‹ Biographie neuchâteloiseChapitre 98 sur 117 · SECONDE BRANCHE · texte numérisé non relu

SECONDE BRANCHE

in. Jean Clerc dit Guy, second fils de Claude , maire de Neuchàtel et de Freni Paris, fut capitaine au service de France et banneret de Neuch&tel. Il commanda, en 1624, une compagnie de 200 hommes , envoyés en Yalteline au secours des Grisons, dépouillés par l'Espagne. Il fut anobli le 20 décembre 1595 , par Marie de Bourbon, duchesse de Longueville, comtesse de Neuchàtel , épousa Susanne Bourgeois dit de Brement , et mourut en 1605 , laissant pour enfants :

1® Pierre de Guy, qui suit;

2^ Jean de Guy, qui acquit, en 1628, le fief de Sorgereux de Mau-

K2 GCT.

hfit G.giaflie , fk et Claiie rwtiMr , awpiel la oooilesse de Neuekifc^ei , CathenÊÊtétCmîÈim, Fanit inféodé eo 1610. Après b ■i:r; de &!«■ G«y , ce frf pas» à Pierre son frère , el ensuite à L:«B ci Frélôîr se» ib, leMpeb Toat possédé quelque temps enjmUe. Ami|wi Gay dft Hiiiiai|jrf, aeqoîl la paît de Frédéric, lafKttf fat raeàrtêg ées kêritins de Jacques Guy par Louis Guy.

IT. Piena êm 6^. fat CMsâiler d'Etal en 16i8, et coniracU jikuser avvc feee lUiBod*. iHe de Ralthaiard Baiilods, conseiller fïJal et Baire de Xewkftiel. et de Marie de Yy, dont il eut:

I* Lrfaâf if (kif« qpi soit;

^^ F'^tfàiTK ir G«y . capitaine au setrice de Hollande , père de Bf%rtJj%î*Uvm0t ii G«f dit Jlaaiaafrr, lieutenant-général au même serikXY. Ce dersier entra, en I6M, dans le régiment de llalprade, ^'CLrie rSân- . v£«int une cimpagnie en 1709 , fui nommé major en 1716. be«V«aDl<<K4ottei en I7i3, et fut enfin gratifié de ce répssiecL *:û por^A sicn ftcca. en 1733. Ciéé brigadier en 1738, génerji-BUf:<^ en I7^i. beuleiianl-gênéral en 17t7, il mourut à Boisle-Ikic es I7S9. U aTail êlê fait commandant de cette place, et serait av<v i£5^iact»:ci les Etat^généran, dont il fut regretté à cause de 5tf$ Lftiesîs mibuin» et de ses longs et gjbirieux services.

V. I^ansda G«j. ci{Htaine au scrriee de France « conseiller d E'a& ei siinf de RvvhefwYt. épcNosa. en 1658, Marguerite Bergeoo, ùae de kas Ber^p»». capitaine en Franee, qui lui donna plusieurs ectis'^ d:c; ua setU doos est connu , sous le nom de Jean de Guy, chÀjdxiz ie B:^ry es 1690, marié à Elisabeth Tissot , dont il eut L.-%»5 if ••««. pîts^eur à Yalangin, épon de Susanne-Marie Girard de Sjk\ Afr-^ec . et Màrfwriu ii Gvf , femme de Jean-Samuel de Tn?\::rrKv>. c;'&.*»er au serrice d'Espagne en 17!20« et ensuite cbâtev&in «k C^nfén.

Ces! âiL>K*«e demièffe branche qu'appartenait Jaeqoea de Chij dit HaWa^cr On ne wit pas de qui il était fils, mais il est désigné cvvume (viil-fib de Jean de Guy, hanneret de Neuchàtel. Jacques entra en 163$ , cvaame capitaine dans le régiment de Mollondin; nvaî$ axant quitte ce CY^ment , il passa dans celui des Gardessui^i;$e$ eti I6U> . cv^nune lieutenant de la compagnie d'Erlach , et fut ble$^ le 30 août de cirtte année au siège d'Arras. Le roi, daos le dessein Je lavorîser I état de Neuchàtd, et en même temps de ^^

