de Philippe V, et fut fait le 25 octobre 1703 aide-major du 2^ bataillon des Gardes- Wallonnes, et «telles furent les capacités « militaires qu'il déploya dans les cam- «pagnes de 1704, 1705 et 1706, que le «roi l'éieva le 15 janvier 1707, au grade « de brigadier de ses armées » ; bien qu'il ne fût pas âgé de 30 ans. Trois mois après il combattit à la célèbre bataille d'Almanza dans laquelle il se trouva avec dix de ses frères, tous fils du même père et de la même mère, rangés dans une seule ligne , et oit huit d'entre eux onze restèrent sur le champ d'honneur et de victoire.

Après avoir contribué à la prise de Lérida, l'écueil des plus grands capitaines, et à celle de Tortose, réputée imprenable jusqu'alors , le jeune brigadier fut nommé gouverneur de Monçon et reçut des lettres de service pour commander sur la frontière de Catalogne. A peine était-il installé dans Monçon que l'Archiduc parut sous les murs de cette place et le somma de lui en ouvrir les portes., sinon qu'il le ferait

pendre sur la brèche. D'Huart répondit froidement et en plaisantant: que pour le pendre il fallait le prendre, et s'apprêta à rendre la menace d'une difficile exécution. Profitant d'une absence du compétiteur de Philippe V, il fit pointer ses canons sur la tente archiducale et Tabattit des premiers coups. Puis à son tour il fit sommer l'Archiduc de lever le siège s'il ne Toulait subir le sort de sa tente désormais le point de mire de ses cinquante canoniers français. Comme cette notification était accompagnée de fréquentes et de vigoureuses sorties qui chaque jour balayaient la tranchée et décimaient les assiégeants, l'archiduc décampa par une sombre nuit d'automne, mais non sans compter avec le gouverneur de Monçon qui tailla son arrière-garde en pièces.

Un renfort de quatre bataillons et de quatre escadrons lui permit de refouler sur le camp retranché de Balagnières, occupé par le comte de Stahrenberg , un corps autrichien qui avait tenté de pénétrer en Arragon par Bellastro et Naval, d'exterminer dix à onze cents Miqnelets qui désolaient la vallée de la Gina et d'enlever d'assaut la ville et le château d'Estadilla.

Le comte de Stahrenberg détacha contre lui le général Stanhope avec ses anglais.

«Mais le Baron d'Huart, diï une relation « de V époque, le talonna de si près qu'il « ne put rien entreprendre et fut obligé « d'abandonner Naval , de brûler le pont (c de Medianos , de lever le siège d'Esta- €c dilla , de renoncer à celui d'Ainsa et de « se replier à marches forcées sur le camp «de Balagnières, ramenant des troupes « démoralisées et épuisées de fatigues. »

Débarrassé du général Stanhope, le brigadier d'Huart courut prendre 460 hommes du régiment de Béarn envoyés d'Oléron, et les fit entrer avec un fort approvisionnement de vivres et de munitions dans la forteresse de Jaca que les Miquelets de Chabert tenaient étroitement bloquée. Le 16 mars 1711 le brevet de maréchal de camp récompensa d'aussi éclatants services: le 19 juillet 1709 il avait déjà, pour lui, ses descendants et ses collatéraux.

et en récompense de ses services signalés, ainsi que ceux de ses ancêtres , été créé Baron de son nom avec pouvoir d'étendre ce titre sur une terre qu'il posséderait dans les Pays de par-deçà.

Chargé en 1713 de couvrir le siège de Barcelone qui dura quatorze mois il s'acquitta de sa mission avec la haute intelligence et le brillant courage que les relations du temps se plaisent à glorifier en lui. Employé à l'expédition de Sicile il prit part à la victoire de Villafranca, aux sièges de Castellamara et do Messine, et fut fait le 5 juin 1719 lieutenant-général des armées d'Espagne ; pais le 24 mars 1720 commandant-général du Lampourdan^ gouverneur-militaire et politique de Gi^ ronne. L'année suivante Philippe V lui confia un commandement dans la guerre qu'il soutenait contre le régent de France et qui fut peu de temps après terminée par le traité de Madrid.

Dès lors une nouvelle carrière s'ouvrit poujr Gërard-Mathias d'Huart : sous sa sage administration la province de Gironne sembla réaliser des merveilles en agriculture; et l'industrie catalane prudemment encouragée, devint proverbiale. Investi de la confiance de son roi , il déploya aux conférences de Figuières une courtoise dignité qui est du domaine de l'Histoire.

Trois mois après , son hospitalité prit un caractère de générosité chevaleresque dans la noble réception qu'il fit à Gironne à l'ambassadeur extraordinaire du prince qui avait menacé de le faire pendre à Monçon.

Ce grand homme, si brillant dans les combats, si sage dans les conseils, si courtois dans les salons de son hôtel, était dans sa vie privée un modèle de vie de famille. Le 7 septembre 1728 il acheta pour le prix de trente-six mille écus de Luxembourg la baronnie de Jamoigne des mains de Dame Lambertine-Lamoraldine- Thérèse du Faing , baronne de Jamoigne et comtesse de Hasselt ; joignit ce titre à son nom patronymique et devint par-là chef de la branche de sa maison dite des Barons d^Huart de Jamoigne.

Par contrat du 11 août 1706, Gérard-

Mathias Baron d'Haart ëponsa Marie-Barbe de Martini, dame de partie de Roeser, dont il eut trois filles et quatre fils parmi lesquels derniers sa famille et le Luxembourg comptent une illustration dans la personne de Jean-François-Henri-Gérard (y. son art.).

Gérard-Mathias d'Huart mourut à Madrid le 24 mars 1730. Son corps réclame par ses administrés , fut inhumé dans la cathédrale de Gironne sous un magnifique mausolée en marbre blanc éleyé aux firâiis de la province.

fVcTiN , Histoire de la Baroanie de Jamoîgac ; daae : Publications de la Société arcMolo|pq«c de Laxemboarç, 18^4, X, ISI, sqq. - NobUiaire des Pays- Bas et de Boargogne, seconde partie. II, 6519. — Registre anx Comniissions; anx arcbivcs dn Conseil proTincial de Lnxeniboarg. — Biograpbie générale des Belges, 110. — Notes de famille coainianiqnées. — PiaaaBT, I, fol. LXVII. - Butbolbt, VUI, t9S. — Ulvbuhg , 38.

HUART, Ignace ^ , Prémontré, cité par Bertholet et Pierret pour ses ouvrages, n^est guère connu dans les Tablettes de la famille d'Huart oii il se trouve tantôt dit frère , tantôt oncle de Gérard-Mathias qui précède , et cela parce qu'aucune date n'a été conservée qui pourrait le concerner.

Nous n'avons découvert aucune des compositions littéraires de ce personnage; nous en ignorons même les titres.

BcarnoLiT, VIII, i9S.-PinaiT , I , foUo LXVII. «-Tbllot, Mémoires niannscrits.^NmM , Histoire de la baronnie de Jamoigne ; dans t Pnblieations de la Société arcbéologiqne de Luxembojirg, 1854, X, 191 ^ NBonAva, Les autenrs Inxembonrgeois, 54, note 4, FV^

HUART, Jtan S , était fils de Remacle d'Huart (v. son art.) et de Barbe Brenner de Nalbach. Il naquit à Luxembourg le 6 août 1591 et fut créé chevalier héréditaire du Saint-Empire avec ses frères, par Lettres-patentes du 13 septembre 1613. Le manuscrit des Viri illustres consacre à ce personnage distingué la mention suivante : « 1634. Joannes Huart Cas- « pari praesidis frater commendatione prae- « teriti ac séria Schwicardi Archiepiscopi « Moguntini principis-Electoris cui din se- «c cretis cubiculi fuerat, a ser"^ Elisabetha

(cEugenia Hispaniarum Infante Belgii do- «mina assumptns in secretarium germa- (cnicum moriens legavit sacello B. Maris c( Virginia Gonsolatricis Afflictorum Luxem- « burgi 500 Impériales Daleros. »

A cette notice succincte nous ajouterons quelques éclaircissements que nous a fournis le D' Coremans dans le savant travail sur la secrétairerie d'Etat qu'il a publié à Bruxelles en 1842: «Après Antonio Su- «arès d'Aguello , nous voyons venir Jean c( d'Huart , nommé secrétaire-assistant , «par Lettres-Patentes du 26 juin 1626, «et secrétaire d'Etat pour les affaires « d'Allemagne et du Nord, par décret du « 16 juillet 1632. Ce secrétaire fut sons «le gouvernement de l'Infonte, devenue «veuve, ce qu'avait été Fleckammer pen- « dant la vie de l'archiduc Albert. Les « documents de son temps marquent une « des époques les plus brillantes de la se- «crétairerie allemande. Il rédigeait pour « l'infiinte les sommaires espagnols des cor- « respondances allemandes , ainsi que les «minutes des réponses qu'elle agréait « presque toujours. C'était avec les princes «les plus distingués du temps, ainsi «qu'avec les Wallenstein, les Piccolomini, « les Tilly, etc., que correspondait d'Hu- «art et il ne manquait pas à sa tâche.

«Sous ce secrétaire d'Etat, le système «d'entretenir des espions sur différents « points de l'Allemagne ainsi qu'en Angle- «terre, en Hollande et en France» reçut « beaucoup d'extension : Il fallait répondre «à Richelieu à la manière de Richelieu.

« Un curé westpbalien rendit de bons ser- « vices de ce genre. A Liège, dans les «années 1636 et 1637, Jean d'Huart «avait un correspondant nommé Marche, « avocat de profession, qui, dans quelques « lettres que nous possédons de lui, donne «des preuves de sa perspicacité et com- « munique des détails que l'on ne trouve «pas dans les rapports du président «Campi. La correspondance des agents « diplomatiques pendant cette période, oii «notre patrie exerça une influence bien «prononcée sur les affaires d'Allemagne

«et de TEurope catholique, sont d'un «puissant intérêt.

« Jean d'Huart était Luxem-

« bourgeois. Les lettres-patentes de sa noce mination parlent honorablement des série yices rendus aux maisons de Bourgogne «et d'Autriche par son père, son aïeul, «son bis-aïeul et son tris-aïeul »

Il mourut sans alliance , le 5 décembre

Vin illottrct, III, If» SSS. — Ehmarobl, Baior ft^HuABT, Notice kbtoriqae et géBéftlogiqae sar U fa- ■liUe d*Hau«.— NsTiR, HMUire de la Baroaue de JaiBotgae; Uau: Pnbl. •oc. arehM. Lnxbg , 18^4, X» 115, tq.

HUART, Jean-Françoii'-Henri'Gérarâ, Baron d'Huarî et de Jamoigne, seigneur de ce lieu, des Bulles, de Bertrange, de Rodange , des deux Sosnes , de Dockendorf , etc. , est né à Luxembourg le 6 novembre 1712, fils de Gérard-Mathias (▼• son art. ) et de Marie Barbe de Martini.

A quatorze ans il obtint uu drapeau aux Gardes-Walonnes et franchit rapidement les grades de sous-lieutenant, de lieutenant et d'aide-major. Fait premier adjudantmajor de ce corps d'élite sur le champ de Tictoire de Bilonto en 1734, il reçut à sa rentrée en Espagne le commandement d'une compagnie ayec le brevet de colonel-propriétaire du régiment de la Reine.

La guerre ayant éclaté de uou\reau en 1741 , il fut nommé major des grenadiers réunis aux Gardes-Walonnes et combattit à leur tête à Campo-Santo , à la retraite de Bologne et à la surprise de Vellettri.

Dans cette sanglante échaffourée. Don Carlos, roi de Naples et depuis Charles III d'Espagne , lui dut la liberté sinon la vie.

Elevé en 1744 aux fonctions d'adjudantmajor-général de l'armée d'Espagne, il fit la campagne d'Italie sous les ordres du comte de Gages et prit une part si active à cette guerre qu'il fut nommé en 1746 major-général. De retour à Luxembourg pour prendre quelque repos après tant de fatigues, le Baron d'Huart épousa le 17 février 1751, au chftteau d'Everlange, Anne-Marie-Camille marquise de Yillers ,

de Burgesch, qui lui donna trois fils et quatre filles.

Depuis son mariage il renonça à la carrière militaire et se fixa au chftteau de la Sauvage où il mourut le 1** janvier 1781.

Il repose au cimetière d'Ober-Korn ; mais son épitaphe a disparu.

Jean - François - Henri - Gérard Baron d'Huart a laissé sur les succès et les revers de l'armée d'Espagne en Italie des notes précieuses qui ont été imprimées à Metz en 1850^ sous le titre de : Souvenirs de famille; brochure in 12.

Souveoin de faaiUle; paMim.->lVBTBa, Géacalogie de la faaiille d'Haart; dans i Pabl. Soe. arch. Lmbg. , 1854, %f 197, sq. — Notes eoanDaaiqaéet »£■■. »*HoAaT , Notiee hîstoriqiie et géacalo^qne ear la fa- «illed'Haart— BliTtii, Notice Uetoriqne sar la famiUe de Wiltheia, 89.

HUART, JeanrGaepard é^, né k Luxembourg le 29 mars 1579, éUit fils atné de Remacle d'Huart (t. son art.) et de Barbe Brenner de Nalbach, conséquemment frère de Jean, (y. son art.), le chancelier d'Etat sous l'infante Isabelle.

Après de très-brillantes études aux uniyersités de Pont-à-Mousson, de LouTain et de Dôle, il fut reçu docteur en droits civil et canon k l'âge de vingt-un ans. Il passa ensuite et successivement Conseillerlettré au Conseil provincial de Luxembourg (31 août 1611), maître aux requêtes et Conseiller au Grand -Conseil de Malines (17 décembre 1626), enfin Président du Conseil provincial de Luxembourg (14 février 1632). Par diplôme donné à Ratisbonne, le 13 septembre 1613, il fut créé chevalier héréditaire du St. Empire par l'Empereur Mathias ; et la cour de Madrid le nomma le 17 juillet 1630, député résidant à la diète de l'Empire, comme elle l'avait chargé par dépèches datées de Bruxelles les 14 janvier, 14 février, 9 mars et 20 mai, de missions diplomatiques près des archevêques-Electeurs de Cologne et de Mayence, du duc de Neubourg, de l'abbé de Fulde et des évéques de Worms, d'Osnabruck et de Wdrtzbourg.

Jean-Gaspard d'Huart épousa au chà-

teau de Laroche en Ardeone^ le 10 février 1609, Hélèoe de Cymont doat naquirent quatre fils et deux filles.

Ce magistrat et diplomate célèbre est mort victime de la maladie contagieuse qui décimait le pays , à Luxembourg , le 17 novembre 1633, après avoir pendant vingt-deux mois seulement occupé le fauteuil de Président du Conseil provincial.

Il fut inhumé dans le chœur de TEglise des Récollets de sa ville natale, sous une tombe en marbre noir décorée de ses armes, de quatre quartiers et de Tinscrip* tion suivante :

HONUMENTCM NOBIUS ET AHPLISSIMI

D. JÔÏS-GASPARI HUART

EqUITIS • GONSILII LUXBMB.

PRiESIDIS ET ARGHIVI PEiEFECTI,

EjUSQUE CONJUGIS, DoHINiE

HELENiE DE CYMONT.

nie obiit 17 novembris 1633,

Hœc vero 23 febr. 1663-

On voit par là que son épouse, qui lui survécut de trente ans, a été déposée à ses côlés. Ce monument a échappé au vandalisme en 1796. Racheté par la famille en 1802, il a été placé au cimetière d'Ober-Korn, à côté d'autres épitaphes de son nom.

Finalement Fauteur du manuscrit des Viri illustres parle de ce grand homme dans les termes suivants : (; 1631. Joannes «Casparus Huart Luxemburgensis filius (( Remacli Consiliarii Régis propter lega- (itiones diligenter Ratisbonae in Comitiis (( et Coloniœ apud principes imperii proie fugos obitas e consiliario Mechliniensi « prœses Luxemburgensis , mortuus ibi- (i dcm. »

Neycn, Histoire de la BaroDDÎede Jamoigne; dana: Publ. soc. arch. Laxbrg., 18tf4, X, 113, sq. — Précis historique des Comtes de Bony de la Vergae.— £a«. D'HuAET, Notice histor. et génial, sur la famille d*liuaK. — Archives du Conseil provincial; Aeg. aux Commissions. — Biographie générale des

Belges, 110. — IHannscril BLAiicu4aD. — UsuaiD^IIo- AftT, Souvenirs de famille. — Viri illustres, III, NO SIS.

HUART, JeanrRemacle ^, ou simplement Remade , était fils de Remacle (y.

son art.), yice-Président du Conseil pro* \rincial de Luxembourg et de Barbe Brenner de Nalbach. Il naquit à Luxembourg le 28 mars 1603 et fut avec ses frères créé chevalier héréditaire du Saint-Empire par Patentes du 16 septembre 1613. Il se fit prêtre et obtint un canonicat à St. Pierre de Mayence: 11 fut en même temps nommé un des sept prêtres de cette église. Sa réputation de science le fit députer aux diètes de Ratisbonne par plusieurs princes de TEmpire et par plusieurs Electeursarcheyéques. L'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré les lignes qui €( suiyent : « 1654. Remaclus Huart, Luxce ^mburgensis Archiepiscopis et Electori- « bus principibus Moguntinls aliquot a con- «siliis et legationibus , Decanus ad Stm.

« Petrum Moguntiœ. »

Viri illustres, I, N« i04. —Neybit, Généalogie de la famille d'fluart ; daas i PnbUc. de la Soc. arch. F.axbrg., 1B54, X, 116. — MaBoserit Bla». CHAaa. — Ehm. D*HuAaT» Notice historique et généal. sur la famille d'Haart. — Notice sur les I Comtes de Bony de la Vergue.

HUART , Louis-Gérard-Joseph-Emmo' nwl Baron d\ cheyalier héréditaire du St. Empire et d'Isabelle -la -catholique d'Espagne, était fils de Gharles-Elisabeth- Joseph, cheyalier-Baron d'Huart, seigneur des deux Sosnes, de Bonneyal, etc., lieutenant aux gardes-walonnes , et de dame Olympe-Séraphine comtesse de St. Hauris- Ghâtenois, dame héritière de Bonneval.

Il est né au chftteau de Lasauyage le 10 août 1795.

Fils d'une famille qui aurait conservé les pieux souvenirs d'un attachement inviolable à la foi-jurée à la dynastie des souverains légitimes, le jeune d'Huart se vit compris par Napoléon I*' dans l'espèce de proscription qui pesait sur Charles- Elisabeth-Joseph son père , que l'Empereur avait placé sous la surveillance de

la haute police ponr avoir refasé d'entrer au seriice de la France impëriale. Arraché Tiolemment à sa famille oh on s'était bâté de lui inculquer rin\riolabilité morale des principes de la légitimité, on le força, en exécution d'un décret impérial du 27 janvier 1810 et à l'âge de moins de quinze ans, à se rendre aux écoles militaires de La* Flèche et de St. Cyr; mais il ne parut sous les aigles que pour assister à leurs roTers. A la restauration le Baron Emmanuel d'Huart entra dans la compagnie écossaise des gardes du corps de Louis XVIII, par breyet du 16 juin 1814; et le 15 mars 1815 il franchit la frontière, suivant son roi à Gand.

Pendant les cent jours il continua de résider dans le Grand-Duché de Luxembourg, chez ses cousins à Bertrange.

Inscrit d'ofBce sur les rôles de la milice du royaume des Pays-Bas il se vit un moment poursuivi, traqué pour ainsi dire comme réfractaire par les gendarmes du Pays, lorsqu'il prit le parti de rentrer en France où il se fit naturaliser le 25 septembre 1816; préférant, dit-il dans une de ses correspondances, l'épaulette de lieutenant avec la cocarde blanche au fusil et au bawersack hollandais.

Le 20 février 1817 il fut nommé capitaine-lieutenant au sixième régiment français, infanterie de la garde-royale. Cependant quelques années plus tard des intérêts de famille l'ayant contraint de renoncer à l'activité il obtint d'être attaché comme capitaine de remplacement au treizième régiment de chasseurs à cheval.

Lorsque la révolution de 1830 vint changer la face politique de la France le Baron d'Huart, pour rester fidèle aux principes de légitimité qu'il avait sucés airec le lait maternel, refusa de prêter serment à la dynastie nouvelle et prit sa démission du service militaire comme de ses autres fonctions politiques. Il put dès lors donner ses ' loisirs à ses études de constante prédilection, c'est-à-dire à celles de Thistoire et de l'archéologie; et ces études ne tardèrent pas à devenir produc^

tives. Le Baron d'Huart devint un des fondateurs et principal rédacteur de La RevM d^Austrasie qui de 1837 à 1843 publia 13 volumes in 8^. Plusieurs articles intéressants sur l'Histoire locale du Pays Messin et de la Lorraine attestent de son talent d'historiographe, et de la part active qu'il prit à cette entreprise. La Gazette de Metz et de Lorraine qui paraissait alors, renferme aussi un grand nombre de compositions sur l'Histoire et l'Archéologie qui sont dues à sa plume élégante.

. Bientôt plusieurs sociétés savantes s'empressèrent d'inscrire son nom sur le tableau de leurs membres ; c'est ainsi que dans sa séance du 8 septembre 1837 le Conseil d'administration de la Société pour la conservation et la description des monuments historiques de France lui oflTrit le titre d'associé; le 18 novembre 1839 il fut nommé titulaire de la société des antiquaires de Normandie; le 28 novembre 1841 il entra à l'Académie royale aujourd'hui impériale de Metz dont il fut un zélé collaborateur ; finalement le 23 juillet 1846 la Société Royale Grand-Ducale pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Pays de Luxembourg lui décerna le rang de membre honoraire ; et depuis son admission jusqu'à la veille de son décès, cette société a reçu du Baron d'Huart des preuves manifestes de son zèle infatigable, de ses connaissances aussi vastes que variées et de son dévouement pour l'histoire de son ancienne patrie :

Etablir et consolider de plus en plus les liens de bienveillante confraternité qui unissent l'académie de Metz avec la société archéologique luxembourgeoise; secouer la poussière de ses propres archives et de celles des maisons alliées pour rendre au jour les faits historiques qu'elles recèlent; rehausser l'intérêt des publications annuelles de cette dernière société par des notices sur des localités et des familles luxembourgeoises , tel a été un objet de sa plus constante sollicitude.

En publiant en 1863 une Notice historique et généalogique sur sa famille, qu'il

a su faire remooter, yierge de mësalliance, par douze générations jusqu'au preux Reinhar de Houard qui périt sur le champ de bataiUe de Crécy le 26 août 1346, à côté de son preux suzerain le bon Jean dit Tayeugle, comte de Luxembourg et roi de Bohême, le Baron d'Huart n'a fait que continuer Tœuvre commencée par son aïeul , Jean-Francois-Henri-Gérard Baron d'Huart (▼. son art.) , dans « Les Souvenirs de famille», et par son père qui en yisitant yèrs 1789 Grimbiémont et Grimbiéyille, les domaines originaires de ses ancêtres, en ayait rapporté et sauvé assez de documents pour prouver sa descendance du chevalier Reinhar.

Des études consciencieuses, d'infatigables investigations, d'heureuses découvertes et des relations très-étendues ont mis le Baron d'Huart à même de traiter avec un rare intérêt les sujets dont il s'occupait. Par un style facile et plein de charmes il savait donner de l'attrait à des matières souvent arrides et entremêler ses récits de poétiques légendes qui venaient refléter l'image fidèle de l'époque dont elles rappelaient le souvenir.

Si l'Histoire et l'Art héraldique durent beaucoup aux consciencieux travaux du Baron d'Huart, l'archéologie aussi ne lui fut pas moins redevable : son regard scrutateur se reportait souvent au-delà des limites du moyen-ftge pour étudier la physionomie du pays aux époques antérieures.

Les efforts qu'il a faits pour concourir à la conservation des monuments de tout genre ont surtout attaché un beau fleuron à la couronne qui enceint sa mémoire:

combien de monuments historiques n'a-t-il pas préservés sinon d'une destruction complète , du moins de barbares réparations qui souvent sont encore plus à craindre !

L'un des membres les plus influents de la commission d'archéologie de TAcadémie de Metz , il prit une part très-importante aux réparations bien entendues de la célèbre cathédrale de cette ville dont on sait que les fondements ont été posés par un prélat issu de la Maison régnante de Lux-

embourg. Il serait trop long d'énnmérer tous les monumepts, les églises, les cha- ^ pelles qui ont été l'objet de sa soUicitnde.

Son œuvre capitale , sous ce rapport , est la restauration de la Chartreuse de Bosserville, près de Nancy. Vendu en 1795, ce bel édifice fondé par Charles IV dac de Lorraine, allait disparaître et subir soas l'esprit de vandalisme de cette époque le sort de tant de monuments miyestueux, lorsque le Baron d'Huart conçut le patriotique projet de le racheter pour le rendre à sa destination primitive et à ses premiers possesseurs. Mais les religieux étaient alors hors d'état de contribuer en quoi que ce fût à la restauration des bâtiments. Le baron d'Huart ne se découragea pas: il ouvrit des souscriptions et déploya à cet effet toutes ses ressources pour atteindre son noble but. Aucun obstacle, aucune difficulté ne purent l'arrêter; enfin on succès complet vint couronner ses efforts et son dévouement; et en 1835 les disciples de Saint Bruno sont rentrés dans leur sanctuaire qui avait semblé condamné à leur rester enlevé.

De quelque côté qu'on tourne ses regards on voit que partout le Baron d'Huart s'était imposé la tiche de se rendre utile.

Les sciences, les arts, mais surtout Tagrîculture étaient devenus le vaste domaine de son activité: à l'exposition des produits de l'industrie française en 1844 , un jury fut nommé dans chaque département poar examiner et déterminer les produits qai devaient être admis à l'exposition; le Baron d'Huart fut nommé membre de ce jury. Là comme partout ailleurs il mit tons ses soins à faire le bien; et pour y parvenir il n'épargna ni peine , ni travail, ni voyages.

En 1846 il fut un des principaux organisateurs des comices qui ont exercé une si heureuse influence sur l'agriculture dans le Département de la Moselle. L'exploitation de la ferme de Bétange, à la tète de laquelle il se plaça, contribua aussi puissamment au développement de Fagriculture dans l'arrondissement de Thion-

\rille: c'est ce que reconnut TAcadëmie de Metz en loi décernant en 1862 le grand prix de bonne exploitation.

Nous avons déjà parlé de la Notice AtJtoriqw et généalogique sur sa famille que le Baron Emmanuel d^Haart a publiée en 1853 à Luxembourg 9 brochure in 8^; nous allons rapporter les titres de la plupart de ses autres écrits qui nous ont été communiqués en tirés-ji-part , f. hors du Recueil mensuel intitulé : La Revue d'Austrasie; y des mémoires de TAcadémie de Metz ; 5^ des publications de la société archéologique de Luxembourg. Ses articles historiques de journal ne nous sont pas connus, mais ils sont asses nombreux.

1"* 1857. NoUce sur Héraple.— Le pâté de Chatel.— NoUce sur le Ring de Dolbere.«*Le lépreux de Volkrange. — ~ 4858. Le château de Preny , tradition du Chanffoir noir. — Notice sur madame de St. Balmont. --Promenade archéologique :

Metlodi ; Castell j le tombeau du roi Jean de Bohème (sous les Pseudo-initiales G.

de B.) 4859. ResUnration de la chapelle de rbermitage du Mont St. Michel.

— Florange.— Montoy. — Notice sur Sancy. — — 4840. Le chêne à la Tierge. — Traditions populaires sur l'origine de la ville de Metz. — Le château de Mussy-Iez- LoDguyon. — Raville et Créhange. — — 4844. Les fées de Viviers. — Bouxières aux Dames. — ^Notice sur le Père Fourier.

184S. Chronique de la vie de Monseigneur Saint-Livier, citoyen de Metz. ~ Histoire de Philippo-Emmanuel , comte de Ligniville et du St. Empire. — 1845. Notice sur le château de Félin.— Notice sur Richement. — Châtel-St.-Germain^ près de Metz.

2^ 4845 — 44. Daspich ^ annexe de Florange, canton et arrondissement de Thion^e^ par Clerx, Dufresne et d'Huart. Fouilles faites en octobre 1842 — 43.

—Rapport sur deux aqueducs romains découverts sur les bains de Chazelles, de Scy et de Lessy. — ^Les Faust d'Aschaffenbourg) descendants du célèbre Jean Faust.

4844 — 45. Notice sur les anciennes

forges de Gustal et de Hayange. — — 4845— 46 • Communication faite àr Académie sur les fresques découvertes à Sillegny.

d*" 4850. La Chèvre d'or de Grimbiémont. — * Histoire généalogique de la famille deBlanchart.-— :Baurde Kitzingen. — Jean , Baron de Beck. — Les descendants de Jean Faust. — Jean Brenner de Nalbach. — — 4854. Notice historique sur le domaine de Lasauvage. — Notice sur le château de Raville. — Volkrange, puissante famille d'ancienne chevalerie luxembourgeoise. 485S. Illustrations luxembourgeoises^ Neuforge. — Notice sur Odille-Dorothée d'Huart, baronne d'Argenteau.

Le Baron Louis-Gérard-Joseph-Emmanuel d'Huart mourut en son château de Bétange, le 8 janvier 1856, à l'âge de 60 ans et huit mois.

Le IS septembre 1818 il avait épousé la noble et illustre Dame Marie-Emilie-Julie Comtesse de Béthune-Saint-Venant , du sang du grand Sully, fille unique de Louis- Pbilippe-Eugène Comte de Béthune-Saint- Venant et de Julie-Alexandrine-Françoise Marquise de Raulin de Belval. De ce mariage naquirent quatre fils dont le puiné et le cadet ont rang d'officier dans l'armée impériale de France*

Ifirn, GémitAifit àe U fkmiUe d'Hun; dau:

Publications de la SociëU archëologiqae de Lmembourg, I8tf4, X, ltf5. — Nabob, Notiee rar M. le BaroB EwMBael d*Hnart: brocb. ia 8^, de 8 pages. ^Pablieations de la Soeiétë archëoU de Laseaboarg, XI, XVI, eqqq.: Nëcrologe dm baroa Emmannel d'Haart — SouTcnin. — Conretpoadaaees avec le Baroa d'Mnart — NoUt eoMmimiqaéee. — La Aevme d*Aiutrasie. — Mëmoiree de rAeadénûc royale de Mcts.'^NAMiia, CaUlogve de la Bibliolkètiae de Luxemboarg, 778, tq.

HUART, Remaele £, était fils de Colinet ou Nicolas d'Huart, seigneur de Grimbiéville et Grimbiémont , et de Gertrude ou Catherine de Versale-Denal. Il se ti^ trait de Seigneur de Grimbiéville-Grimbiémont et de Berg, et naquit le 14 juin 1537, au château de Wanne, Pays de Stavelot ; d'où Bertels le nomme Stabulensis.

Dès rage de quatre ans il fut confié aux soins de son onele et parrain, Remacle d'Huart , curé de Lierneux , qui est ailé mourir en 1547 à l'abbaye de Prum et sous lequel il fit ses premières études qu'il continua ensuite & Liège où il prit les degrés de bachelier-ès-lettres et de licencié en droit, après quoi il embrassa la carrière de la magistrature que Charles-Quint Tenait de remettre en honneur parmi la noblesse.

Il fut nommé successiyement Greffier, puis Conseiller-lettré, trésorier-gardenlu-sceau, garde des archives et yice- président du Conseil provincial de Luxembourg. En 1568 la Gourde Bruxelles le chargea d'informer sur les troubles du Pays de Ma- Unes et le députa aux conférences qui eurent lieu en 1601 relativement à la terre de Marville et à celles qui se tinrent en 1602 et 1604 à l'occasion des dilHcultés que le chapitre de Verdun avait suscitées entre l'Espagne et la France.

