IV . Mus Ociobris
Obiit Walterus Dominus in Meysenburg.
Mais outre que cette phrase n'iest pas conçue suivant le style lapidaire, que bien plutôt elle ressemble à un mémento de nécrologe ou d'éphémérides, on nous permettra bien de douter de la réalité de la chose. Il nous semble plutôt qu'il aura été inhumé dans son propre monastère, à Trêves, dont il avait été le véritable fondateur et le premier directeur, et que la phrase citée par Bertholet se rapporte à un autre personnage homonyme, la famille de Meysembourg ofiTrant dans sa généalogie un assez grand nombre de seigneurs du nom de Wauthier.
Vîri niastref , I, N» iS.^Jium, Notice hittor. sur 1b seigneurie- baronnie de Mejtemboiirg, S sqq.-- Bbbtholbt, IV, 440; V. 3, 4, 15, 14, 17, S», 36, 40 s<iq.; VI, 547. — Paqdbt, 95. — Bbowbb, Annal. TreWr. II, 191, sq. — Pibbbbt, III, 439. — Bkbtbls, ili, •> Albxambbb a WiLTnun, Vita Tenerabilis Yolande ; pastim. — STinaes, Leben der Graefin Yolanda von Vianden; paMim.
MILGHEN, le Père, Jésuite-missionnaire, est encore rappelé quelquefois par les vieux compagnards qui ont retenu un proverbe auquel ce religieux a donné naissance. Il parcourait le pays avec un âne chargé de béatilles, images, petits livres de prières, chapelets, scapulaires, etc., qu'il donnait en guise de prix aux enfants qui répondaient d'une manière satisfaisante aux questions de catéchisme qu'il leur faisait ; d'oii le dicton : Pater Milchen avec son ftne. Le Père Milchen qui vivait pendant la seconde moitié du dixhuitième siècle , est mort en odeur de sainteté au monastère des Jésuites à Luxem-
boarg, peu de temps avant la snppression de cet ordre, et a été inhamé dans leur église, aojourd'hai Notre-Dame.
Notes eonmmnlqnëes d*aprèt des sonrenin eontemporsins*
MIRGHOUT, Henri-Remy, dit le Père Èonaventure, est né h Luxembourg le 16 mal 1691. Après avoir terminé ses humanité chez les Jésuites de sa ville natale, il fut admis en 1707 an noviciat des pères Capucins à Namur oii il fit ses études théologiques et obtint les Ordres. En entrant en religion il prit le nom d*e Bonaventure sous lequel il a été généralement connu dans la suite. Ses talents et son mérite le firent bientôt destiner aux principaux emplois de la province Wallonne:
il fut successivement lecteur en théologie, défioiteur et gardien à Namur. En 1730 il vint en cette dernière qualité au couvent de Luxembourg et en 1732 il obtint le titre d'Annaliste de la province Wallonne, parce qu'il entreprit d'écrire Thistoire des capucins de cette province. A partir de 1741 il fut presque continuellement maladif et ne put guère quitter le couvent de Luxembourg. Il travailla alors sans relâche à écrire ses ouvrages qui sont assez nombreux. Il est mort à Luxembourg le 22 avril 1766.
Le Père Bonaventure a écrit: P. Annales des Capucins de la Province Wallonne , depuis leur établissement dans les Pays-Bas (1585), sous Alexandre Farnèse jusqu'à Tannée courante, 1749. 3 vol.
in folio. — 8"^. Continuation des Annales, de 1749 à 1756. — 5^ Mémoires pour les Annales des Capucins de la Province Wallonne, jusqu'à 1746; 2 vol. in-4':
II faut regretter que ces manuscrits qui étaient conservés dans les couvents de Namur et de Luxembourg ne se soient plus retrouvés en entier jusqu'ici. Le 3* volume des Annales, le 1" des Mémoires et la Continuation des Annales sont les seules parties qu'on a récupérées. Ces fragments sont conservés à la Bibliothèque du Séminaire de Namur. — 4*. Les hommes
(capucins) illustres de la province , depuis son établisseinent : cette œuvre renfermait jusqu'à trois cents Notices biographiques.
