EMPEREUR.S ET ROIS DE GERMANIE
LOUIS Ier, dit le Débonnaire, empereur d'Occident et roi de France, fils de Charlemagne et d'ilildegarde ; n. 778, m. 840. Il fut roi d'Aquitaine à 3 ans, associé à l'empire (813), et succéda à son père (814). Il fit crever les yeux à Bernard, roi d'Italie, révolté contre lui (818), et en fit pénitence publique dans Attigny (822). Ayant voulu créer son fils Charles-le Chauve , né d'un second mariage, roi d'Allemagne, au détriment de ses 3 fils du premiei lit, il fut déposé par eux (823) et relégué dans un monastère. Rétabli la même année, il fut de nouveau détrôné par ses fils (833) et rétabli une 2a fois (834). Enfin il mourut au moment où éclatait une nouvelle révolte de son fils Louis-le-Germanique. Les dissensions intestines, les révoltes des Bretons et des Gascons (82 i), les ravages continuels des Sarrasins et des Normands amenèrent la décadence de l'empire de Charlemague, qui fut partagé après la mort de Louis.
LOUIS le Germanique, 3e fils de Louis-le-Débonnaire, eut en partage la Bavière et la Germanie (817 J, se révolta plusieurs fois contre son père, battit, avec Charles-le-Chauve, Lothaire à Fontenay (841 ), et eut plusieurs guerres avec Charles-le-Chauve (858-875). Il se forma un royaume considérable, et mourut S7û. Il eut pour successeur le suivant.
LOUIS
LOUIS dit le Saxon, 24 lïls et successeur du précédent ; lit plusieurs fois (858, 875) la guerre à son oncle Charles-le-Chauve, qu'il battit près d'Andernach (8tG , vainquit les Normands (881), fut vaincu à son tour, et mourut la même année.
LOUIS II, dit le Jeune, fils de Lothaire Ier ; n. r. 822, roi d'Italie (S44), associé à l'empire (8i'J), empereur (855). Il se lit céder (859), par son frère Charles de Provence, le pays situé entre le Jura et les Alpes, et, après la mort de Charles, partagea la Provence avec Lothaire II. 11 expuba les Sarrasins de la Calabre, luttait prisonnier (871) par Adelgise, prince de Bénévent, et mourut 875.
LOUIS III, dit l'Aveugle, petit-fils du précédent; n. 880, succéda à son père, Boson, clans le royaume d'Arles (887), vainquit Bérenger (899), et fut couronné empereur à Rome (900). Surpris dans Vérone par Bérenger, il eut les yeux cre\és et fut dépouillé de l'empire (903). II mourut v. 923.
LOUIS IV, dit l'En/ant, fils d'Arnould de Carinthie ; n. 893. Il fut roi de Germanie (899), empereur (908). Ne pouvant résister aux Huns, qui avaient •nvahi ses États, à Olhon, duc de Saxe, et à Conrad, duc de Franconie, qui se disputaient le trône, il s'enfuit à Ratisbonne, et mourut 912. Il fut le dernier prince carlovingien en Germanie. Conrad Ier lui succéda.
LOUIS V, fils deLouis-le-Sévère, duc de Bavière, et de Mathilde, fille de l'empereur Rodolphe; n. 1286. Après la mort d'Henri VII il fut élu empereur (1313), mais son compétiteur, Frédéric-le-Beau, duc d'Autriche, se fit sacrer à Cologne (1315), et une guerre sanglante éclata entre eux. Louis battit et prit son rival près de Mûhldorf ( 1322), échangea, avec Jean de Luxembourg, le Palatinat contre la Bohème ; s'empara du Brandebourg, et épousa Marguerite, comtesse de Hollande, qui lui apporta en dot les Pays-Bas. Excommunié comme fauteur d'hérésies par Jean XXII (132'*), il passa en Italie (1327), se fit couronner à Rome, déposa le pape, fit élire à sa place Pierre de Corbière (1328), et fut forcé bientôt de s eni'uir de la péninsule. Jean XXII étant mort ( 13J1), ses successeurs Benoit XI et Clément VI renouvelèrent les excommunications et ne cessèrent de lui susciter des ennemis. Le marquis de Moravie, Charles, fils du roi de liohème, s'étant fait sacrer empereur, l'ut battu à différentes reprises par Louis, qui mourut subitement 1347 au milieu de ses succès. Charles IV lui succéda.
ROIS DE FRANCE
LOUIS.Voy. Lont s-le-Déconnaire, aux empereurs.
LOUIS II, le Bègue, fils de Charles-le-Chauve; n. 846. Il fut fait roi d'Aquitaine par son père (867), lui succéda au trône de France dix années après , et prépara par sa faiblesse le triomphe de la féodalité ; il m. 879. Louis III lui succéda avec Carloman.
LOUIS III , fils de Louis-le-B<'gue , lui succéda avec Carloman son frère (879), et eat en partage la Neuslrie et une partie de l'Austrasie ; uni à son frère, il chassa Hugues-le-Bàtard qui revendiquait la Lorraine, battit les Normands à Saucourt (880) et m. 882. Carloman lui succéda.
