‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 16 sur 117 · XIII. La culture de Vesprit et du goût, 4764, in · texte numérisé non relu

XIII. La culture de Vesprit et du goût, 4764, in

XIV. Recueil de divers traités d'histoire naturelle. Avignon, 4766, in-4*. — Ce recueil contient, outre une réimpression des traités cités sous les n^ III, V. VI et X , un Essai d'une distribution méthodique des fossiles; un Essai de la minérographie et de l'hydrographie du canton de Berne , et une Lettre tur la diminution des mers et l'origine des montagnes,

XV. Eléments de morale universelle. Neuchàtel, 4776, in-8; traduit en allemand par Emmerich. Meining, 4777, in-8*.

XVI. Essai philosophique et moral sur le plaisir. Neuchàtel, 4777, in-4 2»; traduit en allemand, Leipzig, 4 778, in-8«.

XVII. Le Thevenon ou les journées de la montagne. Neuchàtel , 4777 , % vol. in-42*.

XVIII. Le solitaire du mont Jura , récréations d*un philosophe. Neuchàtel , 4 782, in-8*.

En outre , Elie Bertrand a publié un nombre infini de Mémoires dans différents recueils périodiques , entre autres dans le Musée helvétique : Tentamen philosophicum de cuUu divinum. — Observât, quibus J. Elsneri dissêrt. de stellâ solis magis visa examini subjicitur. — Dans la Nouvelle Bibliothèque Germanique : Lettres sur l'irritabilité Hallérienne; — Projet d'une nouvelle édition du Nouveau Testament, avec les ré flexions du père Quesnel. — Dans le Journal helvétique : Lettres sur l'état de la rdigion en Suisse , 4758 — 4759. — Dans les Excerpta litteraturac Europ. année 4760 et 4762 : DeÀmiantho , et Dissertation sur les Géants, etc., etc.

On voit que Elie Bertrand a fourni un abondant contingent de publications à la littérature et aux sciences , et que sa plume féconde a traité tous les genres. Sous ce rapport, il serait difficile de trouver en Suisse un autre écrivain aussi universel ; remarquons de plus que toutes ses publications sont marquées au coin du savoir , de l'érudition , de l'exactitude et de la saine critique. Peutêtre son style pourrait-il être mieux soigné ; mais Bertrand vivait dans un siècle où Ton s'occupait peu , en Suisse surtout , de polir le style et de lui donner cette forme attrayante qui distingue et fait lire avec plaisir nos bons auteurs contemporains. Les relations assidues que Elie Bertrand entretenait avec les savants les plus distingués, tels que Haller, Bœrhave, Jussieu, de Saussure, Gessner, Bonnet, Garcin, lui permettaient de traiter les sujets les plus variés; et on peut dire à sa louange qu'il savait rendre justice aux nombreux collaborateurs qui le secondaient dans ses travaux.

Jean-Elie Bertrand , fils d'Elie , membre de plusieurs académies, professeur de belles-lettres et ministre du St-Evangile à Neu-

châtel, naquit dans cette dernière ville, le 13 août 4737. II fut choisi , en mai 1757 , pour être recleur du collège de Neuchâlel, emploi pénible , qui exigeait à la fois beaucoup d'activité , de connaissances solides, aussi bien que le talent d'instruire. Le jeune professeur s'acquitta de cette tâche à la satisfaction générale de la ville. II fut consacré ministre le 3 août 1763 , et exerçait encore son emploi lorsqu'il se chargea des fonctions pastorales d'un ami malade, qu'il remplaça pendant deux ans et demi, sans que l'obligation où il se mettait par là de prêcher chaque semaine , lui fit négliger un instant l'instruction de la jeunesse. Son temps bien distribué suffisait à tout , et il lui en restait encore pour acquérir de nouvelles connaissances. Il fut un homme profondément instruit , réellement savant , et n'en sentit que mieux , dans le siècle dépravé où il vivait, l'excellence et la nécessité de la Révélation.