-r-à**. Quelques livres de piété. — €'. Vies des frères Capucins: Fidèle de Sigmaringen , Joseph de Leonissa (canonisés en 1746) et Séraphin de Montegranario.
— 7*. Vie de Madame de Bourtonbourt, fondatrice des sœurs de charité à Namur, écrite par son confesseur (publiée à Namur en 1841 , par l'abbé Wilmet) . — 9". Éloge funèbre de Madame iMarguerite-Josèphe de la Fontaine, abbesse de Clairefontaine, prononcé le jour de ses funérailles, 6 juillet 1734^ par le R. P. Bonaventure de Luxembourg , capucin , définiteur et gardien aux capucins à Luxembooi^, 1734; in-4''.
Le Père Bonaventure s'est aussi beaucoup occupé de l'histoire de son pays ; il a en effet laissé sous la date de 1750 et en collaboration avec le curé Tellot (v.
son art.) de Remich, un manuscrit en 3 volumes in-4* , intitulé 9^ : Mémoires pour servir à l'histoire civile et ecclésiastique de la Province de Luxembourg. Ce manuscrit est aujourd'hui la propriété de M.
Wurth-Paquet, Président de la cour supérieure de Justice.
Le goût que Bonaventure avait pris à l'étude des Annales du Luxembourg fut cause sans doute que dans la polémique que Bertholet (v. son art.) a eu à soutenir au suj0t( de la dissertation sur la prétendue Ara lunœ d'Arlon, qu'il avait traduite du latin d'Alexandre de WiUheim et insérée comme la sienne dans son Histoire de Luxembourg, ce dernier crut devoir lui attribuer le libelle publié soi-disant par le Magistrat d'Arlon contre cette dissertation, et lui adressa sa réponse imprimée, à personne nommée.
Nous possédons en outre la copie d'un mémoire manuscrit de 67 pages in-4^ qui semble être de Bonaventure, du moins à en juger par récriture de l'original qui se trouve entre les mains de M. Aug. Fischer, tanneur et rentier à Luxembourg. Ce mémoire, qui n'est qu'une pièce détachée hors d'un plus grand ouvrage dont il parait
n'aYoir fait qa^un cahier, a pour titre:
Province et ville de Luxembourg. C'est une espèce de résumé historique et statistique continué jusqu'à la fin du gouver- Dément du comte de Mansfeit, a^ec la description de son palais à Clausen. Les seules choses neuves que cet opuscule renferme sont: un passage oii il est dit qu'à l'époque oii l'auteur écrivait, les prisons d^état ou politiques se trouvaient encore dans les caves de l'ancien château des comtes de Luxembourg, ai^ourd'hui les casemates du fort dit le bouc; et un autre où il prononce d'une manière positive que «ce fut sous l'administration «du Comte-Prince de Mansfelt que l'on «a bâti à Luxembourg rhdtel-^e^ille»
(textuel), ce bel édifice avec balcon et ses tourelles hexagones si sveltes, qui furent, entre les années 1839 et 1841, si ignomigneusement décapitées, lorsqu'on leur a enlevé leur flèches gracieuses et élancées qui en constituaient peut-être la plus belle partie : tout le monde comprendra que nous parlons de l'Hôtel actuel du Gouvernement du Grand-Duché, ou du moins de la plus intéressante portion de cet édifice. Sa construction date donc de la seconde moitié du seizième siècle.
WuBTB'PAQUtTy Notcs SUT 1« Tjpognpilie à Lusembovpg; ^laiu: PvblicatioM Se U Soeléié «vcliëoL du Grand-Oachë, Vil, 75. iMt«. — La Tradition d*Arlon , etc. : Lettre da P. Butbolbt an T. R. P. BonaTentnre de Lnxembonrg, capnein. -^ Ckasaw, GaUU de la Bibliotli. de Lnzembonrg, 3S et 51 fi. — Paqur, Fii. — NsuHAan , Les antenrs Inzembonrgeoit, 45, sq.
