‹ Biographie luxembourgeoise: histoire des hommes distingues ..., Volume 2Chapitre 4 sur 61 · OSSA · texte numérisé non relu

OSSA

Et fiunt hominis legs solcta cinis.

Hunc Otto primus transmisit Cjesar

[OPIMUS

slfridi monitis egregii comitis.

misit et hunc talem , qui vitam coeno-

[bialem Hic repararb pio sufficeret studio.

Nam locus iste bonus hog tempore rel-

[ligionis factus erat yacuus , rebus et bxiguus.

Dumque Vir INDUSTRIS TRIBUS ANNIS SEX

[quoque lustris

PRjEFUIT , EXIMIAH REDDIDIT ECCLBSIAM.

Septembris FLENOIS nonis denisqcb Ka-

[lendis glauserat ipse diem , nung habeatqub

[requiem.

Ab Houtbeim, Historia Trevirensis diplomatie», T, 808; et Prodromtu Historia; Tre?irea*is, II, 984 1 Necrol. S. Maximini. — Maatènb et Dubaï», Voyage littéraire, II, 283 et 989.— Michel, Catalogue des abbé. d'Eehternaeh, il, •cj.-Biafu*, fgi.]fo- •m, Suppléai. III, 609. — Bisraouv, Ht, 19 et

59 ; et II, P. J. IX. — Liber aurais, manuscrit de notre Bibliothèque, 83, r°.

R A VILLE, famille de nom et d'armes, très ancienne puisqu'elle florissait dès le dixième siècle ou au moins déjà pendant les premières années du onzième , et qui a produit un assez grand nombre d'illustrations. Raville, qui s'est éteint vers le commencement du dix-huitième siècle, portait : de gueules , à trois chevrons d'argent. Cimier: un paon naissant, d'azur, becqué d'or et crête au naturel.

Cette famille , qui a été très considérée dans le pays, a possédé les terres et seigneuries de Raville, Ansembourg, Sept-fontaines , Hollenfeltz, Kœrich , etc., de même que les charges de Lieutenant- Gouverneur, de Conseiller de courte-robe, de Justicier des nobles , de député de la noblesse, de capitaine-prévôt d'Arlon et de Bastogne , etc. , et depuis l'année 1461 celle de Maréchal de la noblesse du Luxembourg.

Plusieurs de ses membres occupèrent de même de hautes dignités ecclésiastiques.

Nous avons donné ci-haut les armes franches de Ra ville. Cependant il parait que lorsqu'elle obtint la terre de Septfontaines cette maison écarte la son écu primitif avec celui de cette seigneurie , prenant : aux 1 et 4 de gueules , à trois chevrons d'argent (Raville primitif) ; aux 2 et 3 de gauches, à la croix ancrée d'argent (Sept-fontaines) , que la branche de Sept-fontaines et d'Ansembourg a conservées.

RAVILLE , Guillaume de , est cité dans le manuscrit des Viri illustres pour avoir , en 932 , assisté au premier tournois de Magdebourg: «Wilhelmus dominos in «Rollingen interfuit eidem — scilicetMag- « deburgenei ad 932 — torneamento. »

Nous n'avons aucune particularité ultérieure à noter touchant ce personnage que Fauteur que nous venons de transcrire place parmi les : « Clari bello et armis. »

Viri illustres, II, N° 18*.

RAVILLE, Henri-Hartard de3 se qualiGait de Baron de Raville. Il était fils de Florent de Raville, seigneur d'Ansembourg, et de Anne Marguerite de Larochette , et naquit au vieux-château d'Ansembourg, le 13 décembre 1633.

Henri-Hartard de Raville se destina au service des autels. Dans cette intention il se rendit en 1655 à Rome au collège germanique où il séjourna pendant trois ans et jusqu'au 11 août 1658 afin d'achever ses études théologiques. Les principes des humanités il doit les avoir reçus au sein de sa famille. Il fut consacré prêtre à Rome même.

Rappelé par l'archevêque Charles-Gaspard von der Leyen , il retourna aussitôt après son ordination dans l'archevêché de Trêves où il fut d'abord nommé chanoine et prévôt de St. Siméon, et par élection du 23 septembre 1662, chanoine capitulaire de Spire, et écolâtre du même chapitre ainsi que de celui de Bruchsal. Cependant il résigna ces dernières dignités en 1675 pour accepter un canonicat à la cathédrale de Trêves avec les fonctions de Chorévéque du titire de Ste. Agathe à Longuion. Lorsqu'en 1676 Jean- Hugo d'Orsbeck, évéque de Spire réunit l'archevêché de Trêves à celui de Spire, Henri- Hartard fut désigné son vicaire-général in spiritualibus et civilibus pour ce dernier évêché. Le 3 novembre 1688 il fut en outre nommé doyen du chapitre de cette dernière ville et prévôt de celui d'Odenheim à Bruchsal. Enfin, l'archevêque et évéque J.-H. d'Orsbeck étant mort le chapitre de Spire désigna d'une voix unanime, le 26 février 1711, H.-H. de Raville évéque de cette principauté, le 75e prélat en rang d'ordre dans ce diocèse. Ce choix fut approuvé à Rome par le pape Qément XI, le 26 septembre 1712 et le nouvel évéque consacré le 9 septembtre 1714.

Sans nous arrêter longtemps aux faits particuliers qui concernent l'administration de la principauté de Spire pendant qu'il en était gouverneur, nous dirons que cette époque, extrêmement orageuse à cause

Vies guerres et des ravages des français -qui allèrent jusqu'à en réduire la capitale en cendres, a mis au grand jour les hautes qualités diplomatiques de H.-H. de Raville. D'un autre côté, si depuis son avènement les Spirois n'ont plus eu à combattre l'ennemi du dehors ils furent continuellement en mésintelligence avec le prélat qui montra en toute occasion sa grande fermeté d'âme, bien que cependant l'histoire ne puisse pas en tout point approuver ni sa conduite ni les mesures de rigueur qu'il a cru devoir employer afln d'étouffer les plaintes quelquefois fondées de ses sujets.

L'évêque Prince Henri-Hartard de Raville est décédé le 30 novembre 1719, à l'âge de 86 ans. Il a été inhumé dans sa cathédrale, sous une tombe en marbre noir portant une longue inscription latine «qui fait le résumé de sa vie. Gomme cette épitaphe, d'abord mutilée par les français pendant la conquête, est entièrement disparue depuis la restauration du dôme en 1821, nous nous faisons un devoir de la copier ici comme document historique :

«Siste viator et disce , mascula quod x « virtus etiam post funera vivat. Ita post « fata sua in hoc monumentovivitœlerneque «vivet in suorum, quos moriens reliquit « devotorum cordibus, subditorutn amori- 4L bus, pauperum suspiriis, patriœ deside- « riis, œternd dignus memoriâ, Rêver, et «Celsiss. S. R. 1. Princeps ac Dominus,

Dominus HENRICUS-HARTARDUS DE

[ROLLINGEN, Episc. Spiren. PitiEP. Wbissenburg. et

[Odenheimensis.

«Hune mundo dédit 13. decembr.

«1633, abstulit 30 nov. 1719, festo S.

«Àndreœ apostoli,

« quorum inter amplexus crucis, post acer- «bissimos variorum morborum et mortis «dolores, 17 mensibus forli patienlid, « constanti in Deum fiducid et resignatione « toleratos , ad œternatn in cœlo requiem,

«spe plenus obiit.

«Pietatem in Deum et B. Virginem hausit « cum lacté materno, natura exquisitis ta- « lentîs ad quœvis ardua instruxit studium

« et applicatio virium efformetvit ad sum- « mos in utroque foro dignitates, oflùia et «legationes habilem.

« In metropolitana Trevirensi fuit Ca- « nonicus capitularis et Chorepiscopus-i in «cathedrali Spirensi Scholasticus et Deca- «nus; in equestri Bruchsaliensi Prœpo- «situs. Electus tandem ad suprematn Epis- «copatûs Dignitatem 24. febr. 1711, sic « ed functus est, ut principalium virtutum « et meritorum gloriâ nulli fuerit secundus. « Habuerunt in Mo principes ideam reg- «nandi, clerus normam vivendi, familia «splendoris augmentum, patria solamen, « subditi parentem, pauperes asylum, boni «omnes uberrimarum laudum et sumtnœ « admirationis augmentum.

