MATHURIN CORDIER
Mathurin Gordier, en latin Corderius, régent à Neuchàtel au milieu du xyi* siècle, naquit en liSi79 en Normandie. Il nous apprend lui-même dans ses Dialogues qu'il dut à Robert Etienne la connaissance de la religion réformée. Il se distingua par son goût dans les belles-lettres, par sa pure latinité, sa vaste érudition et surtout par le talent particulier qu'il eut pour l'instruction de la jeunesse. « Il avait, dit Senebier, une de ces Ames antiques, qui désirait sincèrement le bien public , et qui le préférait toujours à ses intérêts et à sa propre gloire ; aussi se consacra-t-il tout entier à l'éducation des enfants. Il fut régent pendant plusieurs années dans les collèges de la Marche et de Navarre , à Paris ; et ce fut dans le premier qu'il eut pour disciple Calvin. Ce dernier, en reconnaissance des soins dont il fut l'objet , dédia à Mathurin Cordierson Commentaire sur la l^ ipttre de Si -Paul aux Thessalonitim. Il lui rappelle ce zèle, à la fois modeste et dévoué, qui le porta dès lors, comme plus tard à Genève, à quitter la première classe, où il enseignait avec distinction, pour devenir volontairement humble régent de la quatrième , parce qu'il avait remarqué qu'on instruisait mal les enfants dans les éléments de la grammaire, ee qui était préjudiciable à la suite de leurs études. Cidvin lui at- Mbue ensuite les progrès qu'il a faits plus tard dans des sciences plus relevées, et il désire, ditril, que si la postérité retire quelques Nts de ses ouvrages , elle sache que c'est à Cordier qu'elle les doit en partie. Hoeposteris kstatum esse volui, ut si qua ex meis ^ptis isad eos perveris et utilitas; aliqua ex parle abs te manasse
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ili CORDIER.
Tas 13%, CoffAer, après a?oîr régenté dans le collège de Nae . y <iiBb pendant quelque temps en théologie. S'il faut en siHF? LiJfaono^, il recul rordre de la prêtrise et fut chargé de ie*er*ir Têsise de Xolr&4)aine de Bonne-Nouvelle à Rouen. Cepisiiisiiit i ae tvda pe à abandonner cette cure pour reprendre son prsmer emploi de grammairien, qu'il exerça successivement à Ne- Y«s^ de 1334 à 1536, et ensuite à Bordeaux. Mais il se retira hienliiU en Sobse et fut mis à la tète du collège de Genève. Il s'y tmrrait en 1S38, lorsque Calvin et Farel en furent bannis par le Bugstrai , et comme il approuvait sans doute les vues de ces deux réfimnatenrs, il participa à leur exil. Ce fut alors qu'il vint à Neuekllel, où il enseigna la langue latine au collège de cette ville. Les Quatre-SCnisIraux , en reconnaissance de ses services , lui donnéml la boQi^eoisîe.
Cesl à Neuchàtel que Cordier a composé ses Colloques ou entre- Euniliers en latin, qui sont regardés depuis trois siècles comme
I des bons livres classiques de l'enfance, et dont on se servait encore
y a peu d'années au collège de Neucbàtel. Dans un de ces entres Etmiliers , il décrit avec quelques détails curieux , un repas anqnel le magistrat de Neucbàtel l'avait convié.
En 1S40, le Conseil de Lausanne fit des démarches pour l'attirer dans cette ville; mais les habitants de Neucbàtel ne voulurent pas le laisser partir. Cependant, après sept ans de séjour dans cette dernière ville, il retourna à Genève. Le 13 avril 15&5, le Conseil rétablit pour gouverner l'école. Plus tard ceux de Lausanne réussirent à le placer à la tète de leur collège ; il s'y trouvait en mars 1550, lorsque Calvin lui dédia le Commentaire mentionné ci-dessus, car il rappelle : Lausannensis scholœ moderator, et Ruchat nous apprt'^nd qu'il y resta jusqu'en septembre 1557, époque à laquelle il retourna à Genève, pour y reprendre le poste qu'il avait déjà ocoupé. C'est dans cette dernière ville qu'il mourut , le 8 septembre 1504 , dans sa 85® année^ quatre jours seulement après avoir donné sa dernière leçon dans le collège de Genève, a Le vendredi 8 de septembre , lit-on dans les archives de la Compagnie des Pasiears, mourut le bon homme Corderius , en grand aage, heureusement el avant servi jusques à la fin en sa première vocation d'enseigner les
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enfants et conduire la jeunesse en toute sincérité, simplicité et diligence. »
Voici, d'après Gesner, Bayle et Senebier, le titre des ouvrages que Cordier a publiés, et dont plusieurs sont encore en grande estime, même en Angleterre, où cet auteur est connu sous le nom de Cordery.
I. De eorrupti sertnonis apud Gallot emendatione et latine loquendi ratione Rob.-Etienne i53i, in-4*. — Lugd. 1535, in-l2«; Paris 1536; Lugd. 1541, in-J2«; — - et souvent depuis, sous des titres un peu différents.