MOBlMOm ^ Maximilien-Joseph , fih^ de Gharles-Melchior Hohimont et de Marie- Angélique Bei^, riches propriétaires au village de Dondelange, commune de Kehlen, est né le 16 avril 1776, aux forges de Latrapperie, commune de Habay-lavieille, dont son père était à cette époque admodiateur.
Après avoir , comme cela était d'usage à cette époque, foit successivement et pendant plusieurs années des études humanitaires chez le. chapelain de Mont-Marie
prés d'Ansemboui^ et au collège de Hervé, M.«J. Mohimont revint chez ses parents & Dondelange oii il s'occupa d'agriculture et de chasse, ainsi que le faisaient alors les jeunes gens de bonne famille. La conscription militaire française ne le toucha pas parce que son père, qui avait eu une nomination de percepteur-à-vie , avait eu soin de l'assumer en qualité de commis attaché à son bureau.
Quelques années avant son mariage, qu'il contracta le 23 septembre 1813, Jos. Mohimont succéda à son père dans la recette des contributions et remplit cette charge sans interruption jusqu'en 1838, c'est-à-dire pendant trente ans, après lesquels il obtint sa démission honorable ainsi que sa pension de retraite.
Ayant perdu ses deux filles uniques il quitta son séjour de Dondelange en 1846 pour aller résider à Arlon afin de se trouver plus rapproché de ses petits-enfants, nés de sa fille aînée, morte la même année.
Mais ces faits ne constitueraient pas des titres suffisants pour faire inscrire ce per* sonnage au nombre des illustrations nationales, s'il ne s'était en outre rendu recommandable par un acte de véritable bienfaisance : lorsque fin d'août 1854 le choléra -morhus épidémique se déclara dans la ville d'Arlon dont il décima la population malgré les soins de l'art les mieux entendus, on ne tarda pas à s'apercevoir du vide désolant que laissait l'absence de tout refuge convenable pour recevoir et soigner les malades indigents atteints de la contagion. Mohimont fut sans doute un des premiers à apprécier cette regrettable lacune dans les établissements , non seulement d'utilité mais bien de nécessité publique, surtout pour une capitale de province, en cas d'invasion d'un fléau pestiféré. Possédant une fortune très indépendante et sachant ses petitS'-enfants dans une position également prospère, il suivit la première impulsion de son âme compatissante et philanthropique ; et, de concert avec sa femme. Dame Reine Neyen, ces époux firent par*devant notaire, le 7 septembre
1854, donation entre-viCs à la Commission de rhospice civil, de leur maison avec dépendances et le jardin derrière, le tout situé rue du Palais de Justice, à Ârlon, pour faire et disposer de ces biens comme de chose appartenante au dit hospice; mais à n'en prendre la jouissance qu'au jour du décès du dernier-vivant des dona-teurs.
Nous Tenons de copier le dispositif de Tacte de donation, laquelle fut approuvée par arrêté royal du 15 janvier 1855. Cependant nous ajouterons que la libéralité, dont la valeur vénale peut être estimée à quinze mille francs au moins, ne fut réellement faite qu'à la condition expresse de commencer, avec le prix de ces immeubles, la construction d'un bâtiment servant d'hospice, auquel devront être annexés les revenus encore existants de Tancien institut de ce genre, dit hôpital de Sainte Catherine.
Max.-Jos. Mohimont s'est éteint à Arlon, le 25 octobre 1857, à l'âge de 81 ans.
Dès après son décès la Commission des hospices s'empressa de se rendre chez sa veuve, pour offrir au bienfaiteur une place privilégiée au nouveau cimetière de la ville, à côté de la tombe de l'ancien Gouverneur, le Baron Victor de Steenhault:
Si cette distinction honore Mohimont, elle ne parle pas moins en faveur de la Commission de Bienfaisance et de la Régence de la capitale du Luxembourg belge, et prouve que ces deux corps administratifs ont su apprécier à sa véritable valeur ce qu'il y avait de délicat dans la donation du 7 septembre 1854.