« Verbo : princeps fuit omni elogio «superior, in quo nihil desiderari po- « tuit, quam immortalitas. Hanc cum niun- « dus dare noû posset, cœlum dédit.

« In qVo CUM Deo paCe frVHVr œter- « nâ. »

L'évêque H.-H. de Raville avait, dès son départ pour Rome obtenu le personat de Sept-fontaines , fondé par Thomas de ce nom (v. son art.) , et il le conserva pendant toute sa vie. En échange il avait orné cette église de vitraux en couleur et lui avait fait cadeau de beaux ornements sacerdotaux.

PiBRtET, III, art. Raville. — Ai Hofetbbih, Historia Trevircnsis diplomatica, III, 896, s<j. — y. Stbah* Biae, SItftroBolis Eccletie Trevericae, 1,215.— Uiv«Liae, 39.— Bmtholbt, VIII, 194.— Ejgukg, Biogr. de H.-H. de Raville; raser, aux arc h. Soc. archéol. Luxbç.

RAVILLE, Pierre -Ernest, fils de Jacques de Raville, seigneur de Septfontaines, Milbourg, Dagstuhl, Ansembourg et Kerich, Conseiller de Courte-robe à Luxembourg, et de Marguerite de Bassompierre, sa première femme. Il est né au château d'Ansembourg pendant la seconde moitié du seizième siècle.

Nommé Conseiller de Courte -robe h Luxembourg en 1602, il devint en 1606 Justicier des nobles du Duché de Luxembourg et Comté de Chiny, puis lieutenantgouverneur du Pays. Il était en outre pré-

vôt d'Arlon et maréchal-héréditaire de la noblesse. L'auteur du manuscrit des Viri illustres ajoute à ces titres : qu'il se rendit recommandable par ses ambassades. Nous transcrivons l'article qui le concerne : « 1627 — erreur , il eût fallu écrire 1623 « — Petrus Ernestus a Rollingen Luxein- « burgensis Dominus in Dagstul, Kœrich, « Ansenbourg , Septemfontibus , etc. Ma- « reschallus et Judex Nobilium hujus duce catus ac preepositus Ârlunensis ob totam « vitam in conservatione hujus ducatus et « legationes pro Rege impensam, optiroe « de patria meritus sed praecipue quod « unice pronioverit œdificium Templi Colce legii Societat. Jesu. »

Pierre-Ernest de Ravi Ile mourut le 14 mars 1623, et fut inhumé dans l'ancienne église de Kœrich, avec l'épitaphe qui suit :

Anno Domini MDCXXIII, die XIV Martii

Obiit et hic jacet

Illustris ac admodum Generosus

D. PETRUS-ERNESTUS

Dinasta in Rollingen, Ansemborgh ,

[SlEBENBORN,

Dalembroch, Koerich ,

M ares chai lus hwreditarius ; Marchionatûs

[Arlunensis

Capitaneus ac Preepositus, Regiœ Majes-

[tatis Hispaniarum

In rébus bellicis ac civilibus a consiliis

Eques Nobilium, ac Justiciarius ,

Nec non Pro~Gubernator in Luxemburgensi

[Ducatu, Et Comitatu Chiniensi.

Cujus anima in pace requiescat acte ma.

Pierre-Ernest de Raville avait épousé 1° Anne de Pallant, par laquelle il devint grand-père entr'autres de Henri-Hartard, prince-évéque de Spire, dont l'article précède; 2° Jeannette de Metternich.

Pikmet, III, art. Raville. — Beatoolst, VI, 138. — Manuscrits Clohss. — Viri illustr. s, III, N° 300.

Rbcht-Bergeb; v. REICHENSPER- GER, Nicolas-Georges.

RECK ou Recker, <m peut-être Reckin-

ger, Pierre, dit de Luxembourg, a obtenu de fauteur du manuscrit des Viri illustres la mention suivante : « 1550. Petrus de « Luxemburgo civis hujus urbis filius, ab- «bas Imperialis Monasterii Sti Maximini, Cornes in Vell. »

Ce personnage, paraît-il , a vécu dans des temps extrêmement difficiles et se trouvait constamment en butte vis-à-vis de compétiteurs puissants qui convoitaient sa dignité , et ce à un point tel qu'il s'est vu obligé , pour en finir , de payer à chacun d'eux de fortes sommes d'argent afin de les faire désister de leurs prétentions. D'abord cellerier, il fut désigné abbé de son monastère de St. Maximin le 26 février 1556; mais par suite des cabales que nous venons de mentionner , il ne put obtenir sa confirmation par le Souverain-Pontife que le 4 mai 1565, trois ans avant son décès. Les annales de sa maison font cependant son éloge pour les soins constants qu'il a donnés au troupeau confié à sa conduite.

Pierre Reck est mort a l'âge de quarante-huit ans et après vingt-sept ans de profession religieuse, le 1er mai 1568.

Nous donnerons ici sa longue épitaphe^ dont une partie peut fort bien avoir été composée par lui-même , pendant un cfe ces moments où dégoûté de tout par suite .des difficultés qui lui étaient sans cesse suscitées, il aura voulu exprimer le néant des gloires terrestres :

Qui 27 annos, quibus partem in procuratione rerum difficillimarum ofllcii Cellerariœ, partim in Abbatialis dignitatis gubernatione huic Nobilissimo et Imperiali Monasterio 5. Maximini laudabiliter prœfuit, Corpus hoc sacro loco Misericordis Dei extremum exspectans tribunal, reconditur. Et vùtit annis 48.

Et plus bas :

Prœcipites quœso gressus compesce viatorf Sedula quœ referatn mente revolve tua.

PETRUS ego quondam Claustri venera-

[bilis Abbas Imperialis eram: et cura suprema fuit.

Conservant reparansque simul claustralia

[jura Semper dum sensus mensque vigeret ad hue. Nunc gelida hîc mea membra cubant post

[tristia fata Jam dudum factus vermibus escaputris.

Quid modo deliciœ, quid opes, quid blan-

[da voluptas?

Quid prosunt laudes, quidmihi fama lo-

[quax ?

Splendida vestilus, quid gloria pompaque

[sœcli ?

Quid populi applausus, Nobiliumque fa-

[vor ?

Denique quid prodest mihi jam jactantia

[census ?

Gloria quid mundi f as tus et ambitio? Vere cuncta simul non sunt nisi fumus,

[et umbra Mobilis, et venti more repente fluunt.

Quisquis Christiadum legis hœc, prœsentia

[sperne, Et toto posthac pectore quœre Deum :

Sic tibi divitias stabiles verasque parabis, Quas nequeunt rigidœ tollerejura necis.

Ardenti vivens quos amplexabar amore, Quos animes rebar dimidium esse mew, Hoc rogo ne tibi sit grave post hoc dicere,

[quorum Busta frequens calcas sarcophagosque te-

[ris ; UtDeus œthereas redivivum tollat in arces, Numinis immensa pro pietate sui.

Tu quoque Joannes, Divi modo chareDe-

[cane Paulini summum sollicitare Deum.

Sanguine frater eras , sis et mihi frater

[amore, JFraternamqut feras nunc mihi frater opem. Utque anima œthereis societur sedibus ora, Spiritus et sancta pace fruatur Amen.

Ai Hortum, Prodromns Historié Trevireasis, II, 1058, sqq.: Novuxaan, Cbronicon San Maximiniani.— Vïri illustres, I, N° 41. — Beitbolst, I, P. J. XIX; et VI, 564, s*

Reckingbn, Agrèce de; v. AGRÊCE, dit de Reckingen.

REDOUTÉ, Antoine-Ferdinand, est Dé à Saint-Hubert, le 21 juin 1756. 11 était

fils de Charles-Joseph Redouté (v. son art.) et de Marguerite-Josèphe Châlon.

Après avoir reçu de son père les premières notions dans la peinture il alla à l'âge de 20 ans à Paris oîi il exerça avec distinction son art aux décors et s'acquit dans ce genre une grande réputation.

L'ancienne salle du Tribunat au Palais- Royal, l'Élysée-Bourbon ainsi que le château de Compiègne témoignent encore aujourd'hui de la perfection à laquelle le talent de ce peintre était parvenu. Il est mort à Paris le 3 novembre 1809, à l'âge de 53 ans.