Il avait épousé à Arlon, le 20 mars 1578, Barbe Brenner de Nalbach, dame de Berg près Remich, qui lui avait donné cinq fils et huit filles. Parmi les fils, Jean- Gaspard et Jean-Remacle ont mérité de figurer dans cet ouvrage.

Remacle d'Huart mourut à Luxembourg, le 26 juillet 1613.

BsBTBis, 118. — ArebWes da Conseil provincial de Laxemboargi llcg. aux Commissions. — Manuscrit Blahchast. — Ehh. D*HuAaT« Notice généalogique et historique sur la famille d*Huart. — NkYsn , Histoire de la Baronnie de Jamoigne; dans: Public. Soc. archéol. de LuTbrg.» 18M, X, lit, sq.

HUBERT^ Saint, aussi nommé, Huobert, Hugbert, Humbert, Heribert, était né du sang ducal d'Aquitaine. Il est peu de personnages dont les gestes aient été plus diversement consignés que ceux de Hubert d'Aquitaine ; et les légendes nous en rapportent la plus grande partie d'une manière entièrement inexacte, en y entremêlant des récits absolument étrangers au saint. Nous nous efforcerons de ne recueillir que les faits historiques positivement établis, sans nous inquiéter s'ils cadreront bien avec ceux que racontent les légen-

daires qui ont été souvent plus pieux que véridiques.

Nous avons hésité d'abord sur la question de savoir si nous comprendrions Saint- Hubert parmi les illustrations luxembourgeoises; mais après de mûres réflexions nous avons cru ne pas devoir l'oaiettre , parce que, patron et évéque d^une partie de l'Ardenne luxembourgeoise oit son culte est très-répandu, il appartient à notre Pays, au moins moralement parlant, attendu que le célèbre monastère qui portait son nom et possédait ses reliques a fait partie de cette province.

Hubert, né duc d'Aquitaine ^ était fils unique de Bertrand et de Phigberte. De son côté, son père Bertrand avait été fils de Gharibert, roi de Toulouse qui avait été dépossédé par le roi Dagobert. Le jeune Hubert paraît-il, naquit pendant la seconde moitié du septième siècle.

A la mort de son père, Ebroïn était maire du palais des rois de Neustrie. Ce seigneur qui s'était attaché à ruiner le crédit deia noblesse envers laquelle il usait de la plus grande insolence, força à la fin plusieurs des grands du royaume, entrautres Hubert, à s'expatrier et à se réfugier auprès de Pépin duc d'Austrasie qui tenait sa cour à Jupille. Ce prince, qui était parent de Hubert, reçut les réftigit^ avec bonté et se mit aussitôt en devoir de tenter une démarche sérieuse afin de les rétablir dans leurs domaines : il envoya en conséquence une embassade k Thierry qui avait succédé k Clotaire HI, pour l'engager à rappeler les seigneurs qu'Ebroîn avait obligés à la fuite. Mais Thierry ne donna non-seulement pas aux envoyés de Pépin une réponse favorable touchant l'objet de leur mission , mais il leur déclara qu'il irait bientôt faire la guerre à leur maître pour le punir d*avoir osé prendre parti pour des sujets rebelles. Dès qu'il eut appris cette réponse déplacée. Pépin se prépara à entrer en campagne. Les deux armées se rencontrèrent dans les plaines de Testri, oii Thierry fut complètement vaincu et obligé de fuir jusqu'à

Paris dont les bourgeois le livrèrent au ▼ainqueur qui ne lui laissa que le titre de roi et s'attribua à soi-même le pouvoir souverain. Hubert d'Aquitaine ne fut point étranger à ces événements, puisqu'il contribua avec les antres réfugiés de la cour de Neustrie à brouiller Thierry avec Pépin.

Hubert demeurait à la cour de Jupille lorsque Pépin lui fit épouser une femme digne de sa haute extraction. Elle était fille d*un comte de Louvain et se nommait Floribane , ou Florvine suivant le P. Diyœus qui dénomme le père de cette dame Floribert , non Dagobert comme d'autres auteurs l'ont avancé. Un fils unique , qui reçut le nom de Floribert comme son grandpère, fut le fruit de cette union. Nous n'avons pu découvrir rien de certain dans le chaos qui règne chez les historiens sur la question de savoir si l'épouse de Hubert vécut longtemps ; si elle était morte lorsque son mari s'engagea dans les ordres ; ou bien si ces époux, se séparant à cette occasion d'un consentement mutuel, cette dame sera entrée dans un monastère alors que son mari se voua au service des autels.

Le séjour de Hubert à la cour de Neus- Irie puis à celle de Pépin , doit faire supposer que nonobstant les ténèbres qui régnaient alors généralement , il a possédé quelque culture intellectuelle malgré le préjugé qui faisait mépriser à la noblesse toute étude qui n'avait pas rapport avec le maniement des armes et l'exercice du cheval.

En effet le palais des rois français était devenu alors en quelque façon l'asile des lettres 9 grâce à l'usage que ces princes avaient conservé d'entretenir à leur suite des religieux qni« se livrant dans leur retraite aux travaux littéraires , donnaient l'exempla aux jeunes seigneurs qui y résidaient. Hubert , dont les dispositions sont assez dénotées par ses actes postérieurs, aura profité des leçons de cette école pour acquérir au moins les premiers principes de littérature; de façon que déjà à Son arrivée chez Pépin il aura pu, comme disent les l^endaires, être plein de science, pour son époque bien entendu.

Cependant afin de jeter plus d'éclat sur la conversion de Hubert, d'autres légendaires le présentent comme attaché à l'idolâtrie lorsqu'il vivait à la cour: Mais on ne peut pas admettre cette assertion. En effet, dans l'école ou il fut élevé on ne pouvait se borner à initier ceux qui la firéquentaient à la connaissance des sciences profanes , puisque, tenue par des prêtres, la religion devait servir de base à l'éducation qui y était faite.

Après avoir établi le fait de l'instruction, au moins sommaire et éminemment religieuse que Hubert devait avoir reçue avant d'arriver à Jupille , nous ajouterons qu'il semble qu'il perdit sa femme peu après la naissance de son fils Floribert , et que par suite de ce malheur il sera rentré en lui-même et aura pris la résolution de renoncer au monde en se vouant entièrement à Dieu et à son culte. Que cette résolution lui soit venue par l'effet de ses propres réflexions sur la vanité des grandeurs de la terre, soit par Tapparition réelle ou imaginaire du signe de la rédemption fiché entre les bois d'un cerf qu'il avait lancé à la chasse un jour de fête et qu'il aurait été prêt à tuer, comme la légende le prétend ; toujours est-il vrai qu'il vint trouver l'évéque Lambert, un des prélats les plus instruits comme les plus vertueux de son temps et qui s'était déjà alors rendu célèbre par sou zèle à détruire l'idolâtrie dans l'ancienne Taxandrie.

Lambert accueillit avec bonté son nouveau disciple qui , du reste , n'était pas un étranger pour lui puisqu'il devait l'avoir rencontré plus d'une fois déjà dans le Palais de Pépin. Ce fut pour lui une grande joie d'apprendre qu'un chevalier qui avait vécu jusqu'alors au milieu du luxe des cours renonçait aux biens de ce monde pour obéir à la vocation religieuse qui s'était révélée en lui.

Le premier soin de Hubert fut de se dépouiller de ses richesses au profit des pauvres et des couvents : il se hâta , dit le l^endaire , de mettre arrière sa ceinture de chevalerie. Et après plusieurs

années de soins assidus de la part da maître et d'une dévotion zélée de celie de relève, celui-ci fut assez avancé dans son éducation théologique pour que Saint-Lambert déclarât n'avoir plus rien à lui apprendre et lui donna, disent les légendaires, le conseil d'aller en pèlerinage à Rome.

Soit qu'il y ait effectivement été , soit qu'il n'ait pas quitté Mœstricbt, ce qui paraît plus vraisemblable ; ou bien encore, comme la tradition le rapporte , qu'il ait été mener une vie d'anachorète et de pénitent dans la forêt d'Ardenne, au lien dit encore aujourd'hui la ConMerterie , toujours d'après l'avis de son maître ; Hubert apprit que l'évéque Lambert, son patron et son bienfaiteur était mort assassiné et martyr pour la foi. Tout le monde sait le sujet qui amena la fin tragique de ce saint qui fut grand comme homme, mais plus grand encore comme prélat. Ces bits se passèrent en 707, 708 ou 709.

Dès que la nouvelle de la perte que l'église de Tongres ou de Maestricht venait d'éprouver dans la personne de son pasteur fut connue , les voix du clergé et du peuple se réunirent pour dénommer Hubert pour son successeur (Dewez et Fétis).

Que Saint-Lambert l'eût encore consacré prêtre ou bien qu'il ait été ordiné par l'archevêque de Cologne son métropolitain, Hubert prit en main les rênes du gouvernement de cette église et se montra dans tous ses actes digne de succéder au vertueux prélat dont il était appelé à recueillir l'héritage. Il était à peine installé qu'il se hâta de se rendre dans la Taxandrie pour adiever de convertir à l'Evangile les populations à demi-barbares chez lesquelles son prédécesseur avait commencé à faire pénétrer la lumière de la foi : Ces saintes missions n'étaient pas sans danger à une époque oii il y avait peu de sécurité pour les personnes, même celles qui étaient revêtues d'un caractère sacré, et au mOieu des événements politiques dont l'Austrasie était le théâtre.

Cependant, tout occupé qu'il était de ses travaux apostoliques, l'évéque Hubert

n'oublia pas qu'il avait un devoir d'une autre nature à remplir en accordant à la mémoire de son saint prédécesseur la réparation qu'elle exigeait: il sollicita et obtint de Pépin l'autorisation de bâtir au village ou bourg de Legia, Leodium , une église au lieu même oii SaintrLambert avait été massacré. L'auteur d'une chronique manuscrite de la ville de Liège assure que l'évéque Hubert eut assez d% crédit pour imposer k Pépin cette réparation solennelle , et que le désir de faire sa paix avec l'Eglise décida ce dernier à reprendre sa femme légitime après avoir envoyé sa concubine dans un monastère.

Après que Hubert eut achevé la construction de l'église dont il vient d'être parlé et dont le chœur était formé par la chapelle dans laquelle Saint-Lambert avait eu coutume de se retirer, il la consacra en l'honneur de ce saint et y annexa un chapitre de trente chanoines, plus six prébendes pour des clercs destinés au service de l'intérieur. Il s'adressa ensuite au Pape Jean VU pour obtenir de pouvoir y £iire transférer les restes du saint qui avait été inhumé à Mœstricfat, siège de son diocèse.

L'autorisation ayant été accordée il procéda à la translation solennelle de la relique :

Ces faits se passèrent entre 720 et 722.

Lorsqu'il eut rempli ce pieux devoir envers son saint prédécesseur, l'évéque Hubert reprit le cours de ses missions qui ne consistaient que dans des discours dans lesquels étaient empreints la douceur et la persuasion. Il allait de village en village^ enseignant avec patience les dogmes de la religion k des populations ignorantes : Suivant le légendaire, le Saint-Esprit lai avait accordé le don d'une éloquence douce et insinuante. Et il était rare qu'après une de ses prédications ceux de ses auditeara qui n'avaient pas encore reçu le baptême ne vinssent pas faire entre ses mains Tabjuration de leurs erreurs , tant il savait faire passer sa conviction dans l'âme de ceux qui récoutaient, tant il rendait la religion attrayante dans ses conlérénoea !

Aussi par son influence , les temples des

idoles forent-Us abattus pour faire place à des églises chrëlieDDes.

En fondant à Liège Féglise et le eha« pitre de St. Lambert, Tévéque Hubert ayait l'intention de procurer raceroissement de ce bourg. Peut-^tre même songeait-il dès lors d^à à y transférer le siège de son évécbé.

Pépin était mort an mois de décembre 714 ; etCbarles, fils de Pépin etd'Alpa'îde, qui ayait été proclamé duc d'Austrasie malgré les précautions que Plectrude, la yeuve légitime du défunt maire du palais ayait prises pour le rendre inaffensif en «le séquestrant à Cologne, élak yenu se reposer au cbâteau de Jupille aprèa la yictoire de Vinciac dans le Carobresis. Hubert yint Vj trouyer.pour lui demander Tautorisation d'ériger le bourg de Liège en yiUe. Après Tayoir obtenue il fit abattre Taigle qui se trouyait sur la tour de règUse cathédrale de Maeatricht et la fit placer sur celle de Saint-Lambert de sa nouvelle yille, afin de marquer que désormais cette église était dbyenue sa cathédrale.

Cependant les historiens ne sont pas unanimes sur la part que réyéque Hubert prit à la fondation de la vUle de Liège.

Suivant le plus grand nombre, il Fentoura de murailles et dé tours, y créa un tribunal composé de quatorze magistrats auxquels il déféra la connaissanee des causes criminelles et de celtes de police. Ce tribunal avait un chef; deux de ses assesseurs qui se renouvelaient chaque année exerçaient des fonctions analogues h celles des Bourgmestres de nos jours , décidant de toutes les questions d'administration intérieure. Il fixa en outre les poids et mesures, fit frapper une monnaie sur une des faces de laquelle était représentée Fimage de Saint-Lambert , et détermina la forme du Sceau qui devait être appliqué sur les actes publics. Ces faits, qui sont explicitement exprimés par les plus anciens historiens liégeois ne sont pas tous admis par les auteurs plus modernes : La translation du siège èpiscopal de Maastricht n'est même pas universellement reconnue pour

avoir été accomplie par cet évêque. Maii& les objections qu'oo: leur oppose nous ont paru comme à d'aulrea auteur» très-sérieux d'ailleurs, plus sfëcieuses ^Gie fondées sur l'exacte vérité historique.

Un des soins tes plus, constants de l'èyéque Hubert, avons-nous dit, fut de remplir ayec zèle tea devoirs de l'épiscopat en préchant, en administrant les sacrements et en bénissaBi les églises nouvelles que les peuples^ convertis par ses leçons mais surtout par ses exemples de vertu, élevaient de tous côtés. C'est ainsi qu'on yint un jour le prier d'aller consacrer daua le Brabant une chapelle que l'on croit avoir été celle de Hèverlè, près de Louvain, et qui, placée sous l'invocation de Saint-Lambert passait pour avoir été bénie par lui.

Le vénérable prélat, toujours prêt lorsqu'il s'agissait des intérêts de la religion, accueillit la demande avec empressement et se mit eu roule, accompagné de ses disciples ; car son cortège fut toujours très-simple, ne se composant que de quelques jeunea clercs qu'il initiait par ses paroles et ses exemples aux devoirs du saint-ministère qu'ils se proposaient d'embrasser.

Les cérémonies de la consécration terminées il repartit pour Liège. Pris en route d'un accès de fièvre il fut obligé de s'arrêter dans un village non loin de Louvain et d'y passer la nuit. Une dispute fortuite s'étant élevée ce même soir entre les habitants du lieu on en était déjà venu aux mains, lorsque Hubert sortit malgré son état de souffrance, et par des paroles conciliantes rétablit la paix entre les adversaires. Son état empirant, il se fit trans^ porter le lendemain dans une maison qu'il avait à Fure, que l'on croit avec beaucoup de fondement être le Terwueren d'auyourd'hui. Lorsqu'il y fut arrivé, son mal gagnant toujours, il vit bientôt lui-même que la vie commençait à se retirer de son corps. En conséquence il se prépara avec la plus grande ferveur à la mort. Ayant fait assembler autour de sa couche ses disciples consternés, parmi lesquels se trouvait son fils Floribert qui lui succéda en qualité

d'ëTèque de Liège, il les exhorta à prier pour lui, éleva les mains aa ciel et rendit le dernier soupir. Fin touchante et modeste, digne d'une yie yraiment chrétienne, remplie depuis longtemps par la pratique de toutes les yertus apostoliques.

Les disciples du pieux éyéque , après avoir accompli les cérémonies religieuses prescrites dans des cas pareils , mirent le corps de leur patron dans une châsse et le transportèrent à Liège oii il fut reçu avec les marques du plus touchant regret de ravoir perdu , et de la plus grande vénération. Le peuple et le clergé allèrent audevant du cortège et l'accompagnèrent jusque dans la crypte souterraine de réglise de St. Pierre ou il fut inhumé suivant ses désirs devant Tautel de St. Aubin. On traça le vers suivant sur la dalle qui scellait le caveau:

Hic lACBT HVBERTVS PRiESVL DOMINI TY-

[mvlatvs.

Les historiens ne sont pas d'accord sur Tannée de la mort de ce grand homme :

cependant Topinion qui parait la mieux fondée place cet événement au 30 mai ou au 5 novembre 727 ou 728 , après un gouvernement de 21 ans environ, St. Lambert auquel il avait succédé ayant été assassiné en 707 ou 708.

Cependant le clergé et le peuple ne tardèrent pas à croire que le lien que Hubert avait choisi par modestie pour y reposer était peu digne pour ses grands mérites : on décida en conséquence que le cercueil serait transporté dans la partie supérieure de l'édifice; et Carloman avec toute sa cour voulut assister à cetle translation qui se fit le 3 novembre 743, seize, non six ans après son décès. A cette occasion on ouvrit la châsse avec le respect dû au rang du défunt et on trouva le corps entier , sans corruption aucune et revêtu de ses habits pontificaux qui aussi étaient intacts. Est-il nécessaire d'ajouter que dès après son décès , ou au moins après sa translation , l'évéque Hubert a été regardé comme saint et a été inscrit au catalogue des bienheureux.

Le saint reposait dans son nouveau tombeau depuis soixante-treize ans lorsque les religieux du monastère d'Ardenne^que Pépin avait fondé en 687 dans son castsl d*Ambra-ad-lacum , caput fUei ilmfrerfaieensiês et que Waleand^ évéqae de Liège venait de rbconstruirb a neuf dans un

EMPLACEMENT PLUS CONVENABLE, vinrent

supplier le Concile qui était assemblé en 815 à Aix-la-Chapelle, de le leur accorder, afin de par cette puissante protection conserver à jamais le lustre et la régularité dans leur abbaye. Le concile ac^ céda \ la demande , de même que l'Empereur, le Pape ainsi que l'évéque diocésain , et la translation solennelle de la relique eut lieu le 3 novembre SUl.

Depuis cette date le monastère des Ardennes adopta St. Hubert pour son patron spécial et en prit le nom. Le corps même du saint , enfermé dans une châsse riche en or et en pierres précieuses y fut longtemps conservé intact, disait-on, et produit dans plus d'une circonstance par les religieux , pour obtenir ou récupél'er des propriétés: cependant depuis l'incendie du monastère et de l'église par les hérétiques en 1568 , la relique n'a plus été exposée; d'oii plusieurs auteurs , même parmi les ecclésiastiques, ont inféré qu'elle a péri pendant cette catastrophe , malgré l'assertion contraire qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours à St. Hubert: cette opinion que la momie n'existe plus a même acquis un grand degré de vraisemblance par la circonstance péremptoire que les religieux, sommés plusieurs fois depuis lors de la montrer, s'y sont toujours refusés d'une manière absolue, sans pouvoir déduire des motifs fondés pour appuyer ce refus obstiné.

Quoiqu'il en soit , le concours des pèlerins qui viennent invoquer St. Hubert est immense : On accourt dans son église de près et de loin pour obtenir la guérison ou plutôt la préservation de la cruelle maladie que l'on nomme la rage ou hydrophobie. La nature et les bornes de cet ouvrage ne nous permettant pas de nous engager dans des appréciations à cet égard,

nous laissons Tolontiers à d^autres la tâche délicate de prâner ou de débattre les pratiques qui sont en usage depuis tant de siècles, et qui n'ont pas laissé que de donner chez plusieurs des résultats satisfaisants, quant au moral au moins , ce qui constitue toujours un grand bienfait pour rhumanité. Nous ne parlerons pas non plus, et pour les mêmes motifs , de Tétole du Saint, Yraie ou supposée ^ ni de sa conservation surnaturelle. Tout le monde sait d'ailleurs que la préservation des atteintes de la rage a lieu , à ce qu'on prétend , au moyen de l'insertion d'une percelle de cette étole (prétendument venue du ciel) au front du patient mordu à sang par un animal hydrophobique , après qu'il a été préparé à cette opération par des pratiques religieuses.

Nous terminerons enfin cet article en déclarant que nous n'y avons consigné que les faits biographiques qui sont historiquement établis , bien qu'ils diflfèrent en plusieurs points de la légende vulgairement admise, parce que cette légende se ressent trop souvent du siècle ou elle a été écrite et qu'elle se compose d'aventures appartenant à plusieurs personnages : le légendaire en effet, Toulant rehausser son héros , lui a souvent attribué de ces actions bannales qui se retrouvent dans la plupart des vies des saints; il a en outre péché en plusieurs endroits contre la chronologie et il a transposé l'ordre des événements. La vie du glorieux Saint-Hubert a comme on sait, été écrite par un de ses contemporains , en style barbare ; cet auteur s'est borné généralement à rapporter ses faits et gestes pendant son épiscopat. Jouas, évêque d'Orléans , qui était contemporain de la translation de la relique au monastère d'Ardenne , a poli ce texte et y a peut-être ajouté quelques faits retenus et amplifiés par une tradition séculaire ; plus tard des religieux s'en sont encore mêlés à leur guise , jusqu'à ce qu'enfin le chroniqueur, plus pieux qu'instruit et critique , réunissant ces différents fragments , en a composé cette histoire de la vie et des miracles

du saint qui est encore de nos jours répandue dans le public : Et cependant la biographie du Saint ^ c'est-à-dire la naïve relation de ses actes seuls que nous avons rapportés et qui vraisemblablement n'est pas complète parce que les sources nous auront manqué , suffisait amplement pour foire décider sans hésiter que Hubert , né duc d'Aquitaine et mort évêque de Liège , a été un homme grand devant Dieu et non moins grand pour le monde.

FAtis, Légende de 8t. Habert. — De Aob4Ult ob SooHOT, EditioB dn CanUtorinm; Introdaction, 10 à 19. — C^ •■ BiCi-BB-LiivKB, Biographie liégeoise, I, 90« sq. — JoBABBBf RoBKBTi, Histoiîa 8. Hoberti, etc. — Lbgoibts, Annales Eeelesiie Franeomm, IV, 405, sqqq. — Gallia christiaMi, III, 898. - iGcm. AORBiB YALLiSy in 8*^ Uabeito, c. ILSJi. — Conversations-LeiikoB, ëdit 1881. — Maiillok, Acta Sanctornm ord. 8*^ Bened., ssec. IV, p. I, 99S. - Beb- TMOLBT, passim. — Happabt, Historia 8*^ Haberti; msert Bibl. Univ. Liège. — Abvlpbb Habcab, Histoire de S* Hubert, mscrt — Db Fbllbb, Ilioëraire, I, iC — Paquot, Mémoires ponr senrir à rhistoire littéraire des dix-sept proTinees des Pays-Bas et de la principauté de Liège» V, 586« — MABTàiiB bt DoBAiin, Amplissima coUectio» IV, 934. — J. B. Tmibbs, Traité des superstitions, I, e. IV. — Btiticus, Opéra diplomatica , I, 41. — Dbwbb, Histoire du Pajs de Liège, I, 9, sq. — Foullob, Historia Leodiensis, I, 184 ad t5S.--FiSB«, Historia Ecdesise Leodiensis; 148, sqq. — Nbybm, mémoire sur Ambi^rloux et le monastère y fondé par Pépin, en 087; dans t Annales de la Société archéologique d*Arlon, m, 153 ad 990, passim.— Abrégé de la ^ie et des miracles de 8* Hubert, patron des Ardennes (Liège, 1704, in 8^ — CovBTiH, Encyclopédie «lodeme, XIII, 181.— Bbbtbls, 199, 909.— GnBSQUtiaB, Acta 8anctomm Bdgii, I, 346, sqqq; VI, 86 et 89, sqqq. in Titâ 8^ Land»crU.

HUBERT^ dit d'Yvots, est né dans cette Yille pendant le douzième siècle. Les historiens parlent de ce personnage en faisant réloge de sa science et de sa yertu. Il était grand-doyen de l'église de Rheims et chanoine de Verdun. Le pape Innocent III fait mention de lui dans ses lettres, et le nécrologe de Rheims le rappelle au 16 décembre, sans ajouter Tannée de sa mort, laquelle du reste n'est pas connue. On sait seulement qu'il vivait encore en 1218.

Dix ans auparavant il s'était opposé avec force à l'élection de Robert de Grand-pré

pour évéqoe de Verdun : cette électioo s'est faite le 5 août 1208.

De la Haut, ABoalea cÎTilei et relîgienses dTTois- Carignan, 41 tf. — Bbbtils, 19tf. — BamcAïas, Historia hteiu fipiacoporam Virdanentivni ; da«flt Spicilegiom d'Aekeri, II, 5100. ~ Rmmbl , Hiatoive eecléMastique et eWile dt Verdun, 877, iq, — GalUa christiaiia, IX, 173.

Hubert, au Helbert, dit de St. Hubert^ V. HELBERT.

Hubert, Rémi dit de St. H.; t. REHL

dit de St. Hubert.

Hubert, Rodalphi de St. H.; y. RO- DOLPHE, dit de St. Hubert.

HUHYN, Claude de, fils de Henri de Hamyn, écuyer, seigneur de Wardin, Tarchamps, Benoncbamps, Harzé, Bras et Schutbourg , et de Catherine de Gobrai- Tille, est né à Bastegne en 1581. Claude de Humyn était chevalier, seigneur de Wardin et de Schutbourg , et devint successivement conseiller au Grand-Conseil deMalines en 1614, Procureur-Général au dit Conseil en 1618, membre du Conseilprivé le 17 janvier 1628, puis Président du Conseil des finances et juge suprême des armées du roi au Palatinat. Il remplit à la satisfaction dés archiducs plusieurs missions diplomatiques, et était enfin membre de TEtat noble des Pays-Duché de Luxembourg et Comté de Cbiny.

On a de ce célèbre magistrat et homme d'état quatre-vingt-neuf arrêts qu'il recueillit pendant les quatorze années qu'il siégea an parlement de M alines, et même postérieurement, puisqu'il eite encore une sentence de 1633. Cette collection n'a cependant été imprimée qu'en 1773, à Lille, avec d'autres éerits de quelques jurisconsultes belges restés également en manuscrit. De Humyn n'est pas riche dans ses citations d'autorités; mais ses arrêts prouvent de l'érudition et renferment même quelques faits bistcniques intéressants. Les éditeurs français (Dubois d'Herroavillé, de Blye et de Flines) font le plus grand cas de ses arrêts ; ils regrettent seulement de ne pas avoir des renseignements sur sa vie. Les manuscrits de de

Humyn ont passé par les mains de presque tous les arrêtistes, et presque tous les ont mis à profit : De Laury seul confesse ses emprunts.

L'auteur du manuscrit des Vin illustres parle de ce personnage dans les termes suivants: «1639. Claudius de Hnmin « Bastoniensis evasit in superintendentem « utriusque justitiae palatinatus denique de «sanctiore Consilio Régis Bruxells, fun- « davit franciscanos patres Bastonia^. »

L'année inscrite en marge de ce passage est celle de son décès, d'après les tablettes généalogiques authentiques de cette famille que nous avons consultées au château de Schutbourg. Bertholet verse par conséquent dans une erreur quand il avance que les Récollets de Bastogne n'ont été fondés qu'en 1660. A cette dernière date la famille de Humyn ne comj^tàit pas de personnage du nom de Claude.

Claude de Humyn avait épousé en 1612 Anne-Charlotte d'Iserin qui l'avait rendu père de neuf enfants dont sept vivaient à son décès. 11 avait acheté en 1630, pour dix-neuf mille Rixthalers la terre de Schutbourg, sur Wolf-Jean et Philippe-Balthasar de Dalberg , frères , ce dernier camérier de l'évêque de Worms.

Il a été inhumé dans le chœur du côté de l'évangile de l'église des Récollets de Bastogne, qu'il avait fondés, comme nous l'avons vu. Une pierre quadrangulaire, encastrée dans le mur, à une hauteur de dix pieds environ du sol , et qui subsiste encore, donne son mémento; Tinscription tumulaire, qui a disparu, indiquait vraisemblablement le jour de son décès. Voici cette épitaphe:

ley gisent les ossemens

de fev mes^ Clavde de Humyn

S' de Wardain, Tarehamps

Sevlbourg etc. chlr csseiller et mre avx

[reqtes du Conseil privé de

Sa Md* et surintendant de la

jvstice civile et militaire

de Varmée de Sa dite Majesté

entrée en Allemagne

fondateur de ce couvent.

Les de Hamyn desceDdaient des aociens seigneurs de ce nom^ qui étaient pairs da comté de Laroche. Us portaient : de gueules^ à trois eœars d'argent^ 2. 1., couronnés d'or. Cimier : an oœor de l'écu entre an double vol de gueules. En 1712, le 26 octobre, les de Hamya obtinrent le titre de Ticomtes de St. Albert, dans la personne de Claude-François , petit fib du personnage dont il est question dans cet article; avec faculté, foute d'hoirs mâles , d'étendre le dit titre sur les maris des dames, à condition qu'ils soient d'extraction noble ou gentilshommes. Ce Claude-François était audieucier de la Chambre des Comptes de l'Empereur et Roi, Conseiller et Trésorier de l'Ordre de la Toison d'or, seigneur de Wardin, Tarchamps et Schutbourg. Il avait épousé Jeanne Woïslawski et mourut le 3 octobre 1735 , sans descendants masculins. Il a

été inhumé dans le caTeau de sa fomille, au chœur des Récollets de Bruxelles.

Vin Ulusfret, III, If» 91 i. - Généalogie de U famille de Hnm jd, a«z archi? et d« ehàteaii de Schutbourg. — fitaTHocrr, VIII, 8S. ^ Namvb, Notiee aiur la famille de Harbonnier et la seigneurie de CobréviUe, 10. — Liste des titres de noblesse, cheTalene, etc., octroyés par TEmperenr Ckarles VI, de 1709 à 1733, fol. 8. — NobUiaire des Pajs-Bas et de Bourgogne; le nouTeanirrai supplément an; 189. — Mannserits Cloubs.— Bumms, IV, ^* 31 Jl.— Punin, III, 887.— BaiTB,Godede Tancien droit belgiqoe, 1, 188.

HuNBBERT, St.; V. CUNIBERT , 5^ HussiN et HusTUf , Jean; ▼. RUSSIM ,

Jean.

Htckman, Don Robert; t. HIGKUAN,

Don Robert.

HYMBER6IUS, Gilles, est cité par Bertholet, sans autre indication, comme prédicateur célèbre et religieux au Carmel d'Arlon.

Bbitbolbt, V, 5199.

Igbl , Jean d' ; v. PUTZ , Jean.

iTZia , Mathieu S; T. MATHIAS, dix d'.

Ivois, François ^ , y. FRANÇCHS, dit é^Yvoit.

IVOIS y

d'Yvoii.

Gilles (T; ▼. GILLES, dit

iTOis, H%d>ert d'; ▼. HUBERT, dit d^Yvois.

JTo

JAGOBI, naUf d'Arion, était

préTÔt de la collégiale de Backnaugen et chanoine de Stuttgart. On ne sait pas Pépoque ou il a vécu. Scharder a fait imprimer dans son ouvrage intitulé : Rerum germanicarum scriptores Tarii , une diisertor tion sur l'origine de diverses tribus de la race germanique^ composée par ce personnage qui est nommé dans Tépitre: Vir doctissimus simul disertissimus.