Protocole da notaire Auo. RtCHâio, à Arlon ; année* i8K4, N* 44S. — ArchiTcs eommanales et de la Commission des hospices d*Arlon. — Renseignements fournis. — Son^enirs contemporains. — Joorneanz d'Arlon de Tépoque.
MOHY, Henri, est né vers le milieu du seizième siècle à Rondchampay, commune de Beausaint près de Laroche. Suivant la mode de cette époque il latinisa son nom et se nomma Erycius Mohyius, Henri Mohy s'adonna à l'étude de la mé-
decine et s'acquit pendant la première moitié du dix-septième siècle une belle réputation de science et d'expérience médicales en Belgique et en Allemagne. Il est auteur de plusieurs traités concernant son art , mais dont les titres ne nous sont pas connus.
La Gab»b> Notice snr les laxembonrf^eois célèbres, S4 — NBvnAaw, Les auteurs lnxemboni|^eois» fiS» note i. ^
MOHY, Remacle, né vers 1555, à Rondchampay comme le précédent, devint prêtre et fut curé de Jodoigne où il tint une école latine. Mohy consacra à des travaux littéraires tous les instants de loisir que lui laissaient ses fonctions sacerdotales et professorales. On a de lui :
P. L'encensoir d'or, ou prières et pleurs ; Liège, 1608, in-12^— ^^ Usus scholaris , in quo nomenclatura vocabulonim quorumdam , dialogi et epîstolae aliquot puériles ; Liège, 1609, in-4*'. — 5\ Le cabinet historial, contenant plusieurs exemples de vertu et de vice; Liège , 1620, 2 vol.
in-4^ : Ouvrage plein de recherches savantes et écrit d'un style naïf et correct.
«— i*. Les Graods jamais du Paradis et de l'Enfer, prose et vers; Liège, 1630; in-16^; posthume. — «5**. Epistolarum suasoriarum libellus; in- 1 2^ ; posthume.
La GAaaa, Notice sor les Inzembonri^eois célèbres» 95, sq.— NtvnARM, Les antenrs InxembonrgeoiSy Si,, sq.
MOLITOR, Jean-Philippe, né à Luxembourg, le 28 mai 1807, était fils de Jean- Nicolas Molitor brasseur au Grund , et de Marie-Françoise Winckel.
Après avoir fait de brillantes études à l'athénée de Luxembourg , il alla en 1825 suivre avec non moins de succès les cours de l'université de Liège.
En 1828-29 la faculté de droit de cette université avait proposé au concours la question suivante : « Illustretur tum cri- « ticè , tum ex accuratA fontinm comparac( tione vera juris civilis Romani de cul- (c pft doctrina. » Molitor envoya un mémoire qui obtint la médaille d'or.
Reça Doctenr en droit peu avant les événements politiques du mois d'août 1830, Jean-Philippe Holitor adopta les principes de la révolution belge et se rendit à Âr^ Ion oii il fut nommé Substitut du Procureur du Roi près le tribunal qui venait d'être créé dans cette ville par le Gouvernement belge. Il occupa ces fonctions délicates jusqu'en 1835 ou il fut chargé d'une chaire à la faculté de droit de l'Université libre de Bruxelles. En 1837 il publia: Traité des obligations de Poihier abrégé, mis en rapport avec le code civil actuel et le code Guillaume ; Louvain y 2 vol. in-8* ; ouvrage important dans lequel on remarque si bien les profondes études de l'auteur. Plus tard le Gouvernement désirant s'attacher ce grand jurisconsulte, lui offrit une chaire à l'Université de Gand. Molitor l'accepta et l'occupa avec la plus grande distinction jusqu'en 1849 oii sa patrie adoptive le perdit , victime de l'épidémie cholérique qui décimait alors la Belgique. Il n'était âgé que de quarantedeux ans et s'était déjà fait un beau nom parmi Iqs juristes. Molitor joignait à d'immenses connaissances toutes les qualités qui honorent le citoyen et qui constituent l'homme de bien ainsi que le véritable ami.