Le Cte de Beom-Lisvbb , Biographie liégeoise, II,. 455. — Biographie générile des Belges, 169.

REDOUTÉ Charles-Joseph, était fils de Jean-Jacques Redouté, peintre. Il est né le 24 juillet 1715, h Jamagne près de Philippeville. Elève de son père, il partit en 1737 pour Paris dans l'intention d'aller se perfectionner à l'académie dite de St. Luc dans cette ville. Après un séjour de sept ans à Paris, Célestin De Jonc, (v. l'art. Jong, Célestin de), natif d'Olne et abbé de St. -Hubert l'engagea à venir décorer son monastère et achever les ouvrages commencés par Nicolas Thiery, de Verdun. Redouté quitta en conséquence Paris, le 16 décembre 1743 et se rendit h St.-Hubert après avoir été visiter sa famille à Dinant ; et s'y fixa. Indépendamment des ouvrages qu'il fit pour le monastère de cette dernière ville il travailla aussi pour celui de Stavelot et pour les châteaux des environs. Il exerçait différents genres de peinture : ainsi on a de lui des tableaux d'église, des portraits, des paysages, etc.

Après une vie laborieuse il mourut à St.-Hubert, le 23 décembre 1776, à l'âge de 61 ans. Le 26 janvier 1750 il avait épousé Marguerite-Josèphe Châlon , de cette ville , laquelle lui donna trois fils et deux filles.

La Cu ai Bsoat-Liivat, Biographie liégeoise. H,- 48 3. — Biographie générale des Belges, £69.

REDOUTÉ Henri-Joseph, troisième fils, de Charles-Joseph Redouté (v. son art.)

•et de Marguerite-Josèphe Châlon, est né à St. Hubert, le 25 mai 1766.

Ayant perdu son père dès l'âge de dix ans , et ses frères se trouvant absents de la maison paternelle , sa mère qui voulait lui donner l'état qui était pour ainsi dire héréditaire dans sa famille , le mit en apprentissage chez un peintre très médiocre, à Bouillon. Il y demeura pendant plusieurs années ; mais comme sous un tel guide il ne pouvait faire des progrès, il alla en 1785 rejoindre ses deux frères aînés à Paris ou il suivit le genre de Pierre-Joseph (v. son art.), la peinture des fleurs; cependant il s'adonna également et avec succès à celle d'animaux et de coquillages: les meilleurs ouvrages d'histoire naturelle de son époqne ont des planches faites par lui. Nommé peintre du Musée d'histoire naturelle sous la République , il fit partie de l'expédition d'Egypte aux travaux scientifiques de laquelle il prit la part la plus active comme la plus honorable , par les nombreux dessins qu'il livra.

Reçu de droit membre de l'Institut de France à son retour en 1802, Redouté reprit ses fonctions de peintre du Musée d'histoire naturelle ; mais à la chute de Napoléon I il perdit son traitement. De plus, ni l'empereur ni la Restauration n'ont pensé à reconnaître ou à récompenser son zèle et ses talents ; car , seul de tous ses collègue3 de la commission d'Egypte il n'obtint rien , pas même nne indemnité pour son dévouaient.

Dans la biographie circonstanciée que le comte de Beo-de-Lièvre donne de ce peintre distingué, il est dit qu'il avait formé le projet de publier une biographie de ses collègues de l'Institut d'Egypte. Nous ne savons si cet ouvrage qui promettait de devenir très intéressant , a été achevé et publié.

LeC1* »■ Bcc-fti-LiàTic, Biographie liégeoise, II, 400, «qqg. — IHetiùnaaire des hemsaes de lettres, des savant* et des artistes de la Belgique, 164. — Conserratioas-Lesikoo, édit de i8fci.

REDOUTÉ PUrre-Joseph, était frère puîné d'Antoine-Ferdin^nd (v. son art.) , conséqnemment fils de Charles-Joseph (y.

son art.) et de Marguerite-Josèphe Chftlon. Il naquit à St.-Hubert, le 10 juillet

Après avoir appris de son père les principes du dessin il n'eut plus d'autres maîtres que son génie et ses propres inspirations. Dès sa plus tendre enfance il montra des dispositions extraordinaires: a six ans il ébauchait déjà de petits ta* bleaux de genre. A treize ans il quitta sa famille pour aller se perfectionner en Flandre et en Hollande , n'emportant avec lui que sa palette et ses pinceaux. Il demeura un an à Vilvorde où il peignit des dessus-de-porte, des décors d'appartements et des tableaux d'église. Use montra habile dans tous les genres de peinture auxquels il se livra. A l'âge de seize ans sa réputation dans le pays était déjà assez répandue pour qu'il fut demandé par le peintre André pour l'aider dans ses travaux au château de Carlsbourg dans le duché de Bouillon; mais son père étant sur ces entrefaites tombé dangereusement malade , il revint aussitôt près de lui et acheva ses ouvrages commencés. Son père étant mort en 1776 , il reprit son voyage en Flandre pour étudier les maîtres de cette école , et il travailla dans plusieurs villes : à Heytissem entr'autres , village près de Tirlemont, il fut chargé de peindre de grands tableaux d'église.

De retour à St-.Hubertle général Baron de Bender , gouverneur de Luxembourg le manda pour lui faire faire son portrait ; il fit également ceux du docteur Abinet et de plusieurs autres notabilités. La baronne de Tornaco , qui sut apprécier les talents du jeune peintre l'engagea à aller à Paris et lui donna à cet effet des lettres de recommandation ; mais Redouté, insouciant comme les grands an* listes le sont si souvent, les perdit en route. Après une visite faite à son endroit natal il se rendit à Paris , auprès de son frère aîné qui , depuis 1776 exerçait avec distinction dans cette ville la peinture de décors. Pierre-Joseph se décida à prendre ce genre comme gagne-pain , et travailla pour le théâtre italien, liais pendant, ses

moments de loisir il s'amusait à peindre des fleurs, spécialité vers laquelle son goût de prédilection l'avait porté dès sa jeunesse.

Il avait en 1784 , essayé de faire d'après nature quelques branches de fleurs pour un marchand d'estampes qui les avait fait graver pour servir de modèle de dessin. Le botaniste Lherilier les ayant vues par hasard , fut frappé du talent du dessinateur , voulut le connaître et l'engagea à se livrer exclusivement à ce genre; et Redouté n'eut pas de peine à s'y résoudre lorsque Lheritier le chargea d'exécuter les figures de ses ouvrages pour lesquels il fit plus do cinq cents dessins qui opérèrent une espèce de révolution dans l'iconographie botanique. Dès lors la fortune ne cessa de sourire au peintre luxembourgeois qui ne fit plus que marcher de succès en succès. Il accompagna ensuite Lheritier à Londres et dessina une partie des planches du Sertum Anglicum.

Vers la même époque Gérard van Spaëndonck, peintre du cabinet du roi ayant connu et apprécié le talent de notre artiste , le chargea de peindre les vingt dessins de plantes nouvelles qu'en cette qualité il fournissait annuellement et qui devaient entrer dans le recueil des vélins commencé sous Louis XIV.

Redouté, déjà connu par ses belles Aquarelles dont il était l'inventeur, perfectionna ce genre et en fit une heureuse application aux travaux de la collection des vélins du Musée d'histoire naturelle, parce qu'il avait remarqué que la peinture à la gouache s'écaillait au toucher et au frottement, tandis que sa manière délicate, sa couleur brillante et diaphane permettait de la manier sans altérer aucune partie de ces détails si essentiels à leur conservation et à l'étude de l'histoire naturelle.

Il venait d'être nommé dessinateur du cabinet de Marie-Antoinette lorsque la révolution arrJva. En 1792 il le fut (Je l'académie des sciences; et à la création de l'Institut il devint dessinateur en titre de Ja: «liasse dç physique et de mathématiques.

Après le concours institué en 1793 pour le choix des artistes Jes plus habiles pour continuer la collection des plantes et des animaux peints d'après nature, sur vélin, déposée à la bibliothèque du Musée d'histoire naturelle, Pierre-Joseph Redouté, son frère Henri-Joseph et Maréchal furent nommés.

