Christophe Binsfeld, Docteur dans
Tan et l'autre droits, conseiller du roi dans le Duché de Luxembourg, abandonna au séminaire de cette ville une quatrième part de la dîme de Sassenheim, et fit entrer son fils unique, Jean-Guillaume, dans Tordre des Jésuites.
219. (1636.) Charles de Schœnberg, de Luxembourg fut, avec son frère Otton- Henri, créé par l'Empereur, comte de son nom. Il était seigneur de Schœnberg sur le Rhin, de Bertrange, Messancy, Rollé, etc., conseiller de courte robe à Luxembourg et prévôt d'Arlon. En récompense pour ses ambassades pour le roi catholique, faîtes en Danemark et à la diète de Ratisbonne, il fut nommé Chevalier de St.
Jacques par Philippe IV. Ferdinand II le créa conseiller intime d'Etat et l'envoya ▼ers le roi d'Espagne pour complimenter ce monarque. En 1634, h son passage à Luxembourg il donna de concert avec sa femme, Catherine Poppolie de Lobkowitz, originaire de Bohème, un grand fonds de terre situé dans cette ville pour y construire le séminaire actuel. Il lui naquit en Espagne un fils qu'on nomma Ferdinand-Philippe, qui fut levé sur les Saints- Fonts aux lieu et place vie l'Empereur Ferdinand II, par le Père Paganus, recteur du collège des Jésuites à Vienne, lequel se trouvait accidentellement présent, ainsi que par le Père Marcellus Mastrilius en remplacement de Philippe IV. Ces Révérends Pères étaient tous les deux originaires de Naples et prêtres de la compagnie de Jésus. Le premier avait obtenu le bonnet de Docteur en Théologie , le second la candidature ; ils moururent tous les deux martyrs au Japon. Le comte de Schœnberg est décédé à Madrid, en 1639, et son fils Ferdinand quelques années après lui, suivant la prédiction du Père Mastrilius qui avait déjà été martyrisé lorsque cet évévement eut lieu.
220. (1633.) Philippe-Théodore, comte de Manderscheid et de Blanckenheim, seigneur de Keyl, Ropolskircben, Neuerbourg, Bettingen, etc., conseiller noble au Duché de Luxembourg, fut plusieurs fois vice-
gouverneur et une fois mais pendant longtemps Gouverneur temporaire de ce pays.
Il a fait construire à Keyl une belle chapelle ronde en l'honneur de la Sainte- Vierge et mourut h Bruxelles oii il avait été envoyé en mission par les Trois-Etats du Duché de Luxembourg.
221. (1649.) Jean-Mathias d'Amoult, de Mont-Médy , Docteur dans les deux droits, Conseiller royal et seigneur de Schengen , fit de concert avec son fils Mathias — erreur; il eût fallu dire Jean — , né à Luxembourg , lequel avait remplacé son père au siège de conseiller parce que celui-ci était trop avancé en âge , et ce du consentement de Félicité de Laittre, bellefille de Jean-Mathias et épouse d'un sieur de Limouzin, colonel et commandant d'Arlon, donation entre-vifs en faveur du séminaire de Luxembourg d'une somme de quatre arpents de vignes ainsi que d'une petite ferme à Wormeldange. Mathias — lisez Jean — d'Arnoult avec son épouse, Marguerite de Busbach, fille du conseiller, ajoutèrent à cette libéralité une somme de deux cents écus.
222. (1634.) Jean d'Huart, frère du président Gaspard d'Huart, fut sur la puissante recommandation du personnage qui précède, ainsi que de celle de Schwicquard, archevêque-électeur de Mayence , dont il avait été longtemps secrétaire intime, nommé par la Sérénissime Isabelle-Eugénie, infante d'Espagne, régente de la Belgique , son secrétaire pour les affaires d'Allemagne. A son décès il a légué à la chapelle de Notre-Dame de Consolation à Luxembourg cinq cents écus d'Empire.
223. (1632.) Sébastien Tynner, bien qu'originaire du marquisat de Baden, peut à plusieurs égards être considéré comme luxembourgeois par son mariage avec Marie de Hochstein qui était de ce pays que du reste lui-même il avait habité depuis son enfance, étant à la suite des marquis de Baden dont il a été le bailly à Useldange. Il devint plus tard seigneur de Hollenfeltz et pendant quelque temps capitaine d'une compagnie de gens de
guerre. Au nombre d'autres oeuvres pies il a fondé, de concert avec son épouse trois bourses au séminaire de Luxembourg. Il a été inhumé à Marienthal.
224. (1656.) Charles d'Ouren, de Luxembourg, seigneur de Limpacb, Tavigny, etc., capitaine et prévôt de la Tille de Luxembourg, conseiller noble de ce Duché, a fait ériger dans l'église des Gordeliers un autel en l'honneur de St. Joseph.
225. (16...) Englebert de Neuforge, de Laroche dans le Pays de Luxembourg, conseiller au conseil provincial de ce duché et envoyé une fois au nom des archiducs Albert et Isabelle en ambassade vers l'empereur Ferdinand II, fut ensuite attaché au comte Soranus, député à la cour du roi de Pologne. Il est mort à Orval où il a été inhumé.
226. (1638.) Georges de Bande, frère utérin d'Englebert de Neuforge qui précède , fut d'abord commis au greffe de Luxembourg, puis secrétaire du roi d'Espagne , et remplit diverses missions à Vienne auprès de l'Empereur ainsi qu'auprès du roi de Pologne. II fut aussi chancelier de l'ordre de la Toison d'or et introduisit en Espagne l'art de fondre des canons en fer. A Turgau oii il avait établi sa fabrique il construisit une belle église avec un frontispice à colonnes en fer et à ornementations. A son décès il légua quarante mille patacons pour la fondation d'un hospice pour les ouvriers pauvres, ordonnant que cet établissement fût placé sous la direction des pères Jésuites.
