‹ Biographie luxembourgeoise: histoire des hommes distingues ..., Volume 2Chapitre 20 sur 61 · BOPPART SA FEMME · texte numérisé non relu

BOPPART SA FEMME

QV1 TREPASSA LE Z APVRIL 1573 . . .

(Ainsi vingt-un jours avant sa sœur Catherine , dont nous avons rapporté l'épitaphe plus haut.)

Arekires dt la Maton de WHti — Tablettes géaé»logiq««*, Cftmanmiquées par M. le Marqua m Vammbac alMÉGonar. — Bbbtiij, illtf, 198. — BiaraouT. — Piumt, I, foL LXXVIII; et IH, 7U8.— Tiimi», Histoire de HiioimUe, 107, 115 à 120, €74, 915» 405. - Ultimug, 59. — Arekire* de la Saeiété areMolag. de Lviemèaorg. — Notes d'étades. — Hésault, Anecdotes pont aeveia a l'Histoire de Thionriile; maaascrit. — Arcaires Municipales de WilU et du Bureau de Bienfaisance.

— Chronique manuscrite du curé Huasari de Wilts.

— Proiaeofc dn Notoire Allen, de Wilts.

WILTZ, Jean II, Baron d$s dit le jeune, pour le distinguer de son frère Jean-Godart, était troisième fils de Jean I", Baron de Wiltz qui précède, et de Claudine Bayer de Boppard. Nous ignorons Tannée de sa naissance; cependant un acte du 27 janvier 1603 le dénomme lieutenantrcolonel du régiment de Louis, comte de Wya.

Jean II se titrait de Baron de WilU, du Conseil de guerre des Séréuissimes Archiducs et Prévôt-Gouverneur de TbionviUe; seigneur de Wiltz, Buzy, Stadtr bredimus, Clervaux, Perlé* Sarable, Boucland, Weiller, Baron de Wersel, etc.

Pierre-Ernest, son frère aîné était mort sans alliance et avant son père , et Jean* Godard , son autre frère était engagé dans les ordres sacrés et splendidement pourvu, de sorte que le droit d'aînesse lui fut applicable et Fappela à la succession paternelle. Déjà quatre jours avant le décès da son père , c'est-à-dire le 20 octobre 1607, l'archiduc Albert, prenant sans doute en considération le grand âge , peut-être aussi les infirmités de Jean I", Baron de Wiltz, avait délégué au fils le commandement de la compagnie d'infanterie de son nom qui tenait garnison à ThtonviUe; et sept jours plus tard, c'est-à-dire le 27 du même mois, il le nomma Gouverneur de cette ville en remplacement de son père qui, comme on sait, était mort le 24 octobre.

Jean II , Baron de Wihz mit ses premiers soins à régler d'abord ses affaires de famille avec ses frères et sœurs qui pouvaient élever certaines prétentions à des parts d'hérédité. C'est ainsi qu'il s'obligea , peu de jours après , à payer à chacune de ses saurs une somme de mille Dalers pour désistement; et à sa demiesœur Anne-Marguerite , épouse de Wai*»

thier de Lutzelbourg il céda la jouissance de la seigneurie de Stadtbredimus. A son frère Alexandre il abandonna en 1610, c'est-à-dire à sa majorité, les terres de Buzy et de Chémilly, plus une somme de douze mille Dalers qui furent versée en 1616.

On était alors à cette époque de pénible souvenir ou une triste aberration de l'esprit humain entraînant les petits et les grands à ne voir partoot que des sortilèges et des sorciers , a conduit au snppCce des victimes innocentes par centaines t Jean II, Barod de Wiltz et ses gens de Justice payèrent à leur tour leur tribut à ee déplorable préjugé, témoin la note que nooe allons copier ici et qui est écrite de lu main même de ee seigneur dans un registre sans pegiuatfen, qui a appartenu aux archives de la maison de WiRx:

« Tout Ceufat q. Jay Met Justifier depuis *<q. je suis Seigneur en lu baronnie de « Wyltz {page arrachée).

GooqIc

« 1614. Le 21 Doctobr. Schullen lehn «pour crisme et faiet de sorcellerie . bralle.

« 1614. Le 21 Doctobr. Fasbender Jean «aultrement nomme Drussel pour anoir « espouse deux femmez. It • ponr auoir «donne a manger quelq. rascinne a sa «denzieme femme auant lanoir espouse « ponr fere auorter son fruict estant grosse « de luy . It. ponr le faict de sorcellerie • « brnlle.

«1014. Le 29 de Nonemb' Marie de «Stein ponr anoir espouse Fasbender, « Jan qui aooit deux femme ; combien Ton « lauoit vne fojs sépare de l'uy ; et quaussy « anant quel s'auoit marie anecq. led. Fasccbender at este de Iny enceinte elle at «mange par son conseil quelqz rascinnes « ponr auorter son fruict at este banny per- « petuellement anecq. la moytie de confis- «cation de ses biens , elle at eeu grâce « aultrement elle fust este exécute auecq. « lespe.

«1615. Le 1 de Januier Schumachers « Hartart de Niederwyltz pour le faict de «"sorcellerie at este bralle.

«1615. Le 17 de Januier Friderich « Clas d'Eschweiller pour le faict de sor- «cellerie at este brulle.

{Espace blanc d'un quart de page.)

« 1617. P de Nocheren at este

« brulle pour le faict de Sorcellerie.

«1617. Niles Peter derpeldange at «este exécute p. lespe pour auoir au «grand chemin de Wyltz à allerboren «par de la Juncker-Jans-Walt deualise a vne femme avecq» (le reste manque.)

Comme son père avait procuré à Wiltz le marché semainier du mardi et deux foires, il fit, en 1619 , octroyer à ce bourg une troisième foire franche , à tenir le jour de St. Urbain , comme cela résulte d'un acte du 16 avril de la même année. Il établit à cette occasion que les échevins auront à percevoir un demi bichet de vin pour leurs peines de surveillance à chacune de ces trois foires.

D'un autre côté, ce seigneur voulant étendre ses domaines, sans doute pour faire emploi des sommes qui étaient

provenues de différentes ventes de fonds du côté de Thionville, acquit en 1628 de l'archiduchesse Isabelle - Claire -Eugénie , et pour le prix de six mille deux cent huit florins à quarante sols , monnaie de Flandre, les villages de Stockem, Selscheîd, Donnange, Lullange, Bœvange (Clervaux) , Weicherdange , Crendal , Siebenaller , Hoscheid , Drauffeld et Kautenbach , en tout cent et neuf ménages, avec justice moyenne et basse.