La Bibliothèque de Luxembourg pos-

sède deux ouvrages écrits par un B. P.

Jacpbi; ce sont: Sufplementum Chronieorum ab orbe condito ad annum 1630.

Volume in folio, Paris, 1&37 et: Réponse catholique à trois leUres hérétiques^ vol. in 12, liège 1693. U ne nous a pas été donné de décider si ces productions viennent du même auteur.

8g«ak»uu op, dtet 1 , 108 , sqfq. — CLàtiv, Cafta-

logne de la Bibliotbè^e de Laxemboiir|^, 190 et 543.

JAMOT, OU Jamottb, Charles, curé à

Marcoar, hislorieo et poète ^ mort en 1670. Nous ne possédons aucune notice ultérieure sur ce personnage qui a écrit :

Le Montaigu de St. Thibeau, ouvrage de* Tenu très-rare aujourd'hui.

TnLOT, Mëmoirct BaQaicritt.^-MaiiateriU Cmmis.

XAMOTTE^ Simon, né à Laroche oii il est mort célibataire en 1840 , s'est rendu recommandable par la fondation dans son endroit natal d'un hospice pour les vieillards auquel il a affecté un capital de 81)105 francs; de même que par celle d'un établissement d'instruction dirigé par des frères de la doctrine chrétienne ^ jouissant des intérêts d'un capital de 17,400 francs.

Jean, dit V aveugle, C* de Luxembourg; y. LUXEMBOURG, Jean dit Faveugle, C^ de.

JEAN de Kœnigsmaeher est rappelé comme suit par l'auteur du manuscrit des Virl illustres : « 1602. Xoannes Regio-Ma- «cherentinus Societ. Xesu S. Theologiae «Doctor, auctor primi Cathechismi ante ce Canisium, Luxembourgi diu est condo- « natus. »

Il semble qu'il y a confusion chez les auteurs touchant deux personnages nommés Jean, nés l'un à Grevenmaeher, l'autre k Kœnigsmaeher. En effet, notre Jean de Kœnigsmaeher est dit de Grereumacher par l'érêque de Hontheim qui le dénomme Jean -Théodore, en le confondant avec Jean TmEanv de Grereumacher (t. l'art.

Thierry, Jean). Lequel des deux auteurs a raison , ou de Hontheim ou celui des Viri illustres ? c'est-à-dire, faut-il admettre un seul et même personnage ou bien y en a-t-il eu deux ? Il ne nous a pas été donné de décider la question.

Quoiqu'il en soit, de Hontheim attribue à son Jean-Théodore de Greyenmacher tons les ouvrages et de Jean de Kœnigsmaeher et de Jean Thierry, dit de Greyenmacher.

Viri Ulutret, I, N« 49. ^ Ai Honuw, HUtoria Trcvircotit diplomaties, III, 9S8.

JEAN, dit de Lignières, yvraii pendant la seconde moitié du treizième et la première du quatorzième siècle.

Don Caimet le dit lorrain à cause de son nom qui se rapporte à un Tillage près de Sorey, et oii, ajoute-t-il, il a existé plusieurs familles du nom de Lignières.

Cet auteur avait sans doute perdu de Tue que dans nos Ardennes luxemboni|[eoises on troure également un Tillage nommé Lignières, dépendant aujourd'hui de la commune de Roy. Qaoiqu'il en soit, que ce personnage ait été originaire de l'un on de l'antre de ces endroits, et que partant il soit luxembourgeois ou lorrain, nous ayons jngé opportun de le mentionner dans notre ouvrage , afin de le faire connaître en cas qa'il fût des nôtres, ce que nous présumons, bien que nous ne possédions pas de preuves péremptoires pour l'établir comme un fait positif.

Jean de Lignières, philosophe et astronome du premier ordre pour son époque, a beaucoup contribué à tirer cette derqière science du néant et à l'éleyer au rang de science exacte. Professeur de mathématiques pures à l'Université de Paris, il sut s'acquérir une réputation européenne par ses leçons aussi savantes que clairement et méthodiquement débitées : Il eut pour adjoints et pour coopérateurs dans ses études de très-habiles mathématiciens parmi lesquels nous citerons Jean de Saxe, Jean ou Julien de Murci et maître Ber* nard. On a de Jean de Lignières différents ouvrages que nous allons énumérer : V. Un livre de règles pour les éclipses. — î^.

Règles pour les tables. — 5"*. Un livre :

de Incensionibus. — 4^. Canones primi mobilis unius cujuslibet arcûs positi. — 5^. Tabulas de spherft.

D. Ca&mit, Bibliolliè^e lomine.

Jean, dit de Luxembourg; v. HESELON de Luxembourg.

Jean, dit de St. Vith, VIP de son nom et 38* abbé d'Hemmerode , est né dans la ville de St. Vith pendant la première moitié du quinzième siècle. C'était un homme rempli de talents, disent les

annales; profand jurisconsalte dans Tun et Tautre droits et trës-aimé comme inGniment estimé de Jean de Baden , arche- Téque de Trêves. Il mourut en 1498.

Hbbsius, manipulas Hemmeroilensis, 33 — ▼. Stsah- ■■■6, Metropolit ficcics. Trever. II, 150.

JEAN, dit de Vtanden, vivait en 1480.

II était entré chez les Carmes à Trêves cil il excella dans la prédication. Il a composé Deux livres de sermons pour le propre du temps, les fêtes des saints, la venue du Messie et la passion du Sauveur; de même qu'un Commentaire sur les œuvres du Bienheureux Brunon TeroeSj provincial de son Ordre.

Jean de Vianden a en outre rempli avec distinction et pendant un assez grand nombre d'années une chaire de Lecteur en Théologie à T Université de Trêves oii il est mort en 1600.

Ai Honthih , Hitt«ria tre?ireDtu diploiaatiea* II, 335. — HâiTzima , Bibliotlieca eolonientis , 106. — Nbumahh, Les aatean luzemboarçeoii , iS. — ▼« 8TtABuzc , Mebrop. Eccles. Tre?. Il, 449.

JEAN-PAUL, dit de Virton, sans doute de sa ville natale, et sur lequel nous n'avons aucune donnée ultérieure, est placé sur la liste des primus de Tuniversité âe Louvain, en 1634.

Metsaj^er des sciences historiques de Gand; année i833, paçe 361.

Jean-Sobeslàs , de Luxembourg; v.

LUXEMBOURG, Jean-Sobeslas de.

Jean-Wenceslas , de Luxembourg; v.

LUXEMBOURG, Jean-Wenceslas de.

JEAN, dit de Wittlich du lieu de sa naissance, florissait en 1415. Il a laissé la réputation d'avoir été excellent poëte, habile orateur et bon théologien.

Adresz-Kalender des Regicrnngs-Bezirks Trier; année 1843, p. 109.

JOAGHIM, Pierre-Dominique, est né au Grund , ville basse de Luxembourg , le 26 octobre 1793, fils de Pierre-Dominique Joachim, marchand, et d'Elisabeth Schlim.

Orphelin à l'âge de dix ans et sans patri-

moine , il trouva dans une de ses tantes, ancienne religieuse, une parente secourable qui lui procura pour autant que son peu de ressources le lui permettait, les moyens de fréquenter d'abord une école primaire, ensuite le collège de sa ville natale.

Il venait de terminer ses humanités lorsqu'il devint en 1814, secrétaire du sous-intendant de Grevenmacher^ emploi qu'il conserva jusqu'au 16 avril 1815, époque où l'administration dé la ville de Luxembourg s'occupant de l'organisation d'un collège ou d'une institution d'instruction moyenne pour remplacer le lycée ou école départementale qui avait péri avec la fin de l'occupation française , on jetta les yeux sur lui ainsi que sur Clomes, Steichen (v. leurs articles) et plusieurs autres de ses collègues encore aujourd'hui vivants, et il fut nommé régent de sixième.

Lorsqu'en 1822 l'abbé Steichen quitta cet établissement pour devenir curé primaire de St. Michel , Joachim obtint après concours la chaire de troisième latine qu'il conserva jusqu'à la fin de l'année 1861 oii , cassé par une maladie de langueur plutôt que par les années, il obtint sa retraite et une pension. Il mourut le 21 octobre 1863.

Joachim, qui fut fils de ses propres œuvres, a été professeur de 3"" pendant cette belle et glorieuse période de l'existence de l'Athénée royal de Luxembourg oii tant de jeunes gens qui brillent aujourd'hui aux plus hauts rangs de la magistrature , de la diplomatie , du barreau, du professorat, des sciences, du sacerdoce, des arts-libéraux et des lettres, tant en Belgique que dans le Grand-Duché, se trouvaient sur les bancs de cette institution.

De 1819 à 1830 il a comme beaucoup de ses collègues, donné des leçons gratuites à l'école-modèle de Luxembourg, cette création de Willmar et Gellé (v. leurs art.), qui a rendu tant de services au pays:

il a aussi été Inspecteur d'écoles pendant la même période d'années. Finalement, de

1835 à 1852 il fat administrateur des bourses d'études fondées à l'Athénée ; et les soins qu'il a su donner à cette administration l'ont fait parvenir à récupérer plusieurs capitaux que l'on croyait perdus, comme à augmenter les fonds des stipendes existants ainsi qu'à créer de nouvelles fondations dont les ressources furent prises hors des sages épargnes qu'il a su opérer sans pour cela froisser les intérêts des boursiers titulaires.

On a de Joachim : P. En collaboration avec ses collègues Clomes et M. Wolff:

Grammaire théorique et pratique de la langue latine ^ à l'usage de TAthénée de Luxembourg. Luxembourg, 1827; volume in 8^. — y. Ghronologische Uebersicht der Geschichte der Stadt und des Groszherzogthums Luxembourg; vol. in 12.

Luxembourg , 1827. *—5'' Le même ouvrage en français, à l'usage des écoles.

C'est à proprement parler un remaniage et une continuation de Vop^ASCule sur la mime matière de M. Vahhé Mœysz, moins Taperçu géographique qui était joint à ce dernier.— 4^. Fortsetzang einer statistischgeographischen Beschreibung des Groszherzogthums Luxemburg; 19 pages in V, insérée dans le Programme de l'Athénée, année 1840 — 41. C'est la suite du travail que le Professeur Clomes avait publié dans le Programme précédent. — IT. Discours en forme de Dissertation sur l'établissement des bourses attachées à l'Athénée; publié dans le Journal de Luxembourg , du 31 août 1836. — ff". Cahier de 20 pages in 12 : Sommaire de Géographie, 1820, sous le titre de: Extrait de la géographie de Uihlein, revue par Brand.

— 7^' La Biographie de Jean l'aveugle, comte de Luxembourg, marquis d'Arlon et roi de Bohême ; en forme de Discours prononcé à la fin de Tannée scolaire de 1835. — - 8^. Biographie du professeur Trausch.

Souvenin contempormiiif. — Clasbii, Catalogae de la Bibliothèque de Luxembourg , 53 et 47tf . — Renseignements fournis. — Mémorial admtnistratift 1848, 661, sqqqq. — Journal de Luxembourg, iSStf,

BTo 67; 1836, N» 70, et 1841, dn Si mnrt. - Publications de la Société nrebêologiqne de Luxembourg, 1840, X.

JONG, Célestin de, est né au Tillage d'Olne , pays de Liège , et fut baptisé le 14 septembre 1689. Il prononça ses yœnx religieux à Tabbaye de St. Hubert le 30 novembre 1710 et obtint la prêtrise le 17 mars 1714.

Clément Lefebyre, quarante-quatrième abbé de son monastère étant mort le 24 novembre 1727, Célestin de long fut désigné le 9 décembre suivant à runanimité des suffrages pour lui succéder. Il reçut la bénédiction abbatiale de Tévéque de Liège, le 18 mai 1728.

Le nouvel abbé sut par sa douceur ramener la concorde dans cette maison où elle n'avait pas toujours r^né pendant la longue prélature de son prédécesseur.

On lui doit le pavé de la nef de relise, composé de marbres variés et disposés avec goût. Il fit sculpter les belles boiseries du chœur, représentant les unes la vie de St. Hubert, les autres celle de St.

Benoit. 11 orna le pourtour du sanctuaire et du chœur de magnifiques lambris en marbre, hauts de plus de dix pieds; il agrandit le parc et Tentoura de murailles ; il construisit les bâtiments destinés au logement des étrangers et de Tabbé; amena Teau d'une fontaine dans les diverses parties de la maison ainsi que sur la place du bourg; etc.

Cependant sa bonté et son penchant pour le faste finirent par entraîner Tabbé de Jong à des dépenses excessives qui dérangèrent le temporel de Tabbaye.

Pendant la guerre de la pragmatiquesanction il prit le parti de la France; quelques démarches imprudentes le compromirent et il faillit être arrêté par les impériaux, mais il avait quitté le monastère, emportant les ornements et les vases sacrés, les archives avec une partie des livres de la Bibliothèque et s'était réfugié à Sedan où par ordre du roi on lui rendait les honneurs dûs aux personnages du plus haut rang.

La question de Tindépendance et de la neutraUtë de la terre de St. Hubert était entretempa TiTement agitée ; mais elle ne foi décidée qu^en 1769 : TEmpereur en fat, comme on sait, déclaré seigneur-suzerain, comme duc de Luxembourg.

L'abbé de Jong ne put retourner dans son monastère qu'après la paix d'Aix-la- Chapelle et mourut le 24 février 1760, à l'âge de 71 ans, après un gouvernement de trente-trois ans. Il avait adopté pour devise: Àmore non timoré.

La bibliothèque de Luxembourg possède de l'abbé Célestin de Jong un ouvrage intitulé: Abrégé de la vie de St. Hubert; Paris , 1737 ; voL in 8*. Nous ne savons si c'est le seul qu'il a écrit.

Oi Rm4Vlx , édît du GanUtom» , 191 , tq. ~- BcanoLR, II, P. J. X VI. — GiJitni . GaUl^sfue de la BUbHotk. de Luxbrg.» 47 cl 463. — Matrieale générale des reU|peiiz de Tabbaye de 8t. Hubert, ete.$ mscrt. aas areb. de la cure de 8t Hubert.

JONGELÂIN, Jean, carme à Ârlon, est cité par BerUiolet comme prédicateur célèbre.

BBaTMOUT» V, 9M. ^

XUNKER , originaire de la maison dite Sturmes , à Obercolpach , est encore un de ces personnages remarquables qui n'ont laissé dans leur patrie qu'un souvenir vague de leurs exploits. Les vieillards , dans le village d'ObercoIpach , dépendant de la commune d'Ell au canton de Rédange, parlent de Junker comme d'un militaire distingué au service d'Autriche.

On prétend que s'étant pris un jour de dispute avec sa famille il résolut de quitter son endroit natal et d'aller suivre les cours du collège de Luxembourg , ou il aurait réellement figuré pendant deux ans au nombre des étudiants. Mais s'étant dégoûté de cette vie il s'arrêta à l'idée de s'enrôler dans l'armée autrichienne , parce que ayant acquis quelques connaissances il espérait pouvoir facilement faire son

chemin dans la carrière des armes. Comme il était de forte stature on Tadmit dans le corps des canoniers. En 1787, pendant que les autrichiens s'efforçaient de s'emparer de la ville de Belgrade qu'ils tenaient étroitement assiégée , et qu'on ne prévoyait pas comment ils parviendraient à la prendre, lunker, dit-on, alla trouver le chef de l'expédîition et lui demanda la permission de diriger son canon comme il l'entendrait; ajoutant qu'au deuxième coup il mettrait le feu à une des principales tours de la forteresse , ce qui nécessiterait immanquablement la reddition de la place. Le commandant lui ayant accordé sa demande il pointa réellement si bien sa pièce qu'il réussit dans sa promesse : L'incendie fut si violent que , comme il l'avait prévu, la garnison demanda tout d'abord à capituler. Junker obtint le commandement de Belgrade en récompense de ce brillant fait d'armes ; le souverain y ajouta en outre plusieurs autres propriétés seigneuriales. I5ne tradition populaire s'est conservée à Obercolpach , qui dit que le commandant Junker serait un jour revenu dans une voiture à quatre chevaux revoir une dernière fois son endroit natal, et que cette visite aurait eu lieu pendant les premières années du siècle courant. De 1810 à 1816 il était gouverneur d'une province polonaise, comme il l'assurait lui-même dans une lettre qu'il a adressée vers cette époque au Bourgmestre de Golpach pour lui demander une copie de son acte de baptême.

On n'a aucune notion sur le lieu ni sur la date de son décès. II nous serait impossible de démêler ce qu'il peut y avoir de positivement vrai dans ce récit local; ce qu'il y a de certain cependant , c'est que le nom de Junker de la maison dite Sturmes n'est prononcé à Obercolpach qu'avec un certain respect. Peut-être que Ton pourrait apprendre des renseignements ultérieurs dans la Pologne autrichienne.

Notice fournie par M. A. A. HAarat, caréâ Colpacb.

KALBERSCH, Joseph, est né de parents assez fortunés, le 17 septembre 1795, à Beiler-Leithum, commune de Weiswampach. Les études du jeune Kalbersch ont été conduites comme cela était de mode à cette époque oii l'enseignement humanitaire n'avait pas encore reçu une organisation appropriée: A Tflge de dix ans il quitta récole primaire pour aller se mettre sous la direction de Tàbbé Stecker , curé d'Ouren, chez lequel toutefois il ne demeura qu'un an. De 1806 'à 1812 il étudia chez le vicaire Martini à Beiler, chez lequel il composa^ pendant la dernière année de son séjour, cinq cahiers d'essais poétiques que quelques personnes qui les ont vus et qui sont à même d'en juger, ont déclarés n'être pas sans mérite. L'année suivante (1813) il se trouvait chez l'abbé Dœner, alors curé à Hupperdange et qui plus tard devint doyen de Vianden, ensuite chez le doyen Arens de Steweshausen près Reuland, et en 1814 nous le rencontrons chez le Père Pemmers à Dabi (v. son art.), faisant son cours de théologie. Un certificat qui lui fut délivré le 20 octobre 1814 par ce respectable prêtre, porte la flatteuse mention qui suit : « InCrascriptus adminis- «trator Ecdesiae parochialis de Dabi et ff institutor privatus attestor Josephum Kal-

« bersch , morum et vitœ integritate

« candidum, tractatum de actibus hiimanis, « conscientia, legibus et peccatis sedulo et «cum magno fructu apud me audiisse, «seque talem erga me gessisse ut, ad c( quoscunque devenerit, maxime commence dari mereatur. » Il quitta encore Dabi pour aller à Haut-Bellain chez le curé Valentiny qui lui donna des leçons de théologie morale depuis le mois de novembre 1814 jusqu'avril 1817.

Au sortir de chez ce dernier, Joseph Kalbersch se rendit à Liège oii il fit des

démarches pour être admis au séminaire de cette ville afin de pouvoir y recevoir les ordres. Mais sa demande ne put être accueillie avant qu'il n'eût obtenu ses lettres dimissoreilles de Tévêque de Metz, a l'autorité spirituelle duquel le pays de Luxembourg ressortissait encore à cette époque.

Et il parait qu'il ne les reçut pas y puisqu'après avoir suivi pendant un mois les leçons de dogmatique et d'exégèse du professeur Janssens il retourna chez ses parents. Au mois de septembre de la même année 1817 il alla k Munster en Westphalie oii il obtint le sous-diaconat. Peu de temps après il vint k Cologne solliciter son entrée au séminaire de cette ville; mais il éprouva beaucoup de ditBcaltés pour faire accueillir sa demande. En effet^ le clergé colonais était à cette époque fort prévenu contre celui du Luxemboni^ ; et ce ne fut qu'a peine que Kalbersch put obtenir d'être admis auprès du vicaire général. A cette audience le sous-diacre, après avoir épuisé tous ses moyens pour intéresser le prélat en sa faveur, termina par le supplier de vouloir bien le soumettre k un examen rigoureux, dont les résultats devaient décider de son entrée au séminaire ; il osa même ajouter qu'il consentait k renoncer k ses démarches dans le cas oii il laisserait sans réponse satisfaisante une seule des questions qui pourraient lai être faites. La condition fut acceptée et Kalbersch se présenta devant la commission d'examen. Parmi les membres qui la composaient se trouvait un petit homme k regard sournois, k ventre arrondi et à mine satyrique. Il portait un pantalon qui lui descendait jusqu'k la cheville du pied ; un gilet ouvert; une redingote grise et le collet de la chemise remontant. Cet examinateur, qui posait ses questions d'un too sec et avait visiblement l'intention de faire

échouer le caDdidat dans sa démarche, lui demaDda entr'aulres : Quis est habitus dericalis? Kalbersch sans hésiter le moins du monde , répondit ayec sangfroid : A capite ad ealcem niger. Aussitôt un rire homérique éclata dans la salle et Texaminateur ému lui-même , n'alla pas plus en avant. Quant k Texamen , le jeune sousdiacre le soutint avec distinction , ce qui lui valut son admission au séminaire, après quUl en eut obtenu la licence de son ordinaire.

Kalbersch y demeura près d'une année et se distingua par son application ainsi que par ses progrès et sa conduite exemplaire. Au mois d'août il se rendit à Mayence oii il obtint le 22 du même mois le diaconat et sut tellement gagner la bienveillance de révèque que ce dernier voulut le retenir auprès de sa personne et le nommer son secrétaire intime ; mais il refusa cette distinction pour retourner dans sa patrie. Selon toute vraisemblance il aura passé Fhiver de 1818 — 19 à Luxembourg pour continuer ses études philosophiques sous le professeur Munchen (v. son art.).

Vers Pâques il alla au séminaire de Metz oii il fut consacré prêtre le 18 septembre suivant. A Metz comme à Mayence on ne tarda pas à apprécier son mérite et ce au point que Tévêque Jauffret lui proposa de renvoyer à Saint-Sulpice afin de pousser ses études théologiques jusqu'aux extrêmes limites ; mais Ealbersch, qui ne parlait que très peu le français, se contenta de répondre au prélat par ces deux mots : odi Gallos !

Plus tard cependant il se repentit amèrement de son refus ; mais il était trop tard.

Après son ordination il fut d'abord nommé vicaire ou chapelain à Rodershausen oii il demeura huit ans. Dès la première il demanda un brevet d'instituteur et tint l'école de son village : son salaire annuel de ce chef consistait en un maidre de seigle! Plus tard il se mit également à enseigner les humanités et compta parfois jusqu'à quarante élèves.

Le 28 décembre 1827 Tabbé Guvelier, vicaire-général capitulaire du diocèse de

Namur l'envoya en qualité de desservant à Erpeldange sur-la-Sûre, fonctions qu'il a conservées pendant le restant de ses jours.

Toutes les bouches de ses paroissiens se plaisent à reconnaître encore aujourd'hui et à proclamer les bienfaits dont ils sont redevables à leur vénérable curé Kalbersch.

En effet, non content de leur prêcher les préceptes de la loi évangélique et de les mettre personnellement en pratique, il voulut aussi, à toutes les occasions qui se présentaient leur procurer le plus possible d'avantages temporels. En effet, lorsqu'en 1840 la famille seigneuriale des barons du Prel eut vendu son domaine d'Erpeldange à M. le baron de Blockbausen de Birtrange, Kalbersch avec trois propriétaires de sa paroisse rachetèrent de ce dernier et en leur nom privé le château avec le jardin et plusieurs pièces de terre pour un prix global de quinze mille francs.

Ces terrains ils les revendirent ensuite en détail pour une somme égale, de manière que le château et le jardin ne leur coûtaient absolument plus rien. Arrivé à ce résultat, le curé Kalbersch fit tant et tant qu'il parvint à engager ses co-acquéreurs à céder une partie de ce château pour servir d'église paroissiale et le reste pour être destiné au presbytère.

Il alla plus loin encore, il entreprit une œuvre bien plus avantageuse pour le village entier, et il conduisit son entreprise à une fin tout aussi heureuse : il parvint à moyenner entre le baron propriétaire des biens seigneuriaux et les particuliers un contrat tendant à faire confectionner à frais communs un grand canal d'irrigation traversant tout le ban des prairies, de manière que de nos jours le produit de ces dernières qui ont une contenance de soixante-dix bannlers, est augmenté de moitié environ.

Ces bienfaits avaient fait naître entre le curé Kalbersch et ses paroissiens des liens d'attachement tellement forts, qu'il ne voulut pas les abandonner, même sur l'offre du décannat de Vianden; tandis que de leur côté les habitants d'Erpeldange s'em-

pressaient de plaire à leur cure dont ils satisfaisaient tous les désirs dès quMIs les soupçonnaient.

Kalbersch a toujours mené une Yie trèsactive et cbercha constamment à s^occnper de choses utiles. Les heures que Taceomplissement de ses devoirs pastoraux lui laissait libres il les employait à des études sérieuses ; et on ne le yit que très rare* ment se promener dans son Taste jardin ou dans le grand vignoble que lui-même il avait fait planter. Presque jamais non plus on le rencontrait hors de chez lui ou en visite chez ses confrères ou chez des amis. Il n^allait chez les curés du voisinage que lorsque des devoirs d'amitié , de convenance j d'état ou de condoléance Ty appelaient. Cette manière de vivre lui rendit possible d'être constamment à son poste et de conserver le temps nécessaire pour s'adonner à ses occupations favorites j dont l'étude de l'antiquité formait la principale. Si nous disons de l'antiquité , nous désignons celle de l'ère chrétienne ; car pour ce qui pouvait concerner l'flge du paganisme il y était non seulement indifférent mtàs il avait pour lui une certaine répulsion à cause , disait-il , de la nudité des figures qu'il représente; parce qu'appa*ramment il croyait que cette nudité pourrait devenir nuisible aux mœurs , et qu'il aura été convaincu que pour ce motif cette étude ne pourrait présenter aucun intérêt pour l'histoire du pays. Il n'étudiait dès lors que les faits et gestes des chrétiens des siècles passés , admirant leurs actes et leur sagesse et se cramponnant pour ainsi dire à toutes les données qui pouvaient concerner les relations , les institutions y les expériences et les idées de nos ancêtres. Il s'enterrait souvent en quelque sorte et pendant des jours entiers sous des paperasses et des parchemins. Les archives du château d'Erpeldange , de même que les documents anciens qu'on lui communiquait de Diekirch, de Brandenbourg, de Luxembourg , etc. , il les étudiait comme s'il voulait les dévorer; et pour ceux qu'il ne parvenait pas à déchiffrer

il demandait l'assistance d'antres personnages habiles en paléographie : c'est ainsi qu'en peu d'années il est parvenu à lire et à analyser un nombre immense de titres, à déchiffrer ceux qui d'abord avaient paru illisibles et à réunir un véritable trésor de connaissances historiques et de statistique ancienne sur notre pays ; témoin entr'autresles extraits qu'il a livrés dans le programme du progymnase de Diekirch y en 1842 et 1843.

En 1847 la Société archéologique de Luxembourg l'avait admis an nombre de ses correspondants; et quelque temps après 11 fit à ce corps savant l'offre de lui communiquer des données aussi importantes que. nombreuses sur la statistique reUgieuse du Luxemboui^* à condition qu'un de ses membres effectifs vînt sous ses yeux en prendre copie à Erpeldange : il avait apparemment posé cette restriction Inacceptable à ses communications , dans l'idée préconçue qu'à Luxembourg on collectionnait trop tandis qu'on publiait trop peu ; que partant les tr^ors qu'on y amassait couraient un trop grand risque en cas d'incendie ! ! !

En 18S4 enfin il publia son œuvre capitale en 2 vol. in 8^. Cet ouvrage , un peu prolixe et parfois trivial pour son sujet y a pour titre : Gebrauch und Miszbraueh geittieker Getrœncke. Il forme une collection intéressante d'actes et de fûts destinés à prouver ce que l'abus de l'eaude-'Vie offre de pernicieux.

Tous ces travaux avaient peu à peu miné la santé de Kalbersch qui finit par succomber le 11 novembre 1858 , à l'flge de 65 ans, dont il en avait passé 31 comme curé à Erpeldange.

Il laissa une petite collection de monnaies anciennes, des sermons et vingt cahiers d'extraits divers et de notes sur des affaires ecclésiastiques et sur l'histoire nationale ancienne ou du moyen-Age. Son testament renferme sur le sort de ces manuscrits une clause que nous nous croyons un devoir de transcrire : « Heine Predig- « ten und andere Schriften desselben mo-

Gojf)gl(

« ralischen lohalls schenke ich der Pfarr- « kjrche yod Erpeldingen zum beliebigen « Gebrauche meiner Herren Amtsnachfol- « ger. Aach meine anderen geschichtlichen « Maaascripte , gesammeit aus kirchlicfaen c< and herrschafUicheii Urkunden^ schenke «ich derselben Pfarrkircbe von Erpel* « dingen. Zugleich schenke ich ihr ein Ka- « pital Yon achtzig Franken , zu bezahlen « aus meinen Mœbeln hier zu Erpeldingen^ « damit sie diesen Schriften einen Raum « im Pfarrhause Yei^œnne und dieselben « Yersoi^e. Soll ein Geistlicher des Landes^ i< als ernster Freund und Forscher der « Geschichte des christlichen Mittelalters, « Yorstehende Papiere benutzen oder Yer- « œffentlichen woUen , so darf der Herr « Pastor Yon Erpeldingen , auf Empfehlung «und mit Urlaub der hohen geisUichen « Obrigkeit unseres Landes ^ diesem Ge- «schichtsfreunde meine geschichtlichen Pa- <c piere , ein Heft oder Band nach dem « anderen und zwar bei Zuriickerstattung « des Yorigen mittheilen. »

D*après U notice biographique du Prof Ehgliiig; dans: Publie, de la Soc. arcb. T. XIV. p. VI. tqqq.

Kàubbr, Henri; y. GâDERIUS, Henri.