connaître ses services, lui fil expédier» le 27 décembre 1643, une commission pour retirer les compagnies neucbàteloises des régiments suisses et en former un régiment sous son nom. Le roi de France écrivit à ce sujet, le h janvier 1644, une lettre à M. de Caumartin, son ambassadeur auprès des cantons, où se trouvent entre autres les paroles suivantes , fort honorables pour le capitaine Guy et pour les Neucb&telois : « Ayant mis en considération les bons et fidèles services que ceux du comté de Neufchâtel en Suisse , sujets de mon cousin le duc de Longueville, ont rendus aux rois mes prédécesseurs et à moi, dans les occasions des guerres , j'ai résolu de composer un régiment de dix compagnies et gens du dit comté. Et parce qu'il y a présentement dans les régiments suisses que j'entretiens, six compagnies et demie , dont les capitaines, officiers et soldats sont de Neufchâtel, je veux pour cet effet faire joindre ensemble les dites compagnies qui sont sur pied, dont l'une était sous le commandement du sieur Guy, capitaine au régiment de MoUondin , et lieutenant d'une compagnie au régiment de nos Gardes, homme d'expérience et de bonne conduite , je l'ai choisi pour lui donner la charge de colonel du dit régiment ; et pour le rendre complet de dix compagnies , j'ai trouvé bon d'en faire lever encore deux et demie dans le dit comté , en conséquence de la permission et des ordres que mon cousin, le duc de Longueville, a donnés à ses officiers sur ce sujet , lesquelles compagnies devront se rendre à Nantua, le 15 du mois prochain. )>

Le colonel de Guy commanda ce régiment avec beaucoup de distinction jusqu'au 2 octobre 1648, qu'il fut reformé. Parmi les capitaines de ces dix compagnies, nous remarquons plusieurs Neuchâtelois: Pierre Meuron , Henri Hory, Abraham Pury, Adalbert Pury, J. Rollin, N. Bergeon, qui se distinguèrent et acquirent beaucoup de gloire et de renommée dans plusieurs sièges et batailles.

Lorsque son régiment fut supprimé, le colonel Guy fut fait capitaine aux Gardes et ne négligea point le service de sa patrie. Il commanda le corps des Neuchàtelois envoyés au secours de Berne en 1656, dans le temps de la guerre des paysans; il fut un des officiers protestants qui firent le mieux leur devoir à la bataille de Vilmergen en 1656. Jacques de Guy avait épousé Madelaine de Proissy , veuve de François de Bohan , seigneur de Chéry. On dit

qu'étant en Champagne avec son réginnent , il le faisait travailler à son château de Sorcy , et qu'il n'interrompit son travail que pour garantir la province des excursions de l'ennemi. II mourut dans ce château en 1676, étant maréchal de camp depuis 4657.

En 1648, Louis xiv accorda des lettres de noblesse dans tout son royaume à Jacques de Guy et à Henri et Pierre , ses frères , capitaines au service de France, comme aussi à Guillaume de Guy, son neveu. Ces lettres sont datées de Paris le 25 octobre 1648, et furent confirmées au camp de Compiëgne en 1649. Un arrêt du 29 novembre 1667, signé LeTeillier, confirme cette noblesse de Jacques Guy. Il y est appelé capitaine , seigneur de Sorcy et autres lieux, maréchal de camp des armées du roi , ci-devant colonel d'un régiment neuchâtelois pour son service , capitaine au régiment des Gardes-suisses. Son neveu Guillaume est qualifié seigneur de ville, écuyer, capitaine et major au service du roi.

Le testament de Jacques Guy nous fait connaître un rameau de cette famille qui n'était point connu. Dans cet acte, a Messire Jacques de Haudanger de Guy , chevalier , lieutenant-général des armées de sa majesté, seigneur de Sorcy, Bollemont, Outre et autres lieux, en France, de BioUey , Oppens et Gossens, en Suisse, » rapellc Louis, Frédéric, Susanne et Esther de Guy, Louis de Guy, conseiller d'Etat à Neuchâtel et son fils aine. Il nomme son épouse son héritière, et Jean-Henri de Guy , son petit-neveu , écuyer, fils de Claude de Guy, son neveu , capitaine d'infanterie au régiment de Bourgogne , en substitution de mâle en mâle, et ses neveux de Suisse successivement, sous la condition que le dit Jean-Henri de Guy épousera Mlle Gabrielle d' Aurons, fille de messire Jean d'Aurons , chevalier , seigneur de Gincourt et de dame Magdeieine de Broham , sa femme , et qu'il portera le nom et les armes du testateur. Il fait héritier de tous ses biens en Suisse , par substitution aux mâles, Jean d'Osterwald son neveu , fils de Louis d'Osterwald et d'Isabeau de Guy , à la charge également de porter son nom et ses armes et de faire un legs de 2000 livres à Susanne d'Osterwald, sa sœur. Il donne aussi divers legs à ses autres parents de Neuchâtel. Ce testament est daté du 30 mai 167S.