LOUIS IV, a" Outre-Mer, fils de Charles-le-Simple ; n. 920. Élevé en Angleterre où sa mère l'avait conduit, il revint en France (936) ; succéda à Raoul, et s'empara de la Normandie sur le duc Richard, auquel il fut obligé de la restituer (945). Lorsque, retenu prisonnier par Hugues, il voulut recouvrer sa liberté, il dut encore céder le comté de Laon à Hugues, auquel il le reprit peu après. Il m. 954. Lothaire lui succéda.
LOUIS V, le Fainéant, fils de Lothaire; n. 967. Il succéda à son père (986), et m. 987, empoisonné, dit-on, par la reiue Blanche, sa femme, à l'instigation de Hugues-Capet , qui le remplaça sur le trône, de France. Avec ce prince finit la dynastie carlovingienne en France. ^
LOUIS VI, le Gros , fils de Philippe Ie» et de
Berthe ; n. 1078. Associé par son père au gouvernement (liOO).il devint seul roi (1108) et s'efforça pendant toute la durée de son régne d'abaisser la puissance des seigneurs. Ce fut clans ce but qu'il favorisa l'institution des communes. Engagé dans une guerre au sujet de la Normandie avec Henri Ier, roi d'Angleterre, qui le vainquit à Brenneville ( 1 119), il signa la paix à Gisors : repoussa l'empereur Henri V (1124), qui envahissait la France à l'instigation du monarque anglais; donna la Flandre à Guillaume de Clilon (1127) , apres avoir vengé la mort du comte Charles-le-Bon ; puis se prononça dans le concile d'Étainpes (1130) pour Innocent II, qui luttait avec Anaclel, et vit ses États mis en interdit (U34|. Son fils aîné Philippe, qu'il avait fait sacrer (1128), étant mort (1131), il nomma pour le remplacer Louis, son deuxième fils, qui lui succéda.
LOUIS VII , dit le Jeune , tils du précédent ; n. 1120. Il succéda à son père (1137) ; fit la guerre à Thibault , comte de Champagne, et, pour expier le meurtre de 1300 personnes brûlées par son ordre dans une église de Vitry (1143), partit pour la Terre-Sainte (1147). La valeur qu'il déploya en Asie-Mineure, ne put empêcher la destruction de son armée; il revint en France, et à son arrivée (1149) répudia Éléonore de Guienne, sa femme, qui épousa la même année Henri II d'Angleterre. Ce divorce enleva à la France la Guienne, le Limousin et le Poitou, et fut la cause première desguerres sanglantes qui désolèrent notre pays au 14e et au 15e siècle. Louis VII épousa (1154) Constance de Castille, alla en pèlerinage en Galice; conclut , après de nouvelles hostilités , la paix avec le roi d'Angleterre (1160) ; persécuta les Albigeois et les juifs, se prononça au concile de Tours pour Alexandre III contre Victor III (1161), et protégea Thomas' Becket. contre Henri II. Les hostilités renouvelées avec l'Angleterre (1 167), furent terminées par le traité de Montmirail ; Louis pourtant reprit les armes (1173) lors de la révolte des fils de Henri, brûla Verneuil ( 1 173), assiégea Rouen (1174) et signa la paix à Moni-Louis. Le couronnement de son fils Philippe-Auguste ( 1179) et l'expulsion des juifs marquèrent les dernières années de Louis VII, qui m. 1180. Philippe-Auguste lui succéda. Louis avait eu pour ministre le célèbre Suger.
LOUIS VIII, dit Cœur-de-Lion , fils de Philippe- Auguste , n. 1187, succéda à son père (1223). Avant son avènement , il se croisa contre les Albigeois (1215), fut appelé la même année en Angleterre par les nobles, qui le saluèrent roi et l'opposèrent à Jean-sans-Terre. Celui-ci étant mort (l2l6), Louis, ♦ abandonné par les Anglais, battu sur terre à Lincoln et sur nier devant Douvres, traita avec Henri III , revint en France (1217), et se croisa de nouveau contre les Albigeois (1219). Il enleva aux Anglais, malgré l'excommunication du pape, le Poitou, le Limousin, le Périgord ; fil une guerre sanglante aux Albigeois et soumit le Languedoc. Maître d'Avignon (1226), il m. la même année à Montpensier. Son tils Louis IX lui succéda.