Il paraît que le Baron Jean II séjournait presque continuellement dans son gouvernement de Thionville. Les Capucins de Luxembourg ayant , en 1624 , manifesté le désir d'obtenir nn établissement dans cette ville , le Gouverneur Jean de Wiltz les prit sous sa protection , leur céda un terrain près de la porte def Metz et leur obtint des Lettres-patentes d'autorisation en date du 20 mai de la même année. En 1629, leur église fut bénie par Tévêque de Madaure , suffragant de Metz , et le lendemain on y chanta les obsèques de Madelaine de Rye , marquise d'Ogliani ,' femme du Gouverneur : cette dame fut inhumée dans cette église en qualité de fondatrice. Elle avait été mariée en 1614 à Jean II, Baron de Wiltz, mais ne lui avait donné aucune postérité.

L'année suivante ce seigneur épousa en secondes noces Eléonore de Rye d'Ogliani, sœur de sa première femme, de laquelle il n'est de même né aucun hoir : cette dernière dame, qui avait apporté en mariage un million et trois cent vingt mille maravedis , monnaie espagnole dont l'unité répond à 1~ dénier de France ainsi environ 10,000 frs , survécut à son mari puisqu'elle a encore assisté à un acte en 1676 , trente ans après le décès de celui-ci.

La même année 1629, non 1631 comme Bertholet l'écrit, le 31 mai, Jean II, Baron de Wiltz obtint du Roi Philippe IV d'Es^ pagne le titre et la dignité de Comte de son nom, pour lui et ses successeurs mâles et femelles , et ce en récompense des services signalés que l'impétrant et ses ancêtres

avaient rendus à leurs souverains légitimes. Ce titre est trop flatteur pour la Maison de Wiltz pour que nous ayons pu omettre d'en transcrire ici un extrait :

« Philippe , par la grâce de Dieu , roy « de Castilie , de Léon , d'Aragon , des

« Deux-Siciles , etc Nous ayant été

« faict rapport des bons et agréables ser- « vices que, par longues années, a faict à « nos prédécesseurs et à nous nostre cher « et féal messire Jean, baron de Wiltz, de «notre conseil de guerre, et gouverneur a de Thionviile , tant en ladicte charge, «qu'il exerce pendant l'espace de vingt «années, avec toute fidélité et satisfaction, « qu'auparavant en plusieurs expéditions « militaires , en noz Pays-Bas , et autres «affaires d'importance et confiance, ayant, «pour ce, faict plusieurs voyages à ses « propres frais , tant à la Cour de Bru- « xelles qu'ailleurs , en tout quoy il s'est « louabiement acquitté de son debvoir , à «l'imitation de ses ancestres et parents, « qui se sont toujours emploiez avec beau- «coup de zèle au service de leurs princes « souverains , nosditz prédécesseurs ; et « dernièrement feu son père, lequel, pen- «dant les derniers troubles de nosditz «Pays-Bas, et durant l'absence du feu « comte de Mansfelt hors de son gouver- « nement de la province de Luxembourg, « et arresté par les estats-généraulx desditz « pays, lors désobéissants à notre couronne, « fit tout bon debvoir pour maintenir lace dicte province en la deue obéyssance, « nonobstant qu'il fût sollicité avec beau- «coup d'importunité par lesdits estats, « pour employer à leur faction, masquée «de l'intention et service de feu le roi « Philippe II , nostre très honoré grandce père, de glorieuse mémoire, le crédit et «l'autorité qu'il avait en icelle province. «A quoy, combien que plusieurs géné- « raulx 9e fussent laissé porter, il demeura «néanmoins toujours ferme et constant, « continuant en son debvoir , avec toute « fidélité. A laquelle cause il fut puis après « par sadicte majesté honoré de plusieurs « charges très importantes qu'il exerça'au

« grand contentement et satisfaction de ses « souverains ; s'estant aussi trouvé es sièges « de Metz et bataille de Saint-Quentin, il « fit monstre de son courage et valeur. Et « à son exemple, son fils aisné, après avoir « servy par l'espace de trois ans, en qua- « lité de gentil-homme de la bouche à feu «le roy notredit grand-père, se mit à «suivre les guerres contre les François, « où il fut faict prisonnier, et receut diffe- « rentes blessures, desquelles finalement il « mourut. Comme de mesme ledit messire «Jean, Baron de Wiltz, avec son frère «maisné, gentil-homme de la bouche de « notre très-cher et très-amé bon oncle l'ar- « chiduc Albert , que Dieu ait en gloire, « en ont reçeu plusieurs, dont le dernier « en demeura estropié de son bras droit. « Considéré en oultre que ladicte maison « de Wiltz a prins son origine et ex- « traction des marquis et comtes d'Arlon « et Chiny , s'estant sesdits prédécesseurs «par cy-devant intitulés seigneurs hauts «vouez du marquisat dudit Arlon, et que « d'ailleurs ledict baron de Wiltz a prins « alliance avec la fille du marquis d'Ogliani, «de la maison de Rye. Pour ce est-il

« que , etc Donné en nostre ville

« de Madrid , royaume de Castilie , le « trente-unième jour du mois de may , Tan «de grâce 1629.»

Ce fut Jean II qui fit construire le château actuel de Wiltz , élevé dans le style renaissance: c'est un vaste corps de bâtiment flanqué aux deux extrémités de pavillons à toitures élancées ; et en face, dans une cour immense , un second bâtitiment qui formait autrefois la chapelle castrale avec la brasserie y contigue. En avant , pour clôturer la cour , l'habitation du bailly et les écuries. La porte d'entrée avait une haute tour avec une horloge.

Telle est la description de ce château moderne , dont une pierre angulaire , à ras des fondations, porte la date du 23 mai 1631. Il parait que la grosse tour carrée qui forme l'angle Nord-Ouest de toute cette masse est le seul reste de l'antique manoir des hauts et puissants barons de

Goosle

Wilte gui occupait une partie de remplacement du jardin actuel. Cependant Mr Qobscheid, un des propriétaires modernes a relevé pendant ces dernières années une des anciennes tourelles destinées autrefois, suivant toute vraisemblance, à la fortification du castel : la tradition populaire nomme encore aujourd'hui cette tourelle , sur laquelle ou a trouvé le milésUpe de 1573, la tour aux sorcières, parce que sans doute les malheureux emprisonnés pour sorcellerie y ont été enfermés avant d'être conduits au supplice du feu; ces exécutions, dit-on, avaient lieu sur le plateau de Merckoltz , à l'endroit désigné jusqu'à ces derniers temps par une croix en bois , qui fut naguère remplacée par une chapelle bâtie en octogone.

En 1637 le roi d'Espagne gratifia Jean II , comte de Wiltz d'un régiment portant son nom.

Lorsqu'on 1639 le général Feuquières vint à l'improviste attaquer Thionville, le comte de Wiltz, qui en était gouverneur , se trouvait momentanément absent, de sorte qu'il ne put défendre cette place ainsi qu'il Peut désiré. Cependant à la première nouvelle qu'il en reçut il se hâta de joindre les généraux Picolomini et de Beck (v. son art.), auxquels on a dû l'honneur de la délivrance de la viUe:

11 marcha dans les rangs de leurs colonnes et contribua autant que cela lui fut possible à ce glorieux fait d'armes du 7 juin. M. Teissier orthographie mal te nom de Jean de Wiltz lorsqu'il écrit dans son Histoire de Thionville Voilth.