KEGK, Jeans dit aussi Hardy ou £e- Hardy ^ et, en latinisant suiYant la mode de cette époque, Àudaculus, est né à TrèYcs. U suiYit son parent Balthasar Merckly, de Waltkirch, Yice-chancelier de TEmpire lorsque celui-ci fut nommé éYéque de Constance. Il fit dans cette Yille des études très-brillantes et y reçut le bonnet de Docteur dans Tun et Tautre droits. De retour à TrèYes il se fit admettre d'abord au barreau; puis ayant obtenu une chaire à rUniYersité de la même Yille il s'acquit bientôt une si grande réputation de saYoir, que par Patentes dalées de Bologne le 20 février 1630, Charles-Quint crut deYoir le créer Comte du Palais de Latran et lui conférer des pouvoirs honorifiques très-étendus pour cette époque, mais dont Ténumération peut paraître ridicule de nos joprs. En effet, pour prouver notre assertion nous nous croyons en de-

Yoir de transcrire ici un long extrait des dites Lettres :

a Carolus di Yina favente clementia electus « Bomanorum Imperator semper Augustus « ac rex Germaniae , Castellae > Arragonae ,

(c etc. , etc

«Honorabili nostro et Imperii sacri «fideli dilecto Johanni Keck de Treveri, «artium et Juris dvilis Doctori ac sacri « Laterane nsis palatii Aulaeque nostras Imif perialis Consistorii, comiti palatino gra- « tiam nostram Cassaream et orone bonum

(c Quin itaque tu ad insignem

« generis et familiae tuse seriem litterarum (f quoque decus et omamentum addideris, ccteque per ingenuas liberoque dignas «homine semper artes excolueris unde «summam eloquentiam, summam erudi- «tionem consecîitus videaris, digna noce bis visa res est ut et earum rerum c( tandem ratio habeatur quae tu familiaque «tua promptius alacriusque Romano Im- « perto serviat et ceteri exemplo tuo prête mium aliquod fidei et eruditionis expec- «tent* Quod felix igitur fortonatumque

« tibi sit ac tuis Sponte nostra

opropriaque animi deliberatione , certa « scientia, sanoqne .... principum , comice tum, Baronum, procerum ac aliorum «nostrorum et imperii sacri fidelium dite lectorum accedente consilio et de nostra (e Cesareœ potestatis plenitndine te prenotiminatum Johannem sacri lateranemis a Palatii Auheque nostrœ Cesarœ et impe- « rialis Consistorii Comitem fecimus, crea- (evimus, ereximus et comitatus palatini (e titulo clementer insignavimus prout tenore ee prœsentium facimus, creamus, erigimus, ce attoUimus et insignimus, ac aliorum co- <e mitum Palatinorum numéro et consortio (egratanter aggregamus et adscribimus, ce Decernentes et hoc Imperiali statuentes ceedicto quod ex nunc in antea omnibus ce et singulis privilegiis, gratiis, juribus, ceimmunitatibus, honoribus, exemptionicebus et libertatibus uti, firui et gaudere cepossis, ac debeas quibus ceteri sacri ce lateranensis palatii Comités hactenis cefreti sunt, seu quolibet potiuntur con-

« suetodine vel de jure , dantes et conee^ i< dentés tibi praefato Johanni amplam « autoritatem et facultatem qua possis et « valeas per totum Romanum Imperium et « ubique terrarum facere et creareNotarios, (( Tabelliones et Judices ordinarios , ac « oniversis personis qaae ûde dignae et ido- (( née sunt, super quo cooscientiam tnam « ooeramns, Notariatas seu Tabellioaatu8 et (( Judicatus ordinarii ofBdum concedere et (( dare et eos ac eorum qnemlibet perpen- ('« nam et calamariumprout moris est de pras- « dictis inTestire dum modo tamen ab ipsis « notariis publids seu tabellionibuset judici- « bus ordinàriis per te ut preoiittitur creandis (( et eorum quolibet yice et nomine uostro uetsacri Romani Imperii et pro ipso Roc< mano imperio debitum fidelitatis recipias «corporale et proprium juramentum in « hune modum videlicet quod emnt nobis a et sacro Romano Imperio et omnibus « suecessoribus nostris Romanorum Impe- « ratoribus et regibus légitime intrantibus «fidèles, neciïnque erunt in consilio ubi «nostrum periculum tractetur sed bonum «et salutem nostram défendent fideliter «et promovebunt, damna nostra pro sua « possibilitate yetabunt et ayertent, praete- «rea instrumenta tam publica quam pri- « yata, ultimas yoiuntates, codicillos, tes- <i tamenta quaccumque Jndicionim acta et « omnia alia et singula qui illis et cuili- « bet ipsorum ex debito dictorum officio- « rum facienda occurrerint yel scribenda, «juste, pure, fideliter, omni simulatione, « machinatione , falsitate et dolo remotis « scribent, legent, factent atque dictabunt, « non attendendo odium^ pecuniam yel mu- «nera aut alias passiones yel fayores; « scripturas quoque quas debebunt in pu- «blicam formam rédiger e in membranis « mundis aut papyris non tamen abrassis, « fideliter secundum terrarum consuetudi- « nem conscribent , legent , facient atque « dictabunt, causasque hospitalium et mise- « rabilium personarum , necnon pontes et « stratas publicas pro yiribus promoyebunt, « sententiasqne et dicta testium donec pu- « blicata fuerint et approbata, sub secreto

«fideliter retinebunt, ac omnîa alia et « singula recte, juste et pure facient quae « ad dicta officia quolibet pertinebunt con- «suetudine yel de jure qq. hmos notarii « publici seu tabelliones et iudices ordina- « rii per te creandi possint et yaleant per « totum Romanorum Imperium et ubi libet «terrarum facere, scribere et publicare « contractus, Jndiciorum acta, instrumenta « et ultimas yoluntates, décréta et ancto- « ritates interponere in quibuscunque con- « tractlbus requirentibus illa yel illas , ac « omnia alia facere, publicare et exercere, « quae ad dictum officium publici notarii «seu tabellionis et Judicis ordinarii per- « tinere et sceptare noscuntur, Decernen- « tes et omnibus Instrumentis et scripturis « per hujusmodi tabelliones, notariés po- «blicos siye Judices ordinarios fiendis, « plena fides ac yeritas adhibeatur, consti- « tutionibus ordinationibus statutis yel aliis « in contrarium facientibos non obstantibns « quibuscunque.

« Insuper eadem autoritate prsdicta ex « certa scientia motuque simili tibi conce- « dimus et largimur quod possis et valeas a^Naturales, Bastardos^ Spurios^ Maninsères, Nothos, Incestuosos copulatiœ vel « disjunctiœ et quoseumqiie altQS ex illiciio <iet damnato coïtu proereatos viventibtks « vel mortuis eorum parenttbus legitimarij « Illustrium tambn phincipum, Comitcm, « Baronuhque filiis duntaxat exceptis, « et eos ad omnia Jura légitima restituere « et reducere, omnemquœ geniturœ maculam itpenitus abolere, ipsos restitt^ndo et no- « bilitando ad omnia et singula Jura su4>iicessionum et hœreditatum bonorum par-

« lernorum et matrimonialium et

iifeudalium et eniphioticorum et generis

« cujuscumque alterius etiam ah

a intestato ' cognatorum, agnatorum et ad u honores, dignitates ac singulos actus « legitimos ac si essent de legitimo mairi- « monio procreati objectione prolis illicite itpenitus quiescente. Et quod ipsorum olegitimatio facta ut supra pro légitime « focta maxime teneatur ^t habeatur ac si «foret cum omnibus soleûinitatibus Juris

(cqnaruiii defectns specialiter auctoritate ((Impérial! sqppleri Tolumus et intendi- (( mus dammodo legitimatioDes hajosmodi (c per te fiende non prejudicient filiis legic< timis et heredibas nataralibus ex ipsis (( filiis masculis legitimis légitime masculine i\ descendentibus, non obstantibns in prec( dictis aliquibas legibus caTOtur qaod na- « turales , Bastardi , spurii , Manseres , « nothi, incestuosi copnlative aut disjanctiye <c vel alii quicunqne de illicito coïta pro* «creati aut procreandi non possint vel « debeant legitimari sine consensu ac voce luntate filionim naturalium et legitimorum, «ac aliis qnibuscunqae legibus, juribns, « eonstitutionibus sire consuetndinibns pre- « senti nostro induite et concessioni quovis « modo contraTcnientibns et maxime infra

«scriptis, Tidelicet etc. etc

« cum similibns , nec non statutis tam factis ccquam faciendis, quibus omnibus et sin- «gulis motu proprio ex certa scientia ac «de plenitudine nostrae potestatis mqtu «huic nostro indulto contrayeniant, yel «quovis modo contrayenire yel obstare « possint pro hac yice derogamus et dero- « gatum est. Sintque ipsi per te legitimati c< de familia agnatione et casata eorum pa- «rentum arma et insignia eorum portare « possint , et yaleant, efficianturque nobiles « si parentes eorum nobiles fuerint pos- « sintque ac debeant omnibus actibus publi- «cis et priyatis ofliciis, juribus, honoribus « et dignitatibus quibuscunque ex nunc in « antea uti , firui et gaudere , et ab aliis « ad illos et eorum exercitia admitti, uti « yeri et legitimi in judicio yel extra tam «in rébus spirilualibus quam secularibus « quolibet consuetudine yel de jure.

«Cacterum quia singularis tui Johannis « Keck prœfate doctrina et Juris prudentia « non solum dignorum yirorum assertione, « sed coram et personaliter nobis darissime «perspecta est quo etiam in alios morta- «lium lilterarum ac quorumcunque studioce rum dignes emulatores dignum aliqnod «congiariû tu conferre et ad studiorum « capessendos labores spe honoris reddero « possis alacrioreS) tibi nominato Johannx

« supradicto auctoritate nottra cesarea et t^icientia, Lieentiam, libertatem et facuh « tatem plenam damus, concedimus et gratitioee elargimur ut ipse in artibus et aulroque Jure duo$ doctores, item duos (xpoetas laureatoê, duos baecalaureos et « dtws licentiatos in omni faeultate et duos «théologie et metaphisiee magistros vel a doetores singuli anno creare, protnoverej « ordinare ^ constiluere et facere possis et <i valeas, adhibitis tum in cujuslibet doctoris t(creatioi|e doctoribus eximiis de profes- «sione creandi ad minus tribus qui unft a pariter doctorandos hujusmodi pro rigo- «rem examinis dignos sufBcientes repe- « rieritis et comprobayeritis ipsis de more « consuetudine et ceremoniis in generalibns « studiis desuper observari solitis consueta «ornamenta et insignia doctoralia, siye «sertum laureum siye baccalauream siye « in eadem faeultate licentiam siye magis-

«terium autoritate nostra pnedicta

« et conferatis, ita quod illi per yos doc-

«torati siye serta baccalaureaii aut

«licenlia yel magisterio donati fiierint in « omnibus ciyîtatibus locis et terris sacri <( Romani Imperii et ubique terrarum libère « debeant et possint inter omnes actus doc- « toràles legendi , docendi ^ interpretandi « et glosandi ac cœteros et quosque actus «lauree, pœtice, baccalaureatus, licentia, «ac magistratus facere et exercere, om- «nibusque et singulis gaudere et uti pri- «yilegiis, prerogativis ex exemptionibus « liber tatibus , concessionibus , honoribus, « preeminenliis et fayoribus ac indultis, a gratiis et aliis quibus libet, quibus caeteri «doctores, poëtœ lauréat! , baccalaurei, «licentiati et magistri qui in gymnasio « Patayino, Papiensi, Bononiensi, Perusio, « Pisano, Viennensi et Parijsino et quolibet « alio publiée gymnasio sive quomodocum- « que, qualitercumque yel ubicumque talia «insignia accepit, gaudent, yel de Jure « yel de consuetudine utuntur et potiuntur «non obstantibns in praedictis et singulis «quibuscunque legibus, eonstitutionibus, « decretis , consuetudinibus , ordinationi- «bus, reformalionibus, rescripUs, priyi^

«legiis, beneficiis, exempUoDibus, gratiis, 4( prerogativis 9 quocunqae oomioe ceose- <( rentar cajusconque tenons et munitionis « existant tam factis qaam fiendis tam per « nos quam predecessores nostros yel per 4( quoscunqne principes , dnces^ marchio- <i nés, communitates, nniversltates vel alios 4( cujuscunque geoeris vel conditionis sub « quibuscanque clansulis Tel expressione «verboram, etiam si talia éssent de qui* a bus de verbo ad yerbum necesse esset <i hic fieri mentionem specialem in contra-* «rium facientibus.

« Ut item tu Johannes quantum te gratia «nostra Cœsarea particularius prosequai( mur, agnoscas , de eadem nostre Impe- «rialis potestatis plenitudine et ex certa c( scientia animo deliberato motu auctoritate (( et accedente consilio quibus super te ac vomnes liberos iuos legUimot tUrituque i< sexus tam natos quam naturos in infini- « tum in nostros ac sàcri Romani Nobiles « de novo facimus, erigimus, ereamm, oradinamus et instituimus per présentes ac <i etiam nohilitatis hastibus clementer «V «signimus, vosque juxta qualitatem conaditionis humanœ et tanquam de nobili a génère a quatuor avis patemis et mater- <i nis procreatos dicimus et nominamus ac « ab universis et singulis cujuscunque con- « ditionis et preeminentie status et digni- « tatis existans pro talibus sic veris nobi- « libus vos haberi, tenerij diei et nominari a volumus, ac etiam reputari^ statuentes precf senti nostro Gesareo edicto ex expresse « decernentes ac mandantes, quod tu, filii « heredesque et descendentes tui ut supra « ex ifunc et deinceps perpetuîs fnturis «temporibus pro nostris et sacri Romani « imperii yeris nobilibus nominari et scribi « debeatis, ac ubique locorum et terrarum (( in judiciis et extra in rébus spiritualibus (( et temporalibus, ecclesiasticis et propha- « nis quibuscunque , etiam si talia forent i( de quibus in presentibus mentio specia- «lis fieri deberet, nec non in omnibus et c( singulis exercitiis negotiis et preeminenc( tiis, actibus tam spriritualibus quam ternes poralibus illisque honoribus et dignitati-

((bus, olBciis,juribas, Ubertatibus, insigni- (c bus, privilegiis, gratiis et indulUs gaude- (c re, uti, frui ut potin possitis et debeatis, « quibus casteri nostri et sacri Imperii no- « biles a quatuor ayis suis paternis et ma- « ternis geniti et creati gaudent, atnntur et (c fruuntur, quolibet de Jure Tel consuetn- (cdine; et quo hujuimodi status nobilita- « tionis vestre lueulentius claresecU hêc innfra scripta armorum insignia, videlicet:

« SCUTUM ALBI SITE ARGEIITI COLORIS IN SE «CONTINENS SALIENTEM LBOIŒM RUBRIHI, «ÀPBRTO ORE, LINGUA EXERTA , CAUDA 4(ELEyATA, UN6UIBUS ALTBRIUS PEDIS EX (( PRIORE CORPORIS PARTE ENSEM TURCARIUM

(c QUEM Germani : ein Sebell tocant, rubri

<( QUOQUB COLORIS TENENTEH ; SUPER SCUTUM a TBRO GALEA COMMUNIS ALBI8 SiyE ARGEN- <(TEIS ET RUBRIS RBDIHITA LACINIIS SiyS a INDUyiIS EX FASSIA CONTORTA EORUMDEII « COLORUM PROyENIENTIBUS, SUPER QUA DE- « NIQUE 8PHERA SINE GLOBUS ABBI SITE AR-

«GENTEi COLORIS EXisTiT^ auctoritaie et ^plenitudine quibus supra concedimus, yo- « lentes et decernentes quod tu filiiqne tui «et heredes ac successores tui legitimi 4(prescripta arma seu nobilitatis insignia « ex nunc in antea perpetuis futuris tempo- <( ribus in signum yere nobilitatis in omni- «bus et singulis honestis decentibusqne «actibus, picturis, sculpturis, hastiludiis, « bellis, duellis, edificiis, annulis, signetis, « sigillis , sepulchris et ubicunque libuerit «in rébus tam spiritualibus quam tem- « poralibus nobilium armigerorum more « tam serio quam joco déferre et gestare « et eis necnon illis honoribus preeminen- « tiis, gratiis, prerogatiyis, uti, frui et gau- « dere possitis et yaleatis quibus ceteri hu- « jusmodi insignium et armorum ornamenta « nobis et sacri Romani Imperii insigni « homines gaudent et potiuntur , absque «aliqua contradictione et impedimento.

« NuUi ergo omnium hominum liceat banc «creationis, largitionis, concessionis In- «dulti, priyilegii, derogationis et gratie «paginam infringere aut ei quoyis aosu « temeràrio contraire. Si quis autem id at- «temptare presumpserit nostram et Im-

a pêrii sacri indigaatîonem graTiMimam ac <i penam qnioqiiagiiita marchanim auri pari <i totiea quoties coDtrafaclum fuerit se no- <( yerit irremissibiliter incursuram^ medie- ^tatem Imperialia fisci noatri reliquam <i yero partem iDJuriam paasoram seu paasi <(usibii8 appllcandam.

«Harom testimonio litteramm manu a nostra sabsGriptaruiu et sigilli nosiri ap- « pensiooe manitarum, datum Bononiœ die <i vigettma metuii februarii, anno damini <i mtlleitfno quingentetimo trigesimo. Reg- <i noram nostrorum romani imdecinio alio- <L rom Tero omnium decimo qainto.

(signé) : CÂROLE.

sur le repli: v*. (signé) Waltkihch, Tice-

cancellarius. )>

Le 19 novembre 1631) Jean Keck fut nommé Conseiller an Conseil proTincial de Luxemboarg. Pendant qn'il occupait ces fonctions il fut employé à toutes les négociations diplomatiques au sujet des différents entre le Duché de Luxembourg et les états Toisins. Par Lettres-patentes du 27 noTcmbre 1660 il fut promu à la présidence du même Conseil proTincial dont il fut en même temps nommé Trésorier et garde des Chartres.

Jean Keck était seigneur de Thorn et de Mamer ; il possédait en outre des biens à Consthum de même qu'à Ilolsthum. Il avait épousé Catherine d'Ussingen , peutêtre Uffingen qui ne lui donna qu'une fille, Jeanne, laquelle contracta deux alliances :

la première avec un Zandt de Merl; la seconde avec un de Feltz, sans laisser postérité ni de Tun ni de Tautre de ces mariages.

Le président Jean Keck mourut le 23 juin 1669, et fut enterré dansTéglise du monastère du St. Esprit , à Luxembourg.

Nous n'avons pas découvert son épitaphe.

Al HoRTBtiB » Hbtoria TrerircMis dipUnatiea, II, tt46. — Cartiilaij« autlientiqae , ans archÎTes du cliâte«B de Thorn; eomaïuiiiqiië par M' ai Musikl, fila. r-ArcMvea de Sclivtbovrg.— BcaTau, 118.— Enrég. Cons. ProT. de Loibrg., anaéea itt47 et itt48.— ▼. SraAawac, MctropoUt £cclcn« Tre?eric«. I,

910.— 'WiiATB-PAQtr&T, Bioupraphic de Jean Keck; dans t Pnblie. de la Saeiété arcbëol. de Luxembourg , T.MV. p. Ii4.aqq<i.

KERZMANN, Henri- Joseph-Auguste , né à Luxembourg) le 4 février 1797, était fils d'André Kerzmann^ fileur de laine , et d'Anne Altmeyer. Ses parents quoique peu favorisés de la fortune ne négligèrent rien pour cultiver les heureuses dispositions qu'ils reconnurent bientôt chez leur fils auquel ils firent faire les cours d'humanités à l'école centrale de sa ville natale oii il prima dans toutes les classes à un point tel que le Directeur de rétablissement crut devoir le désigner aux solennités publiques comme un élève hors ligne. Et en effet j sa supériorité qui se décelait dans toutes les occasions et dans toutes les branches d'enseignement , lui avait créé une place à part au milieu de ses condisciples. En 1813 et lorsqu'il n'avait encore que quinze ans il faisait sa seconde année de philosophie en même temps qu'il suppléait le professeur Jacoby qui était malade , à la chaire de sa classe^: la voix unanime des élèves attesta à cette occasion qu'il professait avec une éloquence rare , avec une admirable clarté et une méthode irréprochable ; finalement qu'il était sinon au-dessus du moins parfaitement à l'égal du titulaire, phénomène exceptionnel de précocité et qui rappelle les plus grandes célébrités littéraires des temps anciens aussi bien que des modernes.

A sa sortie du collège vers 1814, Ph. Ch. Munchen (v. son art.) le Sous- Intendant, comme on nommait alors les commissaires de district, le fit chef de ses bureaux dans lesquels ce haut fonctionnaire , qui lui-même était un excellent littérateur autant qu'il fut un magistrat éclairé , sut éveiller dans ce jeune et éminent sujet l'enthousiasme pour la littérature et la philosophie allemandes.

Kerzmann aurait pu se faire une carrière dans l'administration , sous la protection du Sous-Intendant. Mais une vocation irrésistible qui l'appelait à Tétat ecclésia^

tique j le força à renoncer à des (onctions qui Teussent tenu éloigné du but qu'il toulait atteindre, pour entrer au séminaire de Metz où il étudia la Théologie de Bailiy , BOUS les professeurs Thibiat, Walbock, etc. Ses talents , sa puissance de compréhension y la rectitude de son jugement le firent bientôt nommer maître de conférences j c'est-à-dire qu'il fut chargé de diriger une des conférences instituées pour la répétition de la Théologie. Lisant et méditant sans cesse les apologistes des siècles passés il pénétra profondément dans la science dogmatique ; et les séminaristes mettaient les répétitions du jeune conférencier au-dessus des leçons des professeurs.

L'éyéque Jauffret qui avait conçu pour lui Taffection la plus tendre et qui en diverses occasions lui avait fait des cadeaux d'amitié , résolut de Tagréger au corps professoral du grand Séminaire: En vue d'un perfectionnement que justifiaient les capacités de Kerzmann , il lui offrit de l'envoyer encore pendant quelque temps aux frais du diocèse à l'école de St. Sulpice à Paris. Mais il déclina cette offre ; et comme il n'avait pas encore l'âge canonique requis pour obtenir la prêtrise , le prélat à qui le Comte d'Ânsembourg avait demandé un gouverneur pour ses enfants recommanda Kerzmann. Aimé autant qu'honoré au château d'Âmstenrœde , il y passa plusieurs années heureuses. En 1824 le désir d'étendre son action scientifique le détermina à accepter la direction du collège d'Echternach avec les chaires de rhétorique et de littérature hollandaise. A cette occasion il prononça, déjà le 21 juin, jour de St. Louis de Gonzague de la même année , dans l'église de cette ville un discours sur le but de V étude des belles-lettres. Ce discours fut accueilli avec la plus grande faveur et obtint les honneurs de l'impression.

Sous l'abbé Kerzmann le collège d'Echternach ne pouvait manquer de fleurir; aussi l'activité du directeur était-elle infatigable: six heures de leçon et la surveillance à tour de rôle pendant celles

d'étude , formaient ses occupations de tous les jours ; et son enseignement offrait constamment les caractères qui dénotent le grand professeur : Vaste et profonde érudition, clarté remarquable, méthode alternativement analytique et synthétique , débit chaleureux, aucun effort ne lui coûtait lorsqu'il s'agissait de faire saisir et comprendre ce qu'il expliquait.

En 1826 il travaillait pendant ses moments de loisir à on manuel d'histoire universelle , en latin , à l'usage des athénées et collèges ; nous ignorons si cet ouvrage a été continué et terminé. Il clôtura la même année scolaire par la publication de quelques poésies latineSs suivies d^un discours latin et d^un autre en allemand, prononcé à la distribution des prix. Ce recueil prouva de plus en plus le mérite transcendant du savant professeur. Et cependant à cette époque le collège d'Echternach était venu à tomber faute de moyens pour solder les professeurs , à cause du mauvais vouloir du conseil communal et des modiques ressources de la ville : l'abbé Kerzmann quitta cette ville pour aller occuper les mêmes fonctions de principal et de professeur de rhétorique à celui de Grammont dans la Flandre orientale. Sous sa direction éclairée ce collège s'éleva bientôt si haut , que dans leurs rapports annuels les inspecteurs le signalaient comme un des meilleurs du royaume des Pays-Bas. Dans l'intervalle des quatre années que Kerzmann resta attaché à l'institution de Grammont, l'université de Gand lui transmit le diplôme de Docteur en lettres ; une députation des notables de Soignies vint lui offrir la . direction du collège de cette ville, et finalement il publia son Manuale poëticum.

Le mérite du professeur Kerzmann était du reste si bien apprécié qu'en 1830 la régence de Bruxelles, l'inspecteur Wynbeck et l'inspecteur-général Van Ewyck le présentèrent au ministre van Gobbelschroy pour la chaire de rhétorique à Bruxelles, laissée vacante par la démission de Ph.

Lebroussart : Succéder à Lebronssart c'é-

tait recéVoir le sceptre du Professorat!

La nomination était arrêtée ; elle n'attendait plus qae la signature du ministre lorsque la révolution éclata : la liberté de renseignement proclamée par le gouvernement provisoire fascina par Tattrait de la nouveauté et bouleversa les établissements de FEtat. Rerzmann voyant cet état des choses et Tappréciant à sa vraie hauteur, quitta Grammont et se retira d'abord à Bruxelles puis à Luxembourg, pour vivre dans une paisible retraite dans sa ville natale, consacrant ses loisirs à la prédication de la parole sainte, à Tétude de la littérature italienne et à une correspondance suivie avec ses nombreux amis. Il continua cette manière de vivre jusqu'au mois d'août 1834 oii le Gouvernement des Pays-Bas lui offrit les fonctions de principal et de professeur à l'Athénée royal de Maastricht, qu'il accepta. Bientôt après on vit fleurir cet établissement d'un lustre qu'il n'avait pas connu jusqu'alors. Quelque temps après le roi Guillaume I lui envoya la décoration du Lion néerlandais, la société historique et archéologique de Maastricht le nomma son président et celle pour la recherche et la conservation des monuments historiques dans le Pays de Luxembourg l'inscrivit an nombre de ses membres honoraires.

Toujours occupé au milieu de ses livres, Kerzmann avait écrit de nombreux volumes qui parait-il, n'ont pas été imprimés jusqu'à ce jour. Il est mort subitement dans son cabinet d'étude, le 10 juin 1855, à l'âge de 57 ans.

Professeur savant et éclairé, Kerzmann était également prêtre par conviction dans toute la force du terme: généreux, charitable et pieux, sa bonté se faisait remarquer dans toutes ses actions. Grave sans austérité^ doué d'une grande dignité d'âme, de figure et de maintien, il apportait dans la société une gafté franche et douce, une conversation solide et vive qui même à son insu se revêtait des couleurs d*une imagination entraînante.

l^'iiMé KuTft, Notice nécrologiiiiie ; a«M:Piibli-

^•lioM de U Société atolkëolo^. 6e Laxcttboar;, XI, XXII, êq^iti, — M111.LBB , MHreetmr de VéeéU in» dustrielU it Eekîermmck ^ Dissertation es tête du programme de 18^6; passîm.

KEURGHEB, Dominique, né à Wiaembach près de Fauxvillers , a obtenu de l'auteur du manuscrit des Yiri illustres la mention que nous allons transcrire:

4( 1654. DominicnsKeurcherexWisembach « e pastore Hondlingano pastor et decanus <( Ârlunensis, patrum societat. Jesu ibidem 4(ordlnarius hospes et Seminarii Luxema burgensis fautor Templum suum ornavit «magnifico altari, ditavit vasis sacris ar- ^(genteis. »

Hors ces renseignements nous n'avons découvert sur ce respectable ecclésiastique aucune notion biographique, si ce n'est que Meijai lui assigne la fondation du séminaire attaché an collège des Jésuites de Luxembourg, tandis qu'en réalité l'expression de fautor dont s'est servi l'auteur de l'ouvrage que nous avons cité plus haut semble bien plus applicable : Du reste aucune donnée ne nous est restée pour déterminer la somme des bienfaits dont cette institution lui a été redevable.

Vin illustres, I, N® 105. — ManuscriU de BfEaJAi, XXIT. — NAVoa, Dissertation sur les bourses d*c> tudes attachées au collège de Luxembourg; daus: Programme de rAthénée, 1847, XII et XXIIl.

KLEIN, Jacques, est né à Ârsdorf, au canton moderne de Rédange, le 15 septembre 1774. Comme le curé de son village remarqua de bonne heure chez le jeune Klein d'excellentes dispositions pour l'étude il engagea ses parents à chercher à les développer. Ces derniers l'envoyèrent en conséquence à l'abbaye de St. Hubert pour y faire ses humanités et se préparer à recevoir les ordres sacrés : Il avait pour professeurs dans cet établissement alors célèbre, Jacoby, Rodesch et Sadeler; et il s'y distingua par son application , sa facilité de cooception et sa bonne conduite, an point qu'il obtint l'insigne honneur d'être à la fin de ses classes proclamé primus dans toutes les branches.

Klein se disposait à entrer au séminaire

lorsque la République française qui earahit alors le Luxembourg, le força à surseoir à rexëcution de ses projets et à rester pendant plusieurs années chez ses parents.

C'est dans cet intenralle que se passa le drame connu sous le nom de Expédition de la Klœppelsarmée et auquel il a pris une part assez actiTe, comme il le raconte lui-même dans un essai manuscrit sui; cet événement qu^il a composé longtemps après et que nous avons sous les yeux. Monsieur le Professeur Engling vient de publier ce travail avec des additions complétives nombreuses.

Lorsque la tranquillité fut revenue , Klein alla faire ses études tbéologiques à Cologne 011 il obtint d'abord les ordres mineurs, ensuite le sous-diaconat le 12 juin 1802, des mains de Tévéque-suffragant Clément-Âuguste-Marie de Merle. Le diaconat et la prêtrise lui furent conférés, cette dernière le V août de la même année, par Van Velde de Melroy, évêque de Ruremonde.

Un mois après, le premier septembre, il fut nommé administrateur de la paroisse de son endroit natal ; le 5 juin 1804 vicaire à Bavigne, commune moderne de Mecher, ce village dépendant encore alors de la paroisse de Boulaide, et enfin le 1" janvier 1806 desservant à Burg-Linster qu'il ne quitta plus et oii il a su se faire aimer et estimer par tous ses paroissiens.

Klein joignait à des connaissances théologiques approfondies une grande érudition dans plusieurs autres branches des connaissances humaines. D'un caractère ouvert et enjoué, il comptait un grand nombre d'amis, surtout parmi les hommes instruits. Ennemi de l'intrigue mais surtout de l'ambition, il n'a jamais voulu consentir à des déplacements avantageux qui lui ont été plusieurs fois offerts, parce que, disait-il comme Conon de Falkenstein, archevêque de Trêves (v. son art.), il avait pris sa première paroisse en trop sincère affection pour pouvoir s'en séparer.

Jacques Klein mourut entouré de ses amis, le 5 avril 1848 à l'flge de 74 ans, en ayant passé quarante-trois dans la cure

de Burg-Linster. Il n'a rien publié; mais il a laissé quarante-trois gros volùmei in 4^ manuscrits, comprenant des explieaiioni sur le catéchisme diocésain, des homélies, des sermons j des dissertations sur les rituels, etc., etc. Les personnes qui ont eu l'occasion de lire ces compositions sont généralement d'accord pour reconnaître que plusieurs d'entre elles mériteraient bien tle voir le jour : Toutes ces œuvres sont aujourd'hui, paratt-il, en dépôt chez l'exécuteur testamentaire de l'auteur.

Nous nous plaisons à revenir encore ici sur un opuscule d'un autre genre et dont nous avons parlé plus haut. Le curé Klein l'a rédigé quatre ans avant sa mort, et à la prière de quelques amis : c'est le narré de l'expédition de la Klœppels-armée à laquelle il assista lui-même en qualité de chef sectionnaire. Cette composition, de 120 pages in 4^, a été publiée en février 1 849 avec quelques changements, sous la forme de feuilleton, dans le journal Luxemburger-Wort fur Wahrheit und Recht, quelques mois après la mort de Tauteur.

Elle est précieuse surtout parce qu'elle pourra servir de source pour juger et exposer ce triste épisode de la conquête de la patrie par l'armée des sans-culottes, qui paraissait n'avoir pour mission que de détruire tout ce qui jusqu'alors avait paru sacré et respectable aux yeux du peuple.

L'ouvrage dont nous parlons ici se trouve en manuscrit original aux collections de la société archéologique de Luxembourg.

Il a pour titre : Appendix zur Gesehichtt der Klœppels- Armée, nebst einer Notiz ueher des Verf assers Leben u. Wirken, sa u)ie aueh einer Leichenrede aufdessen Tod, von Herm Kleyr. La même société possède en outre cet autre manuscrit du même auteur : Der Seelsorger am Krankenbette, oder Entwurf eines Rituals zur Sp^dung der HH. Saeramente des Altars und der letzten Oelung nebst Gebeten und Sprueehen fuer die Sterbenden; vol. in 4*.

EivGLiiiG, Knrse Notiz neber das Leben u. Wîr^ hem des Verfassert der Skisie snr KiœppelMrmcci mfcrt aux arcb. Soc. arcbëol. Laxbi:^;, — Klkih»

Greffier de la Jutliee de paix à Etck t/A. Notes commmiiqiiëet.— 'Dr. ILLara, Eîni^e Worte am Grabe det H. Jacob ILIeiB, weila^d Pfarrer in Sarfrliattcr.