Dans le courant de 1771, un scandale public vint troubler la vie paisible du professeur Bertrand et mit en émoi tout le pays. Le banneret Ostervald et son gendre , M. Bertrand , avaient fondé & Neuchàtel cette célèbre société typographique qui rendit tant de services aux lettres en imprimant la plupart des chefs-d'œuvre de la littérature française. Cet établissement se chargea d'imprimer par commission et pour l'étranger l'ouvrage de matérialisme et d'athéisme du baron d'Holbach , intitulé : le Système de la nature. Quelques exemplaires , distraits de leur destination , circulèrent dans le public. Un cri général d'indignation s'éleva contre les imprimeurs , tous deux étroitement assermentés à la religion : l'un comme ministre de l'Evangile , l'autre comme premier magistrat de la Bourgeoisie. Dénoncés à leurs corps respectifs, la Compagnie des pasteurs, par un arrêté du 7 août 1771 , dégrada du ministère le professeur Bertrand, et le Conseil de ville, ayant convoqué l'assemblée générale des bourgeois, de qui le banneret Ostervald tenait sa charge , ceux-ci le destituèrent , et le Conseil enleva à son gendre la chaire de belles-lettres. Le livre fut brûlé publiquement par la main du bourreau. Des bienveillants tentèrent de faire valoir comme moyen de disculpation une permission verbale et de confiance , que le maire de Neuchàtel , Petitpierre , en sa qualité de censeur des imprimeries, reconnaissait avoir donnée pour l'impression de l'ouvrage dont il s'agit; ils représentèrent cette impression

corame une entreprise purement mercantile , étrangère à l'homme public et uniquement applicable à l'imprimeur, lequel se trouvait en règle par la permission obtenue; mais ces distinctions, subtiles même aux yeux d'une prévention favorable, échouèrent à plus forte raison auprès d'un public en rumeur. Bertrand était cependant moins coupable qu'on pourrait le croire, car occupé fort laborieusement à sa Description des arts et métiers, l'ouvrage incriminé avait été imprimé à son insu. Après une réparation solennelle à la face de TEglise, à laquelle il satisfit un dimanche soir en prêchant, la Compagnie des pasteurs le réhabilita le ih mai 1775. Ostepvald lui-même rentra dans le Conseil de ville , dont il avait été éliminé en même temps que de sa place de banneret ; il y reprit son rang et redevint maître-bourgeois à son tour. Dès ce moment , jusqu'à sa mort arrivée le 26 février 1779 , Bertrand ne s'occupa plu» de l'imprimerie , mais se livrant à la littérature et aux sciences qu'il cultivait avec succès, il acheva la Description des arts et métiersy le plus beau monument de notre imprimerie neuchàteloise , qui est encore estimée des savants. Voici la liste des ouvrages du professeur Bertrand :

I. La morale évangélique , ou discours sur le sermon de Jésm- Christ sur la montagne. Neuchàtel, 1775, 7 vol. in-S**. — Ce livre a été traduit en aUemand par Emmerich, en 1777, in-8*.

II. Sermons sur divers textes de VEcrilurê sainte. Neuchàtel , 1773 , 1779, 2 vol. in-8".

m. Sermons pour les fêtes de VEglise chrétienne. Yverdon , 1777; traduit en allemand par Emmerich, en 1785.

On lui doit aussi une nouvelle édition annotée du Voyage de Lalande tn Italie, 1 769 ; les Descriptions des arts et métiers , faites ou approuvées par l'Académie des sciences de Paris, Neuchàtel, 1771—1783, 19 vol. in-4*; ainsi qu'une édition latine û'Eutrope ; un Discours sur les diverses périodes de la langue latine, publié dans le tome XX de la Nouvelle Bibliothèque Germanique ; et enfln un Discours sur l'histoire de la principauté de Neuchàtel et Valangin , inséré dans le même recueil, en 1759.

Le style de ses sermons est onctueux et pénétrant ; il s'élève parfois jusqu'à l'éloquence la plus classique; ses images sont généralement empruntées aux bons auteurs de l'antiquité. On pourrait lui reprocher la division trop rigoureuse de ses arguments qui donne une certaine sécheresse à quelques parties de ses discours ;

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mais les sermons de Bertrand peuvent encore se lire avec fruit , non-seulement sous le rapport moral , mais aussi au point de vue littéraire.

Souroet. Etrcfinet hittoriquei sur le comté de NeuchàteU pour Tannée i 797. — La France proteêtante, par Haag, 1. 11. — Histoire de Ncuchàtel et Falangin, par M. de Tribolet, p. 223— S24. — Foroiey, La France littéraire , article B«rirand. — Nettes geiehrtet Europa , II , p. 859. — Bnchàftigungen de$ Berliniichen GtselUehaft naturfor$chendcr Freunde, Berlin , 1777, l. III, VIII. — Quérard, la France littéraire. — Biographie de Michaud. — Bernouilli , Beschrei^ bungdes Fûrstenthum$ Wehch Nenenburg und l'allangin , 1783. — Nouvelle Bibliothèque Germanique , t. XX. — AUgemeine Encyclopddie , etc. , von J-S. Ersch und Gruber, article Bertrand. — Etudes sur l'histoire littéraire de la Suitse française au 18* siècle, par Gaullieur. Genève, i8S6, etc., etc.

