PIERRE DESBARRES
Pierre DesBarres, originaire de Montbéliard , s'établit à Métiers au Val-de-Travers , et fut anobli en 1724 par le roi Frédéric-Guillaume I*"". Pompée DesBarres, son fils , capitaine dans le régiment de Cbambrier au service des Etats-Généraux , épousa N. de Meuron , dont il eut un fils , mort négociant en Angleterre sans avoir été marié. — Armes : Ecartelé au l^^el 4® d'argent à une tête d'aigle de sable, au 2^ et 3® bandé d'argent et de gueules,
8o«roe». Notice* généatog. , man. du siècle dernier , dans la bibliotlicque de F-A-M . leanneret.
BEDAULX.
Famille originaire de Cormondrèehe , établie à Neuchàtel. Josué Beiaulx , conseiller d'Etat, fut maire de la Cùte pour la princesse Marie de Bourbon , cl fut anobli en 1597. Sa descendance a subsisté dans ses deux petits-fils, qui fournirent une brillante carrière militaire :
l^ Jean-Henri Bedanlx, lieutenant-général au service de Hollande, où il entra en 1738, comme enseigne dans le régiment de Constant. Nommé sous-lieutenanl en 1740, lieutenant en 1742, il leva, en 1745, une compagnie dans le régiment de Thicrri. Major de ce régiment en 1746, il obtint la commission de lieutenant-colonel le 16 mars 1748 , el celle de colonel le 16 mars 1750. Il de-
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vint , en 1774 , gouverneur de Lillo et de tous les forts qui en dépendaient ; il conserva cette place jusqu'à ce que , par la paix de Fontainebleau du 8 novembre 4785 , les Etats-Généraux cédèrent Lillo et ses dépendances, et que, par leur ordre, il fut commis pour les remettre, en décembre de cette même année, aux commissaires impériaux. Jean-Henri Bedaulx . officier-général du plus grand mérite, mourut à la fin du dix-huitième siècle, âgé et sans avoir été marié. May, dans son Histoire militaire des Suisses, n*en parle que comme général-major; mais d'après les titres de famille, Jean-Henri Bedaulx était lieutenant-général.
2^ Jean Bedaulx, mort en 1788 , général-major et capitaine dans le régiment des Gardes-suisses au même service, avait épousé Jeanne de Chambrier , fille de Josué de Chambrier , seigneur de Travanet, et de Jeanne-Henriette de Cabrol, dame de Travanet, en Languedoc , de laquelle il a laissé deux fils : iV. Bedaulx, officier au régiment des Gardes-suisses en Hollande , et Jean-Henri-Bedaulx, lieutenant-colonel dans le même régiment, retiré du service en 1796 , et marié à cette époque à mademoiselle de Luze , fille de François de Luze, négociant à Neuchàtel. Il est auteur d'un ouvrage intitulé : Traité où Von démontre que rabaissement du niveau vrai par rapport au nireau apparent augmente comme le quarré des distances. Locle, chez Brandt-Girardet, 1828, in-8°.
Sources. May, Histoire militaire des Suisses, t. VIIl, p. 237. — Notices gétiéal. (lu baron d'Estavayer. — Notice sur la famille Bedaulx par J-F. de Chambrier , etc.
BELLENOT.
A l'époque de la fameuse guerre de Bourgogne, en liSi76, si glorieuse pour les Suisses , le Landeron y prit une part trop active pour que nous ne soyons autorisé à consigner un fait qui honore un bourgeois de cette ville. Les Neuchâtelois , d'abord repoussés devant Grandson, dont le baron avait embrassé le parti de Charlesle-Téméraire, firent quelques mouvements et quelques démonstrations contre les partisans du duc , surtout contre le prieur de Métiers qui n'avait que faire de se mêler de cette querelle. Chacun
sait, qu'après une déroute complète dans les champs de Grandson , le duc de Bourgogne rassembla les débris de son armée , et y joignit quelques levées de troupes fraîches ; il fit battre aux champs pour aller assiéger Moral et détacha d'abord son allié , le comte de Romont, avec huit mille hommes qui , voulant se signaler , passèrent les marais d'Anet pour piller les villages sur leur route; mais les habitants du Landeron et des lieux voisins tombèrent si vigoureusement sur ce détachement qu'il fut contraint de tout abandonner : les soldats se débandèrent et s'enfuirent ; il s'en noya beaucoup au passage de la Broie, d'autres furent assommés. Le banneret du Landeron , nommé Bellenot , se distingua particulièrement dans cette circonstance , et excitait ses gens en leur disant : « Le jeu des Allemans rien ne vault , en la rive delà sont les paillards es chaipés de Yalmarcus, fault les assaillir au cul. » Puis levant sa bannière, il s'écria : « Devers-moi enfants de bien de la Comté, faisons bon debvoir , » et il sauta dans la rivière pour poursuivre les Bourguignons qu'il acheva de mettre en déroute.
