‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 88 sur 117 · GRANDJEAN · texte numérisé non relu

GRANDJEAN

heures, les minutes et les secondes sans aiguilles. Ce dernier genre est de son invention. Il construisait ces différents genres de montres lui-même , d*un bout à l'autre , jusqu'aux cadrans et aux boîles.

Lorsque les montres Lépine sont venues à la mode , M. D.-H. Grandjean fit un calibre pour les pièces à ancre , levées visibles, l'ancre et la fourchette d'une seule pièce , toute la montre, y compris la boite, était de l'épaisseur d'une pièce de cinq francs. Une de ces montres a été vendue à S. M. Don Pedro i**", empereur du Biésil. Après avoir travaillé pendant plusieurs années à la fabrication des montres à cylindre, à ancre et duplex, dont il traçait lui-même les calibres, il monta un atelier pour la fabrication des assortiments et des échappements à ancre. Il faisait lui-même les outils à découper et garnissait les ancres par des procédés nouveaux de son invention, pour travailler r<acier et les pierres.

Un de ses fils, qui habitait alors le Brésil, lui ayant envoyé des chrysolithes brutes , en 4826 , les premières qui sont venues ea Suisse , il les essaya pour l'emploi des trous et des levées d'ancres. Chaque jour il faisait de nouveaux essais et s'occupait avec une patience et une persévérance dignes d'éloges de l'amélioration des parties de l'horlogerie , mais surtout des dentures , alors fort défectueuses, faute de bons outils. Il construisit d'abord des fraises à burin, qui taillaient et arrondissaient en même temps: ce système ne l'ayant pas satisfait , il entendit parler d'un nouveau système d'arrondissage, employé à Genève, mais qui était un secret que les horlogers de cette ville gardaient pour eux. En examinant les dentures faites d'après ce système, M. Grandjean se rendit compte des moyens employés, et à force de travail et de persévérance, il réussit à faire des fraises doubles qui donnent un très-bon résultat. C'est lui qui a introduit le premier ce genre de machine perfectionnée et qui Ta fait connaître aux différents mécaniciens du Yal-de-Travers , en leur enseignant le moyen d'en fabriquer. M. Grandjean travaillait surtout pour son art; aussi, bien loin de faire une œuvre de spéculation de ses découvertes si utiles , son plaisir était de les communiquer aux autres horlogers, pour que ceux-ci pussent à leur tour en profiter. Jamais il ne refusait ses conseils et ses directions à ceux qui le consultaient.

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