En 1805 il reçut le brevet de peintre de fleurs de l'impératrice Joséphine. Lorsqu'en 1822, après la mort de Gérard van Spaëndonck la place de professeur administrateur qu'il remplissait au Musée depuis son organisation fut supprimée , le cours d'iconographie avec le traitement de cinq mille francs qui y était attaché fut partagé entre lui et Huet, à charge de donner chacun un cours annuel de trente leçons, avec le titre modeste de maîtres de dessin du Musée d'histoire naturelle. Redouté, malgré la gravité de l'injure faite à son talent éminent et à ses droits acquis, accepta ce changement dans l'intérêt de l'art.

Outre ses dessins de plantes il a fait un nombre immense de tableaux de fleurs à l'huile et à l'aquarelle, qui furent exposés au salon du Louvre. A l'occasion d'un de ces tableaux Charles X le décora de sa propre main de l'étoile de la légion d'honneur, le 14 janvier 1825.

Au titre de peintre de fleurs de Marie- Antoinette, de Joséphine et de Marie- Louise, Redouté joignit celui de peintre de la reine Marie-Amélie, et eut l'honneur de donner des leçons de son art aux princesses ses filles: Aussi la reconnaissance lui fit-elle dédier à Louise-Marie, la vertueuse Reine des Belges, et à sa sœur, la „ princesse Marie, son Choix des plus belles fleurs, qui fut publié en

En 1835 le roi Léopold de Belgique l'honora de son Ordre civil; et Ventenat a consacré à sa mémoire un genre 4e la famille des malvacées qu'il nomma Rtdutea.

Pierre-Joseph Redouté s'éteigniti Paris . le 19 juin 18*0và l'âge de 81;ans, fteMpt . dans sa main oui Jis Ju

La ville de St.^Hubert est d'intention de placer son buste sur sa principale fontaine publique.

Outre les ouvrages que nous avons cités plus haut, Redouté a exécuté les planches des œuvres suivantes: Flora atlantica de des Fontaines. — Botanique de J.-J. Rousseau. — Astragalogia. — Les plantes grasses de de Candolle. — Flora borealis americana. — Histoire des chênes de l'Amérique septentrionale d'André Michaux.

— Histoire des arbres forestiers de l'Amérique du Nord, par A.-F. Michaux, fils. — Les arbres et arbustes de du Hamel. — Histoire naturelle du maïs , de Bonafous.

— Les Liliacées , 486 fig. — Les Roses, 168 fig. ; texte de Thory. — Choix de 60 roses nouvelles non encore figurées. — Histoire des Champignons; Essai de 4 à 500 figures coloriées. — Flore de Navarre, 120 fig. Texte de Bompland. — Le jardin de la Malmaison ; texte de Ventenat; etc.

C" de Bsc-BS-LiBVfts, Biographie liégeoise, II, 434, sqq, — M. La Gasdc, Notice sur les luxembourgeois célèbres, 47, sqq. — Biographie générale def Belges, £69, sq.— Galerie des contemporains ,' VIII, 29, sq.— Dictionnaire des hommes de lettres, des savants et des artistes de la Belgique, 164, tq. — Biographie nouvelle des contemporains, XVII, sqq. — ConTersations-Lexikon, éd. de Ï85I.

Reginhbrus; v. RENIER.

REICHENSPERGER ou Reichsperger, Nicolas-Georges , est né à Tbionville. L'auteur du manuscrit des Viri illustres donne sur cet habile diplomate un article assez complet et qui renferme tous les renseignements que nous avons pu recueillir sur lui. Teissier et Bégin Font omis dans leurs biographies. Voici cet article : « i 646. «Nicolaus Georgius Reichsperger Théo- «nisvillanus S. Cœs. Maju Consiliarius ac « Cancellarius Archiepiscopi Moguntini ex- «ter us ad banc erectus dignitatem ob « stunmam tractandarum rerum difficitium « dexteritatem oti in Negotio pacis Muns- « teriensis cujus director cum tanta laude « et amore omnium Regum ac principum a ut tam singuli ipsimet quam eorum legati « ei ob boc tam féliciter finilum , catenas

«aureas et Efflgiatas brillas, dederint:

« sed et Hispaniarum rex insuper creavit «equitem S!i Jacobi raroque exempta' «bujus filium. Morluus est Francofurli «magno sui post se relicto desiderio anno «1651.»

Viri illustres, III, N° 230. — Paquct, 64 — PisaasT,I, fol. LXXIIL — Bestholst, VIII, 194: ce dernier auteur écrit absolument erronement Reekt- Berger. — v# Stiasbe&g, Moselstrom, 38.

Reichlixg, Bernard; v. BURINGER,

Bernard.

RE1CIILING, Jean, ou Reichlingen, est encore un de ces personnages recommandâmes sur lesquels nous n'avons de notions biographiques que le court article que l'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacré et que nous transcrivons: « 1655. Joannes Reichlingen natus « ex Martlingen gago ad Surarn Tribunus « legionis germanorum aliquando guber- « nator et Commendans Franckenthaliaj r «Treviris, Luxemburgi, Musoniique ; de « Consilio Bellico régis. Fuit inter prîmos « libérantes obsîdione gallicâ Theonisvit- « lam. »

II s'agit sans doute ici du siège de l'année 1639 , entrepris par Feuquières.

Viri illustres, II, N° 167.

Reicusperger , Nicolas-Georges ; v„ REICHENSPERGER , Nicolas-Georges.

REMACLE, St., né à Bourges, vers la fin du sixième siècle ou pendant les premières années du suivant, était fils d'Albuce, homme riche et d'extractionnoble. Sa mère se nommait Malrine.

Comme ses parents étaient très religieux ils voulurent donner à leur fils dès soa plus jeune âge , une éducation soignée et toute chrétienne ; et ils le confièrent à St. Sulpice , leur évoque , lequel sut , par se» instructions le pénétrer des vérités éternelles et l'attacher entièrement à la vertu. Plus Remacle avançait dans les études plus il se sentait détacher des liens du monde ainsi que se dégoûter des vanités du siècle* Lorsqu'il fut arrivé à un cer-

*tain âge il alla dans le Limousin et embrassa l'état religieux à Solignac , dans un

: monastère que St. Eloy venait d'y fonder. Sa régularité, son amour pour la prière

• et la retraite , ses austérités et ses méditations le Grent bientôt briller dans cette retraite au point que le saint fondateur

• crut devoir le charger de la conduite de ce troupeau. Dès qu'il fut placé à la tête de sa communauté, Remacle chercha à s'acquitter de sa mission nouvelle avec tout le zèle dont il était capable, et fit observer avec la plus ponctuelle exactitude les règles et les observances monastiques, de façon que son abbaye devint un modèle entre les autres.

La réputation de sainteté et de science du jeune abbé ne tarda pas à se répandre au loin et parvint aux oreilles de Sigebert III , roi d'Àustrasie , qui voulut le voir. Lorsque Remacle parut à la cour, son maintien , ses manières et sa conversation 'répondirent entièrement à la haute idée qu'on avait de sa vertu. Aussi le roi eutil pour lui la plus haute estime et l'employa dans ses conseils , surtout lorsqu'il s'agissait de questions qui pouvaient concerner le culte et les maisons religieuses. C'est ainsi qu'il le chargea de la mise à exécution de son projet de la fondation du monastère de Cugnon , entre Bouillon et Chiny (648) , qui fut le premier que Je Luxembourg ait possédé.

Remacle, disent ses biographes, répondit parfaitement aux intentions du prince par la régularité et la ponctuelle observance qu'il introduisit dans cette maison. On montre encore de nos jours, sur l'emplacement du monastère , l'oratoire •de St. Remacle , creusé dans le roc : il vivait coutume , dit-on , de s'y retirer pour méditer à loisir sur les choses célestes , et y passait souvent des jours entiers dans les pratiques de la plus austère pénitence.

Cependant comme il observa bientôt que ce lieu n'était pas assez solitaire suivant ses désirs , à cause du voisinage de la cour et des fréquentes visites que lui

• faisaient les personnes puissantes des environs , il conçut le projet de se retirer ailleurs ; et il vint choisir dans la forêt d'Ardenne un emplacement plus à l'écart ou, plus arraché au commerce des hommes il pût plus librement vaquer au service de Dieu. Ceci se passait en 650 ou 651.