Dietionnaire dei faomniet de lettres , des saTants et àtê artUtes de la Belgique , 135. ^Ananaire de TUniversité de Liège, 37.— Annales de TUniTersité de Oand.— Souvenirs contemporains.
MONGENAST, Jeanr Pierre, fils de Pierre Mongenast , géomètre , et de Marie-Anne Olinger , est né à Luxembourg , le 1" octobre 1810.
Après avoir fait de brillantes études à l'Athénée de Luxembourg il alla en 1830 suivre les cours de droit à l'université de Liège ou il subit en 1832 , avec distinct tion , l'épreuve de la candidature en philosophie et lettres. Le 20 juin 1833 il fut avec beaucoup de distinction promu au grade de docteur en droit et prêta le 13 juillet suivant devant la cour d'appel de la même ville le serment d'avocat. Deux ans après il se fit inscrire sur le tableau
du barreau attaché an tribunal de Diekirch oii il plaida dans plusieurs causes assez épineuses qu'il parvint à gagner à ses clients. Envoyé quelque temps après au Conseil provincial d'Arlon , il se fit bientôt remarquer dans cette assemblée par la justesse de ses vues et la sagacité de ses raisonnements : est-il nécessaire d'ajouter qu'il professa toujours les idées les plus sainement libérales? Déjà en 1838, et même avant d'avoir rempli son stage d'a^ vocat, il obtint une nomination de juge au tribunal de Diekirch oii il siégeait à l'époque de la reprise de possession de la partie dite cédée ou du Grand-Duché actuel. En 1840 il fut transféré , toujours en qualité de juge , au tribunal de Luxembourg. Nommé en 1844 président du tribunal de Diekirch il obtint en 1848 un siège de conseiller à la Cour supérieure de justice du Grand-Duché. Le 12 août 1847 il avait épousé dame Henriette-Thérèse- Victorine Buschmann, de St. Vith, qu'il laissa veuve le 11 mai 18S0.
Studieux , instruit et consciencieux , Mongenast mettait à remplir dignement ses fonctions la sollicitude la plus religieuse. Véritable modèle de dévouement à la vé* rite et à la justice , il était d'un caractère doux et bienveillant bien que toujours ferme et résolu. Enfin son zèle bien connu pour la chose publique lui valut pen* dant son dernier séjour à Luxembourg l'honneur d'être nommé psésident de la commission des prisons , ainsi que membre de l'administration des hospices et du comité de législation.
Renseiguemenls communiqués. — Le joarnali Le Patriote, du 15 mai i8<S0, N^ 3».— Souvenirs.
MONGENAST, Simon, fils de Paul Mongenast, habile architecte, est né à Echternach et suivit d'abord les leçons de peinture du frère Abraham Gilson (v. son art.), d'Orval. Vers 1793 il abandonna la palette et les pinceaux pour entrer au service militaire dans l'armée impériale d'Autriche oii il devint bientôt capitaine d'un corps de sapeurs dans lequel il fît plusieurs
actions d'éclat pendant rinyasion du pays de Luxembourg par Tarmée française.
MoLLU , Beschreibang des Saaertkali . 54 , nq^
MONON, Saint, était originaire d'Ecosse : il vivait pendant la seconde moitié du 6"" et la première du 7* siècle, sa mort étant placée par Fisen sous Tannée
Ce pieux anachorète , dit la légende j ayant cru un jour avoir reçu du ciel Tordre d'aller dans les Gaules et d'y choisir une retraite au milieu de la forêt d'Ârdenne , sur la petite rivière de Nassogne nommée Fridier , se détermina à obéir et se mit en route. Après avoir abordé sur le continent il résolut avant dé se rendre dans la solitude qu'il se disposait d'aller habiter désormais , de faire un pèlerinage à Rome.
Chemin faisant il rencontra Jean TAgnean, évêque de Tongres avec lequel il lia connaissance. Ce prélat en le quittant l'engagea à venir le visiter à son retour , lui promettant de le faire conduire au lieu ou il allait passer le reste de ses jours. Monon profita de Tinvitation et Tévéque remplit sa promesse.