Enfin , par Patentes du 5 janvier 1640, Jean II , comte de Wiltz Ait nommé capUaine-gouveroeur-géivéral du Duché de Limbourg: c'était une espèce de retraite qu'il méritait à tous égards après ses longs services actifs. Le Limbourg était une province très tranquille, couséquemment facile à gouverner; taudis que Thionville demandait une surveillance incessante , à cause de sa situation à l'extrême frontière des Provinces belgiques vers la France qui,

remuante alors comme elle Ta toujours été, convoitait constamment le Luxembourg. Cependant, si nous pouvons en croire Pierret, ce changement de Gouvernement pour le comte de Wiltz n'aurait été motivé que par suite de la mauvaise intelligence dans laquelle le comte de Wiltz aurait vécu avec le Baron Jean de Beck, gouverneur du Luxembourg, auprès duquel il n'aurait pas voulu rester en sous-ordre.

Cinq ans plus tard, en 1645, comme Jean II comte de Wiltz voyait qu'il ne laisserait pas d'enfant, il fit son testament par lequel il institua pour vrais et légitimes héritiers de ses vastes domaines et de son titre de Comte, ses deux neveux, Jean- Nicolas et Claude-Ferdinand,. Barons de Wiltz, fils de son frère Alexandre et de Dame Barbe-Françoise Dandelot; et l'année suivante, 1646, ayant été mortellement blessé par les Français dans une embuscade, il fut transporté à Viset ou il mourut. Son corps fut inhumé aux Augustins à Bruxelles et son cœur ramené aux capucins de Thionville où il fut déposé dans la tombe de sa première femme:

Nous avons dit qu'il passait pour le fondateur de ce monastère.

Le manuscrit des Viri illustres mentionne ce grand personnage dans les termes suivants: « 1646. Joannes primus Comitum «in Wiltz, filins Joannis Domini a et in a Wiltz Gubernatoris Theonis villa ni, ipse «e vice Tribuno avunculi sui Bavari de « Boppardia in Hungaria, patris successor « et gubernator Theonisvillanus, eam urbem «quamdiu sui imperii contra Gallos vigi- « tenter servavit : post gubernator Dueatas « Limburgensis , mortuus Viseti, sepul- «tumque cor Tbeonisvillœ apud Capuci- «nos a se ibi fundatos, corpus BruxeHis « apud Augustinianos. »

Viri illustres, II, N° 133. — Archives del» i •on de 'Wiltz. — Teisski, Histoire de Thionville, 107, 113 à ÎUO, 174, 213, 405. - Ulvsmiic, 39. — Archive» de lu Société «rchéofogique de Lan» emboacg. — Notes d'études. — Kawierits Clobjsjs. — PisticT, I, foi. LXXVIU; et III, 738. — Butels, 133. — Ht»AULT, Anecdotes pour servir à l'Histoire de Thionville j insert. - Bmtbolet, V, 114.

Wiltz, Joffroy de; v. WILTZ, la

maison de.

Wiltz, Rodolphe de; v. WILTZ, la maison de*

Wiltz, Wauthier de; v. WILTZ, la

maison de.

WILTZ , autre famille de ce nom , qui semble être originaire de Luxembourg ou d'Arlon. Nous ne pensons pas qu'elle fût patricienne, bien que dans quelques titres de famille, à l'occasion d'une alliance avec la famille Brenner de Nalbach , elle eût pris la particule nobiliaire : Dans tous les cas elle ne sortait pas des seigneurs de Wiltz comme quelques personnes l'ont cru. Deux personnages de ce nom ont mérité de figurer dans la Biographie luxembourgeoise ; nous allons les passer en revue.

WILTZ, Melchior, dit le Docteur Wiltz, était de Luxembourg , si nous en croyons l'auteur du manuscrit des Viri illustres qui lui a consacré l'article suivant : « 1636* « Melchior Wiltz , Luxemburgensis , J. U. « Doctor , advocatns famosissimus in conte silio Luxemburgensi , maxime ob sena- « toris honores non admissos ; donavit «fundum in quo sacellum miraculosae B.

«Mariœ Virginia, Consolatricis Afflictorum « ad Luxemburgum situm. »

Ce passage nous apprend tout ce que nous savons sur ce personnage qui avait été marié à Gertrude Brenner de Nalbach, fille de Jean , seigneur de Berg , Rode et Antwen, et de Marguerite Housman d'Ebly. Nous nous voyons cependant autorisé à rectifier la date placée en marge du manuscrit des Viri illustres. En effet , Melchior Wiltz étant mort le 19 mai 1628, le milésime de 1636 n'a aucune portée.

D'un autre côté, Bertels rapporte qu'en 1604 le doyen d'Arlon nommé Pierre Wiltz fut enlevé par une troupe hollandaise sous la conduite d'un comte de Holbach, lorsqu'elle vint faire un coup de main à la foire de la Saint-Martin dans cette ville. Ce personnage a été vraisemblablement frère de Melchior, car il n'y a pas à penser

à Pierre Wiltz dont l'article soit, puisque ce dernier n'est né que soixante-sept ans après l'événement rapporté par Bertels*

Viri Maîtres , III, N° SIC - PabUeatioN de la Société archéologique de Laxemboarg t VI, 130; VIII, S4 partie, p. 6. — Manafcrit BuLveaaar. — Généalogie Brenaer dans eee titre» de famille. — Bcmi-iLS, 105.

WILTZ, Pierre, est né à Arlon, le 31 décembre 1671, et appartenait vraisemblablement à la famille du précédent, sans que cependant nous sachions s'il était son petit-fils ou bien issu en ligne collatérale.

Après avoir terminé ses premières études il entra dans Tordre des Jésuites en 1690, professa suivant l'usage les humanités pendant quelques années , puis fit son cours de théologie et se voua au ministère évangélique qu'il exerça pendant trente ans dans le Luxembourg où sa mémoire est encore en vénération pour le zèle qu'il mit dans ses missions.

Il est mort à Arlon, le 8 avril 1749, usé de travaux et de fatigues.

Le Père Wiltz a, dit-on, publié trentesix ouvrages rédigés la plupart en allemand, mais dont plusieurs ont été traduits en français. Il ne s'est occupé que de sujets ascétiques qu'il a traités d'une manière solide et instructive ; on y trouve beaucoup d'onction. Les plus connues de ses œuvres sont : V. Catéchisme à l'usage des soldats. — £°. Courte et solide instruction pour former la jeunesse à recevoir avec fruit les sacrements de pénitence et d'Eucharistie; Luxembourg , 1751; in-18; 48 pages. — 5°. Aurifodina spiritualis. — 4: Vie de St. François-Régis. — S0.