Vers ce temps St. Amand , évéque de Tongres se démit de son évéché pour reprendre son premier emploi de missionnaire apostolique. Le clergé et le peuple du diocèse se réunirent en conséquence à l'effet de choisir un nouvel évéque ; et les suffrages unanimes tombèrent sur l'abbé Remacle , dont la grande réputation de vertu était répétée par toutes les bouches. Le roi Sigebert, sollicité de donner son assentiment à ce choix , s'empressa d'y consentir , et Remacle fut chargé de la conduite de l'église de Tongres.

Notger et Harriger, qui ont écrit la biographie de St. Remacle , le louent surtout pour la reconnaissance qu'il a toujours conservée envers ses premiers maîtres, Saint-Sulpice etSaint-Eloy, ainsi que son désintéressement et son mépris pour les grandeurs du monde. Cette reconnaissance, ajoutent les mêmes auteurs , il la traduisit par la construction de plusieurs chapelles dans son diocèse, et qu'il consacra en leur honneur. Les conseils qu'il donna à St. Trond qui était venu le consulter sur le choix de son état et qu'il engagea à se mettre sous la conduite de Clodulphe , évéque de Metz et de léguer ses grands biens à cette église , non à la sienne , montrent bien son abnégation personnelle pour les richesses. Quant à la troisième qualité qui lui est attribuée , le mépris des dignités humaines, il la manifesta dans tous les actes de sa vie qu'il passa toute entière dans les travaux les plus pénibles, à instruire le peuple , à déraciner le vice et à vivre dans la solitude, loin du commerce des hommes , lui qui par sa naissance , par ses richesses de famille , par sa dignité d'évéque enfin , aurait pu facilement et même sans s'exposer à des reproches, goûter les douceurs de la rie.

Nous avons dit que St. Reuiacle fut choisi pour succéder à l'évêque Arnaud.

Mais cette haute position ne tarda pas à lui devenir à charge : habitué à vivre dans la solitude et à passer ses jours dans une continuelle contemplation , il ne pouvait se faire au faste qui semble être naturellement attaché au titre d'évêque ; aussi ne fut-il pas longtemps sans s'apercevoir que cette dignité ne lui allait pas , malgré son zèle pour l'avancement et la propagation de la foi. Cependant il ne voulut pas non plus retourner à Cugnon , parce que comme nous l'avons déjà dit, ce monastère était trop exposé aux distractions. Il ne lui resta donc que de choisir un emplacement convenable et d'y ériger une autre retraite plus appropriée à ses désirs de solitude. Il jeta en conséquence les yeux sur une vallée située au milieu de la forêt d'Ardenne et arrosée de claires fontaines qui y faisaient croître des herbes abondantes. Cependant lorsqu'il alla la visiter, il y trouva plusieurs vestiges d'idolâtrie dont il voulut la purifier au moyen du signe de la croix ; mais aussitôt , disent les légendaires , les sources tarirent et auraient rendu cet emplacement inhabitable à cause du manque d'eau potable , par un effet de la vengeance du mauvais génie , si le saint , par un miracle , n'avait pas* conjuré la puissance des esprits infernaux. En effet , il fit inciser dans un bloc de rocher qui avait donné issue à la principale de ces fontaines, une croix dans laquelle il fondit du plomb , et aussitôt l'eau reparut plus limpide et plus abondante qu'auparavant : Le saint jiomma la vallée : a-malo-mundata , d'où le vocable de Malmédy qu'elle a retenu.

Le monastère que Remacle fit élever au même endroit n'était pas achevé, ou au moins il ne l'était que depuis fort peu de temps lorsque cet évêque s'aperçut qu'il l'avait placé hors de son diocèse. Il ne voulut cependant pas que pour cette circonstance il vînt à être anéanti , mais en même temps , comme il désirait résider et mourir sur le territoire de son église il

se mit aussitôt en devoir de faire jeter les-' fondements d'une autre abbaye , à deux lieues environ à l'occident de la première, en une autre vallée qui servait alors pour ainsi dire de tannière aux bêtes fauves , Stabulum 3 d'où on a fait dans la suite le nom de Stavclot. Lorsque ces deux monastères furent achevés et que le roi. d'Austrasie y eut ajouté des terres en suffisance, un circuit de douze lieues, pour l'entretien des religieux , l'évfique Remacle en bénit les églises vers 659 et y plaça des moines qui devaient à toujours être unis et dirigés par un seul et même abbé, comme s'ils ne formaient qu'une maison, unique.

Le saint prélat ayant ainsi atteint l'objet de ses plus ardents désirs résolut de se démettre de l'épiscopat (660) et de s'enfermer a Stavelot pour passer le reste de ses jours dans la contemplation et la prière, loin du tumulte des affaires et des distractions du siècle, parce que son plus grand désir avait toujours été de vivre inconnu. Mais l'éclat que causa celte retraite, loin de cacher le saint et de le soustraire au public qui le vénérait infiniment, ne servit qu'à le mettre plus en évidence : En effet, plusieurs seigneurs austrasiens, désireux de se mettre sous sa conduite vinrent y prendre l'habit religieux et se sanctifièrent en suivant ses exemples.

Dès qu'il arriva a Stavelot, Remacle fut constitué abbé de ses deux monastères.

Il y vécut encore pendant quinze ans dans la pratique la plus austère de la vie religieuse et mourut au milieu de son troupeau qu'il avait aimé comme ses enfants, le 3 septembre de l'année 675. Un de ses successeurs, St. Godvio, cinquième abbé de Stavelot l'éleva de terre et l'exposa à la vénération publique dans l'église de son monastère , dans une châsse d'argent dorée qui se trouve encore aujourd'hui dans la paroisse de cette ville.

Ghesqci&ie, Acta Sanctorum Belgii, III, 419, sqqq. — Bbstbolbt , II, 96 h 104. — Ribadeneira, Le* fleurs de la vie des Saints, II, 229. — De Fétus, Dictionnaire historique, litt. R. — Mfeissta, Die-

tionnaire géographique du Luxembourg, 58. — Foul- 1.0a, Historia Leodiensis, I, 87, sqq. — Dbwez, Histoire du Pays de Liège, I, 8 , s q, — Fisbn, Ilistoria ecclesia? leodiensis, 100, sqqq. — Coditin, Encyclopédie moderne, XIX, 560. — Tiitthiih, De Viris illustrions Ord. 8. Benedicti, lîb. III, c. XCIX; «t lib IV, e CXLIX.

REMACLE, dit d'Ardenne, ne nous est connu que par la mention que D. Calmer fait de lui dans sa Bibliothèque lorraine, de même que Swertius dans son Atbenas Belgicae. Nous copions simplement l'article : « Remacle d'Ardenne, natif de Flo- <( rines dans le Luxembourg, jurisconsulte « habile, conseiller, secrétaire du Roi d'Es- <( pagne , a composé quelques poésies, «comme Palamède et d'autres pièces sa- « crées, et trois livres d'épigrammes impri- « mées à Paris, en 1507, in-4°. »

Nous ferons observer que nous ne connaissons pas de localité luxembourgeoise, ni ancienne ni moderne, ayant nom de Florine. Nous savons bien qu'il existe un Florenne dans la province de Namur, mais qui n'a jamais fait partie du Luxembourg.

D. Calhbt, Bibliothèque lorraine.— NsunaB*, Les auteurs luxembourgeois, 21, note 2. — 8wsbthïs, Athense belgicae, 654.

REMI, dit de St. -Hubert, parce, qu'il était religieux de l'abbaye de ce nom, est mentionné par les biographes pour avoir été célèbre copiste-calligraphe pendant le premier quart du onzième siècle, alors que cet art était encore plongé dans les ténèbres.

Cu m Bec DB-Liivae, Biographie liégeoise, I, 47. — as Robaulx aa Socuor, Edition du: Cantatorium sancti Huberti, §. 12.

Rbmicu, Albert, C de; v. ALBERT, .<t unte, dit de Remich.

.REMSCHREIVER, ou Remschriever, YWoi'foeri, est né à Luxembourg. Guillaume . de "\Viltheim cite ce personnage comme ^antiqUv'*ire et numismate habile. Il semble qu'il flo.nssait pendant le seizième ou au .moins pendant les premières années du dix- .septième siècle.

Wilhblhus a WitTHBia, Aatiquar.Disquisit bistor. Huxemb II, e. 6. J. 8.