ETIENNE BESANCENET.

Dans les hautes vallées du Jura neuchâtelois , au Locle particulièrement , la piété et la reconnaissance populaires ont conservé la mémoire d'un homme dont le souvenir se lègue dans les familles par une espèce de tradition depuis plus de trois siècles. Et pourtant aucune inscription pompeuse, aucun monument, aucun mausolée ne rappellent ses services et ses vertus : son tombeau est sur une terre étrangère , et sa famille est depuis longtemps éteinte. Mais la vie d'Etienne Besancenet, le dernier curé du Locle, semble donner un nouvel accomplissement à cette parole d'un saint livre : In menwria œterna erit jtistus. Les habitants du Locle se souviendront toujours avec respect du vénérable prêtre qui , pendant de longues années, donna à leurs pères l'exemple d'un vrai chrétien, d'un homme juste et bon, d'un patriote dévoué.

Etienne Besancenet était fils de Blaise-Petremand Besancenet, communier du Locle et bourgeois de Valangin. Son père , homme simple et paisible, exerçait la profession de cultivateur , et par occasion faisait le commerce de la poix qu'il recueillait sur nos montagnes boisées. 11 eut plusieurs enfants : Henri-Pclertnand , mentionné dans un acte de vente d'une maison à Valangin ; Daniel, dont il est parlé dans le même acte ; Jeanne , qui épousa Jacques Perret-Gentil de la Sagne ; Etienne, curé du Locle ; et Biaise, héritier universel du curé par dispositions testamentaires de ce der-

SO BESANCENET.

nier. Tous ces enfants furent baptisés par messire Alxé, cor Locle, qui mourut en 1488. Une nièce d'Etienne Besancenet ép Hennemand Matile et laissa trois enfants: Jacques, Batien et ( laume Matile; ce dernier fut chanoine à Soleure.

Nous ignorons où Etienne Besancenet fit ses études : il est i probable que dans ce temps où les séminaires ecclésiastiques xistaient pas encore, il commença par servir dans le chœu l'église de Notre-Dame de Neuchâtel , sous la direction du chap qui enseignait la grammaire latine aux enfants de la collégia leur procurait ensuite les moyens d'étudier dans quelque unive du voisinage.* Nous voyons Etienne Besancenet, en 4518. nombre des chanoines de la collégiale de Saint-Pierre de Valar fondée par Claude d'Arberg en 1499. A cette époque il était rc de la dignité de prévôt, et jouissait aussi d'une prébende de noine dans le chapitre de Saint-Imier. Plus tard il céda sa pla< prévôt à un prêtre de la vallée de Miolans en Savoie, avenli qui était parvenu , par la protection de René Cballans , à ei dans le chapitre de Valangin. Etienne Besancenet se retira aloi Locle, où il avait été nommé curé par le chapitre, collateo cette église.

Claude d'Arberg, seigneur de Valangin, étant mort en 1 Guillemette de Vergy sa veuve , engagea Etienne Besancenet à un voyage à Jérusalem , pour le repos de l'âme de son n Etienne partit du Locle le 3 Inars 1519, accompagné de r Pierre Faucon , chevalier, et de noble Guillaume d'Arsens; Ni< Cachet de Payerne, prêtre*, et plusieurs curés du pays de Va! de Fribourg faisaient aussi partie de la pieuse caravane. Le i cembre de la même année , il rentra dans sa paroisse , avec le de chevalier du Saint-Sépulcre , au grand contentement de ouailles , qui le reçurent avec force démonstrations de joie • comblèrent de présents. Avant son départ, il avait vendu, subvenir aux frais de ce long et périlleux voyage, trente n

I Le chanoine anonyme raconte dans sa chronique que Philippe de Hocl institua un fonds pour six enfants de chœur, et un maître pour les conc gouverner et instruire dans le chant, la musique, la grammaire et toutes b< mœurs : Institua ac fundavit in ejusdem ecclesia Novi Castri sex innocenter ro$ cum uno magistro canttu, etc.

BESANCENET. TH

d'orge à Jacques Droz et à Nicolas Lesquereux , pour la somme de soixante écus d'or.