Après cette action , Bellenot fut créé chevalier par le comte Rodolphe , (c dessouls le grand huis de l'Eglise de Nostre-Dame, » dit le chroniqueur Hugues de Pierre. A la bataille mémorable que les Suisses remportèrent bientôt à Moral , le brave banneret Bellenot portait la bannière du Landeron et fit des prodiges de valeur. On conservait encore , il y a moins d'un siècle , le procès-verbal de la cérémonie par laquelle il fut armé chevalier. Ses descendants existent encore aujourd'hui.
Source*. Description de la châtellenie du Landeron par L. de Mouron, p. 22. — EsMoi statistique de Ifeuchàtel . p. 56. — Boy ve , Recherches sur l'indigênat de Neuchâtelf p. 490—496. — Chronique des Chanoines, p. 33.
Famille honorable des Ponts-de-Martel, qui a donné à l'industrie neuchàteloise plusieurs artistes distingués et des savants naturalistes. Les cadrans d'émail, fabriqués par la famille Benoit, sont d'une perfection inconnue ailleurs jusqu'à ce jour. Nous avons vu un de ces cadrans , qui est un vrai chef-d'œuvre de pinceau par la peti-
tesse, la beauté et la netteté des caractères peints et des sujets dessinés, que Ton ne peut découvrir qu'avec une forte loupe. Les gens de l'art en parlent comme d'une merveille. Deux membres de cette respectable famille ont surtout contribué à illustrer leurs noms; ce sont le major Louis Benoit et son fils le capitaine Louis Benoit.
Louis Benoit, fils de Guillaume Benoit et de Jeanne-Marie Yuilleumier, né aux Ponts en 1732, épousa Jeanne-Marie, fille de l'ancien d'église David Jean-Mairet ; il fut conseiller de la Bourgeoisie de Yalangin en 4780 , capitaine de milice et enfin major en 4786. Dénué des ressources de la fortune, il dut se mettre de bonne beure en état de pourvoir par le travail de ses mains à son entretien et à celui de la nombreuse famille dont il devint le père. Mais né avec le goût de l'instruction , il sut joindre aux occupations de son état, dont ce goût même avait peut-être décidé le choix , l'étude, la réflexion et la lecture d'ouvrages sérieux , où il puisa de belles connaissances, surtout dans la partie des arts et de la chimie, auxquels il s'attacha de préférence comme peintre et comme émailleur. Il .devint célèbre sous ce double rapport ; se fit un nom qui lui attira souvent la visite de savants étrangers et lui valut la distinction flatteuse d'être nommé membre honoraire de la Société de Yéléravie pour l'avancement des sciences naturelles (siégeant à Hanau) , dont il ignorait même l'existence au moment où elle venait le chercher de si loin pour se l'associer. Il est peu de voyageurs qui, en passant dans la vallée qu'il habitait, n'ait voulu voir sa collection peinte d'oiseaux indigènes de la Suisse, où l'on admirait une fidèle imitation de la nature par la correction du dessin et la vérité du coloris. Il n'avait eu que lui seul pour maître dans cet art ; mais le génie se suffit toujours à lui-même. Il dut au sien la découverte de quelques secrets pour la composition de diverses couleurs , le noir et le pourpre surtout , qui les firent rechercher par les plus habiles peintres en miniature de nos jours. L'on doit à ses succès et à son exemple d'avoir formé , aux Ponts , un établissement d'émailleurs et de peintres de cadrans, qui fait que l'industrie de nos Montagnes a cessé d'être tributaire de l'étranger pour cette branche importante de l'horlogerie. Son activité naturelle et la force de sa constitution pouvant suffire à beaucoup de choses, il trouva toujours du temps pour se livrer à des exercices à la fois
utiles et amusants. Les armes surtout , le tir au blanc , la chasse furent la passion de toute sa vie. Chef en second d'un des départements militaires du pays , il en remplit les fonctions pendant un demi siècle avec l'ardeur qu'il mettait à tout. Chasseur déterminé, il sut faire tourner au bien ce goût inné chez lui pour ce genre de récréation , en organisant une chasse au loup régulière et méthodique, qui a rendu moins fréquente et moins redoutable l'apparition de cet animal féroce dans nos Montagnes. La simplicité de mœurs et la sobriété dont il avait contracté l'habitude dès sa jeunesse, contribuèrent sûrement , autant que la vigueur de son tempérament à lui conserver un corps sain et une àme forte , malgré une vie de fatigues , et qui ne fut pas exempte de peines morales. On peut dire qu'il a eu une verte vieillesse. A Tâge de plus de 70 ans , il allait encore à pied chasser au grand marais d'Anet, et revenait en un jour, pour se remettre gaiement à l'ouvrage le lendemain; huit jours avant sa mort, il travaillait encore et gagnait plus que sa vie. Il a écrit un volume in-folio, précieusement conservé par sa famille, dans lequel sont consignées toutes ses expériences pour la fabrication des couleurs.