RENDEUX, Michel, paraît avoir vu le jour à Melreux. Après avoir obtenu les ordres sacrés il fut nommé curé de ce même endroit dont il administra la paroisse pendant 52 ans. Le curé Rendeux s'est particulièrement fait remarquer par la fondation d'une bourse d'études à l'université de Louvain et d'un bénéfice ecclésiastique qu'il attacha à l'autel de Notre- Dame-du-Rosaire dans son église. Il est mort en 1666.

Son épitaphe, qui subsiste dans la même église, est gravée sur un marbre noir, incrusté dans le mur et mesurant 0™, 88 sur Om, 70, ayant aux quatre coins des têtes d'ange ailées. Elle porte les mots suivants :

sIC pertransIbIt penVtIo gLorIa MVn-

[Dl.

Ict gist Sieur et M. MICHEL REN-

[DEUX ; Lequel ayant este 52 ans curé a Mbl-

[reux,

ET FONDÉ LE BÉNÉNICE DE l' A UT EL DE

[Notre-Dame du Rosaire, et une bourse a louvain, trepassa le 21** de septembre l'an abCDefghlkLMnopqrstVXyz.

Ce singulier chronogramme final donne' le milésime 1666.

Renseignements administratifs.

RÉNIER dit de Lorraine, Reinerus, peut-être aussi Reginherus, a obtenu de l'auteur du manuscrit des Vîri illustres l'article que nous allons transcrire : « 808 « — la copie de Trêves marque Vannée 898 « — Reinerus, e comitibus Lotharingiae, ccDominus in Rodenmacber, Abbas Impe- « rialis Monasterii SU. Willibrordi D. Ep- « ternacensis , cui donavit Ecclesias in « Bergh et Rodenbach cum parte patri- « monii. »

Cet article demande nécessairement un commentaire. En effet, et tout d'abord la leçon 808 du manuscrit de la bibliothèque de Luxembourg est évidemment fautive parce qu'en cette année il n'y a pas eu d'abbé d'Ecblernach du nom de

Rénier, attendu qu'Adon, sacré en 798, a vécu jusqu'en 818. Quant à celle de la copie de Trêves, elle se rapporte bien au temps où un Rénier ou Réginar II a été préposé à ce monastère, mais elle ne marque ni Tannée de son intronisation (897), ni celle de son décès, 915 ou 9 16. II faut donc admettre qu'elle a été placée là pour indiquer la date d'une des donations faites par cet abbé.

D'un autre côté, le même article avance que ce personnage aurait été seigneur de Rodemacher, tandis que les plus anciens documents historiques connus touchant les seigneurs de ce nom ne remontent qu'à Tannée 1191 : il se peut cependant que l'assertion soit vraie en ce sens que Rénier aurait possédé des terres patrimoniales à Rodemacher, avec le droit de collation de l'église qui a bien certainement existé à cette époque reculée, puisque dans une chartre, plus jeune de sept ans seulement, if en est fait positivement mention : « Carta « Reginarii Ducis : In Moselgowe Rotin- «bach, ao 905.» Cet acte porte même le nom du personnage qui nous occupe; nous n'en connaissons pas le texte.

L'abbé Bertels qui rapporte les mêmes gestes à cepersonnageT ajoute qu'il a gouverné l'abbaye d'Echternach pendant dixneuf ans, et qu'outre Rerg et Rodemacher il lui a donné Waderio : Faut-il traduire par Waterloo? nous ne le pensons pas.

M. Michel marque encore que sous cet abbé le monastère a acquis, vers 901, le village d'Ettelbruck, Hettilbruck, par échange fait avec Bruotbert et son épouse Cunégonde.

BfiSTSLS, 163. — BEBTIIOt,CT,II, P. J. IX.— Vî«

illustres, I, li° 49. — Micml, Catalogne des afcbés d'Ecbtersjacfc, iO.— Nina, Histoire de Rodemacher; manuscrit — Niraa, édition du Lnxemburgum roaanuin, à* AU*, de Wiltkêim,B& —Liber aureus, 85» r*; mscr, de notre bibliotb.

REULANDT, Hubert, est né à St. Vith, pendant la seconde moitié du seizième siècle. Il apprit Fart de l'imprimerie a Anvers et à Cologne , et vint établir un atelier typographique à Luxembourg après

en avoir obtenu le privilège des archiducs, sous la date du 18 juillet 1618. Le 26 janvier 1619 il prêta le serment prescrit et continua à travailler dans cette ville jusque vers Tannée 1641 ou il transporta ses presses à Trêves , parce que paraît-il, le gouvernement n'exécutait pas à son égard l'exemption de guet et garde, logement de soldat et toutes autres charges communes , ainsi que le portent ses lettres-patentes de privilège. Depuis cette époque Hubert Reulandt n'appartient plus à la Biographie du Pays. Nous devons observer que les nombreuses éditions que cet imprimeur a livrées au public sont généralement correctes, exécutées sur de bon papier avec des caractères nets et de bonne encre.

Hubert Reulandt qui a succédé à Mathias Birthon (v. son art.) comme imprimeur à Luxembourg, doit être mort à Trêves, en 1661 ou les commencements de 1662, puisque les impressions de l'imprimerie Reulandt de cette dernière année portent le nom de Christophe-Guillaume Reulandt, son fils.

Wvstb-Paqubt, Dissertation sur la typographie à Luxembourg; dans: Publications de la Société* archéologique dn Grand-Duché, II, 48, sqq.

REUTER, quelquefois Reutter , Jjean , est né en 1680, à Schimpach, village de neuf maisons dans la commune moderne d'Ober-Wampach. A l'âge de 26 ans il entra dans la Compagnie de Jésus , se fit recevoir docteur en Théologie et enseigna d'abord les humanités ainsi que la philosophie. H donna plus tard et pendant huit ans le cours de théologie morale à l'université de Trêves où il mourut en 1762, à l'âge de 82 ans, qu'il avait partagés entre la prière , l'étude et les œuvres de charité* Nous avons de Jean Reuter trois ouvrages qui ont été plusieurs fois réimprimé*. Ce sont: 1°. Theologia moralis quadripartite, incipientibus accommodata ; 4 vol. in-8° ; Cologne, 1750. — *>. Neo- Confessarius practicè instructifs, seu me* thodus rite obeundi munus Confessant; vol. iu-8°; Cologne, 1750: Ce livre a

été traduit en plusieurs langues. — 3\ Casus conscientiae ex Theoïogiâ morali et Metliodo muuus confessarii rite obeundi; in-8°. Cologne, 1753.

De FsuEa, Dictionnaire historique, litt. R. — Les hommes illustres des Pays-Bas, II, 147. — Neyeii, Histoire de la commune d'Oberwarapach; dans: Publicat de la société archéol. de Luxembourg, VI, 159. — Claie» , Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg, 201, 306. — Nahcm, Catalogue de la Bibliothèque de Luxembourg, 1er supplcm., 134. — Nbohajvn, Les auteurs luxembourgeois, 40.

REUTER, Joseph- Antoine, est né à Luxembourg , le 3 pluviôse an X (23 janvier 1802),, fils de Nicolas Reuter, propriétaire et marchand-tanneur, et d'Elisabeth Millenbach. Après avoir terminé avec une rare distinction ses études à l'université de Liège il soutint en 1824 une thèse inaugurale bien écrite et intitulée : De substitulionibus, et obtint le grade de doctedr en droits romain et moderne.

Reuter avait alors vingt-deux ans.

De retour dans sa ville natale il se fit inscrire sur le tableau des avocats attachés au Tribunal de Luxembourg; et deux ans après il reçut sa nomination de substitut du Procureur du Roi près le tribunal de Saint-Hubert , fonctions délicates dont le rendaient digne à tous égards son profond savoir, mais surtout sa rare probité. Après dix-huit mois d'exercice, le 25 août 1827, il fut appelé à siéger en qualité de Juge ait même tribunal.

La révolution belge éclata sur ces entrefaites , et Reuter en adopta les principes ; car dès le 16 octobre 1830, le gouvernement provisoire de Bruxelles le nomma président du tribunal d'arrondissement de Diekircb, fonctions éminentes dans lesquelles il ne put moquer d'être confirmé le 4 octobre 1832, lors de l'organisation définitive de Tordre judiciaire en Belgique.