LOUIS IX ou SAINT LOUIS, fils du précédent et de Blanche de Castiile; n. Poissy 1215, succéda à son père (1226), sous la régence de sa mère. Les soulèvements des grands vassaux soutenus par Henri III d'Angleterre, la continuation de la guerre contre les Albigeois, la cession du marquisat de Provence à Blanche (1229), qui envahit la Bretagne; le traité de Saint-Aubin-clu-Cormier, qui mit fin à la guerre civile ( 1 23 1 ) ; un autre traité conclu avec Thibaut de Champagne et Pierre Mauclerc; le mariage du roi avec Marguerite de Provence (12)4); la prédication d'une nouvelle croisade (1235), furent les principaux événements de la minorité de Louis IX, qui fut déclaré majeur (1236). Elevé avec le plus grand soin par sa mère, il s'appliqua à organiser l'administration du royaume en •ubstituant a l'arbitraire de sages et bonnes lois,
LOUIS
mais il eut à combattre plusieurs fois les révolte» de ses grands vassaux ; soumit le comte de la Marche, qu'il battit à Saintes et à Taillebourg et auquel il pardonna ( 1242), et accorda ( 1*243) une trêve de 5 ans à Henri III d'Angleterre, allié du comte. Dans une maladie dangereuse, ayant fait vœu ( 12 il) de se rendre en Terre-Sainte s'il recouvrait la santé, il s'embarqua à Aigues-Mortes (1248), et, après avoir hiverné à Chypre, se dirigea vers l'Kgypte et s'empara de Damictte (1249) ; mais au lieu de marcher sur le Caire il perdit un temps précieux, fut défait l'année suivante à la bataille de la Mansourah, tomba ainsi que ses deux frères au pouvoir de l'ennemi, et déploya d'admirables vertus pendant sa captivité. Il racheta, pour une somme d'environ 7 millions, ses compagnons d'infortune, et, pour sa propre rançon restitua Damiet te. Il passa ensuite quatre années en Palestine malgré les représentations de sa mère, dont la mort seule (1252) put le rappeler en France, où il revint n'ayant retiré d'autres fruits de sa campagne en Palestine que la prise de Tyr et de Césarée. A son retour (1253) il continua l'œuvre de civilisation qu'il avait commencée, rendit lui-même la justice, publia de bonnes lois, abolit les combats judiciaires ; fonda la Sorbonne et les Quinze-Vingts ; rendit une ordonnance pour la réformation delà justice, défendit les guerres privées (1257) , signa (1258) le traité de Corbeil avec l'Ara go n et La paix avec l'Angleterre (1259*, fut choisi (1263) pour arbitre entre le roi d'Angleterre et ses barons, prit une seconde fois la croix (i267), publia (1269) la Pragmatique-Sanction , partit pour l'Afrique (1270), débarqua à Cartilage, dont il s'empara, et m. devant Tunis le 25 août de la même année, laissant une réputation de grandeur, de piété et de désintéressement qu'aucun prince peutêtre n'a su mériter au même degré. Son tîls , Philippe III, lui succéda. — On a, sous le nom à? Etablissements de saint Louis, le recueil des lois et ordonnances de ce prince.
LOUIS X, le Hutin, fils aîné de Philippe-le-Bel ; n. Paris 1289. Roi de Navarre depuis 1304, il succéda à son père (1314); laissa condamner à mort Enguerrand de Marigny , qui périt victime de l'inimitié de Charles de Valois ; fit une vaine expédition contre les Flamands (1315) , rappela les juifs, surchargea d'impôts le peuple, et rendit aux serfs de la couronne le droit d'acheter leur liberté. Il m. 1316, laissant de Marguerite, sa première femme, une fille nommé Ji anne. qui fut reine de Navarre; et de la seconde, Clémence, un fils posthume, Jean Ier, que quelques historiens ne mettent pas au nombre des rois de France. Philippe V lui succéda.
LOUIS XI, fils de Charles VII et de Marie d'Anjou; n. Bourges 1423, marié (1436) avec Marguerite d'Ecosse. Il prit une part active à la révolte de la Praguerie contre son père (1440), se soumit (1442), chassa de Dieppe les Anglais (1443), remporta sur les Suisses à Saint- Jacob (1444) une sanglante victoire; se révolta de nouveau contre son père (1455), et, lorsqu'une armée royale pénétra en Dauphiné, se réfugia à la cour de Bourgogne. Il succéda enfin à son père (1461). Le soulèvement de Reims, la révocation de ïa Pragmatique-Sanction (1461), la cession du Roussillon à la France par le roi de Navarre |1462), des secours donnés à Marguerite d'Anjou, le rachat des villes de la Somme à Philippe-le-Bon (1463), la ligue du Bien-Public formée contre le roi par le comte de Charolais et les princes français, marquée par la bataille indécise de Montlhéry et terminée par le traité de Conflans, qui impose à Louis de dures conditions (1465); la* confiscation du duché d'Alençon ( 1467 ); lés États Généraux assemblés à Tours ; l'entrée d'une armée française en Bretagne, dont le duc est contraint de signer la paix d'Ancenis; la captivité à Péronne du roi, que Charles-le-Téméraire force à un traité humiliant (1468) ; la fondation de l'ordre de St-Michel (1470), une alliance aveu Henri VI (1470); la surprise de
