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Biographie [microforme]

CAAUVEAU, Pierre-Joseph-Olivier—né à Québec le 30 mai 1820, fut admis au barreau dans sa ville natale en 1841. En 1844 il fut élu député du comté de Québec au parlement du Canada.

En 1851, il fit partie de l’adininistration Hincks-Morin. Il y fut d’abord solliciteur général (solicitor general), puis secrétaire d Ta province (ministre de l’intérieur). (

En 1853, il accepta la charge de surintendant de l’Instrfotion publique dans le Bas-Canada (aujourd’hui province de Québéë). !

Après avoir rempli cette charge pendant douze ans, il fut envoyé en Europe pour y étudier les divers systèmes d'instruction publiqhe. Il parcourut dans ce but l'Irlande, l’Ecosse, l'Angleterre, la France, la Belgique, l'Allemagne et l'Italie.

En juillet 1867, au retour de sa mission, il fut chargé de former la première admiristration de ia province de Québec sous la nouvelle constitution fédérale et y prit les portefeuilles de secrétaire de la province et de ministre de l’Instruction publique.

En janvier 1873, il abandonna la position qu’il occupait comme premier ministre et comme député aux deux chambres pour accepter la présidence du Sénat fédéral. Peu de temps après la chute du ministère Macdonald-Cartier, en janvier 1874, sa commission de président de Sénat fut révoquée et il abandonna volontairement son siège de sénateur pour se porter candidat aux élections fédé: rales. Il ne fut pas élu et ce fut le premier échec de ce genre dans sa carrière politique. Quelque temps après, il fut nommé président de la Commission du Hâvre de Québec, et en septembre 1877, il accepta la charge de shérif du district de Montréal qu’il occupe encore en ce moment.

Lorsqu'en 1878, l’Université Laval établit une succursale à Montréal, M. Chauveau y fut nommé professeur de droit romain ; puis en 1885, il remplaçä M. Cherrier à la doyenneté.

* Cette courte notice biographique est extraite, pour partie, d’un article publié dans le Week de Toronto par M. John Lesperance, M.S.R.C.

Lorsqu'en 1878, la Société Royale fut fondée par le marquis de Lorne, il y entra comme membre de la première section (littérature française et histoire) et fut élu vice-président, puis président de toute la société.

M. Chauveau avait débuté simultanément dans la littérature, au barreau et dans la politique.

Ses premières œuvres littéraires furent de petits poèmes satiriques publiés dans les journaux de Québec, dans lesquels M. de Puibusque crut trouver quelque chose de la verve et de la manière de l’auteur des Zambes,* et sa correspondance politique au Cowrrier des Etats-Unis alors redigé par M. Frédéric Gaillardet. Elle lui ouvrit la carrière parlementaire par le retentissement qu’elle eut dans le paÿs (1840-1855).

Lorsqu'il était à la tête de l’Instruction publique, M. Chauveau a fait publier deux journaux destinés à répandre le goût des sciences, des lettres et des arts, mais s'occupant plus particulièrement de pédagogie, l’un en anglais, l’autre en français. Il écrivait tantôt dans l’un tantôt dans l’autre, les deux langues lui étant presque également familières.

Ses discours académiques, ou prononcés dans des occasions solennelles où il parlait au nom de ses compatriotes, sont nombreux : mais n’ont pas encore été réunis en volumes.

Les plus remarquables sont :

1° Discours prononcé lors de la pose de la première pierre du monument élevé aux héros de la bataille de Sainte-Foye remportée par le chevalier de Lévis contre le général Murray, après la célèbre bataille des plaines d'Abraham (1855).

Ce discours a été signalé par M. Eugène Forcade, l’éminent chroniqueur de la Xevue des Deux Mondes, comme une des plus belles pages de l’'éloquence française au XIX' siècle,

2° Discours prononcé sur la tombe de François-Xavier Garneau, l’historien du Canada (1867).

3° Discours prononcé lors de la célébration du deuxième centenaire de l'érection du diocèse de Québec (1874).

4° Discours prononcé lors de l'inauguration de l’Institut canadien français à Ottawa (1887).

* L'Insurrection, 1838.—Adieux à Sir John Colborn, 1839.— La Fête des Banqguiers, 1841.

s° Discours prononcé lors de la translation des cendres de Mgr de Laval (1878).