L'année suivante, Etienne Besancenet fit bâtir la tour de Téglise du Locle, qui existe encore. La pierre de ce monument fut tirée duCrozot, et maitre Pierre Paton de Flanchebouche , au comté de Bourgogne , en fut l'architecte. Le 30 avril , la première pierre fut posée par le curé , au nom de Guillemettc de Vergy, dame de Valangin, qui avait demandé à la communauté de lui faire cet honneur. Trois grandes messes furent chantées à cette occasion ; tous les prêtres du voisinage y vinrent en chappe et en surplis et firent une belle procession pour demander à Dieu que cette œuvre fut achevée selon la bonne intention des habitants. La tour ne fut achevée qu'en 1825, car l'architecte mourut et l'on dut faire un nouveau marché avec Pierre Dart du Bizot et Othcnin Ballanche de Morteau. Le 7 octobre, Etienne Besancenet bénit solennellement l'édifice. Non content de travailler à l'embellissement de sa paroisse , le curé dota son église de vases sacrés et d'ornements sacerdotaux. Par ses soins une grosse cloche du poids de 3000 livres fut posée dans le clocher. On lui doit aussi la reconstruction de la cure du Locle, qui tombait en ruines.

Les troubles religieux qui agitèrent le pays de Neuchàtel à l'époque de la Réformation , ne se firent sentir au Locle que très-tard. Etienne Besancenet, ardent catholique, voyait avec déplaisir la nouvelle doctrine et s'opposait de toutes ses forces aux innovations que les réformés de Neuchfttel cherchaient à accomplir dans le comté de Valangin. En 1532, Farci étant venu au Locle avec madame de Valangin, pour la foire de la Madeleine, fut reçu avec une grande politesse par le curé, qui lui oflrit une collation et^ en présence de la comtesse, eut avec lui une longue discussion. Cependant, malgré ses efforts, Farel ne put prêcher au Locle, Guillemetle le lui défendit sous griîfve peine, « Je ne crois pas, disait à Farel la vieille et noble dame en voyant le zèle ardent du réformateur, je ne crois pas que vos procédés soient conformes aux vieux Evangiles, et s'il en est de nouveaux qui les permettent, j'en suis bien esbahie. » Etienne Besancenet résista à la Réformation pendant six ans; mais la dernière heure du catholicisme devait sonner au Locle comme dans les autres paroisses du comté de Valangin. La

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dernière messe fut chantée le jour de rAnnonciation , 25 mars 1536, par le pauvre curé, fort affligé de la détermination de ses paroissiens. Ses vertus et l'amour du peuple^ plus encore que l'autorité que lui donnaient ses titres de chanoine de Saint-Imier, de prévôt de Valangin et de prévôt du Saint-Sépulcre, avaient relardé longtemps le changement de religion qu'Etienne ne put voir sans larmes, quoique ses paroissiens lui eussent offert de rester leur pasteur. Il refusa et alla s'établir à Mortcau. Son vicaire, Etienne Jacot-Descombe3 , qui avait embrassé la Réformation, devint, diton, le premier pasteur du Locle.

On trouve aux archives de Neuchâtel une requête qu'Etienne Besancenet adressa du lieu de sa retraite à madame de Valangin, pour la prier de prendre en considération sa vieillesse et ses infirmités. Celte requête, sans date, est conçue en ces termes :

(( A la grâce de ma très-redoublée Dame , madame de Valangin. Supplie très-humblement le poure vieulx curé du Locle, qui plest à ma dicte Dame avoyr pitié et regard à sa poureté et misère de sa personne constituée en vieliesse et maladie corporelle manifeste, et que il ne soyt poyn deschassé ni deslilué dez biens de son bénéfice, que l'on luy donne gracieusement à vivre comme sera advisé par gens de biens du Conseil de ma dicte Dame. Or est que par cy-devant le bénéfice du Locle et de la Sagnie n'estoyent que ung bénéfice, et le dict de la Sagnie estoyt fiUiole et membre du Locle, et ces deux es^lises esloyent aultrefois desservies par le dict vieulx curé, coment chascung scel, et la chose est noloyre et publique, et depuis peu de temps a esté séparé le dict membre de la Sagnie de la cure du Locle, cornent chascung scet : meyntenant qu'est venu le temps que le vieulx curé bonnement ne porroyait desservir aux dicls bénéfices , et pour lever la pension tant des ministres de présent que du poure vieulx curé, supplie le dict curé à la grâce de madame et de son conseilz, de rédiger les deux bénéfices du Locle et de la Sagnie en ung et des biens d'iceulx fermement soyt levez la pension du ministre de présent, et le reste pour Dieu soyt baillé au poure vieulx curé pour sa subslanlation sur le temps de sa vieliesse. »