KLEIN, Pierre, est né à Luxembourg le i mai 1825, de parents peu favorisés de la fortune, qui voyant de bonne heure les brillantes dispositions de leur fils pour Tétude firent tous les sacrifices possibles pour lui procurer une éducation soignée.

Le jeune Klein fut admis à rAthénée de sa ville natale en 1837 et en fréquenta les cours jusqu'en 1845. Comme il se sentait un goût très décidé pour renseignement il demanda et obtint cette même année d'être envoyé pendant quelque temps à Diekirch pour remplacer un des collaborateurs du progymnase de cette ville pendant une maladie ; et déjà la suivante il fut admis à donner temporairement le cours de langue allemande dans les quatre classes inférieures de TAtliénée de Luxembourg. Au mois d'octobre 1846 il alla suivre les leçons de l'université de Liège oii il s'attira bientôt toute l'attention du Professeur Borreman qui comme on sait, est un des premiers hellénistes de l'Europe.

Klein ne fréquenta l'université de Liège que pendant un semestre. Rappelé à Luxembourg dès le 13 avril 1847, il fut nommé répétiteur à l'Athénée. En 1849 le gouvernement du Grand-Duché lui accorda un subside pour aller pendant une année encore continuer ses études à l'université de Bonn; et le premier mai 1851 il subit avec distinction l'épreuve de la candidature en lettres.

Enfin, le 29 septembre 1855 il fut nommé professeur de langue française au Progymnase de Diekirch ; mais il ne lui a pas été donné de prendre possession de ces fonctions : une maladie grave qui depuis quelque temps minait sa constitution, l'emporta le 13 octobre suivant, alors qu'à peine il était âgé de trente ans.

Presqu'exclusivement occupé d'étude, Klein avait pendant sa courte existence su mériter l'estime de ses amis et faire naitre l'espoir qu'un jour il deviendrait une des gloires littéraires de sa patrie. En effet.

très jeune encore, n^ayant que vingt ans, il a composé des pièces de vers très bien pensées et élégamment dites: Plusieurs de ses essais de cette époque ont été insérés dans les journaux et goAtés par les vrais connaisseurs.

Après sa mort ses amis ont publié ses œuvres poétiques qui toutes sont remplies de fraîcheur dans les idées, de grâce dans l'expression et d'une exquise mélodie d'harmonie. Le volume dont nous parlons a pour titre : Gedichte ans dem Nachlasse von Peter Klein; Luxembourg, Buck; 1856, in 12; de 175 pages. Nous allons donner la liste chronologique des pièces qu'il renferme :

1845. Wanderlied. — Freundschaft. — An die Freude. — Bei der Ankunft der Kœnigin zu Luxembnrg. — Elégie am Grabe eines Freundes. — i8S5. Das Fallen der Blœtter.

— Dichters Reichthum. — Moselfahrt. — Turngrusz. — Das Maedchen von Ohahiti. — An Bachus. — An Augusta. — Ans den hebrseischen Melodien von L. Byron. — iSSé. Prolog zur musikalischen Abcndunterhaltung der Schueler des Athenaeums.

— Nach Diekirch. —An Wilhelm U. — Am Grabe eines Freundes. — Lux perpétua luceat eis. Am Tage aller Seelen. — f J5£.Studenlenchor. — Deutsche Sonnette.

— Mein Volk. — Marienlieder. — Die Wichtelmaennchen. — Der Muehibacb. — Die sieben Schiaefer zu Hollerich. — Das Gartenweibchen zu Dommeldingen. — Siegfried und Melusina. — Die Fuerstenwache. — Metternich und der Abt.

Cependant outre ce talent poétique si prononcé le jeune Klein s'occupa aussi d'Histoire , mais surtout de l'Histoire de son Pays. Dans cette étude , à laquelle il se livrait avec une espèce d'enthousiasme civique , il voulut remonter jusqu'au premier berceau de nos pères. Et par ses investigations philologiques sur l'idiome national il réussit à jeter quelque lumière sur une question archéologique de la plus haute importance , en cherchant dans les éléments de la langue luxembourgeoise la patrie de nos ancêtres les plus reculés.

L'important travail qu'il soumit en 1855

a la société pour ta recherche et la conservation de monuments historiques dans le Pays de Luxembourg , sous ce titre :

Die Spraehe der Ltixemburger ^ lui valut les honneurs de la publication dans les annales de ce corps savant et son admission, à Tunanimitë des votes, au sein de Fassociation en qualité de correspondant.

MuLHABB, Nécroloi^e de P. ILlein ; daDS: Tricnebe Zeitnng da S7 octobre IStfIS. ^ Pa«oct, Panégyrique de HleÎBi dont le Journal t La IleToe da Grand- Duché de Luxbrg , octobre l8tfK. — Notes particulières. — Nahdb, Notice sur P. Klein ; dains : Publications de la Société arcbéol. de Luxbrç. 18tf5, XI« page XX, sqq.; et S* partie, I à tfS.

Klensch, Mathias; y. CLENSGH, Mor

thias.

Klotten, Michel; v. CLOTTEN, Michel.

Klotten, Pierre; v. CLOTTEN, Pierre.

KRIER, Jean-Guillaume, fils de Nicolas Krier , maréchal-ferranf , et de Marguerite Elter, est né à Luxembourg, le 4 mai 1741 . — Le nom de ce personnage, prononcé avec Taccent français , fut rendu par Krieger, lequel traduit suivant la mode d'alors, se trouva être Guerrier, désignation sous laquelle il fut généralement connu plus tard.

Après avoir embrassé la règle du tiersordre de St. François dans le monastère des capucins de Thionville ou de Metz oii il avait pris, le nom religieux de Père Constantin y J.-G. Krier fut, par décret de la congrégation pour la propagation de la foi, en date du 20 avril 1789, désigné pour un terme de sept ans Préfet apostolique et supérieur de la mission des P.P.

capucins au Cap français dans File St.

Domingue.

Ce décret, expédié de Rome le 6 juin de la même année et accompagné d'instructions et de pouvoirs imprimés trèsétendus, auxquels fut joint le 22 mai 1790 celui de conférer le sacrement de confirmation , fut transmis par missive du Père Simplice de Bénin, provincial pour la Champagne, sous la date du 6 juillet sui-

vant au Père Constantin de Luxembourg (P. Constantinus a Luxemburgo) qui avait alors 48 ans d'âge et se trouvait au couvent de Metz. Ce religieux se mit incontinent en route pour sa mission, et aborda à Port-au-Prince encore avant la fin de la même année , puisque sa commission a été enregistrée à cette destination le 7 décembre, et à l'assemblée provinciale dite du Nord de St. Domingue le 8 janvier 1790, sous la signature du Baron de la Chevalerie, Président. Avons-nous besoin de rappeler au lecteur qu'à cette époque, mais surtout pendant les années suivantes la colonie française de St. Domingue fut remplie d'autant de troubles et de révolutions, de massacres et de brigandages que la France continentale? Il est dès lors déjà devenu évident, par induction, que le P. Constantin a du subir bien des tribulations et de grandes difficultés pour remplir sa mission , si même une pièce authentique que nous mentionnerons à sa date n'établissait le fait d'une manière péremptoire. Et pour montrer combien la tâche qu'il entreprenait présentait d'aspérités dès le principe, il suffira de dire qu'il s'était fait remettre, même avant son départ pour' sa destination , un brevet de sécularisation expédié le 19 juin 1789 par le Cardinal Origo, régent de la pénitentiaire de Rome.

Les événements politiques ayant marché, nous trouvons sous la date du 30 décembre 1790 la déclaration suivante, que nous transcrivons textuellement: ^Aujourd'hui <(30 décembre 1790 est comparu en ce «greife (du siège royal du Cap français) 4( le Révérend Père Préfet apostolique de «cette mission. Supérieur-général de la « partie du Nord comme dans cette colonie^ « conformément à la Patente de Sa Majesté « en date du 31 juillet 1789 , sous le nooi «de R. P. Constantin de Luxembourg et « maintenant selon le décret de la Nation «sous celui de M* Constantin Guerrier; « lequel nous auroit déclaré vouloir effec- «tuer lui-même ce qu'il avoit engagé les « autres missionnaires de faire pour l'entière

4( conformité et uniformité de la mission, 4(et profiter da décret de TAssemblée «nationale et des privilèges accordés en « rentrant dans la société sous Thabit eccléa siastique séculier, à quel effet il a déclaré a choisir et fixer son domicile à Thionyille «dans le luxembourgeois français pour «pouvoir annuellement jouir et profiter « de la pension nationale de huit cents livres «argent de France, ayant atteint Tâge de « cinquante ans à tirer sur la caisse muni- «cipale de la dite ville de Tbionville à «laquelle il se soumet à faire une décla- « ration semblable à la présente, dont il « demande acte pour être envoyée de suite « à son fondé de procuration à Teffet de « la faire enregistrer et tirer annuellement « la dite pension. De tout quoi le dit sieur , « comparant fait la présente déclaration « pour lui servir et valoir ce que de droit.

« De laquelle il a requis acte à lui octroyé «et a signé avec nous greffier commis.

«Signé au Registre: F. Constantin Préfet «apost., et Duplessis, greffier commis.))

Cet acte a effectivement été enregistré au greffe de la municipalité de Tbionville, le S avril 1791.

Un mois avant cette déclaration, le 30 n^embre 1790, le P. Constantin prévoyant tout ce qu'il pourrait y avoir de périlleux pour ses missionnaires si dans les circonstances du moment on les astreignait à continuer leur vie suivant la règle de Tordre religieux, avait demandé à Rome Tautorisation de séculariser son institut.

Sur quoi la Propagande, vu Tétat des choses mais ne voulant peut-être pas céder d'emblée, lui répondit en principe par un refus , avec latitude toutefois de, suivant les circonstances, accorder individuellement cette sécularisation. Ce premier ordre fut suivi de près et dès le 23 juillet 1791 d'une seconde lettre par laquelle tous les missionnaires étaient formellement autorisés à prendre Thabit ecclésiastique séculier.

Le 23 avril précédent (1791), le Père Guerrier avait été créé Chevalier de Téperon d'or , Comte du Palais pontifical et

de celui de Saint-Jean de Latran. Le diplôme qui lui conférait ces dignités lui donne les qualifications de : « lUustrissi- «mus Dominus, Dominus Constantinus a «Luxemburgo, Praefectus ab apostolicâ «Sede deputattts et Superior generalis «Missionum RR*^ PP** cappucinorum in « InsulA S. Dominici, et Parochus ad Caput « Francicum, Eques auratas militiœ et Sacri (c Palatii Aulaeque Lateranensis Cornes Paie latinus. »

Ce parchemin est délivré et signé par François duc de Sforce, par délégation, y est-il dit, des Souverains-Pontifes à sa maison. Nous ajouterons que les titres de Comte etc., ne forment que des accessoires de la chevalerie de Téperon d'or, qu*erronément sans doute le Père Constantin nomme la toison d'or dans son testament dont nous parlerons: Le mot calcar n'a jamais signifié qu'éperon , non toison.

C'est là le dernier acte que pour le moment nous ayons à relater touchant le Père Constantin pendant sa prélature à St. Domingue. Inquiété , pillé pendant la révolte des nègres et ne pouvant peut-être pas supporter plus longtemps le séjour des Antilles, il résolut de retourner en Europe, longtemps avant la fin de sa mission qui devait durer sept ans, comme nous l'avons déjà dit : il trouva peut-être pour masquer son but de départ, le prétexte qu'il allégua pour ^er^chercher des missionnaires nouveaux.

Avant de s'embarquer il eut soin de se faire remettre des attestations par les autorités, afin de pouvoir au besoin prouver qu'aucun reproche ne devait lui être fait sur son retour. Nous nous plaisons à copier ces pièces, intéressantes sous bien des rapports, puisqu'elles démontrent d'une manière absolue que le Père Constantin était un homme véritablement digne des hautes distinctions qu'il avait obtenues du Saint-Siège :

« 1^. Nous Ignace-Frédéric de Mirbeck, «Philippe -Rose Roume et Edmond de « Saint-Léger , commissaires nationaux ci- « vils, délégués aux Iles françaises de l'A-

c( mérique soa8 le Yent, pour y maintenir «Tordre et la tranquillité publique ^ en « exécution des lois des 1 i février et 28 «septembre 1791 ,

« Certifions que le Révérend Père Cons- « tantin Guerrier, Préfet apostolique à St.

« Domingue, y est généralement chéri, es- « timé, honoré, etc., principalement d^ns « la yiUe du Gap chef-lieu de sa résidence.

« Sa conduite édifiante et ses vertus lui ont « mérité Tamour de tous les bons citoyens ; «nous nous joignons à eux pour lui té- «moigner les mêmes sentiments et lui « rendre le tribut d'éloges qu'il mérite à « tous égards.

« Fait au Gap français, le 30 mars 1792.»

signés: deMirbeck — Roume — Leborgne, « secret, adj. de la commission nationale.»

« 2*. Assemblée provinciale du Nord de « St. Domingue. — Nous Président, Vice- «Président et Membres de l'assemblée « provinciale permanente du Nord, séante « au Gap-Français , certifions à tous ceux « qu'il appartiendra, que le Révérend Père « Constantin Guérier, Pré(èt apostolique et « supérieur de la mission de la Province «du Nord, a acquis l'estime générale et « la confiance dont un sapérieur ecclésias- « tique doit être si jaloux, par sa prudence, « sa modestie, son attachement et son as- « siduité à ses devoirs comme Préfet apos- «tolique et comme curé du Cap. Certifions « que c'est avec peine que la Prov\pce le « voit s'éloigner de son poste, et conserve « l'espoir de le revoir reprendre ses pé- « nibles et honorables travaux aussitôt que «sa santé le lui permettra; espérant qu'il « amènera avec lui de dignes coopérateurs «pour le soulager dans ses fonctions et « travailler avec lui à la propagation de la « foi et l'édification publique.

« En foi de quoi nous avons accordé au «dit Révérend Père le présent certificat « auquel nous avons fait apposer 1er sceau «de l'Assemblée.

« En séance de l'assemblée provinciale « du Nord, le 29 avril 1792. »

Signés : « L'abbé Boucher, Président. — « Jonbert, vice-pdt. — Hazeres, secret. — «Douset, secret.»

« S"". La Municipalité du Cap au T. R. P; « Préfet apostolique, supérieur général de «la province du Nord. — Gap, 10 mai « 1792. — Le corps municipal verroit sans « doute avec douleur votre éloignement de « la Colonie dans un moment oii vos se- « cours spirituels paroissent nécessaires au « retour de la paix, si vos vues pieuses et « surtout le mai de scorbut qui vous afflige « n'attestoient pas en votre faveur la légiti- « mité de votre départ. — Elle s'empresse « à vous exprimer les sentiments d'estime et « de vénération qui vous sont dus à tant de « titres ; vous les trouverez consignés dans « le certificat qu'elle vous fait passer ci- « joint. — Salut. — Le maire de la ville « du Gap : » — * signé: « Chevallier, l'aîné, « maire. »

« 4*. Municipalité du Cap français isie « et côte St. Domingue. — Nous Maire et «Officiers municipaux de la ville du Gap, « attestons à tous ceux qu'il appartiendra, « que le Père Constantin Guerrier, Préfet « apostolique. Supérieur de la mission de «la province du Nord de cette colonie, « a par une conduite irréprochable et par « la pratique constante des vertus de son « état, pendant Texercice de sa préfecture « et son séjour en cette ville , mérité et «acquis l'estime et la vénération de ses « concitoyens. En foi de quoi Nous lui avons « délivré le présent , auquel a été apposé « le sceau de la municipalité.

« Au Cap, le 10 mai 1792. » — Signés:

« Chevalier , l'aîné, maire — Brocas, oflnr « municip. — Louis Foucher, oflT municip.

« — Domergue , jeune, off' mun. fesant « prov' fonctions de Procureur de la corn- « mnne. — Barriet oflT mun. en Ex*. — Gra- «nier, secr. gén.»

Muni de ces pièces , le P. Krier s'embarqua pour l'Europe, le 6 juin 1792, et débarqua à Dunkerque le 23 juillet suivant. Il continua à exercer dans cette ville les fonctions ecclésiastiques avec toute la prudence nécessaire pendant cette époque critique. Pour donner un exemple de cette prudence qu'il mettait à se plier aux événements nous mentionnerons ici une lettre du citoyen Fockedey, député par la Con-

TentioQ nationale, écrite le 11 octobre 1792 à la municipalité de Dunkerque, et dans laquelle ce comn^issaire annonçait qu'il avait transmis à la Convention seize assignats, de 50 livres chacun, provenant d'un don patriotique fait à la République par le P. Krier, 600 livres, et un autre prêtre, 200 livres, ainsi qu'un discours dont le contenu nous est resté inconnu.

« La Convention , y est-4l dit, a entendu c( avec intérêt la lecture de ce discours ; «elle a accueilli par des applaudissec< ments l'offrande faite et elle a décrété la c( mention honorable au procès-verbal du «jour.»

D'un antre côté, si l'on voulait une preuve dn zèle que comme prêtre il n'a cessé de déployer pour la religion catholique, nous la trouverons dans un certificat que la municipalité de Dunkerque lui délivra le 17 novembre 1792: <<Le citoyen Guerrier, «supérieur de la province du Nord de l'Oe « de St. Domingue et curé actuel du Cap «français, y est^l dit, résidant en cette « ville depuis le 23 juillet dernier , s'est «comporté avec honneur et probité; de « l'agrément du citoyen curé de cette ville « il rend beaucoup de service à cette pa- «roisse; enfin, en tout il remplit tous les ((devoirs d'un bon citoyen avec le plus «grand zèle. Certifions en outre qu'il a « fait un don patriotique de la somme de « 600 livres qui a été adressé à la Conven- « tion nationale ; qu'il a prêté le serment «prescrit par la loi et qu'il a depuis son « séjour en cette ville donné des preuves « non équivoques de son patriotisme et de « son dévouement à la chose publique. »

Les 16 octobre et 29 décembre de l'année suivante la municipalité de la même ville lui remit de nouveaux certificats de civisme , pour avoir été soumis aux lois et rempli les devoirs de citoyen. La dernière de ces deux pièces porte vingt-six signatures, parmi lesquelles celle de J. J.

Schelle , curé de Dunkerque.

L'abbé Rrier avait acquis à Dunkerque une maison , située dans la rue des droits de rhomme, N^ 12, et qui rapportait

à cette époque 2000 livres de loyer. Il y résida, paraît-il, en qualité de propriétaire, sans exercer de fonctions ecd^iastiques sous le régime de la terreur , pendant laquelle la faillite d'une riche maison de commerce à laquelle il avait confié ce qu'il avait pu sauver de capitaux pendant les désastres qui avaient eu lieu au Cap français lors du soulèvement des noirs de cette colonie , lui enleva le reste de sa fortune (acte ^otarie du 6 octobre 1799) , et le réduisit pour ainsi dire à Tindigence , surtout parce qu'il avait fait abandon à la République de sa pension ecclésiastique.

Dans cette position et après la chute de Robespierre il demanda et obtint en Tan VI (1798—1799) la cure d'Estaires. Mais lorsqu'il voulut toucher le traitement attaché à ces nouvelles fonctions on lui opposa sa déclaration précédente pour le lui refuser. Cependant après bien des démarches faites à cet égard ordre fut donné au payeur-général d'acquitter ces mandats.

Cette décision des Administrateurs-généraux du Département du Nord était motivée sur ce que le curé Guerrier «ayant, « en l'an II et pendant qu'il avait de la force tune fait le sacrifice de sa pension , ne « doit pas, après avoir, par l'effet de mal- « heurs perdu cette fortune, être privé de « toutes ressources maintenant qu'il est dans «le besoin, attendu qu'il ne serait pas ajuste qu'un citoyen soit victime de sa gé- « nérosité envers la République » (arrêté du 25 vendémiaire an Vlll).

Il ne resta pas longtemps à Estières , puisqu'on 1800 il habitait de nouveau Dunkerque d'oh , sans doute à l'occasion des négociations qui eurent lieu pour la conclusion du Concordat il adressa an Souverain-Pontife une longue lettre latine que noua nous croyons en devoir de traduire en entier et aussi littéralement que possible, parce qu'elle explique mieux que nous ne pourrions le foire les épisodes qui marquèrent sa mission à St. Donûngue ainsi que ses vues pour le rétablissement du culte catholique en France:

«Dunkerque dans la Province Bel-

«giqae, ce l''' septembre 1800, la Vlir « année de la République.

«Très-Saint Père,

« Je soussigné , Préfet apostolique de la «Province d'Australie dans Ttle St. Do- « mingue , expose en tout respect comme « en toute sincérité et en toute soumission « à Votre Sainteté que :

« J'ai séjourné au Cap Français pendant «dix ans et jusqu'en 1792 , en qualité de «Préfet apostolique relevant immédiate- «ment du Saint-Siège , avec pouvoir de « conférer le Sacrement de la confirmation, « de remplir toutes les fonctions épisco* «pales (excepté de donner Tordination, « ce qui du reste eût été entièrement super- « flu) , ainsi que de nommer à vingt-six « paroisses.

«Hais hélas, dans ces climats lointains «et brûlants, combien n'ai-je pas, avec « mes missionnaires , eu à endurer de bar- « baries et de tourments malgré lesquels, « tel qu'un bon père de famille je n'ai pas « cessé de conserver pure et intacte la re- « ligion catholique. On ne saurait énnmérer «les cruautés qui sous le gouvernement «français ont été perpétrées pendant la (c terrible insurrection qui a ensanglanté ce l'île St. Domingue , tant par des hommes « à couleurs diverses que par les esclaves, « et oh à peu près tout a été détruit par « le fer et le feu.

«Forcé par la nécessité des circon- « stances , je fus envoyé par le peuple en « France pour ramener de nouveaux mi- « nistres du culte après le décès de seize « missionnaires , afin de maintenir de toutes « nos forces la religion catholique^ Avant « mon départ , nous avons tous ensemble « promis dans les termes suivants , obé- «issance et fidélité, comme le peuple l'a- « vait demandé : je jure et promets fidéc< lité à la nation , à la loi et au roi. Nous (( nous fendions en cela sur le principe ca- « tholique admis par le Christ lui-même , «les apôtres, les saints Pères, tous les « théologiens et les universités catholiques, « que toutes les lois émanent de Dieu et « que celui qui résiste au pouvoir résiste

« aux ordres de Dieu même. J'ai obéi de «bon gré au conseil de l'apôtre lorsqu'il «dit; soyez donc soumis à vos snpé- « rieurs et obéissez à leurs ordres , même «s'ils vous contrarient.

«Donc, après m'ètre fait remplacer par «un vice-préfet apostolique j'ai quitté le « 6 juin 1792 le Cap français. Mais à mon u arrivée en France je ne pus , à cause des « progrès de la révolution , remplir mon «généreux dessein ni renvoyer des ordres.

« Après la dédaration de guerre par l'An- « gleterre il me fut absolument impossible c< de retourner en Amérique. Je dus donc «rester dans le port de Dunkerque dans cela Province Belgique , oh pendant les a troubles révolutionnaires jai été constam- « ment exposé aux vexations et aux persé- « entions en haine contre la Religion. J'ha- «bite encore actuellement cette ville, sain «et sauf, grâces en soient rendues à Dieu.

«En conséquence, placé dans l'imposât sibilité physique de retourner au cap «français, puisque six mois après mon « départ la maison du préfet avec tons les «meubles ont été ou brûlés on détruits et «pillés pendant le sac et la destruction « de cette importante cité ; et que , hélas, « par-dessus ce malheur presque tous les « missionnaires et les rel^ienx de ma ju- « risdiction , voulant comme de dignes mi- « nistres de Dieu et jusqu'à hi fin rester «fidèles à leurs vœux comme à leur voca- « tion , ont été cruellement massacrés.

« J'ai déjà fait rapport sur ces événe- « ments déplorables à Pie YI ; mais j'i- « gnore si ma lettre sera parvenue dans « un moment aussi terriblement critique.

« Père des fidèles, ayez pitié de vos servi- «teurs! Tous, comme de fidèles ouvriers « à la vigne du Seigneur ont combattu pour «la bonne cause; ils ont conservé la foi, «ils ont rempli leur course; la couronne « de justice les attend assurément des mains « du juge de justice, telle qu'elle a été pro- « mise auxcourageux athlètes qui combattent « pour Dieu et sa religion. Je les recom- « mande de nouveau aux prières et aux «saints-sacrifices du siège apostolique.

ce C'est pour ainsi dire par mirade qae, « comme autrefois St. Paul, j'ai pu échap- « per au nom de Dieu, à cause d'une ab- <( sence légitime. Très-Saint Père, au Cap « français il ne me reste en vie que trois «missionnaires pour faire TolBce divin.

« Malgré mon ftge de soixantaine j'ai été c( sollicité de reprendre mes fonctions ; mais <cje n'ai jusqu'ici pu consentir à le Caire.

« La paix prochaine et la situation de l'tte « St. Domingue dirigeront ma détermina- « tion; car pendant les périlleuses circons^ « tances du moment il faut consulter Dieu « et procéder avec prudence.

« Pendant une absence faite du consente tement du peuple et dans l'intérêt de <( la Religion j'ai été pillé en Amérique ; << jai ensuite presque tout perdu en France.

» Cependant, content avec peu je puis dire « que j'ai été plus heureux que mes mis- « sionnaires qui ont perdu la vie : Dieu «l'avait donné. Dieu l'a repris; que le « nom du Seigneur soit béni ; car le misc( sionnaire doit être un disciple digne de ((Dieu et son serviteur dans ses actes u comme dans ses discours.

« Très-Saint Père, bien qu'en France la «Religion ait été à deux doigts de sa « ruine, elle n'a cependant jamais expiré « complètement pendant le cbisme. Ainsi, ce suivant l'esprit du précepte du Pontife, «me tenant, an péril de ma vie, caché « dans ce pays pendant huit années con- « sécutives , j'ai comme pendant les pre- (cmiers siècles du Christianisme bravé les « tempêtes des quatre parties du monde.

«Très-Saint Père, je dis la vérité en « toute sincérité, et je ne mens pas comme « autrefois S. Paul, dont dans mes travaux «j'ai suivi les traces^ lorsqu'il éuit mis- « sionnaire en Grèce. Nous devons rendre « grâces aux très-honorables évêqnes réunis « à Paris, lesquels pendant les huit ans de « cette cruelle persécution d'athéisme n'ont « cessé , par leurs écrits et leurs actes de «soutenir avec fermeté le Catholicisme «pour ainsi dire agonissant, en conservant pour le Saint*Si^e te respect et la sou- « mission nécessaires. En ceci il me semble

«qu'il ne faut pas ajouter foi à toutes les « suggestions avant d'avoir examiné si elles «viennent de Dieu. Que Votre Sainteté « pardonne ma trop grande franchise lors- « que je parle si ouvertement, et si, à «l'occasion de Votre reconciliation avec « la France je m'ouvre entièrement. Comme «les dogmes de la foi ne me paraissent « être changés en aucune manière, puisque « les innovations intervenues ne concernent « purement que la discipline après avoir « souffert tant de calamités et été témoins «de tant d'assassinats, tandis que nous «sommes près d'obtenir la paix, j'ai l'es- « poir fondé que Votre Sainteté , dans sa « bienveillante sollicitude pour Elle-même « comme pour tous les chrétiens, choisira « la véritable voie pour conserver la Re- « ligion catholique en France, de peur que « la vigne du Seigneur ne s'y voie détruite « par un schisme imminent, comme autre- « fois cela a eu lieu en Angleterre et en «Allemagne.

«Afin donc que l'habit ecclésiastique « ne soit pas mis en pièces et profané^ je « crois qu'il serait nécessaire, pour la paix « de l'Eglise et la destruction du schisme, « d'admettre les cinq points qui vont suivre. «Si dans la Bulle pontificale prochaine « Votre Sainteté les décrète il est vraisem- « blable que la France , comme un seul « bercail avec un pasteor unique quant aux «préceptes de discipline, pourra traiter « plus tard avec l'Eglise entière dans un «coneile œcuménique.

« Je propose donc que l'on admette qu'il «existe en ce moment trois catégories « d'ecclésiastiques, dont la première com- « prendra ceux qui se sont mariés et qui « ont fut acte d'apostasie ; la seconde les « prêtres et les religieux qui sont restés «fidèles à leurs vœux; la troisième enfin «les nouveaux prêtres constitutionnels.*

««I. Quant à la première, comme la « pratique de S. Cyprien semble ne pou- « voir être observée dans les circonstances « présentes, puisque tous ceux qui se sont « mariés et qui ont apostasie se sont placés « sous l'autorité civile ; que cevx-lk restent

« dans la vie civile. Car, que oous importe « de juger ceux qui ne ressortissent plus «à notre aatoritë.

«II. Pour la seconde; quand même ils « auraient préalablement prêté le serment « exigé par Tantorité civile, que toua, sé- (cculiers et réguliers qui seront suflBsam- «ment instruits et de bonne renommée « soient indistinctement admis en qualité «de ministres de la religion catholique, «apostolique et romaine.

«111. Touchant la troisième, que tous « les prêtres ordinés depuis le commence- « ment de ta révolution française soient «renvoyés a leurs évéques respectifs pour « être examinés par ceux-ci ou leurs synodes « quant à leurs capacités et leur conduite.

« Après cette épreuve ils seront admis à «continuer Texercice du saint ministère, « ou bien ils resteront au séminaire jusqu'à «ce qu'ils aient acquis des connaissances « suffisantes.

« lY. Tous les évéques et les curés qui «sont encore en vie pourront reprendre « leurs sièges ou leurs paroisses. Les titu- «laires constitutionnels leur serviront de (ccoadjuteurs, avec expectative de leur «succéder à leur décès.'

« V. Les évéques et les curés constitu- «tionnels conserveront leurs places si les (c titulaires sont morts.

« Si ces modifications et cette règle sont « adoptées Tunité et la paix seront conser- «vées à la Religion.

«J'adjure avec instance le Père des «fidèles, par les entrailles de la miséri- « corde divine et par notre dévouement « à la Religion à demi--éteinte, de procéder « dans les circonstances présentes avec la ce plus grande indulgence s'il ne veut pas « qu'en France la Religion catholique pé- « risse et soit vraisemblablement changée «en schisme. Si Votre Sainteté souscrit ((à mes propositions la Religion fleurira; f(ce qui sera une œuvre très-agréable à «Dieu ainsi qu'aux hommes, et qui fera « vivre la mémoire de Pie VII dans l'éter- « nité.

« Bien que je n'aie pas l'honneur d'être

« personnellement connu de Votre Sainteté «conune je l'étais de feu Pie VI ^ votre « oncle de glorieux souvenir , j'ai , guidé «par la même sineérité, osé Vous adresser « cette prière. Comme le chemin de Rome «est ouvert maintenant, je désire que «Votre Sainteté me fosse informer si je «puis en conscience continuer mes fonc- « tions pastorales. J'ai constamment, pour « le bien de la Religion , marché avec la « confiance du peuple dans la voie apos- « tolique.

«En attendant Terrivée de la grâce «sollicitée ainsi que votre bénédiction «paternelle et apostolique, je suis avec «une due soumission de même qu'un «attachement jusqu'à la mort, de Votre « Sainteté le très-humble et très-obéissant «serviteur et fils en Jésus-Christ,

« autrefois frère Constantin, aujourd'hui 4( sécularisé par le Saint-Siège apostolique <(/.-Ér. Guerriers préfet apostolique de la a province atairalienne à VileSt.Domingue, 4irésidant actuellement à Dunkerque dans <i la Province Belgique. »

L'accusé de réception de cette lettre est signé J. B. Cardinal Caprara, Légat, et daté de Paris, le 6 novembre 1801.