St-Quentin, la défection du comte de Foix et du duc de Lorraine ; le traité du Crotoy avec le duc de Bourgogne (1471); la mort du duc de Cuienne, frère du roi ; le renouvellement des hostilités avec le duc de bourgogne, qui met Nesles à feu et à sang , est repoussé devant Beauvais, et signe la trêve de Senlis (1472); le supplice de Jean V, comte d'Armagnac, le soulèvement du Roussillon, la surprise de Metz par Nicolas de Lorraine, de St-Quentiu par le comte de St-Pol ( l 473); d'habiles négociations avec les Suisses, la saisie de l'Anjou, une guerre avec Edouard IV (1474), terminée par le traité de Pec« quigny, suivi des traités de Saleure avec le duc de Bourgogne, et de Senlis avec le duc de Bretagne ; le supplice de St-Pol (1475), la soumission à la France de la maison d'Anjou, la captivité du duc de Nemours, des négociations avec les Suisses ( I 47 G j ; la défaite et la mort du duc de Bourgogne à la batailla de Nancy ; la soumission du comté de Bourgogne, de la Picardie, de l'Artois ; la défaite des Flamands devant Tournai, le supplice du duc de Nemours (1477); de nouveaux succès contre les Bourguignons, l'assemblée d'un concile gallican à Orléans (1478); la soumission de la Franche-Comté, la bataille de Cuinegate (1479), la réunion de la Provence à la couronne (1481), le traité d'Arras avec Maximilien, tels sont les principaux événements du règne de Louis XI, qui mourut le 30 août 1483, laissant la couronne à son fils mineur, Charles VIII. Malgré ses vices et ses défauts, ce prince, habile administrateur, profond politique, a été un des plus grands rois de la monarchie. Despote, fourbe, superstitieuxt cruel, implacable dans ses haines et clans ses ven* geances, avare pour lui-même, mais prodiguant l'oï à l'occasion pour arriver à son but, il savait repren» dre par la patience et la ruse ce que la force lui avait arraché; quelquefois, du reste, comme à Pâ^ ronne. dupe lui-même de sa propre finesse. Bravé^ mais étranger i tout point d'honneur chevaleresque, il est séparé du moyen âge par un abîme. Aimant à s'entourer de petites gens et s'appuyant sur la bourgeoisie pour écraser la noblesse, Louis XI, que la guerre étrangère et la guerre civile mirent souvent à deux doigts de sa perte, laissa h ses successeurs la France assez puissante pour envahir 1 Italie et pour résister à l'Europe entière. Grand amateur de» lettres, il introduisit l'imprimerie à Paris, et a composé lui-même, sous le litre de Rosier des guerres, des conseils à son fils, et plusieurs contes pleins de verve et d'esprit, qui font partie du Recueil des Cent Nouuelles nouvelles. Il a eu dans Comines un historien digne de lui.
> LOUIS XII, n. Blois 1462 de Charles, duc d'Orléans, et de Marie de Clèves. Il épousa ( 1473) Jeanne, fille de Louis XI, et, à la mort de son beau-père, entra dans la ligue des princes ( i486) contre Anne de Beaujcu. Battu et pris à Saint-Aubin-du-Cormier (1488), il ne recouvra la liberté que trois ans plus tard (1491). Lors de la conquête du royaume de Naples, il précéda en Italie, où il défit les Napolitains ( 1494 ) , Charles VIII auquel il succéda (1498). Son divorce avec Jeanne (1498) et son mariage avec Anne de Bretagne, la conq êle du Milanais (1499), la guerre avec les Espagnols, qui chassèrent les Français du royaume de Naples (1504); la tenue à Tours des États-Généraux (1306), qui décernèrent au roi le titre de Père du //eu/de; une heureuse expédition contre Gênes 1507); deux traités signés à Cambrai contre les Vénitiens (1508), qui furent battus à Agnadel (1509); des succès sur l'armée du pape Jules II ^1511), la victoire et la mort i Gaston de Foix a Ravenne, la suspension de l'autorité jv. râpe en France, la révocation de la Lombard ie, le soulèvement de Gênes, la conquête de la Navarre par les Espagnols (1512), le soulèvement de la Lombardie et de Gênes en faveur des Français, la ligue de Malines entre Maximilien, Henri VIII, Ferdinand et le pape contre la France, les défaites de Guinegate, de la Riotia ; le honteux
LOUIS
traité de Dijon avec les Suisses (1513) ; la mort de la reine Anne; les trois traités de Londres avec Henri VIII, par l'un desquels le roi épousa Marie, sœur du roi d'Angleterre ( 15 H), sont les principaux événements du règne de Louis XII, qui mourut 1515, et auquel succéda son gendre, François Ier.
