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sida en cette qualité pendant plusieurs années dans la place de Riga. Lorsque l'armée russe se mit en marche contre la France en 1805, de concert avec l'Autriche, Buxhœwden conduisit les troupes de son inspection, et il eut le commandement de l'aile gauche à la bataille d'Austerlilz. Dés le commencement, «étant trop avancé dans des marais sans être soutenu , il lit de grandes pertes. Cependant il donna dans la retraite des preuves de fermeté et de courage, et la faveur impériale ne cessa de l'accompagner. En 1800, il commandait un des corps d'armée qui vinrent au secours des Prussiens, et qui bientôt, forcés de se replier derrière la Vistule, soutinrent avec tant de fermeté, à Pultusk et à Golymin, le choc des Français victorieux ; mais des rivalités et une secrèle jalousie ayant fait éclater une funeste mésintelligence, Buxhœwden ne put se soustraire à ces fAchcux effets, et il ne conserva pas longtemps le commandement général qui lui fut donné après le départ du vieux Kaminskoi, mais que Bennigsen voulait obtenir. (Foy. Bennigsen.) Il le reprit momentanément après la bataille d'Eylau, et concourut irès-eflicacement a réorganiser l'armée. Après la paix deTilsitt, Buxhœwden alla commander 20,000 hommes en Finlande ; et, après avoir fait éprouver plusieurs échecs aux troupes suédoises, il priUpossession de celte province au nom de la Russie. Il fut encore récompensé de cette facile conquête par de grands et nombreux bienfaits de son souverain ( roy. Alexandre ); mais dès lors sa santé parut fort affaiblie. Obligé de revenir dans son gouvernement, il mourut au château de Lohde en Estbonie, le 4 septembre 1811. M— nj.
BUXTON ( JÉnÉniAH ), né en 1704 ou 1705, à Elmelon, près de Chesterlield, a été regardé comme un prodige dans l'art du calcul. Quoique son père fût maître d'école, son éducation fut tellement négligée qu'il ne sut même jamais écrire. Ce fut à l'arithmétique qu'il appliqua toute la force de son esprit, et son attention était tellement fixée sur cet objet, qu'ai semblait souvent étranger à tout ce qui se passait autour de lui, et qu'aucun bruit ne pouvait le distraire. Il mesurait une pièce de terre en la parcourant, avec autant d'exactitude que si elle eût été mesurée par la chaîne, et résolvait avec la plus grande promptitude les questions d'arithmétique les plus difficiles. Quelqu'un lui ayant demandé combien dans un corps qui aurait 23,145,780 verges de long, 5,642,732 de large, et 54,965 de haut, il y a de huitièmes de pouce cubiques : cinq heures lui suffirent pour résoudre exactement cette question , quoiqu'il s'en occupât au milieu de plus de cent de ses compagnons de travail. Il faisait pendant l'hiver le métier de batteur en grange, et celui de pécheur pendant l'été. Étant venu à Londres en 1751, on le conduisit à la société royale, qui lui lit différentes questions, et lui témoigna sa satisfaction par un présent. Il eut un jour la fantaisie d'aller au théâtre de Drury-Lane où l'on donnait la tragédie de Richard III ; mais il ne fit pas plus d'attention à l'action qu'au dialogue de la pièce, et ne fut uniquement occupé qu'à compter les mots du rôle de Garrick.
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II retourna dans son village sans paraître rien regretter, continua d'y vivre gaiement du fruit de son travail, et y mourut, comme il avait vécu, pauvre et ignoré, âgé d'environ 70 ans. S— D.
