TANCRÈDE
ment les allié» d'envahir une seconde fois la France. Revenu à Paris avec Louis XVIII, il reprit le portefeuille des affaires étrangères, avec la présidence du cabinet auquel on a donné le nom de ministère Talleyrand-Fouchè. Mais les progrès de la réaction royaliste le forcèrent bientôt de s'éloigner , et il vécut dans la retraite jusqu'en 1830. Alors le duc d'Orléans, devenu roi, lui confia l'ambassade de Londres, où il alla inaugurer ce système de paix à tout prix qui depuis cette époque semble être devenu la base de la diplomatie française. Il donna ( 1835) sa démission , et ne prit plus de part aux affaires publiques qu'en donnant des conseils au roi, qui ne cessa de lui en demander. «Talleyrand, a dit Napoléon dans le Mémorial, était toujours en état de trahison ; mais c'était de complicité avec la fortune. Sa circonspection était extrême; se conduisant avec ses amis comme s'ils devaient être ses ennemis, avec ses ennemis comme s'ils pouvaient devenir ses amis. »
TALLIEN (J. -Lambert), conventionnel; Paris 1769-1820. Rédacteur del'Amidu citoyen (1791), il devint, au 10 août, secrétaire de la fameuse commune à laquelle cette journée donna son nom. Il eut une grande part à l'organisation des massacres de septembre, et on l'a accusé de s'être approprié les dépouilles d'un grand nombre de victimes. Député du département de Seine-et-Oise à la Convention, il s'y rangea parmi les membres du parti de la Montagne, vota la mort de Louis XVI sans appel ni sursis, contribua à la victoire des Montagnards dans les journées des 31 mai et 2 juin 1793 , et fut , au commencement de 1794, envoyé en mission à Bordeaux, où ses cruautés et ses concussions égalèrent celles de Fouché à Lyon , de Barras et de Fréron à Toulon. Rappelé à Paris par le Comité de salut public et menacé par Robespierre et Saint- Just du châtiment que méritaient ses crimes , il se mil à la tête de la conspiration qui se forma alors contre ces deux hommes et leurs partisans, et il commença l'attaque au 9 thermidor. On «ait le résultat de cette journée : Tallien , comblé d'honneurs par le parti victorieux, devint membre du Comité de salut public et président de la Convention. La victoire des Thermidoriens au Ier prairial fut encore en partie son ouvrage. Il assista en qualité de commissaire de la Convention à la victoire remportée par Hoche dans la presqu'île de Quiberon , passa ensuite , par décision du sort , au conseil des Cinq-Cents , en sortit en mai 1798, et partit pour l'Egypte avec Bonaparte , qui le nomma administrateur des domaines nationaux. Renvoyé en France par Menou, il fut, pendant la traversée, fait; prisonnier par les Anglais et conduit à Londres, où l'opposition lui donna des fêtes brillantes. Revenu à Paris sous le Consulat, il obtint de Napoléon le titre et le traitement de consul de France à Alicante avec la permission de rester à Paris. La seconde restauration lui lit perdre son traitement. = Jeanne-Marie-Ign ace-Thérese de Cabarrus , célèbre par sa beauté et ses galanteries, fille du riche banquier espagnol de ce nom; n. Sarragosse 1763, avait épousé à seize ans le marquis de Fontenay, conseiller au parlement de Paris. Elle quitta cette ville (1793) pour se rendre en Espagne, et fut arrêtée à Bordeaux. C'était à l'époque de la mission de Tallien ; le proconsul la vit , l'aima, et madame de Fontenay , qui devint quelque temps après madame Tallien, ne se servit du pouvoir que celte union lui donna que pour sauver des malheureux de la mort ou de la misère. Un divorce rompit (1802) son mariage avec Tallien, et elle épousa (1805J le comte de Caraman , depuis prince de Chimay. Elle m. 1835.
TALMA (F.-Jo.), célèbre tragédien ; Paris 1763- 1826. Il était fils d'un dentiste et passa ses premières années à Londres, près de son père. Porté vers le théâtre par une vocation décidée, il prit des le» çons de Molé , Dugazon , Fleury , débuta parle
rôle de Séïde (1787) et travailla à introduire sur la scène la vérité du costume. Il joua jusqu'à sa mort avec un prodigieux sucrés. Napoléon lui témoigna toujours une grande affection.