LOUIS XIII, n. Fontainebleau 1601, succéda (1610), sous la régence de sa mère Marie de Médicis , à son père Henri IV, et fut sacré à Reims la même année. L'élévation de Concini , le renvoi de Sully (1611), le traité de Sainte-Menehould avec les princes révoltés (1614), remplirent sa minorité, qui cessa le 20 octobre de la même année. Les années suivantes furent marquées par l'assemblée des Etats-Généraux (1614-1615), la lutte du parlement et des princes contre la reine, le soulèvement des protestants de Guienne et de Languedoc (1615), le congrès de Loudun, l'arrestation du prince de Gondé, la nomination de Richelieu aux fonctions de secrétaire d'Etat (1616), l'envoi de trois armées contre les princes, l'assassinat du maréchal d'Ancre (1617), le soulèvement du Béarn (1618), une guerre entre Louis XIII et sa mère, guerre terminée par le traité d'Angoulême (1619) , la paix d'Angers avec les mécontents , la réunion de la Navarre à la France (1620), le soulèvement des calvinistes, le traité do Madrid avec l'Espagne (1621) , la paix de Montpellier (1622) et la guerre de la Valteline (1623J. Ge fut alors que Richelieu entra au conseil du roi (1624). Une guerre contre Gênes, une insurrection des protestants (1625), le traité de Monçon, le supplice de Ghalais (1626), de Boutteville , le siège (1627) et la prise (1628) de La Rochelle, la guerre de M'ntoue (1628), la paix d'Alais avec les huguenots, la nomination (1629) au poste de premier ministre de Richelieu , qui triompha de ses ennemis à la célèbre journée des Dupes (1630), la paix de Ratisbonne avec l'empereur, la fin de la guerre de Mantoue (l(j3i)), d'habiles négociations avec les puissances du nord, la fuite de Gaston en Lorraine et de Marie de Médicis dans les Pays-Bas (1631), le soulèvement de Gaston dans le Languedoc, le combat de Castelnaudary, le supplice de Montmorency (1632), d'Urbain Grandier ( 1633); la fondation de l'Académie française, la déclaration de guerre à la maison d'Autriche (1635) , les succès momentanés des Impériaux en Picardie, l'insurrection des Croquants , le conspiration de Gondi et de Rochepot contre Richelieu (1636), l'évacuation de la Valteline par Rohan (1637), le vœu de Louis XUl, la victoire de Rheinfeld, la prise de Brisach , plusieurs victoires navales (1638), le soulèvement des Va-nu-pieds en Normandie ( 1639); la prise d'Arras, la révolution de Portugal ( 1649), la Catalogne se donnant à la France, la victoire de Wolfenbûttel ( 164-1), la conspiration et le supplice de Cinq-Mars, la conquête du Roussillon, la mort de Richelieu (1642) ; tels furent les principaux événements des dernières aenées de Louis XIII, qui m. le 14 mai 164:5. Son fils encore mineur, Louis XIV, lui succéda. Le règne de Louis XIII, qui prépara la grandeur du règne suivant, doit son éclat à Richelieu, car le roi ne sut jamais gouverner par lui-même.
LOUIS XIV , fils de Louis XIII et d'Anne d'Autriche ; n. St-Germain-en-Laye 1638 ; succéda à son père sous la r'gence de sa mère (1643). Sa minorité fut marquée par la continuation de la guerre contre la maison d'Autriche et par les troubles de lu Fronde. Sacré (1654), il se laissa gouverner par Mazarin, qui fit conclure le célèbre traité des Pyrénées (1659). A la mort du cardinal (1661), le roi gouverna par lui-même. L'arrestation à" duquel 1662), des démêlés avec la cour d ;.^.<.e (1662) , a création des compagnie1-, de» ;î,des; une guerre avec l'Angleterre (1666), avec l'Espagne (1667 ) ; la conquête de la Franche-Comté, le traité d'Aix-la- Chapelle (1658), la guerre avec la Hollande, l'Empire, l'Espagne, puis l'Angleterre (1671), guerre que termine le g|o»^.»x traité de Nimègue (1679}} des
persécutions contre les réformés, des dissensions religieuses (1680), le bombardement d'Alger par Duquesne (1682), de nouvelles hostilités avec l'Espagne (1683) auxquelles met fin la médiation des Hollandais; le bombardement de Gènes (1684) , les dragonnades dans tout le royaume (1685); la formation de la ligue d'Augsbourg (1686), laquelle, après l'expulsion des Sluarts ( 1688), amène une guerre générale de l'Europe contre la France, qui dura jusqu'aux traités de Ryswyck (1697), tels sont les principaux événements de la grande période du siècle de Louis XIV. Mais bientôt après (1701) la France, déchirée par le soulèvement des camisards , se trouve rengagée à propos de la succession d'Espagne dévolue à Philippe , petit-fils du roi, dans une guerre terrible , où seule elle eut à défendre elle-même et l'Espagne contre l'Europe entière. Les traités d'Utrecht (1713), de Rastadt et de Bade (1714) terminèrent cette lutte acharnée, dans laquelle les alliés avaient cru démembrer la France, qui ne perdit pas une province. Louis XIV m. 1715, ayant vu périr successivement presque toute sa famille et laissant la couronne à son arrière-petit-fils, Louis XV, âgé de 5 ans. — Il est peu de princes sur lesquels les historiens aient porté des jugements aussi contradictoires que sur Louis XIV ; ses détracteurs en effet ont beau jeu à lui reprocher son despotisme et son orgueil, ses folles et ruineuses prodigalités, son égoïsme , son mépris des souffrances du peuple, et l'empire que dans ses vieux jours exerça sur lui l'odieuse Maintenon, qu'il épousa secrètement (1684) et à l'instigation de laquelle eut lieu (1685) la révocation de l'édit de Nantes qui priva la France de la partie la plus industrieuse de ses habitants. Mais aussi comment oublier que ce prince, élevé par sa mère dans l'ignorance la plu* profonde sut, malgré sa jeunesse, dès le lendemain de la mort de Mazarin, gouverner par lui-même ; qu'il déploya, à partir de celte époque, une merveilleuse aptitude pour les affaires et une rare assiduité au travail; que, malgré toutes les intrigues et toutes les rivalités, il garda jusqu'à leur mort Colbert et Louvois ; qu'il porta le dernier coup à l'aristocratie en achevant par l'adresse ce que Richelieu avait commencé par la force ; qu'il fut enfin aussi grand administrateur que profond politique? Il faut se rappeler à quel degré monta sous lui la puissance de la France; il faut se rappeler que la marine, le commerce, l'industrie, les arts, les lettres, les sciences, auxquels il prodigua de magnifiques encouragements, prirent sous lui de prodigieux développements qui n'ont pas encore été surpassés ; que jamais roi ne posséda à un plus haut point le sentiment de la grandeur et de la dignité nationales, sentiment qui manqua si complètement à ses descendants; et d'ailleurs quelles fautes n'excuserait pas la magnanimité du vieux roi qui, au milieu de ses revers, plutôt que de subir les couditious humiliantes des alliés, fit un appel à la nation et voulut, à la tête de sa noblesse, aller «'ensevelir sous les ruines de la monarchie. — 11 reste de Louis XIV des Mémoires politiques, historiques et militaires, des lettres, quelques écrits littérai~ res, publiés 1806, 6 vol. in-8°.