La reprise de possession du Luxembourg germanique par la Maison d'Orange, en juin 1839, le trouva remplissant cette dignité.

•• Peu de temps après, le 19 février 1840, à l'organisation nouvelle du service judiciaire 7 la grande réputation qu'il s'était

acquise le fit nommer président du tribunal de Luxembourg; et déjà le 8 juin 1841 il fut appelé à siéger au rang des conseillers à la cour supérieure de justice et de cassation. Mais il n'eut pas le bonheur de remplir pendant longtemps cette éminente magistrature : une maladie organique qui minait depuis plusieurs années sa constitution l'enleva h son pays le 13 avril 1844, à l'âge de quarante-un ans.

Comme jurisconsulte Reuter doit être rangé parmi les luxembourgeois les plus éminents: les jugements qu'il a rédigés, et ils sont en très grand nombre , sont , en effet de véritables monuments de logique pour l'argumentation et de sagesse pour Je dispositif. Comme magistrat il ajoute à ces titres incontestables à la recommandation de tous celui de sa rare équité, de sa dignité à conduire les débats et ses efforts constants à faire avancer et à terminer les procès qui souvent sont traînés en longueur par pure nonchalence, afin d'augmenter les frais : car de remises de cause il n'en accordait aucune qui ne fût légitimée par les plus puissants motifs; et c'est par cette inflexible sévérité qu'il était parvenu à faire disparaître un immense arriéré qu'il avait trouvé à son arrivée à Diekirch , ainsi qu'à empêcher qu'un état de choses semblable ne se formât près du jeune tribunal réorganisé de Luxembourg, qui avait eu le temps de vider son ancien rôle. pendant le statu quo politique auquel les événements de 1830 à 1839 l'avaient condamné. La conduite pleine de dignité et de fermeté du Président Reuter est dès lors à proposer pour modèle à ses successeurs dans tous les pays qui ont des tribunaux et des plaideurs.

Reuter n'a publié, que nous sachions, que sa thèse inaugurale dont nous avons donné le titre, et qui se trouve reproduite, croyons-nous, dans les Annales de l'ancienne université de Liège.

Souvenirs contemporains. — Notes communiquées. — Etat civil de la ville de Luxembourg. — Annuaire 4e PUniversité de Liège, 1830, page •€.— Nanim, Catal. Bibl. Luxbg., 939.

Reuter, Nicolas le ou de; v. RUYSTRE, Nicolas le ou de.

REYNARD, Antoine, né à Junglinster, le 1er janvier 1808, capitaine-adjudant de place de 2e classe , décoré de la médaille de Java, décédé à Arlon le 21 août

Le capitaine Reynard débuta dans l'armée des Pays-Bas comme soldat à la 12e division d'infanterie, le 12 juin 1826. Il fit partie de la division expéditionnaire pour les Indes-Orientales, le 30 novembre 1826 et devint sous-officier.

Après avoir fait les campagnes de 1827, 1828 et 1829 aux Indes il revint en Europe le 28 avril 1830. Il entra dans l'armée belge pour continuation de service, le 5 novembre suivant et fut nommé souslieutenant au régiment d'élite, le 31 mai 1834. Mis en non activité pour infirmités, il fut placé à la section de réserve le 5 avril 1846 et nommé adjudant de place de 3* classe, le 3 janvier 1847. Promu au grade de lieutenant-adjudant de place de 2e classe, le 24 juin 1853, Reynard obtint le brevet de capitaine le 23 juillet

Le capitaine as Ricai, Nécroloçe des officiers de l'armée belge.

RICHARD, Jean, ne nous est connu que par les quelques mots que l'auteur du manuscrit des Viri illustres lui a consacrés et que nous transcrivons: «1312.

« Joannes Richardus Luxemburgensis Episce copus Ratisbonensis S. R. I. Princeps.»

Viri illustres, I, N° 16.

RICHARD, Jean-Henri-Michel, fils de Théodore Richard, de Clervauk, et de Marguerite Servais, de Wiltz, est né au dit Clervaux, le 4 septembre 1750:

Théodore Richard, père de Jean-Henri- Michel auquel cet article est consacré, doit recevoir ici une mention particulière pour avoir introduit l'importante industrie de la tannerie de cuir fort à Clervaux (vers 1741) comme son beau-père, Richard Servais et Michel Servais son fils, l'avaient

importée à Wiltz vers 1710* Ce dernier avait été apprendre cet état à Stavelot, tandis que son beau-frère en obtint les notions nécessaires à Wiltz, chez Michel Servais et Pierre Thilges , son associé.

Théodore Richard , dont il vient d'être question , avait un frère nommé Gilles ou Egide, qui se fit Jésuite. Il fut le dernier provincial de son ordre pour la Belgique. Après la suppression de sa compaguie il revint mourir dans sa famille à Clervaux, et fut inhumé à Munshausen , qui formait alors la paroisse. On dit que jamais il n'a voulu révéler aucun des secrets des Jésuites (teituel communiqué).

Jean-Henri-Michel Richard fit ses humanités au collège des Jésuites à Luxembourg. De là il alla suivre les cours de droit a l'université de Louvain où il obtint le grade de Docteur utriusque juris le 17 août 1775. II prêta le 2 octobre suivant le serment d'avocat devant le conseil provincial de Luxembourg oii nous le voyons encore en 1786 figurer sur le tableau du barreau.

Nommé plus tard capitaine et prévôt de St. Mard et Virton, il remplit ces dernières fonctions jusqu'à leur suppression après la conquête du pays par l'armée française, qui, parait-il, se saisit de lui et le traîna dans les prisons de Mont-médy, sous le prétexte sans doute de son attachement à la Maison d'Autriche.

Relâché après le retour de l'ordre, J.- H.-M. Richard se retira à La Trapperie, près de Habaye-la-vieille, au sein de la famille d'Anetban qui était de ses amis, ou il passa le reste de ses jours et mourut célibataire en 1814, à l'âge de 64 ans.

Le 16 janvier 1812 J.-H.-M. Richard fit son testament par lequel entr'autres legs faits à sa famille , il fait don d'une somme de 2000 francs à distribuer aux pauvres des deux villages de Habay, dans la proposition de deux tiers à ceux de Habay-la-vieille et le troisième à ceux de Habay-la-neuve.

Dans un second testament où Codiclle, ea date An 29 février de la même année 1612, il dit: «La providence ayant ac-

«cordé à tous mes neveux et nièces une « existence bonuéte et aisée, ils ne pour- «ront qu'applaudir à la résolution que «j'ai prise de donner une bonne part de « la petite fortune que je tiens de la même «providence aux pauvres de Clervaux «d'où elle me provient et de faire telle «autre institution chrétienne qui pourrait « conduire les hommes à une plus parfaite «connaissance de Dieu. En conséquence «je mets à la disposition de mon frère » — Jean-Gilles Richard , de Clervaux, époux de Anne-Marie Faber, de Hosiugen — «les fonds ci-après désignés à charge de « faire dire par le vicaire du môme lieu, «tous les mois une messe pour le salut «de mon âme, celle de mes père et mère, «parents et amis, et pour que Dieu ac- « corde aux vivants de ma famille une « prospérité compatible avec la félicité de « l'autre vie; il dira aussi une treizième «messe le jour de mon anniversaire. Je « désirerais encore que le même vicaire «fût un homme assez iustruit à pouvoir «faire les dimanches qu'il n'aurait pas «d'empêchement, une courte instruction « sur les merveilles de la création sans né- « gliger celle sur le catéchisme et l'évangile « du jour ; persuadé qu'une connaissance «plus étendue de ces merveilles excitera «à la fois dans ses auditeurs l'admiration «et l'amour du créateur, par suite celui « du prochain ; de ces deux points dépend «toute la loi et la paix dans le ménage «et la bonne intelligence, entre tous les « habitants du même endroit. Cour donner ce d'autant, plus de facilité au ficaire de « remplir ce double but mes héritiers lui «procureront le Traité par Sturm sur les « œuvres de Dieu dans le règne de la a nature pour chaque jour de Vannée, «dont il. pourra lire quelques chapitres, si «ainsi monsieur le curé le trouve conve- «nir; ^ outre on achètera deux autres «traités sur l'évangile, je joindrai une «note indicative des auteurs auxquels il « faudra donner la préférence , l'un restera «pour toujours attaché à la maison curiale «et l'autre à celle du victiire ; on donnera.