En l'an X (1802), le P. Guerrier prononça dans l'église paroissiale de Dunkerque un discours éloquent, paratt-il, sur la paix, pour lequel le Conseiller d'Etat chargé des affaires concernant les cultes lui adressa sons la date du 1* firi-maire (22 novembre 1802) une lettre de félicitation que nous nous voyons engagé à copier ici:

«Au Citoyen Guerrier dit Krieger, «ancien Préfet apostolique du Cap fran- «çais, à Dunkerque.

« J'ai reçu , citoyen, le discours sur la « Paix que vous avez prononcé dans l'église « paroissiale de Dunkerque ; j'y ai lu avec « plaisir l'éloge mérité que vous faites de «nos braves défenseurs et le tribut de re- «connaissance que vous payez aux talents « extraordinaires du Premier Consul ; je « ne manquerai pas de lui faire part de «ce nouveau témoignage de votre atta-

ccchemeot pour le GoaycrnemeDt et de «votre dëTonement poar la prospérité (< pablique.

« Je TOUS salae. — Signé: Portalis. »

En 1804, et vraisemblablement depais la coDcIasioD dn Concordat de 1802, Fabbé Krier était cnré-doyen du canton de Marcoing au diocèse de Cambray, oii il tesU le 29 mai 1807.

Dans ce testament olographe, après avoir disposé touchant le cérémonial qu'il demandait pour ses obsèques, il ordonnait que sa bibliothèque serait vendue entre les curés qui assisteront à ses services funèbres et payée par des messes à 15 sols de France. Il confirmait la donation antérieurement faite à son église d'un autel en marbre, d'un calice et d'un ciboire en argent massif, de divers ornements sacerdotaux brodés en vrai or et de deux missels de prix. Il partagea ensuite ses biens, quelques obligations, sa maison de Dunkerque et ses meubles , par parts égales entre ses neveux et nièces, moins un d'entre eux qui ne devait obtenir que la moitié parce qu'il s'était montré indigne des libéralités du testateur. Il ajouta quelques legs particuliers de bijou* à certains de ses parents, et finalement il voulut que ses diplômes et titres fussent conservés réunis par sa famille.

Nous ne connaissons pas le jour dn décès de ce prétrè vertueux. Cependant si nous conférons la date de la présentation de son testament au juge de paix pour en faire faire l'ouverture, formalité qui a été remplie le 1 1 juillet de la même année 1807, nons pouvons admettre qu'il sera mort quelques jours auparavant, peut-être le 1 1 juillet même ; à l'âge de 66 ans et 2 mois environ.

Le père Jean-Guillaume Krier avait un frère portant nom d'Eustache, qui se fit également capucin , et qui est mort le 14 germinal an XI (5 décembre 1802) , à Luxembourg oii il possédait la maison dite anciennement des marchands et occupée de nos jours par la loge maçonnique.

Extrait de l*Etat citil d« Lmemboarg.— Titres et di-

pMmei «ri^^iasax du père Krier, CMserrëf par Mr Sa- •cJbeacky, gëosètre à Diekircli et U famille Sinon, de Aambroaeli, tef petitt-neTevx.— Contiaaatioii de TArt de Tërifier let dates , par le variais de Fortia d'Urban , in fol. 1898 , T. IV, 387, sqqq.

Krudel, Jean; ▼. CRUDEL, Jean.

KNEPPER, Pierre, fils de Nicolas Rnepper, assez riche cultiTateur, et de Catherine Klein ou Rleiner , est né à Dahlem, commune moderne de Garnich. le 23 octobre 1724.

Après aToir terminé d'une manière brillante ses humanités au collège de Luxembourg il entra au séminaire de Trêves 011 il obtint la prêtrise. H ne nous a pas été donné d'apprendre les noms des paroisses qu'il desservit jusqu'en 1772 oii il prit possession de celle de Boulaide qu'il conserva jusqu'en 1797. Il était en même temps définiteur du chapitre de Bastogne.

Il est à remarquer qu'il n'existe aux archives communales de Boulaide aifcun registre aux actes de Tétat civil de cette période de vingt-cinq ans, pendant laquelle Pierre Knepper était curé de cette paroisse; on doit croire dès lors qu'il les aura emportés à son départ pendant les troubles de la conquête française, et qu'ils n'auront pas été restitdés. En effet, après avoir, en 1796 et 97 pris une part assez active à la résistance contre le système nouveau , il crut prudent de se retirer dans son endrAit natal , au sein de sa famille oii il est mort paralytique, le 28 janvier 1806.

Comme il avait refusé avec constance de prêter le serment de haine à la royauté il se vit obligé de se tenir caché pendant plusieurs années afin d'échapper à la déportation: deux fois même, dit-on, il avait été surpris et arrêté par les agents de la force publique, et chaque fois il* fot assez heureux pour être délivré de vive force de leurs mains, par un de ses neveux qui possédait, paraît-il, une force herculéenne.

Le curé Rnepper était savant, maïs surtout dévoué à sa religion. En 1792 son

zèle loi fit publier l'oa^rage suivant:

Gruendlicher Betoeis der katholischen Religion, aui Liebe zu denen Protestanten und zu ihrer Belehrung in einem Gesprœehe zmsehen Vater und Sohn ueber die vornehmsten GlaubenspunkteUj in toelchem die Unkatholischen von den Katholiken entzweyet $ind, nebst Antwort auf einen vorgcBngigen Brief eines Protestanten; yoU in 8^; Cologne, chez Jean^Georges Schmitz; X -H 61 8 pages. «Cette publication, nous a écrit M. le Prof* Engling, travail assez <( médiocre, n'aurait pas été éditée si Tauii tenr avait voulu écouter les sages con- « seils de M. Tabbé Neumann , curé de « Harlange (v. son art.) , qui vivait avec <( lui dans les relations les plus intimes ; « ou au moins elle ne l'aurait été qu'après «avoir subi de notables changements.

c( Mais le curé Knepper se laissa entraîner «par son ardeur et l'espoir d'obtenir un « grand résultat du fruit de ses veilles. »

Et en effet, il parait que la lecture de ce livre par un pasteur protestant, dont le nom est resté inconnu, produisit la conversion de ce dernier au catholicisme après un nouvel échange de lettres que le curé Knepper a également publiées avec les réponses qu'il y avait données, comme du reste cela est attesté par le rédacteur de l'acte de décès denotre personnage, acte que nous nous voyons engagé à transcrire ici :

(c Anno D"^ 1806, die 28 januarii obiit S** « Ecdesiœ moribundorum Sâcramentis prs- « vie munitus in Dahlem Adm. Rdus. Dnus.

« Petrus Knepper, filius legitimus defunc- (c torum Nicolai Knepper, agricole, et Ca- « tharinae Kleiner, conjugnm in Dahlem in « Schrœders,suotemporepastorin Bausch- « leyden et Capituli Rastoniensis dignus défi- <i nitor, altéra die sepultus fuit in cœmeterio « de Dahlem ; natus fuit in Schrœders de « Dahlem anno D'* 1724 , 23 octobris die, « œtatis octoginta et unius annorum, trium «mensium, quinque dierum. Gomposuit lice brum contra acatholicos in octavo sub « titulo Dialogua seu gruendlicher Beweis (c der katholischen Religion, dialogua inter apatrem et filium. Typis Colonise Agripi-

{< nœ apud Joannem Georgium Schmitz, « Buchhxndier und Buchdrucker anno « 1792, continentem paginas 628.— Item «litteras germanicas ad authorem a pro- <c testante datas ab authore verè refn- «tatas. Paralysi tactus obiit. Requiescat «insancta pace. Amen.» Signé: !• N. Burton, Desservitor.

C'est toute une biographie.

Nous ajouterons enfin, toujours à l'appui de la même opinion , que , en suite de cette conversion, l'évéque de Metz aurait offert à Tabbé Knepper, après le Concordat, et dans les termes les plus flatteurs, de désigner lui-même la cure qu'il désirait obtenir ; mais que ce dernier aurait humblement renoncé à cette faveur, préférant user le reste de ses jours en repos, ne s'occupant qu'à ^es études : le curé Knepper avait en effet une bibliothèque nombreuse et bien choisie à laquelle il vouait tous les instants qu'il ne donnait pas à la prière ou aux méditations ascétiques.

M. le Prof Engling marque que le curé Knepper a fondé, encore pendant son séjour à Boulaidè, une bourse d'études en faveur de sa famille. Sans nier cette circonstance, il nous sera permis de la révoquer en doute, attendu que malgré toutes nos démarches il nous a été impossible de découvrir des traces de cette fondation qui n'est mentionnée nulle part : aucun étudiant du reste , n'a jusqu'ici fait ses études sur les revenus de ce stipende. Il se pourrait néanmoins qu'il existât une constitution de ce genre , s'il est vrai , comme certaines personnes l'avancent, qu'un nommé J.-B.

Schleich, propriétaire actuel dnSchrœders- Haus, maison paternelle du curé Knepper, détient un acte de fondation qu'il refuse obstinément de communiquer à qui que ce soit.

ConmuDÎcatioiif de M. le Prof Erclixg. — Idem de M. le curé Sghaack , de G«niicli.~EUI civU de la comniBne de Gariiicli.~rEiiGLiii6, Der KI«ppellErir|r , 40; et: Die Luieraburgcr GUnbeiifbelceiiiicr, 141 , sq.— ArehÎTet de Bonlaide.— Namuk» CaUl. Bibliotb. Lttxbqjr., 714,

KoENiGsiiACHBR , Jean de; v. JEAN, dit de Kœnigsmacher,

KwLAKtZjJem-Nepomtêeine; v. CRANTZ, Jean-Népomucine.

KRAKIZj Maihioê^ûhde PierreKrantz, mayeur et cultivatear-propriéùireàRoodt^ commane de Sept-foatainea, et de Marie Girseb, est né au dit Roodt^ te 20 noTembre 1743. Après avoir termioé ses ëtades hamanitaires au collège des Jésuites à Luxembourg il entra chez les Pères Domioicaias de la même ville oii il fit sa professioo religieuse.

La suppression des monastères par Tempereur Joseph II Tayaut chassé de sa retraite il fut nommé professeur de la classe de grammaire au collège Thérésien de Luxembourg, fonctions dans Fexercice des* quelles il se montra tellement sévère que plus d'un étudiant, dit-on , pour y échapper se sauva à Louvain pour subir ses examens.

La conquête française s*étant accomplie sur ces entrefaites, Rrantz fut obligé de se tenir caché parce qu'il refusa obstinément de prêter le serment de haine à la royauté. Ayant en conséquence erré successivement, de 1796 à 1802, en se tenant incognito et travesti chez des parents, tentât à Bas-Bellain, tentât à Schleidv«reiler, 011 il remplit même pendant quelque temps les fonctions pastorales, il fut enfin déclaré absous de la peine de la déportetion. Après la conclusion du Concordat et le retour de la tranquillité, Mathias Rrantz fut désigné

curé primaire de la paroisse de St. Michel à Luxembourg, oii il est mort fort regretté, le 24 mars 1820, à TAge de soixante-dixsept ans.

Par testament olographe du 14 décembre 1817,* confirmé par acte authentique la veille de son décès , il léguait « au curé 4i et notebles de Schleidweiler , Roodt et «Tiefenbach, faisant ci-devant partie de «sa paroisse, trois cente francs à placer 4( sur intérête de cinq pour cent au profit « des pauvres enfants de ces villages qui «n'ont pas les moyens de salarier leur «maître d'école, à condition que sous la «surveillance de leur pasteur le maître «d'école leur enseigne entre autres les «principes de la religion catholique.»

Dans le même acte il donnait aussi « aux «villages d'Ohrenhofl*en et Zemmer avec « Mueltgen, faisant partie de sa ci-devant « paroisse, à chacun de ces deux villages, « deux cents francs pour la même fin et « aux mêmes conditions que dessus. »

Ces deux donations il les accomplit même encore de son vivant, ayant envoyé le 29 août 1819 trois cents francs & Schleidweiler et quatre cente à OhrenholTen et Zemmer, à partager également entre ces deux localités.

EaauM » Die Laiemkat^er GlmbcBskekaiBer , 110, ■q —Etat ci? U de Keblea et de Lmem^arg.— Protocole J. B.'IVeBger, cb Tétadc dn notaire ILIeia à LmeiBkoBqjr. Comsanication de M*- le Proeurear d'Etat, à Laienboorg. — CooiMaaicatioNS particalièrct et de faaiUle.

Ilo

LABBEVILLE , Guillaume-lgnaee de, fils de Pierre de Labbeville , écuyer , ancien officier de cavalerie au service de France , et de Marie-Thérèse du Mont , dame de Bevuz , Henriette , l'Âumonier et Genalle , naquit à Marche vers les der^ nières années de la première moitié du dixhuitième siècle , et s'adonna k l'étude du droit à l'université de Louvain. Passé

avocat an Conseil-Souverain de Luxembourg, il devint vers l'année 1763 ou 1764, Echevin royal de la haute-cour, ville et ban de sa ville natele, emploi qu'il conserva à ce qu'il parait jusqu'à sa mort. Toute la vie de ce grand homme n'a été qu'une suite non Interrompue d'actes de désintéressement , de bienfaisance , de philanthropie et d'attechement è son souve-

rain comme au bien pablic. Chargé par ses fonctions d'assesseur à la haute-cour de Marche de Finstruction de toutes les procédures criminelles , il n'a jamais réclamé aucune indemnité pour les frais que ces instructions entraînaient. Comme membre des Etats il assistait régulièrement aux délibérations. Nommé inspecteur et commissaire pour le collège d'humanités de Marche , il remplit cette commission ayec succès et favorisa par ses soins l'enseignement des lettres et des arts; proviseur de l'hôpital de la même ville , il régla les comptes de cet établissement par l'activité qu'il mit à examiner les titres et les Chartres , et parvint à recouvrer des rentes déjà perdues par l'insouciance de ses prédécesseurs et dont la perte aurait pu entraîner celle de la fondation. Il s'acquitta en un mot de ces différentes fonctions avec tant de zèle qu'il mérita l'approbation du public et que ses supérieurs lui témoignèrent plusieurs fois leur satisfaction, tant sur son désintéressement que sur son activité et son zèle : La Chambre des comptes lui marqua spécialement son contentement par une lettre particulière au sujet d'un plan qu'il avait (*.onçu et a l'exécution duquel il présida dans la suite , pour certains changements à introduire dans l'administration des domaines du quartier de Marche ,' à l'avantage des finances publiques aussi bien que des particuliers. Consulté de toutes parts il donnait gratuitement chaque année sept à huit cents avis , ne cherchant en cela d'autre satisfaction que celle d'amener les parties à des transactions en éclaircissant leurs procès et souvent à ses dépens.

De Labbeville était savant jurisconsulte, zélé administrateur et toujours protecteur du pauvre ; aussi mérita-t-il d'obtenir de l'empereur Joseph II le titre de Chevalier, comme une distinction de la munificence du Souverain en récompense de ses rares vertus. Les Patentes impériales en date du 6 mai 1786 , rapportent comme considérants les faits que nous avons relatés.

Les armes de cette famille , qui subr

siste encore à Marche, sont: d'azur, à la croix d'or.

De Labbeville fera dans tous les temps honneur à sa ville natale , comme il pourra être proposé pour modèle à ceux qui sont placés dans des circonstances analogues.

Il avait deux frères prêtres, qui comme lui ont mérité une place parmi les luxembourgeois distingués : L'un des deux s'appliquait à enseigner gratuitement la théologie à des sujets hors d'état de fournir aux frais de ces études , et en rendit plusieurs capables de recevoir les ordres. L'autre , mû par le seul motif de bienfaisance, s'attacha dans sa jeunesse à desservir la cure de la ville de Marche dont le pasteur titulaire accablé d'infirmités ne pouvait plus en remplir les devoirs ni payer un vicaire , s'étant par ses charités dépouillé de tout en faveur des pauvres.

Paquet, 81.~AreliiTea du Conteil Soavenm j Req. •axCommîMioDS^N® lliS.p. IS9.— Notei comnoiiiqaëet.--Bio£praphie générale des Belges , tfiO.

LAER, Marguerite de , épouse en premières noces de Nicolas Niedbruck (v.

son art.), mort en 1655. Cette dame s'est rendue recommandable par ses donations en faveur de Tinstruction publique.

En effet, nous trouvons dans les actes concernant le séminaire ou pensionnat dépendant du collège de Luxembourg , sans y être attaché , qu'elle légua aux Jésuites de cette ville dix-huit cents écus du pays, faisant 8280 francs , à employer à la fondation et à l'entretien d'un collège pareil à Thionville ; et pour le cas oii cette fondation ne pourrait pas avoir lieu les revenus de cette somme devaient servir à l'entretien du séminaire de Luxembourg.

Namob , Dissertation sor les Bourses d*ét«des , XII et XXIIl.— loTentaire des papiers du SémiDaire , ea

LA FONTAINE, Quirin de, nék St.

Vith le 22 octobre 1713, fils de Jean- Paul de La Fontaine, avocat au Conseil provincial de Luxembourg et de Marie des Villettes, entra jeune dans l'ordre des Jésuites et fut attaché au collège de Luxem-

bourg où il remplit âvec la plus grande distinction et pendant une longue série d'années Temploi de prédicateur à l'église paroissiale de St. Nicolas en même temps que les fonctions de missionnaire. 11 fut un zélé propaglnteur des vues du Pape Grégoire XV , fondateur de la Congrégation de la Propagande à Rome^ et répandit dans le cours de ses missions la confrérie créée par le même pontife sous le titre de Jésus et Marie, placée sous le patronage de St. Joseph et de St. François^ Xavier et ayant pour objet la propagation de la Doctrine chrétienne pour bien vivre et bien mourir. On conserve encore dans les archives des églises paroissiales de Mersch, Cruchten et Buscbdorf des Patentes signées de lui, constitutives de cette confrérie dans leur ressort.

La collection des sermons de cet orateur chrétien distingué avait été soigneusement recueillie et a été vue en possession de son neveu Jean-Bapt. de La Fontaine, curé à Tommen et définiteur du décanat de Stavelot, mort vers 1799, frère du conseiller de son nom au Conseil sonverain.

Quirin de La Fontaine est décédé à • Luxembourg, le 1"^ décembre 1772, des suites de meurtrissures qu'il avait reçues par la rencontre dans la traversée de la porte-neuve > de deux voitures chargées, au moment oii il se rendait à la chapelle de N.-D. pour y célébrer la messe. Sa mort répandit nn deuil général dans la ville cil il avait longtemps vécu affectionné et vénéré de la population.

Le P. Quirin de La Fontaine parait être entré au Collège de Luxembourg en même temps qu'un plus jeune de ses frères qui y occupa la chaire de Philosophie et que Ton nommait der deutsche Pater Lafontaine parce qu'ayant fait ses études en Allemagne il avait conservé l'habitude de ne s'exprimer qu'en haut allemand. Ce dernier est décédé en 1760 , fort regretté de ses élèves.

Notei et NDieignemeiite eommuiiiqiiét. — ArckiTet dei paiwiMet dtéct.

LAITTRES, maison originaire de Lorraine. Depuis Fan 1250 on la voit figurer

parmi les anciennes familles de Paraiges de Metz, et en 1319, 1360 et 1394 à la tête de cette république. Forcée d'émigrer par suite de dissensions politiques et religieuses dans lesquelles plusieurs de ses membres se trouvaient fortement compromis elle se réfugia vers le pays de Luxembourg aujourd'hui français* et les prévôtés de Montmédy et de Saint-Mard oii elle se fixa.

Un assez grand nombre de membres de cette honorable famille se sont distingués dans les fastes luxembourgeoises ; nous allons les passer en revue.

ArchÎTet de FamiUe. » Ardàives du siège dtê nobles. — Usgbsgbuck. — Notes dVtndes.

LAITTRES, Claude de, chevalier, seigneur de SaintrMard, Rossignol, la Malmaison, Ailondrel, Petit -Sivry, Grand- Failly, Bramont, Villelosne, Mercy-le-bas, capitaine au service de S. M. C, Gouverneur et Prévôt de Virton et St. Mard, du siège des nobles en 1623, éuit fils d'Evrard de Laittres et d'Anne de Custines.

Il est né au château de St. Mard et épousa le 11 février 1602 Louise de Waha, fiUe de Gilles de Waha, seigneur de Mabouge, capitaine-gouverneur des prévôtés de Rochefort et de Neafchâteau , et de Marguerite de Val, dame héritière de Rossignol.

Par cession du 15 avril 1608 Gilles de Waha et Marguerite de Val donnèrent à leur gendre Claude de Laittres, seigneur de Saint-Mard les seigneurie , château et forteresse de Rossignol: Cette donation fut réalisée au siège des nobles du Duché de Luxembourg, le 31 avril 1608.

Dans ce temps de calamités, le Luxembourg était inondé d'ennemis. En 1S58 le duo de Nevers d'un côté y pénétra par la Meuse : On prit Yvois, Damv^iUers, Montmédy, les châteaux de Herbeumont, de Jamoigne, de Chiny, de Rossignol, de Villémont et quelques autres places voisines. Le duc de Guise de l'autre, i la tète de vingt-neuf mille hommes vint assiéger Thionville dont il se rendit maître le 22 juin de la même année. Le général Strozzy y perdit la vie et ensuite le duc envoya

trois mille hommes vers la capitale à dessein de la sommer de se rendre ; mais les comtes de Mansfeld et de Bornes firent si bonne contenance qu'ils les obligèrent à se retirer a?ec confusion. Pendant cette retraite le dac de Guise acheva de détruire les murailles et les tours de la forteresse de Rossignol. *

En 1 603 les archiducs Albert et Isabelle- Glaire-Eugénie investirent Claude de Laittres de Tétat et office de capitaine et pré- Tôt de Saint-Mard et de Yirton^ en remplacement de Henri de Cbâlon de la maison de Nassau. Le 11 mars 1622, aux pompes funèbres de Farchiduc Albert qui était mort le 13 juillet de Tannée précédente, Glande de Laittres représenta le duché de Luxembourg, conduisant dans le cortège, ayec Nicolas-Louis de Guirsch, seigneur de Ghenefnre, le cheval de bataille du comté de Bourgogne, tandis que François de Pontarlier, baron de Vaugrenans portait Tétendard.

Claude de Laittres fut admis au siège des nobles après avoir fait preuve des huit quartiers exigés pour obtenir cet honneur.

Ces quartiers il les établit comme suit:

Laittres, Lutz, Failly, Allamont, Cusjines, Pouilly, Gorcey et Hautoy. Il siégea dans cette assemblée en 1616, 1623^ 1627, 1628, 1630 et 1631.

La France ayant de nouveau déclaré la guerre à TEspagne, en 1635, les armées de Louis XIII firent invasion dans le Luxembourg et les Pays-Bas, ravageant complètement les seigneuries de.Grand-Failly, Allondrel, SaintrMard et Rossignol qui appartenaient à Claude de Laittres. Pendant cette campagne ce dernier reçut du cardinal-infant don Fernand, gouverneur et capitaine-général des Pays-Bas commission de lever une compagnie de cavalerie et une autre de deux cents terces de gens de pied, choisis parmi ses sujets wallons des Pays-Bas les plus expérimentés à la guerre qu'il pourra trouver, pour avec eux, dit le brevet, suivre en campagne, tenir garnison ou ailleurs, là ainsi que par nous ou de notre part lui sera commandé. Ce

brevet est daté de Bruxelles, le 3 août Claude de Laittres est mort en 1637.

GotTMALf, Génôiloc^îe de la maboii de Laittrci ; pas- •ÎM-ArcliiTet de Famille -^BèaTM^ur, VlU, 97. — Ds Thoo , UUtolre de ••• tenpt.— >]|ioc^nif liie générale det Bel(;et, l!lt.

LAITTRES, Gilles de, chevalier, seigneur de Rossignol, capitaine d'infanterie au service de Philippe IV, roi d'Espagne, était fils de Claude de Laittres, dont Tartide précède, et de son épouse Louise de Waha. Il entra en 1635 à Tannée d'Espagne dans laquelle il fil les désastreuses campagnes de cette année contre la France.

Fait prisoimier à la bataille d'Avein, le 20 mai, il obtint sa liberté moyennant rançon et prit part aux brillants succès des généraux espagnols pendant les années suivantes.

Il se distingua à la bataille de Kempen, le 14 janvier 1642. Tombé de nouveau avec d'autres officiers belges et espagnols au pouvoir de Tennemi , entr'autres les généraux Lambois et de Mercy (v. son art.)^ Gilles de Laittres paya une seconde fois une forte rançon pour racheter sa liberté.

Le 3 janvier 1643 il reçut le brevet de capitaine du régiment haut-allemand du colonel Franzipany. A la bataille de R<^ croy il fit preuve de la plus grande valeur ; criblé de blessures il fut laissé pour mort sur le champ de bataille et fait prisonnier une troisième fois. Son parent et son ami^ Jean d' Allamont (v. son art.), gouverneur dé Montmédy, vint à Tarmée du duc d'Enghien demander sa mise en liberté qu'il obtint moyennant une rançon de 107O florins.

Une attestation, adressée le 30 août de la mAme année au gouverneur-général des Pays-Bas porte textuellement: «Je sous- (f signé, colonel d'infanterie haut-allemand y a pour le service de S. M. G. , certifie et a atteste par cette que m^étant informé et c( ayant fait faire exactement la recherche i< des officiers et soldats qui se trouvaient « prisonniers entre les mains des ennemis (' après la bataille de Rocroy , je n'ai su

«jusqu'à présent apprendre aucune autre « nouTelle de Gilles de Laittres , capitaine <c de mon dit régiment , sinon qu'il serait €( mort par la quantité des graves blessures «que plusieurs témoignaient qu'il avait rec( eues en ladite occasion, et dont il demeure « en effet estropié pour le reste de sa vie.

«Ce qui est le sujet pourquoi il n*a pas été (( compris au nombre des officiers de mon « dit riment, dont la rançon a été ci-devant « sollicitée ; cause pourquoi , tant en consi- « dération des incommodité que reçut le « dit capitaine pour le reste de ses jours, «étant estropié de la sorte, comme pour « les dommages et intérêts assez notables « qu'a soufferts le dit capitaine , et en cette « occasion et en celle du prince Thomas et « de Lambois , ez-quelles 11 a toiqours été « fait prisonnier , blessé par deux fois et « rançonné de soi-même sans en avoir été «indemnisé autrement. Je supplie très- «humblement Son Eicellence être servie « d'ordonner que le sieur capitaine puisse « récupérer sa rançon et les frais qu'il a « exposés tant pour sa guérison que pour «sa délivrance, ainsi qu'il appert par l'at- « testation du sieur de Malandri, gouverneur «de Montmédy ici jointe, mêmementparle « passeport du sieur Fabert, gouverneur de « Sedan , et en témoignage de quoi , je le « certifie. En foi et témoignage de quoi, j'ai « ci-dessous apposé mon scel et signature « accoutumée. Fait a Ârlon le 30 août 1643.

«Gttilo Ante. Franxipany. »

Le 19 décembre de la m^e année Gilles de Laittres reçut du roi le commandement de deux régiments de 2,&00 Espagnols qu'il conduisit dans le Luxembourg.

Ayant de même obtenu du Gouverneurgénéral de Mello la satisfaction qu'il sollicitait il songea à mettre son château et forteresse de Rossignol dans un bon état de défense: cette précaution ne fut pas inutile, car peu de temps après un corps de Français fit irruption sur le territoire luxembourgeois et vint attaquer ce fort.

Gilles de Laittres opposa une résistance vigoureuse aux assaillants et les obligea à battre en retraite. Lorsque Jean de Bebr

de Lahr, gouverneur de Montmédy apprit cette attaque il se plaignit par une lettre datée du 16 novembre 1645 à Gilles de Laittres de n'avoir pas été prévenu de l'invasion. Voici cette lettre: «Je me suis « étonné d'ouïr que les Français vous ayant « attaqué vous n'ayes pris la peine , ni per- « sonne du monde de m'en aviser. Cepen- « dant vous ne devez douter de l'obligation « d'indinafion que j'ai ii la conservation et « défense de cette frontière, et comme m'ad- « vise que les ennemis, bien fâchés d'avoir « si mal réussis en leur entreprise , se race massent derechef avec de nouvelles forces « pour attaquer l'Orsignol, j'ai trouvé bon « d'y envoyer le lieutenant-colonel Schrœts « avec bons hommes pour résistera l'attaque «si elle arrive bientôt, et avant de partir « mettre l'ordre qu'il trouvera convenir pour « la défendre à l'avenir. » Dans une seconde lettre, du 28 du même mois le même officier ajoutait: Que par ordre de Son Excellence la place de Rossignol devait être défendue par les siyets de la seigneurie , et les palissades achevées le plus tdt possible sous la direction du lieutenant du Faicy et de Gilles de Laittres.

Par un décret du 9 mars 1646, Louis de Bourbon, prince de Gondé, généralissime de l'armée espagnole défendit à ses troupes de prendre logement au château du seigneur de Laittres à Rossignol , ce domaine étant mis en la protection et sainte garde du roi.

Gilles de Laittres figure parmi les mem-* bres du siège des nobles depuis 1646 jusqu'en 1680.

Le 23 janvier 1659 l'assemblée des nobles le députa vers la cour de Bruxelles pour solliciter le maintien de ses privilèges et exemptions. Assistèrent à cette réunion :

Gilles de Laittres; le comte d'Allamont de Brandeville ; le baron de Mérode ; le baron de Bœtselœr; le baron du Faing de lamoigne; les seigneurs de Custine d'Aufflance, de Laittres de Saint-Mard, Suys de Montquintin, de Villy, de Landres, de la Marck de Boulogne , de Wopersnow sire de Laval, de Warck, d'Orsinfaing,

de Bellefontaine, d'ÂnIy, de Poaru-aa- Bois 9 d'Everlange^ du Chesnes.

En 1671 le comte de Monterey ayant ordonné qu^on établit une taxe sur les fiefs nobles, les Etats du pays , surtout la noblesse , éleTèrent de nouveau une opposition formidable qui força le baron de Metternicb, qui avait communiqué ce rescrit à rassemblée, de céder. La noblesse finit cependant par adopter un moyen pour venir en aide à la détresse de la cour:

elle vota la somme demandée, à titre gratuit, pour cette fois et sans préjudice de ses privilèges. Le gouvernement accepta cette transaction pour laquelle Gilles de Laittres avait été chargé par le prince de Cbimay de se rendre auprès des nobles du duché, dans leurs châteaux, afin de stimuler leur dévouement à la cause royale et détruire la fâcheuse impression que les ordres du comte de Monterey avaient pro* duite.

Pendant la guerre de 1673 et la nouvelle invasion de la France dans le Luxembourg Gilles de Laittres ne tarda pas à expier cruellement son dévouement à la cause du roi d'Espagne: son château de Rossignol fut pillé et lui-même frappé d'une contribution tellement exorbitante que pour y échapper il fut forcé de se retirer à Luxembourg. Après la paix, le 11 août 1678, les Etats du Luxembourg lyant reçu de la part de Louis XIV Tassurance qu'aucun des seigneurs du comté de Chiny ne serait inquiété du chef des contributions de guerre, Gilles de Laittres revint au château de Rossignol, (1679), et fit, le 21 février 1682, relief et prestation de foi et hommage au conquérant, tant pour ce fief que pour d'autres.

Gilles de Laittres est mort au château de Rossignol, le 10 février 1689.

ArchiTet de la famUle de Laittret.