BUXTORF (Jban), chef d'une famille qui, pendant deux siècles, s'est rendue célèbre dans la littérature hébraïque, naquit le 25 décembre 1564, à Camen, en Wcstphalie, d'un ministre protestant de cette petite ville. Il fit ses études à Marpourg et i Herborn, avec tant de distinction, que son maître Piscator avoua franchement que l'élève surpassait déjà les professeurs. Il suivit à Bâie et à Genève les leçons de Grynanis et de Théodore de Béze. Après avoir voyagé dans plusieurs contrées de l'Allemagne et de la Suisse, pour se perfectionner dans les langues savantes qui avaient été l'objet principal de ses premières études, il se fixa à Baie, s'y maria, y devint professeur de langue hébraïque, et, durant les trente-huit ans qu'il en occupa la chaire, la considération dont il y jouissait le porta à rejeter les offres avantageuses qui lui furent faites par les académies de Saumur et de Leydc, pour un emploi du même genre. 11 logeait et nourrissait chez lui plusieurs juifs savants, avec lesquels il s'entretenait des difficultés de leur langue ; aussi tous les lu- braisants avaient-ils pour lui la plus liaute considération : ils lui écrivaient de toutes parts pour le consulter. Il mourut dans cette patrie adoptive, d'une maladie contagieuse, le 13 septembre 4629. Les travaux de Buxtorf eurent principalement pour objet les livres des rabbins, dont il acquit une connaissance trèsétendue, et il transmit ce goût à ses descendants. Voici la liste de ses ouvrages: !• Manuate hebraicum et chaldaicum; la meilleure édition de ce premier de ses ouvrages, composé des mots de la Bible seulement, est celle de Bàle, 1658, in-12 , due aux soins de son fils. 2° Synagoga judaica, publiée d'abord en allemand, Bàle, 1G03, puis en latin, Hanau, 1604 et 1622, in-8° ; en flamand, Amsterdam, 1650, in-8°;en latin, Bâle, 1641, revue par son fils, et en 1682, édition revue et corrigée par Jacques Buxtorf, petit neveu de l'auteur. Cet ouvrage , qui roule sur les dogmes et les cérémonies des juifs, est rempli de rêveries rabbiniques, mais il contient des recherches très-curieuses ; celui de Léon de Modéne, sur la même matière, traduit par Richard Simon, ne l'a pas fait oublier. 3° lntlilutio epitlolarù hebraica, cum epislolarum hebraicarum centuria, Bâle, 1603, 4610, 1629, in-8». L'auteur y donne des règles et des modèles pour une correspondance littéraire en hébreu. 4° Epiiomt grammatieœ he~ braa, dont les meilleures éditions sont celles de Leydc, 1673, 1701, 1707, in-12, par Leusden. 5" Epilome radicum hebraicar.et cheùdaicar., Bàk, 1607, in-8". 6° Lexicon hebraicum et chaidaievm cum brevi lexico rabbmico, Bâle, 1607, in-89: on préfère l'édition revue et corrigée de la même ville en 1676. 7" Thésaurus grammatiau linguœ hebram, ibid., 1609, 1663, et BAle, 1615, in-8°. 8° De Abrevialurù fiebraicis, Bâle, 1613 et 1640, in-8»; la plus ample édition est celle de Herborn, 1708, in-8». Cet ouvrage coudent aussi Operis tcUmudici brevi* Re-
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eentio et Bibliotheca rabbiniea. 9* Grammaticœ chaldaiea et syriacœ libri très, Bâle, 1615, in-8*. 40° Biblia hebraa rabbiniea , 4 vol. in-fol., Bàle , 1618-1?. On y trouve les commentaires des rabbins, les paraphrases chaldaïques et la massore. Cette Bible a les mêmes défauts que celle de Jacob Ben Cliaïm de Venise, sur laquelle elle est calquée. On reproche a Buxtorf de s'être souvent trompé dans ses corrections. 11" Tiberiat, Bàle, 16*20, in-4*, ainsi nommée de la ville de Tibériade, où Ton suppose qu'était l'académie des Massorètes ; la même, augmentée et corrigée par son petit-fils, 1665, in-4\ C'est un traité historique et critique sur la massore, où l'auteur combat l'opinion d'Elias Lévita sur l'origine des points voyelles et de la massore , et où , pour donner une origine divine aux points voyelles, il en attribue l'invention à Esdras (voy. Cappel); il y donne aussi l'histoire des académies des juifs après leur dispersion. 12* Concordantiœ Bibtiorum hebraica, publiées par son lils, avec les concordances chaldaïques, Bàlc, 1632, in-fol., réimprimée en 1656 dans la même ville, et dont on a un abrégé par Chrétien Ravius, à Francfort-sur-l'Oder, 1676 ; Berlin, 1677, in-8*, sous le titre de Font Sion; c'est un des meilleurs ouvrages de Buxtorf. Il prit pour base de son travail les Concordances d'Isaac Nathan, et mit à prolit celles de Calasio. 15* Lexicon chaidaicum thalmudicum el rabbinicum. Baie. 1659, in-fol. Cet ouvrage, qu'il avait laissé imparfait, après vingt ans de travail, coûta encore dix années à son fils pour le mettre en état de paraître. Quoique ce dictionnaire laisse beaucoup à désirer, il est encore aujourd'hui le meilleur en ce genre. 14° Disputai m judai eum christiano, Hanau, 1604. 1622, in-8*. 15e Epittolarum hebrak. decas, hebr. lot., Bàle, 1605, in-8°. T — D.