L'endroit qui lui fut indiqué était un désert affreux et couvert de ronces. L'hermite n'en fut pas effrayé. Il se mit aussitôt en devoir de défricher un petit coin de cette solitude et y bâtit un oratoire. Dès qu'il fut achevé , Monon s'y livra à tous les exercices de la piété. Le bruit de l'arrivée de cet étranger étant parvenu aux oreilles des habitants des environs ils y accoururent pour le voir. Le solitaire profita de ces visites pour prêcher la vanité des idoles, exhortant ces peuples à quitter leur culte superstitieux et bar-* bare pour embrasser celui des Chrétiens; et il en convertit plusieurs , tandis que d'autres , entendant ridiculiser les dbjets de leur vénération conçurent le projet de se défaire du prédicateur: Et en effet ils vinrent un jour en nombre envahir sa cabane , se ruèrent sur lui comme des furieux et Tassommèrent avec une hache ou un coin à fendre le bois, dont ils lui assenèrent un rude coup sur la tête.
A la nouvelle de cet assassinat les habitants se rendirent en foule à Thermitage de Monon qu'ils trouvèrent étendu et sans vie. Us recaeilUrent son cadavre, bfttirent à Tendroit de son martyre une église en Thonneur de Notre-Dame et Ty enterrèrent. Plus tard Pépin y établit nue collégiale de six chanoines et un prévôt auxquels il légua de grands biens. La ville de Nassogne honore St. Honon comme son patron et sa fête est célébrée le 18 octobre.
Fmbw, Historia Ecclesiae leodieBiii, 8tf, i^q- — BBaTBOLBT, II, 148, s^qq. — DiwBs, Dictionnsire |>;éognipUque dn royanme des Pays-Bas, 5!I9, sq.
MONTAGU ou MONTAIGU , Conon , comte de, appartenait à cette ancienne et puissante maison de Montagu , Mons acutus , dont Marcourt était le chef-lieu ou le siège et qui portait: de gueules ^ à Taigle d'argent.
Conon de Montagu occupa une place brillante parmi les compagnons de Godefroid de Bouillon (v. son art. à l'Appendice) pendant la première Croisade. Son nom est mêlé à tous les événements de cette expédition célèbre: la prise de Nicée, la bataille de Dorylée, la conquête d'Antioche et surtout la prise de Jérusalem dont il fut un des premiers à escalader les murs avec Godefroid et Robert comte de Flandre.
Après la conquête de la Terre-Sainte Conon retourna dans ses foyers en Tannée 1100 et tout fait présumer qu'il mourut peu de temps après, puisqu'il devait avoir atteint alors un âge assez avancé. En effet nos annales parlent déjà de lui en 1066 oii il souscrivit aux privilèges que Théoduin accorda aux habitants de Huy; il intervint de même en 1080 à un acte concernant la construction d'un pont sur la Meuse à Dinant, ainsi qu'en plusieurs autres occasions, à des traités de paix^ à des donations, etc. , etc. , toutes circonstances qui montrent bien qu'il était en grand crédit parmi ses voisins.
PiBMBT, III, 481$. — Bebtholet, III, 149, sq — La Gabdb^ Notice sur les laxembonrgeois célèbres^ il.
MONTAGU ou MONTAIGU, Henri de, dit: de Monte aeuto, sans doute du lieu de sa naissaoce^ ne nous est connu que par TouTrage suivant dont il est l'auteur :
Dcsmonis mimica in magim progressu tum in seetis errorum. Paris, 1612; in-12^.Ce ouvrage se trouve k la Bibliottièque de Luxembourg.
Cuàin , Gfttelogve dt la Bibliotbèqae dt Lavembourg , i6SI et 589.
HONTAGU9 Lambert, comte de, fils de Cooon (v. son art.), avait suivi son père à la Croisade et était revenu avec lui lorsque, répondant de nouveau à Tappel de St. Bernard, Tinstigateur de la seconde expédition sainte, comme Pierre THermite Tavait été de la première, il prit encore la croix sous Conrad III et Louis VU, roi de France.