LAITTRES, Jacques de, chevalier, seigneur de Bazeilles devant Laval et de Messaincourt , conseiller au conseil de Luxembourg et receveur-général de %e pays , était le troisième fils d'ArnouI de

Laittres, seigneur dé St. Mard, et de Françoise de Lutz. Jacques de Laittres avait éponisé Louise d'AUamont et mourut en 1561. Dans le partage des propriétés de famille, fait le 8 avril 1524, en présence d'Alexandre de la Fontayne , de Henri de Lutz et de Thomas de Failly, ses cousins, il obtint pour son lot les fiefs et biens situés à Virton , Robelmont , Thonne-loag , La Ferté et Grand-Verneuil.

ArclÛTes de la famiUe de Laittret.

LAITTRES, Mathieu de^ chevalier, seigneur de Saint-Mard , Belven , AUondrel et la Malmaison, était fils de Philippe-Edmond (v. son art.) et de Marie- Elisabeth de Nassau.

Il suivit ses cousins de Nassau au service de Tempereur Léopold I*', fit les campagnes d'Italie sous le prince Eugène, assista aux batailles de Carpi, Chiari et Mirandole. Il fut tué à raffaire de Crémone, le 1*' février 1702, étant capitaine de cuirassiers.

GoBTBALS, Généalogie de la maUon de Laillre». — ArchÎTefl Tan der Straten-Ponthoz.

LAITTRES, Nicolae de^ chevalier, Seigneur de Bazeilles, d'Ecouvier, de Saint-Pancré , colonel d'un régiment de dix enseignes au service de Philippe II .

roi d'Espagne, gouverneur et prévôt de Saint-Mard et de Virton , lieutenant des compagnies d'armes du comte de Mansfelt , était fils de Jacques de Laittres (v. son art.) et de Louise d'AUamont.

L'abbé Bertels parle de lui dans les termes suivants : Nicolaus de Laittres, vir nobilis , virtunensis gubernator ^ om* nimodo auctoritate praeest. Il avait succédé au Sire de Vaudrey et il fut remplacé en 1602 par Henri de Chàlons.

Nicolas de Laittres assista aux assemblées des nobles des duché de Luxembourg et comté de Chiny du mois de janvier 1676. Il fut encore présent à la réunion de rancienne chevalerie du Pays le 11 septembre 1 693 pour la réception de l'Archiduc. Nicolas de Laittres avait épousé

le 3 septembre 1573 Nicole de Naves^ fille de Jean de Naves, vice -chancelier de TEmpire (v. son art.) et d'Hélène de Waha. Il est mort sans postérité, le 7 avril 1599, et fut inhumé dans Téglise de St.

Gobergue à Virton, sous nne tombe oii il était représenté et portant Fépitapbe suiyante :

<i Cy-gist honnête seigneur Nicolas de «Laittres, seigneur d'Esconviers, Ba- « zeilles^ Saint-Paneré, de la grande mai- « son de Virton, et colonel d*un régiment « de dix enseignes pour le service de S. M.

<k C, lieutenant d'une compagnie d'armes « de Son Excellence dé MansfeU pour le « service de Sa Majesté, gouverneur et pré- <i vêt dudit Virton et Saint-Mardy qui dé- «céda le 7 avril 1599. »

Sa femme répose à côté de lui.

BuLTELS, édit I60tf, p. 193. — Goitbau, G«néaL de U mais, de Laittres. — Généal. mtcrte. de la même

LÂITTRËS, Philippe-Edmond de, che- Talier, seigneur de Saint-Mard, Allondrel, la Halmaison et Belven au duché de Limbourg, capitaine au serrice de Philippe IV, . roi d'Espagne, capitaine-préifôt de Virton et Saint -Mard, membre de Tétat noble du Luxembourg , était fils de Claude de Laittres (y. son article) et de Louise de W^aha. Philippe-Edmond de Laittres fut d'abord page de l'Infante Isabelle à la cour de Bruxelles, puis capitaine- prévôt de Virton et Saint-Mard par brevet de Philippe IV du 4 août 1637. Au mois d'a- Yril 1639 il reçut du cardinal-infant Tarchiduc don Fernand, gouverneur-général des Pays-Bas des patentes de capitaine dans un régiment allemand sons les ordres du colonel Pierre de Cobreuil. Il fit en cette qualité les campagnes de 1639 à

En 1652 il adressa à Parchidnc Léopold, gouverneur-général des Paysr-Bas une requête tendant à être autorisé à lever une compagnie d'infanterie walonne : « A son Altesse Sérénissime, supplie et re-

montre en toute humilité Philippe Edmond de Laittres, prévôt de Virton et Saint- Mard et capitaine entretenu, disant qu'en Tan 1635 il plut au feu sérénissime prince cardinal -infant accorder à défunt Claude de Laittres, père du remontrant, prévôt dudit Virton, les patentes ci-jointes pour faire deux compagnies, une de cavalerie et Tautre d'infanterie, ce qu'il fit en effet; mais ayant décédé avant qu'elles fussent reçues à montre, les soldats se dispersèrent sous d'autres officiers ; et comme présentement les raisons et considérations pour lesquelles lesdites patentes lui furent données sont encore très-nécessaires, savoir que la conservation des frontières et quartier dudit Virton, où les ennemis voisins prennent leurs entrées et passage pour aller plus avant dans le pays de Luxembourg, notamment lorsque les troupes qui doivent y hiverner sont en campagne, ce qui oblige les pauvres sujets à quitter le pays après la perte de leur bétail. Ledit quartier se trouvera bientôt désert et abandonné s'il n'y est pourvu par une garnison ordinaire résidant audit Virton, laquelle est encore plus nécessaire pour couvrir, assister et favoriser les communications et passage des convois d'Arlon à Montmédy et vers Mouzon que peuvent se faire qu'avec de grands périls et dangers comme peut le certifier M. de Pardo, présentement gouverneur dudit pays. A ces causes le remontrant suppUe Votre Altesse Sérénissime d'être service d'avoir considération aux services des ancêtres du remontrant et aux siens, ayant depuis la mort de la sérénissime in&nte Isabelle, que Dieu ait en gloire, à laquelle il a servi de page, toujours été dans les armes et service de Sa Majesté, été deux fois capitaine en pied et autant de fois prisonnier en batailles, d'où il s'est lui-même retiré ; qu'il plaise à Votre Altesse de lui donner patente de faire une compagnie d'infanterie decentsoldats, gens du pays, plus ou moins, comme il plaira à Votre Altesse, et ce du pied wallon, et puis de terce, pour tenir garnison audit Virton et autres postes qui seront né-

cessaires y et lui faire délivrer huit patagond par soldat pour les lever comme il a été donné au seigneur comte de Schwartzenberg^ et Votre Altesse fera service de Sa Majesté, le bien et la conservation dudit pays.»

L'archiduc fit faire à Philippe-Edmond de Laittres la réponse suivante : a Monsieur, voici la requête qui a été présentée à Son Altesse , et joint les deui patentes de feu monsieur votre père , sur laquelle M. Taudiencier ayant communiqué à Sa dite Altesse y il m'a dit qu'il ne jugeait à propos de faire lever la compagnie que vous demandez et qu'il n'en était point nécessaire. Je crois bien , si vous aviez demandé de faire la levée à vos dé* pens j qu'on vous l'aurait accordé , mais à demander argent présentement , on n'y veut rien entendre. Francisco Ortez. Bru* xelles, le 9 mars 1652. »

Nonobstant ce refus le prince de Chimay el d'Aremberg , chevalier de la toison d'or , gouverneur et capitaine du duché et pays de Luxembourg ordonna le 1*' septembre 1654 k Philippe-Edmond de Laittres de prendre en revue tous les habitants de sa prévôté de Virton et Saint-Mard et sujets dont chacun d'iceux qui ne se trouveraient pas armés, aient à se pourvoir d'armes au plus tôt , afin qu'au besoin ils puissent s'acquitter de la faction et du devoir que le service de Sa Majesté et la conservation de la province requerront.

Philippe-Edmond de Laittres assista aux assemblées de l'éUt noble en 1643, 1645, 1648, 1662, 1653, 1660, 1661, 1663, 1665, 1666, 1672, 1674, 1676, 1677.

Le 17 janvier 1645 il avait épousé trèsnoble et très-illustre dame Marie-Elisabeth de Nassau , dame héritière des seigneurie et château de Belven , au duché de Limbourg, fille de Jean-Geoi^s de Nassau, seigneur de La Rochette et de Neuerbourg, et de son épouse Christine de Hanxeler. Philippe-Edmond de Laittres est mort au château de Saint-Mard, le 6 juillet 1677.

ArcliiTef de la famille de Laittres. — Bioc;rapliie gëaénile des Belges, iSi.

LâMBEBTS , Frédéric, est né à Wallhom, non loin d*Eupen. Il suivit les cours de Tuniversité de Louvain où il eut Thonneur d'être proclamé primus, et obtint pour ce motif la riche core de Weiswampach qui était à la collation de cette université, ainsi que les fonctions de frocu^ reur ad litei, et depuis 1767 celles de procureur apostolique de même que d'offi' cial forain: En cette dernière qualité il condamna le curé de Gros-Kampen à huit jours d'arrêts à domicile. Lamberts exerça une immence influence sur les affaires qui concernaient les églises dans les environs et s'acquit une telle considération au vicariat-général de révéché de Liège qu'il était toujours consulté pour les nominations à des postes un peu considérables ou l'orsqu'il s'agissait de déférer des pouvoirs de jurisdiction ecclésiastique: il était même devenu très-difficile d'obtenir sans son consentement une cure dans le voisinage. Son séjour était le rendez-vous de nombreux étudiants qu'il guidait de ses avis et de ses conseils: toutes ces circonstances réunies l'engagèrent à montrer une grande activité.

Comme savant en général, ayant surtout la réputation d'être bon canoniste et habile jurisconsulte , il voulut diriger lui-même plusieurs procès , tantôt pour la fabrique de son église, tantôt pour tel ou tel prêtre individuellement; ce qui lui avait fait donner le sobriquet de marchand de procès.

Il était inexorable sur le chapitre de la discipline et de l'ordre, à tel point qu'un jour il arracha /aube bas du corps à un prêtre qu'il avait vu dire la messe trop vite, et l'empêcha d'aller à l'autel.

En 1798 il se mit à la tête de l'écbaffourée de quelques paysans contre l'invasion française , le Klœppelskrieg : on sait que cette levée de boucliers a eu sa première origine àWeiswampach. Il la dirigea dit-on, par des délégués qu'il sut distribuer dans dilTérentes directions, et compta bientôt dans le pays et les localités enviroDnantes de nombreux affidés à sentiments anti-républicains, avec lesquels il noua ua échange actif de correspondances. Biea

que dès le priacipe son dooh fût inscrit sor la liste des proscrits et que la voix publique annonçât sa fuite en Allemagne, sa fermeté comme pasteur d'àmes ne lui permit pas d'abandonner son troupeau qu'il ne quitta pas un instant ^ quoiqu'il fût obligé pour se soustraire au recherdies et aux traques organisées contre lui^ de se tenir caché ^ tantôt dans une garderobes y tantôt dans un tas de foin ; et il sut à toute occasion trouver les moyens de donner à ses paroissiens lorsqu'ils en avaient besoin, les consolations spirituelles ainsi que les sacrements de TEglise. Il ne sortait que pendant la nuit pour administrer le baptême, célébrer les mariages et porter les saintes huiles aux moribonds : son bréviaire avec un brave campagnard furent toujours ses conducteurs et la foi son guide. Un jour pendant une nuit obscure il passjiit près de Beiler, après avoir traversé à pied le ruisseau nommé Alf, lorsqu'il entendit près de la Schiebacb un grand bruit de voix et d'armes: c'étaient les français qui escortaient quelques paysans garrottés, Lamberts, bien qu'avec des habits mouillés, fut obligé de se blottir et de se tenir caché jusqu'à ce que le convoi fut passé ; puis il continua sa course encore pendant une demie lieue pour regagner sa retraite.

Vainement plusieurs habitants de Weis- Mrampach voulurent-ils rendre leur curé attentif aux suites de ses eotreprises antirévolutionnaires, vainement les républicains l'avaient-ils déclaré hors de la loi, Lamberts conserva presque jusqu'à sa mort sa haine contre les novations politiques et religieuses, comme il sut continuer ses infatigables efforts pour affranchir le pays et sa propre personne du joug détesté de la domination française. Il sut pendant la persécution tromper de toutes les manières la vigilance de ses persécuteurs, séjournant alternativement et pendant des semaines entières, tantôt à Weiswampach, tantôt à Wilwerdange, tantôt à Gœdange ou àMalscheid, tous villages de sa paroisse, faisant écrire des bords du Rhin des lettres

qui dénonçaient son départ de Weiswampach. Finalement, malgré qu'après la conclusion du Concordat il eut solennellement déclaré du haut de la chaire , en présence de deux gendarmes , de l'autorité municipale et de ses paroissiens, n'avoir jamais écrit une seule lettre en faveur de la Klœppelsarmée et' n'avoir même jamais pris une part active à la révolte des paysans , il ne continua pas moins à conserver la réputation d'avoir été le chef suprême comme rame de tout ce qui arriva ou de tout ce qui devait arriver dans ce but commun.

Comme la plupart de ceux qui partageaient sa manière de voir, Lamberts était enthousiasmé pour la religion ainsi que pour le pays , et prêt à tout moment à sacrifier tout, même sa vie, en faveur de ce qu'il nommait la sainte cause. Il ne connaissait en effet rien de plus sacré ni de plus pressant que de mettre fin à la domination étrangère , de placer des bornes à la dépravation morale que cette domination avait amenée parmi nous, de restituer l'antique foi et les lois anciennes dans leurs droits primitifs et de ramener le bonheur public avec l'ancienne loyauté. Comme premier moyen pour arriver à ce résultat qu'il appelait de tous ses vœux , il considérait la reprise de la ville de Luxembourg et l'expulsion des Français. Son but pouvait être noble et sérieux, sa volonté hardie et pleine de résolution, puisqu'il avait entrepris de faire sauver par ses cohortes campagnardes la ville qui s'était soumise au joug étranger; mais il s'était immensément trompé dans le choix des moyens qu'il mit en usage. Il lui arriva en effet ce qui advient même à un peuple fort qui devient incapable de mener à bonne fin toute grande entreprise lorsqu'il manque de chefs énergiques et expérimentés: il finit par se compromettre, et son entreprise avec lui ; il fut même taxé de folie pour avoir voulu tenter l'impossible avec ses faibles moyens d'action; car ses phalanges sans ordre comme sans discipline portaient en elles-mêmes le germe de leur désorganisation, et se seraient bientôt dis-

soutes d'elles-mêmes si Tennemi n^sTsit pas pris ce soin comme on sait. Le compromis qne Lamberts avait concla à Drinckler avec différents chefs de la Klœppelsarmëe fut dès lors un acte bien inatile , comme ceux que d'autres chefs de cette entreprise signèrent à leur tour à cette occasion et sur des bases analogues: ces chefo^ beaucoup trop peu expérimentés, finirent par succomber sous le poids des suites de leur échaffourée et beaucoup d'entre eux y perdirent même la vie.

Le résultat malheureux de cette révolte dont le curé Lamberts fut toujours considéré comme le premier moteur et le principal agent finit même par lui aliéner rattachement et Festime de plusieurs de ses propres paroissiens, au point qu'ils ne voulurent plus l'avoir pour leur pasteur et l'engagèrent en conséquence à se faire transférer à Lieler en qualité de vicaire.

Pour se débarrasser de lui, ils l'accusèrent même après le retour de Tordre dans les affaires ecclésiastiques, 1^ de ne pas savoir chanter, 2^ de prêcher toujours le même sermon, a S'il ne sait pas chanter, »

leur répondit le provicaire de Neunheuser (v. son an.), «il peut se contenter, de « dire des messes basses ; et s'il prêche «tous les dimanches la même chose, « redites-moi son sermon. » Mais les accusateurs ayant déclaré qu'ils ne le pouvaient pas , le provicaire ajouta : c< s'il en « est ainsi , c'est-k-dire si vous ne savez « pas encore par cœur ce que votre curé « ne cesse de vous répéter, c'est une preuve «qu'il ne l'a pas encore assez souvent « redit. » Après cette réponse il décida que Lamberts eût à rester curé de Weisv^ampach.

En exécution de cette décision , la paroisse voulut célébrer une fête dont on n'aurait encore jamais vu la pareille dans l'endroit. Tous les paroissiens accompagnés de musique, la jeunesse sous les armes et le maire, nommé Dupont, décoré de son écharpe officielle, allèrent au-devant du vieillard. Lorsqu'il eut mis le pied sur le territoire de l'endroit, Dupont lui adressa

ces mots flatteurs en lui présentant les clefs du temple : « Monsieur le curé, c^élait: moi «qui vous avait fermé cette ^^e sous le «régime de la proscription du culte; il « m'est bien doux aujourd'hui d'être ëga- « lement appelé à vous en restituer les clefs « et de la rouvrir alors que la persécution «est arrivée à sa fin. »

Lamberts ne put jouir de son triomphe que pendant trois ans ; il est mort en 1806.

M. Vàbhé Ehalibo, d*aprèt des reudipieMeBti donniB par MM. Dobst et Kalmbsgv. — B«esavb, Beitraç lor Oetclilelite der Ardenacn, II» paasiai. — Ekgloic, Der Klœppelskrif^» pasûin.

Lamormbnil, Guillaume Germé de, v.

GERMÉ, Guillaume.

Lamormenil, Henri Germé de; v. GER- MÉ, Henri.

LAMORT, Jacques, fils de Claude Lamort imprimeur à Metz et de Jeanne Mariée, est né dans cette dernière ville, le 20 novembre 1785.

Son père qui avait été élève de Didot l'ainé et pour lequel malgré ses mérites, M. Bégin n'a pas trouvé de place dans la Biographie de la Moselle, forma en 1802 à Luxembourg un établissement typographique pour les impressions officielles de la préfecture du Département des forêts. 11 y préposa son fils Jacques qui était à peine âgé de dix-sept ans et qui venait seulement de terminer ses études. Jacques Lamort a géré cet établissement au nom de son père, jusqu'à ce qu'il le reprit pour son compte particulier, le l*' janvier 1817.

Depuis cette époque il Ta constamment perfectionné d'après les progrès de l'art et dans la proportion des besoins qu'il avait à satisfaire, à tel point que coujours ses ateliers ont pu être cités comme les premiers du Pays, le maître mettant en efl'et un noble orgueil à ce que les productions qu'il livrait au public joignissent la netteté de l'exécution à la correction des te](tes. Cet état des choses dura jusqu'au mois d'août 1853, ou, surchargé de soins et d'intérêts infiniment plus importants ; ayant d'ailleurs placé

tous ses enfants dans d'autres branches îaduslrieUes , il céda son imprimerie à un successeur qu'il Toului néanmoins aider de ses conseils et former par ses exemples: il conserva en effet les ateliers dans sa propre maison et ne cessa pas de les entourer de la même soUicitnde paternelle que lorsquMIs lui appartenaient.

Jaoques Lamort avait épousé le 13 mars 1813, Marîe-Françoise-Henriette Brie»saux qui mourut à Luxembourg, le 24 décembre 1829 : cette alliance tout en comblant les vcBux de son cœur l'avait associé à une famille favorisée de la fortune , circonstance des plus propices pour donner à ses vastes conceptions et à son besoin incessant de travail une pleine matière à des opérations aussi utiles que lucratives.

En effet après quelques années de gestion de Fimprimerie en son propre nom , celle-ci ne put [dus suffire à son activité de corps et d'esprit. Il jeta en conséquence ses vues sur une autre branche d'industrie en corrélation intime avec son premier état , et établit dans la vallée dite de la Mûhlbach près d'Eich une papeterie à la main qu'il a exploitée pendant vingtsept ans , tout en activant en même temps et comme d'utiles succursales les établissements analogues de Lamouline près de Neufchàteau, de Stockem près d'Arlon et de St. Léger près de Virton.

En 1828 il créa an faubourg de Clansen une fabrique de papiers de tenture.

Ces différentes usines, trop éloignées les unes des autres, ne lui ont bientôt pas laissé les moyens de fabriquer à temps la quantité et la qualité des produits dont il avait su se procurer un placement avantageux ; ses ressources pécuniaires s'étaient d'ailleurs accrues d^une manière considérable par ses habitudes de sage économie.

Ces circonstances favorables l'engagèrent en conséquence à étendre l'importance de ses usines et à les concentrer dans un rayon plus étroit : il fit ainsi l'acquisition des deux propriétés de Senningen, ancienne papeterie créée vers 1748 par un

nommé Lapeyrade sur un fonds ayant appartenu à la famille de Wiltheim mais qui était tombée en ruines, et celle des Rochers près de Manternach. Il y éleva les deux beaux établissements à la mécanique de papeterie et de fabrication de tentures, branches d'industrie dont il doU le Pays, et qu'il a depuis maintenus en pleine activité en y donnant habituellement de l'occupation à plus de deux cents ouvriers.

Pour la direction immédiate de ces deux importantes usines il trouva dans ses deux fils aînés des collaborateurs selon son cœur et son esprit. Mais cette coopération de ses fils , en allégeant l'étendue de ses soins de surveillance , vint de nouveau lui ménager des loisirs qu'il voulut utiliser également, tant le besoin du travail était devenu pour lui d'une exigence impérieuse : Il avait d'ailleurs un troisième ffls qu'il voulait aussi enseigner à son exemple et habituer à une vie active, laborieuse.

Il loua en conséquence en 1846 ki faïencerie Dondelinger, à Echternach, et la transforma en un troisième établissement industriel qui compte aujourd'hui cent quarante ouvriers et à l'exploitation duquel il préposa ce troisième et plus jenne fils , se réservant sur tous les trois la haute surveillance ; les visitant tour-à-tdur et inspectant à chaque tournée tout par luimême dans les moindres détails.

Pendant que Jacques Lamort dirigeait ainsi son imprimerie à Luxembourg, la plus importante du Pays, exerçait la suprême et très-directe surveillance sur les deux papeteries de Senningen et de Manternach , sur sa fabrique de papiers peints au même Senningen ainsi que sur sa faïencerie k Echternach; pendant qu'il faisait de fréquentes et de laborieuses visites à ces divers établissements ; pendant qu'il présidait à la direction et à la correspondance du commerce étendu pour le placement des produits multiples et divers de ses manufactures , il a su se conserver encore le temps d'être , pendant vingt-

quatre ans un des membres les plus intelligents, les plus exacts, les plus actifs et les plus dévoues de Tadministration urbaine et de la chambre de commerce dont à son décès il était le président. Il fut de même échevin de Luxembourg depuis 1833 jusqu'en 1837 oh il a été honorablement démissionné de ces fonctions sur sa demande. Il fit aussi partie de l'assemblée des Etats du Pays qui élabora la Constitution de 1848.

En société il était toujours aimable et gai ; il aimait d^assister de ses conseils ceux qui, même sans les réclamer toujours, pouvaient en profiter ; il aimait de même à prodiguer d'efficaces consolatioos à ceux dont il croyait pouvoir adoucir les peines en les partageant; mais surtout il était toujours prêt pour venir en aide à des besoins qu'il savait deviner et pour soulager avec une générosité qui n'était surpassée que par sa discrétion , laquelle semblait vouloir dissimuler ses larges et nombreux bienfaits a ceux-là même qui les recevaient. Ajoutons enfin, que quant à la probité de même qu'à la délicatesse la plus exquise dans ses relations , personne ne l'a jamais trouvé en défaut.

Tant d'activité , tant de mérite civique ne purent manquer d'être reconnus par des distinctions honorables ; c'est ainsi que notre si regretté Roi Grand-Duc, Guillaume II lui conféra son Ordre de la Couronne de chêne, et S. M. le Roi de Prusse celui de l'aigle rouge.

Jacques Lamort est décédé sans maladie, au retour d'une visite qu'il avait faite à ses usines, le premier novembre 1856, à l'âge de soixante-onze ans moins vingt jours.

Son convoi-funèbre fut suivi de toutes les notabilités de la ville et des environs ainsi que des nombreux ouvriers de ses fabriques, de même que de la population entière ; tant il était aimé, respecté et honoré de tous.

Nous sommes au regret de nous voir forcé d'omettre ici les particularités ultérieures de la belle vie de notre honorable concitoyen, ainsi que la liste des nombreuses éditions sorties de ses presses pendant une

gestion de près d'un demi siècle : il nom»

a été impossible de nous procurer ces renseignements , parce 'que ses fils , voulant, ont-ils dit, respecter les recommandations de modestie de feu leur père, ont fomellement refusé de nous communiquer quoi que ce fût.

SoQvenirf coatemporaîiif. «— Les Jovrnanz : Le Covrrier et la AeTve du Orand-D«eké, 9P* an. 6 BOTembre iB56. — Hbtir, Notice UttMriqve sur U faiûlle de WUtkeiai»

LANDON, OU Laudon^ SL, firère de St.

Géry (v. son art.) , est né à Yvois vers l'année 589. Il fut établi premier abbé du monastère de Saint-Médard et Saint-Loup, fondé par son frère sur le Mont-des-Bœofs près de Cambray, et paraît avoir été le coopérateur de St. Géry dans ses travaux apostoliques.

De la Haut, Aanales dTToû-Garignaa , 19 et 410, iq. — GalHa GkrUtiana, III, 75. — Mablot. I, 989. — Les Bollanaittet, an 11 aaût, p. 664.

LAROCHETTE, Conon de, qui florissait pendant la seconde moitié du douzième siècle, était à ce qu'il paraît fils d'Ârnoul, chevalier, seigneur de Laroche tte, que nous trouvons en 1116. Le nom de sa mère nous est resté inconnu.

Ce personnage qui appartenait à la puissante maison de son nom, von der Feltz en Allemand, et portait : d'argent ou selon d'autres d'azur ou bien d'or, à la croix ancrée de gueules , a eu Thonneur d'être revêtu en 1192 des hautes fonctions de Guidon ou Banneret héréditaire du Comté de Luxembourg, à la création de cette charge importante qui consistait à porter à la guerre la bannière du suzerain et à conduire ses gens d'armes au combat.

BonraouT, IT, 367. — Pnaair, III, Terbo: Fbltb.

LAROCHETTE, Jean de, seigneur de ce lieu et chevalier, fils d'Arnoul de Larochette justicier des nobles en 1327, était en grand crédit à la cour de lean Taveugle, comte de Luxembourg et roi de Bohème, à tel point qu'il fut appelé en 1340 à servir avec d'autres gentils-hommes de garant pour ce prince pour la somme de 16,052

réam , restant do prix d^aebat d^Tois.

Mais ce qui sartont rend ce personnage recommandable c'est que le 26 join 1348 il accorda des prmïégeêy c'est-à-dire le bienfait de raffranchissement à son bonrg de Larochette, en présence de six autres nobles chcTaliers : de son époque date Tenceinte murée dont on Yoit encore des restes très-sensibles autour du bourg de ce nom qui pour ce motif porterait le rang de yille si ses habitants sTaient pensé à le faire Taloir en temps utile.

PfuiUT. III, 221.

LÂROCHETTE, Pierre-Emeêt, ou simplement Ernest de, était fils de Paul de Larochette, seigneur dudit lieu^ Herscb, Heffingen, etc., officier de Remieh où il résidait apparemment , et préyOt de Greyenroacber, mort à Remieh le 31 août

Pierre-Ernest de Larocbette, qui se fit religieux, a obtenu de Fauteur du manuscrit des Viri illustres l'article que nous allons transcrire : « Petrus-Ernestus a Feltz ce ortus in Remieh pâtre Paulo antiquœ et « Nobilissims prosapi» Religiosus Âbbatis « Fnldensis sacerdos ihidemque prœpositus a montis S. Pétri, Religiosorum in eo Re- « formater plus et zelosns, Reformationi ce fnidensi strayit yiam suo exemple. »

Ce personnage florissait entre les années 1620 et 1624.

Vin illntlret, I, Bfo tf8. — Am Honram . HUtoria TrerîreMis diplonatics, III» S77, not e.— Pubbst, m, Terbo : FelU. - Bbbtbout, VIII, 190.

LATOHUS, Barthélémy^ est né à Arion, en 1485. Conformément à l'usage de ce temps il latinisa son nom LeMasson en Latomus sous lequel il a été connu depuis.

Après ayoir fait de très-brillantes études dans la jurisprudence et les belles-lettres, il s'acquit une réputation méritée parmi les hommes les plus sayants de son siècle, et fut snccessiyement appelé à professer la rhétorique à Cologne, puis à Fribourg et enfin à Tuniyersité de Trèyes. Il était dans cette dernière yille lorsque François

de Sieckingen yint en former le siège en 1321 ; et il chanta cet événement en yers héroïques. L'archeyéque Richard de Greiffenclau Festimait infiniment et Tayait nommé son conseiller. Il fut appelé à prononcer le panégyrique de ce prélat.

Lâtomus eut Thonneur d'être appelé en 1631 par François I^, roi de France, k occuper le premier la chaire d'éloquence latine au Collège de France que ce monarque ayait créé en 1529;. et il y enseigna ayec la plus grande distinction pendant neuf ans, an bout desquels il retourna (en 1540) dans le Pays de Trèyes et fixa sa résidence à Coblence. Quelques auteurs croient qu'il prit cette résolution parce qu'il était fatigué du professorat et que d'ailleurs il aurait été rappelé ayec les plus grandes instances par l'archeyéque -électeur Jean- Louis de Hagen qui l'ayait désigné pour son conseiller intime ; tandis que d'autres biographes ont ayancé que cette retraite ayait été motiyée par la crainte que ce grand homme aurait eue d'être enyeloppé dans le soulèyement général qu'ayaient occasionné contre les Allemands les libelles des sacrementaires dont on accusait les professeurs de cette nation d'être les auteurs.

Quoiqu'il en soit du yrai motif du départ de Latomus de Paris, l'archeyéque Jean-Louis l'honora de toute son intimité et lui abandonna même, sa yie durant, un de ses palais à Coblence pour seryir d'habitation à lui et à sa famille. Il était dans cette retraite lorsque plusieurs chismatiques , entr'autres Martin Bucer se donnèrent beaucoup de peine pour l'attirer à leur parti; mais ce fut en yain; et ces disputes qui lui inspirèrent peut-être ses plus belles compositions, il s'en tira ayec le plus grand honneur, à tel point que des auteurs sérieux mais peut-être un peu trop exclusi£9 en fayeur des ecclésiastiques et de leurs ouyrages, ont manifesté des regrets de ce que Latonius n'eût pas été prêtre :

comme si on ne pouyait bien défendre sa foi sans être prêtre !

La grande réputation que ce sayaût

s'était faite par ses ouvrages de contro- ▼erse engagea Tempereur Cbarles*QaiDt à l'eDToyer en 1546 aax conférences de Ratisbonne pour y assister en qualité d'au* diteiir pour les Catholiques. De son côté, Tarchevéque de Trêves Favait aussi employé plusieurs fois comme ambassadeur pour traiter des affaires importantes^ en* tr'autres en 1540 et en 1545 oii il le députa à la diète de Worms.

Barthélémy Latomus avait épousé Anne Zieglins, comme nous rapprend un acte que de Hontheim a inséré dans son Histoire diplomatique, T. II , p. 694 et suivante; mais nous ne savons pas s'il a laissé postérité. Il mourut à Coblence le 3 janvier 1570, à l'âge de quatre vingt-cinq ans, non en 1546 comme Swertins le croit. Il avait su. se faire estimer de tous par sa franchise et sa profonde érudition , et il fut bien sincèrement regretté, surtout par l'archevêque de Trêves qui n'avait pas eu d'ami plus intime. Il avait été en relation très-suivie de correspondance avec les principaux savants de son siècle tels que Pierre le Mosellan, Reuchlin, Huttens, Stein, le fameux Erasme, etc. En un mot, on le cite encore aujourd'hui parmi les plus grands dialecticiens , les orateurs , les poètes, les jurisconsultes et même les théologiens.

