NOS SOUVENIRS
Musique de Clodohih Ou Am : 1 •« bohémienne en a nienli. (LbroY.
Notre existence a son printemps, Un été brûlant le remplace; Puis l'automne accourt prendre place Où viendront siéger les autans.
Quand de l'hiver la main glacée Touche le front qu'il vient blanchir, Rajeunissons notre pensée Par les charmes du souvenir.
Mourante aux baisers du soleil, La tleur penche son front candide; Vers le soir une brise humide Vient lui rendre un éclat vermeil.
Ainsi, quand notre sève usée N'a plus de fruits pour le plaisir, La vieillesse est une rosée Qui fait germer le souvenir!
La source offrant au voyageur Un cristal qui le désaltère, Nous donne l'avis salutaire De tendre la main au malheur; Secourant l'honnête indigence, Mêlant des fleurs à ses soupirs,
58 CHANSON
Amassons par la bienfaisance
Des trésors pour nos souvenir;
Celle production .1 remporte le premier pris au concours des Ami de l'Iiuuianilé, le " mars ISii. [Note 'le l'cd'lcur.)
TOLLE ET GKISETTE An. du cabaret des trois lurons.
Pourquoi cet air triste et sévère?
Chanson, toi qui riais toujours; Ta gaieté plairait mieux, ma chère, Aux amateurs de ce concours.
Au Parnasse, où Plutus radote, Momus a-t-il perdu ses droits?
0 chanson! reprends ta marotte, Et sois folle comme autrefois.
Par amour pour la poésie, En délaissant les chants falots, Des crêpes noirs de l'élégie Tu couvres tes bruyants grelots, Dédaignant le jus de la treille, L'émotion cou> re ta voix; Reprends ta coupe et ta bouteille.
Sois bacchante comme autrefois.
Quittant la trompette héroïque, Proscris Bellone de tes vers:
ET POESIES .NOUVELLES
On préfère au laurier civique Les roses et les pampres verts.
l;ais les adieux à la satire, L'amitié t'en prescrit les lois.
Méprends le petit mot pour rire, Sois sans haine comme autrefois.
Depuis qu'oubliant ta naissance Tu cours fréquenter les salons, Les sons plaintifs de la romance Ont remplacé tes gais flonflons!
Glacé par la froide étiquette, Apollon souffle dans ses doigts.
Reprends ta place à la goguette, Sois sans façon comme autrefois.
Embouchant le hautbois champêtre, On te voit, courant les sillons, Soupirer à l'ombre d'un hêtre Ou poursuivre les papillons.
Le bonnet rond et la houlette Sont peu faits pour de gais minois, Méprends les habits de grisette, Sois Lrétillon comme autrefois.
Celle production .1 remporté le deuxième prix au concours des Amis de l'humanité, le <> décembre 18 i-">. (Note de ïediteur.)
CO CHANSONS
LE SUICIDE Air : 0 bon geôlier! laissez-moi voir mon frère.
J'arrive à temps, mon Dieu! Qu'allais-tu faire '!
Par le charbon tu veux finir tes jours.
A notre amour pourquoi ravir un frère '
De la raison écoute les discours.
Le monde est froid, dis-tu dans ta démence,
Et l'égoïsme est venu l'engourdir;
Mais dans ton cœur n'esl-il plus d'espérance?
Mon pauvre ami, pourquoi veux-tu mourir?
Oui, je le sais, ta maîtresse volage,
Pour un peu d'or a livré ses attraits;
Elle enviait un brillant équipage;
Son abandon cause ici tes regrets;
Mal à propos ton faible cœur soupire,
Un autre amour dans peu va le guérir,
A tes chagrins vois Lisette sourire.
Mou pauvre ami, pourquoi veux-tu mourir?
Dans ta mansarde, où règne la misère,
Ton corps s'épuise en secondant tes bras;
Souvent le jour achève sa carrière
Sans présider à tes sobres repas.
Tout se répare avec la patience.
Des jours viendront où, loin d'être martyr.
ET POÉSIBS KOin BLLES.
L'humble artisan connaîtra l'abondance.
Mon pauvre ami, pourquoi veux- tu mourir ?
Pour loi, les champs n'ont-ils plus Je verdure? Le doux printemps, ses jours pleins de bonheur' Viens avec moi saluer sa«parure, D'un beau soleil admirer la splendeur.
A nos désirs, l'Éternel est propice; Uuand l'été fuit pour bientôt revenir, L'automne est là, qui nous tend son calice. Mon pauvre ami, pourquoi veux-tu mourir.'
Un suicide outrage la nature;
11 est plus grand de braver le malheur.
As-tu le droit, chétive créature,
D'anéantir l'œuvre du Créateur?
Un père aimant te dota de la vie.
Imite-le; prouve ton repentir.
Tu dois aussi des fils à la patrie.
Mon pauvre ami, pourquoi veux-tu mourir .'