La GAtM, Notice i«r les lasenbourgeois célèbres,
HONTAN, Montanus, St., est cité par Ghesquière comme ayant vécu en reclus entre Montmédy et Harville. Cependant cet auteur ajoute que les actes de ce personnage sont perdus et qu'on n'en connaît plus que le seul fait qu'il aurait prédit à la mère de St. Remy la naissance de ce fils qui se sanctifia à son lour. Une tradition constante, conservée à Tabbaye d'Orval et à celle de Juvigny ajoutaient que St. Montan avait été aveugle, et qu'il n'aurait récupéré la vue qu'en instillant dans ses yeux du lait de Cilinie, mère de St.
Remy.
St. Montant aurait ainsi vécu pendant la première moitié du sixième siècle.
Ghesquière cite à l'appui de ce qui précède une lettre d'Alexandre de Wiltheim qu'il nomme vir antiquae Historias peritissimus, et Henschenius ainsi que Hincmar.
GhisquiAkk, Acta Sanctorum Belgii, I, 449, sqq.
MONTGAILLARD, Bernard de Percin de, tus de Bertrand de Percin , seigneur de HontgaiUard, et d'Antoinette du Vallet, est né au château de Montgaillard en Gas-
cogne en l'année 1563. Sa famille qui était très ancienne, tirait son origine de l'Angleterre ou elle s'est confondue avec celle des comtes de Northumberland.
Le jeune Montgaillard avait un esprit tellement précoce qu'à l'âge de douze ans il avait terminé d'une manière très-brillante ses humanités et sa philosophie. A seize ans, c'est-à-dire en 1 679 il entra chez les Feuillants, ordre religieux nouvellement fondé ou plutôt reformé sur celui de Citeaux. Après une année de noviciat il fut employé à la prédication dans les villes de Rieux, Toulouse, Rhodez et Rouen.
Il s'en acquitta avec un tel succès qu'il fit rentrer un grand nombre de dissidents dans le catholicisme. Sa réputation d'é-.
loquence étant parvenue. aux oreilles du roi Henri III, ce prince voulut l'entendre et le chargea de prêcher aux Augnstins dans l'assemblée des chevaliers du Saint- Esprit. Il récouta avec tant de plaisir qu'il le fit ensuite prêcher le carême à St. Germain-l'Auxerrois. Les sermons qu'il fit après à St. Gervais et à St. Séverin sur le symbole des apôtres, opérèrent encore un grand nombre de conversions et lui acquirent la réputation du plus grand prédicateur de son époque. Cependant il n'était pas prêtre encore : mais son extérieur mortifié par les austérités excessives de son ordre, donnait du poids à ses paroles et attirait une foule immense à ses discours.
Rernard de Montgaillard, dans la force de l'âge et embrasé par son ardeur pour la religion, vivait à cette époque de triste mémoire oii le peuple français s'entredéchirait pour des motifs de religion, oii les familles s'étaient divisées pour suivre, les uns la Ligue les autres les Huguenots.
Montgaillard avait Tesprit trop ardent, des passions trop bouillantes pour ne pas prendre parti dans ce déplorable drame qui ensanglanta si inutilement la France ; et le parti qu'il y prit fat extrême par les prédications furibondes qu'il déclama du haut de la chaire afin de soulever les Parisiens contre l'autorité légitime de Henri
IV. On a même été josqu'à dire qu'il était entré dans un complot pour faire assassiner ce prince; mais Taccusation lancée n'a pu, parait-il, être légalement prouvée.
On l'a aussi nommé le laquais des Ligueurs et le Petit-Feuillant, parce que très jeune, d'une taille s?elte, éphëbe et boitant un peu, il se donnait beaucoup de mouvement pour son parti. On le vit également, ajoute-t-on, courir dans les rues de Paris une hache d'armes au côté et un espadon aux deux mains , pour exciter le fanatisme déjà trop violent des siens.