Nul doute que la bonne dame n'ait accédé au désir d'Etienne Besancenet, qui, pendant tant d'années avait consacré sa vie el ses

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forces à Tédification de ses paroissiens. Il testa en faveur de son frère Biaise, qui était resté au Locle sa commune, le 22 mars 1539, et mourut quelques jours après au prieuré de Morteau. Le prieur fit déposer son corps dans Téglise du monastère, au pied de la chaire, et fit sculpter une pierre tumulaire qui a disparu aujourd'hui. Le Nécrologe du Prieure de Morteau fait mention de lui en ces termes .

« 4539. Obiit vénérable et religieuse personne, messirc Etienne Rcsancenet, prevost de Vallengin, curé du Loucle, avant la désolation advenue es esglizes de la comté de Vallengin , qui trépassa dans nostre prioré et y vescut dans la religion de Sainct-Benoist. Il nous a baillé xx livres bonnes Lauzannoiscs pour son anniversaire que fesons la veille des nones de mars , avec de profundis et l'oraison pro sacerdotedefunclo et miserere mei, Requiescat in pace.»

Plus de trois siècles ont passé sur la tombe d'Etienne Besanc^net, siècles tourmentés par d'innombrables révolutions qui confondent^ bouleversent et détruisent tout; mais son nom subsiste encore, vivant de souvenirs aux lieux qui l'ont vu naître , et nous espérons que ces lignes ne seront pas indifférentes aux Neuchàtelois du dixneuvième siècle.

I. Regittrei de$ Notaireê, aux Archives de PEtat de 1533 à 1542. — Hanuêcrit du 17* siècle, par Ballhazard Jeanneret. — Le livre des Cure$, etc.— B'nioire de la uigneurie de Falangin, par G.-A. Mafile. — Hisioire de Pfeuchâtel, par H. de Chambrier, p. 4S3. — Carlulaire du prieuré de Morteau , p. 450, 472, 4S3. — Etrennes Neuchâteloiset , par F.-A.-M. Jeanneret, Locle 1862, p. H4~I29. — Archives de la commune de Valangin. — Promenade$ autour de 9^alangin, par G Quinche, etc.

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Nom d'une ancienne maison noble, originaire de TEvéché de Bâie , attachée aux comtes de Neuchàtel et aux seigneurs de Valangin à la fin du xv« siècle, soit comme écuyers ou officiers de la maison du prince, soit comme officiers de Juridictions. Plusieurs membres de cette famille furent maires de Valangin. Ils avaient un fief qui dépendait de ce comté en ^hl{), Un de ces Blayer, titré d'écuyer ou de noble, était châtelain du Landeron , mais depuis l'an

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1550, ils ne paraissent plus dans ce pays. Voici ce qu'on Irouve sur cette maison :

Mcssire Henri Blayer de Bariscourt et son frère Ymier, reçurent du comte Louis, par acte du l^^ février 1351, un fief noble dans le comté de Neuchàtel. Ils se disent fils de noble chevalier messire Henri de Bariscourt et reçoivent le dit fief de x florins de revenu pour le garder, et lui en prêtent hommage.

En 1410, Louis Blayer, fils de Henri Blayer, donzel de Bariscourt, fit son testament et légua trois setiers de vin de cens au chapitre de Neuchàtel, à acquitter par Guillaume Blayer, son héritier universel. Ce Guillaume, était-il son fils? cela est probable, cependant il ne le dit pas.

