ROUSSEAU
tinéo à placer le duc de Guise sur le trône de Naples, et ni. d'une blessure à Castellamare 1654.
ROUGEMOXT (F.), jésuite, sinologue, missionnaire en Chine; Maastricht 1624-1670. — • Historia tartarico-sinica, in-8°.
ROUGEMONT (Jo.-Cl.J, chirurgien; Saint-Domingue 1755, Cologne 1818.
ROUGEMONT (G. de), procureur-général et l'un des quatre présidents du conseil de IN'eucliàtel (Suisse), sa patrie; 1758-1825.
ROUGET DE L'ISLE ( Jo. ) , poète, littérateur, compositeur; Lons-le-Saulnier (Jura) 17G0- 1836. Il était officier du génie à l'époque de la révolution, servit ensuite dans l'armée de l'Ouest, ut vécut dans une retraite profonde sous l'Empire et la Restauration. — La Marseillaise, paroles et musique; 50 chants français ; Macbeth, tragédie lyrique.
ROUGNOIV (N.-F.), médecin ; Morteau (Franche-Comté) 1727-1799. — Considerationcs pathologico-semeioticœ de fonctioniùus humani corpons, 2 vol. in-4°.
ROUIIAUT (P.-Sim.), 1er chirurgien du roi de Sardaigne ; m. 1740.
ROUILLÉ (P. -Julien), jésuite, mathématicien, littérateur ; Tours 1681- 1740.
ROUILLÉ (Ant.-L.). comte de Joox, homme d'État ; 1689-1761. Il fut .'•uccessivement intendant du commerce (1725), directeur de la librairie, ministre de la marine (1749-54), puis des affaires étrangères (1754-57), et surintendant-général des ports. — Son parent Hilaire Rouillé du Couduay, directeur des finances et conseiller d'État; 1652- 1729, fut chassé du conseil à cause de sa vie licencieuse. Rouillé de Mf.slay, parent des précédents ; rn. 1715. II légua à l'Académie une somme destinée à récompenser les savants qui s'occuperaient de la recherche de la quadrature du cercle.
ROUJOUX (Prudence-Gu. baron de), littérateur, administrateur; Lanrlernau 1779-1836. — Traduction de l'Histoire d'Angleterre de Lingard, 12 vol. in-8° ; Essai d'une histoire des révolutions arrivées dans les sciences et les arts, Histoire des rois cl ducs de Bretagne, 1828-29, 4 vol. in-8°.
ROULLET (J.-L.), graveur, élève de Lenfant et de Poilly ; Arles 1645-1(599.— Portraits de Colbert, de Louis XIV ; Trois Maries au tombeau (An. Carrache); Sainte Claire (Aug. Carrache); Vierge à la grappe, Visitation plignard).
ROULLIARD ( Séb. ), avocat, érudit ; n. Melun, m. 1639. — Las reliefs foreuses, 16J7, in-8° : rare ; Traité de l'antiquité et privilège de la Sainte- Chapelle, 1696, in-12; Le grand • aumônier de France, 1607, in-8°; Histoire de Melun, IG28, in-4°, et un très-grand nombre de dissertations bizarres, toutes très-recherchées.
ROUMOFSKII ( Et.-Jacovlewitch ), astronome , mathématicien et littérateur russe; 1734-1812.
ROURICIv, fondateur de l'empire russe. Il était de la tribu des Varaigues, pirates des bords de la mer Baltique. Il s'établit à Novogorod et à Ladoga (865), et m. 879. Oleg lui succéda.
ROUSOUDAN, reine de Géorgie, célèbre par sa beauté, succéda à son frère Georges Lascha ( 1222) ; épousa le fils du shah Moghilh-Thogril , qu'elle fit enfermer pour se livrer sans contrainte à la débauche ; et, forcée de céder à ses ennemis et à ses sujets révoltés, s'empoisonna dans le fort d'Ousaneth 1248.
ROUSSEAU (Ja.), peintre, graveur, membre de l'Académie; Paris 1630, Londres 1693. Il fut chargé par Lebrun de plusieurs travaux à Saint- Germain et à Versailles; la révocation de l'édit de Nantes le força de quitter son pays.