Petit Catéchisme. — 6*. Histoire de la chapelle de Notre-Dame de Consolation, à Luxembourg. — 7°. Avis pour gagner l'indulgence du jubilé. — 8°. Résumé succinct des articles de foi , à l'usage de la première jeunesse; in-24, 1796; 12 pages. — 9°. Maria , Mutter Jesu, Trœsterin der Betruebten , Patronin des Herzogthums Lutzemburg und der Grafschaft Ghiny, in ihrer naechst Lutzemburg gelegenen Capell wunderthaetige Noth-Helferin

allen Betruebten und Noth-Leidenden zum Trost vorgestcllt; vol. in-8°; Lutzemburg, 1736. — 10°. Der H. Aloysius der Engel der Geselschaft Jesu von Ihro PaebstUcher Heiligkeit Benedicto XIII. 1. zom Vorbild der Unschald und englischen Reinigkeit. 2. Zara Schutz Patron der Jugend beydes Geschlechts vorgestellt mil toIIkommenem Ablasz an seinem Festtag den 21 Junii . Hit anch Tollkommenem Ablasz an sechs Sonntœg jedesmal verliehen Ton Clémente XII. . wie dieser Heilige za verebren uod den Ablasz za erlangen wird kuertzlich vorgestellt von R. P. Petro Wiltz, der Soc. Jeso . Gedruckt zu Luetzemburg, bey J. B. Ferry binterlassenen Erben, im Jahr 1743. Cum approbatione Soperiorum; toI. in-12; 104 pages.

L'évéque de Hontheim le dit : « Poeta « et orator laudatus, qui multifariarum vir- « totom laude successit Philippo Scou ville.»

Lacabbk, lfotiee far les laiemboorgeoit célèbre*, 55. — De Fbllbb, DictioBBaire historique; litt. W.

— Ab Hortbbib, Hist Trerir diplomat. III, 930.

— Bbatboi.it, VIII, 197. — Publication! de la Société archéol. de Loibrg., VIII, 51* part. <S.-Nabob, Catalogue de 1b Bibliotb. de Luibrg., 145 et 717.

— Courra, JSacyclopédie noderae, XUV, 186.— Biographie anirereelle , L, 610. — Nbubbrr, Les antears luxembourgeois, 39, ta,.

Wittlich, Jean de; t. JEAN, dit de Wittlich.

Woizb, Thilman, de Bousse; v.

BOUSSE , Thilman de.

WOLFF , Mathias , puîné de neuf enfants, est né à Diekirch, le 9 mars 1779. Son père, bon bourgeois qui se nommait Mathias comme lui, et sa mère, Anne- Marie Zenner, appartenaient à deux familles originaires de la même Tille , lesquelles ont été fières de pouvoir compter jusqu'à dix-sept prêtres dans leur parenté.

Dès sa plus tendre enfance le jeune Wolff donna les preuves les moins équivoques d'une vocation décidée pour la Tie religieuse, mais surtout pour la prédication. Il n'avait en effet que six à sept ans encore que déjà , réunissant ses camarades du même âge, il leur prêchait souvent pendant

des heures entières , monté sur quelques planches arrangées en forme de chaire : Dans c?a prônes improvisés, dit-on, il se laissait ordinairement aller jusqu'à l'enthousiasme lorsqu'il cherchait à relever les défauts de ses compagnons. Il arriva même un jour que , s'abandonnant aTec chaleur à son sujet, ses gesticulations le firent trébucher sur son escabeau qui fut renversé, entraînant dans sa chute le jeune orateur qui se cassa un bras.

Lorsque Mathias Wolff fut un peu plus avancé en âge, un de ses oncles paternels, Joseph Wolff, qui était pour lors curé à Derenbach au canton de Wiltz, se chargea de le préparer aux études humanitaires:

c'est aussi chez cet oncle qu'il fit sa première communion. Après qu'il eut appris les principes préparatoires aux connaissances nécessaires pour entrer dans un collège , surtout les premiers éléments de la langue latine, le même parent, qui voulut être son Mécène, le conduisit à Luxembourg oh il se distingua constamment par srfn application, ses progrès et sa conduite exemplaire, à tel point que son professeur se sentit engagé à inscrire, en signe de témoignage de sa satisfaction particulière, le distique suivant dans le livre qui lui fut donné pour prix :

Sedulitatis amans , multa probitate de-

[corus Quo pede cœpisti, sic bene semper eas.

Après qu'il eut terminé sa rhétorique il fut envoyé à Stavelot oii, comme toujours, avide d'apprendre il prit auprès de soldats qui pour lors se trouvaient en garnison dans cette petite ville des leçons de français qui n'était à cette époque pas enseigné dans rétablissement qu'il avait fréquenté. Il fut ensuite et pendant plusieurs années chargé de diriger l'éducation des trois fils du comte de Montigny, alors régisseur des domaines de la maison d'Orange. Après avoir quitté cette famille il se rendit à Cologne pour faire sa philosophie et sa théologie. Pendant qu'il suivait ces leçons à l'université il fut admis en qualité de précepteur ou de répétiteur dans la mai-

son d'un sieur Gaspard Engels qui était connu pour son attachement au catholicisme. Cette place, dit son biographe, outre qu'elle l'éloigoait des dangers auxquels la vie d'étudiant semble particulièrement exposer les jeunes gens, eut encore l'avantage , par les émoluments qu'elle lui fournissait, de diminuer le chiffre des dépenses que ses études universitaires devaient occasionner à ses parents.

Il y suivit la philosophie du Père Knipschild , ex-jésuite qui le prit bientôt en amitié et avec lequel il conféra pendant longtemps sur la question de savoir comment il pourrait lui-même être admis dans Tordre d'Ignace de Loyola. Le professeur devait lui aider dans ce projet et le faire agréer en Russie ; les circonstances défavorables dans lesquelles on se trouvait alors , de même que le désir que Wolff nourrissait pour subir l'examen de Bachelier en Théologie avant d'entrer dans cet ordre, s'opposèrent alors à la réalisation de son projet. Et, chose étonnante, les événements vinrent même plus tard empêcher l'exécution de son dessein de prendre le Baccalauréat : toutefois il avait entretemps étudié sa théologie avec tout le zèle et tout le succès désirables , témoin l'attestation de ses professeurs : « Si ad «finem anni studia producere licuissct, « inter duos primos palmam fuisset repor- « taturus. »

Il obtint le sous-diaconat ainsi que le diaconat dans le diocèse de Liège. Et, après avoir reçu la dispense d'âge nécessaire il fut sacré prêtre, le 25 avril 1802 , à l'âge de 23 ans , et revint aussitôt chez son oncle auquel il était rede- ' vable de beaucoup de bienfaits et qui venait seulement de reprendre ses fonctions pastorales après les persécutions qu'il avait subies pendant le régime de la terreur à cause de son refus de prêter le serment révolutionnaire.