«au curé un exemplaire du traité par «Fluven, qui aura la même destination»

« Si cette institution ne pouvait pas être « remplie convenablement , il sera libre à « mes neveux ou leurs descendants en ligne « directe, établis à Clervaux de la convertir « en toute autre institution chrétienne qui « paraîtrait plus méritoire pour moi et plus «utile aux habitants de cette commune, «avec cette restriction cependant qu'on ne «pourra employer tout au plus que la « moitié du legs à l'une ou l'autre institu- « tion, car les pauvres ont aussi des droits « à ma succession : la vue d'un malheureux «a souvent été pour moi un reproche « muet de la différence qu'il y avait entre «lui et moi. Qu'a-t-il fait pour être dans «la misère? qu'ai-je fait pour être dans « l'aisance ? Emu de cette observation, «je donne aux pauvres de mon endroit « natal le produit du surplus de la somme « léguée, et en attendant que l'institution «projetée ait son accomplissement, le «revenu de la totalité leur sera distribué; « mais pour que cette distribution se fasse «avec justice et sans interruption, tous «mes neveux et nièces ou leurs descen- «dants en ligne directe s'assembleront «tous les ans au mois de septembre à « Clervaux et conviendront de l'usage qu'il «faudra faire de la somme qui n'aurait « pas eu une destination fixe ; ils dresse- «ront une liste contenant les noms des «pauvres qu'il faudra soulager, et de « quelle manière, soit en espèces, denrées* « ou habillements ; le même jour on leur « produira celle de l'année précédente por- «tant déclaration signée qu'on y a satisfait. La formation de cette liste ne pourra « se faire qu'à l'intervention du curé, qui «par état va trouver la misère dans son « réduit et connaît les indigents qui sont « le plus recommandables par lenr bonne « conduite.

« Pour pourvoir aux frais de ces différentes dispositions, j'assigne d'abord le «reodage de cinquante écus ancien cours «de Luxembourg, de la ferme de Merle, « dite Burgundischer Hof, que j'ai achetée

«de Monsieur de Maréchal; en outre « dotuse mille francs qui seront placés en «biens- tonds ou constitution de rente chez «des propriétaires aisés qui fourniront «bonne hypothèque. En attendant que « ces argents tfbient placés , les intérêts « des billets de change que j'ai sur diffé- « rents particuliers concourront au profit « des pauvres jusqu'à concurrence de douze «mille francs* Lorsque mes neveux de « Clervaux et leurs descendants, qui seront « établis au même lieu, et que je nomme « exécuteurs testamentaires des présentes, « pourront placer ces argents avantageuse- «ment, ils stipuleront en cette qualité, « que les intérêts en seront payés en leurs « mains pour être employés à l'accomplis- « sèment de mes volontés dernières, conte signées dans le testament de ce jour. « Observant que ni ces fonds , ni la dite «ferme ne pourront dans aucun temps « être envisagés que comme une propriété « de ma famille qui tomberont en partage «au moment qu'on voudra leur donner « une destination contraire à cette disposî- « tion , car je veux que le bien se fasse « selon ma volonté ou qu'il ne s'en fasse « pas de ma part. Mais pour prévenir ce « partage, s'il est possible, je déclare que si « aucune des premières institutions pieuses «ne pouvait avoir lieu, toute la somme «ainsi que la ferme deviendra le patri- « moine des pauvres, dont le produit «annuel sera distribué de la manière «prescrite, car il y aura toujours dos « pauvres à Clervaux et rien ne peut em- « pêcher de faire des aumônes.

« Je n'exige pas qu'on

«donne à mes institutions une sanction «légale; il sera libre aux exécuteurs tes- « tamentaires de ne la demander que pour «une partie ou pour rien du tout, cela « dépendra de l'espèce d'institution pieuse «qu'on adoptera et des circonstances dans «r lesquelles on se trouvera. Dans tous les « cas j'ai la flatteuse espérance que le pa- « trimoine des pauvres aura une garantie « inviolable dans la probité de mes neveux « de Clervaux , soutenue par une surveil-

« lance scrupuleuse des autres et de leur*» « descendants, et dans le zèle apostolique « d'un curé temporaire du même lieu, qui- « ne souffrira pas qu'on porte la moindre «atteinte h ce patrimoine; l'autorisant- « par les présentes de faire en ce cas ses - «réclamations même judiciaires, là où il «appartiendra; à cet effet mes héritiers- « feront faire deux copies de mon testa- « ment, dont une sera remise au dit Curé « et l'autre .translatée en langue allemande «au vicaire de la même commune. Cette « dernière contribuera à perpétuer le sou- « venir de mes bonnes intentions en faveur. « des pauvres et des obligations de mes* «héritiers envers eux. Le curé de Cler— « vaux ne pourra cependant pas faire «usage de l'autorisation que je viens de «lui donner que pour s'opposer au par— «tage de la part des fonds légués aux. « pauvres, tant et si longtemps qu'une force «majeure ne cherche pas d'en changer la «destination ou le mode de la distribua « tion »

Notes. — Renseignements fournis. — Archives du* Palais , à Luxembourg. — Protocole du notaire F. J. IfaiNtuvs, en l'étude du notaire Disies-Hollerfelti ». à Oiekireh.

RICHARDOT, Pierre, fils de Jean Richardot, président du Conseil privé, à Bruxelles, est né vers Tannée 1575. A, l'âge de sept ans ses parents le mirent à l'abbaye de St. Vaast à Arras, et il y demeura jusqu'en 1607 ou les archiducsle nommèrent 61° abbé de St. Willibrorde à Echternach , pour succéder à Jean Bertels (v. son art.).

Pierre Richardot qui avait déjà précédemment rempli avec distinction plusieursdignités monacales, était monté par degrés au faite des honneurs. Il reçut la consécration abbatiale des mains de l'évéque d'Azot, suffiragant de Trêves.

Dès qu'il eut pris possession de son abbaye il mit tous ses soins à éteindre les dettes que son prédécesseur avait été obligé de contracter pour payer sa rançon et ceHe de son monastère, menacé de pillage et d'incendie par une troupe hollan-

II

daise qui était; venue par une nuit obscure faire irruption à Echteraach et emmener le pauvre abbé Bertels avec plusieurs religieux prisonniers à Nimègue. Il chercha ensuite à augmenter le nombre des moines afin que la discipline et la piété ne vinssent pas à s'attiédir si les offices n'étaient célébrés que par quelques-uns.

Il donnait lui-même l'exemple par sa frugalité et son assiduité à tous les exercices monastiques ; du reste, stricte et sévère envers les négligents, il était doux et affable à l'égard des autres.

D'un autre côté , comme les bâtiments de l'abbaye demandaient de grandes restaurations, il s'y appliqua avec ardeur et une si sage économie qu'on aurait pu croire qu'il puisait dans un trésor sans fin, tandis qu'à son entrée en fonctions il n'avait trouvé qu'une caisse vide : l'église , les cellules, l'infirmerie et en général toutes les dépendances du monastère furent par ses soins remis en bon état.

L'abbé Richardot qui a vécu à une époque de troubles et d'inquiétudes, fut plusieurs fois employé dans des négociations importantes, tant pour sa propre maison que pour l'Etat ; et dans toutes il s'est conduit en diplomate habile et prudent. Ses travaux et ses soucis continuels minèrent peu à peu sa santé ; une ophtalmie intense à laquelle se joignirent bientôt de graves accès de goutte, finirent par le rendre tout à fait impotent, à tel point qu'il fut obligé de se faire d'abord conduire, ensuite même porter au chœur pour assister aux heures canonicales , car il ne voulait jamais , même lorsqu'il était tourmenté par les plus atroces douleurs, consentir à s'en absenter.

Richardot , dit Bertbolet , se rendit en outre rccommandable en ce qu'il a enrichi la bibliothèque de son abbaye de beaucoup de livres destinés à l'instruction et à l'édification des religieux.

Il est mort le 14 février 1628, à l'âge de 53 ans et après une. prélature de 21. Il fut inhumé près du maitre-autel, et on lui plaça l'épitaphe suivante, en forme de chronogramme :

Bis SEPTEM PROFERT FEBRVarIYs iETHBRA

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