LOUIS XV, dit le Bien- Aimé , 3e fils de Louis duc de Bourgogne, second dauphin, et de Marie- Adélaïde de Savoie , n. Versailles 1710. Il succéda (1715), sous la régence du duc d Orléans, Philippe, à Louis XIV, son bisaïeul, dont le testament fut cassé par le parlement. Le traité de la quadruple alliance contre l'Espagne, des querelles religieuses, la conspiration de Cellamare, l'établissement du système financier de Law (1718), une guerre de peu de durée contre PEspjlfcne , des soulèvements en Bretagne (1719), la perte de Marseille, le renvoi de Law, l'exil du parlement (17*20), une banqueroute publique (1721) marquèrent la régence de Philippe, qui, avec son fidèle ministre, l'infâme Dubois, vendu à l'Angleterre, jita la France dans une politique funeste. Après la mort du duc d'Orléans (1723), le duc de Bourbon lui succéda comme premier minis-
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tre, place qui fut supprimée (1726) lors de l'exil de ce dernier, remplacé par l'ieury. Pour apaiser les querelles religieuses qui déclaraient le royaume, un concile national fut assemblé à Embrun (L727), et la constitution Unigenitus fut déclarée (1730) loi de l'Église et de l'État. La lutte se renouvela avec le parlement , dont les membres furent exilés (1732) ; une guerre de peu de durée éclata avec l'Autriche (1733), elle fut marquée par les victoires de l'arme et de Guastalla (1734) et terminée par le traité de Vienne (1738). La mon de Charles VI causa (1740) la guerre dite de la Succession , où notre patrie, unie d'abord à l'Espagne , à la Prusse et à la Pologne , puis abandonnée par ces deux dernières puissances, eut à lutter contre le reste de l'Europe. Malgré ses défaites sur mer, la France, par les victoires de Coni (1744), de Fontenoi, de Bassignana (1743), de Raucoux ( 1 7 i-G ) , par la conquête de la Flandre française (1747) et la prise de Maestricht (1748), garda son rang en Europe. La paix fut signée à Aix-la-Chapelle (1748), mais ne mit pas fin aux empiétements en Amérique de l'Angleterre , qui recommença ses hostilités par d'insignes violations du droit des gens (1755). La France s'unit à l'Autriche contre l'Angleterre et la Prusse , et alors commença pour elle une série de revers. Sa marine fut anéantie ; ses colonies tombèrent au pouvoir des Anglais, et la paix dite Honteuse (1763) mit le comble à l'indignation publique contre la cour et la royauté. Les querelles religieuses, la lutte avec le parlement avaient continué, tandis que Louis XV, dont la maîtresse en titre était madame de Pompadour, se plongeait clans des débauches auxquelles fournissait l'infâme établissement du Parc-aux- Cerfs. La suppression des jésuites ( 17G4-), le procès de MM. de La Chalotais (1765), la réunion à la France de la Lorraine (1766), d'Avignon, du Comtat-Venaissin et de la Corse (1768), quelques troubles en Bretagne (1769), l'exil du parlement (1771), signalèrent les dernières années du règne de Louis XV, auquel succéda (1774) son petit-fils Louis XVI.