6 Discours prononcés dans les séances solennelles de la Société Royale, à Ottawa, 1882-83-84-85.

7° Discours prononcés aux conventions générales de la Société St-Jean-Baptiste à Montréal, ou à Québec, 1874-1883-1885.

8° Discours prononcé à l’Université Laval à Montréal, à l’occasion du Jubilé sacerdotal de Léon XIII, 1888.

Les onvrages publiés en volumes par M. Chauveau sont:

1° Charles Guérin, roman de mœurs canadiennes, Montréal, 3° Relation du Voyage de S. A. R. le Prince de Galles en Amémérique, 1860.

3° Le même ouvrage en anglais.

4 L’Instruction publique au Canada.—Précis historique et statistique, Québec, 1876 ; 368 p. in-8°.—Une partie de cet ouvrage

a été publié d'abord en allemand dans l'Encyclopédie du Dr

Schmidt, à Gotha.

5° Souvenirs et Légendes—Québec, 1876.—(Les légendes sont en vers.)

6° Francois-Xavier Garneau, sa vie et ses œuvres, Montréal, 1883.—286 pages in-8°.—Cet ouvrage sert d'introduction à la 4° édition de l'Histoire du Canada de M. Garneau.

M. Chauveau a écrit en outre :

1° Introduction au compte rendu de la célébration du deuxième centenaire de l'érection du diocèse de Québec, 1874.

2° Notice sur la publication des registres du Conseil Souverain et du Conseil Supérieur de Québec (servant d'introduction à la belle collection publiée par le gouvernement de la province de Québec), 1885-1888.

3° Introduction à l'ouvrage de M. Pierre Chauveau,, fils, ‘“ Frédéric Ozanam, sa vie et ses œuvres.”—Montréal, 1887.

M. Chauveau a écrit dans un grand nombre de journaux des articles de critique littéraire et il est en ce moment un des collaborateurs les plus assidus du Carada-Français, revue trimestrielle fondée l’année dernière par les professeurs de l'Université-Laval.

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Il y écrit la revue européenne, ce qu'il avait déjà fait pour le /owrnal de l'Instruction publique, l'Opinion publique, et la Revue de Montréal.

Parmi ses études littéraires ou historiques les plus remarquables, on trouve :

1° Biographie de M. Biot.—/owrnal de l'Instruction publique,

2° Etude sur les poésies de Madame Desbordes-Valmore.—/ournal de l'Instruction publique, 1858.

3° A History of Laval, McGill and Toronto Universities.—Zowrer Canada Journal of Education.

4 Un chanoine du premier chapitre de Québec, ou ‘ M. de La Tour, sa vie et ses œuvres.”’—A/bum des Familles, 1876.

5° Les Canadiens de l'Ouest, étude sur l'ouvrage de M. Tassé qui porte ce nom.—Æevve de Montréal, 1879-1880-1881.

6° Les souverains et les hommes C’Etat de l’Angleterre à bal siècle.— Opinion publique, 1876.

7° Une femme auteur au Canada, —étude sur Angéline de Montbrun par Mlle Laure Conan.—MVouvelles Soirées Canadiennes, 1885.

8° Encore Jacques Cartier—revue d’ ‘“ Une Fête de Noël sous Jacques-Cartier ”’—par M. Ernest Myrand.— Carada-Français, 1888. ;

Quoique M. Chauveau soit plus connu comme prosateur que comme poète, il n’a jamais renoncé à la poésie ; en sus d’un grand nombre de pièces fugitives publiées dernièrement dans les journaux de son pays ou dans le recueil des Muses Santones, il a donné des poésies religieuses d’une certaine étendue, entr'autres : Zes dernières prières—paraphrases du Miserere et du Benedictus et traduction du Dies Zre ( Canada-Français, 1888), et les deux premiers chants d’un poème intitulé le ‘ Sacré-Cœur,” qui ont été publiés dans les Mémoires de la Société Royale.

Celles de ses premières poésies qui ont été le plus souvent reproduites sont : /uies naïves, Donnacona, Sinite parvulos, et Epiître à M. de Puibusque.

M. Chauveau est commandeur de l’ordre de Pie IX, chevalier de l’ordre de St-Grégoire, et officier de l’Zrstruction publique de France; il est aussi membre correspondant de plusieurs sociétés savantes.

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