Cependant lorsque ces troubles furent apaisés et qu'il fut rentré en lui-même, il regretta bien sincèrement , assnre-t-on, ces coupables excès. Le pape Grégoire XIII, en considération de son zèle apostolique et de ses talents précoces lui avait donné dispense pour pouvoir être ordonné prêtre à dix-neuf ans. A la fin des massacres religieux en France Montgaillard alla à Rome, vraisemblablement pour cacher la honte qu'il avait d'avoir prêté l'appui de son nom et de son éloquence à la faction qui venait d'ensanglanter sa patrie.
Le pape Clément VIII le reçut avec bonté ; et comme ses austérités étaient excessives, ne couchant qu'entre deux ais la tète appuyée sur un escabeau , ne prenant de nourriture qu'une fois le jour après le soleil couché, et ne mangeant que des légumes sans sel, s'abstenant de la viande, des poissons et des œufs , le Souverain- Pontife lui ordonna en vertu de l'obéissance apostolique, de changer d'institut et de suivre la règle de Citeaux ; et finalement il l'engagea à se retirer en Flandre.
Montgaillard obéit et se rendit à Anvers 011 il prêcha pendant six ans avec beaucoup de fruit. L'archiduc Albert l'appela au bout de ce temps à la cour de Bruxelles, le nomma son prédicateur et lui offrit successivement les évêchés de Pamiers et d'Angers, ainsi que l'abbaye de Morimont. Mais le modeste religieux refusa. Il suivit l'ar* chiduc en Italie et en Espagne. A son retour il accepta en 1602 l'abbaye de Nivelles, dans le désir qu'il nourrissait d'y
introduire une salutaire réforme , et il y réussit pleinement.
L'abbaye d'Orval ayant perdu en 1605 son quarante-unième abbé, dans la personne de Remade Servais, non Cerfay comme Bertholet écrit, Bernard de Montgaillard fut désigné par l'archiduc pour lui succéder. Il se chargea de ce soin, tonjoqrs avec la résolution dy ramener l'observance de la discipline la plus austère. Comme à Nivelles, il eut le bonheur de voir ses pieux efforts couronnés d'un entier succès à Orval oii il sut se faire aimer par sa douceur et admirer par la patience avec laquelle il supportait les calomnies dont ses ennemis cherchaient à noircir les premières années de sa vie publique en répandant sur son compte les allégations les plus atroces.
L'abbé Bernard de Montgaillard avait beaucoup écrit ; mais il brûla tous ses papiers manuscrits pendant sa dernière maladie, de peur dit-il dans son humilité, de laisser après sa mort quelque monument de sa doctrine.
Ce pieux prélat mourut d'bydropisie le 8 juin 1628, à l'âge de 65 ans et fut inhumé suivant ses désirs, au bas de l'escalier qui du dortoir général des religieux conduisait à l'église. Il avait lui-même composé son épitaphe comme suit :
Viri magni, probi, boni, Chari Patres, Filii, Fratres, accedentes,
\d%$cedente$ ,
Ascendentes, descendentes ,
Videte, legite, audite, exaudite.
Hic jacet vester Bernardus,
Cui vos dilecti, qui vobis diltcius.
Miser et miserabilis, tnisericordiatnDomini
[et vestram Expetens, exoptans, expectans Eia! Heu! Eiaf Estote miséricordes, memores estote judicxi
\tne\.
Sic enim erit vestrum.
Heri mihi, et vobis hodie.
Hœo charissimi^ hœc perpendite
Et mihi miser o preces pandite.
Àbite, sancti estote et valete.
Expecto donec veniat immutcuio mea.
Frater Bemardus de Montgaillard hujus
[Ecclesiœ Abbas XXXXII.
Vivendo moriens et moriendo vivens sibi Posuit.
Cependant elle ne fut pas inscrite sur son tombeau qui porta la suivante , due à la plume de Tabbé Laurent de Laroche, son successeur:
Bbrnardcs de Montgaillard H. S.E.
Magnum Ordinis et s.cculi sui decus ,
NoBii.i APUD Vasconbs Persinorum familia