TALMONT ( Gab. de Bourbon , princesse de), femme de Louis II de La Trémouille ; m. 1516. — Elle a laissé quelques ouvrages de dévotion qui sont restés manuscrits.
TALMONT ( A.-Ph. La Trémoiile, prince db : chef vendéen, pris et guillotiué à Laval 1793.
TALON (Orner), littérateur; Vermandois 151J 1562. Il fut ami de Ramus et partagea ses idées.-» Ses ouvrages ont été recueillis par Th. Freig, Bàle, 1575, in-i°.
TALON (Orner), célèbre avocat-f.énéral au par* lement de Paris; Saint-Quentin 1595-1652. — E a laissé des Mémoires, imprimés 1732, 8 vol. in-13. dans les Collections Petitot et Michaud-Poujoulat. = Denis, fils du précédent, avocat général et président à mortier; 1628-1698. Il eut une grande part aux ordonnances de Louis XIV. — Plaidoyers et discours d'Orner et Denis Talon , 1821, 6 vol. in- 8°. = Leur parent, Jacques, oratorien , écrivaiu ; 1598-1671. — Mémoires du cardinal de la Valette, 1772, 2 vol. in-12.
TALON (N.) , jésuite, écrivain; Moulins 1605-
TAMRRONI (Jo.), littérateur, érudit ; Bologne 1773-1824. Il fut paléographe à l'université de Bologne, secrétaire de la légation cisalpine aux congrès de Rastadt et de Vienne, consul à Livourne (1809) et à Rome (1811). = Clotilde , sœur du précédent, helléniste ; 1758-1817. Elle professa les langues anciennes , et a laissé plusieurs ouvrages manuscrits et imprimés.
TAMERLAN (Timour-Leng ou Timour-Beyg} , célèbre conquérant mogol ; n. Kech ( près Samar* kande) 1336. Après la mort de Toglouk-Timour , khan du Djaggathaï, il déposséda le fils de celui-ci et se fit proclamer khan (1370). Il soumit la Khowaresmie, toute l'Asie à l'est de la mer Caspienne, la Perse, le sud de la Russie, PHindoustan, qu'il dévasta affreusement ; enleva la Syrie au sultan d'Egypte, et détruisit Bagdad. Il vainquit et prit Bajazet à Ancyre (1402) , et marchait sur la Chine, quand il m. à Otrar 1405. Malgré sa cruauté, il aimait les sciences, et fonda une école à Kech. — Ou lui attribue un Traité de politique et de tactique, en mongol, dont il ne reste plus qu'une version en persan; Langlès en a donné une traduction, d'aprè» la version anglaise de Davy, sous le titre à'institute* politiques et militaires de Tamerlan, 1787, in-8°.
TA Ml IV ou TEMYM, 6« prince de la dynastie det Souhadjides, régna sur l'Afrique (1061-1108). 11 fut presque toujours occupé à combattre, soit des rebelles, soit les Grecs et les chrétiens de Sicile.
TADIMEAMEA, roi des îles Sandwich, commença la civilisation de son pays. Il ni. 1819, après un règne long et heureux.
TANARA (Vinc), littérateur ; n. Bologne vers le commencement du 17* siècle, m. 1667.
TANCARVILLE ( Jean II , vicomte de Melun» comte de) , un des plus vaillants chevaliers du 14* siècle, grand-chambellan et grand-maître de France; il fut fait prisonnier à Poitiers (1356), négocia la paix de Bretigny (1360), et m. 1282. = G cilla tu IV, deuxième fils du précédent, fut grand-chambellan,.et fut tué 1415 à Azincourt.
TANCHEL1N, hérésiarque ; n. Anvers, tué 1115. Il fit un grand nombre de prosélytes en Hollande , Brabant, Allemagne; il tuait, dit Bayle, ceux qu'il ne pouvait persuader. Il rejetait le culte catholique et les sacrements.
TANCRÈDE , célèbre prince sicilien , petit-fils par sa mère de Tancrède de Hauteville ; m. Antioche 1112. Il partit pour la première croisade avec Bohémond de Tarente (1096). Il se signala au passage de Varsari, au siège de Tarse, à celui de Jérusalem , fonda la principauté de Galilée ou Tibé-
TANCKEDE.