Jean-Henri de Guy, son héritier , se fixa au château de Sorcy et embrassa la religion catholique. Il y a à peine un demi siècle que

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ses descendants possédaient encore cette terre. C'est d'un autre neveu de Jacques, Louis de Guy, conseiller d'Etat à Neuchàtel que descendent:

I. Charles de Ouyt avocat-général à Neuchàtel, auteur de quelques opuscules, entre autres des suivants :

I. Traité abrégé de la culture des arbret fruitiert, traduit de Vanglait. Neuchàtel 4784, in-12».

II. Discours adressé à monseigneur de Béville , gouverneur de la principaulé de Neuchàtel, à Poccasion de la mort du roi de Prusse. Neuchàtel \ 786 , in-8*.

L'avocat-général, Ch.de Guy, composa aussi, en collaboration avecjS. Pury, ces Six lettres au cousin David , devenues rares , où il persiffle avec esprit et ironie les abus qui s'étaient introduits dans Padministration de PEt^t. Ces lettres ont fait grand bruit dans le temps où elles furent publiées et attirèrent des contrariétés à leurs auteurs. Elles rappellent les pamphlets si spirituels de Paul- Louis Courier.

II. Louis de Guy, négociant , marié en Angleterre , mort en 178..., n'ayant laissé de son mariage qu'un fils unique, qui vivait à Neuchàtel en 1796, sans être marié, et trois filles: l'ainée, Sophie, fut mariée en 1798 au comte Louis de Pourtalès; les deux cadettes s'allièrent à la famille de Pierre et à celle de Merveilleux.

Les armes de la famille de Guy sont: de gueules à la croix d'argent et deux moleltes de même en chef.

Sources. Cette notice a été faite diaprés un ancien fragment généalogique, et les documents qui se trouvent dans la collection diplomatique du baron de Chambrier.— Voyez aussi: TVo/^cessréitéato^tgufs du baron d'Estavayer, t. XI, p. l78-t85. — Zurlauben, Histoire militaire des Suisses au service de France, t. I, p. 170, 485, 262; t. Il, p. I2K, Ii6, 184; t. V, p. 27-44 ; t. VI, p. 3, 4, 26,462, 358. — Girard, Histoire des officiers suisses, etc., 1. 1, p. 322. — May, Histoire mUilaire des Suisses, t. VIII, p. 186, etc. — Boyve , Recherches sur VIndigénat helvétique de Neuchàtel , p. 120. — Jonas Boyve , Annales historiques de Neuchàtel et Falangin, années 1595, 1603, t644, 1648, 1649, 4667, etc. etc.

LEO HENCKEL DE DONNERSMARCK.

Nous nous reprocherions d'oublier dans celte galerie neuchàteloise un homme distingué qui, s'il n'était pas Neuchâlelois de naissance, ni d'origine , l'était tellement par le cœur que ce serait une

W6 HENCKEL DE DONNERSMARCK.

grande ingratitude de ne pas lui donner une place dans la liste des bons et dignes Neuchàtelois. Nous voulons parler du comte Léo FIcnckel de Donnersmark, mort subitement à Mersebourg, en Allemagne , le 10 juillet 1861 , à Tàge de 77 ans. Elevé dans notre pays , il envisageait Neuchâtel comme sa seconde patrie ; ^ il connaissait plus et mieux que personne nos antiquités , notre histoire, nos institutions; il avait le catalogue exact de tous les écrits , de tous les ouvrages d*art et d'industrie de nos compatriotes. Il savait les noms de tous les Neuchàtelois qui, sous un rapport quelconque, avaient acquis quelque célébrité, ou qui se trouvaient cités dans un livre ou dans un journal.

Il habitait Neuchàtel lorsque la Société d*émulation patriotique proposa (en 1829) un prix au meilleur catalogue d'ouvrages neuchàtelois. Ce catalogue devait embrasser deux séries: tous les ouvrages et mémoires écrits sur Neuchàtel , son histoire , ses institutions, son commerce, etc. ; et la liste des ouvrages qui ont des Neuchàtelois pour auteurs. M. Henckel dépassa le but, et en moins de deux ans eut terminé ce catalogue. Quoique fort incomplet, il mérite l'attention des Neuchàtelois par les pénibles recherches qu'il a coûté à son auteur , et par les renvois aux ouvrages qui ont fait la critique des écrits neuchàtelois. Non-seulement il cite tous les livres consacrés exclusivement au pays, mais même les ouvrages suisses, prussiens, français, où il n'est fait mention qu'accidentellement de Neuchàtel. Rien ne lui échappait, les chroniques les plus obscures, les mémoires les plus introuvables, les feuilles volantes imprimées aujourd'hui et détruites demain , les proclamations éphémères des temps de troubles; il enregistre tout avec une conscience scrupuleuse. Il est regrettable que la Société d'émulation patriotique ait reculé devant les frais qu'aurait occasionné la publication des trois volumes in-folio de ce catalogue ; mais au moins peut-on le consulter à la bibliothèque de Neuchàtel, où il est déposé. *