L'abbé Mathias Wolff célébra dans l'église de Derenbach ses prémices auxquelles assistèrent jusqu'à vingt - deux prêtres qui tous n'avaient que depuis peu

été rendus à la tranquillité après le concordat du 15 juillet 1801.

Peu de temps après le jeufte prêtre fat nommé vicaire à Useldange où dès les premiers jours de son arrivée il commença à consacrer ses heures de loisir à enseigner les principes à des jeunes gens qu'il prenait en pension chez lui. U ne resta à Useldange qu'un an au bout doquel il fut envoyé â Diekirch, toujours en qualité de vicaire, afin d'aider le doyen de Maringer dans l'accomplissement de ses fonctions pastorales : cet ecclésiastique , qui était constamment maladif depuis son retour de l'fle de Ré où il avait été transporté par les sensculottes pour refus de prêter le serment républicain , se .trouvait dans l'impossibilité de vaquer à ses nombreux devoirs, de sorte qu'il fallut bien lui adjoindre un prêtre actif et zélé ; et cet auxiliaire avait été parfaitement trouvé dans la personne de Mathias Wolff.

Cependant, malgré les occupations incessantes que lui donnait l'administration d'une paroisse très étendue et très considérable, l'abbé Wolff sut encore trouver assez de temps de reste pour continuer ses leçons à ses élèves; il en avait en effet amené quelques-uns d'Useldange, entr'autres le professeur Glomes (v. son art.); et quelques jeunes gens de Diekirch de même que des environs s'étaient adjoints aux premiers, de manière que le nombre des étudiants qu'il forma successivement s'est élevé jusqrô quarante, dont dix-sept , dit-on, devinrent prêtres.

D'un autre côté, par ses procédés Mathias Wolff avait le tact de se faire estimer de tous : il fut en effet toujours ponctuel à remplir exactement ses devoirs, il était charitable et vertueux , il prêchait avec éloquence et onction , écrivant tonjours ses discours parce que jamais il n'a voulu se reposer sur son talent d'improvisation lorsqu'il devait parler la parois divine. Toutes ces qualités si nécessaire* au ministre des autels Wolff les possé*

dait à un éminent degré. Àossi était-il parvenu à se faire tellement aimer des habitants de Diekirch qu'après une maladie au peu sérieuse qu'il renaît de faire, le public ayant appris ua jour qu'il devait recommencer à dire la messe, se rendit en procession devant son domicile pour le conduire à l'église , croix et bannière en tête ; ovation bien touchante qui donnait un démenti formel au proverbe qui dit que personne n'est prophète chez soi.

C'est ainsi que ce véritable prêtre vécut jusqu'en 1807 où pendant une visitalion ecclésiastique pour distribuer le sacrement de la confirmation l'évéque de Metz, monseigneur Jauffret vint à Diekirch et apprit à le connaître plus particulièrement. II l'apprécia, le prit en affection et le nomma professeur dans son grand séminaire. L'abbé Wolff quitta en conséquence Diekirch pour se rendre à Metz 5 accompagné de plusieurs de ses élèves qu'il avait su pousser assez avant pour les faire admettre aux leçons de théologie.

Cependant il n'occupa sa chaire professorale que pendant un an , au bout duquel , on ne sait pas pour quel motif il demanda à quitter Metz. L'évéque qui l'estimait infiniment, tenta de le conserver auprès de sa personne et offrit même de le faire son vicaire-général. Mais il refusa cette dignité, de même que le doyenné de Bastogne > pour accepter la paroisse de Dudelange , village qui ne se relevait qu'à peine après les désastres que les armées françaises lui avaient fait subir à l'époque de leur invasion dans le Luxembourg.

À Dudelange comme à Diekirch il fut on véritable modèle d'activité, de zèle pour le culte, de désintéressement , d'abnégation , de charité, de toutes les vertus chrétiennes en un mot; c'est assez dire qu'il parvint bientôt à se faire estimer et aimer par tous comme un véritable père. À Dudelange aussi il trouva assez.de temps de reste après ses devoirs pasto-

raux accomplis , pour pouvoir donner des cours de latin , etc. , à des étudiants qu'il prenait en pension chez lui ; et l'on devait naturellement croire que le plus grand de ses désirs aurait été d'y finir ses jours au milieu du troupeau qu'il aimait de l'amour le plus chrétien. Mais une autre vocation l'appelait dans une direction différente. Nous avons vu plus haut que déjà pendant son séjour à l'université de Cologne il avait eu dessein d'entrer dans l'ordre des Jésuites , dessein dont la réalisation pour avoir été contrariée pendant une vingtaine d'années n'en devint que plus ardent après que Pie VII eut donné la bulle du 7 août 1814, par laquelle cette société est rétablie dans son ancienne splendeur comme dans ses prérogatives primitives : En effet , dès le 13 février 1815 il avait quitté Dudelange et était entré au noviciat de Rumbeke, d'où cependant le retour de Napoléon Ier de l'île d'Elbe le fit sortir pour retourner à sa cure qui n'était pas encore occupée. Après l'abdication de l'Empereur à la suite de la bataille de Waterloo, Mathias Wolff abandonna de nouveau Dudelange pour aller, à l'âge de trente-sept ans continuer son temps d'épreuve à Dussel* bergen près de Gand, où le premier entre les luxembourgeois il prit l'habit de la compagnie de Jésus depuis la restauration de cet ordre.

La bonne réputation que le curé Wolff avait su s'acquérir dans la conduite pastorale n'avait pas pu rester ignorée des chefs de l'Ordre dans lequel il venait d'entrer; aussi dès le 15 juin 1816 j aussi* tôt après qu'il eut fini son noviciat , lui confia-t-on la direction de la paroisse de Culembourg dans la province de Gueldre, ou le Père Pierre de Hasque lui fut adjoint. À Culembourg comme à Useldange, comme à Diekirch et à Dudelange, le Père Wolff sut bientôt se faire admirer et estimer de tous par son zèle et ses vertus; et il gagna même tellement la confiance de ses paroissiens qu'il n'eut pas de peine à amasser une somme de soixante-dix

mille francs en dons gratuits pour la construction d'une église neuve dans cette ville. Il y édifia de la même manière le superbe bâtiment qui renferme aujourd'hui le séminaire archiépiscopal et qui coûta au-delà de deux cent mille florins des Pays-Bas.