227. (1646.) Bernard Holler, d'Echternach, Docteur en l'un et l'autre droits, professeur de droit civil à Vienne, ensuite conseiller et procureur fiscal pour les provinces autrichiennes , enfin vice-chancelier près du conseil aulique pour l'Autriche inférieure. Il est mort à Vienne.
228. (1634.) Nicolas Vernuleus, originaire d'un village du pays de Luxembourg, fut professeur d'histoire à Vienne, ensuite successeur de Lipse et d'Eric Puteanus — Henri van de Putt — à l'université de Louvain ainsi que président du collège de Mylius. Il est mort dans cette ville.
229. (1617.) Nicolas Sittart, de Luxembourg, Docteur en droit civil et canon, professeur de jurisprudence civile à l'université de Gratz en Styrie. Il est mort dans cette ville avec une grande réputation de science.
230. (1646.) Nicolas-Georges Beichensperger , de Thionville , fut conseiller de l'Empereur et chancelier de l'archevêque de May en ce. Bien qu'étranger à l'Allemagne il fut élevé à cette dignité à cause de son exquise habileté à traiter les affaires les plus délicates, telles que les négociations pour obtenir la paix de Munster, auxquelles il présida avec tant de distinction qu'il s'acquit l'amitié de tous les rois et des princes , à tel point que ceux-ci, de même que leurs députés lui firent cadeau de chaînes d'or et de portraits ornés de brillants, en témoignage de leur reconnaissance pour avoir terminé ces difficultés avec tant de bonheur. Et même le roi d'Espagne le créa en outre, lui et son fils, chevaliers de St. Jacques, chose extrêmement rare. Il est mort en 1651 , à Francfort, et fut généralement pleuré.
231. (1642.) Hubert (THam, de Bittbourg. Après avoir accompagné depuis Vienne jusqu'en Espagne le vice-consul de l'Empereur, il fut nommé conseiller de Ferdinand II et III, et leur résident c'està-dire leur député auprès du cardinal-infant à Bruxelles, tant que ce prince vécut. Il fut envoyé depuis, en la même qualité auprès des villes anséatiques avec résidence à Hambourg. Il est mort à Lille en Flandre pendant son voyage pour se rendre auprès de l'archiduc Léopold.
232. (1656.) Godefroid d'Autel ou d'Elter , seigneur de Bertrange au-dessus de Thionville, et de Labr, fut plusieurs fois envoyé par l'ordre équestre du Duché de Luxembourg vers l'archiduc Léopold, pour conférer avec ce prince sur les affaires de cette province , et naguère encore le même archiduc le chargea au nom du roi d'Espagne d'aller remplir une mission auprès du nouvel archevêque de Trêves, commission dont il s'est très honorablement acquitté.
233. (1656.) Jean-Binsfeld, de Luxembourg, conseiller intime du duc de Neufchâtel , JuJiers et Clèves.
234. Jean de Valderode , de St. Vith, surnommé d'Eckstein dans les patentes d'anoblissement que Ferdinand II lui fit expédier, fut conseiller aulique près du même empereur ainsi que de Ferdinand III et leur secrétaire pour les affaires à expédier en latin , et finalement référendaire au conseil intime.
235. (1639.) Jean Bottin, de Laroche, de secrétaire au greffe de Luxembourg passa chancelier de la légation d'Espagne sous le comte d'Ognatc, à Rome et à Vienne, poste qu'il occupa pendant longtemps et jusqu'à ce qu'il fut nommé secrétaire du roi ainsi que de son cabinet pour les affaires d'Allemagne et de Belgique.
236. (1634.) Quirin ou Qaellin Lejœune, co-seigneur de Bommal. Sa fille unique ayant embrassé l'ordre des Célestines à Liège , il donna sa maison natale, la plus grande de Durbuy, aux Franciscains pour la convertir en un couvent de leur règle.
237. Jean Cridelle, fils d'un bourgeois de Luxembourg, Docteur dans les deux droits, fut d'abord professeur de droit civil à l'université Caroline de Prague , ensuite chancelier de l'ordre des Joannites de Malte et conseiller royal aux appels en Bohême ; enfin conseiller aulique de l'empereur Ferdinand III qui l'estimait infiniment.
. 238. Jean-Pulz, né à Igel, village luxembourgeois, fut, dans ses patentes d'anoblissement par Ferdinand II , surnommé d'Adlersthurm à cause du monument romain qui se trouve dans son endroit natal. Il a été conseiller de Ferdinand III et intendant en chef des domaines dans les pays et provinces héréditaires. Il fonda près du séminaire de Luxembourg deux bourses de famille, au montant de trois mille six cents florins de Brabant.
239. Eustache de Wiltheim, de Luxembourg, seigneur de Waldbredimus, fils de Jean de Wiltheim dont il a été parlé plus haut, et gendre du président Jean Benninck , fut successivement greffier, secrétaire d'Etat, conseiller, surintendant des deux justices au Palatinat et enfin président à Luxembourg ainsi que garde des archives. Il a réuni ce qu'il a pu découvrir touchant l'Histoire du Pays et des familles nobles qui y résident, le tout dans l'intention de publier un jour ces documents. Lui et son frère Jean , avocat au conseil provincial , qu'une mort prématurée a enlevé, ont rétrocédé au séminaire de Luxembourg un legs de mille écus que Jean d'Emblève, curé à' Berg leur avait fait. Par son testament Jean de Wiltheim y ajouta même une somme de cent écus.