i M. le comte Henckel avait acquis la commune de Flcurier , et le roi lui avait donne la bourgeoisie de Valangin ; en sorte que s'il n'était pas Neuchàtelois de naissance, il est cependant mort Neuchâleloii,

2 Catalogue des ouvrages imprimés concernant le pays de rfeuchâlelet Falangin, ou ayant des Neuchàtelois pour auteurs, t» Géographie et statistique; 2* Hydrographie; 3*» Histoire naturelle; 4** Habitants ; 5« Industrie; 6* Histoire littéraire et des arts ; 7* Antiquités ; 8*» Histoire ; 9«Hist. généalogique, militaire ei nobiliaire ; I0« Biographie ; it* Droit et administration.

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La collection de livres neuchâtelois de M. Henckel est une des plus belles que Ton connaisse. Il a pris la peine de copier la plupart des manuscrits curieux que l'on conserve à la bibliothèque de Neuch&tel ou dans les familles du pays. Depuis son retour en Allemagne il travaillait à deux ouvrages intéressants pour nous, un Biographisches Lexikon von Neuenburg , et un Lexicon litléraire neu^ chdlelois, La mort l'a empêché de mettre la dernière main à ce travail écrit en allemand, qui est conservé par sa famille. Il savait la plupart des langues de l'Europe et les connaissait si bien qu'il pouvait écrire des ouvrages dans ces langues. En effet, dans le nombre des livres qu'il a écrit on en trouve en allemand , en italien , en français, en latin, etc. Il fut un des bienfaiteurs de la bibliothèque de Neuchâlel , qu'il a enrichi de livres rares et précieux, surtout pour rhistoire naturelle. Cet établissement a de lui une immense collection de dissertations botaniques , contenant en vingt volumes in-4°, cinq cent vingt mémoires sur cette science , écrits et imprimés dans tous les pays de l'Europe par des savants; une autre collection de mémoires pharmacologiques , formée par lui , embrasse en treize énormes volumes in-4^, toutes les dissertations publiées en Europe sur'la pharmacie et ses parties. Son amour pour Neucbâtel le por(ait constamment à faire tous les sacriGccs possibles, soit pour avancer le bien de ce pays , soit pour le faire connaître au dehors.

Que le lecteur ne s'imagine pas qu'il en était peut-être de M. Henckel comme de certains philosophes auxquels Rousseau reprochait d'aimer les Tarlares pour se dispenser d'aimer leurs voisins. Non , ta singulière prédilection du comte Henckel pour le petit et lointain pays de Neuchâlel ne l'erapécha nullement d'aimer ses voisins , ni surtout de s'en faire aimer à un point tout à fait remarquable. Habitant Mersebourg , où il était conseiller intime de régence , cet homme, plus éminent encore par ses vertus et par sa piété que par ses vastes connaissances , y était universellement estimé et chéri. Un étranger passant dans cette ville, demanda à plusieurs personnes: a Connaissez-vous M. le comte Henckel de Donnersmarck? — Qui ne connaît cet homme de bien par excellence,» lui répondit-on. L'étranger ne fut nullement étonné d'un éloge que méritait son ami. Il a été accompagné dans la tombe par les

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vifs et sincères regrels de tous ceux qui l'avaient connu. Il a laissé deux fils , dont Tun , chambellan à la cour de Saxe-Weîmar , est officier dans l'armée prussienne, et l'aulre référendaire en Prusse. Pour terminer celle courte notice, trop incomplète pour faire connaître comme il le mérite M. le comte Henckcl, nous allons donner le catalogue des ouvrages imprimés qu'il a publiés.

I. Meine erste botaniiche excunion auf den Cul-du-yan in der Graf$thafi Neuchâtel, s. 1. et a, fn-l2«.

II. Jdumbrationei planlarum horti Halensh, Halse 4806, in-4*.

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