D'un autre côté, le Père Wolff avait, déjà dès les premières années de son séjour à Cnlembourg remarqué avec douleur combien l'éducation des personnes du sexe catholiques laissait généralement à désirer dans la Néerlande. Il voulut porter remède à ce mal en fondant , vers l'année 1822 , une Congrégation de Dames qui se vouèrent à l'instruction des jeunes personnes catholiques. Dans cette intention il prit conseil auprès de ses Supérieurs , puis se mit à rédiger des Constitutions prises partie dans la règle des Jésnites, partie dans celle de la Congrégation du Sacré-Cœur et dans d'antres ordres analogues. Son travail achevé , il l'adressa au général de la Compagnie de Jésus et le soumit en même temps à MM. Cramer, van Banning et van Roy, qui l'approuvèrent. Cependant la rédaction et l'approbation de ces constitutions ne suffisaient pas pour arriver au but que le P. Wolff s'était proposé d'atteindre; il fallait encore chercher les moyens matériels nécessaires pour mettre l'entreprise à exécution; et il les trouva dans l'empressement que ses amis et ses adhérents mirent à lui ouvrir leurs bourses. Lorsqu'il eut de cette manière réuni les sommes nécessaires , il choisit sept personnes , chez lesquelles il avait cru reconnaître une véritable vocation religieuse et les envoya dans un couvent à Namur , afin d'y acquérir les connaissances nécessaires. Après qu'elles eurent passé le temps de leur noviciat et terminé leurs études, elles revinrent et subirent avec succès l'examen requis ; mais elles n'obtinrent l'autorisation d'enseigner que lorsque le Roi Guillaume Ier des Pays-Bas la leur eut accordée directement par un ordre de cabinet. Aussitôt après ces re-

ligieuses acquirent à Amersfort une maison spatieuse dans laquelle elles admirent des pensionnaires dont le nombre fut bientôt assez grand pour pourvoir à l'entretien de l'établissement. Le pieux fondateur avait d'abord eu l'intention de partager son institution en deux sections, dont l'une était destinée à l'éducation des demoiselles de famille, tandis que dans l'autre on s'occupait à élever et à instruire les filles de la bourgeoisie moins fortunées ; et encore ce projet lui réussit, de manière que le pensionnat pour les familles riches resta à Amersfort , tandis qu'un autre fut établi dans les environs de Bois-le-duc. Depuis cette époque ces deux espèces d'institution se sont très répandues dans la Néerlande. La maisonmère d' Amersfort ainsi que ses succursales portent le titre de sœurs de Notre-Dame, tandis que celle des Anges près de Boisle-duc se nomme sœurs de Jésus, Marie, Joseph. Pendant les dernières années quelques sœurs d' Amersfort ont même établi dans le diocèse de Munster, en Prusse , une maison de leur ordre, indépendante de la maison-mère ; elles se disent sœurs de Notre-Dame comme les premières. En 1852 il existait dix pensionnats de cet ordre dans les Pays-Bas et en Prusse.

Le Père Wolff, qui par sa dévotion exemplaire, ses qualités privées et ses vertus chrétiennes s'était acquis la plus entière confiance de ses chefs d'ordre, fut désigné le 9 juillet 1824, ainsi huit ans seulement après qu'il eut accompli son noviciat, supérieur de toutes les maisons de Jésuites dans les Pays-Bas; et il rem* plit cette dignité avec la prudence et la fermeté nécessaires jusqu'au 5 mai 1835. Le 20 janvier 1820 il avait prononcé ses quatre vœux solennels.

Le 5 septembre 1834 il fut transféré de Culembourg oh il avait été nommé curé en 1816, à la cure de Nimègue.

Il y déploya le même zèle et parvint dans ce nouveau poste à gagner la même estime générale comme la même confiance. Il

bâtit également dans cette ville une superbe église au moyen des dons gratuits que ses paroissiens s'empressèrent de lui verser dans ce dessein.

Non content de passer sa vie à catéchiser la jeunesse , à prêcher pour ses paroissiens , à construire des églises et à fonder un ordre religieux utile surtout sous le rapport civique, le P. Wolff voulut aussi bien mériter du clergé: dans cette intention il institua des retraites pour les prêtres et il y prêcha avec dévouement comme avec conviction. C'est ainsi qu'il tint eu 1837 des exercices spirituels chez les capucins de Yelp dans le Brabant septentrional , et ^u'il les réitéra en 1838, en 1839 et en 1840. En 1838, 39, 40 et 41 il organisa à Uden, dans la même province, une retraite cléricale , en partie pour les prêtres et en partie pour les séminaristes. Enfin il en fit une autre en 1842 à Gaesdonck dans le diocèse de Munster, et en 1843 une à Oldenzahl dans l'Ower-Yssel et à Haren près de Bois-le-duc. Il prêcha également plusieurs missions pour le peuple et dirigea presque toujours les exercices spirituels dans les pensionnats qu'il avait fondés.

Son activité pour stimuler l'esprit religieux chez les catholiques des Pays-Bas produisit tous les fruits qu'on pouvait en attendre , parce qu'en réalité elle n'était que le résultat d'une conviction profondément sentie et exprimée avec un courage digne des premiers siècles de FEglise. Et il lui fallut bien tout ce courage au milieu d'une population protestante qui , tout en exigeant pour soi-même toutes les libertés dans son culte, ne veut point consentir aux autres l'exercice public des cérémonies prescrites par leur conviction religieuse. Aussi eut-il des luttes terribles à soutenir , ce missionnaire infatigable qui se vit même plus d'une fois exposé h se voir assassiner par ces hommes égoïstement passionnés: on rapporte en effet qu'à Galembourg il soutint un jour un coup de feu qui cependant ne l'atteignit pas ; quelque temps après , dans un pré-

tendu repas d'amitié , du poison se trouva mêlé à son vin, etc. II faut nécessairement conclure de toutes ces circonstances que le Père Wolff avait acquis dans l'esprit des Hollandais dissidents une haute importance sous le rapport de son antagonisme contre la réformation! Mais les moyens qu'on employa pour le faire taire étaient-ils bien choisis ? nous nous croyons autorisé à le. nier formellement ; car des attentats de cette nature ne peuvent être justifiés sous aucun point de vue.

Lorsqu'en 1837 l'archevêque de Cologne fut relégué dans la forteresse de Minden pour n'avoir pas consenti à approuver le principe des mariages mixtes que le gouvernement prussien prétendait imposer au clergé catholique, le P. Wolff, avec son entraînante éloquence sut tellement remuer les cœurs des catholiques Néerlandais qu'ils le députèrent en juillet 1841 auprès du prélat prisonnier et le chargèrent de lui remettre un Christ de grand prix comme souvenir de leur admiration pour sa résolution de ne pas dévier de la doctrine de l'Eglise.

En 1846 le P. Wolff retourna à Culembourg en qualité de Supérieur ; mais dès le 24 mai 1849 il se vit forcé de résigner cette dignité parce que ses forces diminuaient sensiblement. Cette circonstance ne le fit cependant pas, malgré ses infirmités et son grand âge , relâcher de ses travaux apostoliques , à catéchiser la jeunesse pour la préparer à la première communion , à entendre les confessions et à se livrer à la prédication.