ROUSSEAU (J.-B.), célèbre poète lyrique, auteur dramatique, littérateur ; Paris 1670, Bruxelles 1741. Sorti des derniers rangs du peuple, il dut à son talent naissant la protection de quelques hauts personnages, qui lui fournirent les moyens de sui-
vre la carrière littéraire. Son début ne fut pas
heureux. Il s'essaya d'abord par quelques pièces de théâtre : le Flatteur, le Capricieux, le Café, qui eurent peu de succès. Son caractère satirique et la malveillance de quelques dévots qui ne pouvaient lui pardonner de plaisantes épigrammes contre un clergé corrompu, vinrent encore ajouter à l'embarras de sa position. Accusé faussement de couplets calomnieux, il se vil traduit en justice comme diffamateur, banni du royaume (1712), et se retira en Suisse, puis à Bruxelles. Il réussit à se faire de nouveaux, protecteurs, et put finir sa vie tranquillement, après avoir refusé de venir à Paris. — Odes, cantates, Epigrammes , épitres , allégories. Ses OEuvres forment 4 vol. in-8°, 1820.
ROUSSEAU (J.-J.), 1 un de nos plus éloquents écrivains, philosophe, publiciste , compositeur, poète, botaniste ; Genève 1712, Ermenonville 17J8. Fils d'un horloger, il reçut une éducation très-superficielle, et essaya successivement diverses carrières sans pouvoir s'arrêter à aucune, son génie le poussant vers une voie nouvelle, qu'il devinait avant de l'entrevoir. Sa liaison avec madame de Warens, ses deux voyages à Paris, où il essaya de populariser la notation de la musique par chiffres, ainsi que les autres détails de sa vie aventureuse, ont été racontés par lui dans ses Confessions. Ce ne fut qu'en 1749 qu'une question mise au concours par l'Académie de Dijon lui révéla son génie. Le progrès des arts et des sciences a-t-il contribué à corrompre ou à épurer les mœurs? tel était le sujet proposé, et Rousseau remporta le prix, quoiqu'il eût pris parti pour la première opinion. On pouvait reconnaître dans ce premier acte de Rousseau et tout le génie qu'il promettait et tous les défauts qui ont entaché ses écrits. Après ce premier triomphe, il voulut mener une vie indépendante, et se fit copiste de. musique, consacrant à des travaux divers tout le temps qu'une sobre existence laissait à sa disposition. — Le Devin de village, opéra (1752); une Lettre sur la musique ; une comédie, Narcisse; un Discours : De l'origine de l'inégalité parmi les hommes ( 1753), parurent successivement et accrurent peu à peu sa réputation. Il retourna alors dans sa ville natale, y embrassa de nouveau le pi otestantisme, qu'il avait abjuré à la prière de madame de Warens; et, de retour à Paris, se retirait l'Ermitage (1756) avec madame d'Épinay. Il composa dans sa retraite la Nouvelle Héloïse (1759), roman où il sut envelopper sous des formes attrayantes les plus hautes questions de morale et forcer les esprits à s'en préoccuper. Un autre roman suivit celui-ci, VÉmile, où d'utiles vérités se trouvaient mêlées à d'étranges paradoxes, et qui exerça une immense influence sur les familles. Ce livre suscita de nombreuses persécutions ù son auteur. Condamné à Paris et à Genève comme novateur, Rousseau se réfugia dans la principauté de Neufohâtel, à Motiers-Travers, et y soutint la polémique contre ses persécuteurs. Il dut ensuite gagner l'Angleterre, puis revint en France, où une sorte d'hypocondrie causée par les persécutions que lui avaient suscitées ses écrits, lui fit voir dans tous ceux qui l'entouraient autant d'ennemis acharnés à sa perte (1770). Cette maladie morale influa peu à peu sur le physique, et il mourut et peut-être mit fin à ses jours à l'âge de (56 ans, dans nne retraite que M. de Girardin lui avait offerte à Ermenonville. Une admiration exagérée pour les sociétés primitives, la haine de la civilisation , puis conséquemment un enthousiasme faux pour l'homme sauvage, telles sont les principales doctrines de Rousseau, qui fut bien supérieur aux autres philosophes du 18e siècle comme homme de science. Il a quelquefois la vue métaphysique , quoiqu'elle soit presque toujours étouffée sous cette réaction qui écrasait alors les doctrines cartésiennes. Rousseau , prêchant la loi de famille, l'acceptation du devoir, le rigorisme dan?