Cet homme distingué est mort , aux Ponts , le 29 février 482S, dans sa 94® année'.
Louis Benoit, fils du major , né au\ Ponts , épousa , le 8 mars 1778 , Charlotte , fille du justicier Sandoz. Officier de milice en 1778, capitaine en 1808^ il est mort en 1830 dans un âge avancé. Comme son père , il s'occupa à perfectionner la peinture sur émail et la fabrication des cadrans. Le meilleur noir employé dans cette peinture , était fabriqué par lui : il en fournissait aux cmailleurs de Genève , du Locle et de la Chaux-de-fonds. Le hazard l'avait rendu botaniste : en cueillant des simples sur nos montagnes , il devint observateur ; il étudia la nature des plantes, se procura des livres , commença un herbier et s'appliqua surtout à peindre les fleurs avec une patience et une exactitude bien dignes du succès. Toutes les plantes de la Suisse , depuis la mousse imperceptible à
i n n'est pas sans intérêt de remarquer ici que son père , le justicier Guillaume Benoit , était parvenu, comme lui , à Page de 93 ans , et qu'à sa mort il avait 93 enfants ou petits-enfants vivants. Cinq générations de cette famille vécurent en même temps.
rœil nu jusqu'aux plus grands arbres , sont dessinées dans ce recueil, formanl plus de vingt-quatre volumes grand in-folio, appartenant aujourd'hui à son fils, M. Henri-François Benoit, vénérable vieillard, qui a bien voulu nous montrer ses précieuses collections. Le capitaine Benoit se proposait de faire graver les plus intéressantes des plantes qu'il avait peintes ; mais la mort le surprit avant qu'il put réaliser cet utile projet, dont le prospectus est encore entre les mains du public. Louis Benoit fut créé chevalier de Tordre du Lys en 1814 ; ses vastes connaissances en botanique l'avaient fait nommer membre de la Société des sciences naturelles de Vétéravie ^ et il a fourni des plantes rares à un grand nombre de savants de la Suisse, de la France et de l'Allemagne.
Un autre fils du major Benoit , Henri Benoit, membre honoraire de la Commission de Littérature à Neuchàtel , avait formé au commencement du siècle un très-beau cabinet d oiseaux empaillés. Les attitudes aisées et variées qu'il a su donner à ses oiseaux, aussi bien que son empressement à recueillir tous les sujets qui pouvaient compléter sa collection , témoignent assez de ses talents et de son goût pour l'ornithologie. Il avait placé à côté de son cabinet un tronc en faveur des pauvres , rendant ainsi utile aux malheureux un cabinet déjà fort intéressant par lui-même. Si nous sommes bien informé , la collection de Henri Benoit a été acquise par M. Vouga de Cortaillod.
Nous terminerons celte notice par un détail qui n'est pas sans intérêt pour les horlogers de notre temps. MM. Benoit , dans les commencements de leur industrie , vendaient leurs cadrans trois écus-neufs (environ 18 francs) la douzaine ; plus tard cinq petits écus (15 francs) la douzaine. Ce prix, déjà fort bas si l'on considère la supériorité du travail, tomba enfin à douze et même à neuf francs. Aussi furent-ils obligés de quitter la partie, ne gagnant plus leur vie ; à peine , à ce prix , étaient-ils remboursés des matières premières.
Sources. Mlg. LUI, Zeitung, 1809, n« 62, p. il. — Peter , Description fopographique des Ponts, p. 72, 75, 85. — Mehsncr's, Natur-j4nzeiger,U V, p. 64.
— Bibliothèque universelle de Gcnèce , l. XXI , p. 77. — Sandoz-Rollin , Essai statistique sur Neuchâlel, p. 423. — Messager boiteux de Neuchàtel, 4831, 1850.
— Jeanneret, Etrennes Pfeuchâteloises, I" année, p. 50, 51, et plusieurs déUils communiqués par la famille.