Le 25 avril 1852 il eut le bonheur de célébrer son jubilé de cinquante ans de prêtrise. Il est mort à Culembourg, le 31 octobre 1857, à l'âge de 78 ans et près de sept mois.

Le P. Wolff n'a, que nous sachions, laissé aucune œuvre imprimée. La Bibliothèque du Progymnase de Diekirch possède de lui en manuscrit des sermons pour tous les dimanches de l'année ecclésiastique : ils sont rédigés eh latin , parce qu'à l'époque où il a fait ses études cette

F le

langue était toujours employée comme véhicule dans l'enseignement ; rien d'étonnant dès lors qu'elle lai fût la plus familière pour lui servir dans ses rédactions.

C-P. Cuira , Biographie en E. P. Natbiaa WalaT; tau i Progiaawe dm Progymnase 4eDielwreh,A8tt8; p. 1 à 14.

Wulfilaïcot, St.; v. WALFROY, St.

WURTH, Jean-Théodon, fils de Jean- Baptistë-Charles Wûrth , Docteur en médecine, Président de la Commission médicale du Grand-Duché de Luxembourg, et de Marie-Madelaine vander Noot, est né à Luxembourg, le 20 février 1802. Dès son plus jeune âge Wiirth montra les plus heureuses dispositions pour l'étude et disuta toujours à l'Athénée de sa ville natale les premières places à ses condisciples.

En 1817 il alla à l'université de Liège qui venait d'être créée , et y suivit les cours des sciences naturelles et de médecine. En 1821—22 la faculté des sciences physiques et naturelles avait mis au concours la question suivante : « Cum notum ce sit multa petrefacta in nostris regionibus « reporta ad animalium species pertinere, « quae aut ipsae aut quaruin affines in calice dis tantum terra? partibus vivunt, quaecc ritur ; quœnam hypothesis probabilior sit, « utrum ea : has species magne olim diluvio « ex aliis regionibus ad nostras appulsas ; « an haec : harum terrarum olim incolas «climatis conversione perditas esse?» — Le mémoire qu'il envoya obtint la médaille d'or.

Le 5 août 1823, après avoir soutenu avec une rare distinction ses examens académiques et défendu une thèse très bien écrite : De observatione in medicind , il obtint le grade de Docteur en médecine ; et le 6 et le 9 du même mois il prit successivement ceux de Docteur en chirurgie et de Docteur dans l'art des accouchements. Ne se contentant pas des connaissances qu'il avait acquises aux savantes leçons des célèbres Aosiaux père , Comhaire et Sauveur père , il voulut encore entendre les professeurs de Paris afip de se per-

fectionner autant que possible dans le difficile art de guérir avant d'en entreprendre la pratique : et Dupuytren lui rendit un jour le témoignage « d'être un excellent «opérateur.»

De retour de Paris, J.-Th. Wûrth s* fixa à Luxembourg où il s'acquit bientôt une réputation étendue et une immense clientèle : on ne le consultait pas seulement k Luxembourg et dans le Grand- Duché ; ses talents et son savoir le firent souvent appeler dans les Pays voisins.

Il avait en outre le don si précieux d'inspirer la confiance la plus entière à ses malades.

Après la mort de son père, en 1826, il le remplaça comme membre de la Commission médicale dont il fut nommé secrétaire : ces fonctions il les a remplies tant qu'il a vécu. Entièrement dévoué à ses malades, principalement parmi les pauvres, son zèle éclata surtout lorsque l'épidémie cholérique vint ravager la ville de Luxembourg, en 1832. Le Mémorial administratif du Grand-Duché, année 1833, contient l'exposé statistique des ravages de cette maladie , telle qu'elle a régné dans la capitale : Wttrth rédigea ce travail important qui a été reproduit dans d'autres recueils de l'époque ; et feu S. M. Guillaume II, roi des Pays-Bas, Grand-Duc de Luxembourg, voulant reconnaître publiquement ses services dans cette circonstance comme dans beaucoup d'autres, lui décerna son ordre luxembourgeois de la Couronne de chêne, par arrêté du 3 avril 1843, réparant ainsi un oubli , peut-être une ingratitude d'une autre époque.

Jean-Théodore Wttrth n'était pas seulement un médecin et un chirurgien très habile, il avait aussi des connaissances très étendues en physique , en chimie , en minéralogie , en géologie , en botanique, etc. Au courant de ces sciences , il suivait leurs progrès avec une ardeur incessante. Membre de plusieurs sociétés savantes, il devint un des fondateurs de celle des sciences naturelles de sa ville natale, et il en aurait été unanimement acclamé Pré-

aident si on n'avait pas en à craindre ses nombreuses absences forcées comme médecin-praticien.

Le savant Docteur était aussi un des hommes les plus recherchés dans la société, & cause de son aménité, de sa bonté et de sa douceur. Aussi, la considération générale dont il jouissait le fit-elle choisir en 1848 , comme membre des Etats du Pays lorsque ceux-ci furent chargés de la révision de la Constitution d'Etats, octroyée en 1841; et les procès-verbaux de la session extraordinaire , dite la Constituante, sont là pour montrer qu'il était un des députés qui comprenaient le mieux les véritables besoins du Pays. Il fit également partie de la députation qui s'est rendue à La Haye au mois de juillet de la même

année, pour recevoir le serment du Roi à la Constitution nouvelle.

J.-Th. Wurth est mort célibataire, le 11 mai 1852, âgé à peine de 50 ans. Il fut unanimement pleuré, parce que réellement il avait été l'ornement et la gloire de son pays. II eût pu choisir un plus grand théâtre pour établir sa réputation ; mais sa modestie et son amour pour la patrie lui ont fait préférer de rester au sein de ses amis.

Wûbth Paquet, Notice biographique snr J.-Tb. Wûrth; dans. Annales de la Société des science* naturelle! du Grand-Duché de Luxembourg, I. 1855, 131 , s<jqq. — Souvenirs contemporains. — Annuaire de l'université de Liège, 1850, 34 et 89. — Mémorial administratif du Grand Duché de Luxembourg, 1833. — Procès-verbaux de la Session extraordinaire des Etats du Grand-Duché de Luxembourg, 1848.

Yolande, comtesse de Vianden; v. VI- Yvois, Gilles d*; v. GILLES dit

ANDEN, Yolande, comtesse de. d'Yvois.

Yvois, François d' ; v. FRANÇOIS, Yvois, Hubert d'; y. HUBERT, dit

dit d'Yvois. d'Yvois.

Zarasin, Pierre-Dominique; ▼• SAR- RAZIN, Pierre-Dominique.

ZORN, Marie de, florissait pendant la seconde moitié du dix-septième siècle.