En 1438, François, Jean et Henri Blayer, donzels (de Âltdorff prope Ârmigeri), donnent par un acte les biens qu'ils possédaient dans le comté de Neuchàtel, en échange d'autres qu'ils doivent posséder dans l'évêché de Bâlc. Walter Andrié de Neuchàtel et Antoine Malhey, bourgeois de Yalangin , sont nommés dans ce titre du 23 août 1438, conservé aux archives de Porrenlruy. Voilà trois frères qui contractent, et l'on ne voit pas de qui ils étaient fils. On ignore même leurs alliances et leurs enfants. Suivant le livre des reconnaissances du fief de Blayer , il parait que dans l'origine ce n'était pas un fief, mais de simples accensements donnés par la famille Blayer à divers particuliers. Le premier accensement fut fait par noble Jean Blayer et Aimonette sa femme , à N. DeMaumary, de Savagnier, en 1438, pour deux émines de blé et un chapon, payables aux héritiers de Claude Blayer, donzel, et à Guillaume, son frère, demeurant à Cerlier, dans leur maison de Yalangin. 11 est nommé Jean Blayer de Bariscourt , écuyer , avec Aimonette sa femme, dans un acte de l'an 1439, et fut héritier de Jean de Courlelary. On le Irouve aussi nommé Jean Blayer, fils de Jean Blayer de Bariscourt, écuyer, dans un acte de l'an 1444, portant qu'il plaidait en justice à Neuchàtel, contre le chapitre de Neuchàtel, pour un cens de vin.

Un acte de l'an 1427 nous apprend qu'il était dû aux héritiers de Claude Blayer, donzel de Yalangin , et à Guillaume son frère, dix-sept émines de froment, dix-sept émines d'avoine et quatre chapons. La portion de Guillaume était alors vendue à Jacques Haller

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de Ck)urtelary, chfttelain du Sclilossberg, pour une somme de 50 livres el sous bénéfice de rachat , par conscntemenl de Jean d'Arberg, seigneur de Valangin. Les Commissaires disent : ail ne parait pas que ce soit un fief, à moin» qu'on ne lappelle ainsi dans le sens général qui signifie simplement tenement, et qui dans les siècles passés répondait au mot fief, parce que les tenanciers ne tenaient leurs terres que de la volonté du seigneur. »

Un acte du 8 novembre 149G nous apprend que Jean de Rariscourt, châtelain de Thielle, fait au chapitre de Neuchàtel un don de iO livres faibles pour avoir droit de sépulture pour lui et les siens dans l'église collégiale , etc.

Cette famille jouissait certainement d'une assez grande considération à la fin du xv^ siècle, car nous trouvons un Jacques de Bariscourt, fils du ch&telain de Thielle, chanoine de la Collégiale de Neuchàtel en 1&96; Claude d'Arberg, fils illégitime de Guillaume d'Arberg, souche de la branche des comtes d'Arlierg établie en Flandres, épousa, en 1509, Perrenette de Bariscourt, fille de Gmi7laume Blayer de Barisconrl, et donna à sa femme, en douaire, la moitié de tous ses biens, maisons, rentes, qu'il possédait à Valangin et dans le pays de Vaud. La famille Rlayer siégea aux audiences de Neuchàtel et de Valangin au banc des nobles ; elle possédait, outre ses fiefs, la moitié des dîmes de Dombresson et quelques rentes à Auvernier, à Neuchàtel et au Landeron. On doit observer que ces nobles de Rlayer ont pris le surnom de Rariscourt , soit par alliance, soit qu'ils eussent un fief de cette famille, ou peut-être un fief à Rariscourt. Leurs armoiries sont dessinées dans le grand livre des fiefs de l'évéché de Râle à Porrentruy. Dès le milieu du xvi® siècle ce nom disparait de notre histoire. Une partie de ses possessions passèrent d'abord à Jean Esier, bourgeois de Neuchàtel, par une vente du 17 décembre 1534, lequel les revendit, en 1543, à Jacques Rourgeois-dit-Francey, receveur de Neuchàtel. En 1567, RIaise Junod, commissaire du comté de Madrutz, acheta de noble Jean Rlayer de Rariscourt ci de Philiberte sa sœur, enfants de feu Pierre Rlayer, écuyer, pour 1200 livres, tout ce qu'ils possédaient encore dans la seigneurie de Valangin et dans le comté de Neuchàtel. Le fief Rlayer tomba ensuite entre les mains de J.-J. Tribolet, capitaine au service de France , créé chevalier par Henri iv ; mais

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nous voyons qu'en 1618, Jacques de Chambrier, gentilhomme ordinaire du prince Henri ii , acquit ce fief et en prêta hommage. Le dernier propriétaire du fief Blayer fut N. Pcrroud, officier au service de France, qui en prit possessionen 1796.

Souroes. Traité des fief» ^ par le chancelier de Montmollin, mss. — Hat, de la seigneurie de Falangin, par G.-k, Matilc, p. 232-233. — iVêcro/oflff de Valhbaye de Fontaine -André , 2 novembre. — Colteciion diplom, du baron J.-F. de Chambrier, et<;.

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