LOUIS XVI, 2° fils du dauphin fils de Louis XV, n. Versailles 23 août 1754 , reçut en naissant le nom de duc de Berry. Son frère aîné et son père étant morts, le 1er en 1760, le second en 1765, il prit le titre de dauphin, et épousa (1770) Marie- Antoinette d'Autriche, qui prit bientôt sur lui un empire absolu. Il avait 20 ans lorsqu'il succéda à son aïeul (1774). Complètement étranger aux affaires, d'un caractère timide et irrésolu, il fut d'abord effrayé de l'immense responsabilité qui allait peser sur lui ; il ne trouva pas d'autre moyen de s'en débarrasser que d'abandonner entièrement la conduite des affaires au comte de Maurepas. Heureusement cet homme était bien intentionné; il appela au ministère des hommes intègres , entre autres Turgot et Malesherbes , et les premières années du régn6 de Louis XVI furent marquées par d'utiles réformes : citons entre autres la remise à perpétuité du droit de joyeux avènement, le rappel des parlements exilés par le chancelier Maupeou , la création des monls-de-piété et de la caisse d'escompte, l'abolition de la corvée, du servage et de la torture. Mais il y eut une réforme que ni Turgot , ni plus tard Necker, ne purent obtenir de Louis AVI : ce fut celle de l'administration des deniers publics, dont la plus grande partie était employée en pensions, en acquits au comptant, en gratifications de toute espèce prodiguées aux courtisans et aux favoris de la reine. La guerre d'Amérique augmenta le désordre des finances, et le gouvernement fut bientôt aux abois. Alors furent convoquées les deux assemblées des notables, dont la seconde demanda les États-Généraux. Toute la part de Louis XVI dans ces grands événements se réduisit à peu près à laisser agir ses ministres et à souffrir que ceux-ci fussent nommés, renversés, puis remplacés au gré de toutes les cabales qui s'agitaient autour de la reiue. Les états - généraux s'assemblèrent enfin
(17891; Necker était alors principal ministre; Louis XVI avait en lui une grande confiance; il sentait la justice des réclamations faites par l'assemblée ; mais la cabale aristocratique, dont la reine s'était faite l'organe auprès du roi, avait conservé sur son esprit tout son empire; il passa les années 1789 et 1790 à faire à l'assemblée des promesses qu'il violait aussitôt qu'il était revenu au château, et à donner, sous l'influence de son malheureux entourage, des ordres qu'il désavouait aussitôt qu'il se trouvait en présence des députés. En tel système de tergiversation eut le résultat qu il devait avoir : il produisit 1 insurrection. Le peupla se souleva, prit la Bastille et organisa la garde nationale ( M juillet 1789 ) ; il se rendit à Versailles (5 et 6 octobre) et ramena le roi dans la capitale. Les intrigues auxquelles Versailles avait servi de théâtre continuèrent à s'agiter aux Tuileries; et Louis finit par s'enfuir, pour ne pas être forcé d'accepter l'ensemble d'une constitution dont il avait accepté séparément tous les paragraphes. On sait quelle fut l'issue du voyage de Varennes, et comment il en fit manquer le succès en s'arrétant trop long-temps pour dîner à Ste-Menehould. Après son retour à Paris, il jura publiquement d'observer la constitution, et envoya des agents secrets solliciter les rois de venir l'aider à la détruire. Alcrs eurent lieu la journée du 20 juin, où vingt mille hommes en armes envahirent les Tuileries, et celle du 10 août , où le peuple chassa de ce palais les derniers défenseurs de l'ancien régime et renversa la royauté. Enfermé au Temple avec sa famille, Louis XVI y attendit que la Convention prononçât sur son sort. Cette assemblée le déclara (15 janvier 1793), à la majorité de 693 voix sur 72!), coupable d'attentat contre la liberté^ et de conspiration contre la sûreté yen craie de l'État; et quatre jours après, 433 voix contre 288 le condamnèrent à mort. Il fut exécuté (le 21) et mourut avec le courage de la résignation.
LOUIS XVII. C'est le nom que les royalistes donnèrent au fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Ce prince, n. Versailles 27 mars 1785, fut enfermé au Temple avec sa famille après le 10 août 1792 ; il y mourut , 1795, peut - être des suites des mauvais traitements que lui fit endurer sou geôlier, le cordonnier Simon.