Nous n'avons que des données fort incomplètes et très incertaines sur la famille de cette personne aussi pieuse que généreuse, à laquelle quelques-uns dénient sa qualité nobiliaire, tandis que nous avons

encore connu à Luxembourg une dame de Zorn généralement reconnue comme appartenant à Tordre équestre. Quoiqu'il en soit , le peu de renseignements qui ■ous ont été conservés sur Marie de Zorn nous ont appris qu'elle était fille unique de Jean Zorn ou de Zorn, avocat au conseil provincial, et de Louise de Marche, Il résulte d'un autre côté d'un fragment de la généalogie des de Grautheim , que nous devons à l'obligeance de feu le marquis de Villers de Burgesche , que Hubert Zorn ou de Zorn , 1" mari de Marguerite de Craothetm était Badischer Amtman k Castellaun. Il laissa Jean-Richard de Zorn, mort en 1671 , époux d'Apolline de Linden, et N. de Zorn, marié à N. Schomau de Mering. Jean-Richard de Zoru cirappelé eut à son tour un fils, marié à une dame de Rœmer, de Vianden, toutes alliances nobiliaires. Les quartiers des de Cœlen , vers la même époque , ont également enregistré un Mathias de Zorn qui eut un fils, Adam de Zorn, échevin de Lennig , et Marie de Zorn , femme d'Arnonl Hollinger. Cet Adam de Zorn laissa de Marguerite Strenge son épouse neuf filles , parmi lesquelles Madelaine qui alla habiter Ehnen.

Marie de Zorn , à laquelle le présent article est consacré , n'avait pas contracté d'alliance matrimoniale ; ce fait est prouvé par la qualification de domicella qui lui est donnée dans l'acte de son décès qui se trouve aux archives de l'hospice de Luxembourg.

Touchée des souffrances des nombreux malades et blessés qui affluaient si souvent dans la ville de Luxembourg, place de guerre sans cesse exposée aux attaques de l'ennemi , et voulant leur procurer à tous, bourgeois et militaires , des soulagements efficaces, elle conçut le projet d'y ériger une maison de religieuses hospitalières:

elle destina à cette fondation sa maison d'habitation située près de l'église des Dominicains, aujourd'hui paroisse de St.

Michel, un jardin hors de la porte du château, deux fermes rapportant par au dix à douze muids de grains ainsi que les meubles et ustensiles nécessaires au ménage, finalement quelque bétail.

L'autorisation nécessaire loi fut accordée par Patentes datées de Bruxelles, au mois d'août 1667, sous la condition que, a moins d'une permission spéciale du Conseil provincial, il ne pourrait jamais y avoir plus de six religieuses , et que ta dotation serait augmentée d'une rente annuelle, de cent florins de Brabant. Il était dit de pins que «la suppliante auparavant de « pouvoir iouyr du fruict de ces d1* prête sentes, sera tenue de les faire présenter a tant aux dits de noz finances qu'à ceux « de notre chambre des comptes en Erece bant , pour y estre respectivement enregistrées, vérifiées et entérinées à la « conservation de noz droitz , hauteurs et « authoritez. »

Marie de Zorn , après avoir fait remplir les différentes formalités de l'enregistrement de ces lettres-patentes , démarches qui ne furent terminées qu'en février 1671 , fit immédiatement venir d'Aix-la-Chapelle deux sœurs hospitalières de Ste. Elisabeth, tiers-ordre de St. François , et les mit en possession des biens qu'elle leur avait légués.

Vers la même époque on était occupé à des constructions devenues nécessaires pour mieux approprier à sa destination l'hospice de St. Jean, au Grund, fondé en 1309 par l'empereur Henri VII , comte de Luxembourg et son épouse l'impératrice Marguerite , née duchesse de Brabant.

Voyant peu de temps après l'arrivée de ses religieuses que le service intérieur de l'hospice laissait inGniment à désirer, parce que, dirigé par des mains inhabiles ce service ne répondait pas a ce que les bienfaiteurs de l'établissement devaient en attendre , Marie de Zorn ne tarda pas à se persuader que ses religieuses y seraient mieux placées que des serviteurs

mercenaires. Efle offrit en conséquence «Ty apnçtcr sa fondation. Cette offre généreuse fut accueillie avec empressement par les proviseurs et, m» leuas repr*senta lions, Fanion fat agréée par Patentes do 6 juillet 1672, sons la condition que les sœurs hospitalières continueraient, . quand elles en seraient requises , h donner leurs soins aux malades en Tille , *parmy «un salaire modéré et raisonnable. » Elles furent solennellement installées dans l'hospice , le 25 du même mois de juillet 1672, et ont continué à le diriger comme à en faire le service intérieur jusqu'à nos jours.

Non contente de ces bienfaits envers l'hospice de Luxembourg, Marie de Zorn Toulut à tout jamais lui assurer des ressources et fournir aux religieuses les moyens de recevoir un plus grand nombre de sœurs. Dans cette intention elle leur légua la majeure partie de sa fortune , par testament olographe daté du 22 août, toujours de la même année 1672, à la condition toutefois qu'elles n'entreraient en jouissance de ce legs considérable qu'après la mort de la testatrice. Cette donation , la plus importante qui ait jamais été faite à f établis» sèment, comprenait: la part de la bienfaitrice dans la dime de Clémency, le droit de terrage et un demi-moulin (sic) ; la prairie dite Weyerwies ainsi que ses biens d'engagère au même Clémency ; les rendages des prairies au dit Clémency, à Linger et à Pétange ; la censé de Lottert près d'Àrlon avec sa part dans les dîmes grosse et menue de Hacby, Foûcbes et Sanem; toutes ses prairies et terres sur le finage d'Arlon; son vignoble à Guentrange et ses cens de vin ; quatre mille dallera placés à intérêts et autres obligations ; son mobilier et ce qui est réputé meuble, excepté sa garde-robe, son linge de corps et deux peintures (qui étaient vraisemblablement de prii).

Dans le même acte elle ratifia sa donation précédente, faite en 1667.

La valeur des legs testamentaires est évaluée par la testatrice elle-même lors-

qu'elle dit que ses parente pourront , slk le jugeai k propos, racheter le tout moyennant Tersant k l'hospice une somme de sept à huit mille dallera qui dans ce cas devront immédiatement être placés à intérêts.

Marie de Zorn est décédée le 6 novembre 1691 , et fat inhumée, suivant ses désirs, dans la tombe de sa famille à l'église des Dominicains.

Une table en marbre noir, placée audessus d'une porte murée de l'ancien bâtiment de l'hospice , occupé aujourd'hui par le dépôt de mendicité, portait en lettres d'or une inscription rappelant la fondation du dit hospice et les bienfaits de Marie de Zorn. Nous copions ici cette inscription qui toutefois consacre deux erreurs de date que nous redresserons également :

Hospics civil de St. Jeah fondé le 25 octobre (lisez août) 1309

[par Henri vu, Comte de Luxembourg, Roi des Romains, et sa femme l'Impératrice Marguerite; desservi par us religieuses

HOSPITALIERES DE Ste. ELISABETH

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