Latomus est auteur d'un grand nombre d'ouvrages ; nous allons énumérer les titres de ceux qui nous sont connus : /^. Oratio de eloquentiâ ac Ciceronis laudibus ; Bâle.

— S"*. Oratio funebris in obitum Principis Richardi Ârchiepiscopi Treverensis ; Cologne, 1531. —J^. Carmen gratulatorium in Coronationem Regum Romanorum, ad Carolum V. Cœsarem et Ferdinandum Regem, Fratres Augustes. — 4®. Oratio de peregrinatione suà italicâ; Paris, 1540.

— 5'*. Epitome Commentariorum Dialecticas inventionis Rodolphi Agricolœ; Cologne, Bâle, Paris et ailleurs, 1534. — ô"". Scholia brevia A. Cseeinna : L. Murœna : Archia Poeta : ad Quirites post reditum :

pro Co. Plancio : M. Cœlio: Milone: H.

Marcello: Q. Ligario: Deiotoro Rege: in

Vatinicum : in Verrinas Vil : in Philippicas omnes ; Bâle. — 7*. Annotatiooes in Paradoxa Ciceronis, de Offlciis, de Amicitiâ, de Seneetute, in Somnium Scipionis; Cologne, 1534. — S^. Enarrationes in Topica ad Trebatinm ; Strassbourg, 1539.

— P^. Enarrationes in Tereotii comoedias.

— * /(^. Enarrationes in Horatii qvasdam satyras. — f f®. Maximiliani Imperatoris laudes; Po^ne en vers alexandrins. — i2^. Scholia in Dialecticam Gregorii Tra- . pezuntini. — fj^. Summa totins rationis disserendi ; uno eodemque corpore et Dialecticas et Rhetoricas partes complectens; Cologne, 1527 et 1542. — W. FacUo memorabilis Francisci a Sickingen contra urbem Trevirensem , cum obsidione ejusdem decantata versu heroïco ; Cologne, 1523. — 1S^. Refutatio calumniarum Martini Bueeri; Cologne, 1546. — Iff".

Dissertationes du«e, una in francofurtinis Comitiis anni 1546 contra Petmm Daihenum, et altéra contra Jacobum Andream, Goppingensem pastorem, pro SS. Eucb»ristia et incruento missae sacrificio ; 1557. 17 \ Commentarius de docta simplicitate primas Ecclesiœ, et de usu calieis ac de Eucharistiae sacrificio, contra Jac. Andream ; 1559. — i8^. Investiture regalium electoralis dignitatts nonnullorumqne alîcrum dominiorum Mauritii Ducis Saxonias XXIV febr. anno M.D.XL.III. Augustas facta ; ubi simul et vestitus et incedendi, sedendique in publicis hi^nsmodi aliisqoe celebritatibus Cœsaris, aut Régis Romanorum et Electorum ordo describitur. — 19 '. Latomi et Brederbachii etc. Epistolae.

^Èff". Eiegia de Austriae nomine> ad Carolum V imperatorem.

Ab HonTBtiH, Historia Tretirentit diploMilica, II, tftf 4 et 694, s<i. ; lU, 988 ; et Proaronus Hister Trevir. II , 860. — Miiasbi, IV, 899. — Fb. Swbbtii», AtheiUB Belgicae, 1IS0, sq. — Gcstm TreTÎromm; II, annoUt, ISIS; III, 8. — Masbsios, EpStome annalÎBm trcnrenûnm, 648, 646 et 649. — Bbbtbls, lj$l. - PiBBBBT, I, fol. LXVIII. ^ BBBnoiiv, VIII, I91L — Paqubt, 69.^ La Ga^bb, Notice sur les loiembourgeois célèbres, 19, sq. — Tbllot, Méanoires.— WiLB. A IViLTHBiH, Disquislt. auljqiiar. Uist loxenbg. Il, c. li, §. 9. — Gvicoabbini , Dctfcnption des Pays-Bas, 1889, fol 487. — IVYTTntBAcn, Ver^

ftucli cinet GcMklekte toB Tricff. — D. Gu.atT, Bibliothèque lomine. — Sgvabmm, Reram germanicaram scriptoret Tarii{ II, 191 et 90B. — De Fbllba, INetieBoaire hbtoriqoe, litt. L.— Let konMet Illustres des Bays-BM , II, 14. ^ Ba^wu, AamL Trarir. II, 587, 56tt, 36a s^., 370 s^., 573. — VaUuib Aaaai, Bibliotheca belgiea. — w. STaaiiBBaG , Metropolis Eeclesie TreTericse, 1, 80 — CooaTia, Encyclopëilie mofleriie, XIV, 170. — Biographie niuTerselle XXHI, 4S4.

La Toue y Charles^Anloine-Maximilten, C^ de BaiUet; t. BAILLET, Ckarlês-Àni.- Maxim. , C^ de La Tour.

La Tour 9 Louiê-Willibrarde- Antoine de BaiUet; y. BÂILLET, LotM-Willib.' An(^ de.

Laudo», St.; V. LâNDON, Si.

LÂVAUX, Anne, dite Antoine Atis Bonne-Espéranee , ou Vhéroine luxembourgeoise, naquit yen 1622 dans an hameau des environs de Neufcbftteau. Elle était âgée de yingt-cinq ans environ lorsque commença cette guerre entre la France et TEspagne pendant laquelle la Belgique, mais surtout le Pays de Luxembourg eut tant à souffrir des courses et des pillages des armées.

La jeune fille yoyant chaque année les champs rayagés, les paysans égorgés, leurs femmes et leurs filles maltraitées, les villes et les yillages dévastés ou Incendiés, conçut une telle haine contre les dévastateurs que , comme une nouyelle Jeanne d*Arc elle résolut de prendre les armes pour les combattre. Seulement son inspiration patriotique différait de celle de Fhéroïne d^Orléans en ce qu^elIe ne Tafficha pas comme celle-ci en s'annonçant publiquement comme une libératrice de son Pays envoyée par le ciel pour cette mission expresse. Son courage elle youlut le faire éprouver à Tennemi comme un ennemi en guerre; aucune pensée de mystère ni d'inspiration surhumaine n'entrait dans son âme : Elle fit simplement part de sa mâle résolution à une de ses amies dont le nom n'a pas été conservé à la postérité , et l'engagea à suiyre son exemple, proposition qui fut accueillie.

Alors ces deux jeunes filles se trayestirent en hommes , se rendirent a Bruxelles et s'enrôlèrent l'une et l'autre , Anne Layaux sous le nom d'Antoine Atis , dit Bonne-Espéranee , sa compagne sous celui de LorJeunesie.

Anne Layaux seryait courageusement depuis trois ans dans les rangs espagnols lorsqu'elle «e signala par un exploit qui rendit son nom d'emprunt câèbre : Renfermée ayec une soixantaine d'hommes dans une place-forte assiégée aux environs de Tournay , et son chef ayant été tué elle se met à la tête de ses compagnons et leur propose de risquer une sortie pour essayer de s'échapper. Elle leur démontre qu'ils ne peuyent espérer obtenir du secours et qu'ils n'ont d'autre alternatiye que de capituler honteusement ou do suiyre son conseil. Entraînés par ses chaleureuses paroles tous consentent à tenter la fortune. Ils se mettent en marche au milieu d'une profonde obscurité. Hais les sentinelles françaises les aperçoivent et donnent réyeil. La petite troupe est cernée par plusieurs centaines d'hommes.

Elle se défend ayec l'énergie du désespoir.

Anne Layaux parvient enfin à se dégager ayec une partie des siens. Au lieu de profiter de sa délivrance pour prendre la fuite elle revient yers l'ennemi en poussant de grands cris, comme si c'étaient des renforts qui arriyaient aux fugitifs.

Les Français croient qu'on leur a tendu un piège ; effrayés ils se dispersent. Anne marche bravement yers leur camp et leur prend un drapeau ayec quatre pièces de canon qui sont conduits en triomphe à Tournay.

Ce glorieux fait d'armes lui yalut le grade de lieutenant de cayalerie dans le régiment du comte de Mercy. Peu de temps après elle passa capitaine.

Hais elle s'était donné une autre mission encore que celle de faire la guerre :

femme, elle comprenait les tortures des malheureuses dont la pudeur, jouet de la force brutale, avait alors si souyent à souffrir ; et en toute circonstance elle proté-

geait son sexe contre les mauvais traitements et les violences des soldats.

La-Jeunesse, sa compagne , qui servait dans sa compagnie oii elle avait obtenu un grade, eut un jour la tête fracassée par un boulet de canon, et expira entre les bras de son amie. Cette mort mit Anne dans un grand embarras. Le sexe de son amie pouvait être découvert,, et on comprend combien elle devait désirer que cela n'arrivât pas. Pour éviter à la dépouille mortelle de la pauvre fille la profanation tant redoutée, elle confia son secret au prieur des capucins qui devait inhumer les cadavres. Ce religieux se hâta d'annoncer, qu'ensuite d'un vœu qu'il fallait respecter, La-Jeunesse devait être jetée dans la fosse avec ses habits.

Anne Lavaux, après avoir failli Caire prisonnier le Cardinal Mazarin dans le château de Montargis, assista au combat qui pendant les .troubles de la Fronde se livra au faubourg St. Antoine, à Paris, entre les Français et les Espagnols. Elle y fut blessée et tomba aux mains des ennemis.

Peu de temps après elle recouvra la liberté ; mais retournant dans sa patrie avec le comte de Mercy qui avait subi le même sort qu'elle , elle fut arrêtée en route par un détachement dont le chef eut occasion de soupçonner la vérité et parvint à la connaître entièrement.

Le maréchal de Senneterre qui se trouvait à Metz, ayant eu vent de cette étrange découverte, voulut voir cette héroïne et lui offrit le commandementd'une compagnie k cheval. Elle répondit n'avoir pris les armes que pour défendre son pays, non pour obtenir des faveurs de ceux qui ne cessaient d'y porter le pillage, l'incendie et la mort : Le maréchal la relâcha, rempli d'admiration pour un si grand courage, pour un si noble désintéressement.

Les aventures de cette femme vaillante n'ayant pas tardé à être connues d'une partie de l'Europe , la jeune fille comprit que sa modestie aurait de trop rudes épreuves à subir si elle rentrait au service. Elle demanda pour toute récompense à l'archiduc

Léopold, alors Gouverneur-général des Pays-Bas , de lui faire obtenir un asile dans un couvent.

Elle prit le voile en 1563, à l'abbaye de S*" Gertrude, à Nivelles, oit elle passa le reste de ses jours à invoquer la protection du ciel en faveur de sa patrie qu'elle avait si courageusement défendue sur les champs de bataille.

La Gab»c, Notice anr let Inxeaibovrgcoit cclèbret, tfO, tqq<|. — Amemme mmirt BUgrmpkU qme miêms ëmekUmSf m'a fmii mewlMJi de ettU femme mmusH verttteuse qme C9mragemse ei eiMre.

Lbbrbton, Antoine; v. BRETON, Antoine, le.

LECLERC , Joseph' Pierre- François , fils de Jean-Théodore, jurisconsulte distingué, et de Uarguerite Schmit, est né à Luxembourg le 26 juillet 1790. Après avoir fait d'excellentes études et pris le degré de licencié en droit, il se fit inscrire au barreau de sa ville natale, en 1812, et devint bientôt un des premiers avocats du tribunal de Luxemboui^. Il y eut même une époque oii Leclèrc et Thorn (v. son art.) étaient presque les seuls défenseurs employés dans les causes les plus épineuses où il s'agissait de discuter les subtilités juristiques les plus délicate».

Leclerc excellait surtout dans ce raisonnement serré qui ne laisse plus de réplique à* la partie adverse, comme il était pour l'éloquence le digne émule de Thorn,.

son antagoniste presque habituel, au point que pendant cette période d'années le tribunal de Luxembourg étak devenu une arène oratoire célèbre.

Outre les nombreux mémoires que Leclerc a fait imprimer à l'appui de ses causes , nous avons de lui : Quelques observations sur la législation fénôle; vol.

in S"*; Lamort, 1828. Cet ouvrage était destiné à combattre avec toute l'énergie de la conviction certaines dispositions que le Gouvernement voulait introduire daos le nouveau code pénal du Royaume des Pays-Bas dont le Luxembourg dépendait à cette époque.

Joseph- Pierre -François Leclerc avait ëpouaé dame Ânne-Barbe-Françoise Feyder. Il est mort le 4 décembre 1833.

Etat cWil de la TÎUe ée Lnienbourif. — Kamvb, Catalogue de la Bibliotli. de Luibrg., 229 et 731. — SovTenin eonlcuporains.

LEISTENSCHNEIDER, Pierre, fils de Michel Leistenschneider et de Catherloe Klein^ est né vers Tannée 1743, à Diiiingen en Lorraine , non à Sarrelonis comme son acte de décès le porte.

Après avoir fait de bonnes études qu'il poussa jusqu'à la licence en droit, sans que nous ayons pu découvrir à quelle université, il fut attaché en 1767 en qualité de secrétaire, à la commission nommée pour confectionner le Cadastre général du Pays de Luxembourg; ensuite et dans la même qualité i celle dite des charges publiques établie par édit. de S. M. l'Impératrice, du 24 mars 1771. L'établissement du cadastre avait, comme on peut bien le penser, trouvé beaucoup d'opposition de la part des détenteurs de biens nobles et monastiques, parce que ces biens, qui avaient été jnsrque là exempts de tout impôt, devaient être désormais compris dans les rôles des contributions. Aussi les membres de la commission, remplissant aux yeux des nobles et des prélats des fonctions odieuses, devaient-ils être récompensés de leur dévouement ; et le gouvernement autrichien leur laissa l'option entre des lettres de noblesse ou des rémunérations pécuniaires. Les choix furent divers : et c'est de cette époque que datent quelques familles nobles du pays.

Leistenschneider, avons-nous dit, qui a été attaché comme secrétaire à cette administration du commencement jusqu'à la fin, fit, ditron à lui seul tout le travail et fut le plus mal rétribué, puisqu'il ne put, même avec son diplôme de licencié en droit, obtenir d'être inscrit sur le tableau du barreau attaché an conseil provincial, et ce sous prétexte qu'il était né français.

D'un autre côté, il devient évident d'après ce que nous venons de dire, qu'il lui fut très facile avec son emploi de puiser

des données très-précises comme très-préeieuses sur la statistique locale, non seulement dans les archives provinciales mais encore sur les lieux mêmes. Il profita de l'occasion, recueillit ces notes, les coordonna et en forma un travail important intitulé : Catalogue général et alphabétique des villeSj bourgs, villages, hameaux, cÂâteaux et fermes de la praeince de Luxembourg, du nombre des laboureurs et des maisons qui se trouvent dans chaque endroit ainsi que les noms des offices et seigneuries dont ils ressortissent, avec désignation des quartiers de leur situation. 1793.

— Revu, corrigé et augmenté en 1794, par Leistenschneider.

Cet ouvrage est resté manuscrit.

Leistenschneider, qui passait pour une bonne tête, a toujours et beaucoup travaillé. En efi^et, il avait colligé une énorme quantité de notes et de compilations historiques de toute espèce, mais qui ne furent jamais coordonnées , à cause d'une insouciance de caractère qu'on doit lui reprocher à juste titre : nous ne savons même ce que ces données sont devenues. Le dernier abbé de St. Hubert lui porta toujours beaucoup d'intérêt ; et c'est sans doute pour ce motif qu'il aura donné à ce prélat son Catalogue dont nous avons parlé plus haut, puisque l'original de cette œuvre a plus tard été retrouvé parmi les archives de cette abbaye. Nous en possédons une copie que nous devons à Tobligeance de Monsieur de Robaulx de Soumoy, auditeur militaire à Bruxelles*

Le 16 février 1797 Leistenschneider fut nommé aux fonctions de secrétaire-greffier de la municipalité, plus tard à la mairie de Luxembourg , puis à celles de secrétaire de la régence de la même ville. Cet emploi il le conserva jusqu'au 28 octobre 1820, oii le conseil de régence lui accorda sa retraite avec pension sur la caisse de la ville.

L'arrêté que le Conseil prit à cette occasion est trop favorablement motivé pour que nous n'en communiquions paa ici un extrait :

« Le Conseil, y est-il dit, ayant égard

« aux longs et honorables services rendus « par le sieur Pierre Leistenschneider en « sa qualité de secrétaire-greffier de la mu* « nicipalité et de la mairie et en celle de «secrétaire de la Régence, depuis son « entrée en la première qualité , à Tépoque « du 16 février 1797 continuée sans inter- «ruption jusqu'à ce jour;

«Voulant pourvoir à ce qu'une aussi « longue carrière augmentée par trente an-i<fiée$ de services rendus à VEtat avant « son entrée dans les fonctions municipales « soit dignement récompensée ;

« Arrête etc. »

La lettre d'accompagnement de cette résolution ajoute : « En vous accordant cette «pension en même temps que votre re- « traite honorable, la ville de Luxembourg « reconnaît les longs et loyaux services que « vous lui avez rendus dans une carrière « que vous avez parcourue avec autant de « zèle que de droiture et de distinction, « Mais cela ne suffit pas , Monsieur , nous « laisserions une lacune dans Texpression « de notre satisfaction envers vous, si nous «n'ajoutions pas aux témoignages de la « gratitude du Conseil de Régence celui des « sentiments personnels que nous ont ins- « pires en tout temps votre caractère et « vos vertus. »

Pierre Leistenschneider est mort à Luxembourg, le 24 avril 1837, à l'ftge de 91 ans et quatre mois. Il avait été marié deux fois; d'abord le 17 janvier 1774 à Pétronilie Kleber, fille d'un imprimeur de Luxembourg et décédée le 31 août de la même année; ensuite le 21 février 1777 à Marie Joséphine Dujardin. Nous n'avons pas appris le sort de ses enfants.

ABMlef de la fibdétë huloriqiie d*Arloii; 1849 à tf I ; p. m tq. — Rotes de M' IVitu, secrétaire comnanal de Laxemboarg. — Arebives de U Tille. — SouTenirs. — Le Catalogue cité dans le texte.

LE JEUNE, Quirin, co-seigneur de Bomal , mort vraisemblablement en 1634, a obtenu de Fauteur du manuscrit des Viri illustres Farticle qui suit: c<1634.

« Quirinus seu Quellin le jeusne condo-

« minus in Boumal, filia ejns unigenita or- « dlnem religiosarum celestinarum ingressa (' Leodii ipse domum snam in quft natus €( totius Durbuti amplissimam in monaste- « rium sancti Francisci convertit. »

Nous ferons observer à rencontre de ce passage, que Bertholet change les noms des personnages qui ont contribué à la fondation des Récollets de Durbuy. U fixe cette fondation au 18 décembre 1628, et ajoute que Laurent Lb Jbcnb — non Quirin — chanoine et doyen de Msstricht , a donné à cette fin sa maison et quelques jardins ; et qu^il établit en outre dans la même ville un cloître de RécoUectines, d'antres auteurs nomment cette maison: de Pénitentes, dont sa nièce , nommée Marie-Ângèle aurait été la première supérieure et y serait morte en odeur de Sainteté.

Ces deux versions ne peuvent être rendues concordantes qu'en admettant, ce qui du reste n'est pas impossible, que Quirin et Laurent, les Le Jeune, auraient été frères et qu'ils auraient l'un et l'autre contribué à la dite fondation par l'abandon de leurs biens patrimoniaux en commun; et que finalement, Marie-Angèle, fille de Quirin et nièce du chanoine Laurent Le Jeune, ayant d'abord pris le voile aux Célestines de Liège, aurait passé plus tard aux RécoUectines ou aux Pé« nitentes de Durbuy,

En 1733 , le 30 octobre, ainsi environ un siècle plus tard , nous trouvons que trois frères: Laurent, Jean-Baptiste et Joseph Le Jœune ont été anoblis. Ces trois personnages étaient-ils de la même famille ? Laurent Le Jœune était seigneur de la cour et ban de LuUange , aujourd'hui canton de Clervanx dans le Grand- Duché de Luxembourg; Jean-Baptiste était avocat au Grand-Conseil de Matines; et Joseph seigneur propriétaire de la cour foncière de Fanzel , commune moderne de Mormont, au canton d'Erezée dans le Luxembourg belge. Les lettres-patentes d'anoblissement leur accordèrent pour armes : d'azur, au chevron d'or-, chargé de trois œillets au qaturel , feuilles et tiges

de sinopie^ accompagnés de trois étoiles d'or à six raies , deux eu chef et ane ea pointe.

Viri Uluttret, III. N» S36.-BtiTBoi>T, Vin. 89, •q.— NobilMÎre d«s Pays-Bas et de Boargogne, 9** partie , 11, 74S«— UReascBccs.— Paqv» , M , lait erroBCMeat du nom de Baptême de Qwrin mu QueUim Le Jeane ane personne distincte, à la^nelle il attribne les actes de Le Jeune,

LELGHER, Jean, est né pendant la première moitié da quinzième siècle, à Ecliternacb , et obtint à Padoue le bonnet de Doctenr en droit canon. De retour dans sa patrie il se fixa à Trêves oii il exerça pendant de longues années Fétat d'avocat consistorial et les fonctions d'échevin. En 1472 il fut nommé un des premiers professeurs de rUniversité qui venait d'être créée dans cette ville; mais, dégoûté du monde il entra plus tard chez les carmes, obtint Tordinaiion et mourut dans le monastère de cet ordre.

Gesta TrcTiromm, II; Annotât. 99. -An Houtnnn . Historia Trevirensis diplomatica , II , 596,

Lemasson, Barthélémy; v. LÂTOHUS, Barthélémy.

LENZ, Théodore, fils d'un tisserand nommé Michel Lenz et de Marie Beck, est né à Schrondweiler, commune de Nommern, le 28 brumaire an X (19 novembre 1801).

Les parents du jeune Lenz ne pensaient pas , sans doute , à destiner leur fils à une carrière littéraire , à cette époque où le pays suivait les destinées exclusivement guerrières de la France , mais surtout à cause de Texiguité de leurs moyens d'existence qui ne pouvaient leur permettre la pensée de le faire étudier. Et cependant Théodore était appelé à devenir, bien que pour un instant seulement , un des lauréats de l'université de Liège.

A défaut de son père, un de ses parents nommé Thill , menuisier de sa profession et également peu favorisé de la fortune, crut remarquer chez ce jeune homme des dispositions heureuses ; il en fit part à un séminariste qui demeurait

pour lors chez son frère, curé à Cruchten, en attendant qu'il eût atteint l'âge canonique pour pouvoir être ordiné. Ce séminariste , nommé Welter , Henri , aujourd'hui desservant à Eppeldorf , charmé de trouver l'occasion de faire du bien en même temps qu'il se donnait de l'occupation , proposa au père de Lenz d'enseigner à son fils ce qu'on nommait alors les principes ; Thill joignit ses instances à celles du vertueux diacre Welter, et jls réussirent à atteindre l'objet de leurs désirs.

Théodore Lenz qui avait alors treize ans d'âge et savait a peine lire , n'ayant suivi l'école de son village que pendant un an , ne tarda pas à faire les progrès les plus marqués. Cependant un an à peine s'était écoulé ainsi dans des études assidues, lorsque l'espoir de l'élève sembla tout-àcoup être déçu , parce que son généreux professeur était rappelé au séminaire de Metz pour finir ses études théologiques et pour recevoir les ordres sacrés : son absence devait durer deux ans, et pendant ce temps Théodore, abandonné à ses propres forces pouvait oublier ce qu'il avait appris; ou bien son père , revenu à d'autres pensées, pouvait vouloir l'occuper ailleurs. Mais la providence en avait disposé autrement.

Avant son départ pour Metz, Monsieur Welter avait eu soin de recommander son élève à M. Thilmany , alors curé de Fischr bach, et mort en 1844 curé à Vichten.

Celui-ci consentit à lui continuer ses leçons et le jeune homme accepta cette offre avec empressement. Pour le logement et la pension il trouva Tnn et l'autre dans la maison paternelle de sa mère, à Schoos, hameau situé à un kilomètre et demi de Fischbach.

Et c'est ainsi qu'il passa encore quelques mois à étudier ses principes, jusqu'à ce que de nouvelles recommandations lui donnèrent accès an collège de Luxembourg et lui procurèrent de nouveaux Mécènes dans la personne de Messieurs Lamort, imprimeur (v. son art.), et Stammer, professeur de littérature allemande, qui le prirent entièrement sous leur protection

jusqu'à ce qu'il eût terminé ses cours d'humaaités d'abord, ensuite pour le faire arriYcr en 1821 à rUoiversité de Liège oii il devint bientôt un des élèves les plus distingués de la faculté des Lettres et Philosophie. Il y avait entendu les oours depuis deux ans lorsqu'en 1822 — 23 il travailla à répondre à la question de concours proposée par sa faculté : « Postulatur coma mentatio argumentum Theaeteti ita expo- <c nens, ut inde appareat, quœnam Platonis a de scientia sit sententia, et qnibus ratioce nibus opposita philosophorum placita « refellat. »

Son mémoire, de cinquante-six pages in 4"^ , imprimé dans les Annales de TUniversité de Liège , obtint la médaille d'or.

Soit que Timpression de ce brillant succès, eût été trop forte pour la constitution délicate et nerveuse du jeune vainqueur, soit qu'il portftt déjà le germe d'une maladie incurable , soit enfin que ces deux causes se fussent réunies, Théodore Lenz qui promettait de devenir un des plus grands génies dont sa patrie eût pu s'enorgueillir, succomba dix jours après son triomphe, le 16 octobre 1823, dans sa vingt-deuxième année. Ses camarades d'étude lui ont érigé un monument funéraire au cimetière de Robermont, à Liège, où ses os reposent. Son condisciple Ch. G.

Eyschen (v. son art.) a prononcé son panégyrique à l'occasion de l'inauguration de ce monument.

8oiiTenin contemporaina. «- Eut ciTÎl de Liëge et de Nonero. — Eeateigneinentf fovrnis par M M. E««Liic« et Erscnif. — Aaaalet de rUnivenité de Liège, 18513. —ABBoaire de la nème noÎTenité» 1830, S9, sq- -^ Panégyrique par ErscBta.

LiGNiBRES, Jean de; v. JEAN, dii de Lignières.

LITTARD, ou Littart, est cité comme Luxembourgeois par Guillaume de Wiltheim. Il était Docteur en droit et professeur dans cette faculté à l'université de Prague.

11 florissait pendant la première moitié du dix-septième siècle.

Les Enregistratures du Conseil provin-

cial de Luxembourg portent en outre des Patentes d'anoblissement en date du 18 août 1643, en faveur de Jean Littart, de Grapfontaine dans la Seigneurie de Neufchâteau, et capitaine réformé. Ce Jean Littart aurait-il été le Crère ou le neveu du personnage auquel cet article est consacré ?

IViLB. A 'Wit.TBiiM, Disqaititiones antiqvarîe Hiitorie Lnxeai^argeosif , II, e. 6. § 8. — AreliiTef dn Conaeil proTÎneial de Lnxbrs*; &^. aa^i Cornait tioiu, NMtOS, p. 819, sq.

LONGUEVAL, François-Joseph Feit, dit, est né à Virton vers le milieu du dix-septième siècle. Il était fils de Jean Feit, dit Longueval , originaire de Hosson et qui avait reçu des Lettres de noblesse sous la date du 6 avril 1644.

Comme son père, François-Joseph de Longueval embrassa la carrière des armes et seryit la Maison d'Autriche. Il fut assez heureux pour découvrir en 1690 et dénoncer une grande conspiration tramée contre l'Empereur Léopold I et sa fomille. En récompense de cette belle action, l'Empereur le créa Baron et le nomma Gouverneur de Brick en Silésie.

La famille de Longueval porte : d'azur, au lion d'or , la queue fourchue , passée en sautoir, couronné, armé et lampassé de gueules , tenant de la patte droite une épée nue garnie d'or. Timbre : une licorne naissante d'argent, aux crins, barbe et corne d'or , accoUée d'azur , côtoyée d'un vol de trois rangs de sable.

Areliivea da Coat. ProT.; E^/G^aïai. N<> iiOS, 99 , sqq. — Tbllot , Mënoiret OMinnseffitt. — Bct- TBOLar, VIII, 198. -PiiaacT, I, fol. LXVni. - Paqobt, 6tf.

LORENT, Théodore, est né à Bemich pendant le premier quart du dix-septième siècle. Après avoir fait de bonnes études il se voua à la pratique du droit. Sa réputation comme jurisconsulte et son habileté dans les affaires engagèrent le Grand- Conseil de Malines à l'adjoindre au conseiller Ludovisi lorsque ce dernier fut envoyé à Aix-la-chapelle pour aplamr

quelques diiBcuUës surgies entre TEmpereur et le duc de Berg.

Il fut ensuite oommë directeur des srchives de Tabbaye d'Ëchternach et il se distingua dans ces fonctions par son zèle et ses capacités , chercbaot par une étude approfondie des actes du monastère, à défendre les droits que cette maison religieuse fondait sur ses titres authentiques. Plus tard il quitta cet emploi pour devenir échevin de la ville d'Echternach , poste qu'il occupa pendant un grand nombre d'années, au grand contentement des bourgeois , mais non de Tabbaye ; parce que, connaissant parfaitement les droits respeo- #tifs des deux parties qui se trouvaient naturellement placées en présence et très souvent en opposition, il épousa toiy ours, peutêtre avec un peu trop d'ardeur , disaient les religieux, les intérêts de la ville contre les usurpations de Tabbaye, ce qui fut cause que la ville fut entraînée à plusieurs procès coûteux que des hommes impartiaux et bien pensants ont été loin d'approuver.

Théodore Lorent mourut à Echternach, en 1785 ou 86, et a été enterré au cimetière de cette ville.

Nous aurions peut-être omis de parler de ce personnage dans cet ouvrage, parce que sa vie ressemble à celle de tant d'autres qui sont laissés dans l'oubli; mais nous avons jugé à propos de le citer à cause d'une œuvre qu'il a publiée et qui parait avoir fait grand bruit dans le temps de son apparition, comme elle est encore rappelée de nos jours où elle est devenue très-rare : Vers l'année 176S le monument d'Igel —village qui dépendait alors du Lux embourg — menaçait ruine par l'effet des ravages du temps, des efforts humains pour le déplacer et le transporter dans les jardins de Mansfelt , et peut-être encore par celui d'un ignare vandalisme. Les Etats du Pays ayant résolu de faire restaurer ce chef-d^œuvre de l'art , afin de le préserver d^une destruction imminente et prochaine, chargèrent Lorent de la surveillance des travaux. Celui-ci saisit cette occasion « pour en donner enfin une descrip-

(( tion exacte, dit-il, parce que de tous les « auteurs qui en avaient parlé jusqu'alors, « aucun n'y avait reconnu la vérité » ; et en effet, personne n'avait eu une auasi belle occasion pour examiner le tout dans ses plus petits détails et de près, pendant la réparation décrétée. On devait ainsi s'attendre avec quelque raison qu'il livrerait le cas échéant des rectifications utiles sinon importantes.

Ortelius, Brower, Bertholet, mais surtout le Père Alexandre de Wiltheim et d'autres auteurs regardent, comme on sait, le monument en question comme un tombeau élevé en l'honneur de la famille des Secundins. Lorent combat cette opinion dans son ouvrage auquel il a donné pour titre:

CAJUS IGULA,

ou

l'Empereur Cajus

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