LOUIS XVIII (L.-Sianislas-X.), frère puîné de Louis XVI, n. Versailles 1755, reçut en naissant le titre de comte de Provence ; confié, ainsi que ses deux frères, au duc de La Vauguyon , il se distingua d'eux par son zèle et son aptitude pour l'étude. Il épousa (1771) Louise de Savoie, dont il n'eut point d'enfants ; prit le titre de Monsieur à l'avènement de Louis XVI, et se fit remarquer par son opposition au rappel des parlements. Plus tard il s'opposa également à toutes les mesures proposées par le ministre Calonne, et, lorsqu'il fut appelé à la première assemblée des notables , le bureau qu'il y présida se distingua par son zèle pour le maintien de tous les privilèges; mais Monsieur ne larda pas à s'apercevoir que cette conduite était imprudente : il chercha à se faire le chef du parti qui réclamait des réformes devenues nécessaires, et acquit ainsi une popularité à laquelle porta une rude atteinte sa conduite ambiguë" lors de l'affaire de Favras. La part qu'il fut accusé d'avoir prise à la conspiration de cet infortuné ne fut pas prouvée; mais, ce qui est certain, c'est qu'il paya depuis, par une pension faite à sa veuve, la discrétion de la victime dont il avait, par ses discours à l'hôtel-de-ville , hâté la condamnation et le supplice. La publication du Livre-Rouge , où l'on voit que. sous le ministère de Calonne, qu'il avait attaqué avec si peu de ménagement , il avait reçu, outre ses pensions et revenus ordinaires, la somme énorme de 13,821-, 000 fr., le dépopularisa tout à fait, et il prit ( juin 1791 ) le parti de fuir à l'étranger. Il a publié depuis le récit de sa fuite de Paris à Bruxelles et à Gohlenlz, et ses partisans
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même les plus dévoués ont été. peu édifiés de l'y voir compter au nombre de ses plus grandes infortunes les mauuuis diners qu'il fit alors dans les auberges. Quoi qu'il en soit, une fois parvenu à l'étranger, il se fit le chef de l'émigration, et le centre de toutes les intrigues qui pendant vingt-cinq ;ins firent tant de mal à la France. L'Assemblée législative le déclara (18 janvier 1792) déchu de ses droits à la régence ; ce qui ne l'empêcha pas, après la mort de Louis XVI , de se déclarer rêyent , et, après celle de son neveu, de prendre le titre de roi de France. Après avoir séjourné en Allemagne, il alla se fixer à Vérone ; mais il fut forcé de se retirer successivement à Blankenbourg , puis à Mittau, en Courlande; c'est de cette ville qu'il traita avec Barras , alors directeur, des conditions de son retour en France; puis entretint avec Napoléon, devenu premier consul, cette singulière correspondance dont le trait le plus remarquable assurément étaient les singulières prétentions qu'y affichait le prince déchu. Après le traité de Tilsitt (1807), il fut contraint d'aller chercher un refuge en Angleterre et se fixa au château d'IIartwell, où le trouvèrent les événements de 1811. Appelé alors au trône de France par les coalisés, il se rendit à Londres, et y déclara, dans un discours solennel : «Qu'après Dieu, c'était aux Anglais qu'il devait sa couronne, i» Arrivé en France, il publia, le 2 mai, la célèbre déclaration de Saint-Ouen, où étaient posées les bases de la charte qu'il devait bientôt octroyer à la France. 11 fit, deux jours après , son entrée à Paris, d où les fautes nombreuses de son gouvernement, en rendant possible le retour de Napoléon, le foret rent de fuir, le 20 mars IS 15, pour se réfugier de nouveau à l'étranger. 11 se retira à Gand , et en revint, après les Cenl-Jours , avec les bagages des vainqueurs de Waterloo. Mais l'expérience de la première restauration n'avait pas été perdue pour lui ; il se fit remarquer par la courageuse fermeté avec laquelle il s'efforça alors de résister aux exigences des étrangers, et depuis il lit aux partisans de l'ancien régime le moins de concessions qu'il put , et lâcha de se rallier la France nouvelle en lui accordant tout ce qu'il crut être compatible avec le principe de son gouvernement. Il a formulé lui-même les principes de sa politique en disant, à ses derniers moments, à celui qui devait être son successeur : « J'ai louvoyé entre les partis, et j'ai fait comme j'ai pu; tâchez de ménager la couronne au duc de Bordeaux. » On sait comment ce conseil a été suivi. Louis XVIII mourut le 16 septembre 1824. Charles X lui succéda. ~ On a de Louis XVIII : Relation d'un voyage de Paris à Bruxelles et à Coblevtz, 1823; Lettres écrites d' Hartwell , 1824, in-8° ; Dernières années du règne de Louis XVI, 1814, in-8°, et un assez grand nombre d'ouvrages anonymes.
ROI D'ESPAGNE
LOUIS Ier, n. 1707, fut roi (l72i) lors de l'abdication de son père Philippe V. Il m. au bout de huit mois, et Philippe reprit les rênes du gouvernement.
ROIS DE HONGRIE
LOUIS Ier, dit le Grand, roi de Hongrie et de Pologne; 1326-1382. Fils de Charobert , il lui succéda (1342), et eut dès son avènement à comprimer la rébellion des Yalaques, qui avaient espéré se soustraire à la domination d'un prince aussi jeune. Il aida ensuite le roi de Pologne Casimir contre Jean de Bohême ( 1344 ), et, après avoir soumis les Croates, se rendit en Italie pour venger la mort de son frère André, et fit massacrer Charles de Duras à Averse. Maître de tout le pays (1438), il le uuitta par suite d'une trêve avec Jeanne, et, de retour dans ses Etats, fit une dernière expédition contre la Dalmatie, qu'il réunit à ses domaines
(1357). Trois ans après, il fut élu roi de Pologne à la mort de son oncle Casimir. Sa fille Marie lut succéda.
LOUIS II, roi de Hongrie et de Bohême, 1506- 1526. Il succéda à Ladislas, son père ( 1516), sous la tutelle des grands, qui ne lui laissèrent que le titre de roi, et périt à la bataille de Mohatz contre Soliman II. Ferdinand Ier d'Autriche lui succéda, en concurrence avec Jean Zapolski.