BUXTORF (Jeas), fils du précédent, né à Bàle, le 15 août 1599, annonça, dès sa plus tendre enfance, des dispositions extraordinaires pour le genre de littérature dans lequel son père s'était fait une si grande réputation. A l'âge de quatre ans, il lisait, dit-on, l'allemand, le latin et l'hébreu. Dans sa jeunesse, il parcourut les différentes villes de Hollande, de France et d'Allemagne, où la littérature hébraïque était le plus en vogue. En 1650, il succéda à son père dans la chaire des langues savantes à Bâle. Les universités de Groningue et d'autres villes lui firent en vain des propositions avantageuses pour Pâturer dans leur sein ; il resta constamment attaché a celle où sa famille s'est illustrée. Ce fut là qu'il mourut le 46 août 1664. Son oraison funèbre par Daniel Tossau fut imprimée à Bàle, 4670, sous ce titre : Oralio de vila et obilu Joan. Buxforfii, una cum elarontmvirorumEpieediit. Outre les éditions corrigées et augmentées que Jean Buxtorf a données de plusieurs ouvrages de son père, il est encore auteur des suivants: 1° Lexicon chaidaicum et tyriaeum, Bâle, 1622, in-4° ; c'était le fruit de son séjour dans les académies étrangères. 2° Jl/aïmonïdïi liber More Nevochim, ibid., 1629, in-4*: ce livre, que Buxtorf traduisit en latin de manière à étonner les rabbins les plus savants, a pour objet d'expliquer les en-
droits difficiles de l'Ecriture sainte, et contient des discussions sur beaucoup de questions théologiques et philosophiques. 5" Dittertationet philologicotheologicœ, ibid., 4659, in-4*: c'est un recueil de dissertations sur l'origine de la langue hébraïque , sur la confusion et la propagation des langues, sur le Dëcalogue, sur l'institution et les rites de la Pique. Elles sont suivies de huit autres dissertations traduites d'Abrabanel. 4° Liber Coxri, Bàle, 1622, in-4* s ibid., 1660, in-4", hébreu et latin : c'est la version latine d'une prétendue conférence tenue, neuf cents ans auparavant, entre le roi des Cosars ou Kkozars el le rabbin Sangari, contre les philosophes païens et les Caraïtcs. Cette traduction d'un ouvrage dont on n'a pas le texte arabe est faite sur la version hébraïque de Juda ben Tibon ; on lui préfère la version espagnole d'Aben-Dana, avec de bonnes notes, Amsterdam, in-4*. A la suite de cette conférence apocryphe, Buxtorf a mis la traduction de quelques autres dissertations d'Abrabanel. 5° Fïorilegium hebraicum , ibid., 1646, in-89 ; ce sont des sentences tirées des auteurs juifs. 6* Excrcitationct ad historiam arca fœderis, ignis sacri, urim et thummim, etc., ibid., 1659, in-4°. 7° Ditsertatio de tponsalibut ac divortiit, ibid., 1652, in-4*. 8° Dispulatio de raptu filiœ, ibid., 1660, in-4*. 9" Tractalus de punclorum vocalium et accentuvm in libri* Veterie Teslamenti hebraicit Origine, Antiquitate et Auetoritate, ibid., 1648, in-4*. 11 s'agit ici de la grande dispute des Buxtorf avec Louis Cappel, sur l'origine des points voyelles. Cappel avait combattu le système de Buxtorf le père , sur l'antiquité de ces points ; le fils, héritier des préventions de son père, entreprit, dans cet ouvrage, de le venger contre son savant adversaire. Le professeur de Saumur lui répondit; celui de Bâle répliqua par YAnticritica, teu Vindicia veriiatit hebraica, contra L. Cappellum, ibid., 1655, in-4*. Ce dernier ouvrage, où il attribue à Esdras l'introduction des points voyelles dans le texte original des livres saints, quoique meilleur que le précédent , fourmille d'erreurs, est défiguré par un rabbinisme dégoûtant, et parut bien faible à côté des écrits triomphante de Cappel: Il n'y emploie que des raisonnements métaphysiques, qui prouvent que la chose aurait pu être autrement que ne le représente son antagoniste, ou que des conséquences théologiques, pour le rendre odieux, en insinuant que son intention a été de diminuer la clarté, et de ruiner l'nutorité des livres sainte. Le grand défaut des deux Buxtorf est de s'être trop livrés aux juifs alleipands, peu estimes des juifs portugais, qui les appellent des Tudeiques; de s'en être trop rapporté aux rabbins, chez lesquels ils avaient puisé la connaissance de la langue du Talmud et de l'idiome rabbinique, mais qui n'avaient pu leur en donner qu'une très-imparfaite île l'ancienne langue hébraïque, dans laquelle ils n'étaient eux-mêmes que médiocrement instruite. L'admiration exclusive du jeune Buxtorf pour le texte imprimé de la Bible le porta à critiquer le Pentateuque samaritain, qu'il n'avait jamais vu, et qu'il jugeait sur la foi d'Hottinger, lequel n'avait