AGU
guesseau n'eut été alors victime de sa résistance , si j les choses ne se fussent arrangées, et si le parlement n'eut enlin consenti à l'enregistrement, avec les modifications obtenues ou consenties par les conseillers Mcnguy et Pucelle . qui dirigeaient toute la compagnie. [Voy. les Mémoires de Duclos.) D'Aguesseau ne jouit pas longtemps du rétablissement de sa faveur. Eu 1722, il ne voulut pas céder au cardinal Dubois , premier minisire, la piéséance du conseil. Cei homme pervers, qui voulait éloigner de la cour et d« conseils tout ce qui avait quelque vertu ou quelque dignité , lit exiler de nouveau le chancelier , qui ne fut rappelé qu'en 1727 ; mais les sceaux ne lui furent point rendus. La querelle au sujet des affaires ecclésiastiques ne manqua jus de se rallumer entre la cour et le parlement ; le cardinal de Flcury , qui avait alors ( en 1732 1 la principale autorité, engagea d'Aguesseau a employer ses bous ofiiccs pour vaincre la résistance fie la magistrature ; mais les combattants des deux partis se tournèrent bientôt contre le eliancclier : les magistrats le traitèrent de déserteur de la cause «pi'il avait autrefois défendue , tandis que la cour se plaignait de son dévouement aux intérêts de la magistrature. On ne lui rendit les sceaux qu'en 1737 ; mais il crut devoir se renfermer «lans les fonctions de ministre de la justice ; jusqu'à la lin de sa vie , il fut aussi étranger aux affaires d'État qu'aux intrigues de cour. Ses travaux eurent surtout pour but de perfectionner notre législation, non |K>ur la réformer ni en changer le fond , mais pour en déterminer le véritable esprit et en rendre l'exécution uniforme [tar toute la France. C'est sous ce point de vue qu'on doit considérer les ordonnances publiées pendant qu'il était chancelier; les principales sont celles des donations, des testaments et des substitutions. Plusieurs curent aussi pour but de régler la forme des instructions judiciaires ; telle est l'ordonnance sur l'instruction du faux, et celle qui a pour but les évocations et les règlements de juges. Le cliancelier rédigea aussi l'ordonnance de Louis XV qui rétablit les droits de la noblesse en faveur des services militaires ( Voy. YBtsi. chr du président Hénault. ) En t730 , d'Aguesseau, âgé de quatre-vingt-deux ans , se sentit, pour la première fois, obligé par ses infirmités d'interrompre son travail , et ne voulut plus garder une charge dont il ne pouvait pas remplir tous les devoirs. Le roi, en acceptant sa démission , lui conserva les honneurs de cliancelier. avec une pension de 109,099 fr. dont il ne jouit pas longtemps. Il mourut le 9 février U5L D'Aguesseau avait épousé en 1694 Anne le Fèvrc d'Onnesson , que ses rares qualités avaient rendue digne d'être associée à l'éclat et au bonheur de sa vie. M. de Coulangcs avait dit, au sujet de cctle union , a que c'était la première fois qu'on avait vu « les grâces et la vertu s'allier ensemble. » Madame d'Aguesseau était morte au ullage d'Auteuil en 173,'i, et avait été , d'après ses ordres, inhumée dans le cimetière commun de la paroisse ; son époux voulut partager la gloire de cette humble sépulture. Une simple croix , sans ornements , élevée par la I piété de la famille , indiquait la tombe du chancelier